La rencontre de Saint Paul initiée par Linda avec son projet "Chemin faisant"

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a réuni des maires d'Ardéche et des représentants d'associations de techniciens du territoire,

motivés pour trouver une solution au fait social récurrent de l'habitat en yourte...

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Je redis ici mon admiration pour Linda, cette femme qui vit dans sa yourte depuis peu et qui a choisi de le faire en dialogue avec les autorités. (Je signale que tout ce qui suit est ma propre réflexion et non le fruit d'une discussion avec Linda.)

Je crois partager avec elle cette position qui fait que lorsqu'on est femme avec un projet de vie profondément sensé mais taxé d'atypique, sinon de marginal, il faille trouver des solutions pour se protéger. Quand on a pas d'homme, une famille élargie ou un collectif de potes sur place, on est forcement tentée de recourir aux protecteurs patentés : les détenteurs de pouvoirs, publics ou privés. Malheureusement, il y a peu de distance entre bienfaisance et condescendance, d'une part, et entre protecteur et souteneur d'autre part, des millions de femmes le savent à leurs dépends. L'exercice est donc assez périlleux.

Linda y arrive merveilleusement, grâce en grande partie à sa personnalité douce et conciliante, grâce aussi à son travail culturel et social, mais au prix d'une ouverture totale de son mode de vie au voyeurisme public :

logée sous ses yourtes entre église et école

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en centre bourg,

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son habitat

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est un lieu de passage peu compatible avec l'intimité liée à la nature résidentielle

du foyer, DSC00615

même si la forme de la yourte permet un recentrage

largement au-dessus de la moyenne des maisons classiques.

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Ayant dû recourir moi-même à une certaine forme d'exhibition lorsque mon mode de vie a été scandaleusement menacé par des attentats et des procès contre mes installations, je comprends sa démarche.

Nous étions donc à ce colloque « entre soi », puisque non médiatisés. Je ne nourris pas trop d'illusions sur l'utilité et les résultats de ce genre de rencontre, où les trop remuants habitants en yourte porteurs d'une radicalité éthique et écologique n'étaient pas conviés.

Logique, vu que nous avons déjà été totalement ignoré des rédacteurs d'un livret intitulé « Regards croisés sur l'habitat léger mobile », présenté ce jour-là, édité par une « association d'éducation populaire ». La cécité volontaire de ces « regards croisés » débouche sur une forclusion de notre existence, puisque pas un mot, sur cette brochure, n'évoque notre travail. Je ne parle même pas de la répercussion nulle parmi ces associations dites « populaires » de notre engagement politique devant le suffrage universel, ( européen et législatif), flambeau unique à ce jour d'une représentation politique populaire de l'habitat léger.

Cette situation de mépris et d'exclusion vis à vis d'un collectif libre d'habitants hors-normes, non chapeautée certes, ni financée par des « techniciens », a été corroborée, lors de ces échanges, par un monsieur habitué des colloques sur le « développement rural », notion chère aux adeptes de la croissance verte, qui a renvoyé notre collectif aux « calendes grecques » en exigeant plus d'humilité. Bien que défendre le point de vue des habitants en yourte soit bien de l'ordre de la représentation et non de l'arrogance, nous n'avons pas échappé aux regards agacés de braves associatifs des milieux « solidaires », ainsi que d'élus habitués aux réunions tranquilles suivies d'un buffet très consensuel. Mais, pour une fois, les habitants des yourtes émergés des broussailles étions là, même si pas invités, concernés par une journée de parlotte sur ce qui fonde nos vies. Ayant pris la parole sans qu'on me la donne, j'ai donc procédé, pendant une première intervention passionnée, à quelques réajustements.

En effet, ça commence mal quand un jeune « technicien » ouvre sa savante évaluation de la performance énergétique de la yourte par un contre-sens : l'appellation «  habitat léger mobile ». Concernant les yourtes, c'est tout simplement une erreur. Je n'ai cessé de le rabâcher sur ce blog, le terme « mobile » désigne juridiquement des véhicules ou des roulottes possédant des roues en état de fonctionner. Les yourtes sont certes des habitats légers mais pas des véhicules, c'est important juridiquement de ne pas dire n'importe quoi, ça évite de se faire condamner par un tribunal sous l'effet de la loi de sécurité intérieure punissant d'expulsion, de confiscation et d'amendes tout stationnement en réunion sur un terrain libre public ou privé. Cette simple nécessité d'honnêteté intellectuelle a aussitôt permis à un« expert » de qualifier ma rectification d'une erreur sémantique d'agression. Parce que je suis une très gentille fille, je me suis tue, je n'ai pas répondu. J'étais déjà sidérée de la parole de ce maire à l'allure de pâtre soixantehuitard qui s'est exclamé qu'il ne voudrait pas de nous sur sa commune. Comme s'il avait le choix de trier les gens, ce qui nous ramènerait aux pires périodes ségrégationnistes.

