Ces menus sans gluten, sans sucre, sans produits laitiers et sans céréales sont composés uniquement avec des produits locaux naturels ou biologiques. J'entends par naturels les produits de la nature non cultivés et non transformés. Je récolte les plantes sauvages dans un périmètre de quelques kilomètres autour de la yourte.

Ainsi sont naturels les végétaux, graines et fruits sauvages, et sont biologiques les farines, l'huile, les pommes de terre et les conserves achetés.

Chaque jour, j'alterne différentes tisanes de plantes locales récoltées alentour, dont les principales sont le thym, le romarin, la sauge, la menthe, la bruyère violette, le tilleul, la camomille, les cônes de houblon et le frêne. Je les choisis en fonction de leurs propriétés.

feuilles de frène

Les fruits, fraises et cerises, sont dégustés en dehors des repas.

Lundi midi

Salade de porcelle aux pousses de salsepareille.

porcelle belle

Ma salade sauvage préférée. Ses feuilles velues et épaisses sont délicieuses et très nourrissantes. Elle croit là où je remue la terre. Je coupe les feuilles du cœur et de nouvelles feuilles tendres repoussent. L'aire d'une prochaine yourte que j'ai aplani est ainsi devenue mon jardin sauvage où je me contente d'observer les nouveautés, d'admirer et cueillir en préservant soigneusement la ressource.

Beignets de consoude à la farine de riz et de sarrasin.

Je vais chercher la consoude en bord de rivière où elle forme des petites colonies de clochettes jaunes.

consoude sauvage à fleurs jaunes

Je colle sept ou huit feuilles vert émeraude entre elles avant de les plonger dans la pâte puis dans l'huile et de les déguster croustillantes, on dirait de la sole !

Figues sèches.

 Lundi soir :

Soupe d'ortie, évidement ! Un concentré de protéines végétales.

feuilles d'ortie

J'ajoute parfois un oignon aux orties et aux pommes de terres avant de tout passer à la moulinette. Je n'ai pas d'ortie chez moi, ma terre est trop pauvre et trop acide, mais je connais ses endroits de prédilection. Trop en bord de rivière, elle est souvent éliminée par les invasions d'armoise, il faut donc s'éloigner de la rive jusqu'au bas d'un talus pour la trouver, où elle profite de largages de déchets de jardins ou de gravats.

Asperges de pousses de houblon à la mayonnaise.

salade de pousses de houblon

J'adore ce plat là ! Il en faut beaucoup pour une assiette consistante, mais le houblon est facile à trouver, souvent dans les haies où il emberlificote ses voisines de ses étreintes sinueuses.

Amandes.

Mardi midi

Salade sauvage composée : ombilic et orpin,

nombrils de vénus

laiterons (le laiteron apre ne peut être consommé que jeune, après il pique! Par contre le laiteron lisse est d'une grande douceur de goût )

laiteron apre

alliaire, lampsane si elle est toute jeune, pissenlit, trèfles...

Tranche de sanglier offerte par un chasseur.

Beignets de fleurs d'acacia à la farine de châtaigne. Le sucre des fleurs allié à celui de la châtaigne est une gourmandise très délicate qui cale bien la fringale !

fleurs d'acacia

Mardi soir

Soupe de chénopodes.

Le chénopode est un épinard sauvage très doux que je mouline avec des pommes de terre.

chénopode      chénopode

Crosses de fougères à la mayonnaise. Il faut les couper quand les frondes sont encore très enroulées et donc bien tendres.

Galettes de farine de pois chiche à la confiture d'arbouses.

Mercredi midi:

Salade sauvage composée : pimprenelle,

pimprenelle

feuilles et fleurs de trèfles, d'alchemilles,

alchemille

de coquelicots et de pâquerettes.

coquelicot

Chapatis de pariétaires à l'ail. Un concentré de potassium. La râpeuse pariétaire est très commune mais a peu de goût, aussi peut-on allègrement y ajouter des condiments.

pariétaire

Sardines à l'huile et au fenouil.

Mercredi soir :

Velouté d'amarante.

Galettes de millet aux vesses.

Noix.

Jeudi midi :

Salade de jeunes feuilles de tilleul et d'aubépine avec bourgeons de pin. Acidulée, cette salade peut se passer de vinaigre.

Omelette aux pommes de terre et pousses de houblon.

Pruneaux.

Jeudi soir :

Soupe de feuilles de mauve et de laiteron.

Jeunes pousses de fragon à la vinaigrette.

Crêpes à la farine de millet et de riz avec de la confiture de framboises.

Vendredi midi :

Racines de bardane crues.

Il faut déjà s'enfouir sous les grandes feuilles pour extirper le pivot de la terre sans l'arracher.

bardane

Elles ne sont pas faciles à éplucher, mais quel régal quand elles sont tendres et pas trop fibreuses !

racines de bardane

Galettes de flocons de sarrasin aux vesses.

vesses

Fleurs de robinier.

fleurs d'acacia devant la yourte 

Vendredi soir :

Potage d'herbes. (porcelle, plantain, vesse, tilleul, laiteron, chenopode etc.) La feuille de tilleul libère du mucilage qui épaissit la soupe.

Pétioles de bardane sautés en sauce blanche. Ces tiges s'épluchent comme la rhubarbe et il faut les prendre jeunes.

pétioles de bardane

Chaussons de fleurs de sureau.

 sureau

 A force de déguster une si grande variété de plantes sauvages, le goût s'affine et il n'est plus guère possible de se régaler avec des légumes industriels, jugés désormais immangeables. Ces produits forcés sont non seulement insipides, mais de plus en plus repoussants à mesure que se develloppe le respect du plus petit végétal. Si d'aventure il m'arrive d'en manger, ma langue en fait des aphtes. Devant ces pauvres légumes maltraités, je ne ressens plus que la violence qu'ils ont subi. Alors qu'une herbe appréciée, ceuillie avec respect, s'offre à qui s'insère avec conscience dans la grande ronde de la chaîne alimentaire, cet équilibre formidable de l'écosystème que l'homme s'acharne à détruire.