YURTAO, la voie de la yourte.

27 avril 2016

* * *

Ce matin rien n'est plus urgent

Que de contempler le printemps.

vue verte

La buse arrive solitaire de l'orient,

plane en cercles silencieux sur la vallée

entre vert efflorescent et bleu du temps dégagé.

Trois battements d'ailes

pour trois paisibles kilomètres,

petit point noir fondu à l'occident

dans la dentelle effilochée

d'un nuage chevauchant la colline.

Trois minutes de bonheur absolu

pour avoir simplement

lever les yeux en l'air.

 

 

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06 avril 2016

Soleils rupestres

Juste avant que la forêt bourgeonne et verdisse,

fin d'hiver dans la forêt

j'ai déposé quelques soleils sur la grisaille.

mats de yourte en soleil

Soleils de roche, dessinés avec des pierres des sentiers

soleil rupestre 1

soleil de falaise, entre lierres et ronces,

soleil rupestre 2soleils de laine tissés sur branchettes de châtaigniers,

soleilades en guirlande forestièresuspendus en guirlande entre vieux chêne et pin maritime,

soleils multicolores suspendus dans la forêt pas trop loin du seuil de la yourte

guirlande devant la yourte

pour célébrer chaque jour la fête des couleurs.

 

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04 mars 2016

Art sauvage : gerbe d'or sur le land.

La collecte de vieilles branches souchardes de chataigners

est suivie d'un long nettoyage, grattage, rabotage, peaufinnage.

gerbe d'or 1

J''adore réhabiliter ce beau bois dur

pour lui redonner toute sa noblesse naturelle

et mettre ses formes alambiquées en valeur.

gerbe d'or 2

Cette fois-ci, j'ai peint le bois d'un jaune un peu cru

dont je révais depuis le début de l'automne.

gerbe d'or 3

Puis j'ai rassemblé les tiges dorées en bouquet

dans une vielle souche de chataigner creuse

au bord d'une restanque.

gerbe d'or 4

La sculpture sauvage s'élève alors entre deux terrasses

comme une nouvelle plante étrange et insolite.

gerbe d'or 5Sauf qu'elle affronte les saisons avec imperturbabilité.

gerbe d'or 6

J'ai ensuite fabriqué des soleils mauves

que j'ai suspendu à la gerbe.

gerbe d'or 7

En se balancant dans la brise ou le vent,

ces fleurs violettes donnent du souffle à l'oeuvre,

encore plus de présence.

gerbe d'or 8

Alors, dans la brume matinale,

la grande plante dardée d'or semble encore plus ésotérique.

gerbe d'or 9

Pauvres chataigners délaissés des Cevennes,

vous voilà maintenant à l'envers,

sauvé des vers qui dévoraient vos branches.

Une pinède un peu désolée reçoit ainsi une vie nouvelle,

réveillée par la magie de l'art

et le soin d'une amoureuse des bois.

Alors la forêt devient fantastique

comme dans un conte de fées.

gerbe d'or 10

 

 

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13 février 2016

Précieux compagnons du ciel

mangeoire pour oiseaux multicolore au cantoyourte un jour de brume


 

mésange bleue par Gilbert Lacassin


 

mangeoire cantoyourte sous la neige yurtao


 

mangeoire oiseaux en rejets chataingers tressés et toit en aiguilles de pins


Pinson des arbres


 

volière patchwork dans les bruyères arborescentes


 

mangeoire cantoyourte en rejets chataigners


 

Mésange charbonnière par Gilbert Lacassin

Cet hiver, j'ai fabriqué des mangeoires pour les oiseaux. C'est un vrai régal quotidien d'observer acrobaties et moeurs de ces petites boules de plumes.   Les mésanges nonettes sont les moins farouches, toujours les premières à s'approcher, même quand je me tiens à deux mètres. Ensuite viennent les mésanges bleues et les charbonnières. Les pinsons tentent de s'immiscer dans la volière à bruyères, de se poser dans l'entrelac de branches multicolores, perchoirs particulièrement affectionnés des mésanges, qui les repoussent. Ils finissent toujours par piquer au sol pour picorer ce qui tombe. Les geais et les pics ont renoncé à disputer le territoire des mésanges, mais j'ai aperçu de nuit ma voisine la genette sauter sur la table en dessous.

genette

Elle vise les mulots et musaraignes profitant de l'obscurité pour grignoter ce qui traîne sous les mangeoires, et les décapite.

Mon appareil photo ne me permet pas de saisir les oiseaux, aussi je remercie Gilbert, photographe animalier de talent, de m'avoir prété ses photos de mésanges et pinson.

 

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20 janvier 2016

Petite neige sur le camp juste pour dire que c'est enfin l'hiver

mimosa sous la neige 1


tente émergente yurtao


 

cordes dehors


 

sylvart jaune en branches mortes désouchées de chataigner


 

hutte dans le froid yurtao


 

vivre en tente sous la neige, c'est chouette


neige sur le camp de toiles


bois enmmélés sous petite couche de neige devant la yourte


sylvart émergeant du menhir couché yurtao


couche de neige sur toile


couleurs et yourte sous la neige


laine du banc dehors


boule de neige


 

gerbe d'or en hiver yurtao



 

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21 novembre 2015

De l'or au Cantoyourte

land-art bouquet de branches dans la brume yurtao


 

arceaux dans la brume yurtao


 étoiles dorées dans le matin yurtao


 

feuilles de murier sur veille casserole


 

tapis de feuilles sur tipi bleu yurtao


 

feuilles éparpillées yourtao


 

fougères à l'aurore


 

boules de laine dans le soleil du matin yurtao


 

bannières et vielles pierres yuertao


 

tipi fumant yurtao


 

cloture pour tente yurtao


yourte dans l'or matinal yurtao


 feuilles d'acacia sur toit de yourte yurtao


 

bouleau en flamme sur wigwam yurtao


 

banières au levant yurtao


roses au levant


soleil de laine yurtao


 

toile d'araignée entre fougères sèches yurtao


 

yourte à flanc de cotteau yurtao


pointe de tipi sauvage yurtao


 

chemin avec moquette d'or pur


 

dans la lueur d'automne yourte yurtao


 lueurs d'automne sur tissus multicolores


 

érable d'automne sur yourte yurtao


 

chataigner en déliquescence yurtao


 noisetier d'automne sur ruine yurtao


 

feuilles de vigne sur barrières de tissu yurtao


 

mandala en or yurtao


 

fougères pendues yurtao


 

étoiles d'automne


jaune chataigner yurtao


 

érable sur yourte yurtao


nid de chataigner avec vigne jaune yurtao


 

chanterelles


 guirlande de feuilles de vignes en or yurtao


vue sur la vallée dorée


fumée sous le tipi bleu yurtao




 

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08 novembre 2015

Ovni végétal

Un beau jour d'automne, un mandala jaune s'ébauche sur le noir du crassier.

