Sept heures, sept degrés.

Du cèdre, la huppe scande mon réveil.

Le pinson sur mon seuil quête sa miette.

Je m'assois sur le rocher, face au levant.

Les acacias croulent de blancheur.

La canopée ondule comme une mer de lait.

sculpture yurtao sur canopée blanche

Le thé danse tout doré dans la tasse bleue

entre mes mains calleuses.

Le vent et le soleil caressent mes cheveux défaits,

mon visage fripé.

Le roitelet volette en suspension entre deux branches,

le pic martèle, les tourterelles roucoulent.

Tant de douceur dans mon exil

entourée d'oiseaux encore épargnés.

Pas de cages ici,

à l'écart du grand milieu hostile.

Tant que mes jambes me porteront

loin du monde armé,

je chanterais la mélodie du silence.

Les jaloux ne peuvent voler mon trésor,

mon impalpable trésor,

ma liberté, ma liberté,

fuyant le grand milieu hostile,

si frêle en cet îlot.

 

trépied devant vagues d'acacias blancs