28 février 2007
contre le racolage
Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être,
Si vous avez le temps.
J'en ai assez de voir
L'horreur publicitaire,
Décor totalitaire,
Du matin jusqu'au soir.
Monsieur le Président,
Je ne supporte plus
Ces photos qui polluent
La vue de tous les gens.
C'est pas pour vous facher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m'en vais barbouiller!
Au nom de la beauté
Contre le racolage,
Vive le sabotage
Pour notre liberté!
Face à ces mille annonces,
Sachez, vous, les gendarmes,
Que j'aurais pour seule arme:
« Légitime réponse! ».
Cette chanson sur l'air du "deserteur" est entonnée en coeur
sur les lieux de barbouillages.
26 février 2007
barb...bouillons!
Vivre à l'année sous sa yourte en France
constitue un acte politique subversif.
Le mode d'habitat du peuple,
réglementé par les impératifs capitalistes et libéraux,
se doit de profiter aux nantis qui décident à notre place
ou et comment se loger.
Ne pas rentrer dans sa case et n'en plus bouger
pour consommer assis et ligoté à son caisson télévisé
tout ce qu'on peut nous empiffrer,
revient à remettre en cause son HLM si on est prolo,
son lotissement, si on est petit-bourgeois,
ses villas si on est bobo,
son château si on est député,
son immeuble si on est marchand,
ses hôtels si on est banquier,
sa tente de fortune si on est un SDF médiatisé,
et son pont si on est un fou échappé de prison.
Habiter discrètement dans une yourte,
qu'on a soi-même conçu et construite
avec peu d'emprunte écologique et peu de recours aux spécialistes,
est une démarche holistique autonomisante,
une voie d'intégration de la personne dans son environnement,
ou le respect dispute à la sobriété la prime de qualité
du rapport économique à la terre nourricière.
Nous ne sommes plus des assistés infantilisés.
Cette démarcation du matérialisme ambiant
induit une méfiance des installés,
ceux qui ne veulent surtout pas savoir ce que devient leur merde
et combien d'autres seront empoisonnés par leurs déchets.
Vivre sous yourte implique de réfléchir à son énergie personnelle,
ses rythmes, à trier ses besoins essentiels,
et forcement à évaluer l'énergie extérieure qu'on va utiliser.
Réfléchir à ses dépenses est subversif,
puisque dés lors qu'on réfléchit pour soi
en cohérence avec l'état du monde
et qu'on ne se laisse plus conditonner par les pensées préemballées,
l'esprit critique ouvre le champ du possible sous des angles insoupçonnés,
non prévus par les agences de pubs.
Or chez les publicitaires, on trouve plus de gens
qui prostituent leur imaginaire au service du profit
que de véritables inventeurs d'images.
Quand l'imagerie commerciale envahit nos trottoirs et nos campagnes,
ou est-il encore possible de réaliser nos rêves de simplicité et d'harmonie?
C'est pourquoi les yurtaoistes se retrouvent sur bien des fronts sociaux,
et pas seulement sur ceux de la précarité.
Nous denoncons par notre seul style de vie,
par notre doute ontologique sur la croissance infinie de la production
sur une planéte de finitude,
l'impasse du toujours plus
et, dans nos temps libres,
préférons nous impliquer dans des résistances citoyennes
que de consommer une culture préformatée.
Résistances contre le hold up du vivant
par les multinationales agroalimentaires,
résistances contre l'expropriation de toutes les terres
au bénéfice des seuls propriétaires,
résistances contre la privatisation de tous les espaces
et surtout des services publics,
résistances contre le génocide des plus faibles,
résistances contre la pollution industrielle,
résistance contre l'envahissement publicitaire....
Pour tous ceux qui ralent dans les chaumières
et se sentent impuissants devant l'ampleur de la tache,
tous ceux qui se tassent et dépriment dans leurs coins
à coups de clops et de cannettes,
tous ceux qui désespèrent de pouvoir participer
à la refondation du monde,
la désobeissance civile
offre une voie de légitime réponse!
Imitez ceux qui s'impliquent, sortez dans la rue!
Au moins, applaudissez, si vous ne vous y mettez pas vous aussi,
à troquer librement, à vous enchainer sur le passage des pollueurs,
à bloguer, à faire des sittings, à squatter,
à faucher, à barbouiller!