1 mandala yurtao sur crassier

Feuilles de paulwnia et pommes de pin.

mandala sur crassier 2Pétioles d'ailantes et jeunes feuilles de bouleau.

mandala sur crassier 3Bûches de pin et feuilles de liquidambar.

mandala sur crassier 4Tiges de phytolacas et branches de pin maritime éclairci pour privilégier le paulownia.

mandala sur crassier 5Feuilles d'acacia et feuilles de chataigner.

mandala sur crassier 6Crépuscule et rosée descendante.

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28 octobre 2015

GRAND CERCLE SACRE

1 grand cercle sacré

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2 grand cercle sacré

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3 grand cercle sacré

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21 septembre 2015

Mon livre : " Vivre en yourte, un choix de liberté."

Je suis heureuse de vous présenter mon livre * :

« Vivre en yourte : un choix de liberté »

sous-titré: «  Hymne à la sobriété heureuse »

publié aux Éditions Yves Michel, éditeur engagé.

Yves Michel :

" J'ai le plaisir de vous présenter un témoignage poignant et inspirant de la pionnière des yourtes en France, Sylvie BARBE. C’est un parcours jalonné de nombreuses difficultés pour une femme qui n’a jamais voulu abdiquer de sa liberté face aux hommes, et un vibrant plaidoyer pour un mode de vie léger, simple, en contact avec la nature, ce que permet la yourte comme habitat. C’est bien écrit, plein de rebondissements, ce livre se lit comme un roman, et en même temps il nous interroge sur nos choix de modes de vie, sobriété ou confort consommateur, sur notre législation, sur nos liens sociaux…

Un livre d’une brûlante actualité !"

vivreENyourteDEF

Ce récit imagé et dense raconte mon histoire de vie

commencée dans les années soixante-dix avec une communauté de babas cool

en partance pour une île déserte du Pacifique,

DSCN4622

jusqu'à l'auto-construction de yourtes dans les Cévennes à partir du milieu des années quatre-vingt dix.

Il relate le combat que j'ai du mener sur plusieurs fronts, comme femme et mère dans ma vie privée, comme dissidente écoféministe et Objectrice de croissance dans ma vie sociale et politique, libre de tout parti et tout embrigadement, comme précurseure et rebelle à l'aliénation dans ma vie publique.

Défricheuse autodidacte de la Voie de la yourte, confrontée aux expulsions, à l'incompréhension et l'intolérance, j'ai du affirmer radicalement mes engagements pour une société plus juste, plus humaine. Ce radicalisme, né d'une vision holistique en résistance à la pensée unique, orchestre vie domestique et philosophique en adéquation avec une utopie très pragmatique, qui s'avère être source de sens, de cohérence et finalement, de bonheur.

La vie d'une femme, avec ses tribulations, ses épreuves, ses choix, ses résiliences, est en elle-même un acte politique, hors tout discours lénifiant. Car toute transformation vitale de la société passera par l'avènement de la libération de toutes les femmes, en paix avec la terre et la nature.

804347

On peut télécharger et diffuser le communiqué de presse en clikant sur le lien suivant :
yourte_cp

Cet ouvrage de trois cent pages devrait être présent dans toutes les bonnes librairies. N’hésitez pas à le demander à votre libraire si vous ne le voyez pas en comptoir.

Ceux qui désirent une dédicace de l'auteur peuvent envoyer leur règlement par chèque (ordre au nom de l'association Demeures Nomades) de 20 euros + 4 euros de frais de port à l'adresse suivante :

Demeures Nomades. 186, la Cantonade 30160 Bessèges,

il vous sera envoyé dédicacé par la poste.

yourte timbrée à ouvrir     yourte timbrée ouverte yurtao

Avec un petit cadeau offert par l'auteur.

la yourte en patchwork sylvie yurtao 

* « Plus que jamais, le livre papier, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos et nous incite « à ne pas faire confiance à la surface étincelante des mots mais à fouiller les profondeurs ». Point d'ancrage, objet d'inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d'informations et de sollicitations, le livre est peut-être l'un des derniers lieux de résistance. »

Cédric Biagini. « L'emprise numérique ». Éditions l’Échappée. Page 129.

 

La belle critique de la revue Nexus à lire là : critique_vivre_en_yourte_sur_nexus_novembre_2013

 Présentation du livre par la revue Terre du Ciel là : alliance_yourte

sur "Nature et progrès" là : vivre_en_yourte_sur_nature_et_progr_s_septembre_2013

sur la revue Silence là : yourte_silence

 

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26 août 2015

Hutte ronde d'été

vitrail multicolore aéré yurtaoA travers les couleurs s'inflitre le soleil,

arc en ciel de tissu dans la hutte ronde yurtaoà travers les franges de tissu s'infiltre la brise légère.

hutte ronde d'été aérée yurtaoDedans, il fait bon.

hutte ronde sous la lune

Et sous la lune dans les grands pins, c'est divin.

 

 

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21 août 2015

Manifeste écoféministe pour les Estives de la décroissance 2015

 femme solaire

Nous, femmes écoféministes, dénonçons la récupération du mouvement des femmes par le capitalisme patriarcal qui assimile l'égalité à la neutralisation des sexes.

Nous dénonçons le discours insidieux d'hommes de gauche, tel que Mr Weber, censé intervenir aux festives de la décroissance 2015 sur le féminisme; ce Monsieur a produit un pré-texte ( Weber_Michel_Feminisme_epidermique et_utopie_viscerale_2015) qui a indigné le petit groupe de femmes réunies cet été au Cantoyourte.

femmes écoféministe sur mandala de pommes de pin

Mr Weber explique très démagogiquement aux femmes dont les gesticulations "cosmétiques" ( avant ils disaient "hystériques"...)  ces deux derniers siecles n'ont, d'après lui, toujours rien changé, quelle sorte d'utopie politique elles devraient se fixer : "Comment obtenir un androgynat à partir du patriarcat : faire valoir la puissance du vagin et l’impuissance constitutive du phallus."


L'androgynie réduit en bouillie l'universalité de la différence des sexes au profit d'une génération d'androïdes dont chaque morceau interchangeable doit être mis à prix et vendu sur le grand marché libéral.

Nous dénonçons la tentative de dissolution de la polarisation duelle des sexes par l'adoption linguistique du genre, euphémisme qui instrumentalise la confusion avec la diversité des sexualités pour dissimuler un androcentrisme récurrent.

