Barrières de tissu
Quel besoin de s'enfermer derrière un grillage
quand de simples bandes de tissu récupéré peuvent suffire
à enclore symboliquement ce qu'on veut délimiter ou préserver ?
La barrière de chiffons multicolores
marque le cadre de vie éphémère de l'humain
posé temporairement sur la terre.
Les franges de rubans bariolés s'intercalent joyeusement
au milieu du vert chlorophyllien des végétaux
sans causer le moindre dégât.
Cousus sur de longues bandes ou nouées sur des bambous,
l'enceinte de fripes est plus efficace qu'un barbelé.
Elle dissuade les démons autant que les gros mammifères.
Doublé d'une circumambulation méditative ou incantatoire,
le périmètre où s'inscrit les yourtes s'avère ainsi parfaitement sécurisé.
Pas de palissade bouchant l'horizon,
une simple lice de chutes d'étoffes bigarrées suffit
à marquer la limite qui permet de se sentir chez soi.
Toute architecture en légèreté implique
une géométrie mobile et des entraves minimum à la nature.
Une clôture en dur défonce le sol et dérange l'humus,
bouleversant la riche bio-diversité qu'il abrite.
Cet effort de l'homme pour se cuirasser repose
sur sa volonté d'appropriation et de colonisation de l'espace.
Tandis que la clôture en tissu filtre sans blesser, sans cloisonner.
Elle signale, elle interpelle, elle contraste, elle fait sourire.
Suspendue entre les branches, livrée à la danse des airs, arachnéenne,
la rampe de tentures descend du ciel vers la terre
comme les plumes de l'aile d'un oiseau recouvrent sa progéniture.
La haie statique et massive de bois cloué,
de fer, de pierre ou de ciment entrave et emprisonne,
alors que les cantonnières sauvages de coton et de soie,
les lanières ondoyantes de nylon et de tergal,
les voilages brillants, les étoles transparentes et les calicots impertinents,
attrapent la lumière en réveillant la profondeur des sucs organiques.
Leur frivolité, leur nature éphémère et la frélitude du chemin ainsi tracé,
toujours révocable, libère de la peur.
Loin des remparts de la propriété exclusive,
les balustres de chiffons choisissent pour toute démarcation
la brise de l'aurore et du crépuscule, le seul souffle du divin.
Commentaires sur Barrières de tissu
- Perplexe!J'aime beaucoup les lanières monochromes dont l'extrémité est plombées par des perles... le reste est plus discutable surtout avec la réutilisation de tergal et nylon qui n'a rien d'écologique et provient du monde industriel... Je préfère la discrétion de barrières naturelles en bois tressé de châtaignier par exemple....

- J'aime au contraire les couleurs de la Vie qu'apportent les tissus. Merci beaucoup, car cela fait longtemps que des piquets attendent pour cerner le terrain autour de la yourte et au-delà, et je ne savais pas pour qu'elle raison je n'arrivais pas à les poser. Maintenant je sais que de jolies étoffes s'envoleront au vent pour dire aux promeneurs :"Vous êtes les bien-venus, respectez quand même la terre que vous foulez car d'autres y ont posés bagages"

merci - dans nos société occidentale, nous habillons les hommes en monochrome, nous avons des chaussures noires et des clôtures en béton armé. La peur des autres fait construire des murs, et une alarme électronique nous donne l'illusion d'être protégé. Mais quelle protections pouvons nous avoir contre nos peurs, véritable danger si ce n'est d'avoir l'esprit à la confiance. Celui qui possède beaucoup a du voler un peu pour avoir, celui qui ne possède rien n'a pas de crainte. Il sait qu'avoir n'est qu'une illusion, il se contente d'être. Belles couleurs de la vie.

- à Sylvie89300Oui, ça fait romano, quel compliment!

