Yourtes emportées par le vent
Une maison ne s'envole pas lors d'une bourrasque, même grosse.
Une yourte, oui, ça arrive.
Une yourte sous le vent peut se transformer en montgolfière, en cerf-volant,
ou en masse informe déchirée.
Pas une maison.
Une maison tient dans la tempête, une yourte pas toujours.
Une yourte peut s'envoler car c'est une tente !
Voici donc la preuve, avec ces quelques témoignages renversants,
que nos yourtes modestes ne sont pas des bâtiments,
mais de simples objets sur lesquels le grand méchant loup peut souffler
pour manger ceux qui s'y réfugient!
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Camille, en Ardèche, a subi dernièrement le vent du Nord qui arrivait par l'Est sur le flanc de sa yourte .
La veille de la tempête, Camille a bien amarré sa yourte en accrochant au toit une dizaine de sangles qu'elle a arrimé à des pieux plantés à un mètre de profondeur dans le sol. Rien n'a cédé à part la couture du toit. Le treillis était fixé au plancher par des petites cales et des ficelles, tandis que les piliers du toono étaient vissés au plancher. La yourte ne s'est pas décalée. C'est le treillis qui a cédé sous le coup d'une grosse rafale qui a tapé comme un coup de poing. De là, la yourte s'est effondrée. Deux treillis et quasiment toutes les perches sont cassées, et le toit a été transpercé.
Camille était dans son lit cette nuit là !
Elle est maintenant en train de réparer sa yourte.
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Voici un autre cas où la yourte a subi la même avarie, mais en moins violent et moins grave,
probablement à cause de dimensions plus modestes.
On voit bien où le vent a poussé sur le treillis,
créant une dépression d'un coté et bombant l'autre.
Renversée, mais pas tombée et pas cassée!
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Pareil pour la yourte installée à Loudéac en Vendée qui, juste avant Noël,
dans la nuit du 23 Dec 2012, s'est renversée.
Après neuf années de nomadisme culturel sans problème matériel, avec des représentations sous une yourte de 49 places assises, les membres de la compagnie "Les Arts paisibles", de Meslan, sont un peu sonnés. Un vent pas du tout paisible a eu raison de leur yourte qu’ils ont mis plus de trois heures à monter. Deux des cinq treillis de la yourte sont sérieusement endommagés.
« Nous avons dû nous résoudre à démonter », déplore le comédien Lionel Epaillard, co-fondateur de la compagnie. Et le spectacle « Les fantaisies papillotes » a du se délocaliser dans une salle en dur.
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Un jeune couple d'auto-constructeur auvergnat ayant subi une mésaventure en automne 2011 m'a demandé de l'aide pour analyser leur déconvenue et réparer leur yourte dans les meilleurs conditions. Ils n'excluent pas une erreur de conception.
Ils m'ont décrit la situation suivante : d'ordinaire, le vent dominant vient du nord-ouest, donc les yourteurs avaient laissé lors du défrichage des arbustes en protection. Mais ce jour là, les rafales venaient du plein ouest à 140km/h ! Après une nuit très secouée, la yourte a craqué.
Deux cordes sanglaient les murs et une bloquait la toile au plancher. Les drisses du chapeau descendaient au sol. La structure n'était pas solidaire au plancher sauf le cadre de porte vissé au seuil. Or c'est le cadre qui a cassé en premier et immédiatement, la yourte s'est écroulée.
Le couple est sorti indemne et n'a pu que regarder désolé les rafales successives renverser la yourte jusqu'à écrabouillement. A la fin, l'anneau central était brisé en deux, plusieurs perches, quelques lattes du treillis, et le cadre de porte étaient cassés. La toile était entière.
J'ai donc examiné les photos suivantes :
(photos prises le dos du photographe à l'est.)
J'en ai conclu quelques observations non exhaustives :
Les murs sont un peu trop hauts, défaut de la grande majorité des yourtes occidentales, et les perches des treillis sont trop minces et pas assez nombreuses. L'écartement interne du treillis déployé devrait correspondre à un carré et non à un losange, le carré étant la base de la stabilité. Du coup, il y a peut-être trop d'écartement en haut des treillis et pas assez de perches du toit, qui paraissent aussi bien minces, et de plus, fragilisées par des nœuds dans le bois.