Nous dénonçons l'égalité défendue par des arrivistes privilégiées complices du système d'exploitation patriarcal et de l'oppression universelle des femmes, en particulier des plus démunies.

Cette stratégie qui consiste à nier encore et toujours l'incarnation sensible des femmes, leur façon d'interpréter et d'appréhender le monde, stratégie qui a aboutit depuis des siècles aux mépris de leur corps, de leur maternité, de leurs capacités à nourrir, à soigner, à apaiser, à protéger, à faire confiance, à s'investir généreusement dans la gestion de la cité et la subsistance communautaire, est une perversion induite par la collusion avec les valeurs d'un système guerrier de domination et de prédation profondément misogyne.

Ce système mâle corrompu arrive à l'extrême de sa capacité de nuisance en acculant l'humanité au bord du gouffre. Aussi nous dénonçons que des femmes dites émancipées participent par leurs activités et leurs emplois productivistes à ce carnage.

serie de mannequin femmes sur étagères

Partout dans le monde, les femmes maltraitées au nom de la religion ou de l'idéologie du progrès et de la croissance, souffrent de la destruction et de l'appropriation de leurs moyens de subsistance, ainsi que de la confiscation de leurs enfants, par le mariage, l'école, l'urbanisation accélérée, le consumérisme illimité et l'ensemble des institutions patriarcales, au profit d'un enrôlement massif dans le grand jeu de massacre global. Partout, certaines d'entre elles luttent pour survivre et sauver ce qui peut encore être sauvé. Partout, elles sont les premières à pâtir, avec leurs enfants, des dommages irréversibles causés à notre environnement par l'accaparement et la pollution généralisés. Partout, l'économie de marché, la loi du plus fort, du plus gros, du plus brutal, engraisse des systèmes laïques ou religieux oligarchiques qui font dégénérer les concepts de liberté et d'égalité en assassinant toute velléité de fraternité.

L'émancipation personnelle par adhésion à un système d'exploitation sans limites des plus faibles, des ressources naturelles et de tous les êtres vivants humains et non humains, n'est en rien une libération, c'est le renchérissement d'une aliénation collective particulièrement grave pour les femmes et l'ensemble du Vivant.

Que certaines bourgeoises carriéristes, complaisamment citées par les hommes ( par exemple Élisabeth Badinter citée abondamment par Michel Onfray), s'arrogent le droit de faire la leçon aux millions de femmes qui, conscientes des limites naturelles, écologiques et sociales, sont en train de résister à la folie marchande, d'expérimenter d'autres voies, des façons de vivre décemment et sobrement sans martyriser son prochain et sans saccager la terre, ne démontre qu'une évidence : que le pouvoir pervertit, que l'ascension sociale par la compétition aveugle détruit les liens sociaux et la solidarité, et que les vendues du patriarcat et du capitalisme ont trahi non seulement la cause des femmes mais celle de l'humanité, passée, présente et à venir.

Elles ont abandonné, au profit des mirages consuméristes, cette fonction maternelle qui, réappropriée par des femmes libres de leur fécondité, de leurs investissements économiques et sociaux, de leurs engagements politiques, dans une société ralentie et équitable où prédominerait l'objectif du bonheur national, pourrait être la seule force capable de soigner une planète exsangue et de pérenniser l'espèce humaine.

Cette dévalorisation des maternités matérielles et morales par les femmes dites émancipées pour qui allaiter un enfant,

allaitement

planter un chou et choyer la vie est devenu réactionnaire et ringard, sert le totalitarisme scientifique des mâles progressistes asservis au Dieu tout-puissant du progrès infini. Il s'agit ainsi d'annihiler la faculté générative et thérapeutique physique, politique et spirituelle des femmes, des filles, des mères et des grand-mères. C'est ainsi que des technocrates mâles peuvent vanter ces corps dévalués, dégradés et vidés de toute substance comme moteurs d'un transhumanisme débarrassé de tout sentiment, de toute émotion, et faire miroiter la fabrication industrielle, dans des ventres extorqués à des esclaves femelles ou des utérus artificiels, d'embryons génétiquement modifiés, unisexes, sans généalogie et sans histoires.

Nous ne voulons pas d'androgynat, nous sommes des femmes réelles, charnelles, incarnant l'altérité d'hommes réels, charnels, nous ne sommes ni complémentaires ni une catégorie de la diversité : nous sommes l'autre sexe, l'un des pôles de la dualité sexuelle de tout être vivant, et en ce sens, nous sommes depuis toujours parfaitement égales avec l'autre sexe.

Nous ne disputons pas l'égalité puisque nous l'avons déjà. Nous n'avons pas besoin de prouver que nous sommes bonnes, aussi bonnes que les hommes, que nous sommes des hommes comme les autres. Nous n'avons rien à prouver et tout à faire. A commencer peut-être par ne plus rien faire, pour cesser tout dommage à notre mère la terre, pour réfléchir et c'est pas triste.

mains de femmes en cercle

Mais comme cette égalité naturelle a été confisquée par la violence des hommes, la société complètement bancale gîte dangereusement. A force de pencher toujours du même coté, le naufrage n'est pas loin. N'importe quel navigateur avisé répartirait les poids pour rééquilibrer son embarcation.

C'est pourquoi nous exigeons la parité totale partout.

L'humanité étant universellement double, l'équilibre étant source d'harmonie, tous les pouvoirs doivent être détenus par un homme et une femme ensemble, et non plus une personne seule.

Nous exigeons une parité radicale à tous les postes de décision, d'organisation et de gestion : pas seulement pour la candidature aux élections démocratiques, mais pour chaque poste et chaque responsabilité politiques, économiques et administratifs. Ainsi la présidence de la République doit être double, chaque ministère, député, préfet, chaque présidence de région, de département, chaque mairie, toutes les administrations et juridictions publiques, doivent être dirigées, gérées, administrées par un couple mixte. Ainsi, toutes les manifestations et interventions médiatiques, culturelles, politiques etc... doivent être systématiquement paritaires. Et ceux qui veulent se débiner ne devraient pas pouvoir s'en sortir en payant.

Pour ceux qui en sont encore à défendre l'emploi au lieu du Revenu Inconditionnel, voici un partage du travail qui devrait faire disparaître le chômage.

Selon ce principe de parité totale, nous constatons que la plupart des partis ou rassemblements politiques de gauche comme de droite continuent à ignorer délibérément la moitié de l'humanité.

