YURTAO, la voie de la yourte.

23 août 2016

Du Zen

Seulement ZAZEN.

Parce que ça ne sert à rien. 

coussin pour méditer

Kodo Sawaki. Kodo le Wagabond, grand-père des bouddhistes francophones, maître de Taïsen Deshimaru.

«  Si nous ne faisons pas attention, nous autres êtres humains somme emportés par la frénésie de gagner sa vie. Les gens disent toujours qu’ils sont occupés.

A quoi sont-ils occupés ? Seulement à gagner leur croûte.

Les poulets aussi ont toujours l’air occupé à manger.

Mais ils mangent pour être mangés. »

 

mon zafu

Kosho Uchiyama, principal disciple de Kodo Sawaki.

«  Nous n’avons jamais faim, même si nous ne produisons pas un seul grain de riz.

Nous vivons dans des maisons à l’abri des intempéries, même si nous ne sommes pas capables d’abattre un arbre et de le débiter en planches.

Nous portons de bons habits même si nous ne savons pas filer le coton.

Nous avons de la lumière simplement en appuyant sur un bouton et de l’eau en tournant un robinet.

Si l’on compare notre mode de vie actuel avec celui d’un pharaon d’Égypte, nous vivons comme si nous avions des dizaines d’esclaves à notre service.
Pour ressentir à quel point nos vies sont luxueuses, nous pouvons imaginer que nous possédons de nombreux esclaves pour cultiver les céréales et les légumes qui nous nourrissent, construire nos maisons, filer, tisser et confectionner nos vêtements, nous amener de la lumière quand il fait sombre, puiser notre eau de boisson, etc.

Quand vous utilisez un ventilateur, imaginez qu’un bel esclave vous évente.

Quand vous regardez la télévision, faites comme si tous les saltimbanques du pays s’étaient donné rendez-vous et unissaient leurs talents pour vous amuser, vous le roi. C’est amusant de les regarder de haut et de dire : « Votre spectacle m’ennuie. Qui pourrait réellement me distraire ? », et puis changer de chaîne.

Nous devrions, au moins une fois de temps en temps, nous regarder et nous demander si nous méritons vraiment de vivre de manière si confortable. Comment se fait-il que nous vivons dans des conditions si favorables ?


« Nous tous sans exception nous mourrions de faim si on nous lâchait dans la nature.

Et c’est parce que nous flottons sur les nuages de l’organisation sociale que nous pouvons vivre confortablement. Malgré cela, nous nous plaignons constamment.

Si le président d’une entreprise qui a fait construire un grand immeuble pense qu’il a construit l’immeuble, il se trompe lourdement. C’est uniquement parce qu’il est par hasard au somment d’une organisation qui a le pouvoir d’accumuler assez d’argent pour construire un tel immeuble. De lui-même il ne pourrait pas fabriquer, voire porter, un seul des fers à béton utilisés pour armer la construction.

Cela n’empêche pas les gens de se rendre fous à courir après ce pouvoir illusoire dans les nuages de l’organisation sociale. ...

zafu sous moustiquaire

Et enfin quelques paroles de Bouddha.

bouddha au lotus

«  Vous devriez savoir que les gens qui ont beaucoup de désirs recherchent voracement la renommée et le profit ; de ce fait, ils éprouvent beaucoup de souffrance et d’angoisse. Ceux qui ont peu de désirs, comme ils ne recherchent rien, sont libres de tels tourments. L’esprit de ceux qui restreignent leurs désirs est paisible, dépourvu de soucis et de peur. Quoi qu’ils aient, ils se sentent toujours bien dotés, et ne connaissent pas le sentiment de manque.

drapeaux yurtao

Si vous voulez vous libérer de l’angoisse, vous devriez examiner la connaissance de ce qui est suffisant. Ceux qui connaissent la satisfaction même quand ils dorment à même le sol le considèrent comme confortable et agréable. Ceux qui ne connaissent pas la satisfaction sont mécontents même quand ils dorment dans un palis paradisiaque. Ceux qui connaissent la satisfaction sont riches même s’ils sont pauvres. »

A méditer!

méditation au lotus

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07 août 2016

La couronne des pauvres.

Pas d'argent ? Des idées et de la débrouille!

Voici la fabrication d'un toono de yourte fait maison avec des rejets de châtaigners.

Cette couronne n'a rien couté au porte-monnaie ni à la planète, elle est gratuite.

Pas de machines, seulement une petite scie et un sécateur.

 Et beaucoup de noeuds avec des chutes de store !

Rien n'a été calculé, tout est fait à l'intuition.

On se met sur le mode cabane sauvage et on improvise.

Pas de mètre, pas de gabarit, pas de plan.

Même pas de recherche sur Internet, personne a osé jusqu'à présent sortir du bois de charpente ou du contreplaqué marine pour la pièce maitresse de la yourte.

Alors quand on a rien, il suffit de se faire confiance, de regarder autour de soi, d'inventer et ça marche.

On fabrique la couronne en deux parties:

deux cercles qu'on superposera, entre lesquels viendront s'insérer les perches du toit.

La partie supérieure n'a pas besoin d'être très solide, elle supportera le cristal du chapeau et viendra s'ajuster sur celle du dessous.

Les baguettes de châtaigners réssuyées sont souples et nouées ensemble.

couronne de yourte sauvage 1

couronne de yourte sauvage 2Bon, c'est pas tout à fait rond, mais après on l'ajuste avec l'autre.

couronne de yourte sauvage 3Par contre, le cercle du bas doit être plus costaud, donc on assemble plusieurs épaisseurs de baguettes. Ces rejets de châtaigners ont un diamètre plus conséquent et sont  plus difficiles à maintenir ensemble. On serre approximativement avec de la ficelle avant de commencer le bandage.

couronne de yourte sauvage 4Ensuite, il faut pas mal de bandes de store qu'on raccorde et on tire fort sur le tissu pour arquer et serrer le bois.

couronne de yourte sauvage 5En fait, le cercle s'établit de lui même quand les rameaux de bois sont plus gros. Cette couronne là est vraiment ronde, c'est magique comme elle a pris ses dimensions équilibrées toute seule.

