05 mai 2009
Pour une europe en décroissance
Quand il est clair qu'il n'est plus possible d'ignorer la catastrophe écologique, sociale et humaine engendrée par un système basé sur l'exploitation de la nature et des peuples,
quand trop de souffrances sont accumulées par trop de gens,
quand la rigidification du capitalisme en phase finale et l'état de choc engendré par la décomposition des paradigmes qui nous ont porté pendant des décennies, ouvrent enfin à une profonde métamorphose sociétale,
quand l'emploi n'est plus qu'une exacerbation des peurs de ne plus rien valoir,
quand le civisme n'est plus qu'un trou noir où l'on jette les gens pour les occuper à détruire la planète en sciant la branche sur laquelle ils sont assis,
quand l'intégration sociale ne fait lien que par les menottes de l'endettement et la vente de son âme aux promoteurs et aux banquiers,
quand le travail n'est plus qu'une cage où chloroformer les symptômes réactifs de ce qui reste d' humains encore un peu sains et valides,
quand l'insertion n'est plus qu'une chasse aux évadés du système,
quand la cohésion signifie d'enfermer des bébés étrangers en centres de rétention,
quand la richesse n'est plus que la production hystérique de gadgets inutiles, corrosifs, nuisibles et aliénants,
quand la production n'est plus que le vol des ressources d'autrui et la réparation de ce qu'on a volontairement cassé,
quand l'éducation n'est plus que l'obtention effrénée, à coups d'élimination méthodique des copains, d'un loft doré plein de verroteries clinquantes, et d'un numéro de lot sur sa chemise de luxe,
quand on ferme des écoles et renvoie des maitres pour construire des taules et embaucher des geôliers,
quand la réussite n'est plus que l'étalement des vices,
et la promotion, le droit d'injurier et d'escroquer le peuple sans poursuites,
quand la sagesse n'est plus que de faire passer les plus gros mensonges et manipuler l'opinion,
quand la liberté n'est plus qu'un prétexte à multiplier des choix provoquant désarroi et hébétude,
qu'un ordre à s'affranchir de toutes limites pour gagner en puissance de frappe,
qu'un droit à voter plusieurs fois pour des résultats conformes au programme de la pensée unique,
qu'une souris et un clavier réglant le débit du vacarme médiatique,
que l'adulation de l'accaparement et de la prédation,
quand le plaisir n'est plus que l'addition comptable de jouissances matérielles, de soulagements immédiats,
quand la jouissance n'est plus que le paroxysme d'un sado-masochisme de masse hypocritement nommé libération des mœurs,
quand le désir n'est plus que concupiscence et enchainement,
quand la satisfaction ne passe que par l'ostentation concurrentielle,
quand la solidarité n'est plus qu'une sommation à rentrer dans le rang,
quand l'aventure se résume à prendre l'avion en souscrivant la meilleure assurance,
quand la qualité de la vie, c'est avoir un emploi du temps de ministre, un jet privé et un écran géant dans chaque pièce de sa villa,
quand tout repos, vacance, grève, maladie, enfance, vieillesse, accident, chômage n'est plus que sabotage aux cadences patriotiques,
quand la recherche, c'est trouver de nouvelles huiles d'engrenage pour les lobbies des multinationales,
quand la culture n'est plus que le bêlement des moutons,
quand la communication, c'est ne plus se toucher, ne plus se regarder,
mais s'encombrer de machines qui détraquent le climat,
quand s'informer, c'est saturer l'espace de charges électriques qui sèment la panique chez tous les êtres et espèces sensibles,
quand la cité, ce n'est plus qu'un tas de béton empilé autour des marchands,
quand la campagne, ce n'est plus qu'un dépotoir des villes,
quand cultiver son jardin, ce n'est plus que s'abonner à vie aux trafiquants de semences et de pesticides,
quand faire des enfants, ce n'est plus que réserver une place en crèche et à l'université suffisamment à l'avance,
quand se nourrir et se loger vous cloue aux croix plantées par les spéculateurs,
quand le partage, ce n'est plus que compter son argent,
et quand de tout ça, vous avez conscience,
quand de tout ça, vous en avez marre,
alors vous êtes mûrs pour rejoindre l'objection de croissance.
Car enfin est le moment où nous, en décroissance,
ne pouvons nous taire, même et surtout si on est très occupés
à bricoler notre petite vie de simplicité choisie,
surtout en pleine crise, surtout quand tout le monde a peur,
(sauf quelques petits villages gaulois quelque part en résistance),
alors qu'il devient manifeste que rien ne va plus,
que les riches nous blufferont toujours, même à l'agonie,
en réclamant des millions pour colmater les brèches qu'ils ont eux même ouvert..
