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Partager, ce n'est pas voler, c'est garder qui est immoral....

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Travailler à son blog est une activité gratuite qui peut prendre beaucoup de temps. Quelle est donc la motivation et la vraie nature de ces échanges gratuits d'expériences et de données?

Quand j'ai commencé à construire ma première yourte, j'ai cherché en vain des informations, comme par exemple un livre de fabrication.

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J'affirme que cette abscence d'informations m'a obligé à mobiliser mes propres ressources, et créer mes propres plans.

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En fait, j'ai utilisé ma faiblesse comme un levier, qui a fini par devenir une vraie force. Pour cela, j'ai du m'accepter telle que j'étais, démolie, démunie, et refuser de remonter dans le train qui m'avait largué dans cet état là....

Mon livre de chevet a ce moment là était le Tao Te King, ces préceptes du vieux sage qui enseigne que c'est le vide qui rend le vase utile, et qu'on peut gouverner un royaume comme on fait frire un petit poisson....qui dit que celui qui se livre au Tao diminue chaque jour, ne s'écarte ni de la quiétude ni de la gravité tout en supprimant les excés et le luxe, que plus on donne aux hommes et plus on s'enrichit, et que dés qu'on pratique le non-agir, on ne trouve rien qui soit impossible.

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Si le manque d'infos a été à la base de mon autonomie, je ne peux donc pas dire, en toute honneteté, que je transmets via mon blog pour offrir de façon altruiste des renseignements indispensables, ceux ci étant par ailleurs déjà en voie de galvaudage. C'est une des raisons, certes, mais c'est surtout parce que aujourd'hui, je suis fatiguée de répondre oralement aux personnes qui me demandent de raconter mon histoire de yourte, et qu'il est plus facile pour moi désormais de les renvoyer sur le blog, ce qui me laisse le temps de continuer à vivre normalement, sans devenir l'écoguide du patelin, toujours bonne à raconter la même histoire en boucle à des badauds en mal d'insolite.

En 1995, alors que je commencais à tailler les perches de ma première yourte dans la forêt attenante et sur le petit balcon de mon HLM, il n'y avait pas la moindre notice de montage de yourtes sur le marché. Le monde occidental ignorait les yourtes.

Une douzaine d'années plus tard, la vogue de ce mode d'habitat constitue ce que les spécialistes en commerce appelent une niche....

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et les journalistes une position de force....

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(Eh oui, je me paie le luxe de refuser la télé et la presse people....)

Or, selon le dernier concept du net à la mode, «  la longue traine », ce serait la multitude des niches

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qui aujourd'hui supplanterait les marchés de masse.

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Cette conception commerciale correspond à une idée politique que je developpais avant-hier avec mes amis de la gauche de la gauche, avec qui je discutais de la formation d'une coordination départementale des différentes mouvances alternatives.

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Je pense en effet que la vraie révolution, la révolution de l'intelligence et de la fraternité, ne sera pas brutale.

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Je refuse, par essence et par stratégie, d'employer les mêmes moyens que les oppresseurs de la pensée unique, qui fourvoient les générations à venir dans un charnier et une décharge à ciel ouvert.

Je suis foncièrement non-violente, tout en sachant que l'Etat est la source du droit à la violence, avec la lucidité d'un Trotski: « Tout état est fondé sur la force » et d'un Max Weber: « Il faut concevoir l'Etat contemporain comme une communauté humaine qui, dans les limites d'un territoire déterminé, revendique avec succés pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime ».

Le système concurrentiel du néo libéralisme et la financiarisation totalitaire des marchands et des bourgeois sont si hégémoniques qu'il est vain d'espèrer les renverser par la force, ni même par la réforme, ceux ci étant suffisament tentaculaires pour tout récupérer. Lutter pour avoir de l'argent, toujours plus d'argent, de pouvoir d'achat, c'est lutter pour faire partie d'un systéme qui érige l'argent en maître de tous les rapports sociaux et de tous les usages. Protester, revendiquer, manifester, rien ne change, sinon toujours plus de gens en prison ou expulsés.

C'est pourquoi, je crois qu'un autre monde est possible maintenant, tout de suite, et pas demain.

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Un autre monde est possible aujourd'hui, en inventant une autre vie pour soi et ses proches.

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Je le crois parce que, malgré de rudes obstacles, j'ai réussi en quelques années à me rapprocher modestement mais suffisament prés de mon utopie, à ne pas donner prise aux menaces partout érigées contre la différence et la rebellion, pour y trouver la dignité et le contentement auxquels aspire ma condition humaine.

On peut attendre sans fin le grand soir, la révolution, mais on peut aussi s'engager dans ne plus faire ce qu'on n'aime pas et n'approuve pas.

Ne pas vouloir tout renverser d'un coup, juste colère mais revers assuré, c'est abandonner doucement mais surement tout ce qui n'est pas conforme aux aspirations ou à l'éthique que l'ont se fait vraiment d'une véritable vie humaine.

