Demander un Permis de Construire pour sa yourte est rendu impossible.
CHEYEN défend la yourte comme tente non soumise à Permis de Construire, mais se doit de préciser ce qui suit pour tous ceux qui envisagent de faire une demande de PC pour une yourte ne correspondant pas aux critères que nous défendons.
Critères explicités ici: http://yurtao.canalblog.com/archives/2012/11/23/25640784.html
Dans le cadre du Grenelle 2 de l'Environnement, le gouvernement a pris des engagements pour baisser la consommation énergétique de tous les logements et bâtiments publics et privés dans les années à venir.
C'est ainsi que de nouvelles normes viennent rendre quasi impossible une autorisation administrative d'urbanisme pour les yourtes, qui, tout en étant l'habitat le plus écologique qui soit, ne rentrent toujours dans aucune case, ni architecturale, ni juridique. Ce qui peut être apprécié comme un avantage, mais rend les choses particulierement difficiles dans un contexte réglementaire et normatif de plus en plus complexe et restrictif.
Les attaques viennent donc nous prendre en sandwich :
si on est en tente,
on est accusés de ne pas être salubre ou en infraction au PC,
et si on est classé en construction ou bâtiment et qu'on demande un PC,
on est accusé de ne pas être aux normes thermiques.
Dans tous les cas, on est jamais pris en considération
dans notre singularité et notre "performance" écologique autonome,
et étouffés dans un étau,
censé faire renoncer à toute initiative alternative en matière de logement non conventionnel.
Mais on est quand même contents d'apprendre que ces dispositions ne s'appliquent pas aux bâtiments et parties de bâtiment dont la température normale d'utilisation est inférieure ou égale à 12° c et aux constructions provisoires prévues pour une durée d'utilisation de moins de deux ans, ce qui signifie que la seule façon d'échapper à cette réglementation est d'habiter dans un igloo !
Ou dans un nid d'oiseau, un peu adapté quand même...
Le décret n° 2010-1269 du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des constructions, complété par l’arrêté de décembre 2012 promulgué par le ministère de l’égalité des territoires et du logement , sont appliqués et exécutés par le ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.
Ces décrets énoncent les exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments : limitation de la consommation d’énergie primaire ; optimisation de la conception du bâti, indépendamment des systèmes énergétiques mis en œuvre ; limitation des surchauffes dans le bâtiment en période estivale. Ces arrêtés qui concernent les maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, constructeurs et promoteurs, architectes, bureaux d’études thermiques, contrôleurs techniques, diagnostiqueurs, organismes de certification, entreprises du bâtiment, de matériaux de construction et de systèmes techniques du bâtiment, fournisseurs d’énergie sont actuellement applicables.
Selon Cédric, porteur de projet de résidence en yourte en habitat groupé urbain, adhérent de CHEYEN :
« Les tests thermiques et de perméabilité à l'air sont les véritables murs infranchissables pour l'obtention d'un permis de construire pour une yourte. La situation actuelle est qu'une yourte peut obtenir un permis de construire si elle est équipée de VMC et de tout un équipement technique vendu par des commerçants sans scrupules de la "croissance verte". Cet équipement pourrait être aussi important que le prix de la yourte elle-même. L'avantage que l'on peut tirer de cet état de fait, c'est que la yourte traditionnelle ayant un faible impact énergétique sur son environnement (à partir de matériaux biodégradables, ne laissant guère de déchets que les générations futures ne sauront gérer) se retrouve dans l'impossibilité d'obtenir dorénavant un permis de construire selon la RT 2012, ( Régulation Thermique 2012) car les logiciels de calcul pour établir le coefficient thermique ont été conçu pour des bâtiments parallélépipédiques, que les éléments "biosourcés" ne sont pas du tout pris en compte, etc. En conclusion, pour s'installer en yourte il devient nécessaire de faire l'impasse sur le permis de construire : le permis de construire s'est lui-même d'une certaine manière exclu d'un certain type d'habitat,
dont les yourtes.