Lorsque quelqu'un déménage dans ce pays et va s'installer sur une nouvelle commune, il ne demande pas la permission. Tout au plus va-t-il s'enquérir en mairie de l'existence de logements vacants. On a encore le droit de chercher à se loger sans avoir à passer par les services communaux pour se faire délivrer une autorisation d'admission à habiter sur tel ou tel territoire et se faire tatouer un laisser-passer. Lorsqu'un propriétaire demande un PC, on ne lui demande pas la composition de sa famille et on ne l'oblige pas à déballer sa vie privée.

Alors que nous, on est sans cesse contraints de justifier notre existence.

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Le tri qui rejette les pauvres, les Roms, les Noirs, les musulmans, les jeunes des banlieues etc..., est en train de contaminer gravement le pays de l'intérieur, assimilant toute différence de mœurs à l'étranger, lui-même stigmatisé. Des « experts » en font des thèses, les politiques proposent des solutions providentielles, et ça se termine quasiment toujours sur des propositions de parquage de différentes catégories de sous-citoyens en ghettos. Et là, de nous resservir encore les « terrains familiaux », solution fétiche du CNRS, qui préconise de bloquer tous ensemble, en zone pourrie entre autoroutes et décharges, les précaires et les bizarres sous leurs habitats « choisis ». Loin des « normaux ». Pas question d'ouvrir une ligne budgétaire pour envoyer les gardiens de la paix s'opposer à une ratonnade contre une famille de Roms, une bastonnade contre un groupe de SDF, encore moins de rappeler à l'ordre un élu acharné contre un hameau de yourteurs, les contribuables payent déjà assez cher pour les virer. Le parquage est moins onéreux, d'autant qu'ils construisent eux-mêmes leurs cahuttes, on a juste à poser les barbelés. Fini de gloser sur la mixité sociale, elle est strictement réservée aux riches et aux bourgeois.

Ériger des frontières et des remparts à l'intérieur même du pays, derrière lesquels agglutiner les étiquetés d'étoiles jaunes, roses ou vertes, on a déjà vu ça, et ça a été la honte de la France. Remplacez la dénomination «  habitant en yourte » par Juif et vous comprendrez très vite où ça mène. Pourquoi sommes-nous sans cesse obligés de montrer patte blanche et de rappeler que les habitants des yourtes sont des familles normales qui cherchent simplement à vivre et travailler au pays dignement, et pas des parias ?

Et si vraiment ça ne suffit pas, il reste, au fond du panier des scientifiques, une super géniale solution, toujours émise du grand savoir du CNRS et non par les habitants directement concernés : le droit à l'expérimentation ! Hé oui, tout le monde a le droit d'expérimenter impunément les pires poisons, du nucléaire aux OGM en passant par les pesticides, la géo-ingénierie et les nanotechnologies, mais nous, pour expérimenter des formes différentes de nos propres vies, il faudrait qu'on en passe encore par une autorisation, quand ce n'est pas une loi !

Alors, messieurs réponse à tout, qui nous resservez des solutions réchauffées et indigestes tout à fait infamantes institutionnalisant la relégation, en manipulant, consciemment ou inconsciemment, notre complicité et notre gentillesse, désolée, mais on est pas d'accord, même si on sait que vous allez gentiment omettre de le mentionner dans vos rapports.

Car enfin, accepter des habitats en yourte sur une commune ne fait prendre aucun risque aux élus. Positivement, ça amène de la vie, des enfants, de l'activité. La plupart du temps, ceux qui ont choisi ce mode de vie l'ont fait en connaissance de cause, avec une vraie volonté d'intégration et d' engagement responsable sur un territoire. Ils sont souvent en rapport direct avec la terre, les métiers manuels, l'animation socio-culturelle, et travaillent dur. Généralement, si le maire est d'accord, la DDT, surtout depuis la décentralisation, s'aligne et ne bronche pas. Si un procès est déclenché par un particulier retors, c'est le yourteur qui écope, jamais le maire.

Alors pourquoi être si frileux ? Peur de quoi ?

De perdre son poste, m'a rétorqué un des maires Ardéchois. S'il accepte les yourtes, il ne repasse pas aux prochaines élections. C'est ce que prétextaient les maires qui ont dénoncé les Juifs, quelques décennies auparavant. C'est aussi ce qui motive, malheureusement, la majorité des élus, et j'en connais des meilleurs capables de haute trahison une fois au pouvoir, par exemple des copains comme José Bové, qui nous ont lâché en signant, contre l'avis de leur propre parti, le traité du pacte budgétaire. Ce traité, qui profite une fois de plus aux financiers et aux multinationales, est l'un des pires règlements imposés de force par les technocrates de la « commission européenne », organe non démocratique et arbitraire puisque non élu.