Le moment est là, où nous qui nous reconnaissons sous le nom de « décroissants » ne pouvons plus refuser les micros,
sous peine de salir notre conscience en refoulant notre part de vérité, de lucidité,
un moment où nous avons le devoir de donner de la voix pour rallier ceux qui commencent à penser dans cette direction, non encore balisée,
une pensée née en deçà des clivages droite et gauche, riche des différents courants qui émergent du décapage de notre vision, hors des champs publicitaires, médiatiques, télévisuels,
une pensée en plein renouvellement et réappropriation de notre imaginaire et de nos rêves,
une pensée qui débouche ou qui est issue des pratiques, des usages et des alternatives engagées partout dans le pays par des anonymes.
Alors, parce qu'on a ce rêve en nous, ce n'est pas difficile d'aller jusqu'à oser le faire entendre lors des prochaines élections de tartufferie pour l'Europe.
Quand on a suffisamment de distance pour voir comment on se moque des européens en les faisant voter du seul scrutin vraiment démocratique, à la proportionnelle, pour un parlement qui n'a que peu de pouvoir, ne peut que s'aligner sur les directions ultra-libérales de la commission européenne et sur des traités signés entre oligarques dans le seul but d'assurer leur domination et le pillage du Sud,
on a envie de hurler non, pas encore ça!
On a envie de donner de la voix pour le Non, envie de donner de la voix pour tous les Sans Voix qui triment et s'échinent et n'ont plus envie de se déplacer pour un bulletin de vote qui ne changera rien.
Parce qu'aussi il y a eu, ici et là, des gens pour me reprocher mes ressources plancher et mon travail gratuit, j'ai décidé de revendiquer ouvertement un Revenu Social Garanti pour tous, pour tous les européens, pour commencer....
J'ai donc accepté d'être tête de liste d'une circonscription (grand Sud-ouest) pour ces élections européennes, sachant que la visée n'est pas du tout électoraliste, puisque nous n'imprimerons pas de bulletin de vote ni d'affiches officielles.
Il s'agit surtout de faire une campagne, entièrement auto-gérée, pour nos idées, pour la mise en valeur de nos expérimentations de terrains,
et de renforcer les contacts et les liens entre les objecteurs de croissance du pays.
Il s'agit de mettre en question radicale la notion de développement et de progrès dans une perspective anthropologique, énergétique, humaine, en dénonçant les mensonges de l'écologisme vert et du développement durable.
Pour ma part, je fonde mon discours politique sur les trois axes fondamentaux suivants, qui se greffent sur la plaquette de propositions travaillée par l'ADOC, l'association des objecteurs de croissance, en vue du Contre-grenelle et de ces élections Européennes, qu'on peut lire là: (plaquette_proposition3_A4plie):
1) Le « revenu social garanti » décrété comme un droit humain fondamental et mis en œuvre immédiatement, « revenu minimum d'existence », ou encore « revenu d'autonomie inconditionnel », accordé à un revenu maximal autorisé. Par exemple tout ce qui dépasse trois fois le revenu moyen européen est pris pour être mutualisé en bien commun, patrimoine de la collectivité.
Réquisition des logements vides et des terres incultes et abandonnées. Attribution d'un terrain agricole gratuit à toute personne s'engageant à le cultiver en respectant la terre.
2) La nationalisation des banques, la réappropriation par l'État du pouvoir de création monétaire,
l'encouragement et la légalisation des monnaies locales non spéculatives, accompagnés d'une gestion du contenu des échanges.
3) Le courage d''interdire toute spéculation sur la nourriture et le logement, donc les cultures, le foncier et l'immobilier, et réquisition immédiate des terres produisant carburants ou OGM.
Orienter alors vers une agriculture vivrière biologique, de subsistance, sur les territoires, visant la diversité et l'autonomie, avec attribution prioritaire de terres agricoles aux jeunes porteurs de projets.
Créer de nouveaux zonage d'urbanisme pour des formes d'établissements humains modestes et légers avec installations réversibles et énergies renouvelables,
allié à une politique d'urbanisation et d'aménagement du territoire basée sur une planification à long terme, avec entre autres, protection et revalorisation de l'artisanat de proximité.