Tout en sachant qu'il faut autant d'énergie pour diminuer matériellement, si ce n'est plus, que d'augmenter sans cesse son trésor. Parfois on fera des bonds, parfois on aura l'impression de reculer.

L'essentiel étant de se donner le temps de se recentrer régulièrement pour faire le point avec soi-même.

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Les actes minuscules( composter ses épluchures) ou spectaculaires (quitter le salariat) sont tout aussi importants.

Ils participent de cette émergence horizontale de milliers de « niches »,

199907019_07fcdae90e dans la « longue traine » des comportements singuliers de tous ceux qui, un jour, laissent leur voiture au garage pour sortir leur vélo, renoncent à leur douche quotidienne, boycottent le thon rouge, construisent leur yourte ou leur maison écologique, ou jettent enfin leur télé.

Les actes indirects de désobeissance civile, comme refuser de payer ses impôts ou cultiver un lieu inculte, sont aussi puissants que toutes ces désobeissances directes non violentes à des lois iniques, par des citoyens qui s'enchainent contre des expulsions bafouant le droit au logement, ou fauchent des champs contaminés par des poisons génétiquement virulents.

C'est eux, tous ces courages de la simplicité et du bon sens, autant de celui qui fait autrement dans son coin que de celui qui entrave avec son corps les voies du crime public, qui peuvent faire basculer ou disloquer le géant.

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Il faut simplement apprendre à viser juste.

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Et viser juste, ce n'est rien d'autre qu'être dans l'attention.

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( Voir: «  le Zen dans l'art du tir à l'arc. »)

Point besoin alors, pour gagner des élections truquées, de rassembler sur le mode rabaché d'un prosélytisme hystérique, de structurer hiérachiquement de façon centralisée toutes ces bulles d'oxygène,tout en se désolant de la passivité des braves gens.

Les bulles se multiplient car l'esprit souffle.

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Les yourtes se multiplient car seule l'action locale, inscrite au coeur de la vie quotidienne, donnera du sens à la globalisation.

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S'engager, prendre des risques à son propre compte et faire de la place à ses cotés à ceux qui appellent au secours, se décide d'abord en son fort intérieur, en son âme et conscience.

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Un acte responsable et juste n'a pas besoin de se soumettre à une autre loi que la necessité qui l'a fait émerger.

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Reflexions de la toile sur la gratuité:

Gratuité: à qui profite ce qui ne coute rien?

D'aprés la philosophe Francine Markovitch, l'idéologie du partage repose sur un leurre, celui de la grâce de Dieu, qui ne serait pas rétribution, mais don et désinterresement.

Il convient dés lors de s'interroger sur la valeur symbolique de la gratuité.

Chris Anderson quand à lui, annonce que la constante diminution des coûts de production de l'économie numérique incitera bientôt la plupart des entreprises à donner la majorité de leurs produits. La gratuité est inoxerable.

"l'économie de demain reposera sur la gratuité."

le modèle fremium : une version gratuite grand public couplée à une version payante, plus chère et plus évoluée pour un marché de niche, comme Flickr et les 25 dollars annuels de la version Pro. C’est le modèle de l’échantillon gratuit, si ce n’est que dans le numérique, une personne qui paye permet à des milliers d’autres d’avoir une version gratuite.

les subventions croisées (comme dans le cas des opérateurs cellulaires)c’est-à-dire l’offre gratuite d’un produit pour vous inciter à en acheter un autre, comme quand on vous donne un téléphone en échange d’un abonnement.

l'absence de coûts marginaux, c’est-à-dire l’offre gratuite d’un produit pour vous inciter à en acheter un autre, comme quand on vous donne un téléphone en échange d’un abonnement. qui permet, par exemple, à des groupes de donner leur musique en ligne afin d'attirer des spectateurs à leurs concerts

l'échange de services ou de travail par lequel un utilisateur offre un service en échange d'un accès à un site, en améliorant le service ou en créant des informations qui peuvent être utiles ailleurs.

l'économie des cadeaux où les participants donnent des produits ou de leur temps par pur altruisme, c'est l' économie du don : l’argent n’est pas la seule motivation. De Freecycle à Wikipédia, l’altruisme, l’économie du partage, montrent qu’il y a peut-être d’autres façons de créer de la valeur.