Quand la frilosité devient lâcheté, et quand la lâcheté devient criminelle... Quand des responsables sans courage politique veulent sauver ce qu'ils s'imaginent être le bien public et la paix sociale en stigmatisant et rejetant des minorités et la résilience spontanée du peuple, c'est l'institutionnalisation de la discrimination et de la répression qui mène à l'assassinat social. Oui, le courage et la justice ont un prix, et qui ne paye pas de sa personne est un couard.

Je n'ai donc rien répondu au gentil associatif qui aimerait nous étouffer et ne nous a pas convoqué pour prendre en considération nos avis lors de ses études sur l'habitat alternatif en yourte. Parce qu'évidement, c'est à nous d'aller vers leurs bureaux, pas à eux d'en sortir pour venir vers nos yourtes... Or c'est justement parce que j'ai fait preuve d'humilité jusqu'ici que je n'ai pas révélé la réalité associative de Cheyen.

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Representant un réseau national d'habitants en yourte, installés ou en projets,

qui se retrouvent sur un certain nombre de valeurs.

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 il me paraît incontournable que tous les braves gens, techniciens, scientifiques et experts en tous genres, qui entreprennent des études, subventionnées ou pas, pour disserter sur nos hypothétiques usages et en tirer des discours savants, aient l'humilité de nous contacter. C'est affreusement désagréable quand dans une assemblée composée majoritairement d'alternatifs cabaneux, l'orateur liste quelques uns de nos usages en utilisant le pronom pluriel « ils ».

Bien sûr, nous n'avons pas l'outrecuidance de prétendre représenter l'ensemble des yourteurs, mais au moins une fraction considérable de gens sortis du bois qui partagent ou soutiennent nos démarches. Et je ne parle pas de ce site dont la fréquentation et l'audience est bien supérieure aux sites des municipalités voisines, puisque Yurtao fête dans quelques jours son demi-million de visiteurs.

C'est pourquoi, je le dis sans vanité mais simplement en me basant sur ce que je vois passer sur ce site, tout ce qui est colporté sur l'habitat en yourte sans avoir écouté les habitants ne peut être fondé sur une légitimité collective.

Car pour nous, la légitimité ne vient pas de l'argent investi dans des études commanditées, que ca soit par des élus, des collectivités publiques, le CNRS ou des associations de « techniciens » dits solidaires, ni de l'écho tordu perpétré par les médias, ni même de compétences analytiques sur les « constats et enjeux » de l'habitat alternatif, mais de la réalité expérimentale et de la parole des intéressés. Encore faut-il écouter. Et pour écouter, il faut s'approcher humblement.

Car bien des habitants en yourte ont justement adopté ce mode de vie parce qu'ils ont compris qu'ils n'ont plus rien à attendre des politiques de l'habitat, du logement et de l'environnement, ni des « acteurs de terrain » embourbés dans les rets de leurs financeurs. Responsabilisés par leur déception institutionnelle et démocratique, confrontés à un vide juridique confisqué par les sbires les plus vétilleux du code de l'urbanisme et du ministère du Développement Durable, qui envoie des instructions musclées dans les départements pour nous éradiquer ( j'en reparlerais), pressurisés par une crise du logement qui s'aggrave et une crise sociétale qui empire, ils ne cherchent plus trop à prouver la cohérence de leur démarche.

Alors quand j'entends ce maire qui nous semonce en nous demandant d'être plus « gentils », je trouve salutaire le cri de ce paysan habitant en yourte qui trouve que ce sont plutôt les autres qui devraient essayer d'être gentils avec nous, parce qu'on en a marre d'être les boucs émissaires des dissensions communales et d'un système organisé de broyage de l'humain. Tous ces élus, ces administratifs, ces fonctionnaires et ces rapporteurs ont déjà réussi à faire croire au public que les yourtes sont illégales, (ce qui est totalement faux car il n'existe aucune loi dans ce pays pour interdire d'habiter sous une tente,) et ils veulent maintenant faire croire que si on est mal acceptés, c'est de notre faute parce qu'on est pas assez gentils !

He bien non !

D'abord, on est pas si mal acceptés que ça, mais il suffit d'un seul gueulard pour le faire croire.

Ensuite, si on est mal acceptés, c'est parce qu'il y a toujours des gens qui ne supportent pas la différence, soutenus par des élus racistes et xénophobes ayant droit de cité médiatique pour clamer tout haut ce qu'on osait plus dire du tout depuis la fin de la dernière guerre. Si on est mal acceptés,

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c'est parce que les gens sont encouragés par cette société de concurrence, responsable de la dissolution des liens de solidarité, d'entraide et de gratuité, à se replier dans leurs retranchements, et parce qu'ils sont jaloux qu'on puisse vivre sans s'endetter à vie comme eux.

