06 août 2009
Petit jeu (insolite) de l'été sur Yurtao
Le joueur qui fait la meilleure réponse
gagne un WE sous la yourte au Cantoyourte,
vrai scoop de scoop puisque je ne fais plus d'accueil désormais.
Il s'agit d'aider une brave dame à trouver une solution
à un problème qui lui gâche la vie:
Cette dame a reçu une carte de vacances de son petit-fils Merlin,
7 ans, qui vient de passer ses nuits
dans une cabane en haut des arbres
et a donc acquis assez d'expérience pour lui livrer ses impressions :
« C'est comme à la maison, sauf que c'est plus haut, qu'il n'y a pas mes jouets et pas de télé et pas d'électricité non plus. On s'éclaire à la bougie. Et puis, il n'y a pas de salle de bains non plus mais ce n'est pas grave. Ah oui, il y a aussi des toilettes sèches et une moustiquaire. Le petit déjeuner, il arrive en bas de la cabane dans un panier et je le monte à l'aide de cette corde. Les bagages son arrivés heureusement en voiture électrique au pied de la cabane et on a eu droit à un sac à dos avec des lampes électriques, de l'eau, des allumettes, des draps et du papier toilette! »
Et la fille de la dame d'ajouter:
« Il ne restait plus qu'à écouter le chant des oiseaux avant de s'endormir dans le nid des condors… On a essayé les yourtes l'an dernier. Cette année, les cabanes dans les arbres. L'an prochain, on essaiera des chambres troglodytes. On apprécie les logements insolites si proches de Paris où nous revenons après-demain, on s'arrête chez toi pour le déjeuner, on te racontera. »
Paniquée, notre parisienne téléphone aux gentils copains qui s'occupent des SDF:
ALLO ? LE COLLECTIF DES CLOCHARDS ?
Les gentils : Collectif des sans-abri, bonjour Madame.
La dame : Oui bonjour. Il y en a un qui dort sur mon trottoir!
Les gentils : Une personne sans-abri dort sur LE trottoir.
Lui avez-vous parlé, est-il malade, il y a un problème ?
La dame : Mais non, il dort c'est tout,
il dit qu'il n'a pas trouvé d'hébergement.
Les gentils : C'est évident, il n'y a pas d'hébergement en effet,
beaucoup essayent de survivre à la rue.
Et bien, vous nous rassurez, au moins il n'est pas souffrant,
alors que peut-on faire ?
La dame : Mais il ne peut pas rester là, sur mon trottoir!
Les gentils : Avez-vous téléphoné à une association avant nous ?....
La
dame (qui s'énerve) : Mais oui, j'ai téléphoné au 115,
aux pompiers, à police secours, à Caritas ...
Personne, personne ne veut s'occuper de ce problème!
Et il ne peut pas rester là!
Les gentils : Mais pourquoi à la fin?
Laissez le dormir, il finira bien par partir...
La dame : Ma fille doit arriver avec ses enfants,
il ne peut pas rester là!
Il faut m'en débarrasser!
Les gentils : Nous comprenons la situation.
Il ne vous reste qu'une solution, le faire rouler ...
La dame : Comment ça le faire rouler ?
Les gentils : Et bien oui, vous le faites rouler le long du trottoir,
jusqu'au caniveau.
Au revoir Madame.
(Les gentils: http://sdfalsace.blogspirit.com/)
Bénéficiant du premier coup, je suggère la réponse suivante:
- Cette dame devrait contacter le maire de Paris pour qu'il copie la solution géniale du maire de New York qui, pour se débarrasser des SDF qui lui coutent trop cher; leur paye un billet d'avion pour aller voir ailleurs « où c'est plus facile qu'ici! »
Mais comme je suppose que ça va prendre un certain temps pour décider les élus, malgré toute leur bonne volonté, je suggère une solution plus rapide et moins couteuse: cette dame pourrait faire déplacer SON clochard vers les cabanes perchées, au fond des bois, ça sera moins voyant que dans SON caniveau....et il mettrait du temps à revenir, le clochard, d'autant que lui, il aura pas de panier en bas avec une ficelle à tirer, donc ça ferait quelques jours tranquilles à cette dame avant que SON SDF arrive à redescendre et revenir sur Paris.. D'autant que les cabanes perchées ne sont utilisées que pour l'été, alors si on y mettait les SDF les dix autres mois de l'année??? Non??....?