Précisions selon : http://www.forumconstruire.com/guides/voir-gid_92,rt_2012.php: La RT 2012 est appliquée depuis le 28 octobre 2011 pour les bâtiments publics d'enseignement, d'accueil de la petite enfance et les bâtiments tertiaires, elle est généralisée le 1er janvier 2013 pour les bâtiments résidentiels. La RT2012 oblige les habitations neuves à consommer au maximum 50kWhep/m²/an. Cette valeur change en fonction de la région et de l'altitude à laquelle l'habitation se situe. Cette consommation maximale définit le bâtiment basse consommation. Elle impose aussi d’autres contraintes : La perméabilité à l’air du bâtiment doit être inférieure à 0,6 m3/h/m². Cela définit l'étanchéité du bâtiment. Il doit perdre moins de 0.6m3 en 1 heure pour une surface de 1m². Pour cela, il est obligatoire de pratiquer un test d’infiltrométrie lorsque le bâtiment est terminé. Ce test consiste à mettre la maison en surpression (ou dépression) et mesurer les fuites grâce à un logiciel. Pour cela, toutes les bouches d’aérations sont fermées ainsi que toutes autres aérations prévues (portes, fenêtres, etc.) et un ventilateur (nommée blowdoor) est placé à l'entrée du bâtiment. C'est lui qui va gérer la pression dans le bâtiment. -La surface de baie vitrée doit être égale au minimum à 1/6 de la surface de parois extérieure. La surface de baie vitrée doit être orientée au Sud le plus possible et le moins possible (voir pas du tout) au Nord. - Une maison individuelle doit posséder une énergie renouvelable pour la production d’eau chaude sanitaire ou chauffage.
Bon voilà pour aujourd'hui,
on est désolés pour toutes les gentilles petites familles écolos
qui cherchent à se mettre au vert
en toute modestie et en règle avec la loi....
Commentaires sur Demander un Permis de Construire pour sa yourte est rendu impossible.
- Pour contruire sa yourte, la surface habitable au sol est forcément augmentée de plus de 30% puisqu'on part de 0...à moins de construire sa yourte dans la continuité de sa maison. Je ne connais pas la taille d'une yourte mais à moins de 40m² il me semble q'une construction a seulement besoin d'une autorisation de travaux


Des chantiers de collèges sont donnés aux grands bétonneurs qui en font de bonnes gâches à faire de bonne marges juteuses. France, ton bien public fuit dans les caisses des profiteurs sans scrupules et le parti socialiste approuve !!
On ne foutra pas la paix aux plus petits, aux innovateurs, aux marginaux, à ceux qui ont des idées en dehors des normes routinières avec œillères.
Va falloir monter d'un cran et même plus le niveau d'indignation.
Quand un pays étouffe ses plus humbles ressortissants, il se condamne à la déchéance because absence de création. C'est David contre Goliath mais si on est déterminés, Goliath doit faire gaffe à ses fesses !
Marre de l'obstination politique normative inconsciente de son imbécillité ! Marre des sots qui regardent le doigt quand le doigt montre la lune ! Jusqu'à quand va-t-il gérer une crise le parti socialiste ? Petits, petits, participation interdite! Venez manger votre pâtée.
Dis, grand-mère, c'est vrai que le confort rend fort con ? Ben, mon petit David, regarde l'état des lieux, dis-moi ce qui ne se délite pas, tu ne l'as pas encore terrassé le Goliath, indigne-toi un peu plus que ça mon garçon ! Vivent les yourtes et la liberté, crénom !
Ah! Grand-mère, tu es d'une génération qui en avait, tu me remontes les bretelles !
Oui mais on t'a mis dans une maison de vieux et tu ne peux plus rien faire.
Toi, tu es déjà dans une démocratie de vieux, mon enfant. Allez, prend ta fronde, le peuple que tu représentes est trahi.

