24 août 2009
Glamping: l'ennemi scandaleux du peuple des yourtes.
Si je fustige fermement les yourtes mongoles importées,
conseillant ardemment à mes lecteurs d'acheter leur yourte, s'ils ne peuvent la fabriquer eux-même, à un artisan français, il est clair que les nouveaux concepts marchands qui fleurissent désormais à foison dans l'offre touristique du camping planétaire récoltent ma plus franche hostilité. Pourquoi?
Il y a autant de différence entre une entreprise gérant un lieu d'hébergement touristique sous yourte et un lieu de vie occupé par un réfugié économique sous sa yourte auto-construite qu'il y en a entre une multinationale et un petit artisan, ou entre une industrie agro-alimentaire et une Amap.
L'une est un produit de luxe, l'autre le produit de la nécessité.
L'une est l'écume d'une vague qui va disparaître, l'autre un mouvement de fond.
L'une est une insulte, une gifle, à l'intelligence, l'autre, la lueur d'une étoile qui, en pleine nuit, éclaire la boussole du randonneur et lui indique la bonne direction.
Pourtant, à première vue, pour un œil non averti, une yourte est toujours une yourte. On ne peut guère y ajouter grand chose sous peine de la détruire.
De même qu'une tomate bien rouge achetée une fortune chez Fauchon en plein hiver ressemble à s'y méprendre à une tomate biologique cultivée sainement par un squatteur sur sa friche, une yourte importée de Mongolie à bas prix, installée deux mois estivaux dans une hostellerie de toile de luxe, entre piscine et vue sur la mer, n'est pas foncièrement différente, visuellement, de la yourte que s'est fabriquée dans un coin de cagibi un chômeur au bout du rouleau viré de son dernier appartement.
Entre une yourte auto-construite par une personne pauvre qui chemine les yeux grands ouverts dans un monde de brutes et ces yourtes à touristes qui viennent là pour mieux oublier tout ce qui ne va pas et continuer, ragaillardis, leur vie de consommateurs abrutis,
quelle est la différence principale?
Nul ne devrait ignorer désormais que les principaux prescripteurs d'expulsions musclées de cabanes et autres forfaitures architecturales sauvages sont justement les lobbyes des campings, terrains de loisirs, villages de toiles fastueux, prestataires touristiques de toutes catégories, les traditionnels et ceux surfant sur la vague écolo et crise, incitant la classe moyenne à rester dans ses frontières.
Le parcage vacancier, pendant du parcage en lotissement, ne saurait admettre que de petits rigolos parasitent, sans redevance béton, littoraux et arrière-pays idylliques, avec leurs barbecues sauvages et leurs pontons branlants d'où tendre la canne.
Les cabanoniers, quasi séculaires, qui pourraient prétendre à quelques médailles pour avoir valorisé, sans subventions, la diversité et la fraicheur de notre abreuvoir naturel, sont ainsi priés de démolir et déguerpir.
Mais, avant que ces malheureux soient complètement bousillés, avant qu'ils cèdent de gré ou de force la place aux cabanes manufacturées par milliers pour entreposer parasols et quads d'apparat, on leur pique les idées que la nécessite a fait germer de leur humble imagination, on marie un zeste de spleen suranné avec une arrogante modernité, et on recycle le tout dans la grande usine à nouveaux concepts marchands porteurs, d'où surgira la dernière mode, variation industrielle du modèle sentimental où projeter l'identification des masses.
Les plus beaux coins accaparés par le marché immobilier se monnayent à prix d'or pour l'extension des réserves à touristes.
Mais le haut
de gamme du tourisme, toujours en recherche d'originalité et de bons
plans pour écouler l'argent des riches, ne se contente plus de
transformer des plates-formes pétrolières,
des phares, des anciennes usines, des paquebots échoués, des anciens couvents et même des prison désaffectées (!!!) en hôtels de luxe, car, comme il est très facile d'attirer une souris dans une tapette avec un bout de gruyère, il est très branché aujourd'hui d'attirer les capitaux dans ce nouveau réseau à la mode intitulé
« glamping »: néologisme de glamour et camping.
Les touristes arrivent en jet privé dans de grands espaces protégés, s'installent dans des tentes hight-teck montées sur des planchers en bois exotiques rares, où s'étale un design zen-cossu, une brocante lustrée discrètement ethnique, une literie royale et des repas gastronomiques dans une orgie de chandelles sécurisées.
Le tout dans des lieux exceptionnels, les derniers lieux qui narguaient encore un peu le ravage capitaliste...
Leur objectif:
se déblingblingiser, en affichant leur exception, non plus par la sophistication ostentatoire, mais par la sobriété d'une noblesse de souche, qui n'affiche son bon goût que que par du lapidaire, de la plus haute gamme et de marque unique.
C'est le tailleur Chanel en Tanzanie, en expédition mobile dans la brousse.
Cliché néo-colonialiste?
Quand on sait qu'en Tanzanie justement, quatre vingt pour cent des gens consacrent soixante pour cent de leur budget à la nourriture, ce qui est un marqueur de grande pauvreté, contre vingt pour cent pour les ménages dits les plus en difficulté en France, je me demande pourquoi ils vont si loin s'immerger dédaigneusement, entre deux expéditions en éléphant, dans la population locale, alors que moi, avec mon budget tanzanien de quatre cent euros mensuels dont soixante pour cent alimentaires, je peux sans problèmes rameuter au camp de yourtes "cent pour cent artisanat et couleur locale indigène authentique",
toute une bande de gueux dans à peu prés la même situation.....
qui ne concurrenceront plus jamais les standards urbains.
Il suffirait qu'un riche cevenol gentleman farmer s'affilie à ce nouveau réseau d'élites et transforme sa vocation paysanne en prestataire touristique de luxe, et mes amis de la Tribu Arc-en-ciel ( Rainbow Family) qui campent gratuitement à moitié nus tout l'été dans les forêts sauvages n'auront plus qu'à aller se rhabiller.
Et de se déguiser pour, c'est Martin Hirsh qui va se frotter les
mains, se faire engager comme guides ou figurants dans le festival
des épouvantails visité nonchalamment par les « glampeurs ».descendus de leur chameau.
Ce concept d'hostellerie de plein air de luxe fait fureur aux États-Unis, où on peut s'offrir une location sous une tente pré-installée, au milieu d'une centaine d'autres réparties dans un grand parc bien gardé, à partir de la somme modique de cent dollars la nuit...
A quand la nuit à cent dollars pour bobos s'immergeant dans la peau d'un SDF, histoire de retrouver (juste pour une nuit) « l'essentiel et le minimalisme »....
Et si on hésite à s' offrir ce luxe, on peut se rabattre sur la file d'attente de la loterie New-Yorkaise qui délivre au hasard, comme à la roulette, une nuit sous tente sur la pelouse de Central Park, ou encore, à cinq minutes à pied de la gare centrale de Berlin, dans la cabane de l'ancien maitre nageur de la piscine municipale transformée en « Tentstation ».
Dans un article intitulé Let’s go glamping publié en juin dernier,
http://madame.lefigaro.fr/loisirs-et-voyages/enquetes/546
Madame Figaro décrypte le phénomène :
«Une philosophie minimaliste, discrète et respectueuse de l’environnement, à l’opposé des constructions pharaoniques de Macao, de Shanghai ou de Dubaï. Des décennies qu’on nous vendait du «retour aux sources», de «l’escapade de Robinson», tout en garantissant air conditionné, wi-fi jour et nuit et carte d’oreiller à dormir debout. Dans sa course à la modernité, l’homme en avait oublié l’essentiel : le goût de l’aventure et l’esprit de découverte que procurent une couche à la belle étoile campée sur un site 100 % nature»…
mais Madame Figaro, tout en dévoilant le dernier-né des rouages avaleurs de la récupération capitaliste, n'affiche pas les prix, qui feront bondir la plupart de mes visiteurs qui, à mille lieux d'imaginer tant de luxe effronté, cherchent une solution de survie.
Car en effet, derrière ce retour «minimaliste à l'essentiel»
ou « essentiellement minimal »,
on trouve des tentes somptueuses en plein désert africain, avec des esclaves au petit déjeuner trop contents de vous beurrer vos toasts, sur des terres confisquées aux paysans affamés qui ont été chassés vers les bidonvilles.
Sur ces terres volées, d’immenses pavillons de toile permettent aux voyageurs occidentaux de se reposer entre un safari, une séance de bronzette près de la piscine et un repas copieux sous la voix lactée.
A ce prix là, ceux qui bavent devant, pas étonnant qu'ils s'ajoutent à la meute qui approuve qu'on vire les tentes de ceux qui, chez nous, chichement, s'installent sans avoir cotisé à la maffia, dans des cabanes, des yourtes et des tipis, qu'ils ont en plus fabriqué eux-même avec du matos d'occasion dégoté en décharge.
Les petits malins de la croissance ont bien assimilé que, désormais, pour éviter que les consommateurs, qui ont accumulé tous les objets possibles, ne frisent l'indigestion, il faut qu'ils se reposent.
Donc on invente le capital sieste et le capital silence.
Il faut qu'ils rêvent, donc on invente le capital évasion.
Il faut qu'ils découvrent, alors on sort du chapeau le capital découverte.
Il faut qu'ils retrouvent l'essentiel,
alors on invente le capital nuit à
la belle étoile....
Suite crédible à la hutte à sudation innovée par les milieux Nouvel Age.
D'ailleurs, pas besoin d'aller bien loin pour constater l'écartèlement détestable entre le sort réservé aux riches et aux pauvres dans notre Sud, entre les lobbyes marchands et les efforts désespérés de particuliers acculés qui cherchent des solutions pour ne pas s'aliéner à vie dans des prêts immobiliers pourris...
A Barjac, prés de chez moi, bourgade devenue célèbre pour sa foire aux antiquités et le film « Nos enfants nous accuseront », qui décrit le choix par la municipalité d'achalander les cantines scolaires en aliments biologiques cultivés localement, le maire, communiste, avoue ne pas vouloir de yourtes chez lui.
Sous entendu, de yourtes sauvages
de gens qui oseraient refuser
une proposition d'HLM.
En même temps, on se gausse, à Barjac, de façon dithyrambique, sur l'originalité porteuse d'un couple, propriétaires d'un magnifique domaine, qui a rajouté six yourtes et deux cabanes perchées à ses gites.
