29 janvier 2007
du rêve à la réalité
Je faisais connaissance avec la texture intime du bois,
ces saisons marquées dans la substance fibreuse,
non pour le brûler cette fois, mais pour l’édifier.
Je rassure donc toutes celles et tous ceux qui, comme moi,
n'ont aucune notion de menuiserie:
la partie bois relève de l'ingéniosité archaique collective
qui a commencé dans les huttes primitives.
et les abris les plus succints.
Il faut juste retrouver ce bon sens basique
qui consiste à se faire confiance
pour tisser autour de soi le nid dont on a besoin.
Regardez les oiseaux comme ils échaffaudent sans leur bac, sans CAP!
Faire sa maison est instinctif,
mais trop de gens ont intérét à vous faire croire que c'est compliqué et hors de votre portée.
C'est pourquoi la chaise longue est si importante:
c'est elle qui mène du réve à la réalité,
via ce qui nous caractérise en tant qu'humain, l'intelligence.
C'est elle qui fait éclore notre créativité
et donne à nos envies suffisament de densité pour les réaliser.
scier avec vue sur la vallée
Après avoir écumé les bibliothèques du département,
photocopiant les images de yourtes dénichées aux rayons
géographie ou architecture,
j’ai répertorié avec une loupe tous les détails techniques visibles,
puis suis sortie m' allonger sur le tapis d'humus de la forêt
et, fermant les yeux,
entre deux ravissements de chants d'oiseaux,
j’ai conçu chaque étape de la construction dans ma tête.
Un copain éleveur de cochons sauvages
venait de nettoyer ses terres l’année précédente :
de longues perches de châtaigniers, séchées au sol,
traînaient dans les fossés défoncés.
Il me permit de les utiliser.
Je les choisissais, les jaugeais, les triais, les sciais,
les élaguais, les épluchais au couteau et les ponçais à la râpe,
au milieu des grognements des sangliers domestiques,
seule avec mes amis chanteurs à qui je répondais des volutes nouvelles,
la haut sur la colline, me délectant du silence,
de la solitude de la forêt, de la vue sur la vallée.













