31 mai 2008
Résultat du procés de Mende contre une yourte
La juge du tribunal de Mende en Lozère
vient de rendre un non-lieu
envers la plainte de la DDE contre la yourte d'Eric.
La juge a estimé le procés verbal de la DDE
totalement nul.
Ce jugement m'apparait de bon sens,
les yourtes, étant des tentes,
ne necessitent pas de permi de construire.
La DDE se voit donc déboutée de sa plainte infondée.
Nous espérons que cela mettra un frein
à l'agressivité de cette institution
contre toutes les personnes qui ont aujourd'hui
le courage de vivre écologiquement
et selon leurs convictions,
engagées dans un style de vie
respectueux de la nature et de la planête.
Pour lire les articles concernant cette affaire,
cliquer sur les liens suivants:
"Attaques judiciaires et policières contre les yourtes en Cevennes"
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/15/8331254.html
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/20/8393329.html
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/21/8406244.html
Plus d'infos sur le DROIT des YOURTES
24 mai 2008
la yourte de Marianne
Expérience de vie recueillie à la yourte de Marianne.
Marianne avait une vie très citadine et très active,
pleine de créneaux horaires bourrés et de factures,
dans une ville très bourgeoise du Sud de la France.
Marianne s'occupait d'une galerie d'art sur un boulevard huppé
et logeait dans un bel appartement confortable,
jusqu'à ce qu'un jour, brusquement,
elle se lève le matin avec une grosse boule au sein.
Le temps de se rendre chez son gynéco
et la boule avait doublé de volume.
Chimiothérapie et radiothérapie, vécues dans la force
et l'énergie que procure une douche froide soudaine,
lui ont fait perdre son travail, ses cheveux, son logis,
ses certitudes et son emploi du temps chargé.
Marianne remercie aujourd'hui son cancer.
Grâce à lui, son univers s'est élargi:
elle a décidé de changer de vie
et de jouir simplement des trois richesses qu'elle expérimente
sous la bulle de sa yourte:
espace,
temps
et amis.
Marianne est sortie de son tourbillon pressurisé
en partant d'abord apprendre à construire sa yourte
et cheminer avec d'autres nomades,
puis elle s'est installée avec la tribu vivace.
Au bout de quelques semaines, elle a racheté en Lozère,
à un copain qui partait au Canada, une yourte d'occasion.
Elle a cousu son isolation avec des couvertures
achetées à bas prix chez Emmaüs
pendant que Didier a retaillé les perches de toit en pin
et la couronne, les treillis de châtaigner étant en parfait état.
Et Marianne vient d'inaugurer son nid sous sa yourte,
en se demandant comment
elle a pu tenir si longtemps dans sa vie d'avant.
Elle sirote chaque matin avec grand bonheur,
découvrant que la yourte, ce n'est pas seulement un toit,
c'est le monde tout entier qui s'ouvre,
un monde sans factures, sans justificatifs, sans réclamations,
sans comédie sociale, sans paperasses
et sans démarches stupides.
Un monde ou elle construit sa place
sans contraintes et sans impératifs,
un monde où sa vérité peut germer,
à son rythme et en toute authenticité.
Un monde ou elle peut soigner sa vie
dans la simplicité qu'elle a choisi,
un monde de liberté, dont elle sait profondément
que c'est la maladie qui lui en a fait don.
Dans sa yourte ou le vert tendre donne envie de se reposer
et de s'en remettre en toute confiance aux arbres qui l'abritent,
Marianne a trouvé, en abandonnant son travail
à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus,
en écoutant seulement sa voix intérieure,
la sérénité de la voie de la yourte.
19 mai 2008
Ame nomade
Un jour qu'on est chez soi, alors que tout est toujours là,
normal, tranquille, tel qu'on l'a laissé à la minute,
un instant on se retourne, et quand on revient,
que tout est toujours bien là, tout à coup,
on voudrait partir, tout laisser là en plan,
on sait que rien ne bougera,
objets même légers et souvenirs accrochés,
et d'un coup, on sait qu' on pourrait ne plus jamais revenir.
Pourtant on n'a nulle autre part où aller,
rien de particulièrement prévu, nul imprévu justement,
quelque chose qui renverserait tout sans rien casser,
et on sait bien que c'est partout pareil,
avec des maisons partout abritant les foyers humains,
on sait très bien qu'ailleurs
on risque de refaire comme avant,
avec seulement des formes un peu moins reconnaissables,
juste assez épaisses pour devoir s'appliquer
à les démêler dans un endroit sûr.