Ces mesures phares sont de nature à changer profondément la donne économique mais aussi les rapports humains, non plus fondés dés lors sur la concurrence et la nécessité, mais sur le choix et la coopération.
Le travail est devenu pour la première fois dans l'histoire de l'humanité plus destructeur que bénéfique.
Il faut donc tout arrêter pour réfléchir aux buts de l'activité humaine.
La planète et ses habitants ne sont plus en mesure de supporter un productivisme effréné, basé sur l'aliénation et le muselage social par l'emploi, n'importe quel emploi, à faire n'importe quoi, le plus vite possible.
La remise en cause du travail entraine l'organisation de grands états généraux sur l'école et la recherche, avec réforme profonde de l'éducation.
Mais aussi des États généraux de la santé et de la justice planétaire, avec planification des productions, privilégiant l'utile et le compatible avec une répartition soutenable entre tous les habitants de la terre.
C'est pourquoi j'appelle tous ceux qui se sentent concernés par l'objection de croissance et la nécessité de vulgariser ce courant de pensée et de pratiques, à faire connaître notre participation à la campagne des prochaines élections.
Le site « Europe Décroissance »: http://www.europedecroissance.eu/
Chèques de soutien à la campagne à l’ordre “ADOC-France”
à envoyer à Elodie Garcia -
27 avenue Wailly - 78290 Croissy sur Seine (France)
Commentaires
Woah!! je suis "scotchée"!! Super! je vote tout de suite!...je peux?! Je fais même passer à mes contacts messengers...Bisous à tout le monde :-))
Ca veut dire quoi "prêter son nom" ?
Autrement, je vote pour. Evidemment.
Je vais aller voir le site "europedecroissance"...
Moi aussi
Moi aussi, je vote pour ! J'y vais, j'y cours ...sur le site . http://www.europedecroissance.eu/
S.
belle initiative
Je vais lire, suivre, m'informer faire passer ....soutenir par vote ou autre !....
BRAVO
Je souscris entièrement.
Je viens de rencontrer une personne qui fait du recyclage industriel (du mobilier à partir de machines). J'espère pouvoir contribuer à l'arrêt de la consommation débridée et à tout type d'initiative de recyclage dans tous les domaines. Il y a du travail !
Ca va péter !
Pour résumer, il me semble que l'on pourrait dire que l'homme ne devrait jamais travailler plus que le nécéssaire pour couvrir ses besoins fondamentaux, ni gagner plus que nécessaire. Dès lors, les prix seraient plus justes, la vie plus facile...
bien vu merlin
En effet Merlin mais le problème est que votre train de vie n'est pas celui du voisin ! Tant que l'on ne freinera pas nos désirs de plus en plus nombreux, on n'y arrivera pas.
J'avais lu,il y a bien longtemps que nous sommes passés de 16 besoins fondamentaux à plus de 56 ( qui eux ne le sont pas) à commencer par le portable... avec le prix des communications d'un portable on peut envoyer plusieurs enfants pauvres à l'école et on peut les nourrir...
Seize besoins fondamentaux ?
Moi, j'en compte au maximum cinq :
- logement
- nourriture
- vêtement
- santé
- éducation (globalement: savoir vivre & culture)
- affection (quoique celui là, en principe ne se monnaye pas... en principe !)
Mais je suis une ignorante . Quels sont les autres ?
S.
précision
Il semble Eolia que j'ai oublié de dire que ces besoins concerne la société moderne, je ne me souviens plus très bien de l'article mais j'avais trouvé ça interessant, je crois qu'il y avait aussi:pouvoir communiquer / pouvoir dormir / pouvoir se divertir / pouvoir évacuer ses selles /pouvoir se laver / pouvoir s'habiller /pouvoir manger / pouvoir boire / pouvoir se déplacer / pouvoir entendre...
certains de ces besoins vous les avez mis dans le logement à juste titre.
j'en oublie surement mais l'idée était de dire que plus les années passent, plus on se créer de faux besoins.
de pire en pire ...
bonjour sylvie, c'est caroline d'ardèche. l'hiver dernier je t'ai contacté pour avoir un peu d'aide avec ma yourte ... je viens faire un point de ma situation et pour m'insurger encore un peu plus d'une nouvelle " loi" pondue le premier avril mais qui n'est malheureusement pas une blague...
