07 octobre 2009
Se tenir sur ses pieds
« L'homme civilisé a construit un carosse
mais il a perdu l'usage de ses pieds.
Il est soutenu par
des béquilles
mais il lui manque le soutien de ses muscles.
Il n'a plus la capacité de lire l'heure au soleil,
ne sait plus reconnaître une seule étoile au ciel. »
Ralph Waldo Emerson. « La confiance en soi. »
« Celui qui sait que le pouvoir est inné,
qu'il est faible parce qu'il a cherché le bien
en dehors de lui-même et partout ailleurs,
et percevant cela, se jette sans hésiter sur sa propre pensée,
celui-là se redresse immédiatement
et se tient en position debout,
commande à ses membres et accomplit des miracles,
de même qu'un homme qui se tient sur ses pieds
est plus fort qu'un homme qui se tient sur sa tête. ...
Une victoire
politique,
la guérison d'un proche, le retour d'un ami,
ou quelque autre évenement favorable te redonne courage
et tu penses que des jours heureux se préparent pour toi.
N'en crois rien.
Rien en dehors de toi-même ne peut t'apporter la paix. »
Commentaires
La solitude existe.
La solitude accable les uns et raffermit les autres. Tout dépend de la forme de dépendance que l’on peut éprouver par rapport aux autres. Nous nous définissons individuellement et collectivement. Le paradoxe est que l’on se sente bien en compagnie de la personne qui se satisfait de sa solitude. On se demande quelle potion magique elle a avalée pour aimer cette solitude tant redoutée par une majorité de gens. La solitude n’est pas un repli mais le fait d’être bien avec soi, condition sine qua non pour être bien avec les autres. Ote-toi de mon soleil aurait dit Diogène au risque de sa vie. Cependant, il existe bon nombre de rencontres qui ne sont guère que des échanges de services motivées par la peur de la solitude. Il y a là une interdépendance, source de nombreux conflits.
Etre seul et s’en trouver bien, ça s’apprend. C’est la bonne route qui mène à soi-même quand on a essayé toutes sortes de chemins détournés. La plus grande conquête de l’homme se trouve là, à n’en point douter.
On a voulu être quelqu’un par les autres et on s’est rendu compte que le regard des autres nous faisait prendre une fausse identité dans un monde en représentation. Derrière le masque, il y a le mensonge. Fonctionner dans le dysfonctionnement social et s’y fondre.
La solitude acceptée, c’est la découverte de la vérité, de sa vérité ? C’est admettre son inanité au vu du monde en lequel nous sommes né.
Pas d’arrivisme, pas de récriminations, sans humilité on ne se rencontre jamais et la solitude reste ce qu’il faut fuir à tout prix.
On veut donner une importance sociale à son ego alors qu’elle sera toujours relative. On veut se définir, se donner l’identité mimétique d’un groupe pour s’en distinguer d’un autre. Qui recherche la solitude trouve l’universalité.
C’est faire peu de cas de soi-même que de trop dépendre des autres au point de tout subir dans une fatalité qui n’en est pas une. La partie est dans le tout et le tout dans la partie, cette vision holistique nous dit que l’univers est en chaque individu et qu’il a à trouver en lui la véritable richesse de ce monde.
La solitude est à apprivoiser dans le sens d’un accord avec le monde qui nous entoure. Comment pourrions-nous méditer sans elle ? Si l’univers nous semble chaotique, il y a quand même autour d’un des nombreux soleils de la Voie Lactée une terre où l’harmonie de la vie est présente et pourrait se perpétuer si les hommes se sentaient concernés pour la prolonger.
Par peur de la solitude, il y a ceux qui croient en groupe pour se rassurer mais jamais seuls, ceux qui s’activent, ceux qui se plaignent, cette espèce d’effervescence qui ne dit pas la stabilité.
La solitude existe je l’ai rencontrée. Elle est paix et plénitude. Elle est une grande maison vide toujours ouverte qui peut accueillir une personne fatiguée par la route et les bruits incessants de la ville.
La solitude, c’est l’identité que l’on refuse là où nous sommes identiques et ne faisons qu’un. Le paradoxe du solitaire, c’est qu’il est en communion avec les autres mais que souvent, les autres ne le savent pas toujours.
La solitude choisie est toujours paisible quand l’amour est le facteur commun.
Cependant il ne faudrait pas confondre la solitude et l’exclusion.
Se réconcilier avec la solitude est un retour à la source mais ne pas partager, c’est aller dans le sens où l’on ne rencontre pas l’autre et donc où l’on ne se rencontre pas soi-même.
On peut ne pas être étonné d’une société bruyante, joueuse, activiste ; tout est fait pour distraire de la solitude, de la réflexion. Si nous laissons l’argent conduire le bal, eh bien, dansons maintenant !
A.C
La solitude c'est les autres
J'ai besoin en moi d'une pensée profonde
comme un scaphandrier qui descende au fond de moi
qui regarde
et qui me regarde
cela me dit mon être et l'échange possible
s'il s'agit des scories de surface
des apparences qui forcément sont commerce
c'est le maquillage devant la glace
Pourquoi faire profession de solitude
se priver de ripolin
au motif qu'une surface culturellement imposée
que le quotidien confronté soient devenus imbuvables
si nos yeux sont saturés de laideurs
reste notre cœur qui distinguera toujours
le cristal au travers des pires gangues
l'innocence même ensevelie sous la décharge
si toujours repoussés nous devions nous cacher
alors pourquoi crier si fort pour le plus loin
pourquoi percer les toits pour pénétrer les chaumières
et tendrement avancer la main
Domino
Merci à vous trois.
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