On le sait mais le vent souffle soudain dans sa tête
et déjà on entend claquer la voile du bateau
qu'on a pas encore construit.
Ce jour là, je suis chez moi,
avec ma yourte, mes fleurs, mes oiseaux et mon petit lézard,
une femme heureuse qui n'a plus rien à prouver,
et d'un coup, cette femme là qui a pris congé du désir,
elle se retourne sur la place de sa vie
en se demandant avec stupéfaction
comment font les gens qui habitent toujours au même endroit
à voir toujours le même paysage.
Un jour, oui, ça arrive, on est bien chez soi
et l'on pourrait se reposer, jouir du travail accompli,
on regarde ses chaussures de randonnée,
tannées maintenant comme des pantoufles,
et la vérité qui arrive, en même temps que la satisfaction,
c'est l'envie de décoller, de claquer les talons
et de monter à cru un cheval sauvage.
S'installer, non.
Ma faucille me démange, qui peine sur l'herbe haute,
et veut maintenant trancher mes piquets.
Voler combien de sans abris pour garer sa carcasse en sécurité?
Seulement chercher, là-haut sur la colline,
un endroit en friche à l'abri des regards,
perdu dans les fougères et les bruyères,
et recommencer à créer une bulle au milieu des bois
où loger un nouvel épisode de l'aventure intérieure.
Chaque fois qu'on monte, on s'allège,
chaque fois qu'on descend, où l'on jardine si bien,
on recommence à accumuler.
Ainsi je vais, traçant ma croix,
verticalement de la plage à la restanque,
de la falaise à la rivière,
et horizontalement de la rue au champ
et du bourg à la capitale.
Même si je sais que montagne et vallée
ne sont que le devant de la réalité.
Même si je sais que la yourte
n'est que le manteau de mon âme.
Même si je sais que l'ultime, le vrai du vrai,
ne se trouve qu'en restant immobile.
11 mai 2008
Sons et lumières, festival diatonique aux yourtes
Aux longs mois d'hiver où tout est nu, uniforme,
immobile et givré, succède, chaque jour un peu plus,
la profusion de sons et de couleurs
qui font battre mes veines intensément à chaque printemps.
Dés Février, avec les mimosas et cognassiers du Japon,
je frémis d'impatience, à l'unisson des bulbes enfouis,
guettant l'échauffement d'un coin de terre
et l'échappatoire du soleil au dessus du trait noir de la colline.
Mais rien ne vaut l'émotion lumineuse
que me procure l'éclosion,
aprés les petites feuilles vertes acidulées,
des fleurs d'acacias.
Elles arrivent tout à coup sur la plus haute branche,
j'ai levé la tête aprés avoir trouvé sur mon paillasson,
à cause d'un brusque courant d'air,
quelques fleurs toutes dures,
encore embobinées sur elle-mémes.
Elles arrivent toutes blanches au milieu des piaillements
de milliers d'oiseaux en effervescence,
des centaines de chants qui, dés le lever du jour,
pénétrent avec une célérité joyeuse
l'enceinte amidonée de la yourte,
s'immisçant dans mes rêves et me réveillant
dans un enchantement symphonique.
Là, au seuil de ma conscience, chaque aurore plus matinale
fait jaillir de mon coeur un élan de reconnaissance,
une allégresse qui me soulève de ma couche pour saisir,
sans plus attendre, tous les cadeaux
que cette journée toute neuve m'a préparé.
La chouette, égosillée d'avoir hululé toute la nuit, s'est tue,
le rossignol, infatigable siffleur, vrille l'espace sonore
d'échelles tonales bondissantes, et je ne sais plus
où donner de l'oreille pour trouver une ligne harmonique,
car la montée du soleil les rend tous complétement dingues.
L'alouette et le merle précédent de peu le rouge gorge,
et, quand le soleil s'installe, le pinson et la mésange,
vite rattrapés par le pivert, inaugurent la journée
qui commence en fanfare, dominée par le roucoulement
du couple de tourterelle qui chaparde
mes graines de fleurs et le poulailler voisin.