Poussée par la bêtise et la méchanceté de quelques villageois congénitaux et leur non moins attardés conseillers municipaux , j'ai décidé avec regret de lever le camp et de troquer ma yourte. mois de decembre je trouve une maison a louer, 500 euros par mois : cher, mais pas d'autre solution, je me plie . un mois après la maison s'avère inhabitable, chauffe eau dangereux, pas d'eau chaude, pas de chauffage, et pour finir l'eau qui gèle..( et la proprio qui me dois encore 600 euros...) me revoilà a trimballer des bidons d'eau...pour 500 euros par mois ça fait cher..en gros j'avais les mêmes conditions de vie en yourte mais au moins c'était gratuit.janvier je me reloge d'urgence avec ma fille dans un camping, touristes obligent je suis gentiment remerciée le 31 mars. j'ai troqué ma yourte contre un camion et je me suis installée dedans...provisoirement car je cherche toujours a me loger, j'en viens au sujet de la fameuse loi. avec mon copain on visite une maison , qui nous plait. le lendemain je vais a l'agence retirer le dossier et là..." désolée mademoiselle si vous n'avez pas de CDI on ne peut pas vous la louer". j 'ai déjà loué des maisons par agence et j'ai sorti la carte de la caution solidaire. je repond que ma gentille maman gagne très bien sa vie et peut se porter caution. mais non. ça marche plus comme ça ... explications de l'agence: depuis le premier avril c'est l' état qui se porte caution pour les gens qui n'ont pas de travail fixe et autres Rmistes (ça fait du monde...) , or les propriétaires paient une assurance loyer impayés, soit a l'agence soit a l'état, l'agence n'assure que les gens en CDI pour ( je n'ai pas le montant exact..) environ 1% du prix du loyer. quant a l'état il demande 3%. les proprietaires ont le choix entre les deux...evidemment ils prennent le moins cher... normal. en agence aucun propriétaire ne choisi l assurance de l'état, donc plus de location pour les pauvres précaires.
ce dernier a pondu cette aberration pour soi-disant aider les gens a se loger ! sachant les locations de particuliers a particulier pratiquement introuvables nous continuons en camion... et la encore nouvelle surprise, des que l'on trouve un joli coin au bord de l'eau dans notre belle ardèche nous nous faisons encore " gentiment" virés par les flics, camping "sauvage" interdit... feux interdits... stationnement interdit, bref existence interdite, j'en ai marre, vraiment, la dernière fois nous avons eu 4 fois la visite des gendarmes en moins de 24 heures ! il n'y a pas de place pour nous et c'est de pire en pire, voilà, je pense que la nouvelle de cette loi a la con va soulever pas mal de débat et de colère, je voulais juste en témoigner personnellement et cela tombe bien avec ton dernier article, donc si tu veux ébruiter l'affaire pour prevenir les gens qu'on les prend plus que jamais pour de la merde y a pas de soucis.au contraire cette "loi" est immonde et je pense que tu trouveras les bon mots pour en parler. bien a toi et avec toute mon amitié
caroline
ça ne s'arrange pas
alors comment font les gens puisque les pauvres ont du mal à se loger et ceux qui veulent habiter une yourte ne le peuvent pas !Ce monde devient vraiment infernal.
En plus avec tous les chomeurs qui grossissent les rangs tous les mois et ce, depuis des décénnies. Comment ça va finir ?
ça ne va pas finir
ça n'est que le début. J'ai le ventre noué en lisant Caroline, en connaissant déjà l'histoire de Sylvie, et d'autres que je ne connais pas mais imagine. J'ai peur de là où on va, mais je me dis que si on y va ensemble, c'est déjà un peu moins dur. Ensemble. Je crois que c'est la seule solution. Que les grands aident les plus petits, que les plus forts protègent les plus faibles sans aliénation ni condescendance, que les plus malins utilisent leur talent pour contribuer au bien-être de la communauté... Une utopie peut-être, mais surtout une espérance. Que tout cela ne finira pas, non, que c'est le début de la marche de l'homme vers sa vraie liberté.
Campagne à la campagne
Salut Sylvie,
Grand cri et décroissance, grain de sel dans une campagne vraiment pas sexy et invisible. J'espère que ce cri et d'autres seront entendus, en tout cas bon courage...
Amitiés Domino
pour une croissance qualitative
Le commentaire que j’envoie ici se veut une critique constructive de la notion de décroissance. Je comprends tout à fait ce qui motive ce mouvement et y ait adhéré moi-même. Ce sont des expériences comme celle de Yurtao qui m’ont amenée à la notion de « croissance qualitative ». Décroissance fait croire à une privation, alors que ce que dans la réalité, ce mode de vie est celui de la vraie richesse.
