31 mars 2008
dernier manifeste de Joe de Halem pour l'Habitat Choisi
Voici le dernier texte que Joe Sacco m'a envoyé quelques jours avant son décés,
( mort de Joe Sacco, fondateur d'Halem, là:http://http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/23/8427950.html)
pour introduire les journées de montage des yourtes à Paris, (voir ces yourtes là: http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/06/8216591.html)
afin de revendiquer le choix pour chacun de la forme de son habitat
et soutenir une culture de la diversité.
"Qui sommes nous ?
– Toutes sortes de gens prenant la liberté de choisir leur mode de vie
Quel que soit le type de logement, beaucoup subissent leur habitat. Aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes ont décidé de le choisir en sortant des sentiers battus.
Vie proche de la nature, éco-construction, financement léger et mobilité sont des critères de plus en plus retenus pour faire son lieu de vie.
Des jeunes et des vieux, des personnes seules et des familles, des plus ou moins intégrés socialement et économiquement… Certains qui descendent de traditions nomades multiséculaires, d’autres qui ont franchi le pas hier soir… Chacun ses raisons : la proximité de la nature, la décroissance, l’autosuffisance, une vie saine, une démarche spirituelle…
Ce que nous avons en commun c’est notre démarche de prendre la liberté de choisir notre mode de vie, d’habitat et de subsistance sans accepter d’être victimes de discriminations pour autant.
Pourquoi ? La liberté de choix c’est une possibilité d’épanouissement.
Tout le monde “choisi” à l’intérieur de la palette que lui laisse ses possibilités et ses contraintes : financières, professionnelles, familiales, amoureuses, affectives… C’est comme cela que certains sont, par exemple, amenés à « choisir » un HLM.
La liberté de choix dans une recherche d’autonomie, c’est la possibilité de se réaliser, soi et ses projets. C’est ainsi que la majorité de ceux qui vivent en habitat hors normes finissent par l'adopter et ne veulent plus d’un logement social en échange quand on le leur propose !
Pour les enfants,
c’est souvent l’occasion d’une vie saine et épanouissante en contact avec la nature et le sens de la vie, un éveil leur donnant le potentiel d’emprunter par la suite le chemin de leur choix.
Comment ? Rechercher l’autonomie : le logement et la subsistance.
En s’autonomisant, en cherchant chacun son niveau de besoins et ses moyens de subvenir à ses besoins. Pour beaucoup il s’agira de simplicité choisie, de circuits courts (autoconstruction, agriculture vivrière, échanges de savoir, entraide…)
Une cabane, une yourte, une maison en bottes de paille ou en torchis… dans un pré abandonné que l’on aura généralement acheté ou loué. Des activités d’autoproduction : potager, poulailler, faire du bois, ramasser des fruits sauvages, des champignons, des échanges de coups de main et de biens de première nécessité…
Production de biens à échanger ou à vendre : artisanat, confitures, pain… ou de services : jardinage, petite maçonnerie, menuiserie… ou de culture : musique, spectacles, brocante…
Certains, ayant des activités liées à une implantation géographique fixe, vivent à demeure en caravane ou en mobile home en ayant à l’occasion un confort et un équipement comme on en voit dans les magazines spécialisés.
D’autres, notamment ceux qui ont des activités non agricoles sont plus mobiles,
changeant d’endroit parfois plusieurs fois dans l’année avec roulotte,
caravane, véhicule aménagé…
Où ? Là où il y a de la place – mais où il est le plus souvent interdit d’habiter.
Sur la planète terre, de laquelle nous sommes, nous aussi, co-héritiers et où nous estimons légitime de poser notre habitat. En ayant un mode de vie et souvent de subsistance lié à l'utilisation d'un espace dont nous réclamons le droit d'usage.
Globalement, le choix du milieu rural est ressenti
comme plus riche de possibilités d’autonomie,
mais où il est difficile de trouver des terrains à vivre, souvent rares et toujours chers. Ces obstacles poussent des centaines de milliers de personnes à s’installer sur des terrains “non constructibles”, ce qui est actuellement illégal. Mais aussi, sur des terrains de camping, des terrains familiaux, des aires d'accueil ou de stationnement et, par défaut, notamment pour les plus mobiles d'entre nous, là où il y a de la place,
où on peut stationner quelques jours ou quelques semaines, souvent en forçant plus ou moins les choses, avant de reprendre la route. Et pour certains, dans les interstices du paysage urbain.
Ethique : Respect de soi – respect d’autrui – respect de notre héritage commun
Chaque individu est un univers et aucune formule ne conviendra à tout le monde.
Trois principes quand même :
• Respect de la personne – Mes besoins, mes désirs et mes rêves sont intimement liés à mon histoire personnelle. Prendre le temps de les connaître et de choisir la vie qui me convient est un droit imprescriptible. Quels que soient sa formation, son expérience ou son statut, nul n’est habilité à définir ce qui est “bien” pour moi.
• Respect de la planète – La planète, l’écosystème, la terre, l’eau, l’air, la biodiversité, le pétrole… font partie de notre héritage commun en tant qu’êtres vivants. Notre droit se limite donc à un droit d’usage dans le respect de tous les êtres vivants de toutes les espèces et de leurs descendants. Mobiles (roulotte, caravane, véhicules aménagés…), transportables (yourte, tipi, mobile homes…)
ou biodégradables (paille, bois, pisé, torchis…), nos aménagements ont une durée d'occupation du sol qui n’excède pas, ou de très peu, leur utilité.
• Nécessité de la diversité – Pour trouver l’équilibre entre le respect de la personne et celui de la planète, et de façon à éviter toute situation subie, la société se doit de proposer un grande variété de modèles etde statuts réellement disponibles et accessibles à chacun dans le respect des différences.
Viabilité – le module habitable – la viabilisation autonome
Est viable pour une personne ce qu’elle sent viable, non seulement qu’elle serait prête à accepter faute de mieux, mais qu’elle retient en présence d’autres alternatives disponibles et financièrement accessibles pour elle. C’est la dimension principale qu’il s’agit de vérifier pour se prononcer sur la viabilité ou non d’un logement.
