31 août 2007
droit d'habiter
maisons vides
maisons abandonnées
maisons en ruine
maisons oubliées
maison secondaires
réquisition
sans logis, sans domicile, sans toit
sans famille, sans travail, sans santé
exécution du droit d'habiter
29 août 2007
Rencontres estivales des objecteurs de croissance
Plus de liens et moins de biens.
Travailler moins pour vivre mieux....
(slogan des objecteurs de croissance mais aussi
des autorités sanitaires de Tokyo pour parer
aux décés en série,suicides, accidents,
liés au surmenage au travail)
Lègers et engagés, ils sont venus d'un peu partout
en vélo, en âne, en covoiturage, en train ou à pied
pour participer aux rencontres estivales
des objecteurs de croissance.
Quatre jours d'ateliers et de débats
prés de Royère de Vassivière dans la Creuse,
pour tenter d'élaborer, par l'échange et l'écoute,
avec les idées, les points de vues et les pratiques
expérimentales variées de la décroissance,
un projet social et politique qui détrônerait l'économique,
en dénonçant les impasses productivistes,
pour réhabiliter l'humain dans toutes ses dimensions.
Partis de la yourte au petit matin, nous avons rejoint
les copains de la Creuse qui ont organisé ces rencontres,
pour y aborder les sujets les plus brûlants dont nous autres,
citoyens menacés par les exactions criminelles
des intéréts privés sur la planéte et ses habitants,
devons nous emparer d'urgence.
Dans un cadre champètre, sous la pleine lune,
cette poignée d'humains, dont le trait particulier et commun
esquisse un langage de la simplicité,
qui se rassemble contre le fatalisme d'une vénalité
contaminant toutes les valeurs de la vie,
constitue l'avant garde d'une nouvelle société,
non pas basée sur un concept intellectuel de salon,
ni sur des frustrations, ni sur des opinions,
mais sur une lucidité nécessaire,
souvent acquise au prix de tribulations pénibles,
étayée par des expertises de techniciens
non prostitués au modèle dominant,
une nouvelle société intériorisant prémonitoirement
ses limites et son aprés développement, société peuplée
de précurseurs minuscules dotés d'un bon sens non corrompu,
capables d' examens de conscience honnétes,
dont les valeurs conviviales et fraternelles sont véhiculées
avec grâce par des jeunes démarqués
dont la fraîcheur et la liberté d'esprit est un gage
de la capacité de l'humanité
à survivre à ses erreurs.
23 août 2007
humble demeure

Ceux qui, pour toute maison, n'ont qu'un bout de torchon,
qu'un morceau de carton,
à peine quelques plastiques,
qu'un peu de paille et de terre,
ceux qui inventent, ceux qui improvisent,
avec des pneux, des bouteilles,
des galets, des coquillages,
des carcasses mécaniques, des bouts de fer tordus,
des boites félées, des tuyaux, des bidons,
des édredons, des colifichets cassés,
des maisons insolites,
ceux qui, par impécuniosité, maniaquerie ou poésie
ramassent, récupérent, détournent
ce que jettent les riches,
ceux qui bricolent les rejets, les déchets, les ordures,
les astiquent, les empilent, les décorent,
pour finalement les transformer en séjours de rêve,
ceux qui font du beau avec du rien
et tant de bien avec si peu,
ceux qui s'entourent de murs en osier, bambou,
liège, bruyère, jonc, laine ou lin,
et font de quelques canisses les frontières de leur monde,
quand d'autres se barricadent sous le ciment armé,
élevent des tours et des donjons pour y caler leurs miradors,
ceux qui n'ont pas besoin de patins dans leur salon,
pas besoin d'alarme dans leur entrée,
pas de sauna au sous-sol,
ceux qui n'ont pas besoin de bonne pour cirer leurs chaussures,
mais devant qui les chiens se taisent
et les abeilles donnent leur miel,
ceux qui tissent leur habitat comme un berger sa cape,
ceux qui, sans déplacer les montagnes, sans raser de forêt,
font leurs nids comme les oiseaux des champs,
ceux qui prennent une toute petite place sur cette terre
accaparée, confisquée aux générations naissantes et à venir,
avec leur façon de ne pas vouloir prendre plus qu'il ne faut,
leur façon de ne pas se fâcher,
et d'endurer, d'accepter la relégation,
avec seulement une cabane, seulement une roulotte,
juste un tipi ou une yourte,
et peut-être, au fond d'une forêt,
la grotte d'un viel ermite décédé,
ceux qui parfois n'ont même pas de cabanes,
seulement un trottoir,
qui savent sans se plaindre qu'ils n'auront jamais de terre
ou planter les piquets de leur errance,
jamais de jardin à cultiver,
et si j'ose parler de ceux
qui n'ont même plus de larmes pour pleurer,
c'est parce qu'un jour moi aussi, par la chair de ma chair,
par les blessures d'un élaguage trop précoce,
j'ai su le peu qu'il faut entre le vertige et la chute,
pour ne plus rien posséder,
seulement contempler sa dernière voile arrachée.