Seulement voilà, je préfère, avant de proposer cette solution à la dame, que vous en rajoutiez quelques unes au cas où elle fasse la fine bouche....
A vous!
PS: on peut s'inspirer un peu plus de la situation sur le blog remarquable de
09 juillet 2009
Yourte et zoo.
Extrait d'un blog commercial de voyages « pour changer d'air. »
« Nouvelle alternative pour ceux qui ont réduit de moitié leur budget vacances! Crise oblige, il faut faire des sacrifices. Pourtant, il existe des solutions : le zoo permet un dépaysement en famille à moindre prix. Le vacancier aime la détente et la nature, il aime le dépaysement, entre yourtes qui se louent une ou quatre nuits ou bungalows sur pilotis. Ça lui donne une conscience écologique.!!!! »
Pour vendre et continuer à accélérer la centrifugeuse capitaliste, il suffit d'ajouter « durable » partout. Même le guide du routard s'est reconverti dans le tourisme « responsable », avec son réseau de yourtes importées....Tout passe à la moulinette verte, la grande récup de toute contestation.
Aucun tourisme n'est responsable: le tourisme, ce sont les vacances des riches qui vont voir les pauvres, qu'on extrait momentanément de leurs bidonvilles avec leur petit exotisme et leur servilité monnayable, comme au zoo. On jette des bananes bio-eco-solidaires-équitables aux singes, et au lieu de se débarrasser de son épluchure dans le gazon, on marche jusqu'à la poubelle pour soigner son obésité montante.
A la suite, petit exemple en images de ce que ne seront jamais les yourtes auto-construites par ceux qui en ont besoin. Caricatures consternantes, propres à raviver, je l'espère, votre sens critique.
Voici donc une vidéo, où l'on assiste aux dérisoires contorsions de petits soldats néo-libéraux, en permission de leur régiment, découvrant un nouveau jouet, un bibelot déniché dans la grande épicerie ethnique de la globalisation marchande: le dernier gadget à la mode( le WE en yourte), à accrocher dans les salons parisiens pour afficher son vernis cosmopolite.....
Où l'on voit comment l'occidental passe tout ce qui lui tombe sous la dent au grand râtelier de sa boulimie, avalant tout rond, bedonnant et évacuant sans vergogne d'insipides matières incompostables.
Comment de pauvres mongols, pris en otage par la colonisation banalisée et la dictature marchande collaborent tristement à la perversion de leur culture, via l'esclavage salarié et l'assujettissement au culte de la distraction.
Comment dévoyer ce sentiment de similitude, ciment de la cohésion des sociétés traditionnelles, qui s'exprime par une hospitalité gratuite, en homogénéisation de l'indigence culturelle mondialisée
http://www.streetreporters.net/views/2660-street-a-dormi
Pourquoi venir me voir?
Voir qui? Chercher quoi, vouloir quoi?
Vous avez besoin de vous situer, de vous diriger, et vous partez loin de vous-même.
Je n'ai rien à donner, rien à transmettre. Tout est déjà là.
Les questions, ce tourisme mental, c'est comme un marathon, ça m'épuise. Mes réponses sont des atermoiements, des façons d'être polie, jolie, des galanteries. Pourquoi pas si c'est une approche, mais votre désir d'identification ou de dévotion, allez vous le fixer sur une tente, ou sur l'occupation d'une tente?
C'est toujours mieux que sur une cathédrale, un panthéon, un supermarché, un théâtre, une villa dans un lotissement, mais le mieux est sans fin, et l'insatisfaction, la bataille pour exister, qu'on projette dans le logement, recommencera dés que j'aurais répondu à vos attentes.
Je n'ai pas envie de pérenniser votre manque.
Pas envie d'éponger la sueur de vos quêtes.
Si vous n'avez rien à demander, il y aura toujours une petite yourte ouverte pour vous au fond du jardin, une lampe allumée, un duvet au mitan du lit, du thé dans la bouilloire et un gaz pour la soupe. Gratuitement. Sans posture.
Mais vous ne trouverez pas dans un changement de direction la solution à tous vos problèmes.
Même si cette direction est rebelle, novatrice et qu'elle sauve la planète, elle ne vous mènera qu'à plus de phénomènes, et vous devrez continuer tous les jours à verser des lessives de plus en plus corrosives dans le bac de votre machine à laver, sans que votre linge devienne plus propre.