Aussi nous déplorons qu'en particulier les Estives de la Décroissance 2015 s’alignent sur le machisme ambiant, concrétisé par 28 intervenants répartis en 4 femmes et 24 hommes, et que, pardessus le marché, la parole publique soit donnée à un homme sur la question du féminisme. Nous décrétons cette parole non légitime et déclarons que le contenu de ce discours d'homme, outre qu'il est historiquement faux, insulte nos personnes et nos valeurs féministes. L'histoire des femmes, occultée ou interprétée-manipulée par les hommes, ça suffit.

nous sommes toutes des femmes de chambre

C'est pourquoi, vigilantes sur toute instrumentalisation du féminisme et de l'écoféminisme, et bien que décroissantes engagées, nous boycottons ce ralliement.

Plus généralement, nous déclarons que les femmes et les hommes ne remettant pas en cause, par leurs actions, leurs omissions ou leurs pratiques, leur participation au sexisme, au productivisme et à la croissance se rendent complices de crimes contre l'humanité.

Ces femmes ne peuvent se dire féministes sans pervertir la cause des femmes qui est désormais celle de la survie de l'humanité. En ce sens, l'écoféminisme, utopie politique plus radicale et plus subversive que celle de tout parti politique révolutionnaire, est la condition de la décroissance et non l'inverse. Mais de même que la décroissance, il se traduit pour commencer par une éthique de l'engagement personnel.

Sylvie Barbe, porte parole du groupe écoféministe : « Les Bonnes à tout faire »

 à imprimer là : festives_manifeste_sylvie_barbe

la-femme-et-la-terre

 

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14 août 2015

Un peu du Souffle

En vrac, quelques images du Souffle du rêve,

le festival autogéré le moins cher de France.

Aucune subvention, seulement la bonne volonté de chacun.

Cette convergence d'énergies, cette vie collective en plein air

ne peut fonctionner que parce que tout le monde met la main à la pâte,

telles ces équipes tournantes volontaires aux latrines sèches.

équipier volontaire aux chiottes

entretenir nles toilettes au souffle du réve

équipe toilettes séches au souffle du réve

figure de tissus emmélés

derrière le bar 

affiche barnum

à toi de jouer

boule de rejets de bois entrelacés

cercle humain sur la plage

cafés sous les toiles souffle du reve

courgettes de fin de marché devant tipi

cuisiner devant la yourte en couleur

discussion sous la yourte

femme au filet

femme cherchant sa belle robe

la loupiote au souffle du réve

fillette au hamac

four dans la terre au souffle du révefleur de bois au sol

ici on respire au souffle du reve

machine à laver à pédale

maquillages de femmes

roulotte avec chevaux au nsouffle du reéve

yourte pour massage ayurvédique

scéance de bols tibétains

scène au souffle du rêve

serviettes hyginéiques lavables renouvellables

sieste dans le nid suspendu

solaire au coucher du soleil

toile bleue tendue pour les douche au souffle du réve

toilette en plein air

toiles au souffle du reve

Bravo aux initiateurs et organisateurs de cette convergence,

qui ont le courage d'y croire et de tout donner pour tous.

et toujours des tipis

 

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17 juillet 2015

Fabriquer un auvent végétal

Coup de coeur pour une restanque écroulée, embroussaillée sous les bruyères arborescentes, à flanc de colline.

Je bataille contre les ronces et les salsepareilles pour dégager une aire que j'aplanis à la petite pioche. Un jeune pin bizarement courbé mais bien vivant se présente comme une arche que j'utilise pour poser une traverse de chataigner. Rien de droit dans tout ça, rien de tracé, rien de prévu, juste une improvisation avec mes gants de travail, un sécateur et une petite scie. Je taille dans les bruyères en sacrifiant les branches les plus basses mais je garde précieusement les plus fournies qui s'entrelacent en une avancée légèrement ombrageuse.

auvent végétal bruyère 1

Enfourchée sur un jeune chène vert, une poutre transversale acceuille de longues perches de chataigners récupérées sur les arbres morts dans les environs. Je ne sais pas encore que ce petit coin qui m'inspire va devenir un nouveau salon d'été sauvage, car pour l'instant, je suis seulement motivée par la mise en valeur de l'incroyable tissage tortueux que forment les arabesques des bruyères. Déjà, on ne distingue plus les bruyères vivantes de celles que je suis en train de réhabiliter.

auvent végétal bruyère 2

J'ai gardé lors de mes débrousaillages antérieurs les branches mortes d'autres bruyères en un précieux petit tas dans la forêt. Voilà donc le moment de les remettre à l'honneur en les entrecroisant avec les solives calées dans les pierres de la restanque supérieure, bien défoncée. Ce canevas peut acceuillir ainsi les résidus de mes nettoyages végétaux. En particulier les piquantes et résistantes lianes de salsepareilles que je décroche des pins et tasse en boules avant de les jeter sur mon toit. Non sans avoir déguster auparavant, avec gourmandise, les délicieux pousses de cette plante dont je raffole.

auvent végétal bruyère 3

Ces paquets de lianes forment maintenant une trame prête à recevoir une verdure plus consistante. 

auvent végétal bruyère 4

Je ne peux m'empécher, dès que mon travail prend tournure, d'y ajouter une inévitable touche de couleur, de quoi offrir à la douce brise qui carresse la pente, un joyeux terrain de jeu, et à mes yeux, un spectacle permanent.

auvent végétal bruyère 5

J'ajoute de beaux bouquets de fougères, certains tassés dans les interstices,

d'autres simplement posés en travers,

auvent végétal bruyère 7

d'autres cascadant généreusement en bout d'auvent

pour contrer les rayons trop chauds du soleil.

auvent végétal bruyère 8

Je termine en consolidant avec des rejets d'une autre bruyère

auvent végétal bruyère 9

et avec mes derniers fanions multicolores.

auvent végétal bruyère 10

Trois jours après, les couleurs ont déjà changé, les fougères en fanant deviennent toutes rousses.

Voilà donc une avantageuse alternative à la sieste dans la yourte quand sévissent les grosses chaleurs.

Rien ne vaut désormais ma nouvelle cabane bien aérée qui sent si bon l'humus

et où les oiseaux se laissent si bien observer !

auvent végétal bruyère 11

 Et voici une chouette halte pour le bivouac !

tente_bivouac_sous_auvent_de_bruy_re_et_foug_res

 

 

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06 juillet 2015

Libération des femmes et subsistance

Ce mois-ci, le Camp de yourtes accueille un groupe de femmes écoféministes

femmes fées à la yourte

(dessin de Sylvie, crayons de couleur et feutres)

se proposant de partager une expérience de vie autogérée en pleine nature.

femmes nature

Nous réfléchirons

femme qui va être peinte

à la relation entre écologie et féminisme,

avec la conviction qu'un avenir viable sur terre necessite

un changement radical de système

qui donne aux femmes leur entière liberté

et la possibilité de mettre en œuvre leurs solutions.

on va essayer d'éteindre l'incendie planétaire

Je propose de partager le texte de Maria Mies intitulé

« La libération des femmes et la subsistance »

qui nous servira de base de discussion.

