YURTAO, la voie de la yourte.

26 mai 2016

Intrusion

Avant de m'endormir, je ne pensais qu'à elle.

Je l'avais un peu oublié dans la soirée, mais au moment de sombrer dans les rêves, je l'ai nettement revu, le bond qu'elle a fait, et le bruit de claque contre la vitre, et mon cœur qui a sauté, cogné, comme elle tout son corps. Je me suis demandé si elle allait profiter ce soir de l'enlisement de ma conscience dans l'oreiller comme elle avait profité de mon absence l'après-midi. Peut-être que mon nid lui plaisait et qu'elle reviendrait. Alors j'ai imaginé qu'elle pourrait avoir envie de prendre ses quartiers dans la yourte et qu'on pourrait devenir copines, qu'elle ne m'en voudrait pas du stress que je lui avais fais subir en déboulant sans frapper.

Et puis, j'ai eu cette vision qu'elle n'était pas vraiment partie, qu'elle était là toute proche à profiter du tapis de vesses qui foisonne derrière la yourte, un écheveau végétal échevelé parfait pour un bon couvert, ou à se terrer sous le tas de cailloux sur lequel j'ai étendu ma couche.

Par moments, je retenais ma respiration, guettant cette reine du silence en tendant à l'extrême mes écoutilles auditives. Les bruits à analyser ne manquent pas dans une yourte en pleine nature. Je revoyais en boucle son superbe soubresaut, je rembobinais son érection paniquée tapant bruyamment dans le carreau qui lui avait procuré tant de bonheur, et je ne pouvais que déplorer cette mauvaise entrée en matière.

Comment m'excuser du dérangement ? Comment s'entendre avec elle pour négocier nos territoires ? Je gambergeais sur elle en m'endormant, mais étrangement, elle n'est pas apparue dans mes songes.

Hier, je suis rentrée à la yourte vers quatre heures par une chaude après-midi de Mai.

En pleine journée, une yourte fermée sous le soleil grimpe vite en température. Si j'ai pris soin d'atténuer l'ardeur du soleil par un gros rideau sur l'entrée Sud, je n'ai pas prévu de volet textile pour la petite fenêtre située à l'Est derrière le poêle, le soleil du matin étant rarement insupportable. De toutes façons, je sais qu'en rentrant, je vais recevoir une bouffée de chaleur et que mon premier geste sera d'aérer. Pas cette fois-ci.

Je n'ai pas pensé à aérer, mais alors, pas du tout.

Pour rentrer chez moi, j'ai balancé un coup de pied dans le bois de la fenêtre vétuste et rétive qui me sert de porte. Ce coup de butoir a fait trembler la yourte, et, emportée par mon coup de pied, j'ai pénètré assez brutalement, courbée en deux, dans la yourte vide. Normalement vide.

Toujours délicieusement vide et accueillante, avec ses objets colorés bien à leur place, la descente de lit bien lisse où m'attirent de moelleux oreillers, son beau plancher de cèdre bien patiné et mes paniers de bricoles suspendus aux treillis. Pas de plantes vertes ni d'oiseaux en cage, pas de matous ni de poissons rouges ni de hamsters, aucun esclave génétiquement modifié pour me donner l'illusion d'être attendue et de régner sur une vie.

Sauf ce jour là, depuis tant d'années que je rentre chez moi sans personne dedans, la yourte n'était pas vide.

En lançant mes orteils contre la porte, j'ai brusquement dérangé quelqu'un, une créature inconnue en train de se dorer la pilule, étalée de tout son long devant les petits carreaux par où pénètre la lumière au ras du sol.

Une mystérieuse squatteuse sirotant la délectable chaleur de ma yourte.

Je crois qu'on a eu aussi peur l'une que l'autre, mais peut-être elle plus que moi, vu la violente voltige qui l'a jeté contre la vitre. Moi, c'est mon cœur qui a bondi dans ma poitrine, plus de surprise que de peur d'ailleurs, bien que, quand même, surprendre une intruse de cette taille en pleine sieste dans ma yourte est une première dans ma vie de sauvage. Rien à voir avec les espiègleries de Samaskotché mon petit lézard, toujours en train de farfouiller gaîment dans mes toiles de toit.

Le choc de mon irruption a soulevé tout le corps de l'intruse d'un bloc, en une splendide projection, puis toute la masse du serpent s'est immédiatement rétractée dans un bruit sec, sourd et massif, la queue fouettant le chambranle avec violence. Elle est retombée lourdement avec toute sa tuyauterie avant de sinuer entre les coussins vers le trou par lequel elle s'était faufilée.

J'ai vu son gros corps gris et marron se déployer aussi vite qu'il s'était crispé, je l'ai vu en un éclair recouvrer son équilibre et rétablir son emprise au sol, il y avait ce contraste inouï entre la reptation éperdue de sa fuite et cette lenteur atavique de gros reptile dépourvu d'accroche, incapable de courir. Elle a disparu sous les coussins et j'ai su immédiatement par où elle était passée.

La seule faille à ma clôture. La jointure entre la fenêtre et le treillis. Le bambou du bas du treillis dépasse du plancher sans s’emboîter dans la rainure du cadre en bois, je n'ai donc pas pu y plaquer le grillage qui me protège des remontées animalières par les fondations. Ce grillage déployé sur toute la face Nord empêche aussi la curiosité des petits mammifères quand je relève mes toiles en été pour faire circuler l'air. La supposant réfugiée dans le lit de pierrailles sur lequel repose la yourte, je me suis mise à taper du pied et danser en cadence sur mon plancher, histoire de lui faire comprendre que j'allais rester et que je jugeais préférable de remettre à plus tard un premier entretien de cohabitation. Je sais qu'étant sourde, elle a réagi aux tremblements et vibrations transmis à toute la structure par le déblocage de la porte-fenêtre et mon premier pas à l'intérieur. Ma danse était sans doute un peu démesurée, un géant n'ayant pas besoin d'en rajouter quand sa simple apparition suffit à terroriser un lilliputien.

Puis j'ai enlevé les coussins, prudemment au cas où elle serait restée coincée, et me suis accroupie devant le trou pour réfléchir à la façon de le boucher. Mais la scène avec la couleuvre sautant en l'air s'est rembobinée et tout à coup, j'ai été prise d'un gloussement de joie qui s'est transformé en quelques secondes en cascade d'hilarité.

Je la revoyais toute penaude et totalement hagarde, son long corps lisse suspendu en l'air, sa façon de me céder la place sans discuter, et ma tension s'est dévidée en fou rire.

Pauvre petite couleuvre qui n'a pas pu finir sa sieste !