Ceux là, qu'ils reçoivent la grâce des humbles.
Pour ceux qui veulent voir ou en est
la France d'en bas,d'en haut et du milieu sur ce sujet,
allez voir les commentaires de l'article "Ôte toi de mon soleil!"
de Thierry Pelletier sur son site:"la France de Toutenbas":
http://recits.blogs.liberation.fr/thierry_pelletier/
19 août 2007
territoires à habiter autrement
Désormais, la tolèrance pour d'autres façons d'exister,
d'autres façons d'habiter, ne suffit plus.
Il faut les accepter.
Ne pas empécher, exclure, réprimer,
mais additionner les différences,
chaque mode d'habitat relevant plus de la culture que de l'économique.
L'humain doit s'accomplir dans la diversité,
somme des singularités, et non par l' aplatissement,
l'arasement au conformisme d'un seul pouvoir dirigeant.
Le parcage, le contrôle obsédant,
le vampirisme profiteur et croissantiste, l'uniformisation,
mène à une rigidification mortifère de la société, de la civilisation.
La préservation de la pluralité des modes d'existence
relèvera à l'avenir du même combat
que celui de la protection de la diversité des peuples premiers,
des espèces animales et végétales.
Il est donc vital que des zones de liberté soient ouvertes
dans les réglementations des territoires,
dans lesquelles puissent s'élaborer,
à une certaine distance du pouvoir et de la pression médiatique,
des expérimentations issues du peuple,
ces créateurs singuliers et modestes qu'abrite
toute population rendue libre,
qui ne soient pas plombées par des fonctionnaires et des actionnaires.
Des expérimentations qui soient comme des soupirs dans une partition,
capables d'impulser un nouveau souffle.
Capables d'offrir aux hommes des espaces de concrétisation
aux rêves de sagesse de la psyché humaine,
espaces protégés ne se bâtissant pas
sur l'expropriation privatisée des biens communs,
mais sur une gestion prévoyante
de l'équilibre nécessaire à la vie future,
gestion qui ferait confiance
à l'instinct de survie non galvaudé des plus exposés.
18 août 2007
alter pastorale
Voir l'article sorti sur Libération le 13 Aout:
http://www.liberation.fr/actualite/societe/271975.FR.php
Ma réponse au commentaire du pasteur Cassandre, publié plus haut,
à la suite de l'article "premières reactions au massacre de la Picharlerie"..
Comme je vous plains, Monsieur le pasteur,
d'avoir à justifier de si mauvaise foi
et si maladroitement votre ami pasteur,
et comme vous me rendez désolée de l'absence de honte
que vous manifestez en osant rallier le Christ
à votre cause scandaleuse!