A télécharger là : la_lib_ration_des_femmes_et_la_subsistance_maria_mies

En voici des extraits :

ouvrir la cage aux mots

«  Qu’est-ce qui a mal tourné dans le mouvement des femmes qui avait débuté avec le slogan international de la sororité et une compréhension holistique de la politique ?

Le fait que des femmes plus jeunes ne comprennent plus qu’une analyse de l’économie mondiale globalisée patriarco-capitaliste est pertinente pour les féministes ne peut pas simplement s’expliquer par un fossé de générations, ou par une faiblesse morale ou intellectuelle, ou par l’argument que le monde est devenu "si complexe". Nous devons trouver de meilleures explications pour ce changement d’humeur, pour cette dépolitisation du mouvement des femmes. Pourquoi cette perspective limitée et cette inaptitude à comprendre ce qui se passe et d’agir en conséquence ? Ce pourrait-il que ce changement d’humeur ait quelque chose à voir avec le mépris pour la subsistance ? »...

... « Une vision de libération des femmes qui n’est valable que pour une minorité des femmes du monde n’est pas une vision du tout.

Une vision de libération doit être valable et réalisable

pour toutes les femmes.

mains de femmes

Cela signifie que nous devons chercher une économie qui ne soit plus basée sur le patriarcat, le colonialisme et l’exploitation de la nature. Nous appelons une telle économie, une économie de subsistance. Elle doit être valable dans le Sud comme dans le Nord, parce que sinon, elle est ni moralement acceptable ni tenable économiquement et écologiquement.

tipi au milieu des femmes

Exemples de thèses que nous proposons à opposer aux discours dominants actuels parmi les féministes de classes moyennes :
1. Les problèmes principaux des femmes de par le monde ne sont pas la différence et/ou l’identité mais l’exploitation, l’oppression, la violence et la colonisation. Nos différences ou plutôt nos diversités constituent notre force, notre richesse et notre beauté.

diversité totale

Mais le patriarcat capitaliste, qui ne peut pas tolérer l’équivalence de tous, s’est arrangé idéologiquement pour transformer les diversités en antagonismes. Ainsi, tout "autre" devient un ennemi, un compétiteur dans un monde de pénurie. Nous voulons créer un monde dans lequel les diversités biologique et culturelle soient maintenues et célébrées.
2. Nous sommes ici-bas, sur cette terre, connectés à toutes les autres créatures de cette planète. Nous n’attendons pas que la liberté, la richesse, le bonheur et la "bonne vie" proviennent de quelque transcendance, au-delà du domaine de la nécessité, qu’il s’agisse de la transcendance de la religion, de l’argent ou de la réalité virtuelle postmoderniste. Nous continuons à célébrer la mère-matière (mat(t)er) comme la base de la vie. Nous rejetons le dualisme qui sépare la matière de l’esprit, dévalue la matière et idéalise l’esprit.

de chair et de colombes

3. Notre sentiment de force (empowerment) est basée non pas sur la domination technologique sur les autres créatures ou d’autres êtres humains ni sur la participation aux structures de pouvoir patriarcales et capitalistes, mais sur la confiance en soi et l’autonomie, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’auto-approvisionnement, les réseaux locaux et globaux, et des relations de subsistance au lieu de relations de profit.
4. Nous savons que nous sommes des êtres historiques. Nous savons que sans la connaissance et le respect de généalogies féminines, à la fois les femmes individuelles et les femmes sociales ne seront pas capables de triompher du patriarcat. Nous voulons revendiquer nos mères et nous reconnecter avec elles.

femme fagot

Nous voulons revendiquer nos filles et nous reconnecter avec elles.

femme en mutation

5. Nous voulons aussi revendiquer nos fils et nous reconnecter avec eux. Nous n’accepterons pas que nos fils n’aient d’autre perspective que celle offerte par un capitalisme global macho et militariste.

Notre vision pour les femmes est étroitement reliée à leur travail et à leur vie. Son contexte est leur vie et leur activité quotidiennes et la production de vie, aussi dans le sens symbolique. La satisfaction de nos besoins basiques est à la fois le but et le chemin, pas seulement dans le Sud mais aussi dans le Nord. Et ceci inclut nos besoins de beauté, de loisirs, de respect, de dignité, bref, une "bonne vie" pour les femmes. Au lieu de piller la nature, cette vision comprend en outre la production en coopération avec la nature.

Cela implique une connaissance de notre paysage local environnant et de ses conditions naturelles. Un des objectifs centraux de cette vision est le contrôle autonome sur notre travail et nos produits, parce que nous voulons être fières de nos produits. En plus d’en jouir nous-mêmes, nous voulons les offrir généreusement aux autres. Notre richesse réside dans notre égalité dans la diversité par laquelle nous sommes capables de résister à la ménagérisation forcée, la macDonaldisation, la culture globale homogénéisée.

Sous de telles conditions, il n’est pas nécessaire de nier ou d’idéaliser ou de contrôler notre corps féminin. Ce corps est une source de force, de sagesse et de connaissance, et de vitalité. Avec notre corps, notre paysage, notre force, nos communautés, nous pouvons rester enracinées en nous-mêmes."

se fondre dans le paysage

 Et puis, pour les vacances, voici un joli film Canadien qui vient de sortir,

une belle histoire de femmes,

à voir  

 

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30 juin 2015

Orbe sous la hutte

Au petit matin, j'ai pris une photo de la cabane végétale que je viens de retaper pour acceuillir le pipi des filles qui vont bientôt arriver. Je la consolide et la ragaillardis en entrelacant des résidus de débroussaillage dans le gentil arbousier qui pousse dans une murette de la falaise. Je travaille tôt avant que la chaleur fonde sur le camp et tétanise humains et végétation.

Quand j'ai visionné mes photos dans la pénombre de la yourte, j'ai vu que la cabane était occupée par une orbe.

Une belle orbe laiteuse.

orbe dans la cabane pipi

Les matérialistes disent que les orbes sont des phénomènes optiques dus à l'interférence de grains de poussière avec le flash de l'appareil photo.

Les spiritualistes croient qu'il s'agit d'âmes vagabondes.

Je ne sais pas.