il faut faire pression et se regrouper pour faire entendre une autre voix, c'est ce pour quoi ton site est un moyen d'expression et de représentation très important qui permettra de faire valoir des valeurs communes.

vraiment problematique en effet et tellemen restrictif, je ne sais pas sur quel pied on va danser ici pour notre yourte a constuire, surtout qu'elle sera un peu plus en bois...
je trouve les deux photos que tu as du prendre quand tu es venue au pré super belles, tu me les passerais pour mon site de l'asso que je viens de creer Au pré des femmes ??? si c pas possible, no problem
des bises douces et toutes blanches
stefanie

Je me renseigne sur les yourtes depuis un mois environ : un véritable coup de coeur que je viens d'avoir... c'est la première fois pour de l'immobilier & mode de vie.
Je faisais justement parti de ces écolos qui souhaitaient me mettre en yourte en me rapprochant le plus possible des lois (donc terrain constructible, PC, etc.)... et de l'autonomie. Ben c'est raté pour les lois !
J'abandonne pas mon projet, trop proche de mon esprit, mais peut-être bien que je vais me diriger davantage vers les terrains non constructible...
Si c'est pour avoir un procès quelque soit la situation, autant payer moins dès le départ pour le terrain et avoir un choix probablement plus important et plus vert pour ma qualité de vie !
A+
Cédric

Impossible pas tout à fait...
Il est certain que cette nouvelle norme n'arrange pas les yourtes et est assez mal foutue. Elle est tout d'abord incompréhensible car elle est parfaitement opaque, comprend 1300 pages et est destinée à être appliquée par des bureaux d'études qui utilisent des logiciels agréés par le CSTB, centre scientifique et technique du bâtiment. Impossible de se passer d'eux, d'un thermicien formé avec un logiciel très spécialisé et onéreux... Cette étude a son prix mais certains thermiciens acceptent d'adapter leurs coûts au projet.
Cette norme ignore complètement l'énergie nécessaire à la construction comme à la déconstruction et au recyclage de l'habitat. C'est un domaine où excelle la yourte avec une énergie grise maximale pour la fabrication des plus grandes yourtes de l'ordre de 10.000 kWh là où il faut entre 600.000 et 1.000.000 de kWh pour fabriquer une maison. La consommation annuelle au m² n'est donc qu'une petite partie de la consommation d'énergie de l'habitat.
Le problème de la performance énergétique imposée peut être résolue pour une yourte mais à certaines conditions assez draconiennes : augmentation importante de l'épaisseur de l'isolant à vérifier par une étude thermique, probablement de l'ordre de 20 cm, suppression des ponts thermiques, plancher isolé de manière importante, double vitrage performant, etc... Toutes ces modifications engendrent un surcoût important mais c'est imaginable. On s'éloigne bien sûr de manière importante de la yourte traditionnelle...
Reste ensuite le problème du test d'infiltrométrie qui nécessitera la pose d'une membrane d'étanchéité à l'air, un pare vapeur probablement, avec une pose particulièrement soignée. Cela aussi est probablement possible.
Tout cela reste à démontrer, je suis en train de travailler avec un thermicien sur deux projets différents qui devraient être déposés dans les prochaines semaines. L'étude est en cours...
A noter que des aménagements de la yourte comme l'ajout de panneaux solaires thermiques, d'un puits canadien, etc... seront pris en compte dans l'étude thermique afin de diminuer l'énergie théoriquement nécessaire pour utiliser sa yourte.
Ces modifications n'ont à mon avis pas vraiment de justifications réelles dans le cas d'une yourte autre que le fait de répondre à une demande administrative. La dépense d'énergie qui va être économisée par ces ajouts demandera bien du temps à être écologiquement rentable au regard des matériaux à mettre en œuvre. Mais nous ne sommes pas législateur...
En quelques mots, possible probablement mais cela reste à prouver mais difficile et onéreux, c'est certain !
J'essaierai de faire part de mes avancées dans ce domaine soit sur mon site soit sur ce blog.