Moi qui adore la diversité et l'extravagance des cultures populaires, en particulier vers l'Orient ! Mais quels préjugés coincés ! Si vous n'aimez pas les couleurs, c'est une chose, mais que vous jugiez toute une culture, roms ou gitans, de façon aussi péjorative, n'a pas sa place sur ce blog. Ce genre de jugement de valeur avilissant et discriminatoire de tout un peuple, les bohémiens, les nomades, les roumains, ( allez voir en Roumanie la beauté des maisons décorées par les habitants, pas par des professionnels diplômés aux tarifs exorbitants ) voilà qui dégénère vite en expulsion d'étrangers. C'est vrai, ces femmes, elles aiment les robes bariolées. Moi aussi. Oui, je ressemble à une gitane, diriez-vous d'un air dégouté. En trouvant ça vulgaire. Oui, ce n'est pas à la mode, parce que récupérer la fripe, c'est ringard, ça fait pauvre, berk. Regardez bien le monde, et vous verrez combien la couleur est signe de vitalité chez les indigènes.
Des Parisiens m'ont dit : « On se croirait en plein Himalaya », et ils étaient charmés, parce que ça leur rappelait les drapeaux de prières.
Des bouddhistes m'ont dit : « Ah! on se croirait dans un temple! » et ils se sont mis à chuchoter pour ne pas déranger l'esprit en train de souffler dans les voiles.
Des fêtards m'ont dit : « On se croirait au carnaval » et ils étaient contents, ça leur filait la gaité des jours de fête et on a bien rigolé.
Des amoureux m'ont dit : « On se croirait sous un arc en ciel, on en veut pour notre mariage! » et ils se sont embrassés goulument pour la photo sous les bannières.
Une veille dame m'a dit : « Ah ! Maintenant je sais à qui donner mes chutes de tissu !» et elle était ravie d'apporter sa contribution et de se sentir utile.
Mes copines m'ont demandé: « Tu peux nous en faire ?! On en veut pour notre jardin ! » et elles avaient des étoiles dans les yeux.
Des plagistes m'ont dit : « Ah, ça serait super pour délimiter la prochaine compétition de cerf-volants ! » et ils voyaient déjà l'équipe gagnante recevoir son trophée sous les fanions de tissu.
Des ouvriers m'ont dit : « Ah ! Ça serait beaucoup plus sympa pour protéger nos chantiers que leurs bandes orange en plastique ! » en pensant que ça inciterait plutôt les gens à s'approcher et discuter.
Des femmes du peuple m'ont dit : « On pourrait décorer la salle de notre repas de Noël ! » et du coup, le petit diner qu'elles supputaient est devenu un banquet.
Des enfants m'ont dit : « Tu nous les prêtes pour la kermesse? » et ils étaient tout fiers d'amener dans leur cartable un truc qui, déployé, a rempli les yeux des copains épatés.
Des filles en rade m'ont dit : « Waouh, trop bien, on pourrait faire un petit atelier de couture? »
Et j'ai acheté des ciseaux, et on s'est mis à couper de vielles chemises, et maintenant, on va coudre des banderoles, et on va en mettre partout, et tout ça pour pas un rond ! Et on va danser dessous, et ce qui était laid va devenir beau et joyeux, et la vie aura décidément un bel air de bringue éternelle ! - je préfère les couleurs des branches, des arbres, des feuilles plutôt que la fripe étalée, mais ça reste mon choix, et j'ai bien dit que je respectais TON choix...
et autant les dessins faits de cailloux et de fleurs, de branches sont superbes, autant ceci prête à discussion et c'est ce que je tente de faire... discuter...
- Bonjour Sylvie,

Je partage l'avis de Sylvie89300, les mandalas de fleurs, de pierres et les sculptures avec les enfants sont magnifiques mais pour une barrière je préfère les teintes de la nature, les branches, le bambou etc une clôture métallique peut être nécessaire suivant le voisinage, pour éviter un désagrément. J'ai vu un chien traverser chez un voisin, mordre un caneton et le tuer
Pas toujours facile de trouver une solution qui tient compte de l'environnement !
Bonne soirée - Moi j'adore et je trouve que ça se marie trés bien avec avec l'endroit. C'est le style créatif de Sylvie, cela forme un kaléidoscope et chacun possède son style, sa façon de rendre hommage à la créativité de l'instant, ^chacun contribue à sa manière à la danse du vivant.

C'est joyeux, léger, inspiré et m'accompagne, me fais sourire et contribue à mon bonheur de ce soir. Fanny - Ooohh! belle idée, évidemment révolutionnaire! Je ne sais pas si je l'adopterai telles quelles ces barrières de tissu mais j'y reconnais instinctivement du sens. Vivre à la fois avec le monde et sans ses absurdités est d'une magique subversivité. Les propos d'Anne Laure m'amusent assez : tergal, nylon... mais que devrait-on en faire, le brûler, l'enterrer? Je préfère ce jusqu'au boutisme là, qui mène à danser avec la vie, les matières, les couleurs. Merci Dame Barbesse

Autrefois, je me suis vu signifier que la nature se déclinait en vert et bleu, que trop de couleurs nuisait à la "lisibilité du message" Ah! la simplification... Certaines personnes dont je suis adorent les superpositions, les métissages (pardon pour la connotation!!) tandis que d'autres optent pour la décoration : ce que ça montre plutôt que ce que ça raconte. Et si c'était une question de confiance en soi?
- Bah, je n'ai pas toujours été d'accord avec Barbesse, mais on peut discuter si non on ne reviendrait pas sur ce blog.