couronne de yourte sauvage 6Ensuite, on pose les huit premieres perches de toit à équidistance sur la grosse couronne et on sangle le deuxième cercle par dessus avec les perches en sandwich. Le bout des perches est percé pour faire coulisser un lien qui s'attachera aux deux épaisseurs. On passe une grande corde dans la couronne qu'on attache aux arbres alentour pour la faire monter. 

couronne de yourte sauvage 7Quand le toono est à bonne hauteur, on enfile les autres perches dans l'entre-deux et  on les attache solidement par le haut et le bas, le bas étant bien entendu les murs de la yourte.

couronne de yourte sauvage 8Enfin, on utilise deux jeunes pins de la forêt qui avait besoin d'être éclaircie, on les épluche à la plane pour fabriquer deux mats.

couronne de yourte sauvage 9J'aime bien laisser pendouiller les bouts de ruban...

couronne de yourte sauvage 11Et finalement, ça tient très bien pour trois fois rien!

couronne de yourte sauvage 12

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16 juillet 2016

Femmes sauvages

Attention, inscriptions closes **

 

FEMMES SAUVAGES

Cévennes 2016

 

femmes dansant dans la nature                       

Rencontre de femmes débranchées*

 

                                         du 25 au 28 Août 2016.

 

                   Ensemble vivons, dansons, co-créons,

                   reconnectons-nous à un essentiel !

                              feu dans fleur


      Immersion nature, autonomie, autogestion,

 

             écologie, simplicité, frugalité.

 

femme à l'ours

 

                                            Jeudi 25 Août :

Soirée d'ouverture, fête des femmes,

improvisation chants, musique, tambours, djembés, etc !

 

Marion Rebérat  https://terrehappyuniverselle.wordpress.com/

sera présente le 25 et le 26, avec possibilité de

Voyage au Tambour chamanique, cercle de partage, rêve éveillé, méditation...

femme aux plumes

Pratiques artisanales, mandalas, land-art.

 

fleurs jaunes dans nid de forêt

 

Marche et baignade.

 

A Bessèges, Gard.

 

drapeaux de tipi

 

Pour recevoir les informations utiles,

veuillez cliquer sur le lien en bas à gauche du blog  « contacter l'auteur. »

 

* pas de réseaux centralisés eau-électricité, pas de connexions électromagnétiques.

**Les inscriptions pour cette rencontre sont closes mais les femmes interessées peuvent réserver pour une prochaine fois, ou simplement communiquer leurs contacts (mail et tel) pour être tenues au courant d'autres animations qui seront proposées ultérieurement.

 

 

 

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28 juin 2016

Tournesols immortels

Cet hiver, je les ai préparé.

tournesols immortels

Chaque hiver, je compense le manque de lumière

1 tournesols exubérants au coeur de l'hiverpar des créations de couleurs.

2 bouquet de branches bleues

Je révais de ciel bleu.

3 ajout de fleurs bleues sur branches bleues

Pour obtenir le turquoise désiré, j'ai ajouté du colorant jaune,

au pif, dans une boite de peinture acrylique bleue.

Et je désirais du soleil.

3 tournesol blanc sur branches bleues

C'est sorti aux beaux jours,

4 trois suspendus land art yurtao

en même temps que la végétation estivale,

sylvart en anneaux de couleursEn même temps que les fougères.

tournesols exubérants

Finalement, les branches ont la couleur du ciel, 

comme je voulais.

5 anneaux de soleil en plein cielIci, c'est toujours un peu Noël,

des étoiles et des boules multicolores

partout au milieu des pins.

7 bouquets de tournesols multicolores sur ciel bleu

D'un coté comme de l'autre, les tournesols de main de femme

illuminent la mer de fougères.

7 arbre multicolore dans les fougères

 

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15 juin 2016

Ménage forestier

Rangements de brindilles, de rebuts de travaux,...

Improvisation de sculptures végétales.

sculpture d'écorces yurtao

avec tout ce qui traine.

sculpture d'écorces de pin maritimePetits tas de branches

chutes de rameaux de chataigners

liés en fagots

petits fagots de rameaux chataigners en ligne

retournent suspendus à un arbre.

fagots de rameaux suspendus

Les épluchures d'acacia qui jonchent le sol après la fabrication des piquets

tas d'épluchures acaciastas d'épluchures d'acacia

deviennent des sculptures sauvages

épluchures d'acacia en suspension yurtao

se balancant doucement dans le vide.

sculpture végétale avec épluchures d'acacia

Les pommes de pin disséminées sont rassemblées

colonne de pommes de pin large

dans des paniers colonnaires

panier colonnaire pour pommes de pin

dans lesquels on peut s'entrainer à viser juste. 

tronc de pommes de pin

Facile pour les grosses pommes de pin maritime,

pommes de pin rangées dans panier colonnaire

moins facile pour les petites pommes de pin noir ou laricio.

panier colonaire décoré pour pommes de pin laricio

Sinon, je les enfile

suspensions pommes de pins yurtao

pour servir de rideau.

pommes de pins en rideau

Les fougères ont poussé vite avec toutes ces averses,

j'en fauche de pleines gerbes pour ménager des passages.

Le sol des tentes et des terrasses héritent de larges frondes

fougères sur tipi bleu

tandis que  je garde les tiges qui me servent à fabriquer,

avec quelques bouts de laine, des yeux de Dieu,

Ojos de Dios,

ojos de dios yurtao

et des étoiles. 

étoile blanche sur tiges de fougères yurtao

Les chutes de tiges de fougères biscornues

tiges de fougères en vrac

 sont accrochées en guirlande au milieu des arbres,

suspension de tiges de fougères

entre les boules en tirebouchons d'écorces de pin

qui séchent sur un fil.

suspension d'épluchures de pin maritime

****

étoile d'écorces yurtao

 

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06 juin 2016

Ma rose

Le grand rosier devant la yourte a donné trois grandes roses magnifiques,

trois boules perlées d'un rose parme délicat.

bouton de rose yurtao

Elles sont en train de faner, mais trois autres sont en train d'éclore et, derrière, trois petits bourgeons me promettent une floraison largement étalée.

trois roses sur mon rosier

Cette succession si bien orchestrée me procure l'immense plaisir de faire l'amour pendant presque un mois avec une rose épanouie offerte à ma volupté.

rose épanouie yurtao

Chaque fois que je passe devant la première née, une grosse rose ployant sur sa longue tige épineuse, dont l'inclination ressemble à une révérence, j'ai l'impression d'être interceptée, comme si la fleur m'attendait, comme si elle honorait un rendez-vous important, attitude extraordinaire pour un être sans paroles et sans faculté de préhension physique.

