01 décembre 2009
Marche pas dans la salade!
«Dans un monde ou tout est compétition, celui qui ne pratique pas la compétition est coupable de ne pas jouer le jeu, et celui qui perd est coupable vis-à-vis de lui-même.
Mais tu peux choisir l’autre voie, celle de l’acceptation de la différence.
Il est vrai que, dans un premier temps, tu seras sans doute rejeté.
Dis-toi alors que le milieu que tu fréquentais n’était pas le tien.
En confirmant qui tu es, tu marcheras dans tes pompes.
A ce moment là, tu aides vraiment les autres par ton témoignage de toi-même et les autres peuvent rayonner de ton rayonnement.
Car n’oublie jamais qu’un être qui devient lui-même est tellement à sa place dans l’univers qu’il ne peut que rayonner.»
Jean Hoyoux. «Noos, la naissance à l’esprit.»
Comment prendre les bonnes décisions
sans plonger au fond de soi?
Comment plonger au fond de soi
quand on est sans cesse englué dans le fonctionnement?
Ceux qui remplissent des fonctions, innombrables esclaves de travaux inventés contre la liberté, ne réfléchissent que pour l'efficience.
Leurs décisions utilitaristes ne touchent jamais la direction vitale, ni le sens.
Le volant du monde a été abandonné à des milliards de fonctionnants méritants, formatés consentants sous la férule de la mécanique globale, heureux de leur adéquation comme les boulons qui maintiennent la machine, soudés par la peur d'un changement qui puisse, ô malheur, les affranchir.
Programmés pour fonctionner sans grincer, fiers de leurs certificats de validité, de leur tampon de série, de leur garantie de remboursement mensongère, de leur solvabilité à crédit, ils sont rangés dans des casiers aménagés fonctionnellement pour qu'un seul bouton délivre leur panacée: l'huile des rouages et le carburant.
Parfois, ça ressemble à Disney Land, parfois à un WE branché dans une cabane perchée pas trop loin de la capitale,
le plus souvent aux galeries marchandes dégorgeant d'objets hideux,
et toujours en voiture.
Je l'ai dit,( là,) ils ne s'arrêtent jamais.
La panne n'est pas un risque,
encore moins un avertissement,
c'est une donnée prévisible couverte par les assurances, couvertes par les banques qui fournissent l'huile de rouage et le pétrole qu'ils volent partout à la terre.
Et la terre, saignée à blanc, n'en peut plus.
Elle a beau dire de s'arrêter, la machine est emballée.
Les fonctionnants continuent à y déverser le feu de la terre, la fête bat son plein dans le grand salon planétaire, le vacarme est à son comble, tout le monde est saoul.
Mais la terre, exsangue, n'en peut plus.
Quand elle les a mis au monde, elle ne voulait pas ça.
Ce jardin brulé, ce désert qui gagne, est-ce ce qu'elle espérait?
Ils ont eu l'héritage, mais ils le saccagent.
Ces prédateurs, ces meurtriers, ne sont plus ses enfants.
A moins qu'il n'y ait une loi, qui ne dépend pas d'elle, qui autorise les enfants à tuer leurs parents. Et les parents à tuer leurs enfants.
C'est possible, mais elle est certaine que ça ne vient pas d'elle.
Du ciel peut-être, ou d'ailleurs, qui sait?
Quand on ne sait plus, on se tait.
Quand on se perd, on s'arrête,
Quand on va pas bien, on jeûne.
«Le jeûne est pour la vie intérieure ce que les yeux sont pour le monde qui nous entoure.» Gandhi
Après un jeûne d'une semaine et l'évacuation de quelques miasmes récidivants, j'ai repris une alimentation très frugale et totalement naturelle, en ne consommant que des plantes sauvages cueillies dans la campagne.
Une journée béate commence, où chaque geste devient danse,
et chaque danse, prière.
Plus d'heure pour se lever, les étoiles sont mes rêves,
la lune mon lustre, le soleil mon éveil.
Plus d'heure pour méditer,
le juste moment vient de lui-même, essentiel, nu.
Plus d'heure pour travailler,
le geste simple et attentif de l'artisan,
le geste spontané et inspiré de l'artiste,
s'extraient royalement de la gangue des obligations.
Pus d'heures ouvrables pour les courses,
j'arpente l'épicerie à ciel ouvert des collines cevenoles.
Une bougie suffit, une casserole, un bol,
une scie pour le bois,
des brocs sous le ruissellement du toit de la cabane,
de vieux pulls entassés, enlevés dés que le soleil de midi
caresse la peau et charge l'énergie.
Plus de nouvelles du monde qui rugit.
Le nouveau monde est là,
complet, tranquille, puissant, absolu, offert.
Quel voyage!
J'allume un petit feu avec quelques brindilles et branchettes entassées entre des pierres pour faire bouillir l'eau de ma tisane. Ce sont les dernières fleurs de bruyère, les petits pétales roses tournent au parme et pâlissent, puis deviennent grises et sèches, il faudra attendre la prochaine floraison pour une nouvelle récolte.
Les arbouses, ramassées par terre au pied de l'arbre,
que je pose délicatement sur ma langue, sont un délice, un feu d'artifice de sensations profondes. Le gout sucré, la texture pâteuse de la chair orange que d'ordinaire que j'apprécie pas outre mesure, enchantent mes papilles, comme si je dégustais ce petit fruit pour la première fois de ma vie. J'honore chaque petite boule d'une longue salivation, la laisse fondre toute seule dans la bouche, l'avale avec délectation et reconnaissance.
Et je me moque bien maintenant des minuscules grainons qui vont se coincer entre mes dents, parce que je ne râle plus, j'ai plaisir à les déloger une à une pour les croquer et avaler de l'arbouse son dernier suc.
Déambulant à petits pas sur les restanques, je m'accroupis pour croquer du bout des dents les feuilles tendres des rosettes de porcelle et de bourse à pasteur qui émergent des interstices rocailleux et de la terre fraiche et humide. Puis les suce lentement pour m'imprégner de leur suavité. La douceur de cette salade sauvage me ravit jusqu'au fond du ventre.
Plus tard, je la mélangerais au pissenlit et à la pariétaire, mais pas à la salade de nombril de vénus et d'orpin dont le goût frais particulier vaut d'être réservé.
Un peu plus haut, j'ai gardé des récoltes précédentes offertes aux copains, sous les salsepareilles enchevêtrées, de beaux lactaires délicieux, que j'accommode avec une poignée de châtaignes, pour ma soupe. Leur chair ferme que je n'aime pas trop à la poêle me paraît exquise passée au moulin à légumes.
Quand même, ma préférence va à la coulemelle et aux girolles
Quand on a trop, on jette; quand on manque, on cherche,
quand on a tout, on donne, quand on a rien, on reçoit.
J'approche, doucement je l'approche.
Elle attend depuis toujours.
Je croyais qu'elle n'était qu'aux hommes et aux accoucheuses...
La sagesse.
Jusqu'à cette vision, à trente ans,
d'un être accompli vivant solitaire et brillant,
ermite assis en tailleur à l'entrée de sa grotte,
au bord d'une falaise,
un tigre et un mouton à ses cotés.
Là, j'ai su où j'allais.
Plus je l'ai su, plus il y eut d'écarts et d'embûches.
Plus j'ai souffert, plus j'ai perdu ma vie,
et plus je lui ai appartenu de toute origine.
On peut la fréquenter de son vivant
si on a la chance de la rencontrer pas trop loin de soi.
Sinon, il faut la chercher,
c'est souvent une grande épreuve initiatique.
Car il faut sortir des normes, du moule, de l'horloge,
des règles et des modes d'emploi.
Il faut accepter que le plancher de sa yourte
ne soit jamais totalement de niveau,
parce qu'un arbre, ça ne pousse pas carré.
Il faut aller dans la forêt sans boussole,
baisser la tête vers l'humus pour survivre,
et la lever pour se laisser héberger par les étoiles.
Il faut parler aux oiseaux et apprendre le silence.
Ce jour là, de la sagesse, arrivera quand je n'en parlerais plus.
Quand il n'y aura plus personne,
ni en moi, ni dehors, pour observer.
Quand le présent sera éternel.
Si on change sa pensée, on peut changer ses actes.
Si on change ses actes, on peut changer ses habitudes.
Si on change ses habitudes, on peut changer son caractère.
Si on change son caractère, on peut changer son destin.
08 novembre 2009
La loi des ROBOTS
Vous n'avez pas le droit
de désirer vivre simplement.
Vous devez consommer plus,
pour alimenter les actionnaires du système.
Vous n'avez pas le droit de vivre sous une yourte,
avec un lavabo dehors,
des toilettes séches,
un panneau solaire,
avec juste un poele pour l'hiver
et un drap mouillé pour toute clim
devant votre porte- fenétre.