La décision de fabriquer sa yourte, ou de l'acheter bien conseillé, c'est bien, mais attention: pas besoin de se mettre la pression, pas de culture du résultat, pas de stratégie de la yourte.
La yourte est une voie, pas le but. De but, il n'y en a pas.
Demain viendront les expulseurs, ils sont partout pareils, la même mission de réaction, et ils auront raison. Ils rempliront la fonction que vous me demandez en vain: produire un coup de vent pour vous botter les fesses.
Ils nous débarrasseront lestement de ce à quoi nous sommes attachés, de ce que nous risquons d'idolâtrer, d'idéaliser, d'objectiver.
Et parce que vous avez peur, vous venez voir comment je continue à exister en état d'expulsion.
Je suis en train d'accoucher, dans le ventre de la yourte. C'est une affaire privée, intestine. Je sortirais le bébé à son heure.
Pour acquérir cette impétuosité aventureuse qui relance vos aspirations, vous voudriez que je vous tienne la main gauche pendant que vous désagrippez la droite.
Pour éviter d'entendre que la seule vraie maison, c'est le corps qu'on a.
Ce corps tout prés, toujours aux basques, en train de s'essouffler derrière vous comme un petit chien qui implore une caresse.
En renonçant aux concepts, au sens, à l'évolution et à la couverture, les murs tombent, qu'ils soient en chiffons ou en béton.
Il reste un bébé plein de vie, transparent, inaudible, intouchable, qui tête un sein invisible.
Rentrez chez vous, et célébrez le mystère du premier humain qui a fabriqué la première yourte.
Rentrez chez vous et commencez à enfanter le vide de la seule maison habitable qu'on puisse bâtir dans sa vie, Être.
Rentrez chez vous et tendez l'oreille.
Un enfant vagit au fond de vous, il pisse partout pendant que vous courez le monde pour savoir où vous poser, et ça commence à puer.
Les enfants se taisent quand on les prend dans les bras.
Et les éponges nettoient par leurs trous.
17 avril 2009
venir aux yourtes de Besseges en Cevennes
Pour ceux qui désirent venir au Cantoyourte,
camp de plein air
pour expérimenter la vie quotidienne sous tente,
que ce soit pour aider au débroussaillage du Cantoyourte 2
ou pour essayer la yourte en vue d'un changement de vie,
c'est bien sûr possible,
sachant que je ne suis pas très disponible,
ayant beaucoup d'activités en cours.
Venez donc en visite de préférence le WE,
prévenez et soyez autonome sur place,
le camp s'y prête, avec un certains nombres d'usages à respecter.
Si vous avez envie de donner un coup de main
pour l'aménagement du Cantoyourte 2,
vous pourrez dormir sous une yourte ou installer votre tente.
Attention: je ne donne pas d'enseignement sur l'auto-construction de yourtes par oral. Ce que je transmets se trouve dans le blog Yurtao.
Venir au Cantoyourte est une démarche d'autonomie
où la transmission se fait par le silence, l'observation,
le retour sur soi, l'attention à l'activité simple du quotidien,
la modestie du travail manuel, la méditation.
Usages au Cantoyourte:
Situation
Le camp, comprenant trois yourtes,
une petite,
une moyenne
et une grande,
établissements humains modestes et légers,
expérimente et propose un art de vivre différent.
.Sa situation non isolée, en bord de village, ouvrant sur une vie de quartier, à 10 minutes d'une gare, permet à ceux qui ont abandonné la voiture de s'y rendre et de s'approvisionner facilement.
On trouve au village un primeur et une épicerie bio, un supermarché et une station service, une bibliothèque avec des ordinateurs, des médecins,
et un marché le Jeudi.
La rivière est à 10 minutes, et le premier sentier de randonnée débouche sur le camp.
Fournitures actuelles du camp:
Matelas, couvertures, coussins, armoires murales, coffres, cintres, étagères.
Toilettes sèches,
évier dehors, détergent bio, bassines,
lampes, radio et sono, ( alimentation électrique).
Réchaud à gaz alimenté, ustensiles de cuisine, condiments de base, tisanes, thés et cafés. Appareils de chauffage.
Tables et chaises extérieurs, barbecue, bancs autour du foyer pour le feu extérieur.
Pas d'eau courante: l'approvisionnement en eau communale se fait à 150 mètres avec des bidons transparents et bouteilles fournis, ou en eau de source à trois kilomètres.