Réapproprions nous l'imaginaire collectif
en refusant l'envahissement et le harcellement publicitaire!
Mais il ne suffit plus de rouler à vélo
et d'interdire sa boite aux lettres à la loghorrée consumériste,
il faut, d'un pas décidé, prendre nos responsabilités de citoyens
et entrer en action par des moyens non -violents.
Aller BARB.....
BOUILLER....
BARBOUILLER!!!!
Cliquez sur le site du collectif des déboulonneurs,
en haut à gauche, sous la rubrique alternatives.
pour connaitre les prochaines actions dans votre région!
20 février 2007
robes de yourtes
PRESENTATION DE QUELQUES HABITS DE YOURTES
YETIS à l'assaut du Moyen Age
YETIS dans la forêt
SIHON dans la vallée
SIHON sur la colline
KARIMENO à flanc de montagne
KARIMENO ouverte sur la vallée
GAIABELLE sous les chataigners
GAIABELLE sous la neige
KARMENO en campagne
Sortie du poele
SYLVANA dans la prairie
SYLVANA sous les accacias
Elles savourent les couleurs, les femmes qui aiment la vie!
17 février 2007
témoignage d'Alain
Alain. La tribu vivace.
La yourte n'est pas pour moi la panacée.
C'est avant tout un moyen de détourner les lois
et de survivre dans le milieu capitaliste qui interdit la cabanisation.
Aprés la séparation d'avec la mère de ma fille,
j'ai installé un mobil home, étroit et rectangulaire,
sur un terrain que j'ai aquis en bord de rivière.
J'ai commencé à construire en briques, mais la motivation me manquait.
Puis j'ai participé à des montages et démontages de yourtes
en Dordogne et dans les Cévennes, avec des autoconstructeurs,
et là j'ai trouvé que c'était l'habitat idéal
pour pas perdre sa maison quand on change d'endroit.
Ensuite, j'ai découvert que le rond était beaucoup plus facile à vivre au quotidien.
Je suis autodidacte, débrouillard, téméraire, persévérant, solitaire,
je roule en vélo avec des remorques que je bidouille moi-même,
je marche pour la décroissance, je pratique la récupération,
je fabrique des yourtes et des tipis et je cuisine au feu de bois.
Aprés avoir pigé comment faire ma yourte, et y vivre,
j'ai commencé à en faire pour les autres.
Maintenant je propose des périodes de stage
pour ceux qui veulent s'initier à la construction.
Je travaille surtout le bambou, léger et facile à courber.
Lors d'un de ces stages, on a fabriqué une grande yourte très légère
destinée à nomadiser sur les lieux de manifestations alternatives.
En ce moment, elle sert à abriter les copains de la marche du vivant:
nous pouvons y dormir le soir si les villages que nous traversons
ne nous acceuillent pas dans du dur.
Je reviens de la marche, je m'occupais de monter la yourte
et initier certains à son maniement.
Ici, à la yourte de la tribu vivace, je finis ce stage,
j'ai des yourtes en construction, et je repars marcher avec eux,
car c'est ça ma vraie vie:
cette communauté de gens qui sortent de leurs foréts, de leurs tipis,
de leurs yourtes, de leurs apparts, de leurs cabanes, de leurs terrains,
pour réaliser leur réve de se faire entendre de la capitale!
Je ne veux plus être seul.
Partager, inventer, rencontrer les autres me stimule!
Pour ceux qui veulent me joindre, voici mon tel: 06.19.42.18.69.
14 février 2007
témoignage de FRED
Témoignage de FRED
Je vais résumer le cheminement qui s'est opéré en moi
pour aboutir à la construction de la yourte.
Il y a quelques années, aprés un choc dans ma vie,
j'ai remis en question ma façon d'être.
J'ai entrepris différentes pratiques corporelles et fais des rencontres qui m'ont proposé une autre vois à suivre.
A cette époque, j'étais au RMI, très sensibilisé aux problèmes de la recherche d'emploi et aux conditions des sans abris.
De retour à l'emploi, un CES d''encadrant technique dans une association,
j'ai constaté qu'il était impossible de trouver un logement
sans qu'il faille remplir des conditions incroyables pour satisfaire les agences de location.