Quant au rappel au romanichel, bah, c'est maladroit en effet, d'autant que les chiffonades de Sylvie ne rappelent en rien un campement de romanichels. Ce sont des édredons en plumes qui sont étalées au soleil, puis les lessives, de grandes lessives colorées pour de grandes familles, pour une vie en extérieur, car diffcile parfois de se contenter de la dizaine de M2 d'une caravane
Là perso dans ces " barrières" j'y vois un rappel aux drapeaux de prière du Tibet ( bon on peut penser qu'on prie beaucoup sur le chemin du cantoyourte !) . Je préfère aussi les barrières végétales, car bien qu'aimant les couleurs je préfère la discrétion, affaire de goût et de couleurs .... Un peu d'humour, parlons chiffons ( sourire) !!!! - M'enfin, côtoyer Sylvie ne vous donne pas envie de vivre avec éclat le grand tumulte de la vie? Bousculer vos codes établis, vous lâcher un peu? Ce n'est pas une question de goûts ou d'idées à suivre mais de degré d'intensité. C'est sûr que les drapeaux de prière, ça passe (bon départ mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin?) mais un truc qui n'est pas encore identifié, ça fait peur, c'est barbare, païen, et je ne sais quoi encore, mais on a compris le principe, non? C'est pour rire vos réactions j'espère, sinon, que feriez-vous en si sauvage compagnie ici?

- pour ma part aucun jugement péjoratif après avoir lu les commentaires aussi, juste dire que J'AIME !!!!!!!! J'AIME LES COULEURS !!! notre vie manque tellement de couleurs et de gaieté !!!!!!
alors Sylvie, pour moi c'est YEEEEEEESSSSSSSSSSSSSSSSSSS à l'infini !!!!!!!!!
même s'il est clair que jamais je ne pourrais en faire autant dans mon petit jardin, j'aurais tout de suite les voisins et le syndic sur le dos, déjà que j'ai été sanctionnée parce que j'avais osé mettre le drap sur le rebord de fenêtre, tu te rends compte le crime, ça dépareille les immeubles bien alignés, ça fait sale, du linge aux fenêtres on se croirait en Italie .. tiens d'ailleurs es tu déjà allée en Italie ? ya du linge coloré comme ça sur toutes les fenêtres et d'une maison à l'autre ..
bisous Sylvinette !!! - Aucune inquiétude quant à la sauvagerie du lieu, ni de l'habitante du lieu !!!! je m'arrête sur le chemin, j'y laisse mon empreinte, c'est bien que quelque chose me pousse en avant sur ce chemin. Etre plus discrète ne veut pas dire ne pas avoir de personnalité, ou habitée de peurs dictées par le conventionnel, la marge ou je ne sais quoi qui pourrait entraver mon envie de vivre pleinement. L'an dernier mes voisins m'ont envoyé les flics car j'avais bâché ma caravane, et par un jour de tempête j'ai retenu cette bâche avec deux palettes de bois posées sur le toit... Ca faisait Romano, ca polluait visuellement le paysage bien rangé de mon quartier.... Ben oui, je suis aussi une sauvage à ma manière , j'ai osé il y a quelques années faire une grande fête dans mon jardin avec feu de camp et guitares... Devinez quoi = viste des flics aussi !!!

- Bonjour Sylvie,

Pour moi rien à voir avec les peuples nomades, juste que si je me promène dans la nature et que je tombe sur une barrière de tissus éclatants ça ne m'apaise pas, ça m'agresse même. Par contre pour délimiter un endroit où il y aura un évènement, une fête etc alors oui mais pas comme ça en plein bois.
Et c'est vrai que ton voisinage peut réagir et te faire encore des histoires, après c'est toi qui voit tes priorités et je respecte ça mais on peut ne pas être d'accord avec tout, il me semble.
Et sinon ton blog regorge d'excellentes idées, je m'y promène avec grand plaisir. - Bonsoir Sylvie,