Vous n'en avez pas le droit
parce qu'alors vous n'êtes pas
solidaire.
Pas solidaire avec le système
qui a besoin de votre argent,
de vos bras, de vos désirs,
de vos forces de travail,
de votre temps, de votre pensée,
et même de vos rêves.
Vous n'avez pas le droit d'être pauvre,
vous devez être ou nanti ou misérable,
qu'on sache au moins ou sont les frontières
pour empêcher la contamination.
Vous n'avez pas le droit
de vous éclairer modestement,
juste à l'endroit nécessaire,
vous devez spoter
et sonoriser tous azimuts votre maison
pour soutenir le programme nucléaire du pays.
Vous n'avez pas le droit de coudre vos vêtements
ou de rafistoler la fripe que vous avez récupéré,
ni de superposer les couleurs et les coupes,
vous êtes vieux jeu, passéiste,
excentrique, dégoutante,
et c'est pas carnaval tous les jours..
Ni de trotter dans des mocassins de votre cru,
alors que, dans votre ville préfecture,
pas moins de quarante boutiques de chaussures
vous attendent,
au milieu d'une bonne centaine
de magasins de vétements.
Pas le droit d'y aller avec vos vêtements usés,
la bas, on défile en portemanteaux
sur tous les trottoirs,
faut que ça brille le neuf!
Vous n'avez pas le droit
de vous doucher une fois par semaine,
c'est sale,
il faut se doucher tous les jours,
c'est la norme dans les pays ou l'eau abonde.
Vous n'avez pas le droit de cueillir
la saponaire pour vous récurer,
et encore moins d'utiliser les cendres de votre feu
pour faire tremper votre culotte.
Vous devez ronger votre peau
avec des détergents cancérigènes
que des savants obligeants ont concoctés pour vous.
Pas le droit d'emaner vos propres odeurs, ça pue.
Et si vous avez un cancer,
vous n'avez pas le droit de râler,
votre pays est celui ou sévissent le plus de spécialistes,
vous avez de la chance d'être née
dans un endroit doté
d'une industrie médicale performante.
Vous n'avez pas le droit de jeuner,
la mode est aux obèses.
Vous n'avez pas le droit d'avoir faim,
c'est de la résistance malsaine
contre le gavage généralisé.
Pas le droit de vous soigner
avec les remèdes de grand-mères,
et encore moins avec les plantes sacrées
des peuples premiers,
car ils appartiennent désormais à ces petits futés
qui leur ont rajouté suffisamment
de colorants et d'emballages
pour y aposer leur marque,
et faire fleurir ainsi l'industrie pharmaceutique.
Vous n'avez pas le droit de vieillir,
ca fait tache,
pas le droit d'être jeune, c'est dangereux.
Vous n'avez pas le droit d'aller cueillir des orties
dans le champ d'à coté, encore moins
de faire de la pub à vos copains
sur les qualités extraordinaires de cette plante,
car c'est du vol.
L'ortie a été privatisée
pour vous être revendue à son juste prix.
L'autre jour, mon voisin m'a passé un sac
de salade sauvage à travers sa clôture,
et bien que ça soit de l'escroquerie organisée,
une trahison qui fait éclater le trou de la sécu,
je me suis franchement régalée.
Bien que, quand même, cette salade,
elle avait un parfum de Titanic.
Pas le droit de ressemer les graines
que vous avez gardé de l'année dernière,
car vous volez les grosses firmes de semenciers qui,
sans vous, ne peuvent plus gouverner
et enrégimenter le monde.
Vous n'avez pas le droit de passer vos soirées seule,
c'est indécent,
vous devez être solidaire
avec les millions de célibataires du pays
qui cherchent à vous contacter
pour une partie de jambes en l'air.
Vous n'avez surtout pas le droit de préferer
pour tout compagnon
un feu qui crépite tranquillement dans le poêle,
car bouder la télé, c'est être désinformé,
comment donc pourrez vous voter correctement?.
Vous n'avez pas le droit
de prendre des risques inconsidérés,
en ne fermant pas votre porte à triple tour,
triple pennes, triples cadenas,
et en ne truffant pas vos remparts
de signaux d'alarme
débloquant tous les gorilles du quartier
prêtsà vous faire justice.
Vous devez vous assurer auprès de compagnies
qui s'occupent de tout,
et surtout de vous dépouiller de votre peur.
La peur.
Finalement, tout tourne
autour votre peur de mourir.
Dans ma petite yourte,
je ne prends pas beaucoup de place
et je n'abime pas beaucoup la planète,
alors j'ai appris à domestiquer ma peur.
Dans ce monde matérialiste,
préparer sa mort semble une insulte
à la course au développement.
Or, se dépouiller, se simplifier,
c'est une façon de reconnaître
qu'aucune accumulation
ne vaincra la peur de la mort.
C'est faire de la place à ses enfants.
Aux enfants de la terre de demain.
Mais il est interdit de le souhaiter,
interdit de l'espérer:
désormais les parents qui osent vouloir partager
un vrai avenir avec l'étrangeté du monde
sont menacés de prison.
07 octobre 2009
Se tenir sur ses pieds
« L'homme civilisé a construit un carosse
mais il a perdu l'usage de ses pieds.
Il est soutenu par
des béquilles
mais il lui manque le soutien de ses muscles.
Il n'a plus la capacité de lire l'heure au soleil,
ne sait plus reconnaître une seule étoile au ciel. »
Ralph Waldo Emerson. « La confiance en soi. »
« Celui qui sait que le pouvoir est inné,
qu'il est faible parce qu'il a cherché le bien
en dehors de lui-même et partout ailleurs,
et percevant cela, se jette sans hésiter sur sa propre pensée,
celui-là se redresse immédiatement
et se tient en position debout,
commande à ses membres et accomplit des miracles,
de même qu'un homme qui se tient sur ses pieds
est plus fort qu'un homme qui se tient sur sa tête. ...
Une victoire
politique,
la guérison d'un proche, le retour d'un ami,
ou quelque autre évenement favorable te redonne courage
et tu penses que des jours heureux se préparent pour toi.
N'en crois rien.
Rien en dehors de toi-même ne peut t'apporter la paix. »
18 septembre 2009
Un peu de Zen dans un monde de brutes
Ils branchent des fils partout, allument des lampes, des moteurs, des bécanes et des tas de mécaniques, des circuits intégrés de tous gabarits, éructent des tensions, des watts, des joules, des ampères, sans cesse, dehors, dedans, dessus, dessous.
Pour tous les gestes de la vie quotidienne,
ils pressent sur des boutons et des accélérateurs, jamais sur le frein, sauf en cas extrême pour repousser jusqu'à l'arrivée des caméras une collision mortelle,
ils enfilent leurs cartes et leurs puces dans des
tourniquets à dynamo increvable, ils rechargent leurs abonnements,
leurs piles, leurs coffres, leurs frigos, leurs gros bides, ils
entassent de la casse dans leur antre, l'entrechoquent sur des
étagères croulantes, broient la pléthore de matière vomie à la
centrifugeuse de leur cerveau.
Et toutes ces cervelles barattées dans le bureau des filiales bancaires, ils courent en fabriquer des clones sur des machines qui hurlent, qui vrombissent, qui pétaradent, ils extraient le feu de la terre pour le dilapider dans une grande crise de jalousie envers le soleil, ils roulent de plus en plus vite avec des engins de plus en plus blindés, produisent de plus en plus de décibels et d'ondes de chocs, agglutinent des embouteillages monstrueux, des montagnes de déchets qui fument, se causent avec des klaxons, des fanfares et des armes ....
Et ils sont incapables de se rendre compte que plus une masse s'agite, plus elle chauffe, et que plus elle chauffe, plus elle risque d'exploser.
Incapables de voir qu'à un moment, la seule solution, c'est de s'arrêter totalement et de plus bouger, de plus rien toucher.
D'attendre que la température baisse.
Pourtant ils se sont fabriqués des machines pour surveiller ce qui se passe ailleurs que sous leur nez, ils ont des réveils, des sonards, des cornes de brume, des écrans géants, des canons, des GPS, des satellites, des fusées et des avions qui crèvent le mur du son.
Ils comptent que le voisin et le lointain soient désormais comme eux, standardisés, robotisés et motorisés, ou qu'ils le seront tôt ou tard, de gré ou de force, comme eux sur le fil du rasoir, transpercés d'électro-magnétisme et de micro-ondes, scannés dans leur intimité, avec leur ADN affiché au poignet.
Ils peuvent communiquer entre eux pour se prévenir, constater que l'entropie est atteinte et que la faillite est imminente, ils pourraient s'avertir qu'il suffit maintenant d'une toute petite quantité de chaleur en déplacement pour tout faire basculer, et que, cette petite quantité, ils en sont responsables...