Le module habitable : Dans l’éphémère et le mobile, comme dans le bâti conventionnel, on trouve le meilleur et le pire, des choses qui sont viables et d’autres qui ne le sont pas. La viabilité ou non d’un logement découle non pas de sa nature mais de ses caractéristiques, de son état et du rapport avec ses habitants.
De plus, l’autoconstruction rendue possible par l’habitat léger facilite une adaptation constante de l’habitat à l’évolution des besoins et permet une installation progressive, mûrie dans le temps.
La surface – le volume : Les notions de surface et de volume ne sont pas pertinentes de la même manière pour des gens qui investissent autant l’espace extérieur que l’intérieur (moins en hiver, plus en été) que pour ceux qui ne peuvent dépasser les murs de leur appartement. Comme dans le bâti, normalisé, sauf mauvais état, toutes les formules alternatives d’habitat « protèg(ent) les locaux contre les eaux de ruissellement et les remontées d’eau » mais aussi des infiltrations. (Décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains).
la viabilisation autonome :
La technologie actuelle permet un niveau d’autonomie qu’il est curieux de voir réprimé : toilettes sèches, phytoépuration, électricité solaire, éolienne etc., collecte et potabilisation d’eaux de pluie…
Électricité : Différentes formules existent pour produire l’électricité solaire ou éolienne. Sachant que chaque foyer français consomme en moyenne 2500 kWh par an (hors chauffage), l'installation de 20 à 25m2 de capteurs photovoltaïques suffit pour générer assez d'électricité pour un foyer moyen de 4 personnes. Expérience montre que la majorité des personnes ayant choisi un mode de vie alternatif sont des consommateurs beaucoup plus sobres et s'en sortent avec 4 à 5 fois moins de surface. Souvent, la seule conception de l'habitat peut réduire considérablement les besoins en énergie.
D'autres solutions existent, comme le solaire avec réflecteur et turbine ou moteur Stirling.
Eau : Dans beaucoup d'endroits il y a des sources, ou la possibilité de creuser un puits. Dans le pire des cas, le captage de l'eau de pluie peut fournir l'eau nécessaire. Filtrée par osmose inverse, elle est tellement pure qu'elle doit être remineralisée pour la consommation quotidienne.
L’eau chaude est un élément de confort encore absent dans bien de logements bâtis. Facilement acessible par le solaire ou à partir d’un chauffage à bois… son prix de revient à l’utilisation est souvent nul (hors amortissement et travail pour faire son bois) donc éminemment accessible à toutes les bourses. De même toutes les formules prévoient, en principe, un moyen de chauffage, de l’eau à l’intérieure ou à proximité immédiate, etc.
Assainissement : Bien meilleures pour l'environnement que les stations d'épuration classiques, les systèmesde phytoépuration non seulement décomposent les molécules organiques, mais elles piègent les composées d'azote et de phosphate qui sont absorbés par les plantes. L'excédant de matière verte est composté ou donné aux poules… Les bassins ainsi créés (3m2 / personne en comptant large) contribuent à l'aménagement du paysage et à la biodiversité.
WC secs : Ils s'utilisent comme des WC habituels, excepté que la « chasse » est une bolée de sciure, copeaux ou autre source de cellulose en petits morceaux. Le tout s'accumule dans un réservoir qui est vidé de temps en temps pour faire du compost. Ce système de chasse est lui aussi sans odeur mais permet d'amender le sol, sans polluer l'eau et sans coûts et impacts de raccordements, tout en restant autonome.
Pertinent
Dans son mode de vie traditionnel, l’homme faisait partie de l’équilibre de l’écosystème. Suite à des millénaires d’occupation humaine du territoire français, le monde rural et même les espaces naturelles sont le résultat de l’interaction de l’homme avec son environnement.
Fossés, terrasses et chemins font partie du patrimoine en perdition. Il y a cinquante ans, il y avait encore des hameaux partout, maintenant il y a une désertification de la campagne avec des exploitations chaque fois plus grandes et, souvent, des déprises agricoles synonymes de terres à l’abandon, de risque de feu et parfois de perte de biodiversité et diminue l'épuisement des ressources et d'énergies liées aux raccordements et au traitements des eaux.
En réinvestissant l’espace rural, nous faisons vivre le tissu social et économique environnant. Nos enfants maintiennent les écoles là où elles seraient fermées, nos emplettes font vivre les commerçants, nos bras nettoient, cueillent, oeuvrent aux besoins locaux. Notre musique, nos chants, nos spectacles font vivre les foyers ruraux. nous participons à la vie locale et nous enrichissons toutes les sphères de la vie rurale.
Nous matérialisons des possibilités de vie autonome et satisfaisante pour beaucoup qui ne peuvent ou ne veulent se couler dans le moule dominant et à laquelle une société qui se veut libre ouverte et novatrice doit avoir d’autres réponses que la prison ou l’hôpital psychiatrique.
Prendre la vie à bras le corps est, pour certains, le débouché constructif pour une opiniâtreté qui pourrait autrement devenir l’embrasement du désespoir.
Liberté de choix
Une circulaire du 13 juillet 2006 est venue préciser la définition de l’intérêt communautaire en matière « d’habitat » au profit des communes et de leurs groupements. Les compétences « politique du logement et du cadre de vie » des communautés de communes et « équilibre social de l’habitat » des communautés urbaines et des communautés d’agglomération peuvent être regroupées sous le terme de « politique locale d’habitat ». Parmi les objectifs attendus, il s’agit de « favoriser la satisfaction des besoins de logements,de promouvoir la qualité de l’habitat et l’habitat durable ou encore de favoriser une offre de logements qui par sa diversité de statuts d’occupation et de répartition spatiale, assure la liberté de choix pour tous de son mode d’habitation »…
Or si la politique de l’habitat est une compétence obligatoire des communautés d’agglomération et des communautés urbaines, elle est optionnelle pour les communautés de communes. Instaurée par la loi du 6 février 1992, la communauté de communes doit associer des communes au sein d'un « espace de solidarité en vue de l'élaboration d'un projet commun de développement et d'aménagement de l'espace en milieu rural
Nous revendiquons
1. Le droit du choix de notre mode de vie et la reconnaissance de nos habitats comme logements au même titre que le bâti conventionnel ce qui implique que nous ayons les mêmes droits que tous nos concitoyens. Cette liberté de choix suppose que soient réellement disponibles des logements conventionnels accessibles à toutes les couches de la population.
