femme nature

Cette semaine est importante car nous venons de passer le 20 Août, jour triste et solennel :

c’est l’ « Earth Overshoot Day », littéralement « le Jour du Dépassement Planétaire ».

Cette date symbolique signifie concrètement, qu'entre le 1er janvier et le 20 août 2013, l'humanité a consommé toutes les ressources naturelles que la terre pouvait produire en un an. Nous entrons désormais en déficit écologique. En seulement 8 mois les habitants de la planète ont épuisé les ressources que celle-ci est capable de produire en 1 an.

La terre est donc en faillite. Une remise en question profonde s'impose.


femme sage

Or c'est justement le moment où s'ouvre le Souffle du Rêve dans les Cévennes,

en immersion écologique en pleine nature.

Pour que le rêve devienne réalité.

village life

Neuf jours, du 24 Août au 1er Septembre pour prendre le temps de s’informer sur la situation des peuples racines, l’impact du mode de vie moderne sur les écosystèmes, entendre leur message d’urgence à retrouver le lien qui existe entre chaque chose sur la Terre.


indigène sur yurtao

Chaque jour un thème sera développé :

habitat, éducation, féminin libre, permaculture, alimentation, santé et respect de la Terre,

pour découvrir, approfondir et mettre en pratique les solutions existantes.

 horizon tipi yurtao

Dans le cadre du festival, j'animerais un atelier sur l'écoféminisme le Mercredi 28 Aout à 16H.

Cet atelier pourra constituer une avant-première d'un travail de réflexion plus approfondi sur le long terme.

Je proposerais pour la suite la constitution d'un cercle de femmes se retrouvant sous la yourte à rythme mensuel ou bimensuel, afin de partager nos sources et réfléchir ensemble sur l'articulation entre écoféminisme et décroissance.


femmes sur la terre

Voici donc un résumé introductif à cet atelier sur l'écoféminisme :

femme en nature

Dans les sociétés primitives, la communauté reposait sur une répartition harmonieuse des taches entre les hommes et les femmes, instituant des rites et des coutumes distincts mais complémentaires. Avec la sédentarisation, la sphère domestique a été dévalorisée dans un ordre social de plus en plus contrôlé par les hommes accaparant les sphères civiles et politiques.

La Révolution scientifique et les débuts de l'industrialisation ont transformé la nature en matière disloquée amorphe disponible à l'exploitation sous formes de matières premières produisant des objets. Le dualisme entre esprit et matière, la vision mécaniste du monde, le réductionnisme, la fragmentation, l'isolation et la domination de la nature sous prétexte d'affranchir l'«Homme» de sa servitude aux lois naturelles a brisé le lien qui unissait l'humain à son environnement. Cette vision anthropocentrique a dégradé la perception générale des femmes, jugées plus naturelles et moins rationnelles que les hommes.


femme et son enfant yurtao

De même que la nature devait être maîtrisée et possédée, de même la force de vie des femmes devait être contrôlée afin de pouvoir être canalisée et utilisée par la science. La force reproductrice constituait une telle menace pour l'ordre patriarcal du 17e siècle que l'assujettissement total des femmes aux hommes n'a pu être obtenu que par un massacre systématique perpétré sous prétexte de chasse aux sorcières. Dans l'imaginaire de l'époque, le mystère et le désordre des femmes (humeurs changeantes, menstruations, ménopause etc...) étaient associés à la puissance sombre et incontrôlable de Mère Nature. Pour la rationalité du 17e siècle, les sorcières symbolisaient les mystères de la dangereuse sexualité féminine.


elfe-et-fee

De plus, la conception aristotélicienne d'une matière manipulable par la technique humaine s'est appliqué sur la conception de la grossesse de la femme comme ressource passive se faisant activer par la semence de l'homme.


barbie baby

« La société patriarcale s'étant emparée du sol, donc de la fertilité, et du ventre des femmes (fécondité), il était logique que la surexploitation de l'une et de l'autre aboutissent à ce double péril menaçant et parallèle : la surpopulation -excès des naissances- et la destruction de l'environnement -excès des produits- »

Françoise d'Eaubonne : « Le Féminisme ou la mort »

 Tandis que l'analyse de la hiérarchie a conduit les premières féministes à remettre en cause le projet «patriarcal» de domination de la nature, la même analyse a conduit l'écologie sociale à reconnaître dans le féminisme le potentiel d'un mouvement traversant les classes, capable de défier le capitalisme.