A ce moment là, tout s'arrête : tout ce que je fais, tout ce qui est à faire, toutes pensées et divagations, même la petite ritournelle qui chante dans ma tète quand je suis heureuse et occupée, tout disparaît sous l'effet captateur de cet appel muet, et je me retrouve comme hypnotisée, aimantée, happée dans un espace dilaté hors dimensions.

Le temps qui déjà ici s'estompe si souvent dans la création et la concentration, s'évanouit totalement et je deviens guimauve amoureuse de la rose.

Alors je plonge mon visage dans la corolle, mes lèvres dans ses pétales, respire comme si mes narines ouvraient les portes du paradis. Avec ma rose, je pénètre dans les profondeurs de l'immanence et je lui dis merci.

Merci toi qui me ravis, merci de ton exquise beauté, merci de ton existence qui explose les barrières des ségrégations, merci de me libérer de mon corps lourd et étriqué, de répandre en mon cœur une telle suavité, merci de m'éveiller à la splendeur gratuite de la vie.

Je lui murmure des mots doux en me baignant dans son parfum, je n'ai jamais fait l'amour avec personne comme ça. Je sais bien pourquoi, parce que cette rose, elle ne me demande rien, elle n'a aucune exigence, elle ne me juge pas, elle ne se retournera pas contre moi, parce que cette rose, non seulement elle me laisse libre mais elle répand sans discrimination et sans chantage une paix incommensurable qu'il suffit de laisser distiller.

Ce n'est pas seulement une rose, c'est toute la création qui s'actualise et se sacralise en ce mandala charnu exquisément ourlé dont les tendres vaisseaux s'étendent jusqu'au ciel.

Et pourtant, ce n'est qu'une rose, une simple rose poussant sur une terre pauvre, à fleur de roc, mais une rose à qui Dieu n'a jamais demandé de s'épuiser à la sueur de son front, une rose qui se paye le luxe de boycotter les supermarchés grâce à cette incroyable faculté autotrophe de l'autarcie végétale qui se contente d'être là où elle est. Cette profonde humilité, cette incapacité viscérale à ravager sa propre ressource vitale, est l'exacte opposé de l'arrogance d'Homo Sapiens en train de scier la branche sur laquelle il trône.

Quand à ses épines, elles ne blessent que les prédateurs, ceux qui ignorent le pouvoir de laisser l'autre à son entière nature.

Ma belle rose balance doucement au gré de la brise, elle caresse mes joues éperdues de délices, je n'ai jamais reçu baisers plus légers, caresses plus subtiles, plus dénuées de séduction, de domination, et je reste pétrie d'étonnement et d'admiration devant cette créature à la peau si finement parcheminée qui m'embrasse avec une telle pudeur.

Comment ais-je pu vivre avant sans roses, ma vie n'a-t-elle jamais été qu'une quête de la rose ?

Alors maintenant qu'elle est là, somptueuse et limpide, fragile et éphémère, envahissant ma raison jusqu'à me faire tituber de bonheur, que faire de tant de grâce,

sinon s'agenouiller ?

 

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26 mai 2016

Intrusion

Avant de m'endormir, je ne pensais qu'à elle.

Je l'avais un peu oublié dans la soirée, mais au moment de sombrer dans les rêves, je l'ai nettement revu, le bond qu'elle a fait, et le bruit de claque contre la vitre, et mon cœur qui a sauté, cogné, comme elle tout son corps. Je me suis demandé si elle allait profiter ce soir de l'enlisement de ma conscience dans l'oreiller comme elle avait profité de mon absence l'après-midi. Peut-être que mon nid lui plaisait et qu'elle reviendrait. Alors j'ai imaginé qu'elle pourrait avoir envie de prendre ses quartiers dans la yourte et qu'on pourrait devenir copines, qu'elle ne m'en voudrait pas du stress que je lui avais fais subir en déboulant sans frapper.

Et puis, j'ai eu cette vision qu'elle n'était pas vraiment partie, qu'elle était là toute proche à profiter du tapis de vesses qui foisonne derrière la yourte, un écheveau végétal échevelé parfait pour un bon couvert, ou à se terrer sous le tas de cailloux sur lequel j'ai étendu ma couche.

Par moments, je retenais ma respiration, guettant cette reine du silence en tendant à l'extrême mes écoutilles auditives. Les bruits à analyser ne manquent pas dans une yourte en pleine nature. Je revoyais en boucle son superbe soubresaut, je rembobinais son érection paniquée tapant bruyamment dans le carreau qui lui avait procuré tant de bonheur, et je ne pouvais que déplorer cette mauvaise entrée en matière.

Comment m'excuser du dérangement ? Comment s'entendre avec elle pour négocier nos territoires ? Je gambergeais sur elle en m'endormant, mais étrangement, elle n'est pas apparue dans mes songes.

Hier, je suis rentrée à la yourte vers quatre heures par une chaude après-midi de Mai.

En pleine journée, une yourte fermée sous le soleil grimpe vite en température. Si j'ai pris soin d'atténuer l'ardeur du soleil par un gros rideau sur l'entrée Sud, je n'ai pas prévu de volet textile pour la petite fenêtre située à l'Est derrière le poêle, le soleil du matin étant rarement insupportable. De toutes façons, je sais qu'en rentrant, je vais recevoir une bouffée de chaleur et que mon premier geste sera d'aérer. Pas cette fois-ci.

Je n'ai pas pensé à aérer, mais alors, pas du tout.

Pour rentrer chez moi, j'ai balancé un coup de pied dans le bois de la fenêtre vétuste et rétive qui me sert de porte. Ce coup de butoir a fait trembler la yourte, et, emportée par mon coup de pied, j'ai pénètré assez brutalement, courbée en deux, dans la yourte vide. Normalement vide.