2. Le droit universel au logement et à la subsistance, le droit d’usage la terre dont nous nous estimons copropriétaires à l’instar de tous les êtres vivants de la planète.
3. L’obligation pour toutes les communes d’affecter une certaine surface à l’habitat éphémère ou mobile.
4. La possibilité d’investir des zones non constructibles sans sensibilité particulière par un aménagement réversible, autonome et respectueux de l’environnement sans artificialisation des sols ni constructions en dur et ce dans le but de recevoir des logements éphémères ou mobiles..
5. L’acceptation du choix de la simplicité, la dignité ne devant pas se confondre avec l’obligation de consommer des biens et des services dont le besoin n’est pas ressenti.
Nous demandons
6. La mise en place d’une commission paritaire “habitats à durée humaine / pouvoirs publics” pour fixer les détails d’application de ces points et tous les autres points litigieux qui pourront apparaître dans ce domaine.
7. La définition d’un statut d’expérimentation permettant d’éviter des situations d’illégalité pendant le temps de ce travail.
8. Le gel ou l'abandon des poursuites judiciaires envers les personnes ayant opté par choix ou par nécessité pour ces solutions d'habitat et de vie.
24 mars 2008
Témoignages et hommages à Joe Sacco d'HALEM
Aprés le choc de l'annonce de la mort de Joe
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/23/8427950.html
Cet espace est offert pour tous ceux qui,à chaud ou plus tard,
désirent témoigner leur sympathie et leurs émotions
à la mort brutale de notre ami Joe Sacco.
Cliquez sur le lien suivant pour les circonstances de ce drame:
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/23/8427950.html
Joe m'écrivait ceci il y a quelques jours:
"Ça me file la pêche chaque fois que je reçois un de tes mails, mais encore plus aujourd'hui en regardant tout ce que tu as rajouté sur ton blog ! Merci."
Alors continuons à le régaler une dernière fois,
chacun qui l'avons connu personnellement,
ou qui avons connu, soutenu et reconnu sa cause,
et collectivement en poursuivant son oeuvre,
qu'il a mené jusqu'à mourir au feu du combat.
Vous pouvez m'envoyer vos réactions par mail en cliquant là ,
je les publierais dans cet espace, textes ou images,
ou en allant directement écrire un commentaire en fin de cet article.
COMMUNIQUE de la Fédération Droit Au logement,
24 rue de la Banque - 75002 Paris
tél : 01 40 27 92 98 € fax 01 42 78 22 11 € E-mail: fededal @ wanadoo.fr
Paris le 23 mars 2008
Disparition de Jo Sacco fondateur de l¹association HALEM,militant des précaires du logement et pour l¹habitat choisi
Jo est décédé des suites de l¹incendie vendredi matin, dans l¹incendie de la friche artistique autogérée, du Chardonnet, à Rennes.
La fédération « Droit Au Logement », fait part de sa tristesse et de son émotion à l¹annonce de la mort tragique de jo, apporte sa solidarité à ses proches et ceux et celles qui ont combattu à ses cotés, et demande des éclaircissement sur les causes de ce drame.
Il luttait pour ceux et celles qui, éjectés par la société urbaine, ou ayant choisi leur liberté, vivent dans des camping, dans des caravanes, des logements de fortune, ou dans des habitats alternatifs choisis respectueux de l¹environnement et autonomes.
Il revendiquait aussi avec justesse des droits pour les habitants de camping et d¹habitat informel de plus en plus nombreux, notamment la domiciliation ouvrant l¹accès au droits civiques et aux prestations sociales, ainsi que le versement de l¹allocation logement, car la location d¹un mobil home et d¹une place sont désormais coûteuses.
Il avait co-organisé les journées de l¹habitat choisi, place de la Bourse début mars à Paris, où avaient été installées yourtes et tipis, afin de dénoncer la répression administrative qui frappe les habitants d¹habitat alternatifs. Il avait pris en charge la coordination du réseau en construction des mouvements alternatifs ruraux pour l¹habitat choisi.
La Fédération « Droit Au Logement » et l¹association HALEM étaient en discussion ces derniers mois, car la précarité du logement a pris des formes nouvelles, et nécessite de coordonner les efforts et d¹adapter les réponses à ces nouvelles situations et ces nouvelles revendications.
A cet égard, la fédération des Comités DAL a décidé d¹intégrer dans ses statuts et ses revendications la notion « de droit à un habitat choisi ».
Réaction de Marcel de "Ma Cabane"
rentrant de trois jours en Cévennes à la rencontre de gens et de lieux créatifs, j'ouvre mon ordi et tombe sur cette info abassourdissante :
Joe Sacco est mort...
Ma Cabane s'associe à ce deuil et s'engage à continuer le travail commencé avec Joe dans cet esprit de collaboration ouverte qu'il a initié et soutenu, je propose que les "journées d'été de l'habitat choisi" dont l'idée a été lancée place de la bourse lui soient dédiées.hey Joe, toi qui voulais toujours adresser nos revendications le plus haut possible, tu as décidé d'aller voir directement le grand Manitou ?!
Whilhem:
"J'espère au moins que maintenant il nous fait coucou d'un bus volant, dans
lequel il a pris en stop plein de types sympas, comme coluche, l'abbé
pierre, le che et tous ceux qui avait pu le faire rêver et espérer à un
monde plus juste...
A ciao l'artiste, on reste là pour finir le boulot..."
