25 juillet 2007
violence entre voisins
« On maraude mes pommes, j'arrache les pommiers. »

Dimanche, le collectif d'habitants, d'associations et d'élus
qui s'est constitué aprés la destruction de la Picharlerie
a dénoncé l'abus de pouvoir du préfet.

Le pasteur propriétaire des lieux justifie son action
en rappelant que suite à l'arrêté de péril signé par la commune de Moissac,
il ne voulait pas être tenu pour responsable d'un éventuel accident.
Or la simple pose d'un panneau interdisant l'accés au site
aurait suffit à dégager sa responsabilité.

François Roux, notre avocat préféré,

a expliqué qu'un squat ne pouvait pas être une solution pérenne
et devait donc se transférer en solution légale.
« Ici, ça n'a pas été possible et l'issue fut la pire qui soit.
Le préfet est en partie responsable de cette destruction
puisqu'il violé l'article 8 de la convention européenne
qui protége le domicile et la famille,
même si le lieu est occupé illégalement.
On ne peut pas raser une habitation
si des affaires personnelles se trouvent encore sur place.
Or il y en a sous les décombres. »
Le conseiller général socialiste qui a rencontré le préfet Lundi
s'est inquiété publiquement du climat d'hostilité flagrante
entre gens du pays et nouveaux arrivants.
| Voici donc la réponse du prefet |
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| « La Picharlerie deviendra lieu de mémoire » |
Le préfet de la Lozère a accepté de faire le point sur le dossier sensible de la Picharlerie, ce hameau cévenol, haut lieu de la Résistance, détruit récemment Quinze jours après les faits, quel sentiment avez-vous aujourd'hui sur ce dossier ? Je constate qu'il y a eu de la désinformation, des amalgames et confusions dans cette affaire. Je ne souhaite pas revenir sur l'expulsion qui était l'application d'une mesure de justice. Elle crée un vrai débat au sein même des Cévennes et je lis et j'entends des choses très divergentes sur le sujet. Je crois qu'il sera sûrement utile, avec les élus responsables, qu'il y ait une réflexion sur le climat social. C'est ce qu'est venu me dire, lundi, M. Faïsse, conseiller général de Barre-des-Cévennes. Il y a une certaine détérioration de ce climat social, c'est un sujet qui mérite d'être diagnostiqué. L'État est prêt à apporter sa contribution et son expertise. Depuis une semaine, les contacts ont été nombreux, où en êtes-vous ? Concernant le lieu de mémoire, il y a la Picharlerie, et non loin, un autre mas qui a eu la même vocation. Il faut peut-être regarder tous les lieux. Je le redis de manière très sereine : qui s'est préoccupé jusque-là de faire de la Picharlerie un lieu de mémoire ? Qui s'est ému, en 1976, de la destruction du hameau par un incendie ? Qui s'était inquiété du squat du site, qui du coup a été assez dénaturé ? Je demande à tout le monde de raison garder. Le plus important, aujourd'hui, est d'avoir un vrai projet pour faire de ce lieu, un endroit de recueillement et de silence. Que l'on puisse s'y retrouver pour honorer la mémoire de ceux qui ont été d'authentiques Résistants. J'ai effectivement établi un certain nombre de contacts avec le monde combattant, le Club cévenol que j'avais déjà reçu bien avant pour leur projet de stèle qui ne pouvait d'ailleurs voir le jour à cause du squat, le maire de Moissac ainsi que le propriétaire. J'ai désormais l'accord de tous, et j'ai pu mesurer leur volonté d'aménager un lieu. Une plateforme où pourrait être érigée la stèle, et ce que je propose également, des panneaux évoquant les faits historiques. Ainsi la Picharlerie retrouvera le calme qui sied à ces souvenirs. L'État apportera son concours à ces réalisations. Et tous les élus qui souhaitent s'associer à ce projet sont les bienvenus. Je souhaite provoquer une réunion au plus tôt, en août ou tout début septembre. Quelle est la position de l'État sur le phénomène de "cabanisation" ? Je veux être clair : il n'y a pas de plan programmé par l'État pour lutter contre ce phénomène de cabanisation. À la lumière de ce qui s'est passé, je m'aperçois qu'il y a une difficulté ressentie par une partie des Cévenols de ce phénomène. Une ligne de fracture entre les Cévenols et ces populations nouvellement arrivées et qui n'ont pas de véritables projets sur ce territoire. Comme je le disais en préambule, il faudra mener la réflexion avec les élus sur ce thème.
Recueilli par C. GAILLARD |
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« La non violence est la plus grande force
que l'humanité ait à sa disposition.Elle est plus puissante
que l'arme la plus destructrice inventée par l'homme.
La destruction ne correspond nullement à la loi des hommes. »
Gandhi

«Je me plais à imaginer un État enfin,
qui se permettrait d'être juste pour tous
et de traiter l'individu avec respect, en voisin ;
qui même ne trouverait pas incompatible avec son repos
que quelques-uns choisissent de vivre en marge,
sans se mêler des affaires du gouvernement
ni se laisser étreindre par lui,
du moment qu'ils rempliraient tous les devoirs
envers les voisins et leurs semblables. »
Henry Thoreau