Ce que je sais, c'est que j'ai pris une première photo où le flash s'est déclenché automatiquement parce que j'avais oublié de le neutraliser. J'ai rectifié pour une deuxième photo et le flash s'est encore allumé. Au troisième essai, j'ai fais la bonne manoeuvre et le flash ne s'est pas déclenché. Or c'est sur cette photo qu'apparait l'orbe, pas sur celles prises au flash, que j'ai malheureusement effacé car elles ne me plaisaient pas du tout.

Après, quand j'ai fini de rajouter des branches de bruyères et des fougères pour colmater la voûte végétale, mes gestes étaient plus doux et j'ai demandé pardon pour le dérangement. Et c'est fou la joie que j'avais dans mon coeur.

Finalement, ce qui est sûr, c'est que je ne ferais plus pipi pareil.

 

 

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23 juin 2015

Soirée spéciale pour observer les étoiles

Elle arrive de l'Ouest, immaculée, rayonnante, royale.

C'est maintenant le meilleur moment pour admirer sa majesté

admirer l'étoile de vénus

qui débarque en éclaireuse au milieu de toutes les princesses qui l'attendent,

innombrables, prêtes à scintiller toute la nuit dans leurs robes de lumière.

trop beau les etoiles brillantes

Nous irons contempler la belle Vénus déboulant à l'horizon,

ouvrant le bal de la nuit étoilée, depuis une crête des Cévennes,

au dessus du camp de yourtes à Besseges.

Gilbert, notre montreur d'étoiles chevronné,

nous entraînera à travers Système Solaire, 

carte celeste 2

Voie Lactée et abîmes d'espaces-temps

Tête de cheval

et nous décrira quelques rouages de la mécanique céleste. 

Rouages du ciel

Un télescope performant viendra transcender notre vision

pour mieux détailler la magie des planètes et des étoiles...

etoiles partoutetoiles partoutetoiles partout

Ça sera le Samedi 11 Juillet 2015 au Cantoyourte à Besseges,

dans le cadre des journées conviviales mensuelles

(chaque deuxième Samedi du mois).

on va regarder les étoiles

Ceux qui veulent rester pour la nuit pourront bivouaquer

pose ta tente sous les étoiles

en plantant leur tente dans l'après-midi

puis nous partagerons le dîner à partir de 19h.

Chacun amène son pique nique ou un plat à partager et une boisson.

Nous partirons aux environs de 21H30 vers Bordezac, à deux kilomètres :

prévoir un bon pull, de bonnes chaussures, et des jumelles si possible.

femmes à longue vue

L'observation du ciel étant dépendante des conditions climatiques,

cette soirée sera reportée en cas de mauvais temps, ciel voilé ou bouché.

Cet article sera donc mis à jour en fonction de la météo.

elle suspend des étoiles

Pour renseignements, laisser votre contact au  04.66.54.84.77

et on vous rappelle.

L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan :

« Nous sommes donc tous des poussières d'étoiles.

Nous partageons tous la même généalogie cosmique.

Nous sommes les frères des bêtes sauvages

et les cousins des coquelicots des champs. »

 

ptit étoileptit étoileptit étoileptit étoile 

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15 juin 2015

Comme on nous bousille

tête cassée

Au Président du SDIS, Service Départemental d'Incendie et de Secours du Gard.

Début Janvier 2015, un service des pompiers du Gard a installé une antenne relais de faisceau hertzien sur le toit de l'immeuble où je dispose d'un bail locatif.

Le 26 Mai 2015, j'ai pris connaissance par hasard de cette installation lorsque j'ai demandé au secrétariat du bailleur pourquoi l'échelle de secours que j'ai toujours connu posée dans le couloir du dernier étage avait disparu. L'absence de cette échelle me paraissait préjudiciable à une éventuelle évacuation des habitants par hélicoptère en cas d'incendie. La secrétaire m'a répondu que ce n'était pas obligatoire et que les locataires n'ont rien à faire sur le toit, que seuls les pompiers avaient été autorisés à y monter pour installer une antenne. Alarmée, j'ai demandé des précisions. On m'a assuré que ce dispositif n'était pas dangereux car ne fonctionnant que par rares intermittences.

Cependant, ayant très vite établi le rapport entre l'arrivée de cette antenne sur le toit de l'immeuble et le commencement de graves troubles de santé dont je suis victime depuis le début de l'année, j'ai contacté le responsable des transmissions au SDIS, qui a contredit l'allégation d'émissions intermittentes de l'antenne. Il s'agit bien d'émissions continues, même si elles sont, d'après lui, unidirectionnelles, destinées à capter les réseaux des antennes érigées sur les pylônes surplombant la colline en face. Les effets biologiques non thermiques de ces émissions sont la cause du danger sanitaire. Pour les rendre inoffensives, on les nomme "radiofréquence", ce qui est inexact du point de vue scientifique, comme l'affirme le Dr Pierre Le Ruz (expert européen indépendant) puisqu'il s'agit en fait d'hyperfréquences, sur lesquelles sont pulsées des extrêmement basses fréquences, qui n'existent ni dans la nature, ni dans la technologie analogique par "radiofréquence" (l'équipement radio analogique). J'ai exposé les problèmes de santé, dont des maux de tête violents, qui m'assaillent depuis cet hiver, que j'attribue désormais aux émissions nocives au-dessus de ma tête.

Ce Monsieur m'a répondu fort courtoisement en évoquant les difficultés que son service rencontrerait à enlever cette antenne. Cependant je ne vois pas d'autres solutions, à moins que vous investissiez dans un blindage complet du bâtiment, ce qui serait beaucoup plus onéreux.

En tant qu'électrosensible, il m'est pénible, et depuis la pose de cette antenne, impossible de vaquer normalement à mes occupations dans cet appartement. J'ai fort heureusement la chance de posséder un terrain à quelques centaines de mètres où je peux rester dans une tente en pleine nature.

refuge vert

Je suis cependant bien obligée de passer du temps à mon bureau, qui est aussi le siège d'associations, pour y travailler. Or depuis cet hiver, les maux de crane terribles

tête en vrac

qui se déclenchent systématiquement au bout d'une heure dans les lieux me contraignent à adopter une attitude de fuite fort préjudiciable à mes activités.

Cette exposition électromagnétique me fait souffrir d'acouphènes et de pressions dans les mâchoires avec sensation d'étau de toute la tête, de fourmillements et brûlures dans les mains, les jambes et les pieds, de douleurs articulaires et musculaires m'ayant presque invalidé, de tachycardies et d'insomnies incompréhensibles durant des nuits entières, induisant un épuisement physique et psychique. Mon médecin généraliste, perplexe, accoutumé à mon naturel positif et combatif, a suspecté plusieurs causes, maladie de Lyme, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, ostéoporose et cancer osseux. Il m'a prescrit examens et analyses en laboratoire très poussés. Les résultats n'ont révélé aucune anomalie. Je signale que les douleurs articulaires et musculaires se sont déclenchées après la saison pluvieuse. Ni mon médecin ni moi ne pouvions donc accuser d'éventuels rhumatismes dus aux conditions climatiques et à l'âge puisque aucun symptôme de ce type ne s'est manifesté pendant les trois mois de tempêtes ayant inondé le département.