On est donc en droit de se demander pourquoi ceux-ci ont obtenu un permis de construire pour des cabanes de vacances, alors qu'une famille qui demande l'eau sur son terrain depuis plusieurs mois, pour y vivre sous leurs yourtes, se voit refuser l'ouverture du robinet pourtant tout proche, sous prétexte que si on accorde aux uns, il faudra accorder aussi aux autres....
Et il semble que nos élus aient parfaitement repéré qu'une grosse vague de victimes des spéculateurs du logement puisse déferler bientôt en tsunami dans nos campagnes.
Or, il n'est pas question à Barjac, qui tient à son standing et à sa notoriété naissante, qu'une horde d'indésirables, perdants répétitifs du grand jeu immobilier, mettent en péril la confiance que des électeurs très aisés ont renouvelé dernièrement à leur maire.
Quand j'ai proposé à ce maire de s'allier à un projet novateur, portant une véritable réflexion sur les énergies renouvelables, l'autonomie, l'écologie appliquée, de prendre le risque héroïque de coopérer à notre réflexion sur un projet local d'installations réversibles légères, porté par une famille laborieuse et intelligente dont les deux parents parfaitement intégrés travaillent, celui-ci m'a répondu qu'un éventuel consentement des sa part s'apparenterait à un privilège (!!!), et que ce genre de projet risquait tout simplement de lui faire perdre ses électeurs!
Comme quoi, on peut se servir de son appartenance à un parti populaire pour faire tout le contraire de ce à quoi on aurait pu, naïvement, s'attendre.....
Si le pouvoir pervertit ainsi les meilleures intentions, le phénomène du glamour des tentes montre bien comment le capitalisme est capable de la traitrise la plus basse envers l'humanité, traquant le moindre bout de désert et les plus inaccessibles cimes pour tout écrabouiller à sa moulinette.
Cette stratégie de dinosaure aveuglé de puissance nous conduit droit à la guerre pour une bulle d'oxygène, une goutte d'eau, un brin d'herbe,
guerre contre le peuple des braves, le peuple des yourtes
et des enfants de demain,
système d'extermination de masse dont le glamping n'est que la base arrière planquée en Forêt noire.
Il existe quand même des élus qui, bien que leurs oreilles soient souvent parasitées par les récriminations réactionnaires de sordides bagarres de voisinage, ne font pas de la politique une situation d'arrivisme personnel et sont à l'écoute des mouvements sociaux et des colères légitimes.
Dans le meilleur des cas, faut bien rêver, où des communes seraient prêtes à mettre à disposition de ménages modestes des terrains pour des projets d'habitats sociaux, quand on connait les insupportables couts des viabilisations, on peut comprendre que nombre d'entre elles renâclent sérieusement.
Mais voilà, il existe d'autres façons d'habiter et de ne pas s'adductionner à l'absurdité générale, des voies qui n'impliquent pas systématiquement ce genre d'investissement qui frise l'inanité.
Car il s'agit bien pour beaucoup de gens d'un casse-tète angoissant que de trouver à se loger correctement, pendant que d'autres « glambadent » dans des campings de luxe, et donc, je le demande, pourquoi un maire communiste octroie toujours plus à ceux qui ont déjà, gite, entreprise, domaine, pendant que d'autres peinent et désespèrent?????
La logique de la réalité devrait faire ouvrir les écoutilles de ces élus, en particulier quand ils ont la chance d'avoir affaire à des ménages déjà engagés dans une prise de conscience écologique, prêts à réduire drastiquement leur besoins et leurs consommations énergétiques.
Il faut impérativement qu'ils enregistrent dans leurs dossiers, à la page d'ouverture, qu'aujourd'hui l'espèce humaine dévore, sans restitution, la moitié de la production biologique des éco-systèmes.
Et que, de tout ce vivant qui rentre dans l'habitat traditionnel, rien ne ressort que des boues inutilisables, entrainant un déséquilibre grave qui plonge vers la morbidité, une saturation de la capacité de régénération naturelle et une dévitalisation irrémédiable de nos ressources naturelles collectives.
Or, si on objecte qu'en choisissant des toilettes sèches, on rompt le cycle stupide et mortifère de l'épuration industrielle, que l'idéal serait que la municipalité investisse dans un broyeur et des récupérateurs d'ordures putrescibles pour les poster en bas des immeubles, qu'elle installe des aires de compostage faciles d'accès,
des élus de bonne foi répondent, avec une certaine duplicité, s'identifiant aux grandes firmes de retraitement des déchets, que c'est contre l'intérêt national puisque ça va supprimer des emplois!
Répondre que le prix de l'eau a augmenté deux fois plus vite que l'inflation et qu'à force, ce n'est plus soutenable pour la majorité des gens, les feront rétorquer que c'est normal, puisque les normes de microfiltration deviennent de plus en plus sophistiquées et donc de plus en plus onéreuses....
En justifiant abusivement que c'est le prix à payer pour une eau potable de plus en plus saine, sans mentionner que cette eau si pure et si chère sert aussi à laver les bagnoles et tirer la chasse.
De toutes façons, l'argument est faux, la vraie raison de l'augmentation du prix de l'eau étant due à l'explosion des pollutions aux pesticides, mais aussi à l'explosion des dividendes des actionnaires futés qui ont investi dans la spéculation sur le marché du traitement des déchets.
En général, à bout d'arguments bidons, on a droit alors à une réflexion ironique et méprisante vers ces pauvres peuples qui utilisent encore leurs merdes en fumier....
Il est bon quand même de rappeler que c'est le pauvre utilisateur qui casque, et plutôt trois fois qu'une:
une fois en payant des monceaux d'emballage et de marketing,
une autre fois en payant des incinérateurs et des usines de tris qui s'acharnent à prix d'or sur la séparation de l'organique et de l'ultime et,
une troisième fois, de leur santé, puisque ces pratiques n'ont pour résultat principal qu'une stérilisation effrayante de tout l'éco-système, propice à un effondrement immunitaire généralisé.
C'est pourquoi il ne faut pas renoncer, même si c'est parfois désespérant, à expliquer à nos élus que, quand on a la chance dans sa commune de recevoir sur son bureau des projets respectueux de l'environnement et de l'humain, porté par des familles sensibilisées,
il est d'utilité publique de les encourager,
non pas en accordant des «privilèges», mais en réfléchissant sur de nouvelles organisations foncières, de nouveaux modes d'habiter, en ayant le courage politique de défendre non seulement l'innovation,
mais surtout le respect de la vie,
en priorité absolue à toutes tactiques corporatistes, commerciales ou électorales.
De plus en plus de personnes dans nos communes sont capables et prêtes à porter des projets de vie sensés, qui ont besoin d'autres interlocuteurs que des banquiers peu recommandables et des élus vendus aux plus offrants.
La vraie démocratie consiste à leur accorder toute attention, car c'est le plus souvent de la base qu'en temps de crise viennent les solutions les plus évidentes, les plus salvatrices et les plus réalisables, dans la mesure où chacun met la main à la pâte, là où il est, avec considération et estime de son prochain.
Or le moment historique n'est plus à la distraction ostentatoire avec des séjours à thèmes dans des cabanes perchées qui rivalisent de séduction et de flatterie élitiste pour détourner l'attention,
renchérissant dans le déni de la crise structurelle grave qu'affronte l'humanité,
mais à la réflexion, suivie d'actions courageuses,
à la prise à bras le corps, sur les territoires,
avec les premiers concernés, les plus touchés,
des vrais enjeux sociaux et environnementaux.
PS: rencontre Rainbow en France du 24 Aout au 18 Septembre.
17 juillet 2009
Jurisprudence pour la yourte
Si on peut considérer comme un échec le jugement en expulsion rendu contre moi, j'ai gardé pour la fin le joli cadeau que contient immanquablement toute épreuve traversée.
Cerise sur le gâteau, ce procès a finalement offert au peuple des yourtes un argument sérieux pour ne pas l'assimiler à des habitants normés au code de la construction.
Pour la première fois, un jugement définit un statut à la yourte, toujours par élimination évidement, c'est à dire en abandonnant progressivement des qualifications qui ne correspondent pas à sa nature.
Je suis fière d'avoir contribué à cette jurisprudence, qui marque un pas décisif dans mon combat pour défendre cet habitat
dans le registre de la tente et du camping.
Nous n'avons de cesse, face aux communes, aux élus, aux fonctionnaires DDE et territoriaux, d'extraire le statut des yourtes du code de l'urbanisme qui, comme je l'ai souligné par ailleurs, ne légifère que sur des constructions et non sur des installations.
Je ne parle pas ici de ces yourtes sophistiquées de charpentier qui ressemblent plus à des chalets en bois qu'à des tentes vernaculaires.
Je parle de la simple yourte qui abrite de simples personnes.
De celles qui habitent là parce qu'elles n'ont pas le même sens de la vie que la majorité civilisée occidentale, et parce qu'elles ne sont pas intéressées par l'argent.
Extrait du jugement en référé expulsion contre Sylvie Barbe du 4 Mars 2009 faissant jurisprudence sur le statut des yourtes:
« Sylvie Barbe fait valoir un faux en écriture publique dans le procès verbal de constat dressé par Maitre Issert, huissier de justice à la Grand-combe, et inclus dans le cahier des charges du 9 Novembre 2005, lorsque cet huissier a écrit qu'à la date du 26 Mai 2005: « la parcelle cadastrée AH25 ne comprend aucun bâtiment et est envahie par divers arbres et arbustes »
(Alors que je détiens un jugement de Juillet 2008 affirmant que j'habite dans mes yourtes sur cette parcelle depuis janvier 2005)
Elle justifie d'une plainte adressée au procureur de la république du tribunal d'Alès en date du 14 Janvier 2009.
L'article 518 du code civil dispose que les fonds de terre et les bâtiments sont des immeubles par nature.
Certes, le bâtiment dans le langage courant est défini comme « toute construction, tout abris destinés à isoler. »
Mais pour la doctrine juridique, et notamment pour Mari-Christine de Lambertye-Autrand, professeur de faculté de droit de l'université ParisXIII-Villetaneuse, membre de l'IRDA et rédactrice de l'édition du jurisclasseur civil du 14 Mars 2007 relative aux immeubles par nature,
« est immeuble par nature, le fonds de terre, c'est à dire le sol, et tout ce qui y est attaché, y adhère ou y est incorporé. Les immeubles par nature sont ainsi des biens qui ne peuvent être transportés d'un lieu à un autre.