Toujours délicieusement vide et accueillante, avec ses objets colorés bien à leur place, la descente de lit bien lisse où m'attirent de moelleux oreillers, son beau plancher de cèdre bien patiné et mes paniers de bricoles suspendus aux treillis. Pas de plantes vertes ni d'oiseaux en cage, pas de matous ni de poissons rouges ni de hamsters, aucun esclave génétiquement modifié pour me donner l'illusion d'être attendue et de régner sur une vie.

Sauf ce jour là, depuis tant d'années que je rentre chez moi sans personne dedans, la yourte n'était pas vide.

En lançant mes orteils contre la porte, j'ai brusquement dérangé quelqu'un, une créature inconnue en train de se dorer la pilule, étalée de tout son long devant les petits carreaux par où pénètre la lumière au ras du sol.

Une mystérieuse squatteuse sirotant la délectable chaleur de ma yourte.

Je crois qu'on a eu aussi peur l'une que l'autre, mais peut-être elle plus que moi, vu la violente voltige qui l'a jeté contre la vitre. Moi, c'est mon cœur qui a bondi dans ma poitrine, plus de surprise que de peur d'ailleurs, bien que, quand même, surprendre une intruse de cette taille en pleine sieste dans ma yourte est une première dans ma vie de sauvage. Rien à voir avec les espiègleries de Samaskotché mon petit lézard, toujours en train de farfouiller gaîment dans mes toiles de toit.

Le choc de mon irruption a soulevé tout le corps de l'intruse d'un bloc, en une splendide projection, puis toute la masse du serpent s'est immédiatement rétractée dans un bruit sec, sourd et massif, la queue fouettant le chambranle avec violence. Elle est retombée lourdement avec toute sa tuyauterie avant de sinuer entre les coussins vers le trou par lequel elle s'était faufilée.

J'ai vu son gros corps gris et marron se déployer aussi vite qu'il s'était crispé, je l'ai vu en un éclair recouvrer son équilibre et rétablir son emprise au sol, il y avait ce contraste inouï entre la reptation éperdue de sa fuite et cette lenteur atavique de gros reptile dépourvu d'accroche, incapable de courir. Elle a disparu sous les coussins et j'ai su immédiatement par où elle était passée.

La seule faille à ma clôture. La jointure entre la fenêtre et le treillis. Le bambou du bas du treillis dépasse du plancher sans s’emboîter dans la rainure du cadre en bois, je n'ai donc pas pu y plaquer le grillage qui me protège des remontées animalières par les fondations. Ce grillage déployé sur toute la face Nord empêche aussi la curiosité des petits mammifères quand je relève mes toiles en été pour faire circuler l'air. La supposant réfugiée dans le lit de pierrailles sur lequel repose la yourte, je me suis mise à taper du pied et danser en cadence sur mon plancher, histoire de lui faire comprendre que j'allais rester et que je jugeais préférable de remettre à plus tard un premier entretien de cohabitation. Je sais qu'étant sourde, elle a réagi aux tremblements et vibrations transmis à toute la structure par le déblocage de la porte-fenêtre et mon premier pas à l'intérieur. Ma danse était sans doute un peu démesurée, un géant n'ayant pas besoin d'en rajouter quand sa simple apparition suffit à terroriser un lilliputien.

Puis j'ai enlevé les coussins, prudemment au cas où elle serait restée coincée, et me suis accroupie devant le trou pour réfléchir à la façon de le boucher. Mais la scène avec la couleuvre sautant en l'air s'est rembobinée et tout à coup, j'ai été prise d'un gloussement de joie qui s'est transformé en quelques secondes en cascade d'hilarité.

Je la revoyais toute penaude et totalement hagarde, son long corps lisse suspendu en l'air, sa façon de me céder la place sans discuter, et ma tension s'est dévidée en fou rire.

Pauvre petite couleuvre qui n'a pas pu finir sa sieste !

Toute étalée dans son aubaine, n'ayant certainement pas supputé le danger d'être confrontée à un grand prédateur, le choc a déclenché un réflexe fulgurant qui l'a propulsé en une magnifique acrobatie verticale. Quelle déconvenue alors qu'elle venait de trouver le meilleur endroit de toute la contrée pour se gaver de chaleur !

Je riais pourtant de sa stupeur, de sa contorsion foudroyante imprimée de façon indélébile dans ma mémoire, et maintenant, chaque fois que j'y pense, le rire me revient, un rire franc, sans moquerie, un rire tellement heureux de cette rencontre, tellement heureux de cette vie ici.

Après ma danse, étonnée de n'avoir éprouver aucune répulsion, j'ai laissé libre cours à une vague de compassion pour cette créature démunie, ce corps sans pattes réduit au minimum fonctionnel, ces oreilles et ces yeux déficients, et cette mauvaise réputation qui la met en danger partout où les hommes ignorent son rôle dans l'équilibre écologique.

J'étais quasi certaine d'avoir bousculé une femelle gravide en quête d'un refuge doté d'un bon système de conduction de chaleur. Était-ce la même que celle que j'avais rencontré l'année précédente en train de se prélasser sous un arbousier empierré, ou bien l'un de ses descendants ? Sachant les serpents fidèles à leur antre, je me suis donc demandée ce que ça deviendrait si je ne bouchais pas les trous, si je serais capable de dormir entourée de serpents...

J'ai passé du fil de fer dans le grillage et l'ai tendu sur deux vis que j'ai enfoncé dans le bord du plancher, puis j'ai bourré la bordure de vieux tissus, colmatage imparfait vaguement dissuasif. Dehors, j'ai repéré l'arcade plastique du bas de la toile qui lui a servi de tunnel d'accès. J'ai tout bouché avec des pierres. Pourtant, le soir, avant de me coucher, j'ai recommencé à danser sur mon plancher.

Deux semaines plus tôt, sur le sentier qui mène chez moi, je suis tombée sur un couple de petites couleuvres en train de s'embrasser tranquillement au milieu du chemin. J'ai eu le temps de les détailler pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas de vipères, dont elles avaient la taille, et j'en ai conclu, en examinant leurs taches striées grises et leurs têtes ovales, qu'il s'agissait de deux jeunes coronelles inoffensives en pleine étreinte amoureuse. Quand j'ai voulu décrocher mon sac à dos pour sortir mon appareil photo, elles ont préféré s'esquiver. Sans se presser, elles ont disparu dans la murette. Déjà là, je m'en suis voulue de ce geste de prédateur qui les a fait fuir.