Toute étalée dans son aubaine, n'ayant certainement pas supputé le danger d'être confrontée à un grand prédateur, le choc a déclenché un réflexe fulgurant qui l'a propulsé en une magnifique acrobatie verticale. Quelle déconvenue alors qu'elle venait de trouver le meilleur endroit de toute la contrée pour se gaver de chaleur !

Je riais pourtant de sa stupeur, de sa contorsion foudroyante imprimée de façon indélébile dans ma mémoire, et maintenant, chaque fois que j'y pense, le rire me revient, un rire franc, sans moquerie, un rire tellement heureux de cette rencontre, tellement heureux de cette vie ici.

Après ma danse, étonnée de n'avoir éprouver aucune répulsion, j'ai laissé libre cours à une vague de compassion pour cette créature démunie, ce corps sans pattes réduit au minimum fonctionnel, ces oreilles et ces yeux déficients, et cette mauvaise réputation qui la met en danger partout où les hommes ignorent son rôle dans l'équilibre écologique.

J'étais quasi certaine d'avoir bousculé une femelle gravide en quête d'un refuge doté d'un bon système de conduction de chaleur. Était-ce la même que celle que j'avais rencontré l'année précédente en train de se prélasser sous un arbousier empierré, ou bien l'un de ses descendants ? Sachant les serpents fidèles à leur antre, je me suis donc demandée ce que ça deviendrait si je ne bouchais pas les trous, si je serais capable de dormir entourée de serpents...

J'ai passé du fil de fer dans le grillage et l'ai tendu sur deux vis que j'ai enfoncé dans le bord du plancher, puis j'ai bourré la bordure de vieux tissus, colmatage imparfait vaguement dissuasif. Dehors, j'ai repéré l'arcade plastique du bas de la toile qui lui a servi de tunnel d'accès. J'ai tout bouché avec des pierres. Pourtant, le soir, avant de me coucher, j'ai recommencé à danser sur mon plancher.

Deux semaines plus tôt, sur le sentier qui mène chez moi, je suis tombée sur un couple de petites couleuvres en train de s'embrasser tranquillement au milieu du chemin. J'ai eu le temps de les détailler pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas de vipères, dont elles avaient la taille, et j'en ai conclu, en examinant leurs taches striées grises et leurs têtes ovales, qu'il s'agissait de deux jeunes coronelles inoffensives en pleine étreinte amoureuse. Quand j'ai voulu décrocher mon sac à dos pour sortir mon appareil photo, elles ont préféré s'esquiver. Sans se presser, elles ont disparu dans la murette. Déjà là, je m'en suis voulue de ce geste de prédateur qui les a fait fuir.

Ce matin, j'ai entendu venir un groupe d'enfants conduit par un animateur en bas de la piste et tout à coup, l'un d'eux a crié : « Un serpent! », relayé aussitôt par ses copains excités.

J'ai tout de suite éprouvé une appréhension, mais bizarrement, pas pour les enfants.

Pour ma couleuvre.

J'espérais qu'elle n'avait pas eu l'imprudence de quitter notre aire protégée pour risquer une agression sur les chemins. Je crois que j'aurais mal supporté d'affronter une scène de torture, ou pire, de la voir morte, alors j'ai failli dévaler la falaise pour me porter à son secours. Mais les enfants se sont calmés, il ne s'agissait que d'un orvet, sans doute lâché par un rapace.

Maintenant c'est drôle, quand je rentre et qu'elle n'est pas là, je ressens non pas la satisfaction d'avoir bien colmaté ma brèche, mais comme une légère déception de l'avoir définitivement découragée de profiter de la yourte. Je ne pense plus qu'à m'excuser et réparer le préjudice que je lui ai fait subir.

Alors, c'est décidé, demain, je vais étaler une vitre sur deux bouts de chevrons que je poserais au sol contre une murette, je connais un petit endroit tranquille en plein soleil, et là, je l'attendrais, je sais qu'elle viendra, elle viendra dérouler ses écailles et se réchauffer tout son saoul sous cet auvent spécial que je lui réserve, à elle et sa famille, et là, je ne bougerais pas, je resterais immobile comme un arbre, je ferais tellement partie du paysage qu'elle ne me verra pas, ne m'entendra pas, et je pourrais alors la contempler sans lui faire de mal.

couleuvre yurtao

 La photo que j'ai prise de ce serpent date d'une autre rencontre un autre jour en bord de mer.

 

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21 mai 2016

Queue de cheval

Beauté équestre au Cantoyourte.

queue de cheval 1Que du bonheur

queue de cheval 2 lors de cette étape

queue de cheval 3 de Zacharie et Nathalie

queue de cheval 4 sur leur grand périple

queue de cheval 5à cheval à travers la France.

queue de cheval 6

 

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10 mai 2016

Balai de sorcière

La nature créé de l'art spontané partout.

Ici, une boule suspendue dans un pin maritime.

Ce phénomène appelé " polycladie" du pin maritime

est une augmentation du degré de ramification de l'arbre.

Une abondance de rameaux courts s' enchevêtre

en forme globuleuse, mais ce n'est pas un nid géant, 

c'est un " balai de sorcière",  ou " buisson du diable".

balai de sorcière dans petit pin maritime à BessegesUn balai de sorcière peut servir de logis à l' écureuil ou la genette.

Cette boule insolite fait echo à la boule de lianes de salsepareilles

que j'ai entassé au creux d'une bruyère arborescente

à quelques mètres de là.

buisson de demeterJ'ai nommé cet amas comme je nomme tous les rebuts naturels

issus d'un défrichage ou d'un débroussaillage manuel,

"buisson de Demeter".

ceci n'est pas un buisson du diable mais un tas de lianes de salsepareilles décrochées des bruyères

Quand l''oeuvre arboricole se confond avec l'oeuvre humaine,

alors s'insinue le Tao.

 

 


 

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27 avril 2016

* * *

Ce matin rien n'est plus urgent

Que de contempler le printemps.

vue verte

La buse arrive solitaire de l'orient,

plane en cercles silencieux sur la vallée

entre vert efflorescent et bleu du temps dégagé.

Trois battements d'ailes

pour trois paisibles kilomètres,

petit point noir fondu à l'occident

dans la dentelle effilochée

d'un nuage chevauchant la colline.

Trois minutes de bonheur absolu

pour avoir simplement

lever les yeux en l'air.