On en déduit que c'est la fixité du bien, son immobilité, en un lieu géographiquement déterminé, un espace localisé, qui permet de caractériser l'immeuble par nature, la qualification légale répondant ainsi à l'étymologie au point que le droit a pu donner l'impression de n'avoir fait que s'incliner devant la nature des choses.
Dés lors la condition déterminante de la qualification tient à la constatation que le bien occupe de façon fixe une partie d'espace, condition qui peut être satisfaite, non seulement par des choses corporelles telles qu'on les envisage traditionnellement, mais également par des biens considérés de façon abstraite. »
Or il n'est pas contestable que les yourtes mongoles fabriquées par Sylvie Barbe sont, comme en témoigne le nom de l'association Demeures Nomades qui s'est créée autour de son travail, entièrement démontables.
Elles ne peuvent juridiquement être assimilées,
pour cette raison, à un bâtiment,
et le moyen tiré d'une prétendue irrégularité du cahier des charges doit être rejeté. »
Situation juridique actuelle des yourtes en France
21 janvier 2009
Yourtes: usages et code de l'urbanisme
Les yourtes existent depuis trois mille ans et n'ont pas attendu le législateur Français, qui ne connait que la pierre et la propriété, pour offrir un toit à des familles entières.
Ce n'est pas aux yourtes de s'adapter au code, mais au code de s'adapter aux yourtes. Et donc aux usages de ceux qui les utilisent et y habitent.
Nous sommes en train de créer, par la force de la nécessite, cet usage en France.
Habiter en yourte n'est pas une fin en soi, mais une modalité d'exister.
L'ONU, en 98, dans son agenda 21, chapitre 7, stipule que tous les pays devraient aider les pauvres à se procurer un logement en adoptant des codes et règlements et en s'employant à régulariser et améliorer les établissements spontanés ». Il s'engage, dans son programme pour l'habitat, à « institutionnaliser une approche participative de la gestion durable des établissements humains reposant sur un dialogue constant entre tous les protagonistes de l'aménagement »
Ce dialogue est engagé par la force des choses, et je déplore que les tenants institutionnels et les acteurs économiques aient choisi la manière forte, l'accusation, la stigmatisation et la répression, au lieu de chercher à comprendre la nature du phénomène social signifié par l'habitat alternatif en pleine émergence et accompagner solidairement ceux qui en sont les acteurs.
Devant la réalité des faits, le code de l'urbanisme devrait légaliser une pratique légitime, en reconnaissant un statut de logement à la yourte, puisque cet habitat n'a plus à faire la preuve, largement étayée à travers les époques et les régimes politiques, de son utilité, son efficacité, sa fonctionnalité et son adéquation comme foyer humain..
Les occidentaux qui se réfugient aujourd'hui sous des yourtes doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits et devoirs que les habitants de logements de souche, tout en conservant un statut préservé et simplifié du fait de la nature particulière de ce logement qui reste une tente, c'est à dire une installation légère et réversible.
Parce que nous sommes des citoyens comme les autres, qui refusons la discrimination négative par l'habitat, nous voulons que la yourte soit reconnue comme un domicile principal qui ouvre droit à des allocations logement, des aides à l'acquisition, la fabrication ou l'amélioration du logement, le droit aux branchements d'eau, d'électricité, de téléphone et à l'ensemble des droits civiques, tels que l'inscription sur les listes électorales. Nous nous soumettons en contre partie, selon nos devoirs, aux contributions publiques par une taxe d'habitation adaptée.
Nous devons faire prendre en considération par le code notre volonté d'accepter certains risques propres à l'habitat de plein air, comme de mettre un pull de plus quand il fait froid ou d'entendre la pluie battre sur nos têtes, et notre besoin de ne pas opposer à notre environnement des remparts qui nous isolent de notre milieu naturel et humain.
Nous devons pouvoir revendiquer une qualité de vie plus accessible dans la sobriété que dans l'abondance, tout en respectant la décence et la salubrité de base, normes de protection collectives qui ne doivent pas devenir des prescriptions à des équipements de luxe.
Également, la yourte doit pouvoir être identifiée comme un logement d'accès facile pour les pauvres, puisqu'une de ses spécificités est de pouvoir être fabriquée à moindre coût par son usager, qui y gagne en dignité, maitrise, responsabilité et estime de soi, meilleures bases pour des rapports sociaux pacifiés et partagés.
D'autre part, en matière de protection de l'environnement et d'insertion dans le paysage, les yourtes sont à l'habitat ce que le principe de précaution est aux OGM. Une application du bon sens qui devrait faire force de loi.
Quel est le droit des tentes, des yourtes, comme habitat, alors qu'elles ne rentrent dans aucun cadre reconnu?
Il est à créer, et c'est dans les procès tel que ceux qui nous sont faits par les spéculateurs immobiliers, les agents de la DDE et quelques communes mal embouchées qu'il se crée.
Nous voulons des lois qui répondent aux besoins et aux usages des citoyens et nous avons besoin d'avocats qui se mouillent pour défendre ces causes, afin que les lois évoluent au service du peuple et non pas des multinationales et de l'oligarchie..
Ce pays et sa mentalité sont incapables pour l'instant d'accepter
que des vagues entières de personnes et de familles
décident de quitter volontairement leurs appartements
pour aller habiter dans des tentes.
Nous savons que cette vague est l' aboutissement des crises écologiques, sociales, spirituelles et économiques.
Nous savons que ce symptôme de transformation radicale du mode d'habiter occidental, est une ouverture incontournable, grâce à la mondialisation, qui nous oblige à intégrer l'apport multi-culturel venu de l'étranger, pas seulement par le profit et la vénalité en colonisant et esclavagisant le tiers monde pour cirer nos bottes, mais en assimilant avec respect la diversité des traditions et des modes d'exister.
Habitants modestes et légers, nous ne pouvons accepter d'être traités de marginaux des bidonvilles ou de délinquants, quand ce n'est de terroristes parce que, en nous établissant dans des habitats au très faible pouvoir de nuisance et à l'empreinte écologique quasi nulle, nous rompons avec la féodalité, la bourgeoisie, le capitalisme, les logiques boursières de la spéculation, le productivisme et le consumérisme.
Ce faisant, nous questionnons par nos pratiques ce besoin vital d'espace personnel privé que constitue le foyer, par un système de valeur que nous relions aux besoins humains essentiels mais aussi à la généalogie de l'humanité, la yourte s'avérant, telle une embarcation traversant imperturbablement tous les temps, une maison intemporelle à vocation culturelle et spirituelle, capable de nourrir, dans toutes ses dimensions, l'humain, et de protéger des générations entières.
Nous intégrant avec délicatesse dans l'éco-système, nous sommes désormais capables d'argumenter que la normalisation et le formatage trop répressif de l'habitat sont une atteinte à la capacité de compensation spontanée et d'invention réactionnelle des peuples confrontés à l'horreur économique et à l'échec du libéralisme.
Nous devons faire reconnaître que notre créativité est une « nemesis », une réponse positive à l'étouffement et au piétinement des immunités collectives, porteuses de solutions instinctives de réparations, de guérisons sociales.
Pour ma part, je me bats pour qu'une tente de dimension modeste avec des aménagements externes ne soit pas contrainte au permis de construire, pour qu'il existe encore dans ce pays un minimum de liberté pour des gens courageux et sains d'esprit qui n'ont pas les moyens de s'approprier des maisons et des terres.
Parce qu'alors, où s'arrête l'inquisition de l'uniformisation de masse???
Quand je fabrique ma tente, je poursuis à peu prés le même processus que lorsque je me fabrique un manteau ou un parapluie....pas besoin d'architecte, ni même de plans...ni de technologie, ni de grosses dépendances énergétiques....ce qui me rend autonome et créative. J'ai construit ma yourte avec un couteau, une plane, un rabot, une petite perceuse, une scie sauteuse, et bien sur, une machine à coudre et des ciseaux: outils manuels basiques pouvant se suffire à eux mêmes. Je n'avais jamais auparavant travaillé le bois.
Faudra t-il bientôt un permis de construire pour les huttes, les manteaux et les parapluies???? Ineptie.
Si certaines tentes, utilisées par les associations humanitaires, sont des réponses à l'urgence sociale et constituent la dernière étape avant la rue et l'absence de domicile fixe, le dernier balustre avant l'exclusion extrême et une désocialisation aboutie, il faut désormais prendre en compte un mouvement inverse, par lequel aller habiter sous une tente constitue pour de plus en plus de personnes la première étape d'un processus de désaliénation, de transformation des paradigmes et des critères du développement et du bien-être, la mise en pratique d'une éthique, d'une cohérence, d'une intégrité personnelle visant à la solidarité universelle, une volonté de reconstruction de soi, et finalement un véritable projet de vie, familial et social.
Cette concrétisation spontanée et populaire d'une remise en cause globale de notre façon de vivre et du rapport à la terre par le mode d'occupation du sol devrait constituer, loin d'une dérive ou d'une contestation passagère à base de frustration, le marqueur du renouveau des aspirations humaines ayant digéré une pleine séquence de matérialisme capitaliste.
Ce phénomène n'est en rien un retour en arrière comme accusent les détracteurs des objecteurs de croissance, mais bien un bond en avant dans l'émancipation et la responsabilisation des peuples qui revendiquent le courage de diminuer pour que d'autres puissent augmenter, et que tous trouvent ensemble un équilibre viable entre nature et culture.
Profitons alors de l'avantage de la yourte sur la cabane,
puisque sa longévité la rend respectable, donc plus facile à défendre:
Pauvres cabanes qu'ils peuvent raser en prétextant qu'elles sont moches, ne s'intègrent pas au paysage, rebelles au modèle esthétique bétonnier dominant, et ne sont que des ramassis de poubelles...
ce qu'une culture très soutenable appelle pourtant « récupération », « recyclage »,
« valorisation des déchets » ou « art premier »!
Pauvres cabanes accusées de saborder le code de l'urbanisme aux bottes des entreprises du bâtiment, en ne faisant pas appel aux constructeurs et matériaux patentés!
Pauvres cabanes dévolues à l'imagination débridée des paysans, ouvriers, vagabonds, enfants, voyageurs, migrants, ermites, tous plus tarés les uns que les autres, se permettant le Dimanche d'amasser des rebuts pour des assemblages farfelus! Heureusement que le repos du septième jour de la semaine est supprimé!