Mais non, dés qu'il y en a un qui sonne l'alerte, ils augmentent le débit, ils poussent le son, ils enfoncent la manette, ils libèrent les gaz, repassent à la pompe, commandent plus de packs promotionnels et de forfaits illimités, saturent les réseaux, ils ne veulent rien savoir, ils gesticulent plus fort, plus haut, allument plus fort et plus souvent leurs engins, se trémoussent encore plus vite sur la piste de danse surchauffée!
Ils veulent continuer à s'intoxiquer extatiquement tous ensemble,
s'immoler dans les vapeurs délétères, à se transfuser du sang contaminé, avaler des fibres cancérigènes, ils préfèrent se laisser porter dans les chariots industriels de la sur-consommation et de l'aberration, sanglés sur des roulettes informatisées qu'ils ont huilé au karsher pour symbiotiser au système total,
ils veulent bourrer leurs tympans de vacarme pour s'ankyloser, s'hypnotiser, se shooter à donf.
Parce que tous ces moteurs qui ronronnent et qui giclent, ces micros qui dégorgent, ces détonations qui crépitent, ces villes en fusion, ces déchirures dans la couche d'ozone, ces pluies de fer et de foudre qu'ils provoquent,
quelle puissance ça leur renvoie!
Toutes ces lumières allumées, tous ces appareils en veille,
tous ces voyants qui clignotent,
quel aveuglement ça leur procure!
Heureusement, il existe une solution pour calmer tout ça:
le Zen.
Qu'on peut pratiquer n'importe où,
pas seulement dans la yourte.
Pour les débutants, je conseille « Zen pour les nulles ».
Extraits:
« Les moutons, çà ne se déplace qu’à la vitesse du mouton le plus lent.
Ce qui veut dire que quand ils sont pourchassés, ce sont les plus lents et les plus faibles qui sont attaqués les premiers. Autrement dit, au fur et à mesure que les plus lents sont éliminés, la vitesse du troupeau augmente.
C’est mathématique.
C’est pareil pour le cerveau humain.
Il ne peut fonctionner plus vite que ses cellules les plus lentes. Or, on le sait maintenant, l’alcool détruit les cellules du cerveau. Ce sont donc les plus lentes qui sont bousillées en premier.
Seulement moi je ne bois pas.
Donc rien ne me détruit les cellules de la cervelle. Je sais pas si ya de quoi se réjouir, mais les faits sont là. Par conséquent, mes cellules lentes restent aux premières loges, mon cerveau rame, et moi je plane.
C’est comme çà que je me suis assise.
Partagée entre l’envie de rembobiner le temps et celle d'aller loin devant en regardant fixement rien du tout
C’est là que les problèmes ont commencé.
Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, jamais je n’avais eu de problème pour respirer.
La preuve : je respire depuis ma naissance.
Assise face à moi-même, je me suis dit :
« Bon, de deux choses l’une, ou tu continues à faire n’importe quoi, et on voit ce que çà donne, ou tu réfléchis, et tu vas avoir mal à la tête.
J'ai réfléchi.
J'ai imaginé un homme en train de réfléchir.
Un homme qui a faim.
Va-t-il se jeter sur le pauvre petit lapin qui traverse la route ?
Pas du tout.
Il réfléchit.
Il sait qu’en rentrant, il va trouver un bon repas préparé par Madame.
Alors il se calme, et laisse le lapin tranquille."
19 juin 2009
Parole du fond d'une yourte
Parole d' « illuminée toute nue du fond de sa yourte. »***(VC)*
La prédation de terres s'est aggravée depuis la crise alimentaire en Afrique.
Mais ce ne ne sont pas les Africains qui se ruent pour achèter leurs terres et pratiquer une agriculture de subsistance, que non! On leur pique sous le nez soi disant consentant les derniers carrés agricoles de leur continent.
L'achat et la confiscation de terres en Afrique par les investisseurs des pays riches, pour spéculer sur la raréfaction des ressources alimentaires, atteint le niveau quantitatif des terres arables françaises!
La justification basique des riches, à laquelle le colonialisme nous a aveuglement formaté, est de déclarer que les pauvres sont ravis d'attirer des capitaux, ravis d'obtenir de la monnaie de singe contre leurs derniers arpents, ravis de s'intégrer à notre économie de marché et de participer solidairement au remboursement d'une dette chronique incommensurable.
Ceux qui osent murmurer qu'il s'agit encore d'une escroquerie abominable ne peuvent être que des foutus Objecteurs de Croissance, en particulier cevenols, de ces « illuminés touts nus dans leur yourte au fond de la forêt »***(VC)*.
En effet, tout le monde sait qu'un type qui n'a rien pense plutôt à rembourser ses dettes qu'à planter des patates au fond de son jardin.
Après avoir volé tout ce qui se trouve sur et dessous les terres d'Afrique, le plus simple et le plus direct, c'est effectivement de s'approprier carrément toutes les terres! Ce n'est pas faute d'y avoir pensé avant, c'est seulement qu'il manquait un alibi définitif approuvé en toute bonne conscience par les « opinions ».
Comme c'est pas très joli joli de piquer une terre à quelqu'un qui y est né et qui a faim, on fait appel aux alibis que la crise du capitalisme fournit désormais à profusion: l'emploi et le développement durable (DD), la protection sociale et celle de l'environnement.
Puisque les Africains ne s'occupent pas de façon « responsable » de leurs terres, on les leur prend en y déléguant nos experts en fibre DD: on bio-rentabilise, on fait des eco- profits juteux et pas des palabres, on va produire en douce des kilomètres carrés d'huile de palme OGM pour les Chinois, sur lesquels balancer les stocks d'insecticides et pesticides interdits en Occident et, le top du top en mansuétude et charité, on leur fournit du travail comme salariés agricoles sur les terres qu'on leur a confisqué!
On estampille alors « commerce équitable » sur les boites d'emballage avec la photo d'un ouvrier noir hilare et le tour est joué.
Mais le top du top du top pour étouffer toute velléité de pensée critique de la part de quelques mauvais esprits issus d'enfants gâtés illuminés qui n'ont que ça à penser « au fond de leur yourte tous nus dans la forêt »*** (VC)*, c'est de faire travailler les Africains sur des produits en pleine expansion: des valeurs sûres, la croissance verte et durable!
Heureusement, une solution verte exquise vient de germer: les croquettes vertes sans colorants grâce à l'ajout d'ortie, fourrées à l'ail(contre les parasites) et aux algues marines (pour la flore intestinale) des 8 millions de chiens et 10 millions de chats qu'entretiennent les français pour sauver la planète de la solitude!
Si on rajoute le marché des 45 millions autres animaux domestiques des Francais, il y a de quoi faire bio-travailler tout le continent noir. Au dépend toujours des millions d'espèces qui sont pas descendues dans la rue protester contre leur extermination.
Donc résumons: quand je sors « toute nue de ma yourte du fond des bois »*** (VC)* et que je me rends taper sur mon clavier dans mon atelier des élucubrations illuminées sur mon blog, quand j'entends la voisine du dessus qui fait pleuvoir des croquettes sur le trottoir trois fois par jour à une quinzaine de chats dégénérés pour qui la manne tombe du ciel, j'ai tort de râler.
En effet, non seulement ma voisine s'occupe toute seule comme une grande de sa solitude mais en plus, elle fait travailler des tas d'équipes de chômeurs. Tant pis si le trottoir est devenu impraticable, le terrain de boules voisin une litière monstre à ciel ouvert, et la nappe phréatique irrécupérablement polluée, ma voisine est bien plus « solidaire » que moi, c'est une vaillante pourvoyeuse d'emplois.
Quand aux humanitaires socialo capitalistes qui se culpabilisent en pensant que les africains pourraient un jour se venger en débarquant chez nous pour manger nos animaux domestiques, qui cherchent frénétiquement d'autres bio-tâches propres à susciter une coopération « renouvelable » et « durable » avec un « contrat de confiance » à la « traçabilité » garantie, je crois pouvoir sans me tromper les rassurer pleinement : tant que les gueux triment et consomment, c'est comme les chats et les chiens, s'ils n'ont pas faim, on les tient.
Donc on a encore largement le temps de faire voter à l'assemblée nationale des bonus conséquents et des exonérations d'impôts alléchantes pour les braves qui s'enrôleront avec leurs chiens bio-méchants dans la garde verte des frontières douces à barbelés « renouvelables et durables ». Et de faire élargir encore l'application de la loi anti-terroriste à tous ceux qui n'aiment pas les chiens et les chats.
Parole d'une « illuminée toute nue dans sa yourte au fond des bois »*** (VC)*.
***Expression
issue du canard de la décroissance article_du_journal_de_la_d_croisssance_Mai_09
qui laisse ses journalistes jeter les bébés avec l'eau du bain et faire croire que la joie de vivre se propage en démolissant les autres. Le seul canard pourtant en bonne position pour tenter au minimum la cohérence maximum: l'édition courageuse de pages blanches.