 

 

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06 avril 2016

Soleils rupestres

Juste avant que la forêt bourgeonne et verdisse,

fin d'hiver dans la forêt

j'ai déposé quelques soleils sur la grisaille.

mats de yourte en soleil

Soleils de roche, dessinés avec des pierres des sentiers

soleil rupestre 1

soleil de falaise, entre lierres et ronces,

soleil rupestre 2soleils de laine tissés sur branchettes de châtaigniers,

soleilades en guirlande forestièresuspendus en guirlande entre vieux chêne et pin maritime,

soleils multicolores suspendus dans la forêt pas trop loin du seuil de la yourte

guirlande devant la yourte

pour célébrer chaque jour la fête des couleurs.

 

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04 mars 2016

Art sauvage : gerbe d'or sur le land.

La collecte de vieilles branches souchardes de chataigners

est suivie d'un long nettoyage, grattage, rabotage, peaufinnage.

gerbe d'or 1

J''adore réhabiliter ce beau bois dur

pour lui redonner toute sa noblesse naturelle

et mettre ses formes alambiquées en valeur.

gerbe d'or 2

Cette fois-ci, j'ai peint le bois d'un jaune un peu cru

dont je révais depuis le début de l'automne.

gerbe d'or 3

Puis j'ai rassemblé les tiges dorées en bouquet

dans une vielle souche de chataigner creuse

au bord d'une restanque.

gerbe d'or 4

La sculpture sauvage s'élève alors entre deux terrasses

comme une nouvelle plante étrange et insolite.

gerbe d'or 5Sauf qu'elle affronte les saisons avec imperturbabilité.

gerbe d'or 6

J'ai ensuite fabriqué des soleils mauves

que j'ai suspendu à la gerbe.

gerbe d'or 7

En se balancant dans la brise ou le vent,

ces fleurs violettes donnent du souffle à l'oeuvre,

encore plus de présence.

gerbe d'or 8

Alors, dans la brume matinale,

la grande plante dardée d'or semble encore plus ésotérique.

gerbe d'or 9

Pauvres chataigners délaissés des Cevennes,

vous voilà maintenant à l'envers,

sauvé des vers qui dévoraient vos branches.

Une pinède un peu désolée reçoit ainsi une vie nouvelle,

réveillée par la magie de l'art

et le soin d'une amoureuse des bois.

Alors la forêt devient fantastique

comme dans un conte de fées.

gerbe d'or 10

 

 

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13 février 2016

Précieux compagnons du ciel

mangeoire pour oiseaux multicolore au cantoyourte un jour de brume


 

mésange bleue par Gilbert Lacassin


 

mangeoire cantoyourte sous la neige yurtao


 

mangeoire oiseaux en rejets chataingers tressés et toit en aiguilles de pins


Pinson des arbres


 

volière patchwork dans les bruyères arborescentes


 

mangeoire cantoyourte en rejets chataigners


 

Mésange charbonnière par Gilbert Lacassin

Cet hiver, j'ai fabriqué des mangeoires pour les oiseaux. C'est un vrai régal quotidien d'observer acrobaties et moeurs de ces petites boules de plumes.   Les mésanges nonettes sont les moins farouches, toujours les premières à s'approcher, même quand je me tiens à deux mètres. Ensuite viennent les mésanges bleues et les charbonnières. Les pinsons tentent de s'immiscer dans la volière à bruyères, de se poser dans l'entrelac de branches multicolores, perchoirs particulièrement affectionnés des mésanges, qui les repoussent. Ils finissent toujours par piquer au sol pour picorer ce qui tombe. Les geais et les pics ont renoncé à disputer le territoire des mésanges, mais j'ai aperçu de nuit ma voisine la genette sauter sur la table en dessous.

genette

Elle vise les mulots et musaraignes profitant de l'obscurité pour grignoter ce qui traîne sous les mangeoires, et les décapite.

Mon appareil photo ne me permet pas de saisir les oiseaux, aussi je remercie Gilbert, photographe animalier de talent, de m'avoir prété ses photos de mésanges et pinson.

 

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20 janvier 2016

Petite neige sur le camp juste pour dire que c'est enfin l'hiver

mimosa sous la neige 1


tente émergente yurtao


 

cordes dehors


 

sylvart jaune en branches mortes désouchées de chataigner


 

hutte dans le froid yurtao


 

vivre en tente sous la neige, c'est chouette


neige sur le camp de toiles


bois enmmélés sous petite couche de neige devant la yourte


sylvart émergeant du menhir couché yurtao


couche de neige sur toile


couleurs et yourte sous la neige


laine du banc dehors


boule de neige


 

gerbe d'or en hiver yurtao



 

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21 novembre 2015

De l'or au Cantoyourte

land-art bouquet de branches dans la brume yurtao


 

arceaux dans la brume yurtao


 étoiles dorées dans le matin yurtao


 

feuilles de murier sur veille casserole


 

tapis de feuilles sur tipi bleu yurtao


 

feuilles éparpillées yourtao


 

fougères à l'aurore


 

boules de laine dans le soleil du matin yurtao


 

bannières et vielles pierres yuertao


 

tipi fumant yurtao


 

cloture pour tente yurtao


yourte dans l'or matinal yurtao


 feuilles d'acacia sur toit de yourte yurtao


 

bouleau en flamme sur wigwam yurtao


 

banières au levant yurtao


roses au levant


soleil de laine yurtao


 

toile d'araignée entre fougères sèches yurtao


 

yourte à flanc de cotteau yurtao


pointe de tipi sauvage yurtao


 

chemin avec moquette d'or pur


 

dans la lueur d'automne yourte yurtao


 lueurs d'automne sur tissus multicolores


 

érable d'automne sur yourte yurtao


 

chataigner en déliquescence yurtao


 noisetier d'automne sur ruine yurtao


 

feuilles de vigne sur barrières de tissu yurtao


 

mandala en or yurtao


 

fougères pendues yurtao


 

étoiles d'automne


jaune chataigner yurtao


 

érable sur yourte yurtao


nid de chataigner avec vigne jaune yurtao


 

chanterelles


 guirlande de feuilles de vignes en or yurtao


vue sur la vallée dorée


fumée sous le tipi bleu yurtao




 

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08 novembre 2015

Ovni végétal

Un beau jour d'automne, un mandala jaune s'ébauche sur le noir du crassier.

1 mandala yurtao sur crassier

Feuilles de paulwnia et pommes de pin.

mandala sur crassier 2Pétioles d'ailantes et jeunes feuilles de bouleau.

mandala sur crassier 3Bûches de pin et feuilles de liquidambar.

mandala sur crassier 4Tiges de phytolacas et branches de pin maritime éclairci pour privilégier le paulownia.

mandala sur crassier 5Feuilles d'acacia et feuilles de chataigner.

mandala sur crassier 6Crépuscule et rosée descendante.