La ceinture de compression est mal montée : ce cordage supporte toute la pression de la yourte, empêchant qu'elle s'écarte et s'écroule vers l'extérieur. Cette ceinture ne devrait pas passer dans les perches, ni dans les losanges, ne pas s'enrouler dans les treillis. Elle doit se positionner plus bas sur la circonférence et rester à l'extérieur de la structure sans s'entremêler à quoi que ce soit.
La couronne ne semble pas assez solide, faite de couches de bois superposées. Perso, j'utilise du contreplaqué marine en 8 cm d'épaisseur, deux couches de 4cm superposées, collées et vissées. Myriam, qui a une cinquantaine de yourtes au compteur, en a fait l'expérience : dés qu'elle a diminué l'épaisseur de la couronne pour faire des économies, ça a cassé.
Pour les toiles, le bourrelet du toit sur les treillis est visiblement insuffisant, un retour plus large sur les perches et les murs s'avère nécessaire. Il est utile de coudre des attaches sur tout le pourtour du retour de la toile afin d'arrimer par des cordes le toit au sol, sur des piquets ou à des grosses pierres.
Par ailleurs, il ne faut jamais laisser passer de l'air sous la yourte. Quand elle est sur pilotis, il faut enclore par une bâche solide et hermétique, de la terre ou des pierres en dessous pour empêcher toute circulation d'air.
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La Yourte aux fondues est un restaurant d'hiver où l'on peut tremper son quignon de pain dans du fromage coulant. L'entreprise a pour but social de favoriser l'intégration de personnes exclues ou handicapées.
La yourte installée sur la Place du Rhône au centre de Genève le 1er novembre 2012 a bien failli s'envoler un mois après sous les coups de boutoir d'un zef farouche pointant à 90 km/h. En plein après-midi, une dizaine de pompiers a déboulé, ainsi qu'une douzaine de volontaires de la Ville de Genève. Quatre patrouilles de gendarmerie ont fermé la rue du Rhône durant plus d'une heure. La grande échelle a été déployée, bien que dangereusement valdinguée. Pour éviter la destruction de la structure, les toiles menaçant de s'envoler ont dû être lacérées. Les deux yourtes réservées à la clientèle ont donc été complètement dénudées, ne laissant indemne que la yourte-cuisine.
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Le 10 février 2009, en Charente,
la tempête a renversé deux yourtes
dans un centre d'hébergement touristique.
http://www.yourtescharentaises.com/tempete/tempete.html
Les fabricants, l’Atelier de la Frênaie, les ont renforcé lors du remontage avec des cordages reliant les treillis au sol, des amarres extérieures, et en solidarisant les mats portant les couronnes avec le plancher.
Ensuite, en plus de ces précautions d'arrimage, lorsque la tempête Xynthia a été annoncée avec des vents d’une violence inouïe, la propriétaire a empilé matelas et sommiers contre les murs côté ouest pour contrebalancer la pression du vent sur les treillis. Système rudimentaire qui semble avoir épargné ses trois yourtes.
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Guillaume, fabricant de yourtes de l'équipe super sympa de la Frenaie dans le Marais Poitevin ( www.lafrenaie.org), qui est aussi un inventeur génial de petite structures rondes recouvertes d'écorces, qu'on peut voir là : http://chevaldebout.canalblog.com/
propose un petit bilan suite à la tempête qui a renversé quatre yourtes dans sa région.
Que fait un grand vent sur une yourte?
- Le vent butte d'abord sur les cotés et exerce une forte pression qui peut aller jusqu'à casser en deux les treillis s'ils sont trop frêles, ou les faire glisser sur le plancher s'ils ne sont pas fixés. Une dépression se forme dans le treillis défoncé et le vent aspire la couronne vers le haut. C'est le plus dangereux. Manu agrippé à un de ses poteaux s'est vu soulevé du sol de 50cm...Le vent fait battre les toiles, les détend et peut s'engouffrer dedans.
Que faire ?