Par exemple, trois mois de loyers de garantie ne suffisent pas,
il faut aussi une attestation de l'employeur et la caution d'une tierce personne!!!
Donc, une personne en difficulté, pour effectuer un retour à l'emploi,
doit s'endetter gravement pour obtenir un logement, alors que la période d'essai n'est pas finie et que la personne est sujette à méfiance.
Tout ceci a éveidement suscité en moi dégout, pour ne pas dire révolte.
Le déclic a eu lieu dans un monastère boudhiste de Bourgogne
ou se tenait une expo sur la Mongolie: en voyant les photos de yourtes, mon idée a germé!
Lors d'une réunion autour d'un projet d'Oasis en tous lieux,
j'ai décidé très clairement de construire ma yourte et d'y vivre.
Ce qui me motivait, c'était de faire la démonstration que c'est à la portée ou presque de n'importe qui!
J'ai ensuite rencontré une femme qui avait le même projet:
nous avons commencé à chercher des infos, sommes allés rendre visite à ceux qui étaient déjà installés,
comme toi Barbesse, en haut de ta colline,
et nous avons très vite récolté des renseignements précieux, échangé des astuces et trucs de fabrication et des adresses de fournisseurs.
J'ai concu mes propres plans, mais j'avoue qu'au début, je pensais confier la réalisation de l'anneau et de la porte à un menuisier.
Et puis je m'y suis mis.
Chaque morceau de bois, de cuir, de tissu doit être touché, carressé avec sa main,
et ressenti avec son coeur.
C'est très important cette dimmension dans la création de la yourte:
c'est une initiation complète, une quête de vision, une naissance, un voyage intérieur.
Pour réaliser cette aventure, il faut se laisser toucher par l'energie subtile de la yourte,
se mettre à l'écoute, rester dans l'attention, la présence, la conscience à ce qu'on fait.
Etre pleinement conscient du prélevement des perches dans la forêt,
remercier le lieu, la souche, alors l'énergie vient et les difficultés sont plus faciles à surmonter.
Avec la yourte, je vis un grand moment de réalité,
chaque jour je ressens au plus profond le sentiment de liberté!
Suis je devenu un fils du vent?!
FRED
outils basiques pour autarcie
Quand j'ai commencé ma première yourte,
je travaillais dehors en forêt, puisque je ne disposais pas encore d'atelier,
ou dans l’appartement HLM que je louais en bord de mon village.
J'habitais au quatrième étage sans ascenceur
et montais déjà chaque jour en hiver mon bois de chauffage.
J'ai demarré avec quelques outils à mains, une perceuse et une scie sauteuse bon marché, achetés parcimonieusement sur les maigres économies de mon revenu minimum.
Je déteste vivre à crédit, je n'ai donc jamais rien emprunté,
et surtout pas au système, qui m'aurait contrainte dés lors à rentrer dans ses créneaux,
exigeant des résultats marchands, ce qui aurait à coup sur paralysé ma créativité.
Mais j'avais une voiture, une fourgonette achetée aux enchères des domaines,
indispensable pour réunir les matières premières
et transporter mes récoltes et mon bois.
Plus tard, des copines artistes sont parties vivre dans un autre village
et m’ont cédé leur atelier, situé à trente mètres de mon appartement.
Là, j'ai vraiment réalisé mon vieux rêve,
interrompu par un divorce douloureux et autres déboires:
un lieu dévolu entièrement à ma création.
Maintenant, j'ai donc un atelier, mais plus de véhicule,
puique j'ai abandonné ma voiture en chemin.
Il serait plus juste d'avouer qu'on s'est mutuellement abandonné,
ce tas de tole et moi, je ne pouvais plus le supporter:
une tonne de ferraille et des litres de pollution assortis à un budget calamiteux,
m'ont, aprés mure refléxion, convaincus que le rapport entre les services rendus
et le stress généré par les pannes, l'aliénation à la pulsion de bouger,
une facture écologique et économique injustifiable,
avait depuis longtemps basculé, et qu'il était temps que je m'ajuste.
Je n'ai jamais regretté ce choix, trouvant toujours des solutions conviviales
à ce que d'autres considéreraient comme des obstacles innaceptables.