Il me semble que nous sommes à peu près tous d'accord : c'est bien beau, coloré, gai, "enfantin", etc., mais ce n'est pas possible ailleurs que dans des bois reculés... et encore, à condition d'avoir envie de ce décor au quotidien.
Ce sont effectivement les mots qui reviennent dans ta réponse à SYLVIE89300, et à juste titre : folklore, kermesse, mariage, carnaval et même temple... oui, ça va très bien avec ces occasions-là...
Je me joins à Débla, que je connais par ailleurs "en vrai", pour dire que ce n'est pas parce qu'on ne veut pas de chiffons multicolores dans son paysage et servant de "barrières" qui plus est, que l'on est ternes, éteints, préformatés, et pire, des moutons et/ou des cons ! Loin de là... lol.
Tous les goûts sont dans la nature de chacun, je crois avoir relevé que tous ici respectons ta manière de vivre sans pour autant (en vérité vraie...) vouloir t'imiter dans notre "chez nous" et ce, même si c'était possible... et c'est bien (non ?) de donner un avis contraire... ou bien ??
Bref, ce n'est pas être fade, rabat-joie ou autre qualificatif, que d'aimer la simplicité, la discrétion, etc..
La joie de vivre n'est pas forcément "matériellement" visible, question de tempérament.
J'ai connu une nana qui s'habillait un peu comme tu habilles "ta forêt" et pourtant ! Il fallait la fréquenter pour savoir que c'était la personne la plus triste et négative qu'il m'a été donné de rencontrer !!
L'inverse est aussi vrai et plus courant d'ailleurs...
J'avoue que si je trouve tous ces tissus (pas écolos du reste comme précisé plus haut) bien "mimis" à voir comme ça en photos... je me sentirai vite "agressée" et agacée s'il y en avait partout où que j'aille, où que je me trouve !!
Non, ce n'est pas ma tasse de thé et je suppose que tu es d'accord avec moi pour dire que c'est tout à fait et au moins aussi respectable que ton opinion ?!
Quant à moi (yourteuse enfin !!!) - non pas par soumission ou mimétisme d'aucune sorte vu que je suis une rebelle (lol) mais par esprit de respect des différences (bilatérales) et parce que j'aime "mon paysage" de manière différente de toi (je préfère l'ambiance champêtre, objets d'antan, parterres de fleurs, etc.) - eh bien, disais-je, dans ma "Montagne Noire audoise chérie", j'ai d'excellents rapports avec mes voisins, avec les maires des 2 villages de part et d'autre ; tous aiment ma yourte et mes choix de vie même si ce n'est concrètement pas leur tasse de thé.
Je tiens à préserver nos sourires respectifs, nos bons rapports, nos échanges... c'est bon pour la PAIX que je recherche en m'installant "en sauvageonne" avec ma yourte !
De même, je tiens à pouvoir vivre ma vie "décroissante" DANS ma yourte et sur mon terrain effectivement clôturé (bah OUI, un choix : j'ai un chiot, je veux des poules, j'ai envie de discrétion, de ne pas être "envahie sans frapper", de repos et de paix après une existence bien trop mouvementée et malmenée... et je ne vis pas entièrement isolée, ça aussi c'est un choix perso mais aussi pour "rassurer" mes chers proches, principalement mes fils...).
Je te laisse imaginer le résultat si je clôturais chez moi à ta façon... ^^ mais la question ne se pose pas pour moi, je n'envisage pas "mon paysage" ainsi.
J'espère que les avis contraires ne te font pas prendre la mouche... car discuter, c'est aussi échanger des points de vue différents car, différents, nous le sommes tous même si parfois, nous avons des atomes crochus.
Mon mode de vie, mes goûts, mes choix... valent les tiens ou ceux de n'importe qui du moment que c'est justement un choix... et vice et versa.
Bonne soirée.
(Ps : avant de poster, je viens de lire le dernier commentaire de Manon... mais je ne changerai pas pour autant le mien = sans nous être consultées le moins du monde, nous parlons "d'agression", de voisinage, etc.., pas du tout un complot lol, disons peut-être que "qui se ressemble s'assemble" !?! Ceci précisé à bon escient). - En guise de témoignage.