*VC: journaliste exécrant les télés et les reportages sur la décroissance qui ne parlent pas de lui, ne supportant pas que des « illuminés tous nus sous leur yourte au fond des bois »*** lui volent un quart d'heure de crachoir médiatique.
*VC: journaliste qui ne supporte pas qu'on traite les OC de retour à la bougie. Lui s'éclaire en HDI (Haut Potentiel Intelligence).
*VC: journaliste égocentrique mais touchant, attendant naïvement des télés sarkozystes une apologie de sa décroissance ( récession journalistique subie) assortie de commentaires HDI sur la gratuité.
*VC: seul journaliste seul con seul capable de dénoncer seul la connerie des autres.
Le modeste énergumène ci dessus s'est posté devant une affiche; "Il est interdit d'afficher"....
.*VC: le dernier journaliste qui n'est pas encore rentré dans une yourte. Comme il est moins con que les autres qui payent dans des campings de luxe 250 euros la nuit, il attend intelligemment que je l'invite gratuitement sous la mienne, « toute nue au fond des bois »***. Et vu la puissance de son HDI, il sait que pour retenir l'attention d'une femme, rien ne vaut que de faire semblant de la bader.*****
*VC: grand prêtre auto-nominé du clergé décroissant urbain dénonçant du haut de sa chaire la liste des alchimistes hérétiques « touts nus au fond de leurs yourtes au fin fond des bois »***et dangereuses sorcières « illuminées toutes nues dans leur yourte au fin fond des bois »***
en train de touiller de leurs mains gercées potions et mixtures suspectes,
à purger d'urgence pour la pureté de la jeune église décroissante.
*VC: journaliste vide et boulimique qui se goinfre jusqu'à l'indigestion
des conneries pillées chez les autres pour nous les resservir en vomi hebdo,
surmené
qu'on enverrait bien se reposer « tout nu
dans une yourte au fond des bois »***, sans ordi, sans télé
(surtout M6 qui repasse en boucle le reportage de Régis Mardon qui a
porté à la connaissance de plusieurs millions d'individus
l'existence d'une « illuminée au fond de sa yourte »***),
sans portable et sans bagnole, histoire que, pour une fois, il
s'occupe de lui et de son
Mais il faudra, pour son bien, l'attacher solidement au mat de la yourte, parce qu' incapable de se supporter, le brave sera pris d'irrépressibles besoins de se fuir.
On attendra donc patiemment que le silence des oiseaux remplisse son âme de l'esprit qui lui fait furieusement défaut.
***** "Bader": feindre d'ignorer ou de mépriser.
31 mai 2009
Escargot en clip
Il n'y a rien que du bruit, un magma de bruit qui somatise l'accélération du monde, ce monde qui court partout, qui veut tout, qui écrase tout.
Du bruit plein de la rage des machines et de ceux qui y sont enchainés, le bruit des gonds de l'enfer.
Un bruit sans queue ni tête qui n'a aucun sens, qui ne ressemble à rien, même pas au cri d'une bête féroce qui a faim, même pas au râle d'humain qui a peur et appelle à l'aide, ni même à un conglomérat d' usines lâchant sur le bitume, grâce au plan de sauvetage de l'économie capitaliste, des flots de camions, de frigos, de portables, de quads et de manèges forains.
Non, seulement un bruit moche et tordu, tonitruant, assourdissant, comme une boule de malheur poignardée de gigantesques dards, une tumeur inextricable, un goitre puant en pleine déflagration, une centrifugeuse explosant des succubes monstrueux, un cauchemar vociférant, qui vous colle au mur avant de vous faire détaler...fou de douleur...
Voilà comment ça commence, juste avant qu'on voit une lumière blanche et diaphane, comme celle qui sera là pour nous accueillir après notre mort, la lumière irréelle qui brille au delà du tunnel, qui vous envoie dans un autre monde, le marche pied du paradis où le bruit n'existe plus, seulement la petite musique de l'âme.
Et tout à coup, le bruit s'arrête.
Tout à coup le silence.
Plus rien.
Médusés, on regarde le vide,
le blanc bizarre tout nu qui succède au vacarme,
on se dit, un peu ahuri,
ceux qui ont fait ça, ils se foutent de notre poire,
mais on est tellement content du silence qu'on reste là,
les yeux plantés dans le blanc de l'écran,
on respire mieux, et là,
au bout d'un moment,
sur la gauche,
on voit apparaître un point noir,
puis un autre,
deux points qui bougent tout doucement,
deux points qui avancent,
lentement,
on voit qu'ils sont attachés à un trait,
à deux traits....
Ha!Ce rythme là, ce tâtonnement, cette timidité,
ça me rappelle quelque chose!
Ah voilà! Ce sont des antennes!
Qui tâtent la blancheur de l'espace...
et arrive derrière une petite tête molle bien connue!
Ah! Ca y est, ce sont des antennes d'escargot!
Et là, médusés, on regarde un petit escargot traverser
lentement, lentement, l'écran de télé
devant des millions de téléspectateurs désabusés....
Parce que même si on ne lui a donné qu'une minute dix
pour rappeler qu'on peut signifier quelque chose
sans hurler et sans mentir,
alors qu'on en a donné plus de vingt aux gros lièvres,
à qui appartiennent tous les champs,
pour s'agiter dans tous les sens,
he bien, le petit escargot,
dans ce laps de temps ridicule,
il va crever l'écran sans un cri.
On va voir seulement des mots affichés sous sa marche,
comme une rumination intérieure silencieuse,
un soliloque en interrogation,
comme si l'on voyait au dedans du petit escargot
le déroulement de sa pensée,
l'ouverture muette de la spirale qu'il porte sur son dos...
Des mots ouvrant d'autres cadences, d'autres valeurs,
des mots qui questionnent le bon sens,
qui proposent de déplier prudemment
nos rétractations sécuritaires,
des mots presque naïfs, innocents...
Ils arrivent, flegmatiques, sans assénation,
du coup, on sait qu'ils sont justes parce que
personne ne peut douter de la sérénité qu'il faut
pour se présenter tout entier comme on est,
si petit, si modeste, si fragile, si confiant, si frugal,
et sans commentaires.
Petit escargot sans visage qui ose prendre le temps
de réfléchir pour traverser l'existence,
pendant que tous les autres martèlent nos cerveaux,
derrière eux plus rien ne pensera.
Petit escargot qui a besoin de l'herbe grasse sous lui,
de l'eau du ciel et
des gouttes de rosée,
quand les autres gavés ne veulent que
du goudron, du bitume et de l'acier ….
Petit escargot qui porte sa maison sur son dos,
qui ne régresse qu'en lui-même sans jamais claquer une porte,
en concrétions minérales, sans emmerder la planète,
même pas besoin de revenir à la niche ni à la laisse.
Petit escargot qui ne sait pas tout, qui ne voit pas tout,
qui n'explique pas tout, mais qui porte au devant de lui
des petites antennes pour sentir les dangers,
là ou il ne faut pas aller,
là ou il ne faut pas se planter,
d'où il faut se détourner.
Ah! Comme je l'envie le petit escargot aventureux
qui suppute chaque herbe folle sans se soucier des godillots criminels!
Comme j'ai besoin de sa sagesse
moi qui dithyrambise sur le petit escargot,
lui qui est bien plus simple que moi
qui en rajoute tellement avec
mes mots,
lui qui s'en fout, qui avance son petit bonhomme de chemin
en silence, sans se la ramener.....
S'il attend quelque chose, c'est seulement la pluie,
de l'eau toujours de l'eau,
qui tombe doucement pour huiler ses rouages,
cette eau miraculeuse qui a donné la vie sur terre,
que les humains font payer de plus en plus cher à leurs semblables.
Et
je pérore sur le silence,
je m'enivre toute seule sur un symbole de sobriété,
et je pense à ma copine qui a passé l'été dernier
à traquer les gastéropodes entre ses salades trouées
et qui, pas rancunière, ne rechigne pas à en placarder partout
sur les murs du canton juste avant les élections.
Allez, je ferais mieux de courir vers mon zafu, m'assoir et ne plus bouger, laisser toute l'agitation des mots retomber, comme chutent les impuretés de la surface du seau puisé au torrent ....D'ailleurs, c'est là que je me sens le mieux....
Allez! Je vais apprends la voie du gastéropode
en suivant le petit escargot qui traverse
le marchepied de mon porche,
leçons de lenteur, de simplicité, d'humilité,
de placidité, de tempérance....
Allez! Je me tais, je vous laisse regarder le clip du petit escargot,
que mes amis décroissants ont concocté pour vous,
en un tour de main pour trois fois rien........