Ne vous suffit il pas d'avoir colonisé Dieu,
la terre, les peuples et leurs âmes,
faut il encore que vous détourniez,
comme un intégriste aveuglé de haine,
le message du Christ, qui n'est pas venu sur terre,
que je sache, pour défendre la propriété privée
et le racket des puissants mais bien les plus démunis,
les exclus, les sans logis, les sans voix, les sans papiers,
tous ceux que vous nommez,
avec une inconscience injurieuse « les envahisseurs ».
Ce blog n'a pas de vocation polèmique,
mais je ne peux laisser passer un tel commentaire,
car il touche bien plus loin que la question de la Picharlerie,
qui reste cependant un merveilleux révélateur,
et, sans aucun doute pour vous, hommes d'églises,
une occasion de vous bousculer dans vos acquis.
Il touche, par la question du droit d'habiter au droit de vivre.
Votre métier, car je ne peux imaginer qu'un tel commentaire
provienne d'un être engagé dans le dévouement à une cause juste,
autrement dit d'une vocation,
et votre âge, que j'imagine vénérable,
avec ce qu'il entraîne de blocages
sur des principes désuets ou périmés,
vous ont-ils tari le coeur au point que la manipulation
et la perversion de la parole de Dieu
que vous pratiquez en public
ne vous soit en aucune façon perceptible?
Au delà de la colère, vous me feriez bien pleurer,
Monsieur le pasteur, car cette abomination chrétienne
qu'est le fait d'appeler Bien le Mal et vice versa,
issue d'un consacré cevenol est une morsure
qui vient renforcer ma conviction
que trop de pouvoir mène à l'erreur.
Sur mon propre chemin, j'ai adhéré
à différentes formes de foi, dont la votre.
Ma pérégrination mystique à travers les religions,
mes doutes, mes conversions, mes dévotions, mes dégouts,
mes retournements, mes illuminations,
mes contritions, mes indignations,
ma croissance spirituelle avec ses fanges et ses pitons,
mes remises en question,
ont souvent fait éclater les dogmes
qui m'ont un certain temps structuré,
mais, dans le flot des désillusions, des maturations,
et même en pleine révolte, et même encore en plein désert,
je n'ai jamais cessé, non seulement d'admirer,
mais surtout de reconnaître en l'évangile
le pur éclat de la vérité.
Ce livre qui n'a jamais quitté mon chevet,
je n'y ai jamais lu, Dieu merci, de la bouche de Jésus,
ce que vous tentez d'y mettre.
J'ai surtout entendu sa fabuleuse colère contre les marchands
et je connais par coeur les béatitudes et l'épître aux corinthiens
ou il est dit que l'amour excuse tout,
croit tout, espère tout, supporte tout.
J'ai grandi avec ce Jésus sauveur des humbles et des pauvres
dont il promet qu'ils seront les premiers au royaume des cieux.
Alors Monsieur le pharisien défenseur des propriétaires,
et donc des voleurs, montrez moi, SVP,
ou vous avez lu dans votre bible
que les riches doivent tout posséder et tout casser
sur le dos des pauvres et expliquez moi pourquoi,
à ces pauvres qui vous sont offerts par millions à travers le monde,
à commencer par chez nous,
vous ne dépliez pas le marche pied
auquel votre Dieu leur donne droit?
15 août 2007
destinée en habitat vernaculaire
Quelques fleurs pour les visiteurs de Yurtao,
et la pensée d'un Indien en offrande.
"Les hommes étaient destinés à vivre dans des tipis,
non dans les boites que vous appelez appartements.
Vous avez transformé les hommes en professeurs du pointage
et les femmes en ménagères:
créatures hautement redoutables.
Vous vivez dans des prisons que vous vous êtes construites,
que vous appelez maisons, bureaux, usines.
Est-ce que vous savez à quoi ressemble cette misère culturelle?
Elle ressemble à un gamin blanc de la bonne bourgeoisie
habitant un duplex avec télévision couleur.
J'échangerais n'importe quand ce type d'habitation
contre un de nos magnifiques tipis Lakotas d'autrefois."
Lame Deer.