La notion de développement durable est utilisée par le N.O.M. pour faire accepter des politiques d’austérité au nom du bien-être écologique de la planète, et préparer l’instauration d’une sorte de communisme de la rareté qui n’a rien en commun avec celui de l’eschatologie marxiste d’une société d’abondance.
Mais la notion de décroissance ne me convient pas non plus, ce qui ne veut pas dire que je n’apporte pas mon soutien à ceux qui font la promotion de cette notion, pour ce que je sais d’eux, nous marchons dans la même direction. Je trouve simplement qu’ils ne vont pas assez loin dans leur remise en question du système, et reproduisent encore cette idée que l’austérité s’impose. A cela j’oppose la notion d’une joyeuse frugalité fondée sur la notion de la croissance qualitative. La croissance qualitative comporte une dimension « spirituelle » et une dimension matérielle.
La dimension spirituelle fait appel à ces ressources inépuisables et infiniment renouvelables que sont les qualités humaines de tendresse, de compassion, d’humour, de créativité, etc...La liste est longue, je vous laisse la compléter. Elles contribuent à créer un tissu de convivialité, là où le tissu social est usé jusqu’à la trame.
Matériellement c’est du passage à une production de qualité dont il est question. Par exemple :au lieu de pratiquer une agriculture extensive usant de méthodes qui épuisent les sols et les empoisonnent avec en fin de compte une faible productivité, il est possible de pratiquer une agriculture intensive, attentive à enrichir la niche écologique sur laquelle elle se pratique, avec un taux de productivité d’autant plus élevé que la nourriture qui est produite de cette manière à une valeur nutritive élevée, ce qui n’est pas le cas de la mal-bouffe industrielle dont on connait les effets pathogènes et le peu de valeur nutritive.. Et cela va en s’aggravant. Et ne me dites pas que ce serait un retour en arrière et que personne n’a envie de sacrifier sa vie en revenant à des méthodes de cultures primitives. J’ai rencontré de jeunes agriculteurs bio qui travaillent dur comme le faisait les paysans traditionnels et qui se voient obligés de demander un RMI complémentaire pour joindre les deux bouts, pourtant ils s’accrochent car ils aiment ce genre de vie et surtout ils croient à la valeur de ce qu’ils produisent.
Remplacer l’économie de marché par une économie des marchés, favorisant les marchés locaux, cela ne serait finalement qu’appliquer les principes de la micro-économie officielle qui implique une multitude de petites entreprises (atomisation), indispensable pour que le principe de la main invisible -qui n’est qu’une manifestation de la loi des grands nombres- puisse fonctionner. Pas de main invisible avec une dictature monopolistique à la Monsanto. Ceci est une des contradictions internes de l’application des soi-disant « lois naturelles de l’économie » que nous imposent les Profiteurs, c’est loin d’être la seule.
La croissance qualitative, c’est aussi encourager l’artisanat de qualité. La création d’œuvres à longue durée de vie. Produire mieux pour produire moins et produire avec bonheur, car un bon artisan prend plaisir à œuvrer. Pour les notions travail, œuvre et action, je me réfère à Hannah Arendt et son ouvrage éclairant : « Condition de l’Homme Moderne ». Le travail produit ce qui s’engloutit dans les cycles de la consommation, l’œuvre produit les objets de la durée et l’action c’est le politique soit la manière dont les humains s’organisent entre eux. Les humains sont polyvalents et chacun peut participer de ces trois dimensions.
Cette notion de croissance qualitative est corrélative de celle de simplicité volontaire. Je propose l’instauration d’une Charte Internationale du Droit à la Simplicité Volontaire ». Pour ceux qui veulent en savoir plus je les renvoie à mon blog. : Pour une "Charte internationale du Droit à la Simplicité Volontaire" - Le blog de Anne Wolff.
Nouvelles de Belgique : je reviens d’une visite à des amis qui vivent en péniches, tipis, roulottes au bord du canal, près de Bruxelles. Les habitants des péniches vivent là depuis quinze ans, ils ont leur domicile sur leur péniche et à présent ils sont menacés d’expulsion sous le fallacieux prétexte qu’ils gêneraient le passage des péniches, ce qui est faux. Ils ont déjà dépensé des milliers d’Euros en avocats, et la lutte continue…
La semaine prochaine j’aurai des renseignements plus complets sur leur histoire.
Anne
Ton article est de qualité comme d'habitude, je les mis en lien sur mon blog pour faire une chaîne.
Bravo gens de courage!
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