Tant qu'on verra des escargots décroissants à la télé,
c'est que
l'ég
out télévisuel produit quand même,
entre deux accidents de la route et deux épisodes de tueries sadiques,
un crachin rafraichissant pour escargots survivants....
20 mai 2009
Qu'est ce que l'Objection de Croissance?
QU'EST-CE QUE LA DÉCROISSANCE ?
La décroissance remet avant tout en question notre société de consommation, car une croissance infinie est impossible dans un monde limité.
La décroissance n'est pas la décroissance de tout pour tous, ni un retour en arrière vers un pseudo bonheur perdu, mais bien un virage, une bifurcation que nous devons prendre, afin de sortir des engrenages destructeurs de la société de croissance.
La marchandisation et la concurrence effrénée d'une économie de croissance illimitée accumulent dramatiquement toutes les crises: environnementale, sociale, économique, culturelle, politique, anthropologique. Elles ont profondément fracturé non seulement les sociétés mais aussi les liens des humains entre eux. Des milliards de personnes, soumises à la pensée unique et aux pressions infernales du productivisme, sont sacrifiées à la croissance des pays du Nord et leur souffrance n'est plus acceptable.
Devant ce constat, il est urgent d'affirmer que l'alternative n'est pas entre
« CROISSANCE ET DÉCROISSANCE » mais entre
« DÉCROISSANCE VOLONTAIRE OU RÉCESSION SUBIE »
.
Nous nous opposons au capitalisme car il est par nature productiviste. Il a placé l'accumulation matérielle au dessus de toutes les valeurs humaines qui fondent une société cohérente.
Nous voulons plus de liens humains que de biens matériels.
Nous
sommes opposés au productivisme « de gauche », colorié au pastel
écologique, car par nature tout productivisme engendre
l'exploitation:
exploitation de l'homme par l'homme mais aussi
exploitation des ressources naturelles de la planète entière par
l'homme.
Les luttes écologiques ne pouvant être dissociées des luttes sociales, nous ne pouvons nous retrouver dans les candidatures actuelles dont les projets ne sont pas ouvertement en rupture avec le productivisme, le nucléaire, le développement à tout prix, les stratégies politiques de coalition avec des partis réformistes.
Surtout
nous pensons que
LA TRANSITION POUR CHANGER DE SOCIÉTÉ
ne se fera pas par gestion du pouvoir en place,
mais par son affaiblissement et notre refus de nous investir dans la course au profit, ainsi que
PAR L'EXERCICE DE VÉRITABLES CONTRE-POUVOIRS CITOYENS,
pouvant conduire vers un effet de masse critique.
La fonction des élus étant alors de faciliter, y compris par la loi,
la capacité d'autonomie du mouvement social.
LA
TRANSITION SE FERA AUSSI
PAR LA CONJONCTION DES LUTTES,
L'ÉLARGISSEMENT DE L'EXPÉRIMENTATION SOCIALE
ET L'EXTENSION DES ALTERNATIVES CONCRÈTES.
Les élections Européennes sont l'occasion d'ouvrir un débat public sur la crise structurelle à laquelle notre civilisation est confrontée.
Actuellement l'Union Européenne est une institution totalement dévouée à la société de croissance que nous dénonçons.
Instrument économique destiné à renforcer l'emprise des multinationales sur le monde, notamment par la domination sur les pays méditerranéens et d'Afrique, ses institutions, érigées et dominées par des technocrates et oligarques au pouvoir, et non par un peuple souverain et légitime, sont des lieux de dévolution à l'économie de marché.
Elles se moquent de la juste représentation démocratique des courants d'idées et des peuples.
Le parlement européen n'a pas de pouvoir législatif, alors que cette fonction constitue la base de l'institution parlementaire. Il n'est pas responsable devant les peuples, le pouvoir réel appartenant à la commission européenne dont les membres sont nommés par les exécutifs nationaux de chaque état membre. Son mode d'élection, très coûteux, élimine les opinions s'opposant à l'ordre dominant. Ses membres sont soumis au lobbying immoral et intensif des firmes internationales.
Toute réforme des institutions européennes doit se faire à travers l'élection d'une assemblée constituante élue au suffrage universel direct proportionnel et une ratification du texte par référendum simultané dans toute l'Europe.
Pour SORTIR DES IMPASSES GÉNÉRÉES PAR LE TECHNOSCIENTISME, le nucléaire, les OGM, les pesticides, les nanotechnologies, l'agro-alimentaire industriel , le tout-voiture etc...
NOUS DEVONS (RE)LOCALISER L'ÉCONOMIE, et donc au préalable, sortir des traités européens et des institutions supranationales instituant le libre échange économique, des produits et des capitaux (OMC, FMI, Banque Mondiale).
L'ÉCONOMIE DOIT RÉPONDRE À NOS BESOINS
ET NON CRÉER DES DÉSIRS TOUJOURS INSATISFAITS.
Il convient de définir démocratiquement nos besoins usuels et de permettre à chacun d'y pourvoir, sans être contraint à un rapport d'aliénation et de domination.
Nous voulons une Europe des peuples
fondée sur la décroissance des inégalités, du gâchis et des pollutions!
C'est pourquoi nous proposons:
UN REVENU D'EXISTENCE GARANTI assorti à un REVENU MAXIMUM,
écologiquement et socialement soutenable,
la légalisation de la CREATION MONETAIRE par l'État et les collectivités locales,
la GRATUITÉ des services publics et des usages reconnus socialement utiles,
ainsi que l'instauration d'une BIO-ECONOMIE de maitrise des usages par les citoyens.
Nous avons voulu participer à ces élections non pour nous faire élire, mais, malgré nos modestes moyens auto-gérés, pour faire connaître pour la première fois nos propositions d'engagements dans la transformation radicale de société que les limites planétaires posent comme défi à l'humanité.
Pour
nous soutenir:
Dons à : C.Sunt. Pallières 30140 Thoiras
Site: www.europedecroissance.eu
pour télécharger ce tract:
TRACT_ADOC_Sud_Ouest_modifi__1
.
05 mai 2009
Pour une europe en décroissance
Quand il est clair qu'il n'est plus possible d'ignorer la catastrophe écologique, sociale et humaine engendrée par un système basé sur l'exploitation de la nature et des peuples,
quand trop de souffrances sont accumulées par trop de gens,
quand la rigidification du capitalisme en phase finale et l'état de choc engendré par la décomposition des paradigmes qui nous ont porté pendant des décennies, ouvrent enfin à une profonde métamorphose sociétale,
quand l'emploi n'est plus qu'une exacerbation des peurs de ne plus rien valoir,
quand le civisme n'est plus qu'un trou noir où l'on jette les gens pour les occuper à détruire la planète en sciant la branche sur laquelle ils sont assis,
quand l'intégration sociale ne fait lien que par les menottes de l'endettement et la vente de son âme aux promoteurs et aux banquiers,
quand le travail n'est plus qu'une cage où chloroformer les symptômes réactifs de ce qui reste d' humains encore un peu sains et valides,
quand l'insertion n'est plus qu'une chasse aux évadés du système,
quand la cohésion signifie d'enfermer des bébés étrangers en centres de rétention,
quand la richesse n'est plus que la production hystérique de gadgets inutiles, corrosifs, nuisibles et aliénants,
quand la production n'est plus que le vol des ressources d'autrui et la réparation de ce qu'on a volontairement cassé,
quand l'éducation n'est plus que l'obtention effrénée, à coups d'élimination méthodique des copains, d'un loft doré plein de verroteries clinquantes, et d'un numéro de lot sur sa chemise de luxe,
quand on ferme des écoles et renvoie des maitres pour construire des taules et embaucher des geôliers,
quand la réussite n'est plus que l'étalement des vices,
et la promotion, le droit d'injurier et d'escroquer le peuple sans poursuites,
quand la sagesse n'est plus que de faire passer les plus gros mensonges et manipuler l'opinion,
quand la liberté n'est plus qu'un prétexte à multiplier des choix provoquant désarroi et hébétude,
qu'un ordre à s'affranchir de toutes limites pour gagner en puissance de frappe,
qu'un droit à voter plusieurs fois pour des résultats conformes au programme de la pensée unique,
qu'une souris et un clavier réglant le débit du vacarme médiatique,
que l'adulation de l'accaparement et de la prédation,
quand le plaisir n'est plus que l'addition comptable de jouissances matérielles, de soulagements immédiats,
quand la jouissance n'est plus que le paroxysme d'un sado-masochisme de masse hypocritement nommé libération des mœurs,
quand le désir n'est plus que concupiscence et enchainement,
quand la satisfaction ne passe que par l'ostentation concurrentielle,
quand la solidarité n'est plus qu'une sommation à rentrer dans le rang,
quand l'aventure se résume à prendre l'avion en souscrivant la meilleure assurance,
quand la qualité de la vie, c'est avoir un emploi du temps de ministre, un jet privé et un écran géant dans chaque pièce de sa villa,
quand tout repos, vacance, grève, maladie, enfance, vieillesse, accident, chômage n'est plus que sabotage aux cadences patriotiques,
quand la recherche, c'est trouver de nouvelles huiles d'engrenage pour les lobbies des multinationales,
quand la culture n'est plus que le bêlement des moutons,
quand la communication, c'est ne plus se toucher, ne plus se regarder,
mais s'encombrer de machines qui détraquent le climat,
quand s'informer, c'est saturer l'espace de charges électriques qui sèment la panique chez tous les êtres et espèces sensibles,
quand la cité, ce n'est plus qu'un tas de béton empilé autour des marchands,
quand la campagne, ce n'est plus qu'un dépotoir des villes,
quand cultiver son jardin, ce n'est plus que s'abonner à vie aux trafiquants de semences et de pesticides,
quand faire des enfants, ce n'est plus que réserver une place en crèche et à l'université suffisamment à l'avance,
quand se nourrir et se loger vous cloue aux croix plantées par les spéculateurs,
quand le partage, ce n'est plus que compter son argent,
et quand de tout ça, vous avez conscience,
quand de tout ça, vous en avez marre,
alors vous êtes mûrs pour rejoindre l'objection de croissance.