Pauvres cabanes, si timides et si discrètes qu'il a fallu faire appel aux instincts les plus vicieux de la délation organisée pour les débusquer et les éliminer!
Mais ils ne peuvent en faire autant des yourtes, sans attaquer les origines anthropologiques et les fondements mêmes des peuples premiers, des historiens et des gardiens des cultures du monde, porteurs d'un savoir et d'une sagesse transcendantale, puisque les yourtes, comme les tipis ou les tentes caïdales, sont le noyau historique et culturel de civilisations entières.
Et manque de pot pour les breveteurs en mal d'amputer la mémoire universelle de la diversité et la pluralité des établissements humains, actuellement occupés à exterminer la diversité des espèces animales et végétales, une inviolabilité de taille casque les yourtes:
l'inscription par l'UNESCO sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.
Ainsi en s'attaquant aux yourtes, on ne s'attaque pas seulement
à un abri, un logement, un domicile,
on s'attaque à une œuvre d'art,
un archétype du patrimoine culturel commun,
un chef d'œuvre du génie humain créateur,
un symbole sacré.
Nul doute que ce statut des yourtes devrait temporiser l'ardeur de quelques bulldozers agressifs.
Et si l'on regarde de plus prés l'origine des yourtes, et d'ailleurs de la plupart des tentes vernaculaires, on remarquera que leur invention et leur fabrication revient aux femmes, qui ont utilisé les matériaux autour d'elles et leurs ressources artisanales primitives pour édifier le nid familial.
On
ne s'étonnera donc pas que bien des personnes qui aujourd'hui
adoptent la yourte comme mode d'existence soient des femmes,
qui, revenant aux sources de leurs instincts de conservation et de protection, tant pour leur famille que pour la terre mère, prennent en main la fabrication du foyer.
Lorsque les femmes s'émancipent par l'auto-détermination , l'auto-production et l'auto-gestion de leurs besoins primaires, se distanciant du travail salarié et de la domination patronale et domestique, elles obligent la société misogyne moderne à une remise en cause radicale de son organisation fondée sur l'exploitation et la soumission des plus faibles, et sur la dépossession des savoirs populaires par les spécialistes diplômés.
On comprend dés lors que des institutions patriarcales fondées sur la subordination de la femme aient bien du mal à accepter que, sans formation d'architecte, de maçon, de charpentier, de menuisier, sans souscrire aux programmes d'insertion professionnelle et de remise à niveau, elles puissent, sur leur seule inspiration, produire un abri humain aussi viable et aussi parfait.
Sans doute appartient -il aux précurseur(e)s et pionnier(e)s des yourtes en Occident de faire le lien entre passé et futur, entre sociétés traditionnelles et société post-industrielle, et aux femmes en particulier, de tisser de nouvelles trames de la vie quotidienne, en s'appropriant de nouveaux usages équilibrant
savoir coutumier et modernité,
bon
sens et audace, rêve et réalité,
technologie et
croyances,
science et magie,
qui soient l'expression directe de leurs désirs et de leur liberté.
Les nouvelles voies d'habiter peuvent ainsi rouvir la voie du politique aux femmes, en dehors du salariat et de l'exploitation productiviste,
car de même qu'en portant nos ventres du privé au public nous avons gagné le droit de gérer notre fécondité, de même en portant notre espace privé sur la place publique, nous créerons une manière non bureaucratique, non-autoritaire, d'organiser la cité et le vivre ensemble.
Nous débattrons sur le thème « Habitat et Féminisme »
lors du WE du 7 et 8 Mars, réservé aux femmes,
au Cantoyourte à Bessèges..
Toute contribution sur ce sujet bienvenue.
« Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, la valeur doit être universelle, exceptionnelle, et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection:
témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages ;
apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue;
offrir un exemple éminent d'un type de construction ou d'ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l'histoire humaine ;
être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible ;
être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle. (Le Comité considère que ce critère doit préférablement être utilisé en conjonction avec d'autres critères);
représenter des phénomènes naturels ou des aires d'une beauté naturelle et d'une importance esthétique exceptionnelles ;
être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l'histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d'éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification ;
être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l'évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d'animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins ;
contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.
représenter un chef-d'œuvre du génie créateur humain
La protection, la gestion, l'authenticité et l'intégrité des biens sont également des considérations importantes. Depuis 1992, les interactions majeures entre les hommes et le milieu naturel sont reconnues comme constituant des paysages culturels. »
30 novembre 2008
Enfin un statut pour les yourtes!
« Détritus »!
Enfin un statut pour les yourtes!
A
chaque jour suffit sa peine.
Chaque jour un peu plus abasourdie
par la capacité de nuire du pouvoir actuel.....
L'association Droit au logement a été condamnée
à verser 12 000 euros d'amende pour avoir installé,
du 3 octobre au 15 décembre 2007, des tentes,
à destination de sans-abris, rue de la Banque à Paris.
Cette décision, qui crée un précédent en inventant
une nouvelle infraction pour réprimer
les associations de lutte de sans logis et les sans abris ,
s'appuie sur l'article R 644-2 du Code Pénal qui punit
"l'embarras sur la voie publique par le dépôt ou l’abandon d’objets".
La juge de proximité du tribunal de police de Paris
n’a certes pas suivi la réquisition du Procureur
qui avait réclamé 100 euros par tente, car a-t-elle expliqué,
l’embarras sur la voie publique
par le dépôt ou l’abandon d’objets,
ne peut être imputé aux objets déposés,
mais à l’action de les laisser et les abandonner
sur la voie publique (Art R 644-2 du Code Pénal) .
Cet article a été délibérement détourné de sa fonction initiale
pour criminaliser une fois de plus la pauvreté.
Le DAL a ainsi écopé de la peine maximum,
pour trois infractions d'installations de tentes ( 319 tentes),
et une infraction d'installation de sacs de couchage,
couvertures, cartons, bâches plastiques …
soit 750 euros par « infraction » de 4e catégorie, X par 4,
car DAL est une personne morale, soit 12 000 euros.
La confiscation des 319 tentes, saisies depuis plus d’un an
par la police a été également confirmée.
Le DAL estime que ce jugement crée
une nouvelle et très grave sanction
applicable à n’importe quel sans-abri.
Qu’est ce qui empêche désormais un policier
de dresser un procès verbal à un sans-abri isolé,
qu’il soit sous tente, dans un sac de couchage ,
ou sous des cartons?
Le délit d’encombrement de la voie publique
s’applique désormais à des êtres humains !
La seule bonne nouvelle de ce jugement indigne et scandaleux,
c'est qu'en reconnaissant que les tentes sont des objets,
elles sont définitivement et juridiquement reconnues
hors du champ d'application du permis de construire.
Ce qui risque fort de fâcher les obséquieux de la DDE,
d'un coup de jugement inique menacés de chômage technique
s'ils ne peuvent plus trainer eux-mêmes les yourtes
en correctionnelle.
qui sont des tentes,
sont des objets,
elles seraient désormais pénalisables sur la voie publique,
mais en aucun cas sur un terrain privé,
ou il est encore permis d'entreposer ses objets et ses poubelles.
Nous prenons note que désormais les yourtes sont,
pour le gouvernement français, des détritus,
issus en masse du territoire mongol ou, pire,
des ordures issues de l'imagination malsaine et puante
de quelques auto-constructeurs complètement dégueulasses.
La steppe d'Asie Centrale, entièrement polluée
par les dépôts d'ordures vernaculaires qui constituent
l'habitat traditionnel de générations de nomades,
n'a
rien a envier , en terme de dépotoir, au désert
où sévissent les détritus habités par les touaregs,
dits tentes caïdales du Maroc
ou aux oripeaux dits tipis des sibériens ou des inuits.
Un
flot d'ordures venant des banlieues, des friches paysannes,
et des continents pauvres
s'apprête manifestement
à déferler sur la France,
c'est pourquoi la répression exhibe encore l'idée géniale
de criminaliser directement les abris qui, depuis des millénaires,
constituent la dernière protection de populaces égarées
prêtes à souiller irrémédiablement les trottoirs parisiens.
Il ne reste plus aux empêcheurs
que que de construire de grandes décharges
et de hautes cheminées d'incinérateurs
pour y jeter les 20000 yourtes
qui ont envahi la campagne française,
en lot avec ce peuple des tentes
dont la confiscation, puis la destruction,
semble prête à devenir cause de salubrité publique.
Epuration d'objets ou épuration ethnique?
Ou l'on voit que la croissance n'est plus basée sur le travail,
source de richesses collectives,
mais sur la destruction des vies,
des ressources humaines et naturelles,
et de la cohésion sociale:
des fonctionnaires et des cadres moyens,
des éducateurs et des assistants sociaux,
des journalistes, des employés, des entreprises,
des juristes et des humanitaires,
et autres personnalités apitoyées, et j'en passe,
tous remplis d'une bonne conscience sans faille,
occupés à soutenir la croissance en s'agitant
autour de procédures couteuses destinées
à réinsérer ou virer les pauvres,
sont devenus ainsi les caporaux du totalitarisme productiviste,
dans le but aveugle et suicidaire de faire durer un peu plus
l'illusion capitaliste et libérale, devenue meurtrière.
Il ne leur manque plus qu'à tourner un film préventif
à caractère hygiénique, écologique et à croissance durable
pour dissuader tous ceux qui rêvent de quitter
leur blokaus urbain trop lourd et trop cher
pour un toit modeste et léger,
et les prévenir fermement,
en orchestrant une campagne nationale
créant quelques
milliers d'emplois stupides et méchants
mais propres à faire taire toutes velléités contestataires,
que vouloir habiter dans un rebut vous assimile à un déchet,
un fou dangereux amoureux de ses excréments,
c'est à dire un criminel illicitement occupé
à salir volontairement le pays.
Et par chance, nos prévoyants dirigeants
ont créé des lois d'urgence extraordinaires,
prêtes à s'appliquer illico à ces terroristes en puissance.
Pétition à signer pour aider le DAL: là
15 novembre 2008
La caravane du DAL invite au débat à Besseges
Le Collectif citoyen du canton de Bessèges,
le DAL et HALEM vous invitent :
Table ronde et débat public
« Réponses citoyennes
à la crise du logement en Cevennes »
Mercredi 19 novembre à 20H30
au centre Culturel de Bessèges,
en présence des associations,
des organisations, des élus et des citoyens.
Le logement est un Droit !