Ce matin, j'ai entendu venir un groupe d'enfants conduit par un animateur en bas de la piste et tout à coup, l'un d'eux a crié : « Un serpent! », relayé aussitôt par ses copains excités.

J'ai tout de suite éprouvé une appréhension, mais bizarrement, pas pour les enfants.

Pour ma couleuvre.

J'espérais qu'elle n'avait pas eu l'imprudence de quitter notre aire protégée pour risquer une agression sur les chemins. Je crois que j'aurais mal supporté d'affronter une scène de torture, ou pire, de la voir morte, alors j'ai failli dévaler la falaise pour me porter à son secours. Mais les enfants se sont calmés, il ne s'agissait que d'un orvet, sans doute lâché par un rapace.

Maintenant c'est drôle, quand je rentre et qu'elle n'est pas là, je ressens non pas la satisfaction d'avoir bien colmaté ma brèche, mais comme une légère déception de l'avoir définitivement découragée de profiter de la yourte. Je ne pense plus qu'à m'excuser et réparer le préjudice que je lui ai fait subir.

Alors, c'est décidé, demain, je vais étaler une vitre sur deux bouts de chevrons que je poserais au sol contre une murette, je connais un petit endroit tranquille en plein soleil, et là, je l'attendrais, je sais qu'elle viendra, elle viendra dérouler ses écailles et se réchauffer tout son saoul sous cet auvent spécial que je lui réserve, à elle et sa famille, et là, je ne bougerais pas, je resterais immobile comme un arbre, je ferais tellement partie du paysage qu'elle ne me verra pas, ne m'entendra pas, et je pourrais alors la contempler sans lui faire de mal.

couleuvre yurtao

 La photo que j'ai prise de ce serpent date d'une autre rencontre un autre jour en bord de mer.

 

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21 mai 2016

Queue de cheval

Beauté équestre au Cantoyourte.

queue de cheval 1Que du bonheur

queue de cheval 2 lors de cette étape

queue de cheval 3 de Zacharie et Nathalie

queue de cheval 4 sur leur grand périple

queue de cheval 5à cheval à travers la France.

queue de cheval 6

 

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10 mai 2016

Balai de sorcière

La nature créé de l'art spontané partout.

Ici, une boule suspendue dans un pin maritime.

Ce phénomène appelé " polycladie" du pin maritime

est une augmentation du degré de ramification de l'arbre.

Une abondance de rameaux courts s' enchevêtre

en forme globuleuse, mais ce n'est pas un nid géant, 

c'est un " balai de sorcière",  ou " buisson du diable".

balai de sorcière dans petit pin maritime à BessegesUn balai de sorcière peut servir de logis à l' écureuil ou la genette.

Cette boule insolite fait echo à la boule de lianes de salsepareilles

que j'ai entassé au creux d'une bruyère arborescente

à quelques mètres de là.

buisson de demeterJ'ai nommé cet amas comme je nomme tous les rebuts naturels

issus d'un défrichage ou d'un débroussaillage manuel,

"buisson de Demeter".

ceci n'est pas un buisson du diable mais un tas de lianes de salsepareilles décrochées des bruyères

Quand l''oeuvre arboricole se confond avec l'oeuvre humaine,

alors s'insinue le Tao.

 

 


 

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27 avril 2016

* * *

Ce matin rien n'est plus urgent

Que de contempler le printemps.

vue verte

La buse arrive solitaire de l'orient,

plane en cercles silencieux sur la vallée

entre vert efflorescent et bleu du temps dégagé.

Trois battements d'ailes

pour trois paisibles kilomètres,

petit point noir fondu à l'occident

dans la dentelle effilochée

d'un nuage chevauchant la colline.

Trois minutes de bonheur absolu

pour avoir simplement

lever les yeux en l'air.

 

 

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06 avril 2016

Soleils rupestres

Juste avant que la forêt bourgeonne et verdisse,

fin d'hiver dans la forêt

j'ai déposé quelques soleils sur la grisaille.

mats de yourte en soleil

Soleils de roche, dessinés avec des pierres des sentiers

soleil rupestre 1

soleil de falaise, entre lierres et ronces,

soleil rupestre 2soleils de laine tissés sur branchettes de châtaigniers,

soleilades en guirlande forestièresuspendus en guirlande entre vieux chêne et pin maritime,

soleils multicolores suspendus dans la forêt pas trop loin du seuil de la yourte

guirlande devant la yourte

pour célébrer chaque jour la fête des couleurs.

 

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04 mars 2016

Art sauvage : gerbe d'or sur le land.

La collecte de vieilles branches souchardes de chataigners

est suivie d'un long nettoyage, grattage, rabotage, peaufinnage.

gerbe d'or 1

J''adore réhabiliter ce beau bois dur

pour lui redonner toute sa noblesse naturelle

et mettre ses formes alambiquées en valeur.

gerbe d'or 2

Cette fois-ci, j'ai peint le bois d'un jaune un peu cru

dont je révais depuis le début de l'automne.

gerbe d'or 3

Puis j'ai rassemblé les tiges dorées en bouquet

dans une vielle souche de chataigner creuse

au bord d'une restanque.

gerbe d'or 4

La sculpture sauvage s'élève alors entre deux terrasses

comme une nouvelle plante étrange et insolite.

gerbe d'or 5Sauf qu'elle affronte les saisons avec imperturbabilité.

gerbe d'or 6

J'ai ensuite fabriqué des soleils mauves

que j'ai suspendu à la gerbe.

gerbe d'or 7

En se balancant dans la brise ou le vent,

ces fleurs violettes donnent du souffle à l'oeuvre,

encore plus de présence.

gerbe d'or 8

Alors, dans la brume matinale,

la grande plante dardée d'or semble encore plus ésotérique.

gerbe d'or 9

Pauvres chataigners délaissés des Cevennes,

vous voilà maintenant à l'envers,

sauvé des vers qui dévoraient vos branches.