En journée, les vols de canards sauvages
tirent mes yeux aux cieux,
et je me retrouve alors au comble de la béatitude,
car depuis que j'ai lu toute petite l'histoire de la princesse
et de ses frères les cygnes sauvages, et plus tard,
les poèmes chinois sur l'augure nuptial
des vols d'oies sauvages,
je ne peux m'empécher de planer avec elles par l'esprit,
m'imaginant sur un de ces cous puissants
en train d'être amenée vers mon prince.
Les chants des mâles me font tourner la tête,
je suppute les battements d'ailes
des petites femelles en vadrouille,
avec leurs envies de tisser leurs bouts de laine,
récoltés dans mes poubelles à tissus,
des petites femelles qui hésitent encore
sur le plumage le plus prometteur et le plus lustré,
ces grandes ailes qui les emmèneraient
vers des contrées magnifiques construire un nid douillet,
rond comme la yourte,
où déposer enfin les oeufs qui se pressent dans leur ventre.
Puis j'entends le shark rauque du geai,
et le cri limite désagréable de la corneille,
qui me rappellent comment les artistes japonais inspirés du Zen
laissent toujours, volontairement, dans leurs oeuvres,
une petite imperfection, une dissymétrie ou une erreur,
singularité échappée d'une esthétique trop accomplie,
afin de symboliser la réalité de notre humanité souffrante.
Chaque jour le camp se transforme et me trouve toute exitée,
incapable de m'en écarter, incapable de louper une phase
de cette métamorphose hallucinante
déployée en opéra symphonique gratuit dans mon jardin.
Plus je reste tranquille et plus mes sens s'affinent,
pressés de jouir de l'apaisement d'une sieste dans l'herbe,
à écouter le murmure d'un arbre bouillonnant de sève,
dont je sais que rien, sinon l'apocalypse,
n'arrétera la régénérescence perpétuelle.
Comment contenir dans sa vie toute cette beauté
et ces palpitations de volupté?
Certainement n'est pas en tentant de prolonger sa vie,
en négociant quelques printemps de plus,
mais sans doute en infusant chaque instant
pour connaître la sensation d'achèvement du présent.
Je sais que demain est loin d'être acquis.
Trop de coucous cravatés, en costards et lunettes noires,
qu'on reconnaît à leur façon méprisante de vous ignorer,
arpentent les ruelles de mon village,
à la recherche de nids à détrousser.
Ils recensent les bâtisses et les terres à spéculer,
ils cherchent des pauvres à sortir ou à exproprier,
et des innocents à berner.
Pour avoir toute la place, ils n'hésitent pas
à jeter par dessus bord tous ceux qui les gènent.
Ils enjambent mes guirlandes de portes, arrogants et hâbleurs,
piétinent mes plates bandes et déclarent en me toisant
que le monde leur appartient.
Un de ceux là, descendu du marche pied hautain
de son 4X4 parisien pour arnaquer
quelques villageois de leur maison de famille,
s'est quand même fait serrer
à Nimes dernièrement,
en train de forçer un réseau
de petites perruches de l'Est
à forniquer:
neutralisé pour combien de temps?
Sur ce land que je cultive sans espoir de retour,
je n'ai d'autres alternatives
que d'ouvrir une jachère aux abeilles
et continuer à planter des fleurs,
continuer comme si chacun avait le droit à un lopin de terre.
La bagarre demain peut recommencer,
la traque, la loi du plus fort, l'injustice et la violence,
les menaces et la colère, oui demain tout peut arriver,
un bull dozer avec un préfet véreux
qui déboule pour tout casser,
demain, je le sais maintenant au plus profond de mes tripes,
je peux brusquement céder ma place,
parce que je suis trop bonne à éliminer.
Mais en soumettant mes heures aux saisons,
en traversant l'effroi innommable d'avoir du rendre
le corps de mon enfant à la terre avant le mien,
j'ai mis la fin dans chaque début,
j'ai apprivoisé cet endroit de lumière gardé par les anges
où elle m'a précédé,
mon enfant qui a l'âge d'un printemps éternel,
ma fille au sourire bleu et limpide comme un jardin d'Eden,
qui me rend si forte.
Je suis, dans la yourte, au milieu des oiseaux,
des herbes folles et des fleurs sauvages,
dans le jardin du Paradis.