Neige:
"Je lis juste cette terrible nouvelle du départ de Joe Sacco, fondateur d'Halem, site sur lequel j'allais prendre des informations régulièrement, je vois ce magnifique coquelicot de ton message et j'ai envie de te joindre ce beau texte trouvé sur le web, comme hommage à ton ami. Vos engagements et votre combat me bouleversent par leur justesse , leur évidence et la façon si simple et dépouillée, essentielle, dont vous les menez.
Je suis avec vous!"
Texte envoyé par Neige:
"Des yourtes et des tentes ont été installées au début du mois, place de la Bourse, dans le second arrondissement de Paris, par le réseau Halem (association d'habitants de logements éphémères ou mobiles) pour "réclamer la liberté de choisir son mode de vie et son habitat".
Notre réseau, est à la confluence de différents courants qui souhaitent vivre autrement, occuper des terres de façon légère, réversible et respectueuse de l'environnement" a déclaré Joe Sacco, actuel porte-parole du réseau à l'AFP.
Les militants de l'association se plaignent d'arrêtés préfectoraux "anti-cabanisation" qui attentent à leur liberté et demande une reconnaissance de leur choix de vie : "face à la précarité, à la crise du logement, l'habitat éphémère ou mobile doit être reconnu comme logement avec tous les droits et avantages mais aussi obligations que cela implique".
Leur manifestation atypique en plein cœur de Paris vise à attirer l’attention du public sur cette réalité en pleine croissance qu’est le développement de l’habitat léger ou nomade…
Face à l’uniformisation et à la standardisation de nos modes de vie, je me réjouis personnellement de la démarche de l’association Halem. Pouvoir choisir de vivre dans une habitation qui correspond à sa sensibilité ou à sa philosophie de l'existence n’est-il pas légitime ?
Au-delà de la défense d’une liberté de base, cette revendication d’une forme de nomadisme ou de précarité assumée me renvoie à l’esprit de la fête juive des Tabernacles ou des Cabanes : Hag haSoukkot.
Durant cette fête, la Torah prescrit aux Juifs de résider, prendre leurs repas, voir dormir dans une soukka (cabane, hutte), qu’ils auront construite eux-mêmes, à la fin de Yom Kippour. La soukka est un rappel des tentes dans lesquelles les Hébreux habitèrent au désert durant l'Exode.
Comme pour les Hébreux de l’Exode – restés quarante années dans l’aridité de la péninsule sinaïtique -, la liberté, la réappropriation de nos vies passent par le désert. Le désert n’est pas la misère – la misère n’apporte rien à la vie spirituelle, au contraire. Le désert est le retour à l’essentiel, le dépouillement du superflu, l’apprentissage de la sobriété. Le désert est le domaine des nomades qui ne possèdent que ce dont ils ont réellement besoin, c'est à dire des biens indispensables à la vie et a l’épanouissement légitime. Les nomades n’ont pas de propriété foncière, ne charge pas les ânes et les chameaux au-delà du nécessaire. Le désert empêche toute accumulation, toute possessivité exagérée, il est le crible qui départage le futile de l’utile. Ainsi lorsque l’on vit dans une cabane, un tipi ou une yourte, on est amené à se poser la question « de quoi ai-je vraiment besoin ? Qu’est ce qui est nécessaire, qu’est ce qui me rend heureux ? ».
Il ne s’agit pas de rejeter ou mépriser la matière ou les jouissances terrestres – voulues par le Créateur – mais de retrouver la conscience de ce qui nous est réellement indispensable. Bien sûr, nos besoins biologiques et physiques de base doivent être satisfaits, mais ce que nous rappelle l’Exode, en affirmant que « l’homme ne vivra pas que de pain », est que l’épanouissement humain ne saurait se confiner au remplissage du ventre. Fort de cette conscience, Jésus incitait ses contemporains à surmonter les inquiétudes matérielles primaires et à « chercher d’abord le royaume et la justice de Dieu » (Matthieu 6/31). Il disait en substance : " Si vous retrouvez le sens de votre vocation humaine spirituelle, si vous réorientez votre vie vers la fraternité, l’équilibre et la modération, « tout ce dont vous avez besoin vous sera donné de surcroît », car l’abondance naturelle et généreuse de la Création nourrira sans problème l’humanité comme elle « nourrit les oiseaux » ou « habille les lys des champs » (Matthieu 6/31; Voir aussi Luc 12/29 et Révélation d’Arès 28/24-26)".La quête utopique, la beauté, la philosophie, la vie intérieure, l’amour, la création au sens le plus profond - qui va bien au-delà de l’art et inclus la création de soi comme celle de l’harmonie sociale -, etc. sont des éléments vitaux de l’existence humaine authentique, aussi vitaux que la nourriture, le logement ou le vêtement."
Christian: "Les Objecteurs de Croissance, seront parmi les amis de Joe ,
pour partager avec vous la tristesse ,
mais aussi la révolte et les espoirs des combats de Joe.
Triste printemps !"
Mourir le jour du printemps,
Dans les tumultes de l’équinoxe,
Là où les ombres noires des nuages défilent,
Et les vents froids du Nord s’acharnent,
Une dernière fois.
Car la lumière solaire et lunaire prend le dessus,
Le jour gagne inexorablement du terrain sur la nuit,
La pleine lune transforme même la nuit en un jour lumineux !
Symbole d’une victoire écrasante
Comme un soleil d’été.
Mourir le jour où la vie gagne sur la mort.
Joe est mort à l’équinoxe du printemps,
Et comme le Christ, mort ce vendredi saint,
Demain il sera ressuscité !F. (Poeme édité sur le site Halem)
"Les boules et la rage pour ce qui se passe, les boules parce que les nouvelles méthodes pour expulser les squatteurs et détruire les squatts est des plus barbares et criminels, et la rage parce que ca fait bien longtemps que la répréssion et les pérsécutions sont la, mais c'est de pire en pire . Ca me rappelle l'expulsion du WAGON a Saint Brieuc il y a déja quelques années, pour certains 7 ans là et virés en quelques minutes, puis destruction du squatt alors que le squatt faisait parti du paysage, une salle de concert amenagée et autres initiatives! .