Une pinède un peu désolée reçoit ainsi une vie nouvelle,

réveillée par la magie de l'art

et le soin d'une amoureuse des bois.

Alors la forêt devient fantastique

comme dans un conte de fées.

gerbe d'or 10

 

 

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13 février 2016

Précieux compagnons du ciel

mangeoire pour oiseaux multicolore au cantoyourte un jour de brume


 

mésange bleue par Gilbert Lacassin


 

mangeoire cantoyourte sous la neige yurtao


 

mangeoire oiseaux en rejets chataingers tressés et toit en aiguilles de pins


Pinson des arbres


 

volière patchwork dans les bruyères arborescentes


 

mangeoire cantoyourte en rejets chataigners


 

Mésange charbonnière par Gilbert Lacassin

Cet hiver, j'ai fabriqué des mangeoires pour les oiseaux. C'est un vrai régal quotidien d'observer acrobaties et moeurs de ces petites boules de plumes.   Les mésanges nonettes sont les moins farouches, toujours les premières à s'approcher, même quand je me tiens à deux mètres. Ensuite viennent les mésanges bleues et les charbonnières. Les pinsons tentent de s'immiscer dans la volière à bruyères, de se poser dans l'entrelac de branches multicolores, perchoirs particulièrement affectionnés des mésanges, qui les repoussent. Ils finissent toujours par piquer au sol pour picorer ce qui tombe. Les geais et les pics ont renoncé à disputer le territoire des mésanges, mais j'ai aperçu de nuit ma voisine la genette sauter sur la table en dessous.

genette

Elle vise les mulots et musaraignes profitant de l'obscurité pour grignoter ce qui traîne sous les mangeoires, et les décapite.

Mon appareil photo ne me permet pas de saisir les oiseaux, aussi je remercie Gilbert, photographe animalier de talent, de m'avoir prété ses photos de mésanges et pinson.

 

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20 janvier 2016

Petite neige sur le camp juste pour dire que c'est enfin l'hiver

mimosa sous la neige 1


tente émergente yurtao


 

cordes dehors


 

sylvart jaune en branches mortes désouchées de chataigner


 

hutte dans le froid yurtao


 

vivre en tente sous la neige, c'est chouette


neige sur le camp de toiles


bois enmmélés sous petite couche de neige devant la yourte


sylvart émergeant du menhir couché yurtao


couche de neige sur toile


couleurs et yourte sous la neige


laine du banc dehors


boule de neige


 

gerbe d'or en hiver yurtao



 

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21 novembre 2015

De l'or au Cantoyourte

land-art bouquet de branches dans la brume yurtao


 

arceaux dans la brume yurtao


 étoiles dorées dans le matin yurtao


 

feuilles de murier sur veille casserole


 

tapis de feuilles sur tipi bleu yurtao


 

feuilles éparpillées yourtao


 

fougères à l'aurore


 

boules de laine dans le soleil du matin yurtao


 

bannières et vielles pierres yuertao


 

tipi fumant yurtao


 

cloture pour tente yurtao


yourte dans l'or matinal yurtao


 feuilles d'acacia sur toit de yourte yurtao


 

bouleau en flamme sur wigwam yurtao


 

banières au levant yurtao


roses au levant


soleil de laine yurtao


 

toile d'araignée entre fougères sèches yurtao


 

yourte à flanc de cotteau yurtao


pointe de tipi sauvage yurtao


 

chemin avec moquette d'or pur


 

dans la lueur d'automne yourte yurtao


 lueurs d'automne sur tissus multicolores


 

érable d'automne sur yourte yurtao


 

chataigner en déliquescence yurtao


 noisetier d'automne sur ruine yurtao


 

feuilles de vigne sur barrières de tissu yurtao


 

mandala en or yurtao


 

fougères pendues yurtao


 

étoiles d'automne


jaune chataigner yurtao


 

érable sur yourte yurtao


nid de chataigner avec vigne jaune yurtao


 

chanterelles


 guirlande de feuilles de vignes en or yurtao


vue sur la vallée dorée


fumée sous le tipi bleu yurtao




 

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08 novembre 2015

Ovni végétal

Un beau jour d'automne, un mandala jaune s'ébauche sur le noir du crassier.

1 mandala yurtao sur crassier

Feuilles de paulwnia et pommes de pin.

mandala sur crassier 2Pétioles d'ailantes et jeunes feuilles de bouleau.

mandala sur crassier 3Bûches de pin et feuilles de liquidambar.

mandala sur crassier 4Tiges de phytolacas et branches de pin maritime éclairci pour privilégier le paulownia.

mandala sur crassier 5Feuilles d'acacia et feuilles de chataigner.

mandala sur crassier 6Crépuscule et rosée descendante.

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28 octobre 2015

GRAND CERCLE SACRE

1 grand cercle sacré

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2 grand cercle sacré

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3 grand cercle sacré

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21 septembre 2015

Mon livre : " Vivre en yourte, un choix de liberté."

Je suis heureuse de vous présenter mon livre * :

« Vivre en yourte : un choix de liberté »

sous-titré: «  Hymne à la sobriété heureuse »

publié aux Éditions Yves Michel, éditeur engagé.

Yves Michel :

" J'ai le plaisir de vous présenter un témoignage poignant et inspirant de la pionnière des yourtes en France, Sylvie BARBE. C’est un parcours jalonné de nombreuses difficultés pour une femme qui n’a jamais voulu abdiquer de sa liberté face aux hommes, et un vibrant plaidoyer pour un mode de vie léger, simple, en contact avec la nature, ce que permet la yourte comme habitat. C’est bien écrit, plein de rebondissements, ce livre se lit comme un roman, et en même temps il nous interroge sur nos choix de modes de vie, sobriété ou confort consommateur, sur notre législation, sur nos liens sociaux…

Un livre d’une brûlante actualité !"

vivreENyourteDEF

Ce récit imagé et dense raconte mon histoire de vie

commencée dans les années soixante-dix avec une communauté de babas cool

en partance pour une île déserte du Pacifique,

DSCN4622

jusqu'à l'auto-construction de yourtes dans les Cévennes à partir du milieu des années quatre-vingt dix.