Amicalement,
Olivier DAUCH, La Maison Voyageuse,
Fabricant adhérent de Cheyenne

Impossible pas tout à fait...
Il est certain que cette nouvelle norme n'arrange pas les yourtes et est assez mal foutue. Elle est tout d'abord incompréhensible car elle est parfaitement opaque, comprend 1300 pages et est destinée à être appliquée par des bureaux d'études qui utilisent des logiciels agréés par le CSTB, centre scientifique et technique du bâtiment. Impossible de se passer d'eux, d'un thermicien formé avec un logiciel très spécialisé et onéreux... Cette étude a son prix mais certains thermiciens acceptent d'adapter leurs coûts au projet.
Cette norme ignore complètement l'énergie nécessaire à la construction comme à la déconstruction et au recyclage de l'habitat. C'est un domaine où excelle la yourte avec une énergie grise maximale pour la fabrication des plus grandes yourtes de l'ordre de 10.000 kWh là où il faut entre 600.000 et 1.000.000 de kWh pour fabriquer une maison. La consommation annuelle au m² n'est donc qu'une petite partie de la consommation d'énergie de l'habitat.
Le problème de la performance énergétique imposée peut être résolue pour une yourte mais à certaines conditions assez draconiennes : augmentation importante de l'épaisseur de l'isolant à vérifier par une étude thermique, probablement de l'ordre de 20 cm, suppression des ponts thermiques, plancher isolé de manière importante, double vitrage performant, etc... Toutes ces modifications engendrent un surcoût important mais c'est imaginable. On s'éloigne bien sûr de manière importante de la yourte traditionnelle...
Reste ensuite le problème du test d'infiltrométrie qui nécessitera la pose d'une membrane d'étanchéité à l'air, un pare vapeur probablement, avec une pose particulièrement soignée. Cela aussi est probablement possible.
Tout cela reste à démontrer, je suis en train de travailler avec un thermicien sur deux projets différents qui devraient être déposés dans les prochaines semaines. L'étude est en cours...
A noter que des aménagements de la yourte comme l'ajout de panneaux solaires thermiques, d'un puits canadien, etc... seront pris en compte dans l'étude thermique afin de diminuer l'énergie théoriquement nécessaire pour utiliser sa yourte.
Ces modifications n'ont à mon avis pas vraiment de justifications réelles dans le cas d'une yourte autre que le fait de répondre à une demande administrative. La dépense d'énergie qui va être économisée par ces ajouts demandera bien du temps à être écologiquement rentable au regard des matériaux à mettre en œuvre. Mais nous ne sommes pas législateur...
En quelques mots, possible probablement mais cela reste à prouver mais difficile et onéreux, c'est certain !
J'essaierai de faire part de mes avancées dans ce domaine soit sur mon site soit sur ce blog.
Amicalement,
Olivier DAUCH, La Maison Voyageuse,
Fabricant adhérent de Cheyenne

Juste rapidement un commentaire concernant ce problème d'application de la RT2012 aux yourtes qui entrent dans la démarche du permis de construire.
Je travaille actuellement sur un premier projet qui est soumis à cette norme et nous venons (le couple qui mène ce projet, le thermicien qui fait l'étude et moi qui conçoit la yourte) de franchir la première étape : l'obtention de l'attestation nécessaire pour le permis de construire.
Ce n'est qu'une première étape dans une démarche qui en comprend plusieurs.
Cette première étape permet de démontrer qu'une yourte peut, sous certaines conditions assez draconiennes, avoir une conception démontrant sa performance énergétique :
- en terme de compacité des volumes càd le rapport entre le volume ou la surface habitée et la surface de l'enveloppe de l'habitat. C'est un domaine où la yourte excelle naturellement grâce à sa forme.
- grâce à une bonne isolation : ici 20 cm de laines de moutons sur la yourte et 20 cm de ouate de cellulose sur le plancher ont été nécessaires pour atteindre ce résultat. Énorme comparé au 15 mm des feutres isolants des yourtes traditionnelles...