Aprés avoir taté du bois sauvage, je suis allée fouiner dans les scieries avoisinantes:
ce métier du bois m'a vite paru assez machiste, je n'y ai rencontré de femmes qu'au secrétariat.
Il a donc fallu que j'apprenne à me faire respecter,
mon porte monaie étant très persuasif sur cette question.
Au début, je me suis fait joliement arnaqué,
les types rigolaient quand je leur expliquais ce que je voulais,
essayant toujours de glaner quelques conseils utiles.
J'ai du négocier très serré et me facher quelques fois.
Un jour, je me suis même inscrite dans un stage d'initiation à la menuiserie,
en précisant bien mon projet, qui consistait à savoir faire un cadre de porte.
Bien que financée par l'insertion professionnelle,
ils ont voulu me couler dans un moule pour touriste, vue que j'étais la seule femme, en m'apprenant la première semaine à fabriquer une scie!
J'ai du menacé de partir pour obtenir, la deuxième semaine,
quelques rudiments sur les assemblages necessaires,
et m'initier à l'utilisation d'outils simples,
et non à une énorme bécane très dangereuse que je n'aurais jamais installé dans mon atelier,
malgré les prouesses que ces messieurs lui attribuait.
J'ai donc fabriqué mes yourtes avec du matériel de base simple:
scie, hachette, plane, couteau, rabot, ciseau à bois et maillet, mètre, marteau, tournevis, une petite raboteuse, un niveau, et bien entendu, machine à coudre avec aiguilles à jean et une bonne paire de ciseau...
J'ai finalement appris sur le tas qu'un bon outil se bichonne, se surveille, s'entretient, et qu'il vaut mieux ne pas le préter si on veut le garder longtemps.
Les gens me demandent souvent combien coute la fabrication d'une yourte.
Je ne peux pas leur répondre dans l'absolu,
car chaque yourte a correspondu à un désir et à des trouvailles différentes,
et je n'ai jamais compté mon temps.
Si j'avais compté mes heures,
par exemple cinq cents tasseaux de bois à raboter sur quatre faces à la main,
dans l'optique de les tarifier pour monter une entreprise,
ce qu'il fallait faire croire à ceux qui menacaient de me retirer mes subsides
si je ne voulais pas me soumettre à la dictature du marché,
le résultat final aurait été faramineux, et donc, hors de prix.
On ne compte pas ses heures quand on aime son travail,
que son travail dépend du sens et de la finalité qu'on lui donne,
et de la liberté et de l'enthousiasme avec lequel on l'exécute.
Voilà ce qui est le plus dangereux chez tous ceux qui veulent
remettre sous la menace les chomeurs au boulot,
pour leur faire produire des trucs ineptes et nocifs sur une planéte surchargée:
ils n'ont de cesse que de tuer l'avenir et tous ses possibles
en vous empéchant de l'inventer dans ces lieux délaissés qu'ils méprisent.
Alors il faut accepter de passer pour des féneants, des demeurés,
des parasites ou des inadaptés pour avoir une chance de continuer à oeuvrer
dans le secret de l'achimie qui mène à la réalisation de son humanité.
Accepter de passer pour des fous si on a l'audace de vouloir s'appartenir,
en vue de partager des richesses intérieures
et non ce qu'on a volé par l'exploitation de plus pauvre que soi.
Pour le bois, on peut faire soi-même ses perches en forêt,
ou acheter du bois brut au mètre en scierie, qu'on va chantourner, raboter et traiter soi-même ensuite.
Ou acheter du bois raboté, ou le faire raboter. Donc les prix varient.
Moins on paye cher, plus le travail personnel est important.
Pour le tissu, ma matière première étant en petits morceaux,
gros travail d'assemblage. Ma machine à coudre n'étant pas industrielle,
il a fallu aussi que je trouve des solutions
pour ne pas me retrouver avec des kilogs de toile à passer sous son ventre.
Ce qui m'a fait opter pour un assemblage de trapèzes pour le toit,
plutôt que des bandes cousues en carré dans lequel découper un cercle ouvert.
De toutes façons, mon pari de base était de pouvoir transporter
toutes les pieces de ma maison en haut d'une colline toute seule,
à dos de femme. Ce que j'ai fais.