Il relate le combat que j'ai du mener sur plusieurs fronts, comme femme et mère dans ma vie privée, comme dissidente écoféministe et Objectrice de croissance dans ma vie sociale et politique, libre de tout parti et tout embrigadement, comme précurseure et rebelle à l'aliénation dans ma vie publique.

Défricheuse autodidacte de la Voie de la yourte, confrontée aux expulsions, à l'incompréhension et l'intolérance, j'ai du affirmer radicalement mes engagements pour une société plus juste, plus humaine. Ce radicalisme, né d'une vision holistique en résistance à la pensée unique, orchestre vie domestique et philosophique en adéquation avec une utopie très pragmatique, qui s'avère être source de sens, de cohérence et finalement, de bonheur.

La vie d'une femme, avec ses tribulations, ses épreuves, ses choix, ses résiliences, est en elle-même un acte politique, hors tout discours lénifiant. Car toute transformation vitale de la société passera par l'avènement de la libération de toutes les femmes, en paix avec la terre et la nature.

804347

On peut télécharger et diffuser le communiqué de presse en clikant sur le lien suivant :
yourte_cp

Cet ouvrage de trois cent pages devrait être présent dans toutes les bonnes librairies. N’hésitez pas à le demander à votre libraire si vous ne le voyez pas en comptoir.

Ceux qui désirent une dédicace de l'auteur peuvent envoyer leur règlement par chèque (ordre au nom de l'association Demeures Nomades) de 20 euros + 4 euros de frais de port à l'adresse suivante :

Demeures Nomades. 186, la Cantonade 30160 Bessèges,

il vous sera envoyé dédicacé par la poste.

yourte timbrée à ouvrir     yourte timbrée ouverte yurtao

Avec un petit cadeau offert par l'auteur.

la yourte en patchwork sylvie yurtao 

* « Plus que jamais, le livre papier, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos et nous incite « à ne pas faire confiance à la surface étincelante des mots mais à fouiller les profondeurs ». Point d'ancrage, objet d'inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d'informations et de sollicitations, le livre est peut-être l'un des derniers lieux de résistance. »

Cédric Biagini. « L'emprise numérique ». Éditions l’Échappée. Page 129.

 

La belle critique de la revue Nexus à lire là : critique_vivre_en_yourte_sur_nexus_novembre_2013

 Présentation du livre par la revue Terre du Ciel là : alliance_yourte

sur "Nature et progrès" là : vivre_en_yourte_sur_nature_et_progr_s_septembre_2013

sur la revue Silence là : yourte_silence

 

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26 août 2015

Hutte ronde d'été

vitrail multicolore aéré yurtaoA travers les couleurs s'inflitre le soleil,

arc en ciel de tissu dans la hutte ronde yurtaoà travers les franges de tissu s'infiltre la brise légère.

hutte ronde d'été aérée yurtaoDedans, il fait bon.

hutte ronde sous la lune

Et sous la lune dans les grands pins, c'est divin.

 

 

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21 août 2015

Manifeste écoféministe pour les Estives de la décroissance 2015

 femme solaire

Nous, femmes écoféministes, dénonçons la récupération du mouvement des femmes par le capitalisme patriarcal qui assimile l'égalité à la neutralisation des sexes.

Nous dénonçons le discours insidieux d'hommes de gauche, tel que Mr Weber, censé intervenir aux festives de la décroissance 2015 sur le féminisme; ce Monsieur a produit un pré-texte ( Weber_Michel_Feminisme_epidermique et_utopie_viscerale_2015) qui a indigné le petit groupe de femmes réunies cet été au Cantoyourte.

femmes écoféministe sur mandala de pommes de pin

Mr Weber explique très démagogiquement aux femmes dont les gesticulations "cosmétiques" ( avant ils disaient "hystériques"...)  ces deux derniers siecles n'ont, d'après lui, toujours rien changé, quelle sorte d'utopie politique elles devraient se fixer : "Comment obtenir un androgynat à partir du patriarcat : faire valoir la puissance du vagin et l’impuissance constitutive du phallus."


L'androgynie réduit en bouillie l'universalité de la différence des sexes au profit d'une génération d'androïdes dont chaque morceau interchangeable doit être mis à prix et vendu sur le grand marché libéral.

Nous dénonçons la tentative de dissolution de la polarisation duelle des sexes par l'adoption linguistique du genre, euphémisme qui instrumentalise la confusion avec la diversité des sexualités pour dissimuler un androcentrisme récurrent.

Nous dénonçons l'égalité défendue par des arrivistes privilégiées complices du système d'exploitation patriarcal et de l'oppression universelle des femmes, en particulier des plus démunies.

Cette stratégie qui consiste à nier encore et toujours l'incarnation sensible des femmes, leur façon d'interpréter et d'appréhender le monde, stratégie qui a aboutit depuis des siècles aux mépris de leur corps, de leur maternité, de leurs capacités à nourrir, à soigner, à apaiser, à protéger, à faire confiance, à s'investir généreusement dans la gestion de la cité et la subsistance communautaire, est une perversion induite par la collusion avec les valeurs d'un système guerrier de domination et de prédation profondément misogyne.

Ce système mâle corrompu arrive à l'extrême de sa capacité de nuisance en acculant l'humanité au bord du gouffre. Aussi nous dénonçons que des femmes dites émancipées participent par leurs activités et leurs emplois productivistes à ce carnage.

serie de mannequin femmes sur étagères

Partout dans le monde, les femmes maltraitées au nom de la religion ou de l'idéologie du progrès et de la croissance, souffrent de la destruction et de l'appropriation de leurs moyens de subsistance, ainsi que de la confiscation de leurs enfants, par le mariage, l'école, l'urbanisation accélérée, le consumérisme illimité et l'ensemble des institutions patriarcales, au profit d'un enrôlement massif dans le grand jeu de massacre global. Partout, certaines d'entre elles luttent pour survivre et sauver ce qui peut encore être sauvé. Partout, elles sont les premières à pâtir, avec leurs enfants, des dommages irréversibles causés à notre environnement par l'accaparement et la pollution généralisés. Partout, l'économie de marché, la loi du plus fort, du plus gros, du plus brutal, engraisse des systèmes laïques ou religieux oligarchiques qui font dégénérer les concepts de liberté et d'égalité en assassinant toute velléité de fraternité.

