15 janvier 2007
une maison en ailes
Et j’ai pensé que, désormais, à la place des murs, j’aurais des ailes, mais pas seulement dans ma tête, avec mes animaux de liberté défilant d’images en images.
J’aurais des murs en ailes, une maison qui peut s’envoler, tout quitter du jour au lendemain, une maison colombe qui se pose un été prés d’un ruisseau tranquille, donne son chant d’amour et s’en va sans laisser de traces.
Ou bien une maison coquille, une spirale moulue d’argile, de salive et de concrétions minérales, rapportées des rivières souterraines,
que je porterais sur mon dos pour aller visiter les autres sans me quitter moi-même.
Ou encore une maison d’écailles, qui se fendillerait sporadiquement en me délivrant des messages divinatoires sur l’ordre du monde,
une maison qui transmettrait les qualités de la tortue de la fable : lenteur, silence, besogne, imperturbabilité;
tortue dont le rythme inlassable, l’attention permanente, l’humble discrétion, l'adéquation parfaite à son propre dome, support du monde créé,
me permettrait de venir à bout du chemin en faisant fi de toutes les vanités. 
Bref, une maison mutante, dont l’enceinte libérerait des papillons magnifiques, une maison qui changerait de peau à chaque saison, aux cloisons toutes en plumes quand il fait chaud, toutes en poils quand il neige, en cuir pour la pluie, en duvet pour les incubations,
sans rien sur elle à l’aube et au crépuscule,
à l’heure de méditer sur la fragilité intense des transformations.
plus jamais enclose
J’ai regardé tous ces murs par terre, éboulés, à travers les larmes,
dans le deuil de ce qui ne serait plus jamais enclos, enfermé.