12 août 2007
Le contraire de la productivité
"La convivialité, c'est le contraire de la productivité."
Ivan illich
11 août 2007
défrichage d'un terrain abandonné
Comment nous avons investi le lieu de nos yourtes.
Mon atelier, ainsi que le local de l'association « Demeures Nomades »,
sont loués depuis plusieurs années dans un immeuble d'une rue sans issue,
dans un quartier très modeste en bord de village, à l'orée de la forêt,
doté d'une école primaire, d'un HLM, d'une boite aux lettres,
et de deux bancs coincés entre les containers de récupération.
Notre association a succédé dans les lieux à une autre,
fondée par deux copines artistes, créatrices
de meubles et objets en carton et en bois récupérés,
qu'elles décoraient de patchworks de papiers multicolores déchirés.
L 'atelier sert bien entendu de lieu de fabrication de mon artisanat,
peinture, menuiserie, couture, ainsi que pour divers bricolages
communs avec les associés ou des gens du quartier.
Une partie est allouée au bureau de l'association, une partie aux réunions.
L'arrière du local donne sur une ruelle bordée de caves voutées,
inutilisables du fait de leur humidité, mais l'étage supérieur,
lui aussi divisé en petites caves, permet d'entreposer du bois ou du petit matériel.
Ces caves bordent une restanque étroite sur laquelle en 2004,
nous avions posé une petite yourte.
Mais la propriétaire de l'immeuble nous as demandé
de l'enlever à la fin de l'été, sous des prétextes fallacieux.
. Nous avions pourtant bien entretenu l'espace,
mais nous apprîmes plus tard que la vraie raison
était qu'elle voulait vendre son bien.
Elle ne put mener son projet à terme,
car les vieux locataires de l'immeuble se liguèrent pour rejeter,
avec l'appui d'une association et d'un avocat,
les injonctions d'un escroc de l'immobilier qui voulait jeter
tout le monde dehors pour multiplier par deux le montant des loyers.
Entre temps, l'association se retrouvait donc sans yourte établie.
Nous cherchions un terrain pour nos projets d'installation
d'un camp ouvert sur le quartier.
Je consultais assidûment le cadastre
et visitais tous les recoins des friches avoisinantes,
avant d'obtenir un rendez vous avec le maire,
qui nous proposa un grand terrain en bord de rivière.
Celui ci devait préalablement servir de caserne de pompiers,
mais la préfecture venait de le déclarer irrévocablement inondable:
la commune ne pouvait plus rien en faire.
Ce terrain dénudé présentait l'inconvénient d'être trop loin de notre local,
et de se trouver en bord de route, donc relativement bruyant,
avec obligation de construire une clôture en dur conséquente:
des frais que nous ne pouvions envisager pour l'instant.
Aussi, nous avons demandé au maire son assentiment
pour occuper un terrain situé à 200mètres de l'atelier,
dont nous ignorions les dimensions tant il était envahi
de ronces impénétrables sur trois mètres de hauteur.
Ce terrain abandonné depuis des décennies appartenait
à une association de réinsertion de drogués dont les activités,
sises dans un village proche, avaient pris fin quelques années auparavant.
Ils avaient acheté la vielle usine en bas et le terrain en haut, en 86,
avec l'intention d'y développer un autre centre d'hébergement,
mais aucune équipe n'est jamais venue y travailler,
et les lieux incultes sont restés abandonnés,
recouverts d'une végétation anarchique et infranchissable.
L'inconvénient de ce terrain, la cause de nos hésitations,
était sa proximité avec le transformateur électrique.
Le maire nous donna son autorisation,
officieuse puisqu'il s'agissait d'un terrain privé,
objectant seulement une bonne acceptation du voisinage puis,
plus tard, offrit, comme nous le lui avions suggéré,
le terrain du bord de rivière pour la création de jardins
en faveur des plus démunis.