La partie la plus lourde est la couronne, mais c'est la pièce maitresse de la yourte,
je n'ai donc point trop chipoté sur le poids.
Viser l'autarcie est la meilleure façon de stimuler l'imaginaire.
11 février 2007
témoignez!
Avant de vous exposer mon travail
et vous expliquer comment j'ai fabriqué mes yourtes,
je propose une pause, durant laquelle
tous les réveurs d'habiter dans les arbres,
tous les yourteurs,
tous ceux qui ont envie d'une yourte, qui y réfléchissent, qui la supputent,
ceux qui sont en train d'en construire une
et ceux qui l'ont fait,
ceux qui l'envisagent comme habitation
et ceux qui y vivent,
me confient ici leurs motivations.
Pourquoi et comment en sont-ils arrivés à cette envie, cette idée,
quel parcours a précédé ce choix, ce désir.
Sautez sur vos plumes et osez montrer vos ressorts!
Je me réserve le droit de publier
les témoignages authentiques
et non les détraque-tueurs,
et éventuellement d'en illustrer certains.
Je propose aussi, si vous êtes suffisament nombreux,
d'en tirer une petite analyse qui souligne les grands axes
qui ménent tant de personnes aujourd' hui,
et en particulier, de jeunes couples avec des petits enfants,
à s'engager dans une vie plus lègère et plus dépouillée,
à sortir des sentiers battus.
Pour déposer votre témoignage,
vous pouvez cliquer en bas de cette page sur « commentaires »
ou cliquer en bas à gauche sur "contacter l'auteur" et m'envoyer un courriel.
09 février 2007
mutualisation de la pensée
Ce blog est destiné à partager cette expérience unique et vitale
qu'est la construction autodidacte de sa propre maison,
sur une terre qu'on veut nous faire croire saturée.
Destiné à démontrer que malgré toutes les pressions d'une société marchandisée,
des ilots d'expérimentation et d'inventivité sont possibles,
encore, pour l'instant.
Il est une invitation à oser,
vers toutes celles et tous ceux,
et je sais qu'ils sont nombreux,
qui cherchent une alternative ici et maintenant,
à un immobilier saturé pris en otage par un marché devenu fou,
celles et ceux qui cherchent de nouvelles solutions,
qui sont préts à expérimenter de nouvelles pratiques,
tout en s'inspirant des savoirs des peuples premiers;
qui veulent inaugurer des moeurs plus simples,
une culture plus authentique,
avec leur réseaux, leurs proches et leur environnement.
Il se propose de raviver la confiance
que chacun peut s'offrir à lui-même
pour commencer à batir sa propre vie
sur des bases qu'il a choisi en son ame et conscience,
et non sous la pression
de ceux qui veulent nous enfermer dans des clapiers à lapin,
qui, si luxueux soit-ils, nous auront été imposés de l'extérieur,
et non selon nos besoins,
réflechis en cohérence et en fraternité avec les habitants du monde.
Nous voulons mettre en oeuvre nos ressources personnelles,
notre créativité, nos relations,
nos choix et nos motivations les plus profondes,
que nous aurons pris soin de respecter
au fil d'une rencontre avec nous -mêmes,
rencontre provoquée,
malgré tous les obstacles élevés
pour nous disperser et nous perdre.
Je veux dire à toutes les femmes
qui cherchent à renouer avec leurs talents innés,
qu'avant de construire ma yourte,
je n'avais jamais aiguisé un seul morceau de bois,
ni un morceau de fer:
la seule chose qu'il nous faut apprendre
vraiment et réellement à aiguiser,
c'est notre désir.
Un vrai désir, fondé sur nos questionnements, nos doutes,
nos aspirations, nos épreuves,
la connaissance aquise dans les tribulations,
tout ce qui a forgé notre vision personnelle du bien.
Quand notre juste désir, fondé sur l'élaguage de nos valeurs,
se dresse comme une obélisque au milieu du désert,
et s'envole comme une danse vers le ciel,
qui pourra lui résister?
Aiguisez votre juste désir et tout le reste viendra de lui-même.
Ce qui ne m'empéchera pas de vous donner prochainement
les plans de mes yourtes!
afin de répondre à une demande légitime de transmission.
