Facade de la picharlerie, avant qu'elle soit rasée.

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Le four à pain retapé

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Le toit refait

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LA PICHARLERIE. COMPTE RENDU DE LA REUNION DU MARDI 17 JUILLET 2007

Profondément choqués par l'expulsion des occupants de La Picharlerie, hameau de la commune de Moissac Vallée Française abandonné depuis environ 70 ans, et la démolition expéditive de ce site historique survenues le mercredi 11 juillet 2007, des élus et habitants de la communauté de Communes des Hauts-Gardons se sont réunis mardi 17 07 à 21h. Plus d'une cinquantaine de personnes venues de toute la Lozère et même du Gard étaient présentes à cette réunion, et parmi elles :Jean Bonijol, président des Anciens Combattants de la Résistance, qui fut l'un des résistants du Maquis-Ecole de la Picharlerie en 1943-1944.Dany Rouveyre et Hervé Fumel du Groupe Départemental des Amis de la Résistance,André Gaujac et François Rouveyrol du Club Cévenol.Marie-Claude Monod, Présidente de l'Association Cultuelle de l'église réformée de Ste Croix Vallée Française.Jérémie Duval, pasteur à Ste Croix.Claude Faïsse, Conseiller Général du canton de Barre des Cévennes.De nombreux élus de la Communauté de Communes des Hauts-Gardons dont quatre maires : Jean-Max André, Annie Goiset-Pascal, Michèle Manoa et Hubert Pfister.Des élus d'autres communes cévenoles.Des représentants des occupants expulsés de la Picharlerie.

Un premier tour de table a permis de mesurer l'incompréhension et la révolte de tous devant la violence de l'intervention décidée par le Préfet, et fait émerger le besoin d'informations les plus précises possibles sur les faits et leurs causes. On s'efforcera au cours de la réunion de permettre à toutes les sensibilités de s'exprimer afin de couper court aux rumeurs naissantes et de répondre à ce besoin.

 

Deux occupants du site détruit ainsi que d'autres intervenants informés permettent ensuite de reconstituer un historique des faits :

Au printemps 2002 s'installent sur le site un groupe de personnes qui ont fait le choix de rendre la vie à des terres et lieux d'habitation abandonnés à la stérilité ou l'usure du temps. Ils rencontrent peu de temps après un des propriétaires en indivision, Freddy Dhombres, qui leur fait part, sans agressivité, de sa volonté de garder le hameau pour sa famille. L'été suivant, un arrêté d'interdiction d'habitat (pour cause de sécurité ?) aurait été pris par la Mairie de Moissac Vallée Française concernant les bâtiments de La Picharlerie. Il y a quelques mois, par rachat des parts, Freddy Dhombres devient le seul propriétaire des lieux et l'impression persiste de sa volonté de les restaurer. En 2007, il engage une première procédure d'expulsion dont il est débouté pour vice de forme : les personnes désignées par la procédure nominative étant domiciliées ailleurs que sur le site. D'autre part, suite à la visite de M. Meissonnier, huissier à Mende, au cours de laquelle les occupants du lieu ont refusé de décliner leur identité, une nouvelle procédure d'expulsion est engagée, mais les occupants du lieu présents à la réunion précisent n'avoir eu aucune notification officielle de décision de justice de la part du Tribunal, de la Préfecture, ni de la Mairie de Moissac.

 

Le mercredi 11 juillet à « 7h du matin, les forces de l'ordre se déploient en grand nombre dans la Vallée Française, quadrillant les routes et contrôlant les différents points d'accès à la 'Pich' (Moissac, Sainte Croix, Saint Etienne, Saint Martin de Lansuscle). Tout au long de la journée, de nombreuses personnes et des véhicules sont contrôlés dans la vallée. Pendant ce temps, sept fourgonnettes de gendarmes, des motards et un engin de destruction (pelleteuse) » réquisitionné «  montent là-haut et tout est littéralement rasé. Il ne reste plus des bâtiments qu'un tas de pierres de 50 mètres de long sur quelques mètres de large.... ». (Récit internet de l'un des occupants).