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28 octobre 2015

GRAND CERCLE SACRE

1 grand cercle sacré

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2 grand cercle sacré

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3 grand cercle sacré

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21 septembre 2015

Mon livre : " Vivre en yourte, un choix de liberté."

Je suis heureuse de vous présenter mon livre * :

« Vivre en yourte : un choix de liberté »

sous-titré: «  Hymne à la sobriété heureuse »

publié aux Éditions Yves Michel, éditeur engagé.

Yves Michel :

" J'ai le plaisir de vous présenter un témoignage poignant et inspirant de la pionnière des yourtes en France, Sylvie BARBE. C’est un parcours jalonné de nombreuses difficultés pour une femme qui n’a jamais voulu abdiquer de sa liberté face aux hommes, et un vibrant plaidoyer pour un mode de vie léger, simple, en contact avec la nature, ce que permet la yourte comme habitat. C’est bien écrit, plein de rebondissements, ce livre se lit comme un roman, et en même temps il nous interroge sur nos choix de modes de vie, sobriété ou confort consommateur, sur notre législation, sur nos liens sociaux…

Un livre d’une brûlante actualité !"

vivreENyourteDEF

Ce récit imagé et dense raconte mon histoire de vie

commencée dans les années soixante-dix avec une communauté de babas cool

en partance pour une île déserte du Pacifique,

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jusqu'à l'auto-construction de yourtes dans les Cévennes à partir du milieu des années quatre-vingt dix.

Il relate le combat que j'ai du mener sur plusieurs fronts, comme femme et mère dans ma vie privée, comme dissidente écoféministe et Objectrice de croissance dans ma vie sociale et politique, libre de tout parti et tout embrigadement, comme précurseure et rebelle à l'aliénation dans ma vie publique.

Défricheuse autodidacte de la Voie de la yourte, confrontée aux expulsions, à l'incompréhension et l'intolérance, j'ai du affirmer radicalement mes engagements pour une société plus juste, plus humaine. Ce radicalisme, né d'une vision holistique en résistance à la pensée unique, orchestre vie domestique et philosophique en adéquation avec une utopie très pragmatique, qui s'avère être source de sens, de cohérence et finalement, de bonheur.

La vie d'une femme, avec ses tribulations, ses épreuves, ses choix, ses résiliences, est en elle-même un acte politique, hors tout discours lénifiant. Car toute transformation vitale de la société passera par l'avènement de la libération de toutes les femmes, en paix avec la terre et la nature.

804347

On peut télécharger et diffuser le communiqué de presse en clikant sur le lien suivant :
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Cet ouvrage de trois cent pages devrait être présent dans toutes les bonnes librairies. N’hésitez pas à le demander à votre libraire si vous ne le voyez pas en comptoir.

Ceux qui désirent une dédicace de l'auteur peuvent envoyer leur règlement par chèque (ordre au nom de l'association Demeures Nomades) de 20 euros + 4 euros de frais de port à l'adresse suivante :

Demeures Nomades. 186, la Cantonade 30160 Bessèges,

il vous sera envoyé dédicacé par la poste.

yourte timbrée à ouvrir     yourte timbrée ouverte yurtao

Avec un petit cadeau offert par l'auteur.

la yourte en patchwork sylvie yurtao 

* « Plus que jamais, le livre papier, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos et nous incite « à ne pas faire confiance à la surface étincelante des mots mais à fouiller les profondeurs ». Point d'ancrage, objet d'inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d'informations et de sollicitations, le livre est peut-être l'un des derniers lieux de résistance. »

Cédric Biagini. « L'emprise numérique ». Éditions l’Échappée. Page 129.

 

La belle critique de la revue Nexus à lire là : critique_vivre_en_yourte_sur_nexus_novembre_2013

 Présentation du livre par la revue Terre du Ciel là : alliance_yourte

sur "Nature et progrès" là : vivre_en_yourte_sur_nature_et_progr_s_septembre_2013

sur la revue Silence là : yourte_silence

 

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26 août 2015

Hutte ronde d'été

vitrail multicolore aéré yurtaoA travers les couleurs s'inflitre le soleil,

arc en ciel de tissu dans la hutte ronde yurtaoà travers les franges de tissu s'infiltre la brise légère.

hutte ronde d'été aérée yurtaoDedans, il fait bon.

hutte ronde sous la lune

Et sous la lune dans les grands pins, c'est divin.

 

 

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21 août 2015

Manifeste écoféministe pour les Estives de la décroissance 2015

 femme solaire

Nous, femmes écoféministes, dénonçons la récupération du mouvement des femmes par le capitalisme patriarcal qui assimile l'égalité à la neutralisation des sexes.

Nous dénonçons le discours insidieux d'hommes de gauche, tel que Mr Weber, censé intervenir aux festives de la décroissance 2015 sur le féminisme; ce Monsieur a produit un pré-texte ( Weber_Michel_Feminisme_epidermique et_utopie_viscerale_2015) qui a indigné le petit groupe de femmes réunies cet été au Cantoyourte.

femmes écoféministe sur mandala de pommes de pin

Mr Weber explique très démagogiquement aux femmes dont les gesticulations "cosmétiques" ( avant ils disaient "hystériques"...)  ces deux derniers siecles n'ont, d'après lui, toujours rien changé, quelle sorte d'utopie politique elles devraient se fixer : "Comment obtenir un androgynat à partir du patriarcat : faire valoir la puissance du vagin et l’impuissance constitutive du phallus."


L'androgynie réduit en bouillie l'universalité de la différence des sexes au profit d'une génération d'androïdes dont chaque morceau interchangeable doit être mis à prix et vendu sur le grand marché libéral.

Nous dénonçons la tentative de dissolution de la polarisation duelle des sexes par l'adoption linguistique du genre, euphémisme qui instrumentalise la confusion avec la diversité des sexualités pour dissimuler un androcentrisme récurrent.

Nous dénonçons l'égalité défendue par des arrivistes privilégiées complices du système d'exploitation patriarcal et de l'oppression universelle des femmes, en particulier des plus démunies.

Cette stratégie qui consiste à nier encore et toujours l'incarnation sensible des femmes, leur façon d'interpréter et d'appréhender le monde, stratégie qui a aboutit depuis des siècles aux mépris de leur corps, de leur maternité, de leurs capacités à nourrir, à soigner, à apaiser, à protéger, à faire confiance, à s'investir généreusement dans la gestion de la cité et la subsistance communautaire, est une perversion induite par la collusion avec les valeurs d'un système guerrier de domination et de prédation profondément misogyne.