J'ai commencé à aller mieux seulement courant Mars quand, le temps étant plus clément, j'ai entrepris plus de travaux en extérieur, réduisant drastiquement mon travail informatique. Mais ne plus pouvoir travailler en intérieur n'est pas sans poser de gros problèmes quotidiens.

partir

C'est pourtant ce qui m'a sauvé car les symptômes ont régressé dès que j'ai passé moins de temps dans l'appartement.

immeubles

Je ne pouvais accuser la pollution électromagnétique de mes voisins, sachant qu'ils n'étaient pas équipés d'ordinateurs connectés, ce qui constitue une chance rare. Depuis que je loue cet appartement, j'ai passé de longues heures à travailler sur Internet, équipée d'un certain nombre de protections anti-ondes dont un dispositif téléphonique filaire et un désamorçage du Wifi,

telephone filaire

sans que cela déclenche de si graves symptômes, aussi soupçonnais-je une irradiation inconnue en œuvre quelque part dans mon environnement, bien qu'à cent lieux d'imaginer une source aussi puissante située juste au-dessus !

La découverte fortuite de la présence de cette antenne, qui constitue d'abord une catastrophe personnelle, est malgré tout un soulagement car, après tant de semaines de désarroi et de souffrance, j'identifie enfin la cause de mes douleurs, et que ce diagnostique devrait entraîner normalement la possibilité d'y remédier.

Par souci de vérification, je me suis exposée volontairement aux ondes en me contraignant à rester deux heures durant à mon bureau avec connexion Internet, ce que je n'avais pas osé tenter depuis l'hiver. Le résultat a été fulgurant. Violentes céphalées et nausées pour commencer, suivies de l'ensemble des douleurs énumérées ci-dessus, brutalement réactualisées sans que que je réussisse à les résorber avec du Doliprane. Et surtout, impossible de dormir pendant toute la nuit suivante. Il m'a fallu plus de 24 heures loin de tout pour récupérer un état à peu près normal.

Si je n'avais pas déjà organisé ma vie pour me soustraire le plus possible à la pollution électromagnétique envahissante, et que, comme les autres locataires, je sois contrainte de subir jour et nuit l'agression des rayonnements électromagnétiques, il est évident que cette exposition permanente aurait fini par effondrer mon immunité et mes capacités de récupération,

bousillée

me plongeant dans un cercle vicieux et un péril vital. Cependant, cette exposition massive, bien que réduite désormais à moins de deux heures par jour, a aggravé mon électrosensibilité, occasionnant une attitude d'évitement systématique et amplifiée de l'appartement et des lieux publics.

La preuve de la source du mal étant ainsi acquise, au vu des lourdes conséquences des émissions nuisibles de votre installation :

1) mise en danger de ma santé avec enjeu vital, les ondes électromagnétiques étant reconnues cancérigènes,

2) impossibilité d'utiliser et de jouir normalement du local dont j’acquitte un loyer régulier, et donc condamnation à l'exclusion sociale et professionnelle,

je vous demande d'enlever de toute urgence cette antenne du toit du bâtiment que j'occupe car elle constitue un danger sanitaire public, et de me transmettre une copie de la convention administrative vous liant à mon bailleur.

Je suis par ailleurs choquée que cette installation se soit faite à l'insu des habitants, qui sont exposés sans le savoir à des risques importants. La moitié des locataires sont en situation de vulnérabilité, enfants, personnes âgées et malades, et le principe de précaution le plus élémentaire n'a pas été respecté. Doublement choquée qu'une institution de secours et de protection du public réputée sauver des vies en arrive à en mettre en danger, paradoxe magistral.

Dans l'attente…..

 

 

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08 juin 2015

Leonide Pliouchtch

leonid pliouchtch

C'était une belle personne et j'ai la chance de l'avoir connu, bien que trop récemment, à l'entrée de sa dernière décennie.

Nous avions en commun d'habiter ce même village où nous avons atterri séparément à peu près à la même époque, issus de deux histoires opposées. Malgré des origines éloignées, je me sentais proche de cette incommensurable et dramatique destinée.

Réfugiés à des degrés de gravité différents, se battant pour la survie et la liberté, nous avons atterri ici pour échapper au massacre, lui extrait in extremis de la torture d'un asile psychiatrique sous férule soviétique, et moi réchappée du joug misogyne de la dictature patriarcale, tous deux entrés en dissidence ouverte, sous des formes évidement très différentes. Nous avons survécu chacun dans notre fuite, et c'est un miracle.

Nous avions aussi en commun ce qui relie tant d'humains par les profondeurs, dans le silence du deuil, la tragédie qui se poursuit dans nos enfants : la tombe de son fils et celle de ma fille, à quelques mètres l'une de l'autre.

La dernière fois que j'ai vu Léonide, c'était comme toujours au marché. Je demandais régulièrement des nouvelles de sa santé parce qu'il avait des difficultés avec sa jambe. Il répondait de manière lapidaire en chassant l'air avec son guttural accent russe : « Pas important... »

leonid le dissident soviétique

Tania, elle, en disait toujours plus, mais lui estimait que la situation de son pays natal, l'Ukraine, était beaucoup plus grave que son état personnel. Je crois que ce conflit, entre autres, a fini par laminer ses dernières résistances.

Je ne l'ai pas connu du temps de sa notoriété mondiale dans les années soixante dix,

tania et leonid

mais dans la modestie de sa retraite en Cévennes avec Tania. J'ai été frappée par leur grande humilité alors qu'ils pouvaient parler de quasiment tous les sujets politiques internationaux, avec une grande finesse de point de vue. La formidable humanité de cet homme, l'intégrité de son esprit tout autant scientifique que littéraire, son engagement inéluctable pour la liberté, est sans doute ce qui a préservé ce grand mathématicien incapable d'hypocrisie du morcellement mortifère de la rationalité. Il émanait de lui un incroyable mélange d'intelligence mortellement blessée, de moralité et d'authenticité indélébile, et une vivacité d'esprit surnageant avec un courage surhumain un profond désarroi.

A l'ombre de sa grande bibliothèque, Léonide a tenté une fois de me mettre une de ses mygales sur le bras mais j'ai préféré me contenter de la caresser sur le sien avant d'aller tendre une feuille de laitue aux tortues de Tania.