L'eau
de pluie récupérée par le toit des yourtes n'est
pas potable:
conservée en bidons de couleurs, elle convient
pour les vaisselles et la toilette. On remplit ses bidons (en
veillant à leur propreté pour ne pas souiller la
réserve) en puisant dans les cuves de récupération.
Location de draps, serviettes et linge possible, ainsi que machine à laver et vélo.
Apporter: lampe de poche, chaussons, tongs ou sabots,
histoire de rentrer et sortir facilement des yourtes,
duvet, nécessaire de toilette.
L'usage pour les invités, visiteurs, hébergés est d'amener son bol et son couvert, particulièrement lors des rencontres collectives et fêtes.
Il n'y a pas de réserves alimentaires sur le camp, prévoir donc ses repas.
Il est possible de consommer thés, cafés, soupes, bols de riz dans la yourte salon qui propose l'hébergement collectif.
On peut y consulter sur place de la documentation sur les yourtes,
et pratiquer méditation zen et yoga,
en particulier les Lundi et Jeudi à 19H en été, 18H en hiver.
Une boite en bois peut recevoir des contributions financières pour la bonne marche et l'entretien du camp.
Recommandations:
Le camp est une zone sans téléphone portable. Merci d'éteindre votre appareil.
Les véhicules doivent être garés à 50 mètres, devant le transfo, ne pas rentrer sur le chemin de terre.
Ni chaussures ni fumeries dans les yourtes. Pas de chiens, même en laisse.
Gestion vigilante des ouvertures des yourtes et du camp.
Rendre les yourtes utilisées propres et rangées (balayette, secouer les lirettes).
Chacun est responsable de ses déchets et de leurs recyclages, ainsi que de son approvisionnement en eau.
Pour annoncer votre venue ou réserver un séjour, veuillez prendre contact avec moi en cliquant sur « contactez l'auteur » en bas de la colonne de gauche de ce blog, soit laisser un mot dans les commentaires à la suite de cet article.
J'annoncerais les journées collectives de travaux par voie de newsletter.
Yourternellement à vous, Sylvie.
ADRESSE:
CANTOYOURTE. La cantonade. 30160. Bessèges.
(Besseges se trouve au Nord du Gard, à 30km au Nord d'Alès, 70 km au Nord de Nimes)
06 mars 2009
WE pour la journée de la femme 8 Mars 2009 sous les yourtes
Si tu es une femme,
si tu connais des femmes,
si tu veux marquer le coup
pour la journée des femmes,
voici une proposition
de retrouvailles entre femmes:
Invitation à la fête des femmes
Week-end du 7 et 8 Mars 2009
Tu peux venir au Cantoyourte,
camp de plein air avec trois yourtes pour t'accueillir,
dés 14H le Samedi pour participer au débat,
sur le thème:
« Femme et foyer, féminisme et habitat »
Apporte un plat et une boisson à déguster pour le partage du repas du soir,
ainsi qu'un bol avec tes couverts.
Pour la fête, n'oublie pas ta musique préférée, tes instruments, tes textes etc..
Amène tes chaussons et ton duvet si tu veux dormir sous la yourte.
Dimanche, échanges de pratiques, atelier sur les rêves, papotages, pikniks partagés.
Attention, nuits encore très très fraiches....
Pense à faire garder tes enfants et amène tes copines!
Pour venir au Cantoyourte,La Cantonnade, 30160 Besseges:
Aller
à la gare SNCF de Besseges, puis direction Genolhac, prendre
la première route à gauche. Monter toujours sur la
gauche jusqu'au transformateur électrique et se garer. Le camp
est juste en face. A peine 15 minutes de marche de la gare....
Une
femme, Clara Zetzin, a saisi l’opportunité de la
Deuxième Conférence internationale des femmes
socialistes de Copenhague en 1910 pour instaurer cette idée
d'une journée de la femme en Europe, en s’inspirant de la
« Journée
nationale pour l’égalité des droits civiques »
que les américaines avaient organisé l’année
précédente.
Et la légende dit que la date du 8
mars a été choisie en commémoration d’une
grève des « petites » ouvrières
du textile de Chicago !
Origine de la fête des femmes en cevennes minières
01 juillet 2008
A Besseges, un autre monde est possible
Magnifique journée que ce rassemblement au Cantoyourte
de la gauche de la gauche.