L'émancipation personnelle par adhésion à un système d'exploitation sans limites des plus faibles, des ressources naturelles et de tous les êtres vivants humains et non humains, n'est en rien une libération, c'est le renchérissement d'une aliénation collective particulièrement grave pour les femmes et l'ensemble du Vivant.

Que certaines bourgeoises carriéristes, complaisamment citées par les hommes ( par exemple Élisabeth Badinter citée abondamment par Michel Onfray), s'arrogent le droit de faire la leçon aux millions de femmes qui, conscientes des limites naturelles, écologiques et sociales, sont en train de résister à la folie marchande, d'expérimenter d'autres voies, des façons de vivre décemment et sobrement sans martyriser son prochain et sans saccager la terre, ne démontre qu'une évidence : que le pouvoir pervertit, que l'ascension sociale par la compétition aveugle détruit les liens sociaux et la solidarité, et que les vendues du patriarcat et du capitalisme ont trahi non seulement la cause des femmes mais celle de l'humanité, passée, présente et à venir.

Elles ont abandonné, au profit des mirages consuméristes, cette fonction maternelle qui, réappropriée par des femmes libres de leur fécondité, de leurs investissements économiques et sociaux, de leurs engagements politiques, dans une société ralentie et équitable où prédominerait l'objectif du bonheur national, pourrait être la seule force capable de soigner une planète exsangue et de pérenniser l'espèce humaine.

Cette dévalorisation des maternités matérielles et morales par les femmes dites émancipées pour qui allaiter un enfant,

allaitement

planter un chou et choyer la vie est devenu réactionnaire et ringard, sert le totalitarisme scientifique des mâles progressistes asservis au Dieu tout-puissant du progrès infini. Il s'agit ainsi d'annihiler la faculté générative et thérapeutique physique, politique et spirituelle des femmes, des filles, des mères et des grand-mères. C'est ainsi que des technocrates mâles peuvent vanter ces corps dévalués, dégradés et vidés de toute substance comme moteurs d'un transhumanisme débarrassé de tout sentiment, de toute émotion, et faire miroiter la fabrication industrielle, dans des ventres extorqués à des esclaves femelles ou des utérus artificiels, d'embryons génétiquement modifiés, unisexes, sans généalogie et sans histoires.

Nous ne voulons pas d'androgynat, nous sommes des femmes réelles, charnelles, incarnant l'altérité d'hommes réels, charnels, nous ne sommes ni complémentaires ni une catégorie de la diversité : nous sommes l'autre sexe, l'un des pôles de la dualité sexuelle de tout être vivant, et en ce sens, nous sommes depuis toujours parfaitement égales avec l'autre sexe.

Nous ne disputons pas l'égalité puisque nous l'avons déjà. Nous n'avons pas besoin de prouver que nous sommes bonnes, aussi bonnes que les hommes, que nous sommes des hommes comme les autres. Nous n'avons rien à prouver et tout à faire. A commencer peut-être par ne plus rien faire, pour cesser tout dommage à notre mère la terre, pour réfléchir et c'est pas triste.

mains de femmes en cercle

Mais comme cette égalité naturelle a été confisquée par la violence des hommes, la société complètement bancale gîte dangereusement. A force de pencher toujours du même coté, le naufrage n'est pas loin. N'importe quel navigateur avisé répartirait les poids pour rééquilibrer son embarcation.

C'est pourquoi nous exigeons la parité totale partout.

L'humanité étant universellement double, l'équilibre étant source d'harmonie, tous les pouvoirs doivent être détenus par un homme et une femme ensemble, et non plus une personne seule.

Nous exigeons une parité radicale à tous les postes de décision, d'organisation et de gestion : pas seulement pour la candidature aux élections démocratiques, mais pour chaque poste et chaque responsabilité politiques, économiques et administratifs. Ainsi la présidence de la République doit être double, chaque ministère, député, préfet, chaque présidence de région, de département, chaque mairie, toutes les administrations et juridictions publiques, doivent être dirigées, gérées, administrées par un couple mixte. Ainsi, toutes les manifestations et interventions médiatiques, culturelles, politiques etc... doivent être systématiquement paritaires. Et ceux qui veulent se débiner ne devraient pas pouvoir s'en sortir en payant.

Pour ceux qui en sont encore à défendre l'emploi au lieu du Revenu Inconditionnel, voici un partage du travail qui devrait faire disparaître le chômage.

Selon ce principe de parité totale, nous constatons que la plupart des partis ou rassemblements politiques de gauche comme de droite continuent à ignorer délibérément la moitié de l'humanité.

Aussi nous déplorons qu'en particulier les Estives de la Décroissance 2015 s’alignent sur le machisme ambiant, concrétisé par 28 intervenants répartis en 4 femmes et 24 hommes, et que, pardessus le marché, la parole publique soit donnée à un homme sur la question du féminisme. Nous décrétons cette parole non légitime et déclarons que le contenu de ce discours d'homme, outre qu'il est historiquement faux, insulte nos personnes et nos valeurs féministes. L'histoire des femmes, occultée ou interprétée-manipulée par les hommes, ça suffit.

nous sommes toutes des femmes de chambre

C'est pourquoi, vigilantes sur toute instrumentalisation du féminisme et de l'écoféminisme, et bien que décroissantes engagées, nous boycottons ce ralliement.

Plus généralement, nous déclarons que les femmes et les hommes ne remettant pas en cause, par leurs actions, leurs omissions ou leurs pratiques, leur participation au sexisme, au productivisme et à la croissance se rendent complices de crimes contre l'humanité.

Ces femmes ne peuvent se dire féministes sans pervertir la cause des femmes qui est désormais celle de la survie de l'humanité. En ce sens, l'écoféminisme, utopie politique plus radicale et plus subversive que celle de tout parti politique révolutionnaire, est la condition de la décroissance et non l'inverse. Mais de même que la décroissance, il se traduit pour commencer par une éthique de l'engagement personnel.

Sylvie Barbe, porte parole du groupe écoféministe : « Les Bonnes à tout faire »

 à imprimer là : festives_manifeste_sylvie_barbe

la-femme-et-la-terre

 

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