- grâce à une disposition judicieuse de larges surfaces vitrées permettant de profiter d'un éclairage naturel important et des apports solaires passifs ou comment se chauffer gratos avec le soleil...
Cela exige des adaptations importantes du concept de la yourte afin d'entrer aujourd'hui dans la démarche du permis de construire mais C'EST POSSIBLE !
Les autres étapes à venir sont aussi très importantes :
- l'étude thermique complète sur laquelle nous avançons qui va devoir démontrer que la yourte consomme moins que 50 kWh/m2 et par an en prenant en compte les besoins de chauffage (et refroidissement le cas échéant mais pas ici), eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation. La difficulté est ici d'entrer la yourte et ses matériaux dans le moteur de calcul du CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment). La yourte est très économe mais il faut ici le prouver avec des outils qui n'ont pas du tout été conçus pour elle... Cette étude thermique complète est ici nécessaire pour déterminer les accessoires de la yourte : quel chauffage, comment faire l'eau chaude, etc...
- l'attestation d'achèvement des travaux fourni par le thermicien qui vérifie à la fin par les factures que ce qui a été prévu dans l'étude thermique est bien posé.
- enfin, et non la moindre, le fameux test d'étanchéité à l'air ou test de la porte étanche. C'est une aberration dans le cas d'une yourte mais voilà, c'est obligatoire ! Ce test va probablement rendre indispensable la pose d'une nouvelle membrane sur la yourte : une membrane d'étanchéité à l'air, type pare-vapeur ou pare-pluie respirant après la toile intérieure à moins que les toiles puissent être assez "étanches" à l'air (mais elles doivent rester perméable à la vapeur d'eau pour le confort des habitants) et être posées de manière assez rigoureuse pour ça. Différentes pistes sont donc possibles.
Ce n'est donc pas terminé mais cette démarche progresse dans le bon sens et je suis assez confiant aujourd'hui sur la possibilité technique de répondre à la norme RT2012 avec une yourte.
Il n'en reste pas moins que les adaptations importantes du mode constructif et les démarches administratives imposées augmentent de manière très importante le budget de ce type de yourte et de fait vont éloigner pas mal de foyers de cette solution probablement trop chère pour beaucoup...
Là est la vraie injustice de cette norme qui augmente de manière notable les coûts de ce genre de projet...
Prochains épisodes à suivre...
Amicalement à tous les yourteux,
Olivier DAUCH, La Maison Voyageuse,
Fabricant adhérent de CHEYEN
- Bonjour Olivier

merci en effet de nous tenir au courant de ce projet, et on sent bien, à vous lire, la passion qui vous anime.
Cependant, l'habitation que vous êtes en train de concevoir me parait très éloignée du concept de la yourte vernaculaire, écologiquement viable et économiquement accessible au plus grand nombre.
Cet habitat que vous nous décrivez peut il encore porter le nom de yourte ? Si le but de votre innovation est d'obtenir un permis de construire, il s'agit bien là d'une construction, à n'en point douter . Les termes de "construction yourtoïde" ou d' "habitation yourtoïde" me paraissent bien plus appropriés pour définir ce type de d'habitation.
Vous soulignez, avec raison, la totale démesure des contraintes normatives dans le cas des yourtes.
Vos efforts pour vous y adapter malgré tout (même si je les comprends) , sont autant d'eau au moulin de ceux qui cherchent à tout prix l'interdiction de la yourte en tant que tente.
A Cheyen nous défendons les yourtes, simples et accessibles en autoconstruction, comme habitat principal . Nous militons pour la reconnaissance de notre droit à vivre en tente toute l'année, sur des terrains non constructibles.
L'utilisation du terme "yourte" dans un domaine qui lui est de plus en plus étranger, ne pourra que nuire à l'ensemble des yourteurs qui restent fidèles à l'esprit de cet habitat traditionnel.