Démarrage en douceur pour un pique nique champêtre
mais aussi de la nourriture intellectuelle
apportée par nos chers Alternatifs Gardois.
Certains même travaillent
pendant que d'autres refont le monde
picolent, (il fait trrés trés trés chaud!)
dénoncent
s'informent
débattent
réfléchissent
conciliabullent
préparent leurs instruments
investissent l'herbe aux yourtes
pour ouvrir la fin de journée en fanfare
avant de sortir du camp à la rencontre de la population locale
déambuler dans les quartiers
piétiner l'asphalte
et afficher ses convictions devant l'une des maisons
du sénateur local.
( Veuillez m'excuser pour la mauvaise qualité des photos, je n'ai pas eu le temps de prendre en main mon nouvel appareil.... Aussi j'invite tous ceux qui, parmi la bonne centaine de personnes qui sont venus à cette fête, ont pris quelques clichés, à m'en transmettre, afin d' agrementer cet article)
25 juin 2008
Fête des Alternatifs au Cantoyourte
DIMANCHE 29 JUIN
DE 12H00 A 22H00
LES ALTERNATIFS
FONT LA FETE
AU CANTOYOURTE
PIQUE NIQUE
GRILLADES ET BOISSONS
PRODUITS PAYSANS
PERCUSSIONS ET DEAMBULATION
TOUTE LA JOURNEE
AVEC LE GROUPE MILITANT
DE 10 BATTEURS
ZANGAO
DES 14H30,
DEBAT SOUS LA YOURTE
ORDRE DOMINANT:
SEXISME / LESBOPHOBIE /
HOMOPHOBIE /
DISCRIMINATIONS/
CRIMINALISATION
DE L'HABITAT MODESTE ET LEGER.
A Dimanche!
C'EST GRATUIT ET ANTICAPITALISTE!!!
http://alternatifsgardois.free.fr
25 avril 2008
jeunes des banlieues sous la yourte
Randonnée cyclo des jeunes des quartiers
hébergés sous la yourte.
Un super moment de mixité sociale au camp de yourtes.
Ils sont arrivés à une vingtaine en mob,
des jeunes entre quatorze et dix huit ans,
issus des quartiers et des cités de Nimes et d'Alès,
aprés une journée de randonnée cyclo
d' une centaine de kilomètres sur les routes cevenoles.
Ils ont bien rangé leurs engins en ligne
à l'entrée du Cantoyourte,
et passé le coup d'oeil étonné et ravi sur l'antre moelleuse
où ils allaient passer la nuit tous ensemble,
ils ont écouté sagement ma présentation
de la culture des yourtes,
posant quelques questions malicieuses.
Puis, pendant que les uns s'occupaient du feu
pour faire cuire les côtelettes et les merguez,
les autres vaquaient à l'entretien des motos.
jusqu'au paufinage expert...
C'était leur quatrième jour de rando mobylette,
ils commençaient à trouver leurs rythmes et leurs marques
entre eux et avec l'extérieur.
La fatigue et toutes ces nouveautés engendraient
quelques frictions entre garçons et filles,
quelques éclats de rires, de gueulantes, de recadrage....
Pas du même quartier, pas du même sexe,
pas la même hiérarchie, pas la même culture, et pourtant,
les éducateurs, dont j'ai pû admirer le formidable travail
d'animation, d'encadrement, de patience et d'adaptation,
ainsi qu' une organisation tout à fait remarquable,
réussissaient toujours à dompter les tensions,
sans exclure autoritairement quiconque.
Il est vrai que le cadre est rodé, les foyers ruraux du Gard
ayant inauguré ces vacances rallye cyclomoteurs de jeunes
depuis déjà cinq ans. Certains d'entre eux,
qui ont participé plusieurs fois à ces convois cyclos,
se forment maintenant comme animateurs, en prenant
des responsabilités d'accompagnement actif dans le groupe.
Le soir, les filles ont honoré la yourte de leur tenue de soirée,
et papotaient tranquillement avec leurs potes sur les couettes
pendant que les saucisses chauffaient.
Elles voulaient savoir si je n'avais pas peur le soir.
Quand les garçons se sont lavés les mains
avec l'eau de pluie du broc, au crépuscule,
ils remarquèrent avec une perplexité latente:
« Hey, c'est comme au bled! »,
puis me demandèrent de leur désigner
les points cardinaux, pour la prière...