Car enfin est le moment où nous, en décroissance,
ne pouvons nous taire, même et surtout si on est très occupés
à bricoler notre petite vie de simplicité choisie,
surtout en pleine crise, surtout quand tout le monde a peur,
(sauf quelques petits villages gaulois quelque part en résistance),
alors qu'il devient manifeste que rien ne va plus,
que les riches nous blufferont toujours, même à l'agonie,
en réclamant des millions pour colmater les brèches qu'ils ont eux même ouvert..
Le moment est là, où nous qui nous reconnaissons sous le nom de « décroissants » ne pouvons plus refuser les micros,
sous peine de salir notre conscience en refoulant notre part de vérité, de lucidité,
un moment où nous avons le devoir de donner de la voix pour rallier ceux qui commencent à penser dans cette direction, non encore balisée,
une pensée née en deçà des clivages droite et gauche, riche des différents courants qui émergent du décapage de notre vision, hors des champs publicitaires, médiatiques, télévisuels,
une pensée en plein renouvellement et réappropriation de notre imaginaire et de nos rêves,
une pensée qui débouche ou qui est issue des pratiques, des usages et des alternatives engagées partout dans le pays par des anonymes.
Alors, parce qu'on a ce rêve en nous, ce n'est pas difficile d'aller jusqu'à oser le faire entendre lors des prochaines élections de tartufferie pour l'Europe.
Quand on a suffisamment de distance pour voir comment on se moque des européens en les faisant voter du seul scrutin vraiment démocratique, à la proportionnelle, pour un parlement qui n'a que peu de pouvoir, ne peut que s'aligner sur les directions ultra-libérales de la commission européenne et sur des traités signés entre oligarques dans le seul but d'assurer leur domination et le pillage du Sud,
on a envie de hurler non, pas encore ça!
On a envie de donner de la voix pour le Non, envie de donner de la voix pour tous les Sans Voix qui triment et s'échinent et n'ont plus envie de se déplacer pour un bulletin de vote qui ne changera rien.
Parce qu'aussi il y a eu, ici et là, des gens pour me reprocher mes ressources plancher et mon travail gratuit, j'ai décidé de revendiquer ouvertement un Revenu Social Garanti pour tous, pour tous les européens, pour commencer....
J'ai donc accepté d'être tête de liste d'une circonscription (grand Sud-ouest) pour ces élections européennes, sachant que la visée n'est pas du tout électoraliste, puisque nous n'imprimerons pas de bulletin de vote ni d'affiches officielles.
Il s'agit surtout de faire une campagne, entièrement auto-gérée, pour nos idées, pour la mise en valeur de nos expérimentations de terrains,
et de renforcer les contacts et les liens entre les objecteurs de croissance du pays.
Il s'agit de mettre en question radicale la notion de développement et de progrès dans une perspective anthropologique, énergétique, humaine, en dénonçant les mensonges de l'écologisme vert et du développement durable.
Pour ma part, je fonde mon discours politique sur les trois axes fondamentaux suivants, qui se greffent sur la plaquette de propositions travaillée par l'ADOC, l'association des objecteurs de croissance, en vue du Contre-grenelle et de ces élections Européennes, qu'on peut lire là: (plaquette_proposition3_A4plie):
1) Le « revenu social garanti » décrété comme un droit humain fondamental et mis en œuvre immédiatement, « revenu minimum d'existence », ou encore « revenu d'autonomie inconditionnel », accordé à un revenu maximal autorisé. Par exemple tout ce qui dépasse trois fois le revenu moyen européen est pris pour être mutualisé en bien commun, patrimoine de la collectivité.
Réquisition des logements vides et des terres incultes et abandonnées. Attribution d'un terrain agricole gratuit à toute personne s'engageant à le cultiver en respectant la terre.
2) La nationalisation des banques, la réappropriation par l'État du pouvoir de création monétaire,
l'encouragement et la légalisation des monnaies locales non spéculatives, accompagnés d'une gestion du contenu des échanges.
3) Le courage d''interdire toute spéculation sur la nourriture et le logement, donc les cultures, le foncier et l'immobilier, et réquisition immédiate des terres produisant carburants ou OGM.
Orienter alors vers une agriculture vivrière biologique, de subsistance, sur les territoires, visant la diversité et l'autonomie, avec attribution prioritaire de terres agricoles aux jeunes porteurs de projets.
Créer de nouveaux zonage d'urbanisme pour des formes d'établissements humains modestes et légers avec installations réversibles et énergies renouvelables,
allié à une politique d'urbanisation et d'aménagement du territoire basée sur une planification à long terme, avec entre autres, protection et revalorisation de l'artisanat de proximité.
Ces mesures phares sont de nature à changer profondément la donne économique mais aussi les rapports humains, non plus fondés dés lors sur la concurrence et la nécessité, mais sur le choix et la coopération.
Le travail est devenu pour la première fois dans l'histoire de l'humanité plus destructeur que bénéfique.
Il faut donc tout arrêter pour réfléchir aux buts de l'activité humaine.
La planète et ses habitants ne sont plus en mesure de supporter un productivisme effréné, basé sur l'aliénation et le muselage social par l'emploi, n'importe quel emploi, à faire n'importe quoi, le plus vite possible.
La remise en cause du travail entraine l'organisation de grands états généraux sur l'école et la recherche, avec réforme profonde de l'éducation.
Mais aussi des États généraux de la santé et de la justice planétaire, avec planification des productions, privilégiant l'utile et le compatible avec une répartition soutenable entre tous les habitants de la terre.
C'est pourquoi j'appelle tous ceux qui se sentent concernés par l'objection de croissance et la nécessité de vulgariser ce courant de pensée et de pratiques, à faire connaître notre participation à la campagne des prochaines élections.
Le site « Europe Décroissance »: http://www.europedecroissance.eu/
Chèques de soutien à la campagne à l’ordre “ADOC-France”
à envoyer à Elodie Garcia -
27 avenue Wailly - 78290 Croissy sur Seine (France)
20 février 2009
des subprimes aux yourtes: introduction au post-capitalisme
En guise d'ouverture du séminaire de Saint-Jean du Gard
"Alternatives au capitalisme", qui commence demain 10H,
je voudrais simplement ressituer cette initiative dans son contexte local.
Nous sommes ici en Cevennes dans une région historiquement résistante à toute oppression, une région de luttes concrètes contre l'invasion impérialiste de la croyance obligatoire et de la pensée unique, imposées par des rois ou des oligarques locaux.
Mais aussi une terre de refuge pour les contestataires et les exclus.
Les combats physiques, politiques et spirituels menés sur ce territoire par une population courageuse et rude, experte en dynamitages de ponts et bulldozers, sont toujours d'actualité.
De part la configuration géographique en vallées isolées, les pouvoirs centralisés n'ont jamais pu venir totalement à bout d'une tradition d'autonomie, gagnée par un travail acharné sur des terres isolées et difficiles d'accès.
Les tracteurs de l'agro-industrie n'ont guère pu ici éradiquer le bon sens d'une économie de subsistance fondée sur le soin attentif, par des générations d'austères cultivateurs, de l'éco-système.
Mais même dans ces endroits reculés, la répression fait rage:
là
où l'on ose questionner, dans la diligence emportée à
toute allure, le cocher sur sa destination, alors que celui-ci
répond:
« Demandez aux chevaux! »,
des
hordes de gendarmes déboulent chez des jeunes paysans vivant
chichement de leur jardin, pour tout casser et les virer.