Derriere ces actes criminels de l'Etat ou de ses sbires se cache je crois un probleme plus grave, la volonté de réprimer ou d anéantir la culture "underground", que tout le monde marche au pas et ferme sa gueule! Paix a son âme à Joe et
salut a tout les gens qui se battent contre l'asservissement.Résistance.
Désolé de pas pouvoir bouger à la manif, le coeur y est!" Kénavo
23 mars 2008
Mort de Joe Sacco, fondateur d'HALEM
(Cette page est modifiée en fonction des arrivées d'infos.)
Voilà, je suis bouleversée, je vous livre ça en vrac.
Hier, j'attendais la réponse de Joe Sacco à qui je venais de proposer d'animer un atelier sur les reglementations concernant les habitats légers, éphémères et précaires, lors de la première rencontre des habitants sous yourte que nous allons proposer pour le premier WE de Septembre au Cantoyourte.
J'avais déjà coanimer avec lui un tel atelier aux journées de la décroissance à Vassivière l'été dernier. Joe, qui était un militant passionné et compétent, venait de me proposer d' écrire directement sur son site Halem, car il avait besoin pour sa lutte de se tenir informé de toutes les attaques partout en France contre les habitats alternatifs et précaires. Il était désolé de n'être pas là pour le procés de Mende et se tenait au courant minutieusement de l'évolution de la situation.
Mais Joe, qui se trouvait dans un squatt de Rennes, avec son militantisme chevronné pour défendre le droit d'habiter autrement, vient de succomber.
Je viens de recevoir l'annonce de sa mort!
C'est un choc terrible!
Le dernier mail de Joe que j'ai reçu date de quelques heures avant la tragédie, l'incendie ayant eu lieu le vendredi matin 21 Mars à 8H30, mail de Joe du Jeudi 20 Mars à 20heures:
"Je suis en Bretagne où nous avions un procès moins symbolique, mais significatif quand même ce matin au tribunal d'appel de Rennes. Bail agricole cassé sur base de mensonges et d'interprétations abusifs. Mis en délibéré pour le 15 mai. J'avais mis les textes appelant au rassemblement à Mende sur le site et rediffusé le mail. Il y a aussi des copains du Gard qui devaient y être. Comment cela s'est passé ? pour que la comm soit mieux répercutée, je vous propose de vous ouvrir notre site, c'est à dire que vous aurez un identifiant et un mot de passe qui vous permettront d'y écrire directement.Bonne vie,joe"
Subject: mort de Joe Sacco...ce lendemain de printemps 2008
Envi de frapper sur ce clavier en colère, triste et abattu par la nouvelle qui vient de nous arriver de Rennes ...
Nous apprenons ce matin qu'un incendie (dont on ne connait pas l'origine) a ravagé un squat rennais connu pour sa vitalité artistique, culturelle et sociale ... Les deux amis, qui nous ont appelé ce matin, étaient en train d'y préparer un spectacle ... Il nous annonce aussi qu'un gars a été brulé ...
à voir : http://tibolbrice.spaces.live.com/
Il y a une demi-heure, nous apprenons que ce gars brulé n'est autre que Joe Sacco, Il est mort hier soir !
C'était un militant fondateur et très actif de Halém, association des habitants de logements éphémères ou mobiles, qui cherche à faire reconnaitre l'égalité de droits de tous les citoyens quels que soient leurs choix de mode de vie et d'habitat. Ses qualités de cœur, la profondeur de ses convictions, sa force de travail serviront d'exemple à beaucoup d'entre nous.
Nous sommes nombreux-ses à être déterminés à continuer son travail. Il est mort parce qu'il a refusé d'abandonner les données militantes de son ordinateur et il souhaitait tisser des liens avec ce lieu.
La mobilisation doit s'organiser car l'incendie c'est une chose mais un arrêté municipale d'hier soir leur demande de quitter les lieux dans les 4 jours .? !
Une cinquantaine de résidents ont fait le choix de vivre là-bas. Pour vivre autrement, selon leur convictions, rêves, compétences... Des familles, des individu-e-s, artistes, artisans, plus ou moins itinérant-e-s... Il nous appartient de défendre, avec ce collectif déterminé, le droit à vivre autrement.
A rennes, le mouvement s'organise - à suivre
Vincent et Clem
le texte officiel de Rennes:La VILLA MONBROUMPF a brulé !!!
L'ELABORATOIRE
(collectif artistique pluridisciplinaire, lieu d'accueil et d'expérimentations) est toujours présent, terrible nouvelle pour les habitants, artistes, artisans, faiseurs de belles choses... qui sont aujourd'hui amenés à quitter les lieux !
OUI MAIS pour aller où ? La ville a-t-elle la volonté politique et les moyens de reloger ce collectif qui a choisi de vivre et travailler autrement ? La proposition d'urgence est de déménager "temporairement" sur un stade de foot sous quatre jours, date butoir le mardi 25 mars 2008. OUI MAIS comment ? et pour quel avenir ? Et en attendant comment continuer de travailler ? où stocker le matériel ? Et comment déplacer tout ça ?
*Nous vous invitons au rassemblement à la VILLA MONBROUMPF, le MARDI 25 MARS 2008
à 8h00, heure d'expulsion prévue.*
Si vous connaissez l'ELABORATOIRE et le collectif de la VILLA MONBROUMPF, de loin ou de près, merci à vous tous de diffuser l'info !
Envoyez nous, de façon urgente, des courriers de solidarité et de résistance
(que pensez vous du lieu, son existence, la dynamique créée par ce collectif,vos impressions ...) à :
la Mairie de Rennes :
place de la Mairie 35000 Rennes
ville.rennes@ville-rennes.fr <mailto:ville.rennes@ville-rennes.fr>
http://www.rennes.fr/ <http://www.rennes.fr/>
et une copie à la présidente de l'élaboratoire > addlib@hotmail.fr <mailto:addlib@hotmail.fr>
http://elaboratoire.free.fr <http://elaboratoire.free.fr/>
MERCI POUR VOTRE SOUTIEN !!!