Je vis dans la nature : des champs cultivés, de la garrigue, des grottes et des cascades, la puissance de la vie règne. Partout de l'énergie, tout est énergie...
Côté humain, ah! si je pouvais croiser un tel endroit fait de tous les "riens" qui recréent le Tout, ce serait bon signe pour ce coin du sud ouest où c'est chacun pour soi dans sa piscine, où de tristounettes yourtes sont programmées pour le développement personnel. Bien sûr, je n'ai qu'à oeuvrer moi-même (pas à pas, je m'y emploie!).
Chacun a ses raisons et ses choix, faire comme on le ressent, c'est merveilleux, rien n'est à comparer!
Il m'importe simplement de dire à quel point ces barrières sans barreaux sont enchantées et parlent un langage que ceux qui le souhaitent vont reconnaître, et qui va les animer à leur tour (elles nous font drôlement parler aussi!!).
Il ne me viendrait pas l'audace de passer la porte d'un lieu qui renvoie à sa discrétion : son message est bien compris. Je respecte la tranquillité.
Pour revenir à l'énergie, mon petit doigt me dit que les esprits de la nature sont présents là plus qu'ailleurs, en résonance à l'exubérance de la vie. Leur protection est plus efficiente que ne l'est le fait de montrer patte blanche.
- La recherche de la discrétion, éviction de la couleur ? en prenant le métro, je n'en vois pas beaucoup, les travailleurs pressés arborent du monochrome, et je cherche instinctivement quelque arc en ciel qui pourrait éclairer le petit matin... la couleur fait elle peur ? préfère t-on l'uniforme pour passer inaperçu ? pourquoi ? Je reste persuadée que la couleur agit sur le moral, et un monde uniformisé en noir et blanc serait bien triste, comme un jardin avec pas une herbe qui dépasse ! Alors oui à la vie , la joie et la couleur et merci Sylvie pour tes heureuses bannières

- Tout à fait d'accord avec toi Véro fileuse, oh mais alors, tout à fait !!
Cependant, le sujet était le fait de délimiter son espace "privé" mais finalement "public", tel que sur les photos... quant à moi, il ne s'agissait ici que de cela.
Et sinon, mmm, j'adore les couleurs, les métissages, les mélanges de genres, etc., le thème est à large spectre (coloré), intéressant... mais hors-sujet...
Discrétion, outre cela, n'est pas synonyme d'uniformité en noir et blanc ni de tristesse, enfin... pas pour tout le monde. Disons qu'en cela comme dans la vie en général, trop c'est comme pas assez.
J'ai fait le tour, bonne soirée à tous, portez-vous bien !

Bon sang, mais personne ici n'est juge, ni bourreau, on émet des avis, des opinions qui sont aussi diversifiées que le monde et alors ???? !!! Sylvie est libre, comme je le suis chacun/chacune dans son univers, son environnement, sa création.
Elle est couturière et joue avec les matières, c'est son choix, je suis d'une autre nature et ayant eu une vie de nomade au sein de familles de vanniers et étameurs, mon choix aurait porté sur des végétaux, à tresser, à croiser, à tricoter. J'aurai joué avec des bois épluchés de diverses essences, je me serai trouvé ainsi en accord avec moi même et la nature. C'est ma façon d'être, voilà tout .Est ce condamner la vie et les couleurs de Sylvie ? Si tel était le cas je ne me servirai pas des photos de ce blog pour mettre quelques couleurs au bout de mes pinceaux pour des aquarelles représentant les yourtes.....
Pfff, mais c'est n'importe quoi de penser que je pourrai avec ma différence de point de vue avoir peur de la couleur et de la vie !!!
Allons revenons à du bon sens !!!

Dans notre société, le modèle dominant est celui d'une certaine discrétion, synonyme de bon goût, de respect et d'ordre. Le multicolore du côté des gens qui sont qualifiés de manière péjorative, ou qui font dans la provocation et cherchent les ennuis! Le populaire y est vu comme vulgaire, la pauvreté confondue avec la misère, etc. Ben oui, pour revenir à du bon sens, pourquoi y voir là une atteinte personnelle?

"Bousculez vos codes établis,lâchez-vous un peu" dis-tu. Elle est là la polémique et l'atteinte personnelle, c'est bien dommage. Non il n'y a pas les discrets d'un côté et les multicolores de l'autre...La nature se charge elle-même de mettre de la couleur partout et avec l'automne on en a plein les yeux. Moi j'aime les endroits comme la Camargue, le pays Cathare, zones protégées où les panneaux publicitaires sont interdits, rien n'agresse l'oeil et j'aime ça. Les bannières colorées de Sylvie avec la pluie,le soleil,le gel et le froid vont se délavées et ce sera moche ! et là Cendrine ,tu auras toujours un journaliste bien intentionné pour prendre des photos et encore relancer le débat, c'est ça qui fait peur. Sylvie doit tenir compte de ce paramètre, des procès oui, pour de vrais combats !!
Bonne journée !

Le débat est clos pour ma part, le soleil brille, je vais m'occuper de mon jardin.