Or on ne fonde pas la politique publique sur les plus bas instincts de rejet et d'exclusion

mais sur des valeurs qui relient et unissent.

Ces valeurs sont certes à contre courant de la destruction capitaliste, et donc, réussir à garder tout le monde sur le radeau de la république fraternelle demande une vraie force et une foi profonde en sa mission. Les ségrégations arbitraires basées au faciès et sur les différences sont pratiques pour détourner des vrais problèmes et ne pas démasquer les escrocs en train de trousser nos vies. C'est pourquoi j'admets qu'il soit si difficile de conserver lucidité, bon sens, tolérance et droiture morale, de rester imperméable aux compromissions et concussions, qualités devenues exceptionnelles chez nos dirigeants. Il faut faire preuve d'un vrai courage politique pour simplement oser affirmer et défendre le droit à l'altérité et à la pauvreté. Les maires et les conseillers municipaux, qui sont les plus proches élus à notre portée, doivent un jour, comme tous les politiques, choisir :

défendre leur carrière ou défendre le peuple.

L'assujettissement aux banquiers ou la liberté.

Tel ce maire resté anonyme pour protéger ses administrés, dont le Midi-libre a fait un article d'une page le 29 Mai 2012, intitulé : «  Des paysans sans toit face aux rigueurs de la loi ». ll y est raconté comment des maires passent outre l'avis de la DDTM jugée trop tatillonne, pour laisser s'installer sur leurs communes des agriculteurs aux prises avec une loi débile. Cette loi rigide, votée en 2010 soi-disant pour empêcher la spéculation, réussit à défaire en une seule interdiction ce que des siècles de paysannerie ont laborieusement construit, à savoir le droit d'habiter sur son exploitation agricole, autrement dit, le droit d'être fermier. C'est là tout le socle historique de la France, bâtie par nos ancêtres serfs et vilains sur le labeur et le labour, qui est renversé. En effet, désormais, seuls les éleveurs peuvent demander un permis pour établir leur habitation prés de leurs bêtes. Les paysans eux doivent rejoindre leurs choux, car un choux ça n'accouche pas en pleine nuit, en bagnole aux heures d'usine. Ce que font ces maires, c'est donc de la résistance saine à la connerie. Ça s'appelle de la désobéissance civile, dernière solution lorsque le système démolit ce que les gens ont construit à la sueur de leurs fronts, lorsque pouvoir et administration en place déraillent en s'acharnant à foutre en l'air la vie de millions de gens.

Donc notre gentille Linda nous a dédié une bien belle semaine culturelle

qui a réjoui les villageois et les copains en offrant ses yourtes,

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son travail

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et sa lumière,

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et on espère vraiment que ça lui rapportera quelque chose, on aimerait vraiment qu'elle réussisse à conserver son joli sourire malgré tous les obstacles qui peuvent se lever sur tout itinéraire courageux.

Car pour continuer, il faut parfois avoir la force du déni. Croire malgré tout qu'on a le droit. Croire que ça va s'arranger pour les yourtes, pour soi, pour la vie. Croire que la beauté prévaut au rejet et que la justice n'est pas réservée qu'aux nantis.

Croire par volonté positive, croire contre le pessimisme du réalisme, surtout en ce moment où arrivent sur mon bureau des appels au secours de familles en yourte à qui on exige de dégager sous deux mois, après plusieurs années de bonne intégration dans la vie locale. Tel Thomas qui joue au foot tous les Dimanches avec les conseillers municipaux de son village de l'Hérault et qui tombe de très haut quand il reçoit un recommandé de mise en demeure de la mairie ordonnant le départ immédiat de toute sa famille hors du terrain qu'il a acheté il y a trois ans.

Mais bon, ça, j'en parlerais la prochaine fois.

En attendant, si vous ne croyez pas que le système puisse bientôt s'effondrer, parce les décroissants qui sonnent l'alarme sont tous des « illuminés frustrés qui n'ont rien compris à la jouissance », et que, comme moi, vous continuez à balancer entre rêve bleu et cauchemar, allez lire cet article de « Pièces et main d'œuvre » où des « spécialistes et techniciens » de haut vol, atterrés, ont mis leurs calculs savants au service de la nature et en ont tiré une conclusion imparable, qui rend dérisoire tout ce que je viens d'écrire ici. Mais qui confirme qu'il est urgent de cesser de se perforer la cervelle pour trouver comment se débarrasser des gens indisciplinés et des lanceurs d'alerte, alors que la seule solution est de constituer une chaine humaine pour se passer les brocs à jeter sur le brasier, pour tenter de sauver la baraque en flamme.

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Pour clôturer l'aventure "Chemins faisant" :

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