J'entends dire par des hommes médiatiques éminents,
jaloux de la liberté que les gens du commun
commencent à pratiquer insolement sur internet en bloguant,
qu'il ne s'agit là que d'un narcissisme exacerbé.
Ces gens là, qui passent leur temps à raconter des histoires de gens qu'ils ne connaissent pas,
ont ils seulement réfléchi un instant sérieusement
à l'extraordinaire démocratisation de l'information et de la communication?
Ne sont-ils pas en train d'éluder tout bonnement,
par un jugement à l'emporte piece,
ce que peut signifier pour des tas de personnes
la réappropriation et la mutualisation de la pensée et du discours,
en dehors des pouvoirs dominants?
Ne sont-ils pas en train de trembler de peur
devant la fin de leurs monopoles?
Je me contenterais donc, en réponse à ce mépris,
de citer Jean Onimus présentant l'oeuvre de Theilard de Chardin,
qui, un demi-siécle avant l'invention d'internet,
prévoyait avec optimisme
la « concentration de tout l'humain en un seul système co-réfléchi de dimension planétaire. »
« Nous savons que seule une société solidaire,
fraternelle et équitable pourrait satisfaire nos désirs de plénitude.
Prodigieux changement des valeurs!
Les meilleurs ne sont plus les triomphants,
ceux qui s'imposent par la richesse, le pouvoir ou même le génie: les meilleurs sont les plus humains,
et la sélection devrait désormais jouer en leur faveur. »
Theilard pensait que les intentions et les désirs profonds
seraient le moteur du progrés,
que la complexification ne se ferait plus seulement
sous l'effet d'agents extérieurs mais de forces intimes.
En fait, Theilard prévoyait que l'on s'habituera peu à peu
à penser audelà de la famille, des proches, de la ville, de la nation.
Une conscience mondiale, voire cosmique,
ouvrira psychiquement les individus encore fermés sur eux-mêmes.
En se centrant sur plus grand, sur plus vaste que soi,
l'individu se dévelloppera par une maturation toute naturelle.
Il n'excluait pas que ces relations, en s'intensifiant,
ne produisent ça et là, puis de plus en plus souvent,
cette conversion et cet éveil qu'ont décrit tant de connaisseurs de l'esprit et de ses pouvoirs.
Dans un milieu propice, chauffé, fervent,
la présence de tous à tous deviendrait explosive,
une nouvelle énergie faisant adhérer les molécules humaines.
Car il situait le choix entre l'autodestruction enragée de l'espéce,
et un nouvel age de relations vraiment humaines.
D'un coté le suicide collectif par dévoiement du désir de vivre mieux,
et de l'autre un ressourcement venu de nos profondeurs.
Pour lui, le destin d'une planéte vivante et pensante n'était pas fixé d'avance...
Il y a un moment de paroxysme ou la lucidité et l'animalité s'affrontent.
Mais ce qui caractérise Theilard,
c'est sa foi en un nouvel instinct, moins primitif,
engendré par la conscience de l'espéce et de ses conditions de survie,
qui pourrait nous sauver du désastre.
06 février 2007
un trésor de liberté
Dans la yourte,
j'ai découvert l'enchantement d'être.
Des moments entiers à exister sans rien.
Des méditations sans temps issues des profondeurs.
La communion avec une transcendance suave.
Le silence et le repos du coeur.
L'extase lucide qui a transperçé le mur des illusions.
La quiétude de l'achèvement.
Alors Merci Merci
A tous ceux qui m'ont expulsée, refoulée, excommuniée,
A tous ceux qui m'ont exclue, marginalisée, rayée des listes,
Tous ceux qui ne m'ont pas réinsérée, rentabilisée, normalisée,
Ceux qui m'ont désaffiliée, spoliée, vilipendée, menacée,
Reléguée, humiliée, accusée, perquisitionnée, dépouillée!
Merci de m'avoir convaincue que le désert que j'ai traversé,
C'était déjà le maquis que j'avais pris!
Merci parce qu'en goûtant au vertige des bords,
Ils m'ont jeté à la proue de ma propre vie.
Merci, parce qu'en m'éloignant d' eux,














































