Au delà de l'aspect festif et joyeux, les barrières de tissus crées par Sylvie dégagent aussi une grande spiritualité qui se rapproche effectivement des drapeaux de prières tibétains.

Par contre je suis de plus en plus en dés-espérance lorsque je lis certains commentaires étriqués..."Bah oui ma p'tite dame, c'est comme je vous le dis, plein de tissus de toutes les couleurs qui volent au vent ! Y'en a , faut toujours qui fassent pas comme les autres..."Pfff...Mais ça se fait pas ça! "
Mais qu'ils fassent donc comme ils ont envie ! Cachez-vous derrière des barbelés, rejetez tous ceux qui ne font et pensent pas comme vous! Cela me rappelle une chanson de Brassens: "la mauvaise réputation"...
Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation.
Qu'je m'démène ou qu'je reste coi
Je pass' pour un je-ne-sais-quoi!
Je ne fait pourtant de tort à personne
En suivant mon chemin de petit bonhomme.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde médit de moi,
Sauf les muets, ça va de soi.
Le jour du Quatorze Juillet
Je reste dans mon lit douillet.
La musique qui marche au pas,
Cela ne me regarde pas.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En n'écoutant pas le clairon qui sonne.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde me montre du doigt
Sauf les manchots, ça va de soi.
Quand j'croise un voleur malchanceux,
Poursuivi par un cul-terreux;
J'lance la patte et pourquoi le taire,
Le cul-terreux s'retrouv' par terre
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En laissant courir les voleurs de pommes.
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout le monde se rue sur moi,
Sauf les culs-de-jatte, ça va de soi.
Pas besoin d'être Jérémie,
Pour d'viner l'sort qui m'est promis,
S'ils trouv'nt une corde à leur goût,
Ils me la passeront au cou,
Je ne fait pourtant de tort à personne,
En suivant les ch'mins qui n'mènent pas à Rome,
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Non les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux,
Tout l'mond' viendra me voir pendu,
Sauf les aveugles, bien entendu.
Quant au qualificatif de "romanichel", il est indécent, se voudrait être offensant, discriminant...On a pourtant tellement à apprendre de toutes ces cultures...
Attention à l'uniformisation , à la mondialisation des cultures, des goûts, des idées...
Sylvie, tu transpires la LIBERTE...Continue à être TOI, à suivre les chemins de traverse....