M.Sunt, présent à la réunion, qui avait été sollicité comme conciliateur par l'association Abraham Mazel et avait rencontré Freddy Dhombres confirme la volonté sincère de celui-ci de restaurer les lieux pour sa famille, mais s'étonne qu'il n'y ait pas eu de notification officielle de l'expulsion et considère que l'intervention de la Préfecture a été excessive. En effet, à plusieurs reprises au cours de la réunion se posera la même question :

Pourquoi et comment un arrêté d'expulsion s'est-il si rapidement transformé en destruction totale du site ?

Certains présents suggèrent que le propriétaire, mal conseillé par son entourage, et subissant des pressions dans un contexte social très tendu se soit résigné à la destruction du lieu, trois possibilités d'action lui ayant été données par la Préfecture : murer, dynamiter ou démolir avec une pelleteuse. D'autre part, il lui aurait été dit par la Mairie de Moissac que le permis de construire pour rénovation ne serait jamais accordé.

Claude Faïsse, Conseiller Général, bouleversé à la nouvelle de la démolition, lit le courrier qu'il a adressé aux Préfet et sous-Préfet de Lozère « ... Au moment même où les associations des anciens de la Résistance vont élever une stèle en souvenir de ceux qui prirent le maquis à la Picharlerie, la destruction de cette maison... est une injure à leur mémoire et à leur courage. Elle sera douloureusement perçue par les survivants et par tous les cévenols... ». Selon lui, cette destruction « n'est pas une erreur, c'est une faute ». Il a également alerté le Président du Conseil Général.

Jean Bonijol, venu de Mende pour la réunion, évoque ensuite brièvement ce qu'a été pour lui le maquis école de la Picharlerie. Adolescents hors-la loi réfractaires, ils ont fait « un sérieux pari de l'espérance quand ils sont entrés dans la clandestinité », en abandonnant famille et travail. Son témoignage émouvant fait référence aux familles André de Gabriac et d'autres qui ont accueilli les jeunes réfractaires. Il raconte les activités du maquis école et le peu de moyens dont il disposait, précisant que beaucoup de résistants (Bir Hakeim entre autres) sont passés dans ce lieu de ce fait inscrit dans la mémoire d'un grand nombre.

Des occupants expulsés du lieu expriment alors leur attachement à ce passé et leur conscience de cette mémoire, certains voyant un lien entre la résistance des maquisards à l'ordre Pétainiste de l'époque et leur propre résistance. L'un d'entre eux ajoute qu'ils travaillaient récemment à la traduction de la biographie d'un antifasciste allemand ayant séjourné à la Picharlerie. Madame Rouveyre rappelle que si le 'squatt' est un acte de résistance, c'est aussi un acte illégal. Après discussion,un élu de Saint Frézal de Ventalon déclare que « c'est l'excès de répression contre les squatteurs qui a détruit la Picharlerie ». Mme Rouveyre fait savoir que le Bureau National de leur association sera informé des faits et que la hâte avec laquelle la destruction est intervenue, interdisant toute médiation, sera clairement notifiée.

Certains participants à la réunion se demandent si cette démolition n'est pas le signe avant-coureur d'une volonté de faire disparaître d'autres lieux d'habitats précaires dans la région, et voient un lien possible entre ce qui s'est passé à la Picharlerie et le climat d'intimidation et d'insécurité (actes de violence : vols, dégradations et destructions de véhicules ciblés contre les nouveaux arrivants) qui sévit dans nos vallées depuis quelque temps.