Le Droit au logement est appliqué dans plusieurs pays européens, et reconnu dans de nombreux textes internationaux ratifiés par la France qui a été condamnée en juin par le Conseil de l'Europe pour sa politique du logement désastreuse.
Pendant que des milliards d’Euros sont trouvés pour sauver les banques, le gouvernement refuse toujours un plan d’ensemble (construction, rénovation, réquisition) pour le logement social.
Dans le Gard, le préfet s'effraie de recevoir dans son département, l'un des plus pauvres du pays (15% en dessous du seuil de pauvreté, 11% de chômage) un afflux de 10000 habitants de plus par an. La forte demande en logement social ( parc HLM déjà très inférieur à la moyenne nationale, 13% au lieu de 17%)est très loin d'être couverte par les 750 logements neufs construits chaque année. En l'absence d'une régulation interventionniste de l'Etat et des municipalités, les opérateurs HLM sont concurrencés pour le foncier par les promoteurs privés, les spéculateurs et les activités commerciales: le prix du mètre carrés neuf sur Alès flambe plus haut qu'à Montpellier!
En même temps, cette année, le préfet a accordé le concours de la force publique 60 fois plus souvent qu'il y a dix ans pour expulser des malheureux, taux de croissance au record absolu!
Au lieu de loger le peuple, d'offrir des terres autour d'Alès et Saint Hilaire aux jeunes agriculteurs de la région en attente d'exploitation, d'accueillir sans les criminaliser les passages estivaux des grandes caravanes, les maires de l'agglomération d'Alès ont prévu un golf avec piste d'atterrissage et détournement des nappes phréatiques, entouré d'hôtels de luxe, comptant bien se servir du RSA pour fournir les laquais des riches.
Certains pourtant en Cevennes résistent et inventent de nouvelles formes de survie, se responsabilisent par le choix de vivre dans des habitats modestes et légers, parfois auto-construits, souvent écologiques, répondant ainsi par leur inventivité et leur travail non-marchand à la crise socio-économique, immobilière et environnementale.
Mais la répression se renforce et s'abat sur tout ceux et celles qui osent relever la tête pour vivre dignement, créer des alternatives, sortir de l'exclusion et la misère imposée : le tribunal, les amendes, les condamnations, le harcèlement et les violences policières, l'expulsion, le refus d'hébergement.
C'est le cas de Sylvie qui vit sous ses yourtes à Bessèges en Cevennes Minières, attaquée en procès le 27 Novembre à Alès par des marchands de biens qui veulent l'expulser.
C'est pourquoi la caravane du DAL et l'association Halem (HAbitants en logements éphémères et mobiles) ont choisi Bessèges pour soutenir ce combat très symbolique du droit à l'habitat choisi, et initier un grand débat sur l'état du logement dans notre région.
Partie mardi 14 octobre de Pau, arrivée le 26 à Paris, la Caravane « contre la crise du logement », un bus et des vélos porteurs d’un message pacifique fort, reprend la route le 17 novembre direction le Sud, pour apporter son soutien à des occupants d’un campement à Toulouse, des cabanoniers en conflit avec la municipalité à Vias (34), des gens du voyage à Montpellier, le camp de yourtes à Bessèges, puis visitera les vieux quartiers de Marseille, visés par un plan de réhabilitation, avant de rejoindre la manifestation à Marseille le 22 novembre pour la grande mobilisation européenne du droit au logement et à l’habitat choisi, du droit à la ville, du droit à un environnement sain et à une énergie accessible et renouvelable, pour l’Europe des solidarités.:
Infos sur la caravane DAL
Infos sur la manif de Marseille:
ttp://marseille2008.no-vox.org/
Contacts :
Fédération Droit Au logement – 24 rue de la Banque - 75002 Paris /
Tél. : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18 • E-mail: fededal@wanadoo.fr
Association
HALEM (association pour les HAbitants de Logements Éphémères
ou Mobiles)
Auberge
de Pyrènes 09800 ENGOMER / Tél. : 06 18 94 75 16
halemfrance@halemfrance.org / site : www.halemfrance.org
Sylvie pour Yurtao : demeuresnomades@orange.fr / Tél. : 06 66 54 84 77 matin
.
09 novembre 2008
Législation et situation juridique des yourtes en France.
Il n'existe pas de législation spécifique
pour les yourtes en France.
En conséquence, la
situation juridique des yourtes
est cernée par une nébuleuse de lois
qui tente d'appréhender cette nouveauté
dans le paysage du logement en France.
Ceux qui ont l'habitude du pouvoir ont fâcheusement tendance
à interpréter ces lois selon leur propre intérêt.
L'ignorance de ce faisceau juridique, la naïveté, la crédulité
et la bonne foi des habitants des yourtes
les portent à se laisser intimider
par des menaces diverses non fondées.
Il faut désormais lutter ensemble
pour le droit d'habiter dans une yourte
et résister aux abus de pouvoir
commis par des nantis sans scrupules
qui veulent nous exclure du territoire.
Nous devons occuper le terrain juridique,
qui est en pleine évolution, pour empêcher,
par nos argumentations, nos solidarités,
nos expérimentations et nos exemples,
des réglementations de plus en plus répressives
contre les habitats alternatifs, modestes et légers.
Définition, Larousse:
Une yourte est une tente mongole en feutre.
Tente: abri portatif démontable
en toile serrée que l'on dresse en plein air.
Abri: installation où l'on peut se mettre à couvert de la pluie,
du froid ou hors d'atteinte d'un danger,
Installation: action d'installer.
Installer: mettre en place, disposer, aménager.
Une installation
n'est pas une construction.
Construction, action de construire: bâtir, édifier.
Édifice: bâtiment considérable.
Bâtiment: construction d'une certaine importance
servant d'abri ou de logement.
L'article L421-1 du code de l'urbanisme:
« Les constructions, même ne comportant pas de fondations,
doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire. »
ne s'applique donc pas aux installations.
Les yourtes étant des tentes,
des installations et non des constructions,
ne tombent donc pas sous le coup du permis de construire.
Les yourtes, étant des tentes,
ne sont pas des caravanes,
pas des mobiles -homes,
puisqu'elle ne disposent pas de moyens de mobilité.
A titre indicatif, les caravanes, véhicules terrestres habitables
dépendent de la législation des résidences mobiles,
c'est à dire des habitations disposant en permanence
de moyens de mobilité. Leur stationnement
est soumis à des règles nationales ( R111-42),
qui interdisent aussi le camping sur des sites préservés,
et à des règles locales ( R111-43),
c'est à dire à un PLU ou un arrêté municipal.
La loi répressive de sécurité intérieure
visant les nomades ( Article 322-4-1 du code pénal)
ne peut s'appliquer que si les habitations mobiles stationnées
sur un terrain privé ou public sont en état de mobilité,
que s'il existe un schéma départemental
selon la loi 2000-614 du 5.07.2000
et que si la commune s'y est conformée,
que si l'installation se fait à plusieurs
et pendant moins de trois ans,
sur constatation d'un huissier ou policier municipal.
Les mobil-homes quand à eux se divisent en deux catégories,
car ils n'ont pas de statut juridique spécifique:
quand ils ont conservé leurs moyens de mobilité,
ils sont assimilés à une caravane,
quand ils n'ont plus de moyens de mobilité,
ils
sont considérés comme des HLL. (Habitations légères de loisirs)
Une yourte, tente d'origine mongole,
dépend donc de la législation du camping.
Une tente de type yourte
ne comportant pas de bloc cuisine ni de sanitaires
ne peut être assimilée à une HLL,
elle reste donc soumise à la législation du camping.
(Réponse ministérielle N° 106311 et 25128 au Journal officiel)
En France, le camping est généralement autorisé
mais il est réglementé pour certaines zones.
Il est interdit de camper :
dans les bois, forêts et parcs qui sont classés comme réserves naturelles,
sur les routes et voies publiques,
sur les rivages de la mer,
dans un rayon de 200 m autour d'un point d'eau capté pour la consommation.
dans un site classé ou inscrit dans les zones de protection du patrimoine de la nature et des sites,
à moins de 500 m d'un monument historique classé ou inscrit,
dans certaines zones déterminées par les autorités municipales ou préfectorales.
Des panneaux réglementaires sont apposés aux points d'accès habituels des zones interdites. Tout stationnement de plus de trois mois par an, hors terrains aménagés, doit être autorisé par le maire, l'autorisation est donnée pour trois ans maximum. Il est permis de camper sur le domaine public partout où ce n'est pas interdit.
Il est souvent « interdit » dans la plupart des villes et des parcs naturels par arrêté municipal. Cette interdiction a été analysée comme contraire à la liberté de circulation, dont le droit à stationner figure comme un corollaire, selon le conseil d'État.
Tant qu'on a, sur son terrain,
moins de six tentes et vingt campeurs ,
il suffit d'une déclaration préalable à la mairie.
(article R 421-23c)
Au delà de six tentes et 20 campeurs,
il faut demander à sa mairie un permis d'aménager.
Par contre, une tente, donc la yourte,
peut être assimilée à une HLL,
si elle comporte un bloc cuisine et des sanitaires.
Une HLL dont le SHON ( superficie au sol)
est inférieur à 35 mètres carrés
est exemptée de permis de construire
et nécessite seulement une déclaration préalable. (R422-2j)
Au delà d'une surface au sol de 35 mètres carrés,
une HLL doit disposer d'un permis de construire.
Ce qui signifie, en conclusion:
1) que votre yourte, quelque soit sa surface,
avec des sanitaires et un bloc cuisine extérieurs
reste une tente
et ne nécessite donc pas de permis de construire
mais une simple déclaration préalable à la mairie.
2) que votre yourte de moins de trente cinq mètres carrés
aménagée avec bloc cuisine et sanitaires
ne nécessite qu'une déclaration préalable.
3) que votre yourte de plus de trente cinq mètres carrés
et aménagée d'un bloc cuisine et de sanitaires
est soumise au permis de construire.
Le permis ne sera pas nécessaire
pour un plancher réversible sans fondations,
en bois, en palettes, ou solives et plaques,
recouvert par les toiles de la tente,
mais le sera pour une « terrasse » en béton
sur laquelle vous pourrez poser votre yourte.
l_gislation_et_situation_juridique_des_yourtes
Cliquer la au dessus pour une version noir et blanc à imprimer de ce texte.