Léonide Pliouchtch est mort Jeudi 4 Juin au matin, je l'ai appris le soir en écoutant ma petite radio à piles dans ma yourte, aux infos sur France Culture.

Les médias qui tous, d'une seule voix en se copiant les uns les autres, disent n'importe quoi en alléguant qu'il est mort à Paris d'une longue maladie, se montrent incapables d'imaginer qu'on peut faire sa vie et la terminer ailleurs qu'à Paris. Léonide est mort dans son lit, chez lui, à Besseges, dans la maison où il habitait depuis vingt ans avec Tania, des suites d'un cancer fulgurant, détecté il y a peine deux mois. Enterré Samedi 6 Juin au matin dans l'intimité, il a rejoint son fils au même endroit où je rejoindrais ma fille le moment venu.

Alors, ceux qui veulent savoir ou seulement se rapeller quel homme et quel destin extraordinaires ont abouti dans ce village paumé du Gard, bourgade qui devrait en tirer un grand honneur, peuvent lire directement son livre « Le carnaval de l'histoire » ( disponible à la bibliothèque municipale du village) où il raconte lui-même son parcours de dissident soviétique. 

carnaval de l'histoire de pliouchtch

En attendant cette édifiante lecture, on peut consulter des extraits de son livre sur Médiapart, là:

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/040615/leonide-pliouchtch-est-mort-quelques-ecrits

 http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/050615/leonide-pliouchtch-est-mort

 Il y a des belles fleurs sur la tombe de Pliouchtch, dont une gerbe de l'ambassade Urkrainienne, et c'est bien de les arroser avec cette chaleur.

Alors j'arrose.

Et ça me fait du bien.

HPIM0636

 

 

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25 mai 2015

Yourtes sous les étoiles

yourte cosmique

Tous les soirs, je m'assois devant la yourte sur mon vétuste petit fauteuil en rotin que j'ai du retresser et sangler plusieurs fois avec des chutes de store entrecroisées, tous les soirs d'hiver ou d'été, par moins cinq ou par trente, au crépuscule ou à minuit, j'honore mon rendez-vous sacré avec le ciel.

Soulagée de mes lourds paniers et godillots, agitation, soucis et préoccupations, j'oublie d'un coup, comme une amoureuse ravie de retrouver son amant après une journée bien remplie, tout ce que les charges du jour ont contracté, j'oublie ma pesanteur pour entrebâiller la porte des cieux et recevoir la grâce d'une caresse cosmique.

Dès que je lève la tête vers mon Noël permanent, mon épiphanie éternelle, dès que je me coule dans la cime des grands pins où les étoiles suspendues envoient sans se lasser leur jets d'espérance aux errants terrestres, l'embrouillamini des images et des émotions accumulées pendant la journée se dissipent comme par enchantement et le temps s'abolit.

Mes sens se dilatent pour embrasser l'environnement, mais ce n'est pas un mouvement spatial, c'est une immersion en profondeur qui revient au moyeu de l'existence d'où rayonne le vivant, et si je deviens grande, c'est parce que j'accepte de me diluer dans mon insignifiance.

Je laisse alors le silence intérieur écarter les frondaisons de ma forêt cellulaire, délayer les frontières de ma peau qui devient élastique et poreuse, je me liquéfie comme une sirène fendant l'onde et ma perception s'élargit telle une vielle passoire transformée magiquement en filet de pêche.

Plus je lève la tête vers le ciel, plus j'écoute les bruissements de la nuit, plus se dissolvent les murailles de l'esprit qui m'ont servi à construire le mythe quotidien de ma consistance personnelle.

le ciel dans la yourte

Elles sont là, immuables, à ravir mon âme solitaire si prompte à s'égarer dans les angoisses existentielles, elles sont là où je serais peut-être un jour après la fin du monde, transportée dans la danse céleste, étoiles innombrables dont j'ignore tout, sauf cette poésie miraculeuse et ce réconfort magnétique qui me saisissent quand je m'abandonne à elles, à cette joie plus forte que le découragement qui me convainc que s'ils peuvent tout gâcher sur terre, s'ils peuvent extraire et dilapider le sang de Gaïa, ils ne peuvent, ni ne pourront avant longtemps, décrocher les étoiles, ni tarir le flux sidéral.

Cette relation intime avec les étoiles, êtres énigmatiques dont la lumière signe une présence immuable, est probablement la plus stable qu'il me soit donner d'expérimenter avec des vivants qui me transcendent, au point qu'il me semble que cette révérence à l'inconnu et cette admiration suscitées par le mystère des astres imprègnent d'éternité les relations que je noue avec les parcelles les plus étranges de moi-même et de ceux que je côtoie.

Il m'arrive souvent de fabriquer mes propres étoiles,

arbre aux étoiles encore debout

comme si le processus créatif nécessitait régulièrement de répliquer le ciel

pour rafraîchir l'inspiration et se ressourcer.

étoile jaune

Étoiles de feuilles et de fleurs,

étoiles de cailloux et coquillages,

étoile de cailloux

de perles, de billes ou de boutons,

étoiles de branches, de tissu,

etoile tissu yurtao

  et de laine suspendues dans la bise,

petite étoile bleue

parsemant mes allées au détour d'une marche,

étoile à la grotte

étoiles sous la couronne de la yourte,

sous la couronne de la yourte

étoiles accrochées aux treillis de la yourte, 

P1110034

étoile réfractée de ma théière,

théière étoilée

c'est comme préparer le carrosse qui me déposera au grand bal de l'amour

quand il sera l'heure de partir.

Et tant pis si la tempête a réussi à renverser mon arbre aux étoiles

arbre aux étoiles tombé après la tempête

qui désormais pendouillent dans l'herbe entre les banières,

étoiles dans le prè

je ne doute pas un instant que la capsule éphémère où j'habite

entre ciel et terre sur le bord d'une falaise

appartient déjà au firmament dont le scintillement berce mes nuits,

yourte accrochée aux étoiles

et que c'est sans doute un avant goût du paradis.

ptit étoile ptit étoileptit étoileptit étoile

 

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19 mai 2015

Seringa, ma joie d'arriver

0 après les drapeaux

1 sur le chemin

2 je marche

3 et passe sous le seringa

4 d'où un parfum à défaillir de plaisir

5 s'exhale des petites fleurs blanches

6 qui m'entourent comme un arceau de marièe

7 alors que j'arrive à l'entrée de chez moi

8 où je me retroune pour voir le tapis blanc des pétales qui déjà tombent sur la terre

 

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