Aujourd'hui, la mairie (pour la mise en oeuvre, forages, etc)
et les copains que nous avons rassemblé sur cette initiative populaire
(objectifs, charte, qualité des cultures) travaillons à l'organisation
de parcelles que nous voudrions cultiver en bio.
A la fin de l'été 2004, alors que nous hésitions encore ou poser nos yourtes,
je reçus un choc qui entraîna sans plus de tergiversations
toute notre équipe vers la réalisation de notre but.
J'appris brutalement que j'avais un cancer qu'il fallait opérer immédiatement.
Le pronostique vital étant engagé, ma réaction fut radicale.
Je n'avais plus le temps, je devais m'installer,
pas question de gémir entre quatre murs:
l'aboutissement de mon travail et de ma vie devaient culminer
dans la réalité de la yourte, maintenant.
J'avais habité seule sous la yourte dans des lieux isolés,
essayé le village communautaire alternatif, mais désormais,
je voulais m'investir dans la réalité sociale locale, là ou j'étais,
avec la diversité, l'humilité et parfois la hargne des gens qui vivaient là,
je voulais insérer dans mon village, dans ma région, dans mon pays,
la nécessité politique, écologique, humanitaire et spirituelle
de ce nouveau rapport au monde que symbolisent les yourtes en Occident.
C'est ainsi qu'aprés une première mutilation, à peine recousue,
je partis à l'assaut des ronces, entraînant nos ados,
les copains et les proches disponibles,
boostés, il faut bien le dire, par mon ardeur sans faille.
J'attaquais au sécateur la montagne de ronces.
Mon obstination, la rage avec laquelle chaque jour je gagnais en ouverture,
contamina mes partenaires, et c'est ainsi que notre débroussaillage
se transforma en chantier pédagogique, ou les jeunes s'investirent,
en rigolant et se démenant joyeusement,
dans un projet de proximité à taille humaine.
La perspective de pouvoir investir une yourte totalement pour eux
fut très stimulante!
Je découpais chaque tige piquante en morceaux pour le compostage,
entassais consciencieusement le bois mort le long du chemin,
décidais des arbres à sacrifier. Juste le nécessaire pour dégager la place.
Nous avions très peu d'outils, mais beaucoup d'entrain!
Pas question d'une machine à moteur qui coupe tout
en polluant les poumons, les oreilles et l'instinct,
la consigne étant de déraciner chaque ronce
et de ne couper les arbustes du fourré qu'aprés identification
et planification minimum. L'hiver entier y passa,
et nous découvrimes, avec étonnement et satisfaction,
une surface plus grande que ce que nous supposions.
Combien de fois en sillonnant la campagne ais je imaginé,
au milieu d'une prairie dégagée, au détour d'un sentier perdu,
en escaladant des faïsses enfouies sous les épineux,
en découvrant un cabanon abandonné sur un jardin en friche,
en débouchant d'un épais fourré sur une petite aire herbeuse
tapie sous des fruitiers sauvages, combien de fois ai-je imaginé
une yourte blottie à l'abri du vent sur des terres sauvages,
combien de chemins ais je défriché grâce à cette vision
sans cesse surgissante à la moindre parcelle au soleil?
Tant et tant de rêves qui ont musclé mes bras et structuré mon esprit
pour la construction d'un monde fraternel et lèger
ou l'humain chercherait avant tout à aimer et respecter ses semblables
et la nature qui nous nourrit.
Maintenant, psychiquement reconstruite, je n'avais plus besoin
de fuir le monde pour me protéger de sa violence,
je voulais m'y engager avec la force de mes convictions,
y affirmer tout ce qu'une vie difficile de femme en mouvement m'avait apporté.
Je voulais, tout en gardant la simplicité en racine,
rendre visible le fruit de l'évolution initiatique d'une femme moderne,
ayant conquis sa liberté et son autonomie
tout en restant fidéle à ses idéaux et son absolu.
C'est ainsi que, sur ce terrain défriché, au printemps,
aprés une deuxième opération trés castratrice,
enfin, nous posions la première yourte,
celle ou j'allais habiter, vivre ou mourir.