Les rires des filles cascadaient parfois à contre courant,
surtout pendant le repas, et là,
quelques étincelles mirent le feu, émotionel,
dans plusieurs endroits éparpillés sur le camp:
quelques suceptiblités viriles amochées,
quelques larmes féminines, quelques gueulantes du grand chef,
la vie quoi, la vraie vie qui flambe à l'improviste
sans demander la permission....
Puis tout est rentré dans l'ordre au mitan de la nuit
pour un repos bien mérité sous la yourte.
Là, les pieds dans les yeux,
les genoux dans une colonne vertébrale enroulée,
les lunettes écrasées, les chewing-gums dans les cheveux,
les chaussettes introuvables, le CD de rap en catimini,
les roulades et les chipotages,
et tout ce que je ne saurais jamais, bien entendu....
Et le lendemain, tous levés à huit heures,
un conciliabule très sérieux entre chefs pour préparer la journée,
puis la transmission en réunion générale
de la répartition des taches, la distribution des satisfécits,
la confirmation des engagements des uns et des autres,
et à dix heures, ils sont tous remontés sur leurs mobs
vers une nouvelle découverte.
Tous les jeunes qui sont venus peu ou prou au camp
sont contents de trouver ici des repères différents
et me manifestent leur reconnaissance.
Ils se rendent compte dans la réalité que des adultes normaux
vivent une autre vie que celle de la télé et ça les fait réfléchir...
Quand à moi, je suis heureuse de pouvoir leur offrir,
en plus d'un bol d'air, un aperçu de la liberté d'esprit
qu'ils pourront conquérir
à partir de leur propre expérience de vie.
Merci à Magali et Vincent
de m'avoir fait partager ce riche moment!
17 mars 2008
vue sur les yourtes à Besseges
Le camp de yourtes se situe au bord du village de Besseges,
ancienne petite ville minière des Cevennes,
à trente kilomètres au Nord d'Alès, capitale des Cevennes.
Sur cette photo, on voit
les toits des anciennes usines au premier plan,
en haut à droite le quartier de la Cantonade,
et au milieu, dans le berceau d'une vallée transversale,
touts petits, les toits clairs yourtes.
Elles sont donc positionnées au bout du quartier
et à l'orée de la forêt, au début du sentier du Ronc rouge
et du chemin de grande randonnée 44.
Voir l'article:"yourtes en Cevennes"
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/11/01/6740532.html
03 février 2008
fête des femmes sous la yourte
Les femmes des Cevennes ont envie de s'amuser!
Ce nouveau cycle de « fête des femmes » au Cantoyourte
succéde à un cycle de cinq années
pendant lesquelles des femmes de toutes nationalités
se sont retrouvées en Cévennes plusieurs fois par an
pour des soirées de joie et d'échanges.
L'impulsion avait été donnée par Rebecca,
une femme Allemande danseuse et artiste,
ayant longtemps vécu dans la mouvance
extraordinairement dynamique de Santa-fé,
qui a ouvert sa maison, « la mine d'or »,
située à Gagnières dans le Gard,
pour initier ces rencontres réservées aux femmes.
Rebecca ayant transporté ses talents vers d'autres cieux,
un petit groupe d'anciennes s'est retrouvé,
à l'issue de l'inauguration de la yourte Shamatha,
pour réinitier une nouvelle dynamique
sur le lieu du Cantoyourte.
Tout en gardant la trame de base de ces fêtes,
qui sont ouvertes sur invitation
à toutes les femmes qui le désirent,
la créativité de chacune peut faire surgir,
à chaque rencontre, des thèmes différents et variés.
L'usage étant qu'à l'issue de chaque fête,
une grande ronde chantante la conclue,
et qu'un nouveau petit noyau de trois ou quatre femmes
se propose pour la préparation et l'organisation de la fête suivante.
Grâce à ce renouvellement, les thèmes sont donc aussi variés
que l'imagination des personnalités
et la magie de leurs associations.
Néanmoins la spécificité du lieu actuel présente
quelques usages de base, comme de venir avec ses couverts,
ce qui est une constante pour tout invité du Cantoyourte.
La tradition reste que nous partageons
quelques innovations culinaires
concoctées avec amour
avant de faire la fête en musique.
Chaque année peut accueillir plusieurs fêtes,
chaque saison imprimant ses effluves,
de nombreuses amitiés et solidarités
se nouant dans la continuité.