Aujourd’hui, les technologies numériques sont devenues suffisament bon marché pour qu’on les facture à l’usage. Il a fallu des décennies pour se débarrasser de l’idée que l’informatique n’était destiné qu’à un petit nombre d’utilisateurs, et nous sommes seulement en train de commencer à libérer la bande passante et le stockage de la même pauvreté de l’imagination. Bien sûr, dit Chris Anderson, rien n'est vraiment gratuit. Les entreprises qui donnent leurs produits espèrent obtenir des revenus d'une autre source. C'est entre autres le modèle "à trois voies" des médias, qui vendent non pas du contenu aux utilisateurs, mais des auditoires aux annonceurs. Chris Anderson rappelle tout d’abord que la gratuité s’inscrit dans un processus commercial classique, comme l’a exploré avec succès Gillette, en offrant ses rasoirs et en faisant payer ses lames. Mais avec l’internet, une nouvelle gratuité s’est développée, fondée sur des coûts de reproduction nuls du fait de la numérisation, et sous la pléthore de l’offre qui tire encore plus les prix vers le zéro absolu. Un peu comme si Gillette devait maintenant offrir le rasoir et la lame et percevoir son argent sur autre chose. « La constante diminution des coûts de production de l’économie numérique incitera bientôt la plupart des entreprises à donner la majorité de leurs produits. Les choses autour de nous deviennent chaque jour moins coûteuses : grâce à la Chine et l’approvisionnement mondial, on peut obtenir un tee-shirt pour le prix d’une tasse de café. Et cette tendance est encore plus forte dans le monde de l’immatériel. Le coût du business en ligne tend chaque jour à se rapprocher de zéro : ou plus précisément “le coût marginal de la technologie dans les unités que les individus consomment est proche de zéro”.Selon lui, le fossé psychologique entre “le presque zéro” et “le zéro” a sauté et il va être impossible de revenir en arrière. C’est la raison pour laquelle le micropaiement a échoué. Anderson tire une conclusion en forme de leitmotiv et qui pourrait sonner comme une alarme à destination des industries culturelles : “Il est désormais clair que tout ce que le numérique touche évolue vers la gratuité. D’une certaine manière, le web étend le modèle économique des médias à toutes sortes d’autres secteurs économiques.”

"Quand la copie se généralise, vous avez besoin de vendre des choses qui ne peuvent pas être copiées”, clame Kevin Kelly l’ex-rédacteur en chef de Wired. Il y a plein de qualités qui ne peuvent pas être copiées, explique-t-il : la confiance par exemple. La confiance ne peut pas être téléchargée ou contrefaite . La confiance est un élément intangible qui a une valeur croissante dans un monde saturé. Plein d’autres qualités similaires à la confiance sont difficiles à copier et prennent de la valeur dans cette économie en réseau. Pour mieux les comprendre, Kevin Kelly se place dans la peau d’un utilisateur se demandant pourquoi il payerait pour quelque chose qu’il peut avoir gratuitement. Et de distinguer 8 valeurs “génératives” qui sont mieux que le gratuit. Des valeurs qui ne peuvent pas être copiées, clonées, répliquées, contrefaites ou reproduites… mais qui sont relatives et qui s’adaptent au produit et au public.

L’immédiateté. Avoir une copie au moment où elle est mise en vente ou produite, immédiatement, sans avoir à l’attendre. Beaucoup de gens paient pour aller au cinéma voir un film alors qu’il leur suffit d’attendre pour en avoir, quelques mois plus tard, une copie à prix réduit, voire un accès gratuit ou quasi gratuit en le téléchargeant. La perception du temps étant relative, cette immédiateté peut s’adapter au produit et au public.

La personnalisation. L’aspirine est presque gratuite, mais l’aspirine adaptée à votre ADN est très coûteuse. Bien sûr, la personnalisation requiert une communication constante entre le créateur et le consommateur, l’artiste et ses fans, le producteur et l’utilisateur. C’est très génératif car c’est itératif et ça prend du temps. Vous ne pouvez pas copier la personnalisation issue d’une relation.

L’interprétation. Comme aujourd’hui le manuel d’un logiciel libre est payant, demain la copie de votre séquence génétique sera gratuite, mais l’interprétation de ce qu’elle signifie, ce que vous pouvez faire avec, et comment l’utiliser - le manuel de vos gènes finalement - sera coûteux.

L’authenticité. Pour avoir une version fiable, certifiée, authentique et qui fonctionne.

L’accessibilité. Garder ses copies par-devers soi n’est pas facile. Demain nous paierons des entrepôts pour nous donner accès à des morceaux de musiques quand et où nous le souhaitons.

L’incarnation. Pour profiter d’une copie en haute résolution, pour avoir accès à un support, à une performance… L’incarnation de ce que nos copies dématérialisent n’est pas gratuite.

Le mécénat. “Je suis convaincu que l’audience souhaite payer les créateurs. Les fans veulent récompenser les artistes, musiciens, auteurs et autres à la hauteur de leur appréciation car ça leur permet de maintenir un lien. Mais ils ne vont payer que si c’est très facile à faire, d’un montant raisonnable et en étant sûr que l’argent ira directement aux créateurs. L’expérience récente très médiatisée de Radiohead laissant les fans payer ce qu’ils souhaitent pour une copie gratuite est une excellente illustration de la puissance du mécénat. Le lien immatériel et insaisissable entre ce que les fans apprécient et l’artiste vaut quelque chose.”

La trouvabilité. C’est-à-dire la capacité à rendre visible une copie, une oeuvre… Dans un océan de données, nous paierons pour les outils où les personnes qui vont rendre visible ou trouvable ce que l’on cherche. Les éditeurs, critiques, labels ont encore un rôle à jouer.

Ces 8 valeurs génératives demandent une compréhension de la façon dont l’abondance engendre un nouvel état d’esprit”, conclut Kevin Kelly.