Mais je suis aussi, à cet endroit précis,
une créature qui prend conscience de l'amour qu'il a fallu
pour créer tant de merveilles,
et de l'amour qu'il va falloir
pour transmettre ces cadeaux en bon état
à ceux que nous mettons au monde.
07 mai 2008
L'irrésistible vague des yourtes
J'ai écrit cet article spécialement pour l'hebdomadaire Politis
que j'apprécie beaucoup
et auquel je vous conseille de vous abonner.
Yourtes en Languedoc
Devant l'imminence du krach écologique
et l'improbabilité d'instauration d'urgence par les Etats,
d' une gouvernance mondiale travaillant au destin collectif,
quelques précurseurs de la société post industrielle
inaugurent discrétement, dans nos campagnes,
un style de vie sobre et cohérent, autonome et responsable:
par necessité ou par choix, de plus en plus de personnes
s'installent à demeure dans des yourtes.
Loin de la récupération marchande
d'un ethnicotourisme de la cabane,
le mouvement des yourtes en pleine croissance
exprime l'intelligence compensatoire et réparatrice
d'un peuple modeste qui a assimilé qu'il n'avait plus rien
à attendre de politiques vénalisés jusqu'aux os.
Réponse auto-immune, régulatrice,
à la démesure et à la démence économique,
cet exode en légèreté démontre les capacités d'auto-organisation,
d'ingéniosité, de rebondissement,
de prise en charge de sa propre vie,
loin des normes de l'opulence obligatoire,
par des personnes considérées jusque là comme inutiles,
subversives, improductives ou en échec social.
C'est ainsi que la yourte, née du désert des exclus,
devient le symbole de l'émancipation radicale
vers une alter-société,
en contrepied absolu à l'obération outrancière
du systéme productiviste.
Face à cette inventivité rebelle, en Pyrénées Orientales,
le prefet a inventé une charte de « bonne conduite »
pour normaliser le fichage des cabanes,
la délation administrative pour EDF, la CAF et la Chambre des Notaires,
le refus de branchement aux réseaux d’eau,
d’électricité et de téléphone pour les Maires,
au prétexte d’une « lutte contre l’exclusion et l'habitat indigne ».
Sur la côte, aprés détection par photos aériennes,
les communes, la SAFER, le Conservatoire du littoral
et les Départements rachètent, préemptent ou exproprient les terrains
pour détruire systématiquement tout habitat hors norme.
En Cevennes, la DDE s'attaque aux yourtes,
qui ont l'impertinence d'offrir un habitat familial alternatif
à moindre coût, mais surtout d'échapper au permis de construire.
Elle intente abusivement des proçés en correctionnelle
contre paysans et auto-constructeurs.
Déboutée, la DDE fait alors pression sur les propriétaires
pour provoquer des expulsions.
Ce pourchassement contraint à des installations
sur des friches reculées, et à des viabilisations autonomes:
récupération d'eau de pluie,
toilettes séches, phytoépuration,
bioclimatisme et énergies renouvelables,
qui complémentent naturellement une économie de subsistance
fondée sur l'entraide, le défrichage, le jardinage,
la botanique médicinale, la ceuillette, la récupération et l'artisanat,
le seul luxe étant l'ordinateur,
indispensable cheville entre le local et le global,
et entre réseaux d'affiliation.
Ces pratiques de survie élémentaires et d'organisation,
sinon de la pénurie, du moins de l'essentiel
revu à l'aune de l'empreinte écologique,
réactualisent les tactiques d'alliance et de coopération
d'avant l'accumulation néolithique:
la conscience que la zone de ceuillette du voisin
est aussi précieuse à la préservation des ressources que la sienne
transforme l'ennemi potentiel en cogestionnaire de l'espace.
C'est ainsi que les demeures nomades, légères, manifestent,
en pays riche, la mutation necessaire
du rapport à l'espace de l'humanité.
Mais cet art de vivre simplement, décemment,
sans massacrer son voisin, la nature et la planête,
cette citoyenneté de sagesse et de contentement,
en pleine expérimentation à l'abri du terrorisme médiatique,
ne peut s'abstenir d'organiser,
dans la non-violence et la désobeissance civile assumée,
sa défense contre les attaques des prédateurs:
le fondateur d'Halem,
« Habitants des logements éphèmères et mobiles »,
vient de périr, en plein combat militant,
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/23/8427950.html
dans l'incendie d'une friche Rennaise
convoitée par des requins de l'immobilier .....