PS: Pour poser votre yourte:
Le permis ne sera pas nécessaire pour un plancher réversible en bois, en palettes, ou solives et plaques, sans fondations, mais le sera pour une « terrasse » en béton dont la hauteur dépasse 6O centimètres, sur laquelle vous pourrez poser votre yourte.
La
construction d'une terrasse bois dont le niveau supérieur du
platelage est inférieur ou égal à 60 cm du terrain naturel ne fait
en général l'objet d'aucunes contraintes administratives. (R241.1
ligne1 "Les terrasses dont la hauteur au sol n'excède pas
60cm")
La construction d'une terrasse dont le niveau est
supérieur à 60 cm du terrain naturel et dont la surface est
inférieure ou égale à 20m2 nécessite une déclaration de
travaux
La construction d'une terrasse dont le niveau se situe à
plus de 60cm ET dont la surface est supérieur à 20m2 doit faire
l'objet d'un permis de construire.
04 novembre 2008
l'ignoble forcing de la DDE sur la yourte de Léa et Tom
Menaces sur la yourte de Lea et Tom.
De plus en plus de personnes me font part des ennuis que leur font la DDE pour leurs yourtes.
Voici l'appel de Christiane pour défendre le mode de vie choisi par Léa et Tom:
« J'essaie de m'informer tous azimuts pour aider ma fille Léa et son compagnon Tom, dont la yourte est installée en Ariège. Ils sont actuellement en voyage... en Mongolie, et pas de retour avant l'été prochain.
La yourte est occupée régulièrement par des amis afin de l'entretenir et la préserver.
Pour résumer, ils se sont installés sur un terrain privé en plein accord avec le propriétaire, en échange du défrichage et de l'entretien du terrain.
Ils ont fabriqué pendant un an leur yourte de bout en bout (feutre filé dans une petite fabrique à Beluès en Dordogne,...).
Le terrain est fortement pentu et ils ont créé des terrasses pour la yourte et pour des cultures potagères... Ils sont en autonomie complète : source, panneaux solaires, toilettes sèches,...
Ils ont vécu là tranquilles quelques mois,
rayonnant dans le département pour trouver du travail.
Le maire d'Arrout les a accueillis chaleureusement au sein de la commune au jour de l'an dernier.
Au printemps 2008, ils se sont absentés pour travailler en Corse (Tom est cordiste, spécialisé dans le travail sur bâtiment en hauteur et Léa pensait trouver du travail dans le maraîchage ou dans le bâtiment puisqu'ils ont appris à tout faire).
Le 17 avril 2008, suite vraisemblablement à une dénonciation, en leur absence, un agent de la DDEA de St Girons, accompagné de 2 gendarmes constatent la présence de la yourte.
Le 7 août, les mêmes se rendent sur le terrain (en l'absence de Tom et Léa à nouveau) pour faire la même constatation. L'agent de l'unité territoriale écrit une lettre d'injonction au propriétaire du terrain, fort de ces deux constatations : "une yourte implantée sur votre terrain, en contradiction avec le code de l'urbanisme" sans autre précision, avec invitation à l'enlever avant le 15 octobre 2008 sous peine de procès-verbal.
Le propriétaire demande un délai, au moins jusqu'au retour de Tom et Léa (en juillet 2009) et il argumente en leur faveur : "aidant ce jeune couple sain, courageux et volontaire... restant fidèle à mes concepts de solidarité, de générosité envers les plus démunis... cette action avait aussi une dimension écologique puisque Tom et Léa ont, par leur travail, merveilleusement entretenu ce terrain qui après leur départ sera voué aux ronces et aux fougères... Dommage pour l'Humain, dommage pour la Terre..."
Ce discours n'émeut pas notre fonctionnaire et le 3 octobre, il réitère son injonction, portant le délai au 30 novembre, avec les arguments suivants : "Je ne peux pas, par mesure d'équité, surseoir pour une durée indéterminée à la levée d'un procès verbal à votre encontre... après cette date, un procès verbal sera dressé à votre encontre..."
Voilà où nous en sommes. La yourte est implantée avec l'accord verbal du propriétaire et du maire mais sans autorisation "officielle", et surtout sans permis de construire...
J'ai pris contact avec le propriétaire qui est navré, dépité mais ne veut pas payer d'amende (on le comprend), et avec le maire qui va rencontrer le responsable de l'Equipement, il souhaite trouver une solution mais il semblerait qu'il y ait une lutte de pouvoir.
J'ai écrit au responsable de l'unité territoriale pour lui demander sur quoi pourrait se fonder un procès-verbal constatant une infraction au code de l'urbanisme, sur quels articles??? Qu'en était-il du principe d'équité qu'il évoque??? et j'ai réitéré une demande de délai jusqu'au retour de Léa et Tom.
Je l'ai eu au téléphone, mais le monsieur est retors.
Je cherche des textes qui pourraient m'aider à résoudre le problème mais je dois dire que c'est un vrai casse-tête : autorisation ou pas? permis de construire ou pas? yourte, installation légère ou considérée comme un bâtiment en dur?
Sur quels articles explicites du code de l'urbanisme (ou de la construction et de l'habitat?) la DDEA peut-elle faire dresser procès-verbal (1500€ avec astreintes de 50€ par jour, c'est la menace!) et ordonner le démontage? »
S'ensuit un article dans le journal local:
On peut y lire, repris par le journaliste ignare, la façon dont la DDE fait sa propre loi.
« Dernièrement, ils sont dénoncés par un voisin bien intentionné. Les services de la direction départementale de l'équipement et de l'agriculture se rendent alors sur place. Ils constatent que la yourte ne dispose d'aucune desserte en eau et en énergie. Ce qui est formellement interdit par la loi. De plus, elle a été installée sans autorisation d'urbanisme préalable, comme l'exige la loi. Enfin, il n'y a pas de desserte pour les véhicules des secours. La DDEA décide alors d'appliquer la loi et demande au propriétaire du terrain de détruire la yourte pour le 15 octobre. Ce dernier leur répond alors qu'il n'en est pas question. Devant ce refus, la DDEA lui a donné un nouveau délai. Jusqu'au 30 novembre. »
Cet article m'a
passablement énervé.
Ce
journaliste dit n'importe quoi de la loi, «
formellement interdit » par qui?????? Il n'y connait rien
et répète bêtement ce que lui disent les gens de
la DDE qui ne supportent pas qu'on leur échappe et inventent
la loi pour eux.
Mais pour toute expulsion, un procès! Et on ne démolit pas, on démonte!
La desserte en eau et énergie n'est pas obligatoire, rien n'interdit d'habiter sans eau dans une tente. La loi n'exige pas non plus d'autorisation d'urbanisme pour des tentes. Quand la DDE dit qu'elle veut faire appliquer la loi, c'est pour mieux cacher qu'elle la transgresse en faisant des pressions indues, et que les yourtes ne sont pas de son ressort. Quand elle en arrive à vouloir détruire une yourte sans passer devant un juge, ni respecter aucune procédure légale, c'est le retour au barbarisme. Et pour les procès, elle compte sur l'embrouille, la polémique, l'ignorance et la difficulté pour les yourteurs démunis à se faire défendre correctement, pour gagner. Ce qui ne change pas le fait que la loi n'interdit pas d'habiter dans un yourte sans confort.
Parler de détruire une yourte en gros titre, c'est faire croire que c'est possible sans autre forme de procès. D'habitude on agite le spectre de l'expulsion sur les yourteurs, mais là, invoquer carrément la destruction, c'est vouloir délibérément faire oublier que nous sommes encore pour l'instant dans un pays de droit et donner raison, une fois de plus, aux plus forts.
Ne vous laisser pas intimider, refusez les menaces!
Les maires ne
sont pas impuissants comme on peut le craindre: s'ils connaissent la loi
sur les yourtes, ils savent qu'il n'y a pas de loi spécifique,
un vide juridique que nous devons, nous les usagers, remplir de nos
luttes et nos exigences.....et donc jusqu'à preuve du
contraire, les maires peuvent faire ce qu'ils veulent sur leur
commune. Seulement ils sont toujours habitués à
travailler avec la DDE et se laissent eux aussi impressionner. Il y a
surement anguille sous roche, des histoires de rivalité locale
et petites combines bien moches...
Lorsque la DDE chez moi a
fait pression sur mon maire, j'ai fourni les documents de réponses
ministérielles qui font office de loi actuellement sur la
situation des yourtes.R_ponse_ministre___Rouvi_re
Ils ont vu que j'avais de quoi répondre et ils n'ont pas poursuivi.
La DDE partout en France en ce moment tente de conserver son hégémonie absolue sur les autorisations de permis de construire, par des menaces et des allégations mensongères sur les maires, les propriétaires de terrain et les yourteurs.
La DDE intente des procès abusifs après avoir exercer des pressions infâmes à la limite de la légalité, telles que celles dont nous parle Christiane, et Caroline dont je raconterais l'histoire dans le prochain article.
Le peuple des yourtes est encore naïf sur sa situation juridique, mais la profusion d'affaires en cours va faire changer rapidement le rapport de force.
Il faut que chaque yourteur prenne conscience qu'il met le pied sur un terrain quasi vierge et qu'il lui faudra soutenir un combat pour affirmer son choix de vie. Les adversaires de la yourte sont légions, mais ils nous apprennent à mieux nous situer, à faire front ensemble, à argumenter, et faire valider progressivement par les pouvoirs publics notre réponse légitime à la crise du logement par l'utilité sociale et écologique.
Merci à Christiane qui s'est engagée courageusement dans ce combat.

Je travaille sur un texte général
résumant la situation juridique des yourtes en France. Ce texte
sera soumis à plusieurs personnes compétentes, en
particulier Béatrice Messini, chercheuse au CNRS.
Je sais qu'il faut le faire rapidement, car les nouveaux cas se multiplient et il va falloir que nous soyons unis sur un même front si nous voulons gagner cette bataille du droit au logement modeste et choisi.
N'hésitez pas à m'envoyer tous documents utiles, procédures, histoires de yourtes...Toutes ces histoires convergent vers le droit d'habiter selon ses moyens en accord avec le cosmos.
Plus d'infos sur le droit des yourtes.
"Législation et situation juridique des yourtes en france"
09 octobre 2008
Mobilisation contre la crise du logement
Mobilisation -
Appel contre la crise du logement et la loi Boutin :
un logement pour tous !
LA CRISE DU LOGEMENT BAT SON PLEIN
En hausse : Les expulsions et le désespoir qui les accompagnent, les sans logis, les mal-logés, les surendettés, les galériens du logement, les bidonvilles, le camping imposé ....