-Tout d'abord s'assurer que les treillis ne peuvent pas glisser ni vers l'intérieur de la yourte, ni vers l'extérieur : les fixer sur le plancher solidement. On peut aussi poser du mobilier lourd contre les murs du côté du vent. Remettre les deux mâts s'ils ont été enlevés, les fixer solidement à la couronne et les visser au sol avec des équerres. En Mongolie, on amène une grosse pierre au milieu de la yourte à laquelle on attache la couronne sur deux côtés. On peut aussi utiliser des bidons d'eau (plus facile à transporter). Dans tous les cas, cette attache doit être tendue. Retendre les cordes du chapeau et les attacher sur des pieux ou des pierres au sol (plutôt que sur les cordes/sangles qui font le tour). Rajouter des cordes par dessus le chapeau et autour pour empêcher les toiles de battre.
En cas de tempête au delà de 150km, démonter semblerait incontournable. La charpente de type mongol avec des murs très bas est un peu boudée par les auto-constructeurs et fabricants locaux au profit de murs plus hauts. L'expérience de la tempête montre pourtant que ces petits murs offrent beaucoup moins de prise au vent.
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De ma propre expérience d'avoir vécu la tempête de 1999 dans ma première yourte,
je me rappelle surtout comment le chapeau mal arrimé était devenu spinaker ! Et la nuit blanche dont je suis sortie indemne, fière d'avoir survécu comme un capitaine de navire ayant frolé le naufrage. Accrochée aux haubans de la calotte bombée et tendue à craquer par un vent démentiel, décidée à ne pas lâcher, j'ai bien cru finir la nuit de l'autre coté de la vallée après un vol plané.
Finalement, la yourte s'est simplement décalée de 20 centimètres vers l'intérieur sur le coté où tapait le vent, sans que cela cause le moindre dégat. Je n'avais planté aucun piquet. Je crois que je dois mon salut aux dimensions modestes de la yourte à la façon mongole, les treillis ne dépassant pas 1,20 mètres de hauteur.
Une grosse branche de chêne était tombée juste à coté de la yourte, qui aurait pu être fatale à la structure. Mais dans l'ensemble, par rapport à la violence et aux dégats engendrés par cette tempête mémorable, je m'en suis très bien sortie, essentiellement parce que j'étudie toujours attentivement mes emplacements. Je n'ai jamais choisi d'exposition en plaine, ni dans une vallée, toujours sur des collines, le Nord derrière moi et le plus souvent abritée par un promontoire, une falaise, un tertre, un enclavement, une butte ou un monticule. Par ailleurs, il est vrai que les Cevennes, de par leur conformation en vallées tortueuses, ne laissent pas rentrer facilement les queues de mistral venant de la vallée du Rhône.
Pour la fameuse hécatombe du 9 Septembre 2002, ma yourte, installée sur un autre coteau cevenol, n'a pas bougé d'un centimètre malgré la violence des éléments, la yourte étant quasiment collée à flanc de colline.
Mais elle a été trempée par un inexorable martèlement de hallebardes, ininterrompu pendant trois jours. Depuis, je couds systématiquement deux couches de toit que je superpose audessus de l'isolation.
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Jeff qui a vécu plusieurs années dans sa yourte dans le Lot et Garonne m'a raconté lui aussi une nuit de folie passée tout nu à tourner autour de la yourte pour tenter d'agripper et retenir les toiles qui s'envolaient. Quand il arrivait à en rattrapper un bout, ça décollait de l'autre !
Marie, elle, a eu une chance inouïe, car les deux arbres qui sont tombés sur sa yourte se sont arrétès à quelques centimètres du chapeau !
Pierre a eu une yourte en Normandie dans laquelle il ne vivait pas à l'année. Inquiétude de la laisser seule dans son prè aux prises avec les éléments. Quand il a pu coudre ensemble les deux bouts de sa couverture en feutre, très lourde quand elle est est humide ou carrément mouillée, il a résolu pas mal de problème d'envol intempestif : http://ecrit.canalblog.com/archives/2006/05/29/1978654.html
Ici, une famille un peu dégoutée par la fureur des éléments raconte ses déboires, mais la yourte était pour eux un pis aller temporaire, en attendant la construction de leur maison: http://pailleetpoutre.wordpress.com/2011/03/01/oh-une-yourte-avec-de-vrais-morceaux-dedans/
Là, une jeune Allemande se sent plus en sécurité dans sa roulotte que dans la tente commune qui s'est envolée: http://blog.eichhoernchen.fr/post/Oser-la-vie-en-roulotte
D'autres témoignages tout aussi épiques m'ont été rapportés, mais pour rassurer tout le monde, je n'ai pas eu jusqu'à ce jour de retour concernant des blessures.