Ce système mâle corrompu arrive à l'extrême de sa capacité de nuisance en acculant l'humanité au bord du gouffre. Aussi nous dénonçons que des femmes dites émancipées participent par leurs activités et leurs emplois productivistes à ce carnage.

serie de mannequin femmes sur étagères

Partout dans le monde, les femmes maltraitées au nom de la religion ou de l'idéologie du progrès et de la croissance, souffrent de la destruction et de l'appropriation de leurs moyens de subsistance, ainsi que de la confiscation de leurs enfants, par le mariage, l'école, l'urbanisation accélérée, le consumérisme illimité et l'ensemble des institutions patriarcales, au profit d'un enrôlement massif dans le grand jeu de massacre global. Partout, certaines d'entre elles luttent pour survivre et sauver ce qui peut encore être sauvé. Partout, elles sont les premières à pâtir, avec leurs enfants, des dommages irréversibles causés à notre environnement par l'accaparement et la pollution généralisés. Partout, l'économie de marché, la loi du plus fort, du plus gros, du plus brutal, engraisse des systèmes laïques ou religieux oligarchiques qui font dégénérer les concepts de liberté et d'égalité en assassinant toute velléité de fraternité.

L'émancipation personnelle par adhésion à un système d'exploitation sans limites des plus faibles, des ressources naturelles et de tous les êtres vivants humains et non humains, n'est en rien une libération, c'est le renchérissement d'une aliénation collective particulièrement grave pour les femmes et l'ensemble du Vivant.

Que certaines bourgeoises carriéristes, complaisamment citées par les hommes ( par exemple Élisabeth Badinter citée abondamment par Michel Onfray), s'arrogent le droit de faire la leçon aux millions de femmes qui, conscientes des limites naturelles, écologiques et sociales, sont en train de résister à la folie marchande, d'expérimenter d'autres voies, des façons de vivre décemment et sobrement sans martyriser son prochain et sans saccager la terre, ne démontre qu'une évidence : que le pouvoir pervertit, que l'ascension sociale par la compétition aveugle détruit les liens sociaux et la solidarité, et que les vendues du patriarcat et du capitalisme ont trahi non seulement la cause des femmes mais celle de l'humanité, passée, présente et à venir.

Elles ont abandonné, au profit des mirages consuméristes, cette fonction maternelle qui, réappropriée par des femmes libres de leur fécondité, de leurs investissements économiques et sociaux, de leurs engagements politiques, dans une société ralentie et équitable où prédominerait l'objectif du bonheur national, pourrait être la seule force capable de soigner une planète exsangue et de pérenniser l'espèce humaine.

Cette dévalorisation des maternités matérielles et morales par les femmes dites émancipées pour qui allaiter un enfant,

allaitement

planter un chou et choyer la vie est devenu réactionnaire et ringard, sert le totalitarisme scientifique des mâles progressistes asservis au Dieu tout-puissant du progrès infini. Il s'agit ainsi d'annihiler la faculté générative et thérapeutique physique, politique et spirituelle des femmes, des filles, des mères et des grand-mères. C'est ainsi que des technocrates mâles peuvent vanter ces corps dévalués, dégradés et vidés de toute substance comme moteurs d'un transhumanisme débarrassé de tout sentiment, de toute émotion, et faire miroiter la fabrication industrielle, dans des ventres extorqués à des esclaves femelles ou des utérus artificiels, d'embryons génétiquement modifiés, unisexes, sans généalogie et sans histoires.

Nous ne voulons pas d'androgynat, nous sommes des femmes réelles, charnelles, incarnant l'altérité d'hommes réels, charnels, nous ne sommes ni complémentaires ni une catégorie de la diversité : nous sommes l'autre sexe, l'un des pôles de la dualité sexuelle de tout être vivant, et en ce sens, nous sommes depuis toujours parfaitement égales avec l'autre sexe.

Nous ne disputons pas l'égalité puisque nous l'avons déjà. Nous n'avons pas besoin de prouver que nous sommes bonnes, aussi bonnes que les hommes, que nous sommes des hommes comme les autres. Nous n'avons rien à prouver et tout à faire. A commencer peut-être par ne plus rien faire, pour cesser tout dommage à notre mère la terre, pour réfléchir et c'est pas triste.

mains de femmes en cercle

Mais comme cette égalité naturelle a été confisquée par la violence des hommes, la société complètement bancale gîte dangereusement. A force de pencher toujours du même coté, le naufrage n'est pas loin. N'importe quel navigateur avisé répartirait les poids pour rééquilibrer son embarcation.

C'est pourquoi nous exigeons la parité totale partout.

L'humanité étant universellement double, l'équilibre étant source d'harmonie, tous les pouvoirs doivent être détenus par un homme et une femme ensemble, et non plus une personne seule.

Nous exigeons une parité radicale à tous les postes de décision, d'organisation et de gestion : pas seulement pour la candidature aux élections démocratiques, mais pour chaque poste et chaque responsabilité politiques, économiques et administratifs. Ainsi la présidence de la République doit être double, chaque ministère, député, préfet, chaque présidence de région, de département, chaque mairie, toutes les administrations et juridictions publiques, doivent être dirigées, gérées, administrées par un couple mixte. Ainsi, toutes les manifestations et interventions médiatiques, culturelles, politiques etc... doivent être systématiquement paritaires. Et ceux qui veulent se débiner ne devraient pas pouvoir s'en sortir en payant.

Pour ceux qui en sont encore à défendre l'emploi au lieu du Revenu Inconditionnel, voici un partage du travail qui devrait faire disparaître le chômage.

Selon ce principe de parité totale, nous constatons que la plupart des partis ou rassemblements politiques de gauche comme de droite continuent à ignorer délibérément la moitié de l'humanité.

Aussi nous déplorons qu'en particulier les Estives de la Décroissance 2015 s’alignent sur le machisme ambiant, concrétisé par 28 intervenants répartis en 4 femmes et 24 hommes, et que, pardessus le marché, la parole publique soit donnée à un homme sur la question du féminisme. Nous décrétons cette parole non légitime et déclarons que le contenu de ce discours d'homme, outre qu'il est historiquement faux, insulte nos personnes et nos valeurs féministes. L'histoire des femmes, occultée ou interprétée-manipulée par les hommes, ça suffit.

nous sommes toutes des femmes de chambre

C'est pourquoi, vigilantes sur toute instrumentalisation du féminisme et de l'écoféminisme, et bien que décroissantes engagées, nous boycottons ce ralliement.

Plus généralement, nous déclarons que les femmes et les hommes ne remettant pas en cause, par leurs actions, leurs omissions ou leurs pratiques, leur participation au sexisme, au productivisme et à la croissance se rendent complices de crimes contre l'humanité.