C'est
ce qui s'est passé à la Picharlerie, ruine d'une
ancienne école de formation
de combattants-résistants contre
l'invasion allemande, retapée par quelques jeunes qui y ont
reconstruit four à pain et bergeries.
Expulsés manu
militari par les gardiens de la paix républicaine, qui ont
rasé le hameau au bull d'ozer pour que personne ne puisse plus
rien en faire, ces jeunes sont, à leur manière, comme
leurs ancêtres maquisards,
des combattants de la liberté.
Ce lieu symbolique écrasé, renié, de la résistance, a fait surgir unanimement la réprobation cevenole, réunissant jeunes et vieux sur une même révolte.
Le comble étant que ce soit un protestant qui ai déclenché la curie, un pasteur qui a ainsi trahi ces rebelles protestants historiques qui se sont courageusement radicalisés ici, quelques siècles plus tôt, contre la marchandisation outrancière des indulgences et le faste pratiqués par l'église catholique.
A
la Borie, un combat gagné contre le barrage qui devait
ensevelir toute la vallée au dessus de St Jean a permis de
sauvegarder un lieu d'expérimentation sociale et écologique
pendant plusieurs années.
Ce lieu, à nouveau convoité
par la logique de rentabilité, est actuellement occupé
pacifiquement par un couple d'apiculteurs et une yourte collective où
s'organisent des rencontres culturelles.
A
l'autre bout des Cevennes, là ou des ouvriers de toute
l'Europe ont sué sang et eau dans les mines de charbon,
s'organisent des résistances contre la confiscation des terres
agricoles, des friches industrielles et des zones naturelles par les
spéculateurs et notables locaux sans scrupules.
C'est
le cas du Cantoyourte, lieu de vie et d'engagement où
j'habite dans des yourtes auto-construites, où j'accueille les
expérimentateurs en habitats modestes et légers.
J'y
mène un combat juridique et très symbolique contre des
sociétés immobilières qui me disputent un
terrain sur lequel j'ai acquis légitimement un droit d'usage.
Parce
qu'il existe effectivement encore ici de vielles traditions de
partage, d'échange, de transmission, qui ont fait la cohésion
de cette culture de résistance, traditions dont la sagesse
constitue un appui incontournable pour tous ceux qui, en se
ruralisant, veulent donner sens et continuité à leur
démarche.
Ce combat est très symbolique car il est une réponse tranchée à la crise des subprimes à l'origine de la crise économique mondiale, une symbolique forte qui met en parallèle deux modes d'habitat contemporains radicalement différents:
là
ou des millions se gens se sont laissés endetter à vie
pour acquérir des maisons de 250 mètres carrés
au sol, maisons qui ne sont que des garages encombrés d'objets, pour se retrouver poursuivis par les huissiers et
jetés à la rue,
nous répondons spontanément
par un allégement volontaire de nos charges personnelles et
collectives en choisissant des maisons sans serrures et des modes de
vie sobres, légers, économes en énergies,
attentifs à l'environnement humain et naturel.
Et nous apprenons à nous unir pour nous défendre contre l'arnaque et la violence, car évidement, la cohèrence et la dignité n'exonèrent pas des poursuites.
Les Cevennes sont donc aujourd'hui, avec d'autres régions rurales du pays, comme l'Ariège, la Creuse, le Limousin, la Bretagne, les Alpes de Haute Provence, le creuset d'expérimentations de vie et de créativité, basées sur la volonté et la nécessité de pratiquer ici et maintenant des alternatives immédiates.
Fuyant
l'annihilation des corps et des esprits acculés sous des
doubles contraintes intenables et des rythmes emballés,
s'extrayant d'un système moribond aliénant et dégradant
qui refuse de rendre les armes,
ces expériences parallèles
sont en même temps le fruit des déceptions profondes de
gens qui n'attendent plus rien, mais surtout les prises de conscience
lucides de la base qui s'auto-organise en conséquence.
En
conjuguant inventivité, ingéniosité, sobriété
et solidarité,
en refusant toute hiérarchie et
bureaucratie de domination,
ces réponses spontanées aux
crises économiques, écologiques et sociales constituent
non seulement une nemesis salutaire à la morbidité du
capitalisme, mais elles sont le ferment de la révolution en
marche.
Le
philospohe Axel Honneth soutient que les mouvements sociaux trouvent
leurs sources non pas tant dans des conflits d'intérêts
matériels que dans l'expérience du déni de
reconnaissance et du mépris social.
Or les réponses
politiques à la crise apportées par nos gouvernants
sont exactement cela: arrogance et humiliation.
Le
mouvement social,
rassemblant largement ouvriers, écologistes,
alter-mondialistes, indigènes, féministes,
désobéissants, expulsés, collectifs libertaires,
pacifistes, paysans, auto-constructeurs, chômeurs et précaires,
sans voix, sans terres, sans papiers,
est désormais convaincu
unanimement de l'inanité du pouvoir politique soumis aux
multinationales,
conscient que la liquidité totale du capital,
appliquée par un néo-libéralisme exacerbé,
débouche inéluctablement sur la liquidité-liquidation de la
société.
C'est
pourquoi le mouvement social est aujourd'hui,
grâce à la
crise et au retour sur soi qu'elle implique,
prêt à
conduire la grande transformation des habitudes qui est en cours.
Prêt
à répondre à l'immense mécontentement par
des politiques auto-déterminées, non-autoritaires et
non populistes,
mettant en œuvre coopération et répartition
des richesses.
Prêt
à faire émerger, derrière des élus
impuissants,
des femmes et des hommes libres aux idées neuves
et salvatrices,
capables de donner corps, par des exemplarités
éthiques fondées sur la crédibilité d'engagements conscientisés, à cette explosion de
réseaux d'affinités et d'entraide gratuite qu'on peut
voir émerger sur internet et parmi les jeunes rejetant les
injustices.
Sur toute la terre, il n'y a jamais eu autant de personnes qui cherchent activement des solutions à des problèmes, qu'ils soient techniques, politiques, économiques, métaphysiques, ou seulement psychologiques.
C'est
pourquoi ce séminaire se veut déboucher sur des
réalités pratiques,
et j'espère qu'il saura
donner place pas seulement à ceux qui savent bien réfléchir
et bien parler, mais aussi à celles et ceux qui, discrètement,
humblement,
avec une conscience émergente des implications de
leurs actes minuscules sur la survie des peuples et la bio-diversité
du monde,
sont impliqués dans des bricolages modestes et
géniaux
pour la construction de leur vie, de celle de leur famille et de la société.
Ces
petits arrangements, ces usages d'avant, maintenant et demain,
qui
sont la trame d'une identité collective non idéologique,
sont le terreau d'une culture universelle que nous devons nous
approprier,
ils sont les fondations immunitaires d'un avenir possible
et désirable pour six milliards d'êtres humains.
Tous
habitants sur une planète dont l'espace ne pourra plus être
extensible
que par l'esprit,
une planète dont la richesse et
le progrès doivent désormais se fonder sur
l'immatérialité du lien social, la valorisation de la
personne dans ses dimensions les plus humaines, la justice et la
fraternité.
J'animerais pendant ce séminaire un atelier sur les statuts et usages, en perpétuelle innovation, des habitants modestes et légers,
et la nécessaire organisation qu'il nous faudrait mettre en oeuvre pour faire face aux répressions.
04 février 2009
L'éco-arnaque du developpement durable.
L'éco-arnaque du "développement durable".
Ce terme mis à mode utilitaire est un oxymore de troisième type ayant pour objectif de manipuler l'opinion.
L'oxymore consiste à accoler un mot de connotation négative, par exemple le mot "guerre", avec un mot qui possède une connotation positive, par exemple "propre".
On obtient ainsi l'ovni inconcevable "guerre propre", pour faire croire qu'une guerre peut ne pas faire couler de sang, ne rien salir, ne rien casser.
Ce type d'oxymore joint deux termes impossibles à représenter ensemble sans proférer un « véritable mensonge. »....(premier type d'oxymore, contradiction de renforcement)
En effet, dire que le développement est durable sous-entend qu'il dure à l'infini, qu'il n'a pas de limites. Comme si nous n'avions pas fait le tour de notre planète, ni de ses ressources, comme si nous étions toujours au Moyen Age en train de contester, contre toute évidence, que la terre est ronde, nous raccrochant à un horizon plat, marche-pied d'un Dieu tout puissant, comme si nous refusions délibérément que tout ici bas soit une matière finie, à commencer par notre propre corps....
C'est une erreur si énorme qu'il est légitime de penser qu'elle soit volontaire.
Bien plus qu'un galvaudage impénitent, ce genre de mensonge est un déni d'humanité.
Dans le meilleur des cas, les personnes qui utilisent ce terme entendent faire accepter aux autres leurs propres barrages obstruant délibérément le flux de la vie, en voulant généraliser une malhonnêteté viscérale, une complaisance entêtée, une lâcheté intellectuelle, et finalement leur trouille de la vie érigée en religion économique.