Aussi j'espère que vous prendrez ma remarque en compte, et que vous veillerez à ne pas entretenir une confusion qui nous porterait préjudice.
Fraternellement,
Isabelle, de Cheyen - Chère Isabelle,

A n'en point douter, les yourtes que je fabrique sont éloignées des yourtes mongoles, kirghizes, ou toutes les yourtes d'Asie centrale.
En quoi ?
D'abord, je ne suis pas un nomade et je ne vis pas dans ma yourte en suivant mon troupeau.
Ensuite, la yourte n'est pas le mode de vie qui m'a été transmis par mes ancêtres.
Comme beaucoup qui utilisent des yourtes et tous en France en tout cas...
Les yourtes ne sont vernaculaires (au sens premier du terme : indigène, inscrit dans la tradition locale) qu'en Asie Centrale et ne pourraient l'être nul part en France ou en Europe. C'est d'ailleurs ce qui est bien souvent reproché à la yourte en France : qu'elle ne soit pas traditionnelle et nuise au paysage environnant. C'est un jugement de valeur qui me paraît aussi peu recevable dans les deux cas, notre monde n'étant pas limité à notre horizon individuel.
Ensuite, les différences techniques sont effectivement réelles. Inutile de les recenser ici, cela n'apporterait rien. Mais sont-elles plus différentes qu'entre les yourtes kirghizes et mongoles, qu'avec les yourtes des Turkmènes ou d'Azerbaïdjan...
J'ai la chance d'avoir pu me procurer un ouvrage de Peter Alford Andrews, ethnologue allemand passionné d'Asie Centrale, (Nomad Tent types in the Middle East) qui recense de multiples habitats de ces régions notamment autour du concept de la yourte. Il serait plus adapté de parler des yourtes tant les différences entre ces habitats sont parfois prononcées. Ces habitats diffèrent en fonction de l'ingéniosité et du savoir-faire de l'artisan et des matériaux disponibles pour la fabrication. Chaque fabricant, artisan ou auto-constructeur, utilise un savoir-faire différent et des matériaux différents pour donner des yourtes uniques à chaque fois.
En quoi des différences techniques pourraient-elles donc justifier l'interdiction morale d'utiliser le mot yourte quand autant de différences techniques se cachent derrière les yourtes qui sillonnent l'Asie Centrale depuis des millénaires ?
De yourte vernaculaire, il n'y a donc pas en France. Yourte, les miennes le sont tout autant que celles de tous les adhérents de CHEYEN.
L'article de Sylvie : Nous sommes tous en yourte contemporaine cf http://yurtao.canalblog.com/archives/2011/10/18/22393883.html me paraît bien aller dans ce sens...
S'il me fallait définir la yourte, je parlerai du khana, de l'autoportance, du toono et des perches, de toiles et d'isolant... tous ces points qui sont bien présents dans mes yourtes comme dans toutes les autres.
CHEYEN a défini avec beaucoup de compétences les limites imposées par la jurisprudence et la loi à l'utilisation du statut de la tente pour une yourte : http://yurtao.canalblog.com/archives/2012/11/23/25640784.html
Ce cadre est malheureusement très étriqué. Certaines personnes s'y retrouvent d'autres pas.
Que conseiller à celles là, à ceux qui souhaitent vivre en yourte mais avoir une cuisine et une salle d'eau dans leur yourte ?
Soit de rentrer dans la démarche du permis de construire, une démarche légaliste.
Soit de poser sa yourte et de serrer les fesses. Si certains font ce choix, il faut que ce soit en connaissance de cause, en sachant ce qu'ils risquent. Ce n'est pas un conseil que nous pouvons leurs donner ni moi en tant que fabricant ni CHEYEN en tant qu'association.
Il est possible de regretter que ce cadre légal soit trop restreint, d'essayer d'agir pour que celui-ci soit plus favorable à la yourte et de militer pour cela. Mais attention, cette démarche doit à mon avis être engagée mais avec de grandes précautions. L'épisode de la loi Loppsi a bien montré que si le législateur se soucie des yourtes, ce ne serait pas forcément pour le bien des utilisateurs de yourte. Prudence donc...