En hausse : le harcèlement et la répression des précaires du logement, des gens du voyage, des Roms, des migrants ou des occupants d’habitats alternatifs, les placements d’enfants faute de logement décent, les discriminations...
En hausse les difficultés pour se loger, les loyers et les charges, les profits immobiliers, fonciers et locatifs, les aides financières aux gros propriétaires, la spéculation immobilière, la destruction des quartiers populaires dans les centres ville et les quartiers HLM ...
En baisse : les attributions HLM, les logements accessibles à tous, les conditions de logement des ménages modestes, les moyens d’hébergement, le budget logement de l’État pour 2009, les droits des locataires et des mal-logés..
UN PROJET DE LOI LOGEMENT RETROGRADE
Présenté par Mme Boutin en octobre, ce projet renforce la crise du logement, et soutient le monde de l’immobilier, de la spéculation et de la finance.
Après avoir réduit le budget logement de 2009 et privatisé une grande partie du Livret A (qui finance la construction des HLM), elle présente cette loi pour accélérer les expulsions, imposer la dérégulation des loyer et la vente des HLM, détourner l’argent des bailleurs sociaux et du 1% logement, attaquer le droit au maintien dans les lieux des locataires HLM, vider de son contenu la loi SRU qui impose des HLM (par exemple à Neuilly), affaiblir la loi DALO ...
NOUS EXIGEONS
l’arrêt des expulsions
• la mise en
oeuvre concrète du droit au logement et à un habitat
choisi
• les mesures pour rendre accessible à tous le
logement, l’énergie et le foncier, pour construire
massivement et soutenir le logement social de qualité
•
l’application de la loi de réquisition des logements
vacants
• le retrait de la plus grande part du projet de loi
Boutin...
AGISSONS TOUT AU LONG DE L’EXAMEN DE LA LOI BOUTIN !
Nous appelons à la mobilisation de tous, de
ceux et celles qui veulent s’en sortir, et qui les soutiennent :
Manifestation samedi 11 octobre à 14h, 24 rue de la banque
(métro Bourse), 3 jours avant l’examen de la loi Boutin et
date anniversaire de la loi de réquisition, ...
Caravane de la crise du logement (de Pau à Paris du 14 au 26
octobre)
Rassemblement le 14 octobre à partir de 17h, devant le Sénat
- métro Luxembourg
Tous à Marseille les 23 et 24 novembre contre L’Europe des
spéculateurs, de la crise du logement, du logement cher, de la
marchandisation du logement ...
Autres initiatives :
le Forum Social des Quartiers, du 3 au 5 octobre, à Nanterre
Les états généraux pour un service public du
Logement et de la Ville, le 8 Novembre à Gennevilliers
1er signataires : ACDL (Ass.Déf.locataires), AFVS (ass.fami.victim. saturnisme) , AITEC (ass. Internat. Chercheurs et technitien) , ANECR (Ass.nat.élus Communistes et répub), ATTAC, Autre Monde, AVIHPO (Asso. victimes incendie paris opéra)(, CAL (comité action logemt), CNL, CDSL (com.des Sans logis)), CGT Caisse des dépots, CGT ICADE, CGT SNI, CGT FILIMMO, CNL, Collectif SDF Alsace, Coordination anti-démolition des quartier pop. , COPAF (Col. Défense des foyers de miigrants)), DAL fédération, Exception Culturelle, FSU, FSU Caisse des dépôt, HALEM (réseau de défense de l’habitat choisi, mobile ...), LDH, No-Vox, Collectif Pas Touche au Livret A, SNA banque de France, Union Syndicale Solidaires, LCR, Les alternatifs, PCF
Contre l’Europe de la spéculation,
de la hausse des loyers, de la privatisation du logement social, et
des ségrégations urbaines.
Pour l’Europe du Droit
au logement et à l’habitat choisi, du droit à la
ville, du droit à un environnement sain et une énergie
accessible et renouvelable,
pour l’Europe des solidarités
et des luttes du logement
Les Ministre européens du
logement et de l’urbanisme se réunissent à Marseille
lundi 24 novembre.
http://www.novox.ras.eu.org/site/spip.php?article172&lang=fr
Depuis qu’ils se réunissent, les prix des loyers, de
l’immobilier et du foncier n’ont jamais été aussi
élevés générant des rentes et des profits
spéculatifs inégalés, la crise et la
précarisation du logement frappent durement à toute les
portes : les droits des locataires subissent des attaques frontales,
l’accession à la propriété ne peut se faire
qu’au prix d’un surendettement intenable, la soit disant «
revitalisation » urbaine chasse les classes populaires non
seulement des centre-villes mais aussi des périphéries,
les expulsions forcées et expéditives se généralisent,
le logement social est menacé dans son financement et par sa
privatisation, la répression s’abat sur les population en
précarité de logement.
Les ministres ne
s’inquiètent en fait que des profits des spéculateurs
et des banques menacés par la perspective d’un crash
immobilier. Quant à la banque centrale européenne,
sensée juguler l’inflation, elle ne semble pas s’être
aperçue de celle des coûts du logement !
À
Marseille, les ministres ne pouvaient trouver meilleur exemple des
conséquences dramatiques de la financiarisation de
l’immobilier, des politiques d’urbanisme et du logement menées
depuis 20 ans et de la mise en concurrence des villes voulue par
l’Europe dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. Ainsi le
centre ville de Marseille, secteur très populaire, est l’objet
d’une spéculation intensive encouragée par les
autorités locales. Par exemple, rue de la République,
des centaines de familles ont été évincées,
et des dizaines d’immeubles ont été «
dévitalisés », pour être vendus au détail
à 4 000 EUR/m2. Le propriétaire actuel, une filiale de
Lehman Brothers, est aujourd’hui en faillite retentissante à
New York à la suite de la crise des subprimes : Ces centaines
de logements resteront sans doute inhabitables pour des années,
sauf si les autorités locales décident de les
réquisitionner et d’en faire des logements sociaux. L’Europe
a désigné Marseille capitale culturelle européenne
pour 2013. C’est une mauvaise nouvelle pour le logement, car chaque
événement international culturel ou sportif, déchaîne
la spéculation et les agressions contre les habitants des
quartiers populaires.
Pour cesser de jeter une partie
croissante de la population dans la rue, dans la précarité,
dans le surendettement, et de nourrir les ségrégations
urbaines lourdes de violences présentes et à venir,
nous exigeons l’arrêt des expulsions, des politiques de «
gentrification » des centres urbains et d’épuration
sociale des quartiers populaire, nous exigeons le rétablissement
ou le maintien des politiques de régulation des loyers et des
dispositions de protection des locataires.
Pour financer un
véritable droit au logement pour tous, nous exigeons la
taxation des profits immobiliers au plan européen, et une
prise en compte par la banque centrale européenne de
l’inflation des prix du logement et des loyers.
DES INFOS SUR LE DROIT DES YOURTES
14 août 2008
fichage des nomades
Suite au commentaire d'Erig déposé après mon article concernant
le compte rendu du procès contre mes yourtes
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/07/27/10049995.html,
j'ai éprouvé le besoin d'écrire cette réponse:
Merci Monsieur de me donner l'occasion de parler un peu plus du nomadisme. Le sujet est d'ailleurs chez moi brulant, puisque le WE passé, le maire de Saint Hilaire de Brethmas, petit bourg prés d'Alès, ne décolérait pas de s'être vu imposé le stationnement d' une centaine de véhicules, dont soixante caravanes, sur son terrain de football.
Soit dit en passant c'est dans ce village que la Gauche Alternative a décidé d'installer son lieu de résistance, mais c'est aussi exactement là que des spéculateurs délirants ont prévu de construire des hôtels de luxe autour d'un golf immense qui détournera non seulement tous les terrains agricoles sous le pif des centaines de jeunes agriculteurs locaux en attente d'exploitations, mais aussi toute l'eau des habitants,( qui n'ont pas le droit de pomper l'eau de la rivière pour leur petits jardins) sans parler de l'arasage des narcisses et autres fleurs sauvages du coin pour goudronner les kilomètres de pistes d'atterrissage réservés aux hélicos des gros profiteurs de la démocratie.
Donc, les journalistes et les élus de la communauté de communes du Grand Alès qui, au nom de quelques emplois de valets de golfs, ne trouvent à rien à redire au massacre d'hectares entiers de garrigue, se renvoyaient la balle ce WE en éructant à qui mieux mieux contre ces tribus d'évangélistes charismatiques ayant osé déployer leur chapiteau sur un terrain désert et plat qui ne leur était pas destiné.
Ils ont beau jeu de crier au stationnement illégal, la loi stipule bien que ce genre de stationnement des gens du voyage n'est illégal que si les communes se sont acquitté de leurs devoirs, à savoir prévoir des places pour les accueillir.
Or personne n'a voulu construire suffisamment de places pour les grands passages annuels et rituels de nomades: le maire d'Alès a continué à aveugler la populace avec ses bouquets de pétunias suspendus ostensiblement aux carrefours et a soigneusement claquemuré ses 26 places pour nomades entre deux usines désaffectées dans un quartier paumé pour être sûr de ne pas pouvoir en créer de nouvelles.
Alors, dans la course aux ghettos,
un golf de luxe contre un parc à nomades?
Encore un combat indigne, un total déséquilibre des forces.
Avant de peser de votre poids sur cette balance déjà lourdement trafiquée, je vous propose d'aller faire un tour sous un de ces chapiteaux où l'on chante la gloire de Dieu, où l'on s'embrasse et où l'on frappe dans les mains en chœur, et même si je sais que le fondamentalisme peut les gagner tout autant que d'autres fous de Dieu, vous y ferez l'expérience de laisser choir vos peurs narcissiques à vos pieds pour connaître la joie d'aller à la rencontre de l'autre.
Car je crains que vous ne fassiez partie de ces gens qui trouvent que les SDF dans les rues des centres villes, ça fait sale, ça abime le paysage et c'est dangereux, ces gens qui votent, avec la conscience tranquille d'un petit écolo responsable de son CO2, pour des réactionnaires opportunistes qui interdisent à coups de décrets sordides toute mendicité et tout étalage de pauvreté sous les fenêtres des bourgeois. Des fois que ces bourgeois n'aient pas votre degré de conscience civique et s'énervent à coups de massues et milices privées.