Ces combats sont vitaux pour la diversité culturelle,
mais aussi pour l'espérance d'une société capable
de survivre à ses erreurs.
En prévision: cet été, en Cevennes, en Aout,
les rencontres de l'Habitat Choisi,
en Septembre, celles des habitants sous yourtes.
Infos sur le DROIT des Yourtes en France.
02 mai 2008
animal sauvage de compagnie
J'aime pas les chats, j'aime pas les chiens, même mignons.
Particulièrement en cette période
ou tant d'humains sont menacés de famine.
Je n'aime que mon petit lézard.
Mon petit lézard habite en colocation dans ma yourte.
Il acquitte son loyer en gobant insectes et mouches et,
comme baromètre, il est plus fiable
que tous les objets des hommes.
Ça fait plusieurs années que nous nous côtoyons,
ce qui crée quelques attaches,
même si je n'ai jamais caressé mon petit lézard,
encore moins baisé son cou.
Ça a pourtant failli un beau jour, mais point de mon initiative,
les femmes ne prennent jamais l'initiative
dans les rapports de rapprochement physique,
ce qui permet de ne pas mélanger les genres,
entre roulures
et bonnes à marier....
Mais c'est bien grâce à sa présomptuosité
que j'ai enfin connu le sexe de mon petit lézard.
Il grenouillait sur le cercle de la couronne
pendant que j'enfilais mes chaussons.
Il s'est loupé.
En jetant un oeil coquin sur mes orteils,
ses petites pattes ont dérapé sur le vernis rouge,
il a glissé et il a chuté.
Une chute de deux mètres cinquante pour un petit lézard
équivaut à tomber du World State Building pour un homme.
La différence étant l'amortissement:
moelleux tapis au lieu d'un dur ballast.
Sauf que mon petit lézard, en son audacieuse confiance,
a su visé juste, et m'est tombé sur l'épaule,
manquant le cou d'à peine deux centimètres.
Hé bien, vous me croirez si vous voulez,
mais mon petit lézard ne s'est pas démonté le moins du monde,
il m'a donné un petit coup de queue charmant
en continuant sa chute sur la lirette multicolore,
s'est arrêté d'un coup sur mon orteil scotché,
comme sonné mais ravi,
m'a regardé droit dans les yeux
pendant quelques longues secondes que je n'oublierais jamais,
tant son regard m'ouvrait la porte
d'un monde immense en arrière de ma conscience,
s'est retourné sans une miette d'hésitation
en direction de la porte et a filé droit vers la sortie,
comme s'il avait les plans de la yourte infusés dans les pattes.
J'en suis restée toute entière scotchée.
Non pas de peur, de dégout ,
ou tout autre sensation négative de trouillarde,
mais de saisissement et d'admiration....
Comme quand vous rencontrez une personne
que vous connaissez déjà,
mais que vous la voyez tout à coup vraiment
pour la première fois,
à cause d'un rayon de soleil,
d'une ouverture qui a mûri à votre insu,
et que d'un coup, vous savez que cette personne là,
qui se tient comme une révélation dans votre horizon,
elle vous plaît.
Elle vous plaît totalement, sans explications.
C'est pourquoi, depuis ce premier contact intense,
j'ai nommé mon petit lézard: « Samaskotché ».
J'avoue que depuis, il se fait plus pressant,
toujours à ma porte à surveiller quand je rentre:
c'est toujours comme ça quand vous tombez amoureux,
grave prise de risque sans remboursement d'investissement,
surtout aprés un coup de foudre réciproque dans une yourte,
un jour de tempéte de lézards, on commence à paniquer
quand l'autre s'absente un peu plus que prévu...
J'aurais bien voulu éviter cette maladie à « Samaskotché »,
lui qui m'a vu si souvent tenter d'attraper
l'impermanence, le détachement,
et l'agapé mystique sur mon coussin de méditation.
Pratiquement, cette idylle reptilienne
est un bon régulateur de naissance:
je ne suis pas envahie par la fécondité de sa petite queue,
et la sublimation dont je suis adepte
fertilise mon inspiration lyrique...
Sauf que « Samaskotché » vient de me ramener une fiancée,
et que maintenant deux petites queues
se disputent le pas de ma porte.