ce besoin de propriété, comme si la terre pouvait appartenir à quelqu'un, comme si l'on pouvait empêcher l'autre de venir jeter un oeil, un coeur ou une main dans l'espace qu'on occupe... ça tombe à pic, cet article, comme presque toujours quand la tête et le coeur sont unis en moi
alors on vibre ensemble
bien fraternellement à tous,
en paix, louise
- Bonsoir Louise,
Le Chemin de Santiago... je l'ai fait tout de go il y a 1 an tout juste, seule, 47 jours et + de 800 km, le vrai Chemin bien entendu, pas le touristique (qui font des étapes en bus, en taxi, etc. comme font souvent les touristes !!) et donc, of course celui en Espagne, de Chemin ! Celui de Santiago, quoi !! Parlons-nous du même ? Je te le souhaite…
Bien entendu, on traverse quelques villes espagnoles (et il serait difficile de faire autrement au vu de la trajectoire) mais ce sont surtout de petits villages merveilleux et pittoresques que nous traversons, et des forêts, des champs, etc.. Avec 8000 photos en stock, la plupart sont extraordinairement "zen" et belles, la Nature à plein nez, à couper le souffle, des journées durant, et des villages merveilleux, accueillants, etc..
Enfin, ceci pour dire que je trouve dommage (je ne sais pas quel Chemin tu fais) que tu vives le Chemin sans te nourrir du meilleur offert... Dame Nature et les habitants là-bas sont si généreux et passionnants, faut ouvrir les yeux, le cœur et prendre le temps.
Ce fut l'une des plus belles aventures de ma vie... spirituellement parlant !
Bref.
99% des gens vivent clôturés plus ou moins, portes fermées, etc..
Pas glop mais ce fut le cas même au Moyen-Âge ; certains par "obligation", d'autres par besoin d'intimité, d'autres car trop contigus aux voisins, d’autres par sécurité, ou tout cela à la fois, etc. !!
Ce qui compte, ce sont les rapports humains hors de ces "clôtures" donc hors de "l'intimité", rapports de bon voisinage, camaraderie, entraide, solidarité, etc.. Ce ne sont pas, lorsque tout cela est sincère, des "cloisonnages" qui peuvent l'empêcher, ou alors c'est se chercher de mauvais motifs !! Non ?
Ceci dit, le débat n'en est pas un, on dévie du sujet principal depuis le début (je l'ai déjà exprimé plus haut)... tout est matière à guerroyer, à détourner les propos, et l'hypocrisie bat son plein, en plus !!
Ok, les murs, les portes, les portails, etc.... oh ! quelle horreur ! tsss tsss tsss ! Ah ? Dois-je donc comprendre que Sylvie-Barbesse (puisque elle lance le débat des barrières de tissus) ferme son local/boutique où elle a électricité, chauffage, eau, internet, machine à coudre, autre matériel, etc. (à ce que j'ai compris ; qu'on m'arrête si je me trompe...), avec des rubans multicolores ? Ou bien avec une porte, une serrure, et peut-être plus ?
Re-bref, j'ai bien un terrain clôturé comme déjà signifié et pour des motifs "valables" mais je vous assure que ça n'enlève rien ni à la zenitude des lieux, ni à ma "camaraderie" avec le voisinage qui a reçu (on se demande pourquoi hein ?!) ma yourte (et ses annexes) avec grand plaisir ! Pour l'instant tout va bien, si aucune brebis galeuse ne se pointe, je ne devrais rencontrer aucun souci et n'ai surtout aucun motif d'en avoir, et c’est mon but : LA PAIX !!
« Vivre et laisser vivre »… MAIS dans le respect les uns des autres, je crois que voilà l’une des recettes (ah, quand l’humanité aura compris ça !!!) ; la provoc pour la provoc, n’est pas ma tasse thé… ni de café, ni de rien !!
Lorsque l'on est "en paix" en soi, bien avec soi, bien avec les autres et ce, même surnageant au cœur des tourmentes de la vie et des parcours chaotiques (j’en ai des wagons en la matière !), on n’a pas besoin d’entrer en guerre, on l’évite même vu que, déjà, on morfle assez comme ça !
Après... eh bien guerroyer pour se défendre, ça, c’est autre chose et en bonne Scorpionne, je sais sortir les pinces et le venin quand il le faut… mais pas dans la provoc, pas dans l’offensive, pas gratos !
Donc là, voyez, lol, je suis dans la défensive… pas parce qu’attaquée mais agacée, certes !!! Un peu pareil… « défois » ! ^^
Quoi que sur la défensive peut-être un peu aussi… à bien y réfléchir… je défends mon mode de vie en yourte !!! J’y tiens !! Je n’ai pas envie que reviennent des lois de merde pour m’empêcher de vivre mon choix et ma PAIX dans un environnement choisi et adoré !!
Comme le précisait Manon à juste titre plus haut : des « procès » oui, mais pour de bons (et vrais) combats, et je pense qu’il y en a pas mal à mener déjà dans la vie, la nôtre propre et en général… pour le moins c’est mon cas, pas vous ?!
Voilà c’est tout. Paix, oui, PAIX !! Je vous la souhaite à tous, je me retire sur la pointe des pieds, fermez la lumière derrière moi, svp…
Bye pour vrai.
Bonne soirée à toi et à tous. - Tu défends ton mode de vie. Super, peu importe lequel, si chacun pouvait y prétendre, ce serait extra, pour les gens du voyage par exemple!

J'imagine simplement qu'il existe une différence marquée entre une invitation passionnée à ouvrir les yeux, élargir ses horizons, renoncer aux barrières en dur, généreusement illustrée en mots et en images par ce billet, et des propos directifs sur ce qui est bien, bon, juste et digne, avec emploi du mode impératif etc.
Avant que tu ne t'énerves, peux-tu examiner le fait que décréter ce qui vaut la peine d'être défendu ou pas est un acte de jugement? Qu'est-ce qui est de l'ordre des bons et vrais combats, et qu'est-ce qui ne l'est pas? Qui décide et à quel titre? Je n'ai pas le sentiment que cette approche qui consiste à savoir pour l'autre ce qui est bon pour lui soit tellement porteuse de paix. Il y a suffisamment d'instances officielles pour ça!
Fais moi la grâce de ne pas voir là de la provocation, et si ça peut te détendre un peu, moi aussi, je suis scorpion (ceci dit, ça se soigne! lol)
- Bonsoir Cendrine,

Tu ne sais pas ce qui est de l'ordre du vrai combat ? tant mieux , la vie t'a épargné...si Sylvie se retrouvait en procès pour des histoires de chiffons, je n'irais pas la défendre, elle ne serait menacée par rien si ce n'est par son obstination à s'ancrer dans une position de provocation qui ne mène à rien de positif et menace l'image même des yourtes et des yourteux.
Je ne reviendrai plus ici, sans rancune aucune.
Salut ! - Bonsoir Manon, voilà, maintenant c'est clair.