Voilà donc un petit tour d'horizon des risques et des joies du camping en yourte.
En fait, la yourte est un vaisseau de terre
où l'on essuie des grains comme les marins en pleine mer.
Les Occidentaux n'ont pas l'expérience millénaire des Mongols
à qui ce genre d'aventure n'arrive plus.
Si vous aussi, vous avez vécu une péripétie trépidante entre ciel, vent, pluie, feu, terre et yourte, n'hésitez pas à témoigner en contactant l'association CHEYEN. (Cliker en bas de la colonne de gauche).
Quand aux Messieurs de la DDT qui nous poursuivent pour absence de permis de construire,
invitons-les à passer trois jours en hiver
dans nos conditions de vie spartiates et exentriques.
A l'issue de ce séjour, leurs doutes sur la nature de tente de nos yourtes
seront totalement évanouis.
Ils bénéficieront en sus, gratuitement, par un copieux réajustement au réel,
d'une formation accélérée à l'Eveil,
qu'il est vain de chercher dans des salles surchauffées au nucléaire,
car il n'y a pas mieux qu'une tempête vécue sous la yourte
pour vous cheviller le compas dans l'oeil et les pieds sur terre !
Commentaires sur Yourtes emportées par le vent
- Peut être qu'il n'était pas dans l'esprit du site et qu'elle ne pouvait garder un commentaire qui ne concerne pas les yourtes traditionnelles Mongoles mais des constructions importées.

Quand je dis "pas dans l'esprit" c'est celui de fraternité,partage,don désintéréssé,respect d'autrui,humilité,etc....dont je fais allusion.
Alors si vos motivations ne sont pas en adéquation avec ce "grand esprit" peut être pourriez vous les réviser afin de revenir partager avec nous.
Ayant de la famille dans le même village que vous,je me ferais un plaisir de venir en discuter prochainement, si vous acceptez.
Daniel - Bonjour a tous,

Il faut voir les emplacements des structures déjà, ça parle...de plus, les structures trop légères,trop bricolés,trop d'illusions ! ...et de tout façon, la Yourte/tipi etc. n'est pas une résidence,mais une structure qui accompagne l’éleveur...or,rare sont les amateurs qui abordent cette réalité d'intégration de la structure dans le contexte d'origine d’ambition plutôt agricole;depuis plus que 10 ans,Nous avons affaire a des comportements individuels de loisir,on plante des yourtes au milieu d'un pré et on joue les amoureux de la nature, mais en fait on veux que s'amuser,se mettre a part,faire la politique au nom de qui et de quoi ? wake up !
- J'ai moi même vécu l'année dernière une terrible tempête. La yourte fut abîmée et j'eus très peur. C'est pourquoi je fus émue en lisant tous ces témoignages: proche de ceux qui ressentirent la même impuissance face aux éléments et la même tristesse de voir son "bébé" malmené voire détruit. Je me sentis moins seule et en même temps regonflée par le courage de tous. Merci donc à ceux qui se relèvent, ceux qui témoignent, ceux qui partagent, ceux qui conseillent, car chacun apporte bien au delà de sa porte et bien plus qu'il peut penser.


























































Toujours tu es là, sage Barbesse, à panser, conseiller les yourteurs plus novices , pour que d'une simple erreur qui les a mis en renversement, tu corriges avec ta technicité et ton sens du partage comment : 1/ se sortir de ce mauvais pas, 2/ éviter ces dommages qui doivent être mal vécus pour les "jeunes yourteurs" surtout que ça se passe bien sur en conditions atmosphériques difficiles (plus de toît protecteur, les victuailles et le mobilier frugal tout fichu en l 'air etc...)
Je m'en sens toute humble devant cette adversité que vive les yourteurs..
A vous tous, pleins de baisers et toutes mes pensées pour que vos demeures retrouvent vite leur bels attributs premiers d'abriter des personnes décidément révolutionnaires dans leur acharnement à lutter pacifiquement contre la violence faite par ce libéralisme destructeur dont je ne suis pas sure que l'on se remettra plus facilement que votre volonté farouche à remettre debout vos yourtes !