C'est comme si on voulait faire croire à un enfant que la maladie, la vieillesse et la mort n'existent pas. Comme si on déniait la nature même de la vie, qui est naissance, développement, maturité, corruption, désagrégation, mort et renaissance.
Ce mensonge prend l'enfant pour un idiot, un enfant toujours dans les limbes qui n'aurait aucune prescience de sa nature finie et mortelle, à qui on autoriserait des comportements tout puissants et dévastateurs, le retour du surhomme au-dessus des lois naturelles et de toutes contingences.
Un enfant à qui on ment en lui promettant la vie éternelle sur terre ne peut que développer une angoisse existentielle. De cette angoisse, par un retour instinctif du refoulé, naissent des comportements violents, la recherche impulsive des limites, une forme psychopathologique d'absence d'empathie pour son prochain, qui pourrait constituer une vengeance inconsciente au mensonge de base.
Ensuite, ce terme, tout en utilisant vicieusement un couple de mots contradictoires, ignore délibérément la dualité de tout ce qui existe, en particulier que l'envers de la croissance, c'est la récession, et que loin d'être un phénomène irrationnel ou catastrophique, la récession est une étape normale de la dynamique énergétique de tout ce qui vit.
Mais qui aura enfin le courage de parler des effets positifs de la récession?
Qui aura le courage d'affronter la réalité, qui possède au moins deux versants, et donc de ne pas nier névrotiquement que la croissance infinie et le développement durable sont physiquement, biologiquement, archétypiquement impossibles?
Certainement pas ces petits opportunistes verts ou socialisant qui ne savent plus quoi inventer pour montrer qu'ils sont devenus totalement moraux avec leur produits bios fabriqués dans une entreprise solidaire dans un pays aux abois.....qu'on aide à s'en sortir charitablement bien sûr....
Et encore moins ceux dénoncés depuis plus d'une décennie par nos amies
Agnès Bertrand et Laurence Kalafatidés
dans leur livre « OMC, le pouvoir invisible ».
« Le discours des spécialistes de l'OCDE sur le développement durable relève d'une configuration sémantique qui consiste à asséner des contre vérités avec aplomb.
Des semences génétiquement manipulées et brevetées pour vaincre la famine; la compétition exacerbée pour parvenir à une répartition plus « équitable » des richesses; la privatisation des services d'environnement aux mains de pollueurs pour sauver l'atmosphère!
L'obsession de transformer la nature en devises se déguise désormais en croisade pour sauver la terre!
Le club d'humanitaires écologistes du BASD, groupe d'action mondial des affaires pour le développement durable, organisation auto -proclamée par le monde du business, crée par la chambre de commerce internationale et le conseil mondial des affaires pour le développement durable, s'est choisi comme président le PDG de Shell.
Ce club compte des firmes aussi notoirement écologiques que Monsanto, Cargil, Navartis, Nestlé, Bayer, Vivendi et Suez...
Bienvenue aux souteneurs du développement durable,
vive le business action pour la domination durable! »
A qui sert encore ce mensonge sur le développement durable érigé en ministère d'État??
Certainement pas à ces humains plutôt tranquilles qui ont franchi victorieusement le cap de la castration symbolique.
Ce mensonge, né d'une tentative illusoire, quasi hallucinatoire,
d'un système organisationnel fondé sur l'accumulation,
emmuré dans un déni réactionnaire contre toute remise en question, toute critique et toute transformation, refoulant désespérément sa finitude par la démultiplication matérielle et l'entassement à l'infini, cherche à entrainer l'ensemble de la société dans sa folie des grandeurs.
Le développement durable n'est alors rien d'autre qu'une métastase sournoise du cancer capitaliste en train de se généraliser.
Cette crispation n'est-elle donc pas l'expression lamentable de la résistance ultime d'un agonisant qui n'a jamais voulu regarder sa mort en face?
Et cet agonisant n''est il pas tout simplement ce capitalisme érigé en rempart contre l'évidence d'une planète mesurée où il faudra bien, si l'humanité veut survivre, apprendre à coopérer pour partager l'espace et les ressources?
« La mort tranche et abat grands, petits, jeunes, vieux, pauvres, riches, rois, ducs, comtes, princes, barons, chevaliers, dames, demoiselles, et généralement toutes choses que la nature a créé..... Regardons aux faits d'Alexandre le Grand qui, par armes et force corporelle, fut dit avoir conquis la monarchie du monde et sur tout dominer. Il ne trouva jamais un ennemi, aussi fort fut-il, qui le put vaincre, et toutefois la mort, sans fer ni armes, le vainquit, et si bas, que toute la puissance qu'il avait ne put le préserver ni garder. »
Ars Moriendi, l'art de bien mourir.
« Qui beaucoup s'inquiète de mener son travail à bonne fin pense toujours à la fin dernière." Saint Grégoire.
Mais
le simple fait de dénoncer un mensonge vous fait traiter au
mieux de moraliste, au pire d'intégriste.
Pourtant, accepter un premier mensonge vous entraine dans une chaine d'erreurs.
Accepter et utiliser un mensonge le renforce et vous en rend responsable.
Les mensonges politiques disséminés par les médias et les entreprises sont ceux qui arrangent et confortent leurs intérêts, dans le mépris non seulement de l'altérité, mais de l'honnêteté la plus basique, qualité élémentaire pour donner des bases saines à tout projet politique soutenable.
Maltraiter le peuple à coups de techniques de communication hypocrites, tel que ce genre de détournement pervers de la sémantique, c'est prendre les citoyens pour un troupeau d' oies à gaver pour les manger plus grasses.
Le mensonge, voie la plus sure du fourvoiement, est un écran de fumée noire pour empêcher de dénoncer la prédation généralisée relookée en programme humanitaire, et c'est surtout une stratégie impérialiste d'intoxication et d'éradication de la confiance mutuelle et de la liberté de pensée juste.
Et je ne crois pas du tout, comme Mr Michael Walzer, américain spécialiste d'éthique et de relations internationale que: « L'enjeu de la compétition c'est la survie d'une famille, les soins de santé pour les enfants, une éducation décente, la dignité des personnes âgées. De tels risques ne laissent pas beaucoup de place à la moralité. Car les gens n'agissent décemment que s'ils sont traités décemment » dans son livre « Morale maximale, morale minimale ».
Je crois quant à moi que l'humain se distingue par cette capacité à ne pas rendre coup pour coup, à m'émanciper de la loi du Talion, et à être capable d'actes dignes et courageux face à la barbarie, et ce sans en attendre la moindre louange.
Cette forme de désintéressement est chevillée à la conscience.
Les anonymes qui ont caché des Juifs et des résistants en risquant leur propre vie, sans aucune reconnaissance, lors de la dernière guerre, en sont une preuve flagrante. C'est Dieu merci, une immense lueur d'espoir face à la veulerie qu'on voudrait nous faire croire évidente et naturelle.
Mais cette conscience ne peut agir que s'il lui reste un peu de cerveau en état d'éveil, dans un juste milieu entre misère et abondance, puisqu'en trop d'affres ou trop de confort, elle s'étiole.
Or il semble que la diminution de l'estime de soi, provoquée insidieusement par la crétinisation de masse télévisuelle et ses mensonges repris en boucle sur les écrans mondiaux, intoxique gravement la capacité d'empathie,
la capacité de ne pas faire aux autres ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse, qui est quand même, en dehors de toute commande religieuse,
une base principale du vivre ensemble.
C'est
pourquoi les engagés de la liberté se doivent
de ne pas ressembler à ceux qu'ils combattent.
Si ceux là mentent, dites la vérité.
S'ils pratiquent la concurrence, coopérez.
S'ils méprisent les femmes et rejettent les étrangers,
aimez et accueillez.
S'ils volent, donnez. S'ils cassent, réparez.
S'ils n'ont pas de mémoire, n'oubliez pas.
S'ils se cachent, ouvrez et allumez.
S'ils complotent, jetez cartes sur table.
S'ils emprisonnent, libérez.
S'ils tuent, faites grâce.
Et s'ils ne vous écoutent pas, taisez vous.
Il ne s'agit pas ici de morale, mais tout simplement
de la place qu'on laisse à la lumière de l'esprit
pour traverser son cœur et toucher ses profondeurs,
dans lesquelles se cache le joyau de chacun,
ce noyau qui porte la vie,
par la dignité, l'humanité et l'espérance.




















































































































































