04 avril 2008
s'égarer pour trouver
Un pas devant l'autre, et c'est une idée après l'autre qui nous vient.
Marcher rend philosophe, suggère Christophe Lamoure,
professeur de philosophie et promeneur
Est-ce à dire que la marche est une école de sagesse ?
Oui, parce qu'elle nous tient sur terre ;
ce n'est pas un hasard si « humilité » vient du latin humus, « terre ».
Et qu'elle nous permet de faire l'expérience de nos limites :
en la pratiquant, nous ressentons la fatigue, la vieillesse,
nous « sentons » que notre corps n'est pas tout-puissant,
alors que les déplacements en voiture, en train ou en avion
sont autant d'occasions de dépasser nos limites physiques.
La marche nous enseigne aussi qu'il n'est pas
dans la nature des choses d'aller droit au but.
En montagne, vous avez beau voir au loin la cime à atteindre,
vous ne pouvez pas grimper tout droit pour y accéder.
Vous comprenez que le chemin le plus direct
n'est pas toujours le meilleur
et que les détours et digressions peuvent être précieux.
Marc-Alain Ouaknin, philosophe, rapporte la phrase suivante :
« Ne demande pas ton chemin à quelqu'un qui le connaît,
car tu ne pourras pas t'égarer"
C'est dans l'égarement que l'on trouve.