D'autres lieux peuvent enrichir les thèmes choisis,
comme par exemple des fêtes au bord de la rivière,
comme celle dont le thème fût les peintures sur corps,
avec tous les minéraux naturels trouvés.
Voici quelques affiches des anciennes invitations,
celle-ci remontant à cinq années en arrière.
En voici une autre:
Et voici maintenant celle pour Vendredi prochain.
Les femmes de la région qui n'ont pas encore été contactées,
qui voudraient obtenir une invitation détaillée et personnalisée
peuvent contacter l'auteur de ce blog
en cliquant dans la cololone de gauche tout en bas.
Invitation
à la fête
des femmes
Le Vendredi 8 Février 2008 à 18H
« Retrouvailles »,
sous la yourte.
Viens partager un objet, un signe, un geste,
une parole, une image, ta création,
qui symbolisent la femme que tu es vraiment.
Apporte un plat et une boisson à déguster, un bol avec tes couverts,
ta musique préferrée, tes chaussons.
Si tu veux dormir sous la yourte aprés la fête,
tu pourras participer au partage des rêves le lendemain matin,
qui sera suivi d'un atelier d'échanges de pratiques.
Améne alors ton duvet,
tu trouveras des couvertures et des coussins sur place.
Tu pourras participer aux frais d'organisation
grâce à une boite à l'entrée,
et tu peux aussi offrir un petit cadeau
pour la yourte qui nous accueille.
Pense à faire garder tes enfants et améne tes copines!
La prochaine fête aura lieu au printemps:
les femmes qui veulent être prevenues et invitées peuvent demander
à s'inscrire sur la liste électronique en cliquant
sur "contacter l'auteur" dans la colonne de gauche, tout en bas.
Clik invitation_WE_femmes_au_Cantoyourte
si tu veux voir
l'Invitation pour le Week-End
de la fête des femmes du 7 et 8 Mars 2009
04 novembre 2007
Visites au Cantoyourte
Beaucoup de visiteurs ces temps-ci au Cantoyourte!
Je suis fatiguée.
Ils me réveillent toutes les nuits entre 3 et 4 heures.
Je me lève, je sors.
Je ne les ai pas invité, mais ils sont venus en famille,
avec toute la marmaille. Impossible de refuser.
Je m'approche pour les dévisager, faire connaissance.
Je les flashe pour la photo de famille,
ils ne lèvent même pas la tête.
Ils me badent, ils font comme chez eux,
sauf que leur hypnose, ce sont mes tulipes.
L'aprés-midi depuis quelques jours,
je prends soin du lopin de terre qui m'est échu,
j'ai enfoui une cinquantaine de bulbes de tulipes,
des crocus, des iris dans des plate -bandes bien nettoyées,
ceinturées de jolis galets lisses tractés depuis la rivière.
A peine ai-je eu le temps de savourer
une vision de printemps délicieusement fleurie
qu'ils sont arrivés.
Ils adorent les tulipes. Ils adorent les crocus, les iris.
Mais seulement en bulbes.
Il n'y aura aucune tulipe autour des yourtes au printemps.
Ils ont tout dévoré.
La première nuit ou ils sont venus,
j'ai cru qu'ils s'intéressaient à mon garde-manger,
j'ai tout viré.
La deuxième, ils ont pénétré plus profondément sur le terrain,
et ils ont du picoler avant, car ils se sont pris
tous les troncs d'arbre qui nous servent de banc.
En entendant ce barouf, je me suis extirpée
de mon sommeil profond pour aller à leur rencontre
et leur proposer de se calmer.
J'ai horreur qu'on me réveille la nuit.
Surtout les nuits claires de pleine lune car aprés,
impossible de se rendormir.
C'est là que j'ai eu le temps de les flascher trois fois
sans qu'ils lèvent une paupière,
ils doivent être aveugles et sourds.
Malheureusement les photos sont trop sombres:
on peut les dénombrer, une bonne demi-douzaine,
mais pas les identifier...
Les jeunes étaient en train de dévaliser les cagettes
contenant les jouets des enfants. Ca m'a un tantinet énervé,
j'ai fais un grand geste pour marquer mon mécontentement,
et ils ont filé à la queue leuleu autour de la yourte.