Au lieu de lui faire le sale coup de la jalousie,
je préferre me rappeler l'anecdote écrite
quelques années auparavant,
aprés une rencontre tombée de haut de ce type,
version mammifère:
page écrite avant que mon maître « Es Libération »
ne me porte les coups décisifs.
« Pauvre et marginale, je n'ai pas souvent les moyens
de me payer une aprés-midi chez le coiffeur.
Je n'y vais que pour les grandes occasions:
quand je quitte l'homme de ma vie,
quand je tombe amoureuse,
quand je divorçe ou me marie,
quand j'entame une période ascétique,
ou avant d'accoucher, ou, en dernier ressort, quand,
par révolte ou par provocation, je décide de refaire le monde
en jetant les hommes à mes pieds.
Donc, une fois, je vais chez le coiffeur,
en pleine période blanche,
pour dépouiller ma tête de ses derniers caprices mentaux
et parachever ma sobriété monastique.
Jamais je ne n'avais osé permettre
un rasage si intime de mon crâne.
Alors que je supportais héroiquement ma castration esthétique,
j'avisais derrière moi un bel homme aux yeux bleus
en train de se faire rafraîchir les tempes.
Ma nouvelle tonsure, mon nouvel ordre sexuel
m'interdisant toute appréciation, j'observais seulement,
dans le jeu de miroirs, le dégagement progressif de sa nuque.
Et soudain, quand la coiffeuse rabattit le col du viril cou,
il s'est levé, il est sorti,
il est revenu, et il a posé devant moi,
sur le bord du miroir, un énorme bouquet de fleurs.
Il n'a rien dit, il a souri et il est ressorti.
Je ne l'ai jamais revu.
J'ai rougi de surprise et de plaisir.
J'ai touché les fleurs pour m'assurer de leur réalité
et j'ai demandé au coiffeur:
« Qui est-ce? »
- « Un aviateur »
Et voilà!
Il a été comme un avion super sonique,
transperçant la barrière invisible qui tient les êtres à distance,
il a réveillé le monde comme la foudre qui libère l'eau du ciel,
et il a disparu, dans la vitesse, la fulgurance.
Si j'étais un homme,
j'aimerais être cet homme qui offre des fleurs à une inconnue
et s'en va sans rien demander. »
01 mai 2008
camion pizza et yourte
La yourte salon de thé de Genolhac.
Je suis heureuse de vous faire partager
un beau petit coin de nos Cevennes,
où l'inspiration et la joie de vivre ont initié
l'implantation d'une belle yourte.
L'artmonithé est une association proposant un lieu d'accueil
pour les clients du « petit mazet », camion pizzeria bio,
garé sur le coté de la route entre Genolhac et Concoules.
Ce lieu, une belle yourte jaune, assez grande
pour contenir un salon avec canapé et fauteuils,
un espace enfants,
un piano et une batterie,
une cuisine et le poële central,
sans oublier quelques tables rondes pour les clients
consommant thés et laits de fruits secs,
ce lieu charmant vient de s'ouvrir dans nos hautes Cevennes,
sous l'impulsion imaginative d'un trio
de belles et jeunes personnes.
Les clients dégustant leurs pizzas peuvent donc désormais
les accompagner de délicieuses boissons,
préparées avec soin par Amélie et Cindy.
Celles ci veulent en effet promouvoir les valeurs écologiques
et servent des produits locaux,
du terroir,et de qualité biologique.
L'espace est aussi mis à disposition pour des conférences
ou des animations culturelles ou artistiques,
avec des scénes ouvertes pour des programmations musicales.
Un coin spécialement aménagé avec des petits bureaux
est réservé aux enfants, afin que les parents
puissent se détendre en toute tranquillité.
Bref un lieu de grande convivialité,
que je vous engage à découvrir!
Et si vous passez par Bessèges,
montez jusqu'au Cantoyourte, au cas ou je puisse
partager votre trajet jusqu'à l'Artmonithé!
ARTMONITHE: Route de Villefort. 30450 Genolhac.
04.66.61.03.43.











































































