Pour répondre aux différentes questions restées sans réponse, et marquer la mobilisation des participants, diverses propositions sont alors faites :- Rassemblement à la Picharlerie.- Culte à la Picharlerie.- Diffusion d'une expo photos, films et textes sur l'événement. Hubert Pfister propose le temple de Saint Martin de Lansuscle.- Délibération commune prise par les Communes et la Communauté de Communes concernées.- Communiqués de presse.- Plainte déposée pour avoir accès au dossier à la Préfecture de la Lorère.- Interpellation de la Préfecture pour trouble de l'ordre public occasionné par la violence et la soudaineté de l'opération (au cours de laquelle, par exemple, la téléphonie mobile était brouillée sur la zone).

.Ce compte-rendu n'est pas exhaustif de tout ce qui s'est dit au cours de la réunion, mais il se veut le plus fidèle possible. Un enregistrement complet de cette réunion a été fait et existe sous forme de CD MP3.

Claude Faïsse :

« C'est un crime, un assassinat »

Le conseiller général de Barre-des-Cévennes
monte au créneau

"Vous n'avez pas tardé à réagir à la destruction
de la Picharlerie... "

- "Pour tout vous dire, je suis complètement bouleversé.

Et je ne suis pas le seul, vu le nombre de personnes qui ont participé à la réunion

mardi soir à Sainte-Croix. Sur le canton et même au-delà,

car la Picharlerie est un nom qui parle à toute la Lozère,

l'émotion est réelle. C'était un maquis-école, et par là-même un lieu de mémoire.

Au moment où le Club cévenol voulait ériger une stèle

pour montrer aux jeunes que sur ce lieu, était né le souffle de la liberté,

cette destruction est un crime. Un assassinat."

- "Vous n'aviez pas été prévenu d'une éventuelle destruction ?"

- "Pas du tout. D'ailleurs, je voudrais que le sens de mon message soit clair :

je ne veux pas justifier l'occupation des lieux par des squatters en m'élevant

contre cette destruction.C'est peut-être une conséquence certes,

mais les deux dossiers sont pour moi complètement différents.
Ainsi, l'évacuation d'un squat, je peux comprendre.

Mais la destruction du lieu en question, je ne l'admets absolument pas.

Or, visiblement, puisque je n'étais pas sur le site ce jour-là,

les forces de police étaient présentes en nombre pour assurer

la protection du déroulement des opérations.

Cela veut dire que cela s'est fait sous les ordres du préfet.

C'est pour cette raison que je lui ai écrit.

Je veux avoir plus d'éclaircissements sur cette affaire, comprendre

quelles sont les décisions de justice qui ont engendré ce triste événement."

-"Vous étiez présent à la réunion mardi. Une mobilisation est-elle en train de naître ?"

- "Complètement. Et je souhaite pleinement une réaction

pour protester contre cette destruction.

La Lozère est privée là d'un lieu mythique.

Alors bien sûr, je ne prône pas la reconstruction du mas,

car c'est impossible. Mais il faut protester en masse.

Car je le répète, c'est un crime."

AH! Si seulement ce monsieur s'émouvait et s'indignait

tout autant pour les vivants,(habitants de la Pich)

que pour les morts!(mémoire des résistants)

 

Pour tous ceux qui veulent manifester leur solidarité,

obtenir des renseignements,

voici une liste d'adresses à contacter:

élus conseillers généraux
claude.faisse@club-internet.fr
ccvalleelongue.calbertois@wanadoo.fr
saint-julien-des-points@wanadoo.fr

élus Mairies
mairie.gabriac@wanadoo.fr Jean max André
manoa_franc@infonie.fr michèle Ste croix
agp.48@cegetel.net Annie molezon
hubertpfister@hotmail.com
pigache.jca@wanadoo.fr


Groupe départemental des Amis de la résistance :
Fumel Hervé: herve.fumel@wanadoo.fr
Rouveyre Dany : rouveyre.jm@wanadoo.fr

bidi.city@infonie.fr

la picharlerie : lapich@no-log.org
lechalut@orange.fr : pour nathalie
anhoc@tele2.fr : pour le FRVF