C'est le lendemain matin que j'ai constaté les dégats:
ma jolie pelouse naturelle, dont le vert tendre me ravissait,
était totalement retournée, labourée, trouée,
les galets explosés dans tous les coins,
mon entrée impraticable ressemblait à une douve
de château fort sur laquelle manquait le pont levis,
ma sauge arrachée, mon pourpier rampant sécatorisé,
mes pots de fleurs renversés,
ma petite terrasse de palettes sous des vagues de terre
et mes rigoles autour des yourtes défonçées.
Un tel manque de savoir vivre m'a mise très en colère.
Et puis, j'ai réfléchi: si j'étais affamée,
n'aurais-je pas moi aussi chercher à donner,
par tous les moyens, de la subsistance à mes derniers nés?
Finalement, je me suis raisonnée et la troisième nuit,
quand ils sont revenus, j'ai tenté de parlementer avec eux.
Je leur ai expliqué dans quel état me mettaient
leurs comportements et je les ai prévenus
que j'allais me fâcher.
Surtout si je n'arrivais plus à dormir mes huit heures.
D'autant qu'on est en pleine saison de châtaignes
et qu'on est encore loin des mois de famine hivernale,
soyons raisonnables.
Mais je suis tombée sur des empotés obtus,
ils sont revenus, même heure, même lieu, même foutoir.
Cette fois, mon geste de mécontentement
s'est accompagné d'une pierre, ce qui les as un peu surpris.
Je n'ai pas pu m'empécher de rigoler
quand je les ai vus détaler ventres à terre.
Alors, j'ai suivi leur parcours à la traçe, et le lendemain,
j'ai bouché tous leurs passages
avec des troncs d'arbres et des pierres.
Aprés ça, j'ai dormi comme un loir, harassée.
Du coup, je n'ai pas entendu quand ils sont revenus.
Mais ils sont revenus, bien que j'ai cessé de jeter dehors
mon trognon de pomme et mes épluchures de patates.
J'ai bien du me rendre à l'évidence:
non seulement ils reviennent,
mais chaque nuit ils progressent,
et en plus, ils s'installent.
Ma voisine et copine Brie a eu aussi pas mal de visiteurs,
au printemps, qui lui ont donné du fil à retordre,
mais voilà, les miens font au moins mille fois
le poids des siens,
je ne peux m'inspirer de sa panoplie de tactiques
anti-gastéropodes sous peine de ridicule,
et je ne suis pas sûre que mes trésors de psychologie
et de diplomatie soient efficaces.
J'ai donc appelé un copain cultivant un jardin
en pleine forêt afin qu'il me tuyaute,
avant qu'il pleuve, avant la gadoue,
sur la façon de dégoûter
une famille de délinquants pas civilisés
de bousiller mes nuits et mon devant de porte.
Un truc faisable de préférence...
pas de fusil, pas de clôture électrique....
il m'a conseillé de poser des cheveux sur leur chemin.
Ça tombe bien, j'en perds une poignée chaque matin.
Quand j'en ai eu obtenu une belle méche,
je l'ai emberlificoté sur une branche râpeuse et tordue
à l'endroit qui conjugue tous les efforts acharnés
de mes visiteurs nocturnes, j'ai appelé l'ange de la porte
pour qu'il campe momentanément à cet endroit
en vue de leur indiquer l'itinéraire de délestage,
et j'ai dormi avec mes boules Quies.
Le lendemain, miracle!mystère! rien n'avait bronché!
Pas une petite motte de terre renversée!
Et voilà comment mon théorème
de la force du petit s'est rafraîchi illico,
mutant une simple mèche de cheveux
en amulette opérante contre quelques tonnes de sangliers!
Aussi, pour tous ceux qui souhaitent visiter
le camp de yourtes, pas de problèmes, mais,
pour ne pas être pris au dépourvus,
aprés conciliabule avec les deux anges de la porte,
on a décidé d'être disponibles
une fois tous les quinze jours,
les premiers et troisièmes Samedi de chaque mois.
Et on aimerait bien être prevenus,
pour pouvoir préparer les bols!




































































































































