J'en profite donc pour réajuster ma position, à savoir que je ne me considère pas comme une nomade, même si j'ai déménagé souvent dans ma vie, que j'habite depuis plusieurs années au même endroit, que je souhaite y rester et qu'en plus, je ne possède aucun véhicule ni animal de traction, indispensables pour nomadiser.
Je ne défends donc pas ma cause, mais par la force des choses, et en l'occurrence, par le procès qui m'a été intenté avec l'accusation d'un délit créé juridiquement en 2003 par Sarkosy, dans la section dégradations et destructions portant atteinte à la sécurité intérieure,législation répressive votée pour empêcher les vrais nomades d'exister, j'ai pu constaté à mon corps défendant les glissements de plus en plus dangereux de la loi.
Depuis quelques temps, bien que je n'étais pas née lors de la dernière guerre, des relents de pétainisme me montent à la figure et j'en éprouve un souci de plus en plus préoccupant, alors que rien dans la vie publique Française et Européenne ne vienne me rassurer, bien au contraire.
Sous Pétain, des Français tuaient légalement des Français résistants, et massacraient impunément et légalement tous ceux qui ne l'étaient pas et osaient dire non à l'ignoble. Avant Pétain, le fascisme est arrivé quand les gens ont laissé ficher les Juifs sans réagir.
Alors parlons de l'Italie,
où les Français aiment aller passer leurs vacances, et
parlons non pas des vacanciers mais des nomades Roms et Italiens qui
tentent d'y vivre aux marges des villes. Savez vous Monsieur qu'en
Italie, en ce moment même, le ministre de l'intérieur,
pour faire plaisir à des gens comme vous, a organisé le
fichage systématique par ethnie et religion des nomades, et
envoyé la croix rouge et la police recenser les nomades dans
leurs camps! Et ficher tous les enfants avec empreintes digitales et ADN sous prétexte de les empêcher d'aller mendier!
Fort heureusement, ce pays
n'est pas encore totalement gangréné puisque le 9
Juillet le Parlement européen, et là on est content
qu'il serve au moins à çà, mais aussi l'église,
ouf, ont rejeté ce fichage ethnique parce que non compatible
avec les normes communautaires. Ce qui n'a pas empêché
les forces de l'ordre de dévaster des camps comme je l'ai dit
dans l'article intitulé "tribus nomades". Et le ministre de l'intérieur de promettre que rien ne l'arrêtera, que les autres pays occidentaux finiront bien par suivre son exemple,( suivez mon regard!!!) et qu'à la rentrée, il poursuit son programme d'assainissement en enfonçant le clou!
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/07/31/10093965.html
He bien moi, Monsieur, je
ne crains pas pour les petites fleurs aujourd'hui, bien que je sois
une écologiste convaincue et me désole chaque jour de
l'incurie face à la diversité végétale
gravement menacée, je crains tout simplement pour l'humanité.
Je crains tout spécialement cette montée de xénophobie bien pensante, utilisée par des assassins au pouvoir dont la veulerie n'a pas de bornes et qui sont prêts à vous désigner n'importe quel pauvre un peu différent pour vous rallier à leur protection armée.
Ils ont déjà réussi à vous détourner les yeux de la réalité et du bon sens, puisque vous placez les narcisses et votre petit périmètre carré avant les hommes.
Alors je me demande comment vous réagirez quand il faudra se battre encore pour la liberté, parce que ceux à qui vous laissez le droit de tout prendre avec des lois iniques auront commencer à grignoter aussi vos plates bandes.
Alors je vous enjoins à rouvrir votre registre des trésors les plus précieux de notre courte vie et d'y inscrire, avant qu'il soit trop tard, sur les premières lignes des choses à protéger: l'esprit et la charité.
Voici le texte de la lettre ouverte envoyée par le comité catholique international pour les tziganes:
« Lors
de notre dernière rencontre internationale à Trogir
(Croatie) ayant pour thème
« Etre des artisans de
Paix face à l'anti-tsiganisme ambiant »,
les 130
participants de 21 pays différents ont manifesté leur
inquiétude face aux nouvelles formes de racisme, parfois
latent, parfois banalisé ou manifestement violent, qui
touchent la population tsigane. Comme dans son passé, cette
population reste, aujourd'hui encore, victime d'un rejet et d'une
pauvreté inquiétants qui sont largement confirmés
par différents rapports officiels et objectifs.
C'est à
la suite des conclusions de cette rencontre que nous nous permettons
de vous adresser en tant que Président de la Conférence
Episcopale Italienne la présente lettre ouverte que nous vous
demandons de répercuter à l'ensemble des membres de
cette Conférence.
En effet, la situation en Italie et le
développement des réactions hostiles toujours plus
nombreuses et irrationnelles qu'elle a engendrées sont
particulièrement graves au point qu'elles semblent répondre
à un dessein préconçu.
Ne pas dénoncer
les injustices ni les dérives sociales présentes
constituerait un délit de fuite de nos responsabilités
de baptisés et « d'artisans de paix ».
Nous
avons le devoir impérieux de ne pas nous taire !
Il est
profondément injuste d'imputer le comportement inadéquat
de quelquesTsiganes
à l'ensemble de la communauté et de prendre à
son égard des mesures globales et contraignantes quin'ont pas
de fondement juridique ni moral.
- Il est profondément
injuste que soient diffusées par des milieux politiques de
premier plan des informations fausses et tendancieuses qui sont
répercutées et divulguées par les medias
et qu'aucune voix autorisée ne se sente le devoir de
rétablir la véracité des faits et d'appeler
à une réflexion sérieuse et objective de ces
informations.
Il est profondément injuste que soient
prises des mesures « sécuritaires » de rejet
contre cette population alors que c'est elle, puisqu'elle est la plus
faible, qui a besoin d'attention et de protection.
Il est inquiétant de constater la facilité avec laquelle on arrive à une tragique inversion des valeurs.
Il est profondément injuste d'assister passivement aux actes de violence notamment sur des terrains de campement dérisoires, délaissés, qui sont des lieux d'une vie « sous-humaine »mais qui sont cependant aussi des lieux d'une vie familiale intense.
- Il est profondément injuste d'ignorer le lourd tribut d'humiliations et de persécutions que les Tsiganes ont déjà payé au cours de leur histoire et qui marque dramatiquement leur conscience collective.
Le bon sens nous impose de mettre un terme à l'acharnement qui aboutit à renouveler de telles blessures.
- Il est profondément injuste de rechercher des solutions « populistes » qui ne peuvent qu'engendrer et entretenir un ressentiment entre les communautés tsiganes et la société majoritaire et donc provoquer de nouvelles et inévitables violences qui aboutiront à stigmatiser davantage encore la partie la plus faible.
- Il est profondément injuste que, par son silence, une majorité permette aux « intégristes » de répandre méfiance, mépris, peur et haine et de « nettoyer » ce qui est dérangeant.
Demain,cette même
majorité se lavera les mains et se justifiera en affirmant
qu'elle a été obligée de nettoyer »
la saleté laissée par les autres.
Au nom de la
présence aimante et forte du Christ que nous découvrons
parmi cette population humiliée, au nom de l'Incarnation, qui
est la forme intégrale de la solidarité, nous vous
demandons de veiller instamment à ce que la voix de la
Conférence Episcopale Italienne se fasse entendre avec force
et courage pour condamner ces injustices qui sont aussi une injure au
message évangélique dont Elle est porteuse et qui
constituent une grave menace pour l'avenir de la société
et de l'Eglise.
En ces circonstances tragiques, nous ne pouvons
nous réfugier frileusement derrière une prudence qui
serait un déni de Justice ;
nous devons, au contraire, oser
prendre, tous ensemble,les risques que comporte le message de
Jésus-Christ. »
02 août 2008
Premières revendications de l'habitat choisi, site de la Borie.
L'Eco-site de la Borie reçoit en ce moment même
les Rencontres nationales de l'Habitat Choisi.
Sur ce site en bord de rivière s'est installé un village de tentes
pour accueillir les réseaux venus de toute la France
travailler à une coordination de leurs statuts et de leurs revendications.
Car désormais il est inévitable de s'unir pour faire face
aux attaques multiples contre ce mode de vie en legereté,
adopté par de plus en plus de personnes
confrontées à la crise du logement
et à l'uniformisation des choix de vie
par l'impérialisme capitaliste et néolibéral.
Le droit à l'habitat modeste et choisi n'est rien d'autre
qu'une expression des libertés fondamentales.
Premières revendications soumises à ces journées:
1) L'application du droit universel au logement et à la subsistance par un droit d'usage de la terre, dont nous nous estimons bénéficiaires à l'instar de tous les êtres vivants de la planète, qui passe ne particulier par l'inscription d'une nouvelle exception au droit de préemption de la SAFER.
2) La possibilité, voire l'obligation, pour toutes les communes de créer des zones éco-constructibles ( en zones non constructibles sans sensibilité particulière) destinées à des aménagements réversibles, autonomes et à faible empreinte écologique, sans artificialisation des sols ni connexion aux réseaux d'eau ou d'énergie.
3) La reconnaissance de nos habitats comme logements au même titre que le bâti conventionnel , ce qui implique que nous ayons les mêmes droits (domicile, aides au logement) et mêmes devoirs (taxes, débroussaillage) que tous nos concitoyens.
4) Le droit du choix de notre mode de vie et l'acceptation du choix de la simplicité, la dignité ne devant pas se confondre avec l'obligation de consommer des biens et des services dont le besoin n'est pas ressenti. Cette liberté de choix suppose que soient réellement disponibles des logements conventionnels accessibles à toutes les couches de la population.
5) La mise ne place d'une commission paritaire "habichoix-pouvoirs publics" pour fixer les modalités d'application de ce points et traiter les difficultés qui pourront apparaitre dans ce domaine.
6) La définition d'un statut d'expérimentation permettant d'éviter des situations d'illégalité pendant le temps de ce travail.
7) Le gel ou l'abandon des poursuites judiciaires envers les personnes ayant d'ores et déjà opté par choix ou par nécessité pour ces solutions d'habitat et de vie.






















































































































