L'écologie sociale postule que la société et la nature sont interconnectées et s'influencent mutuellement, que les humains sont des mammifères inclus dans la nature, aux besoins vitaux partagés avec les autres êtres vivants,


animal sur tipi yurtao

mais qu'à la différence de ces derniers ils ont, au cours de l'histoire, institutionnalisé ces besoins sous diverses formes sociales. L'intelligence humaine serait le résultat de l'évolution d'une histoire naturelle de la vie sur Terre, la plus grande réalisation humaine étant la société. L'écologie sociale analyse la domination et l'exploitation de la nature par l'homme comme étant la projection de la domination de l'humain par l'humain.

«Il y a une grande analogie entre la situation faite aux femmes et la situation faite à la nature, laquelle nous a mené à la crise environnementale que nous connaissons actuellement. Dans les deux cas, le problème vient d'un rapport d'exploitation et d'un manque de respect, le tout visant l'obtention d'un profit à court terme. » Mongeau 

L' Essentialisme :

L'essentialisme affirme que les femmes possèdent une essence féminine distincte de l'essence masculine, composée d'attitudes, valeurs et principes de compassion, d'entraide, d'intuition, d'instinct maternel, de protection de la vie, issues de la biologie, en phase avec les cycles naturels de la terre. Notre cycle reproducteur, nos hormones, notre corps et notre psyché influencent nos rapports sociaux autant que nos relations à la nature. Les femmes sont intimement reliées à la force vitale naturelle puisqu'elles portent la vie. Ce « féminisme de la différence » assume les différences biologiques des sexes et affirme que la revalorisation et la réappropriation des valeurs féminines contribuent à réhumaniser le monde androcentrique.

Vandana Shiva, auteure de « Ecoféminisme » avec Maria Mies :

« Pour les femmes du Tiers-monde qui luttent pour la conservation de leur base de survie, [...] le divorce entre spirituel et matériel est incompréhensible ; pour elle le terme Mère Terre n'a pas besoin d'être mis en évidence par des guillemets, parce qu'elles voient la terre comme un être vivant qui garantit leur propre survie et celle de leurs prochains. Elles respectent et célèbrent le caractère sacré de la terre et s'opposent à sa transformation en matières premières mortes pour l'industrialisme et la production de marchandises. Il en découle donc qu'elles respectent aussi, à la fois la diversité et les limites de la nature qui ne peut pas être violée si elles veulent survivre. C'est ce type de matérialisme, ce type d'immanence, ancré dans la production de subsistance quotidienne de la plupart des femmes du monde qui est à la base de notre position écoféministe. »

Le sacré comme conscience d'une immanence dans la nature incluant l'humanité, relie l'ensemble du vivant par un principe de connexion, principe non transcendant mais rationnel et concret. Pour Vandana Shiva, la «pertinence écologique de cette insistance sur la spiritualité repose sur la redécouverte du caractère sacré de la vie, selon lequel la vie sur terre peut seulement être préservée si les gens se remettent à percevoir toutes les formes de vie comme sacrées et les respectent en tant que telles.»

Ce sacré du quotidien est une spiritualité plus proche du matérialisme que de l'idéalisme. Pour Shiva, la lutte politique ne peut être séparée de la spiritualité sans perdre une dimension cruciale de la vie sociale.

La tendance essentialiste a connu un essor aux États-Unis au 20e siècle avec la résurgence des mythes de déesses et en liant d'une sororité intemporelle les féministes modernes et les sorcières du 17e siècle. Les femmes se réapproprient ainsi l'ordre symbolique spirituel de la Terre Mère, Gaïa et autres divinités féminines valorisant leur énergie sexuelle et leur force de vie, afin de construire un monde alternatif non-violent et respectueux du vivant. En revendiquant ces valeurs féminines comme bénéfiques pour la société, elles construisent une éthique de la différence.


cercle femmes sous la yourte yurtao

Mais attention à la réappropriation par les féministes occidentales ( ainsi que toute réappropriation symbolique de l'Occident) des spiritualités des populations du Sud et leur insertion dans l'ordre capitaliste à des fins marchandes. Shiva analyse l'appropriation de la spiritualité indienne et son folklore comme une tentative de l'Occident de pallier au vide existentiel des sociétés capitalistes basées sur un individualisme forcené et une marchandisation généralisée. Elle perçoit cette tentative comme une double colonisation, c'est-à-dire une colonisation spirituelle ajoutée à la colonisation matérielle des siècles derniers.

heure trés sérieuse

Rendez-vous donc au Souffle du rêve !

allons à la yourte yurtao