Vendredi 21 Mars:
Incendie près de l'Elaboratoire, un squat d'artistes situé Plaine de Baud
Un violent incendie a ravagé ce matin vers 7h30 un squat d'artistes attenant à l'Elaboratoire, près du dépôt de bus du Star. Un homme a été sérieusement brûlé.
Un violent incendie s'est déclaré ce matin vers 7h30 dans un hangar attenant à L'Elaboratoire, un squat atelier d'artistes, avenue Chardonnet à Rennes. Une quarantaine de pompiers a réussi à maîtriser le feu. La moitié du bâtiment a été détruite. Un homme, grièvement brûlé, a été transporté au CHU Pontchaillou.
L'Elaboratoire est un squat d'artistes : plasticiens, musiciens, comédiens... Il servait de lieu de répétition, d'échanges, d'ateliers. Une cinquantaine de personnes y travaillent et y résident habituellement.
Déclaration de Droit au logement: DAL, le 23 Mars 08
Disparition de Jo Sacco fondateur de l¹association HALEM
Militant des précaires du logement et pour l¹habitat choisi
Jo est décédé des suites de l¹incendie vendredi matin, dans l¹incendie de
la friche artistique autogérée, du Chardonnet, à Rennes.
La fédération « Droit Au Logement », fait part de sa tristesse et de son
émotion à l¹annonce de la mort tragique de jo, apporte sa solidarité à ses
proches et ceux et celles qui ont combattu à ses cotés, et demande des
éclaircissement sur les causes de ce drame.
Il luttait pour ceux et celles qui, éjectés par la société urbaine, ou
ayant choisi leur liberté, vivent dans des camping, dans des caravanes,
des logements de fortune, ou dans des habitats alternatifs choisis
respectueux de l¹environnement et autonomes.
Il revendiquait aussi avec justesse des droits pour les habitants de
camping et d¹habitat informel de plus en plus nombreux, notamment la
domiciliation ouvrant l¹accès au droits civiques et aux prestations
sociales, ainsi que le versement de l¹allocation logement, car la location
d¹un mobil home et d¹une place sont désormais coûteuses.
Il avait co-organisé les journées de l¹habitat choisi, place de la Bourse
début mars à Paris, où avaient été installées yourtes et tipis, afin de
dénoncer la répression administrative qui frappe les habitants d¹habitat
alternatifs. Il avait pris en charge la coordination du réseau en
construction des mouvements alternatifs ruraux pour l¹habitat choisi.
La Fédération « Droit Au Logement » et l¹association HALEM étaient en
discussion ces derniers mois, car la précarité du logement a pris des
formes nouvelles, et nécessite de coordonner les efforts et d¹adapter les
réponses à ces nouvelles situations et ces nouvelles revendications.
A cet égard, la fédération des Comités DAL a décidé d¹intégrer dans ses
statuts et ses revendications la notion « de droit à un habitat choisi ».
Joe se trouve en pemier plan sur cette photo,
lors des journées de l'habitat choisi à Paris.
Des photos de cette journée là:
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/06/8216591.html
L'appel de Joe et du réseau pour ces journées:
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/02/21/8043828.html
Ce qu'il reste aprés l'incendie:
Pour participer virtuellement à notre tristesse:
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/24/8441258.html
Témoignage de Michael, couturier à l'Elaboratoire,
dont l'atelier de couture a brulé dans l'incendie de Vendredi à la "Villa",
recueilli le Lundi 24 Mars à 15H:
"Joe dormait dans une piece de la « Villa », le Sleeping, spécialement ouverte aux visiteurs, avec trois autres personnes, Suzanne, Armel et Helène. A 7H30 le Vendredi 21 Mars, Armel entend des crépitements et sent une odeur bizarre sur le palier, donc il se lève. La il découvre un feu avec des flammes déjà hautes jaunes et bleues, qu'il tente d'éteindre avec une couverture. Les autres amènent un matelas à la rescousse car le feu prend très vite, au point qu'ils sont persuadés qu'il y a du pétrole ou autre produit solvant liquide répandu sur les lieux.
Contrairement à ce qu'on essaye de nous faire croire, les occupants qui vivent en autogestion sont très prudents avec tous les éventuels risques, beaucoup plus attentifs que des locatairres normaux, car ils ont parfaitement conscience que le moindre incident remet en cause leur logement et leur lieu de travail. Dans ce lieu, les poeles et l'électricité sont bien surveillés et gérés, les problèmes régulièrement réglés.
Le départ de feu s'est fait à une heure connue pour être particulièrement calme, quand tout le monde dort, aprés la veille tardive du soir précédent. A cette heure, les poeles sont éteints, les gens dorment, il n'y a personne dehors.
Le matelas s'est avéré insuffisant contre des flammes vite débordantes et les quatre personnes ont renoncé, évacuant les lieux. Joe s'est attardé car il ne retrouvait plus son ordi portable, possiblement déplaçé ou volé.... Et une grosse flamme l'a pris à revers, il a donc du sauter par la fenêtre. Les pompiers l'ont récupéré nu, titubant, quelques minutes plus tard, et l'ambulance est arrivée.
Joe a été hospitalé seul, personne n'a pu l'accompagner, sous prétextes que les amis présents n'étaient pas de la famille. A partir de là, le mystère s'épaissit, on pense que Joe a été mis sous coma artificiel à un moment donné, toujours est-il qu'il ne s'est jamais réveillé. De quoi est-il mort? Joe était brulé aux jambes, sur quarante pour cent de sa surface du corps, ce qui est loin d'atteindre la face létale qui se situe à quatre vingt dix pour cent de surface du corps. Il n'avait pas de médecin traitant, ce qui risque de couter cher à son cadavre....Les premiers pompiers qui sont arrivés sur les lieux de l'incendie conduisaient un véhicule dont le réservoir était vide. Puis quand le feu s'est étendu, une quarantaine de pompiers sont arrivés, au milieu desquels se trouvait en conciliabules une vingtaine de personnes qui ne se sont pas présentées, flics en civil, mairie ou autre.... Tous les intervenants extérieurs ont procédé exactement comme si tous les occupants choqués qui venaient de perdre leurs outils de travail ou personnels n'existaient pas. Les trois rescapés ont été embarqués chez les flics pour être interrogés alors qu'ils étaient en état de choc. Ils déplorent n'avoir été interrogés qu'à charge, à savoir sur une négligence de leur part ou un dysfonctionnement. A aucun moment n'a été évoquée une possiblité extérieure de nuire, c'est à dire un acte criminel. La présomption de culpabilité a été retenue d'emblée, et pas d'avocats en vue, evidement.