J'eus alors la sensation d'une totale cohérence de lieu,
de temps et d'espace et respirais dés lors, à plein poumon,
la joie complète d'une réalisation
gagnée entièrement à la force du poignet.
07 août 2007
Expulsions de terrains occupés
Un peu de réglementation avant d'aborder
le problème de fond de la cabanisation.
Depuis la loi du 18 Mars 2003 relative à la sécurité intérieure,
l'occupation en réunion de terrain est un délit,
sauf si ce terrain est situé sur une commune qui n'a pas satisfait
aux obligations de réaliser des aires d'acceuil.
Si le terrain est occupé par des camions,
des roulottes avec roues,
des habitats mobiles,
la procédure d'expulsion qui est appliquée
est celle issue des dispositions de la loi N°2000-614 du 5.07.2000
relative à l'acceuil et l'habitat des gens du voyage,
loi qui a été durcie, à la demande des parlementaires,
par la loi n° 2003-239 relative à la sécurité intérieure(LSI).
Dont le texte est le suivant:
« Le fait de s'installer en réunion,
en vue d'y établir une habitation, même temporaire,
sur un terrain appartenant soit à une commune
qui s'est conformée aux obligations lui incombant
en vertu du schéma départemental prévu par l'article 2 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ou qui n'est pas inscrite à ce schéma,
soit à tout autre propriétaire autre qu'une commune,
sans être en mesure de justifier de son autorisation
ou de celle du titulaire du droit d'usage du terrain,
est puni de 6 mois d'emprisonnement et de 3 750 E d'amende.
Lorsque l'installation s'est faite au moyen de véhicules automobiles,
il peut être procédé à leur saisie,
à l'exception des véhicules destinés à l'habitation,
en vue de leur confiscation par la juridiction pénale. »
Cette procédure d'expulsion spécifique et simplifiée,
réservée uniquement aux communes qui ont réalisé ou participé
financièrement à l'aménagement d'une aire d'acceuil
ne peut s'appliquer qu'envers des véhicules en état de mobilité,
et non dans le cas de cabanes.
Le maire peut aussi, s'il a réalisé une aire d'acceuil,
interdire par voie d'arrété le stationnement de caravanes
sur le territoire de sa commune.
Mais même là encore, il doit obtenir une décision de justice.
Mais s'il sagit donc d'abris de fortune, cabanons,
caravanes sans roues, et autres habitats de bric et de broc,
seule la procédure d'expulsion de droit commun s'applique.
Dans ces cas là, dans les communes non inscrites au shéma départemental,
notament dans les communes de moins de 5000 habitants,
le maire peut, par voie d'assignation, saisir
le président du tribunal de grande instance
pour demander l'expulsion des occupants d'un terrain
appartenant à un propriétaire privé
lorsque l'occupation est de nature à porter atteinte
à la salubrité, la sécurité ou à la tranquilité publique.
(article 9.1 créé par la LSI: Loi de Sécurité Intérieure)
Le maire doit rapporter la preuve que l'occupation
porte atteinte à l'ordre public.
L'existence d'un trouble à l'ordre public reste necessaire
pour se substituer au propriétaire.
06 août 2007
Désobeissance civile
Mr Sarkozy en vacances s'offusque qu'on ose lui demander s'il a vraiment vendu des armes à la Lybie.
« On ne va pas tout de même me reprocher de vendre des armes alors que je donne ainsi du travail aux Français qui en ont besoin! »
Vendre des armes à la Lybie qui torture à tour de bras fournit des emplois à des Français qui ont bien raison de perdre leur conscience puisque leur président les couvre.
Ils compenseront en regardant TF1 un peu plus, abreuvés d'anxiolytiques.
Voilà un exemple de plus de ce que coûte l'emploi des Français dans des boulots stupides et assassins à des milliards de pauvres gens soumis à des dictatures politiques ou économiques criminelles.