Je ne suis pas législateur, juste un citoyen tenu d'appliquer la loi. La démesure des contraintes normatives n'est pas de mon fait, elle m'est imposée. Voilà des mois que je travaille à imaginer comment la yourte peut rentrer dans ce cadre légal, idiot mais obligatoire, et je viens là dans le but de partager ce travail afin de faire progresser, ou peut être juste maintenir, justement la possibilité légale d'habiter en yourte, ce que j'essaie de faire depuis des années à ma petite échelle.
Dans ce cadre, me reprocher de favoriser l'interdiction des yourtes et de nuire à l'ensemble des yourteurs est quand même assez décalé avec la réalité... et franchement blessant.
Quand à vouloir s'accaparer l'utilisation du terme yourte, elle me paraît aussi déplacée de la part d'un adhérent de CHEYEN que de quiconque...
J'avoue que je ne sais quoi faire ni trop comment réagir. Ta signature « Isabelle, DE CHEYEN » montre-t-elle que ton point de vue est celui de l'association ? Dans ce cas, mon adhésion à CHEYEN est-elle toujours bienvenue ?
Enfin, dois-je continuer à partager ici les travaux dans le cadre de la RT2012 ou non ? Partager mon savoir-faire a toujours fait partie de ma façon de faire, j'apprends beaucoup en retour au contact des autres, par exemple de ce blog ici. Mais si CHEYEN considère réellement que en faisant mon travail je nuis aux yourteux, ma participation ici est-elle encore justifiée ?
Fraternellemet,
Olivier Dauch

Pour ce qui est d'une loi, il semble que nous n'ayons déjà plus le choix, puisqu'il parait que Mme Duflot va reprendre le projet de loi Mamère de 2009 pour une nouvelle proposition. Cheyen est très réservé sur ce sujet, car notre expérience a montré qu'en effet une loi risque de nous ghettoïser en nous imposant des normes qui correspondent aux lois du marché et non à l'empreinte écologique et l'application de la simplicité volontaire. Cependant, nous tacherons de faire entendre nos positions pour que nos intérêts soient pris en compte.
Il est vrai que l'association défend surtout les yourtes tentes qui sont soumises au camping car ce sont celle-là qui sont sujettes à poursuites. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de cas de yourtes avec Permi de construire qui posent problèmes. Obtenir un PC pour une tente apparait quand même paradoxal, mais surtout fait monter les prix vertigineusement et s'éloigne beaucoup du coté populaire et autonomisant de la yourte capable d'offrir un habitat digne et écologique à des gens dépourvus de moyens financiers. Je crois qu'une bonne partie des adhérents de Cheyen démontrent que leur précarité n'est pas subie mais assumée, par le choix d'un habitat simple et très accessible, dans le plus grand respect environnemental, mais aussi des lois en vigueur. C'est pour l'instant encore à peu près possible, mais pour combien de temps, vu la façon dont nous sommes talonnés par le ministère du DD et de l’écologie, dont les cols blancs font tout, du haut de leurs tours de la Défense, pour nous éradiquer des territoires, ou, au mieux, nous parquer dans des réserves....On a quand même un peu l'impression d'être les derniers des Mohicans...
Fraternellement Sylvie.

Thoreau est encensé par ceux-mêmes qui sont contre les yourtes...






































Je croyais qu'on devait même simplifier puisque sous l'ère Sarkozy on avait parlé de supprimer les permis (au profit d'une simple autorisation de travaux) pour agrandir les maisons (et augmenter leur surface habitable de 30% sans que la surface au sol n'en soit affectée). Bref en France on est très doué pour détourner ou contourner la loi à l'avantage de ceux qui ont de l'argent!