Ces femmes ne peuvent se dire féministes sans pervertir la cause des femmes qui est désormais celle de la survie de l'humanité. En ce sens, l'écoféminisme, utopie politique plus radicale et plus subversive que celle de tout parti politique révolutionnaire, est la condition de la décroissance et non l'inverse. Mais de même que la décroissance, il se traduit pour commencer par une éthique de l'engagement personnel.

Sylvie Barbe, porte parole du groupe écoféministe : « Les Bonnes à tout faire »

 à imprimer là : festives_manifeste_sylvie_barbe

la-femme-et-la-terre

 

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14 août 2015

Un peu du Souffle

En vrac, quelques images du Souffle du rêve,

le festival autogéré le moins cher de France.

Aucune subvention, seulement la bonne volonté de chacun.

Cette convergence d'énergies, cette vie collective en plein air

ne peut fonctionner que parce que tout le monde met la main à la pâte,

telles ces équipes tournantes volontaires aux latrines sèches.

équipier volontaire aux chiottes

entretenir nles toilettes au souffle du réve

équipe toilettes séches au souffle du réve

figure de tissus emmélés

derrière le bar 

affiche barnum

à toi de jouer

boule de rejets de bois entrelacés

cercle humain sur la plage

cafés sous les toiles souffle du reve

courgettes de fin de marché devant tipi

cuisiner devant la yourte en couleur

discussion sous la yourte

femme au filet

femme cherchant sa belle robe

la loupiote au souffle du réve

fillette au hamac

four dans la terre au souffle du révefleur de bois au sol

ici on respire au souffle du reve

machine à laver à pédale

maquillages de femmes

roulotte avec chevaux au nsouffle du reéve

yourte pour massage ayurvédique

scéance de bols tibétains

scène au souffle du rêve

serviettes hyginéiques lavables renouvellables

sieste dans le nid suspendu

solaire au coucher du soleil

toile bleue tendue pour les douche au souffle du réve

toilette en plein air

toiles au souffle du reve

Bravo aux initiateurs et organisateurs de cette convergence,

qui ont le courage d'y croire et de tout donner pour tous.

et toujours des tipis

 

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17 juillet 2015

Fabriquer un auvent végétal

Coup de coeur pour une restanque écroulée, embroussaillée sous les bruyères arborescentes, à flanc de colline.

Je bataille contre les ronces et les salsepareilles pour dégager une aire que j'aplanis à la petite pioche. Un jeune pin bizarement courbé mais bien vivant se présente comme une arche que j'utilise pour poser une traverse de chataigner. Rien de droit dans tout ça, rien de tracé, rien de prévu, juste une improvisation avec mes gants de travail, un sécateur et une petite scie. Je taille dans les bruyères en sacrifiant les branches les plus basses mais je garde précieusement les plus fournies qui s'entrelacent en une avancée légèrement ombrageuse.

auvent végétal bruyère 1

Enfourchée sur un jeune chène vert, une poutre transversale acceuille de longues perches de chataigners récupérées sur les arbres morts dans les environs. Je ne sais pas encore que ce petit coin qui m'inspire va devenir un nouveau salon d'été sauvage, car pour l'instant, je suis seulement motivée par la mise en valeur de l'incroyable tissage tortueux que forment les arabesques des bruyères. Déjà, on ne distingue plus les bruyères vivantes de celles que je suis en train de réhabiliter.

auvent végétal bruyère 2

J'ai gardé lors de mes débrousaillages antérieurs les branches mortes d'autres bruyères en un précieux petit tas dans la forêt. Voilà donc le moment de les remettre à l'honneur en les entrecroisant avec les solives calées dans les pierres de la restanque supérieure, bien défoncée. Ce canevas peut acceuillir ainsi les résidus de mes nettoyages végétaux. En particulier les piquantes et résistantes lianes de salsepareilles que je décroche des pins et tasse en boules avant de les jeter sur mon toit. Non sans avoir déguster auparavant, avec gourmandise, les délicieux pousses de cette plante dont je raffole.

auvent végétal bruyère 3

Ces paquets de lianes forment maintenant une trame prête à recevoir une verdure plus consistante. 

auvent végétal bruyère 4

Je ne peux m'empécher, dès que mon travail prend tournure, d'y ajouter une inévitable touche de couleur, de quoi offrir à la douce brise qui carresse la pente, un joyeux terrain de jeu, et à mes yeux, un spectacle permanent.

auvent végétal bruyère 5

J'ajoute de beaux bouquets de fougères, certains tassés dans les interstices,

d'autres simplement posés en travers,

auvent végétal bruyère 7

d'autres cascadant généreusement en bout d'auvent

pour contrer les rayons trop chauds du soleil.

auvent végétal bruyère 8

Je termine en consolidant avec des rejets d'une autre bruyère

auvent végétal bruyère 9

et avec mes derniers fanions multicolores.

auvent végétal bruyère 10

Trois jours après, les couleurs ont déjà changé, les fougères en fanant deviennent toutes rousses.

Voilà donc une avantageuse alternative à la sieste dans la yourte quand sévissent les grosses chaleurs.

Rien ne vaut désormais ma nouvelle cabane bien aérée qui sent si bon l'humus

et où les oiseaux se laissent si bien observer !

auvent végétal bruyère 11

 Et voici une chouette halte pour le bivouac !

tente_bivouac_sous_auvent_de_bruy_re_et_foug_res

 

 

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06 juillet 2015

Libération des femmes et subsistance

Ce mois-ci, le Camp de yourtes accueille un groupe de femmes écoféministes

femmes fées à la yourte

(dessin de Sylvie, crayons de couleur et feutres)

se proposant de partager une expérience de vie autogérée en pleine nature.

femmes nature

Nous réfléchirons

femme qui va être peinte

à la relation entre écologie et féminisme,

avec la conviction qu'un avenir viable sur terre necessite

un changement radical de système

qui donne aux femmes leur entière liberté

et la possibilité de mettre en œuvre leurs solutions.

on va essayer d'éteindre l'incendie planétaire

Je propose de partager le texte de Maria Mies intitulé

« La libération des femmes et la subsistance »

qui nous servira de base de discussion.

A télécharger là : la_lib_ration_des_femmes_et_la_subsistance_maria_mies

En voici des extraits :

ouvrir la cage aux mots

«  Qu’est-ce qui a mal tourné dans le mouvement des femmes qui avait débuté avec le slogan international de la sororité et une compréhension holistique de la politique ?