Petit rappel de la considération du président de TF1 envers les téléspectateurs:
« Pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est à dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. »
Remplaçez Coca par Sarko, puisque ce sont ses meilleurs potes qui dirigent la chaîne, prenez conscience de la dictature de la télé au détriment du livre,
et fermez immédiatement votre télé.
Lisez ou relisez ce pamphlet qui, de Platon à Tolstoï, Gandhi et Martin Luther King est l'un des fondamentaux de la conscience humaine s'exerçant dans la réflexion politique:
« La désobeissance civile ».
Ce tout petit livre de Thoreau, écrit en 1848, pose ces deux questions clefs: « Qu'est-ce que la justice? « et « Qu'est ce que la conscience? »
Faire le ménage de son cerveau est aussi necessaire que nettoyer sa maison.
Extraits:
« Le citoyen doit-il un seul instant, dans quelques mesure que ce soit, abandonner sa conscience au législateur? Pourquoi, alors, chacun aurait-il une conscience? Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite. Le respect de la loi vient aprés celui du droit. La seule obligation que j'ai le droit d'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste. Tous les hommes admettent le droit à la révolution, c'est à dire le droit de refuser allégeance au gouvernement et de lui résister, quand sa tyrannie ou son inefficacité sont grandes et insupportables.
Quand la friction vient à posséder sa machine, que l'oppression et le vol sont organisés, je déclare: refusons de supporter plus longtemps cette machine.
Les marchands sont plus préoccupés par le commerce qu'ils ne sont par l'humain. Je ne me querelle pas avec des ennemis éloignés, mais avec ceux qui, prés de chez moi, coopérent avec eux et leur obéissent, sans lesquels ils seraient inoffensifs. Des milliers de gens sont opposés en opinion à l'esclavage et à la guerre, mais ils ne font rien pour y mettre un terme. Ils hésitent et ils regrettent, et parfois ils font des pétitions. Mais il ne font rien d'ardent et d'efficace.
Même voter pour la justice, ce n'est rien faire pour elle. C'est se contenter d'exprimer un faible désir de la voir prévaloir. Le sage ne laissera pas la justice à la merci du hasard, il ne souhaitera pas la voir l'emporter par le pouvoir de la majorité.
La seule voix qui puisse hâter l'abolition de l'esclavage est celle de l'homme qui engage par là sa propre liberté.
Puissions nous trouver un homme qui soit un homme, qui, comme dit mon voisin, ait une échine à travers laquelle on ne puisse passer la main!
Sous un gouvernement qui emprisonne un seul être injustement, la juste place du juste est aussi la prison.
J'ai envisagé l'emprisonnement du hors la loi plutôt que la confiscation de ses biens, bien que les deux soient choses équivalentes, parce que ceux qui défendent le droit le plus pur, et qui sont en conséquence les plus dangreux dans un État corrompu, n'ont le plus souvent pas pris le temps d'accumuler des biens.
Le riche est toujours vendu à l'institution qui fait sa richesse. On peut dire, dans l'absolu, que plus il a d'argent, moins il a de vertu; car l'argent s'interpose entre un homme et ses objets et les lui obtient; et ce ne fut certainement pas une grande vertu de la gagner. Il dissuade de poser de nombreuses question auxquelles le riche aurait l'obligation de répondre: tandis que la seule nouvelle question qu'il pose est celle-ci, difficile mais superflue: « Comment le dépenser? »
Ainsi son sol moral se dérobe t'il sous ses pas.
La faculté de vivre diminue en proportion de l'accroissement des prétendus « moyens ». Le mieux qu'un homme puisse faire pour sa culture lorsqu'il est riche, c'est de s'efforcer d'accomplir les projets qu'il avait, pauvre. »







































































