Pendant ce temps, les pompiers sont arrivés à bout du feu vers onze heures du matin, et aussitôt les bulldozers de la mairie sont arrivés pour tout raser, ce qui a bien entendu effaçé toute possiblité de retrouver des indices ou des biens personnels. L'ordinateur de Joe en particulier n'a pas été retrouvé. Il faut savoir que la mairie avait déposé plainte quelques semaines auparavant contre les occupants sous prétexte qu'ils n'avaient pas d'autorisation de recevoir du public, et depuis, plus rien.... Jusqu'à l'incendie et la mise en demeure d'évacuation par la force.......
Le terrain de 17 hectares appartient à la mairie qui doit le nettoyer en profondeur pour le remettre en état de marchandisation. Il est prévu d'y faire construire un complexe immobilier important de 2000 logements. Auparavant les lieux doivent être décontaminés des anciennes pollutions industrielles, et ne peuvent l'être que par l'édification d'un pont pour desservir la zone, or ce pont doit passer juste sur les friches occupées. Juste là ou Joe dormait.
Nous les habitants de l'Elaboratoire vivons désormais dans la peur...."
Le manifeste de Marine, de l'Elaboratoire:
"Un homme est mort, l'origine est indeterminée.Accident, incendie volontaire?
Aucune enquete, aucune réponse sauf l'accélération du processus d'expulsion.
Mr Joe est mort pour ses idées mais où sont-elles représentées ?
L'Élaboratoire-Villa sont liés, c'est ce qui fait la force de ce lieu.
Ces diversités rassemblés pour l'art et la lutte pour nos idées c'est à dire
nos valeurs de liberté sous toutes ces formes et de solidarité.
C'est donc être ensemble et continuer de croire en ce qui nous rassemble.
Cette négociation est indispensable et peut se révéler bénéfique mais nous
nous devons de croire en ces forces et promouvoir l'unité de ces 2 lieux en
représentant notre diversité, en unissant nos idées et en établissant les
limites que nous sommes en mesure d'accepter.il ne s'agirait pas, par ce « déménagement »
que la mairie achète une sorte de paix sociale et que nous oublions notre force,
Nos valeurs. Cette expulsion est aussi pour nous l'occasion de revendiquer l'existence de
ce mode de vie. Nous et tous les gens qui nous soutiennent représentons une
partie de la population qu'il ne peuvent pas éradiquer et dont ils doivent accepter l'existence.
Car ce n'est pas qu'un lieu mais toute une culture que nos dirigeants veulent anéantir."
Pour ceux qui disent que les bulls c'est une affabulation,
voici une photo prise sur le site des pompiers:
.Lettre sur le site Bellaciao../...http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article63794
" je vous fais part de certaines coïncidences que je trouve troublantes au sujet de ce drame, je ne sous entends rien de plus, je me dis juste qu’il faudrait peut-être poser certaines questions :
La Villa a brûlé le jour du printemps (à partir de quand il est possible d’expulser les gens).
La lettre d’expulsion est arrivée le lendemain (donc écrite et postée le jour même), sur le Week-end de Paques (difficulté de joindre les administrations et autres avocats), pas de jours ouvrables avant le mardi matin, jour des Bulldozers...
Il y avait de nombreux disjoncteurs, la théorie des pompiers du "tableau électrique qui prend feu ou du mégot mal éteint" n’est pas très cohérente selon les électriciens du site.
la mairie a racheté le site en Janvier, on ne sait pas trop pourquoi.
la mairie aurait des projets de constructions immobilères sur le site.
On sait qu’il y a des déchets enfouis dans le grand champ (plaine de Baud) qui est situé entre les locaux de L’Elaboratoire et la Villa. Par ailleurs une association écologiste Brestoise demande à ce qu’on sache où ont été enfouis les déchets de l’Amoco-Cadiz, ils n’ont mis à jour que certains des ces endroits et cherchent les autres, mais le naufrage de l’Amoco a eu précisément 30 ans ce mois-ci, y a-t-il un rapport ? .../...De : Rennes mercredi 26 mars 2008
Mercredi 26 Mars à 13H, Témoignage de Tuch, de l'Elaboratoire:
« Je suis la dernière personne à avoir vu Joe: il courrait, avec ses lunettes et son téléphone portable, juste avant que les pompiers arrivent. J'étais en train de faire une manoeuvre dans une bagnole et j'ai voulu le faire monter pour l'emmener en urgence. Mais il ne voulait pas, il m'a envoyé chier, il s'est dégagé avec une force incroyable, et j'étais sidéré de l'aplomb de cet homme brulé qui m'a paru particulièrement pas branché sur sa douleur. Il preferait attendre l'ambulance, qui juste aprés, l'a embarqué. Personne n'a pu l'accompagner, dés lors il a été entre mains de l'Etat et personne ne l'a plus revu, ni vivant, ni mort, puisqu'à Nantes à la morgue, personne ne peut le voir..
Plus tard, on a tenté d'apeller sur son portable, ça sonnait mais personne répondait et on ignore ou est ce portable maintenant.
Cet aprés-midi, on a une réunion avec la mairie, pour voir ce qu'on va faire, il y a beaucoup de choses à régler, le relogement, l'hommage à Joe.
Car quand des gars de chez nous se sont pointés au commissariat pour porter plainte, on leur a répondu que ce n'était pas possible, que seule la mairie qui est propriétaire du lieu, peut le faire. Et que l'association Halem peut porter plainte en se portant partie civile.