Le fait que des femmes plus jeunes ne comprennent plus qu’une analyse de l’économie mondiale globalisée patriarco-capitaliste est pertinente pour les féministes ne peut pas simplement s’expliquer par un fossé de générations, ou par une faiblesse morale ou intellectuelle, ou par l’argument que le monde est devenu "si complexe". Nous devons trouver de meilleures explications pour ce changement d’humeur, pour cette dépolitisation du mouvement des femmes. Pourquoi cette perspective limitée et cette inaptitude à comprendre ce qui se passe et d’agir en conséquence ? Ce pourrait-il que ce changement d’humeur ait quelque chose à voir avec le mépris pour la subsistance ? »...

... « Une vision de libération des femmes qui n’est valable que pour une minorité des femmes du monde n’est pas une vision du tout.

Une vision de libération doit être valable et réalisable

pour toutes les femmes.

mains de femmes

Cela signifie que nous devons chercher une économie qui ne soit plus basée sur le patriarcat, le colonialisme et l’exploitation de la nature. Nous appelons une telle économie, une économie de subsistance. Elle doit être valable dans le Sud comme dans le Nord, parce que sinon, elle est ni moralement acceptable ni tenable économiquement et écologiquement.

tipi au milieu des femmes

Exemples de thèses que nous proposons à opposer aux discours dominants actuels parmi les féministes de classes moyennes :
1. Les problèmes principaux des femmes de par le monde ne sont pas la différence et/ou l’identité mais l’exploitation, l’oppression, la violence et la colonisation. Nos différences ou plutôt nos diversités constituent notre force, notre richesse et notre beauté.

diversité totale

Mais le patriarcat capitaliste, qui ne peut pas tolérer l’équivalence de tous, s’est arrangé idéologiquement pour transformer les diversités en antagonismes. Ainsi, tout "autre" devient un ennemi, un compétiteur dans un monde de pénurie. Nous voulons créer un monde dans lequel les diversités biologique et culturelle soient maintenues et célébrées.
2. Nous sommes ici-bas, sur cette terre, connectés à toutes les autres créatures de cette planète. Nous n’attendons pas que la liberté, la richesse, le bonheur et la "bonne vie" proviennent de quelque transcendance, au-delà du domaine de la nécessité, qu’il s’agisse de la transcendance de la religion, de l’argent ou de la réalité virtuelle postmoderniste. Nous continuons à célébrer la mère-matière (mat(t)er) comme la base de la vie. Nous rejetons le dualisme qui sépare la matière de l’esprit, dévalue la matière et idéalise l’esprit.

de chair et de colombes

3. Notre sentiment de force (empowerment) est basée non pas sur la domination technologique sur les autres créatures ou d’autres êtres humains ni sur la participation aux structures de pouvoir patriarcales et capitalistes, mais sur la confiance en soi et l’autonomie, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’auto-approvisionnement, les réseaux locaux et globaux, et des relations de subsistance au lieu de relations de profit.
4. Nous savons que nous sommes des êtres historiques. Nous savons que sans la connaissance et le respect de généalogies féminines, à la fois les femmes individuelles et les femmes sociales ne seront pas capables de triompher du patriarcat. Nous voulons revendiquer nos mères et nous reconnecter avec elles.

femme fagot

Nous voulons revendiquer nos filles et nous reconnecter avec elles.

femme en mutation

5. Nous voulons aussi revendiquer nos fils et nous reconnecter avec eux. Nous n’accepterons pas que nos fils n’aient d’autre perspective que celle offerte par un capitalisme global macho et militariste.

Notre vision pour les femmes est étroitement reliée à leur travail et à leur vie. Son contexte est leur vie et leur activité quotidiennes et la production de vie, aussi dans le sens symbolique. La satisfaction de nos besoins basiques est à la fois le but et le chemin, pas seulement dans le Sud mais aussi dans le Nord. Et ceci inclut nos besoins de beauté, de loisirs, de respect, de dignité, bref, une "bonne vie" pour les femmes. Au lieu de piller la nature, cette vision comprend en outre la production en coopération avec la nature.

Cela implique une connaissance de notre paysage local environnant et de ses conditions naturelles. Un des objectifs centraux de cette vision est le contrôle autonome sur notre travail et nos produits, parce que nous voulons être fières de nos produits. En plus d’en jouir nous-mêmes, nous voulons les offrir généreusement aux autres. Notre richesse réside dans notre égalité dans la diversité par laquelle nous sommes capables de résister à la ménagérisation forcée, la macDonaldisation, la culture globale homogénéisée.

Sous de telles conditions, il n’est pas nécessaire de nier ou d’idéaliser ou de contrôler notre corps féminin. Ce corps est une source de force, de sagesse et de connaissance, et de vitalité. Avec notre corps, notre paysage, notre force, nos communautés, nous pouvons rester enracinées en nous-mêmes."

se fondre dans le paysage

 Et puis, pour les vacances, voici un joli film Canadien qui vient de sortir,

une belle histoire de femmes,

à voir  

 

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30 juin 2015

Orbe sous la hutte

Au petit matin, j'ai pris une photo de la cabane végétale que je viens de retaper pour acceuillir le pipi des filles qui vont bientôt arriver. Je la consolide et la ragaillardis en entrelacant des résidus de débroussaillage dans le gentil arbousier qui pousse dans une murette de la falaise. Je travaille tôt avant que la chaleur fonde sur le camp et tétanise humains et végétation.

Quand j'ai visionné mes photos dans la pénombre de la yourte, j'ai vu que la cabane était occupée par une orbe.

Une belle orbe laiteuse.

orbe dans la cabane pipi

Les matérialistes disent que les orbes sont des phénomènes optiques dus à l'interférence de grains de poussière avec le flash de l'appareil photo.

Les spiritualistes croient qu'il s'agit d'âmes vagabondes.

Je ne sais pas.

Ce que je sais, c'est que j'ai pris une première photo où le flash s'est déclenché automatiquement parce que j'avais oublié de le neutraliser. J'ai rectifié pour une deuxième photo et le flash s'est encore allumé. Au troisième essai, j'ai fais la bonne manoeuvre et le flash ne s'est pas déclenché. Or c'est sur cette photo qu'apparait l'orbe, pas sur celles prises au flash, que j'ai malheureusement effacé car elles ne me plaisaient pas du tout.

Après, quand j'ai fini de rajouter des branches de bruyères et des fougères pour colmater la voûte végétale, mes gestes étaient plus doux et j'ai demandé pardon pour le dérangement. Et c'est fou la joie que j'avais dans mon coeur.

Finalement, ce qui est sûr, c'est que je ne ferais plus pipi pareil.