La réputation des uns retombe sur les autres, je sais, c'est pas juste! Ceci dit, vivre ce mode de vie et devoir plus que quiconque se fondre dans le paysage et les tendances sous peine d'être désavoué(e) par la communauté des "yourteux" (sic!), euh, est-ce davantage juste?
Cette stratégie qui consiste à ne pas faire de vague ne fait pas tellement avancer nos libertés à tous, et s'il ne s'était pas trouvé dans l'histoire des "provocateurs", le monde des yourtes lui-même n'existerait pas.
Je suis convaincue qu'il y a moyen de tous nous tirer vers le haut, ça ne peut être qu'ensemble quel que soit notre mode de vie, et certainement pas par le renoncement et la division. Pour moi la provocation (au sens péjoratif) est dans le choix de focaliser sur ce qui sépare plutôt que ce qui rassemble.
Belle continuation à toi où que tu sois! - Je te réponds par correction pour le moins, et très brièvement...
Pardon mais tu es à côté de la plaque, trouvè-je... chacun voit midi à sa porte défendant ses points de vue... je ne vois aucun pacifisme à vouloir imposer "ses lois", bien sûr que non... uhm, et cela va dans aussi bien dans un sens que dans l'autre, si tu vois ce que je veux dire !!!
Ciel ! je te rassure, il m'en faut tellement plus pour m'énerver lol.
Je m'en tiens là car je constate que tout cela ne mène à rien et nulle part... mais c'était intéressant, bien que je déplore "l'absence" (supposée...) de l'initiatrice de la "provoc", dans les débats.
Les "vrais combats", si tu veux, je t'en parle... heu non... ce serait trop long et vain...
Pauvre de toi : non non non, ça ne se soigne jamais !! mdr ^^ ... mais, après tout, ce n'est pas une maladie non plus, hein ! Si oui, bah, elle me convient assez bien !
Allez, je repars "aux combats"...
Bon dimanche.

retrouvons-nous dimanche 7 octobre à 14h, place du Panthéon à Paris pour la « Roma Pride – Marche pour la dignité du monde du voyage » !
Paris, le 5 octobre 2012,
Ce matin, le Conseil Constitutionnel a rendu sa délibération relative à la Question Prioritaire de Constitutionnalité concernant la loi du 3 janvier 1969.
Il a décidé de conserver un « titre de circulation » pour tous les « Gens du voyage », de conserver la « commune de rattachement » et de conserver le quota maximum de 3% de « Gens du voyage » dans la population d’une commune.
En un mot, le Conseil Constitutionnel a décidé de conserver l’esprit et la lettre de cette loi honteuse, et de « légaliser » ainsi la discrimination à l’encontre des « Gens du voyage ».
Le Mouvement Antiraciste Européen EGAM est scandalisé par cette décision, qui fera honteusement date pour la Conseil Constitutionnel.
En effet, par sa décision, le Conseil légalise le régime discriminatoire qui frappe les « Gens du voyage » en France.
lire la suite là: http://egam.eu/

Un fichage en règle légalisé par un décret de Février 1913 :
Art. 8. Le carnet anthropométrique porte les noms et prénoms, ainsi que les surnoms sous lesquels le nomade est connu, l'indication du pays d'origine, la date et le lieu de naissance, ainsi que toutes les mentions de nature à établir son identité.
Il doit, en outre, recevoir le signalement anthropométrique qui indique notamment la hauteur de la taille, celle du buste, l'envergure, la longueur et la largeur de la tête, le diamètre bizygomatique, la longeur de l'oreille droite, la longeur des doigts médius et auriculaires gauches, celle de la coudée gauche, celle du pied gauche, la couleur des yeux : des cases sont réservées pour les empreintes digitales et pour les deux photographies (profil et face) du porteur du carnet.
Tout carnet anthropométrique porte un numéro d'ordre et la date de délivrance.
Il n'est pas établi de carnet d'identité pour les enfants qui ont pas treize ans révolus......
Oui, c'était ainsi, et ça a duré et ça dure encore.... Celles et ceux qui ont vu le film Liberté de Tony Gatlif on aussi vu que l'histoire a bien longtemps mis une chape de plomb sur les années de guerre et le sort des Tziganes...
Il est temps que ça change ....
























































tout en te laissant totalement libre et respectueuse de ce choix!