On est tous encore très choqués ici, et quand à l'asssistance psychologique promise, on n'a encore rien vu. On nous as promis pour ce soir des bénévoles de la Croix Rouge, non professionnels, qui prennent sur leur temps libre du soir, mais nous, on croyait qu'on aurait des vrais psy....Et puis, niveau sanitaire, on a plus rien non plus, même si on a toujours su se débrouiller et qu'on continue à s'arranger avec ce qu'il reste.
Mais ce qui est sur, c'est qu'on va faire un super battage pour rendre hommage à Joe!
J'ai discuté longuement avec lui la veille de l'incendie, et je peux vous dire que Joe est un homme exeptionnel, une force de caractère exeptionnelle, je suis pas prêt de l'oublier! Joe est avec nous, on parle de lui à toutes nos réunions, il sera toujours avec nous. On va lui rendre l'hommage qu'il mérite, on va en discuter.... »
Article de Maville.com ,le jeudi 27 Mars:
"L'Elaboratoire devrait déménager dès ce jeudi
Après une rencontre, hier après-midi, entre les représentants de l'Elaboratoire et Sébastien Seméril, maire adjoint aux sports, un accord a été trouvé.
L'Elaboratoire, dès ce matin, devrait commencer son déménagement de la Villa de la Plaine de Baud pour des locaux situés au 48 bd Villebois-Mareuil, au nord du cimetière de l'Est après la voie ferrée. « Il s'agit de locaux provisoires en attendant de trouver une solution durable. Nous allons signer avec les représentants de l'Elaboratoire un bail précaire » indique la mairie.
La question de la mise aux normes de ces nouveaux locaux semble donc également avoir été résolue. Il ne reste plus donc aux membres de l'Elaboratoire à déménager véhicules et matériel. Sans doute plus facile à dire qu'à faire et une opération qui devrait prendre plusieurs jours. Mais, en tout état de cause, plus question que la zone de la Villa reste occupée."
Témoignage deCédric , de l'Elaboratoire, le Jeudi 27 Mars à 13H
« La mairie dit que les funérailles et l'hommage à Joe ne sont pas de son ressort, mais que si ses amis et ses proches, puisqu'il n'y a pas de famille, le désirent, une chapelle ardente peut être ouverte à Rennes.
Sinon pour ce qui concerne le relogement, la négociation, parfois tendue à cause des désaccords, a cependant débouché sur la décision de relogement provisoire dans un lieu proche avec possibilité de poursuivre les activités artistiques.
On est d'acccord dans le principe mais dans les faits, ça ne sera pas facile, nous ça nous semble trop long trois semaines d'attente, alors on est beaucoup à occuper la rue. Nous sommes tous déjà dans la phase opératoire de relogement sur place. La mairie a déjà commencé à refaire les sanitaires et l'installation électrique.
Ce qui surtout positif, c'est que la mairie a reconnu l'habitat mobile et itinérant et les caravanes de vie comme parties constituantes de notre village, et tachera donc de ne pas émietter nos activités.
Rennes Métropole s'est engagée à pereniser une plateforme d'accueil d'artistes itinérants sur un projet à long terme, dans un village proche de Rennes. Dans l'immédiat, nous préparons pour demain Vendredi une déambulation totalement soft avec des happenings dans la ville afin de défendre notre façon d'habiter et de vivre. Nous préparons un char avec les restes de l'incendie surlequel sera réservé un emplacement à l'honneur de Joe.
Depuis hier soir, une spychologue de la Croix rouge a pris en charge une dizaine de personnes de l'Elaboratoire, sous état de choc important. Le plus choqué étant Armel, le voisin de lit de Joe, qui a alerté les pompiers, qui commence tout juste à retrouver ses souvenirs. »
22 mars 2008
Ode à l'époux du dedans
Quand je suis seule,
enfin tu es là,
car je ne suis seule
que pour être avec toi.
Toi qui fais battre mon coeur,
Toi qui m'a tout donné.
Quand je suis seule,
quand cesse l'agitation et la confusion,
je te trouves, au milieu de moi,
limpide, dans la lumière du coeur.
Maintenant que j'ai déserté
les endroits bruyants et bagarreurs,
je cours au refuge de tes bras immenses,
déployés dans l'envergure minuscule de ma vie.
Enfin libre des dépêches du monde,
j'offre aux violons de l'esprit
les cordes de mon âme, qui,
sous tes doigts parfumés,
célébrent la joie de ta présence.
Étincelle brisant l'obscurité
comme la bougie sur le guéridon,
jaillit de ton soleil immortel
ma vocation contemplative.
Prés de l'âtre où crépite le feu de mon ermitage,
muette, immobile, j' écoute glisser
les gouttes d'eau et les pattes du petit lézard
sur le toit de la yourte,
le hululement plaintif d'une chouette s'ébrouant de l'hiver,
ces sons familiers condensant le silence
d'où s'élève ta parole de vérité.
Blottie toute entière sous ton souffle puissant,
fatiguée d'escarmouches en sol trop peuplé,
honteuse de tentations futiles,
je reviens à la rencontre immuable,
en bout de résistance , là ou tu te tiens,
patient, émergent sous ma yourte d'une splendeur sans fonds,
avec ce cadeau que tu me fais depuis la nuit des temps,
ce cadeau qui m'enlève le besoin
d'un lieu extérieur où te chercher.
Je ne savais pas combien il fallait de solitude
pour se sentir aussi proche de l'amour.
21 mars 2008
Suite du procés de Mende contre les yourtes et les habitats écologiques
Le procés d'Eric s'est tenu hier à 14H30 au tribunal de Mende.
Le préfet a fait passer l'affaire en premier dans l'aprés-midi,
vu la mobilisation.
Une centaine de personnes pacifiques et joyeuses
se sont rassemblées devant le tribunal,
tenant de petits stands informatifs,
avec de la musique et des gâteaux.

































