 

 

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23 juin 2015

Soirée spéciale pour observer les étoiles

Elle arrive de l'Ouest, immaculée, rayonnante, royale.

C'est maintenant le meilleur moment pour admirer sa majesté

admirer l'étoile de vénus

qui débarque en éclaireuse au milieu de toutes les princesses qui l'attendent,

innombrables, prêtes à scintiller toute la nuit dans leurs robes de lumière.

trop beau les etoiles brillantes

Nous irons contempler la belle Vénus déboulant à l'horizon,

ouvrant le bal de la nuit étoilée, depuis une crête des Cévennes,

au dessus du camp de yourtes à Besseges.

Gilbert, notre montreur d'étoiles chevronné,

nous entraînera à travers Système Solaire, 

carte celeste 2

Voie Lactée et abîmes d'espaces-temps

Tête de cheval

et nous décrira quelques rouages de la mécanique céleste. 

Rouages du ciel

Un télescope performant viendra transcender notre vision

pour mieux détailler la magie des planètes et des étoiles...

etoiles partoutetoiles partoutetoiles partout

Ça sera le Samedi 11 Juillet 2015 au Cantoyourte à Besseges,

dans le cadre des journées conviviales mensuelles

(chaque deuxième Samedi du mois).

on va regarder les étoiles

Ceux qui veulent rester pour la nuit pourront bivouaquer

pose ta tente sous les étoiles

en plantant leur tente dans l'après-midi

puis nous partagerons le dîner à partir de 19h.

Chacun amène son pique nique ou un plat à partager et une boisson.

Nous partirons aux environs de 21H30 vers Bordezac, à deux kilomètres :

prévoir un bon pull, de bonnes chaussures, et des jumelles si possible.

femmes à longue vue

L'observation du ciel étant dépendante des conditions climatiques,

cette soirée sera reportée en cas de mauvais temps, ciel voilé ou bouché.

Cet article sera donc mis à jour en fonction de la météo.

elle suspend des étoiles

Pour renseignements, laisser votre contact au  04.66.54.84.77

et on vous rappelle.

L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan :

« Nous sommes donc tous des poussières d'étoiles.

Nous partageons tous la même généalogie cosmique.

Nous sommes les frères des bêtes sauvages

et les cousins des coquelicots des champs. »

 

ptit étoileptit étoileptit étoileptit étoile 

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08 juin 2015

Leonide Pliouchtch

leonid pliouchtch

C'était une belle personne et j'ai la chance de l'avoir connu, bien que trop récemment, à l'entrée de sa dernière décennie.

Nous avions en commun d'habiter ce même village où nous avons atterri séparément à peu près à la même époque, issus de deux histoires opposées. Malgré des origines éloignées, je me sentais proche de cette incommensurable et dramatique destinée.

Réfugiés à des degrés de gravité différents, se battant pour la survie et la liberté, nous avons atterri ici pour échapper au massacre, lui extrait in extremis de la torture d'un asile psychiatrique sous férule soviétique, et moi réchappée du joug misogyne de la dictature patriarcale, tous deux entrés en dissidence ouverte, sous des formes évidement très différentes. Nous avons survécu chacun dans notre fuite, et c'est un miracle.

Nous avions aussi en commun ce qui relie tant d'humains par les profondeurs, dans le silence du deuil, la tragédie qui se poursuit dans nos enfants : la tombe de son fils et celle de ma fille, à quelques mètres l'une de l'autre.

La dernière fois que j'ai vu Léonide, c'était comme toujours au marché. Je demandais régulièrement des nouvelles de sa santé parce qu'il avait des difficultés avec sa jambe. Il répondait de manière lapidaire en chassant l'air avec son guttural accent russe : « Pas important... »

leonid le dissident soviétique

Tania, elle, en disait toujours plus, mais lui estimait que la situation de son pays natal, l'Ukraine, était beaucoup plus grave que son état personnel. Je crois que ce conflit, entre autres, a fini par laminer ses dernières résistances.

Je ne l'ai pas connu du temps de sa notoriété mondiale dans les années soixante dix,

tania et leonid

mais dans la modestie de sa retraite en Cévennes avec Tania. J'ai été frappée par leur grande humilité alors qu'ils pouvaient parler de quasiment tous les sujets politiques internationaux, avec une grande finesse de point de vue. La formidable humanité de cet homme, l'intégrité de son esprit tout autant scientifique que littéraire, son engagement inéluctable pour la liberté, est sans doute ce qui a préservé ce grand mathématicien incapable d'hypocrisie du morcellement mortifère de la rationalité. Il émanait de lui un incroyable mélange d'intelligence mortellement blessée, de moralité et d'authenticité indélébile, et une vivacité d'esprit surnageant avec un courage surhumain un profond désarroi.

A l'ombre de sa grande bibliothèque, Léonide a tenté une fois de me mettre une de ses mygales sur le bras mais j'ai préféré me contenter de la caresser sur le sien avant d'aller tendre une feuille de laitue aux tortues de Tania.

Léonide Pliouchtch est mort Jeudi 4 Juin au matin, je l'ai appris le soir en écoutant ma petite radio à piles dans ma yourte, aux infos sur France Culture.

Les médias qui tous, d'une seule voix en se copiant les uns les autres, disent n'importe quoi en alléguant qu'il est mort à Paris d'une longue maladie, se montrent incapables d'imaginer qu'on peut faire sa vie et la terminer ailleurs qu'à Paris. Léonide est mort dans son lit, chez lui, à Besseges, dans la maison où il habitait depuis vingt ans avec Tania, des suites d'un cancer fulgurant, détecté il y a peine deux mois. Enterré Samedi 6 Juin au matin dans l'intimité, il a rejoint son fils au même endroit où je rejoindrais ma fille le moment venu.

Alors, ceux qui veulent savoir ou seulement se rapeller quel homme et quel destin extraordinaires ont abouti dans ce village paumé du Gard, bourgade qui devrait en tirer un grand honneur, peuvent lire directement son livre « Le carnaval de l'histoire » ( disponible à la bibliothèque municipale du village) où il raconte lui-même son parcours de dissident soviétique. 

carnaval de l'histoire de pliouchtch

En attendant cette édifiante lecture, on peut consulter des extraits de son livre sur Médiapart, là:

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/040615/leonide-pliouchtch-est-mort-quelques-ecrits

 http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/050615/leonide-pliouchtch-est-mort

 Il y a des belles fleurs sur la tombe de Pliouchtch, dont une gerbe de l'ambassade Urkrainienne, et c'est bien de les arroser avec cette chaleur.

Alors j'arrose.

Et ça me fait du bien.

HPIM0636

 

 

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