YURTAO, la voie de la yourte.

20 janvier 2016

Petite neige sur le camp juste pour dire que c'est enfin l'hiver

mimosa sous la neige 1


tente émergente yurtao


 

cordes dehors


 

sylvart jaune en branches mortes désouchées de chataigner


 

hutte dans le froid yurtao


 

vivre en tente sous la neige, c'est chouette


neige sur le camp de toiles


bois enmmélés sous petite couche de neige devant la yourte


sylvart émergeant du menhir couché yurtao


couche de neige sur toile


couleurs et yourte sous la neige


laine du banc dehors


boule de neige


 

gerbe d'or en hiver yurtao



 

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21 novembre 2015

De l'or au Cantoyourte

land-art bouquet de branches dans la brume yurtao


 

arceaux dans la brume yurtao


 étoiles dorées dans le matin yurtao


 

feuilles de murier sur veille casserole


 

tapis de feuilles sur tipi bleu yurtao


 

feuilles éparpillées yourtao


 

fougères à l'aurore


 

boules de laine dans le soleil du matin yurtao


 

bannières et vielles pierres yuertao


 

tipi fumant yurtao


 

cloture pour tente yurtao


yourte dans l'or matinal yurtao


 feuilles d'acacia sur toit de yourte yurtao


 

bouleau en flamme sur wigwam yurtao


 

banières au levant yurtao


roses au levant


soleil de laine yurtao


 

toile d'araignée entre fougères sèches yurtao


 

yourte à flanc de cotteau yurtao


pointe de tipi sauvage yurtao


 

chemin avec moquette d'or pur


 

dans la lueur d'automne yourte yurtao


 lueurs d'automne sur tissus multicolores


 

érable d'automne sur yourte yurtao


 

chataigner en déliquescence yurtao


 noisetier d'automne sur ruine yurtao


 

feuilles de vigne sur barrières de tissu yurtao


 

mandala en or yurtao


 

fougères pendues yurtao


 

étoiles d'automne


jaune chataigner yurtao


 

érable sur yourte yurtao


nid de chataigner avec vigne jaune yurtao


 

chanterelles


 guirlande de feuilles de vignes en or yurtao


vue sur la vallée dorée


fumée sous le tipi bleu yurtao




 

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08 novembre 2015

Ovni végétal

Un beau jour d'automne, un mandala jaune s'ébauche sur le noir du crassier.

1 mandala yurtao sur crassier

Feuilles de paulwnia et pommes de pin.

mandala sur crassier 2Pétioles d'ailantes et jeunes feuilles de bouleau.

mandala sur crassier 3Bûches de pin et feuilles de liquidambar.

mandala sur crassier 4Tiges de phytolacas et branches de pin maritime éclairci pour privilégier le paulownia.

mandala sur crassier 5Feuilles d'acacia et feuilles de chataigner.

mandala sur crassier 6Crépuscule et rosée descendante.

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28 octobre 2015

GRAND CERCLE SACRE

1 grand cercle sacré

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2 grand cercle sacré

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3 grand cercle sacré

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21 septembre 2015

Mon livre : " Vivre en yourte, un choix de liberté."

Je suis heureuse de vous présenter mon livre * :

« Vivre en yourte : un choix de liberté »

sous-titré: «  Hymne à la sobriété heureuse »

publié aux Éditions Yves Michel, éditeur engagé.

Yves Michel :

" J'ai le plaisir de vous présenter un témoignage poignant et inspirant de la pionnière des yourtes en France, Sylvie BARBE. C’est un parcours jalonné de nombreuses difficultés pour une femme qui n’a jamais voulu abdiquer de sa liberté face aux hommes, et un vibrant plaidoyer pour un mode de vie léger, simple, en contact avec la nature, ce que permet la yourte comme habitat. C’est bien écrit, plein de rebondissements, ce livre se lit comme un roman, et en même temps il nous interroge sur nos choix de modes de vie, sobriété ou confort consommateur, sur notre législation, sur nos liens sociaux…

Un livre d’une brûlante actualité !"

vivreENyourteDEF

Ce récit imagé et dense raconte mon histoire de vie

commencée dans les années soixante-dix avec une communauté de babas cool

en partance pour une île déserte du Pacifique,

DSCN4622

jusqu'à l'auto-construction de yourtes dans les Cévennes à partir du milieu des années quatre-vingt dix.

Il relate le combat que j'ai du mener sur plusieurs fronts, comme femme et mère dans ma vie privée, comme dissidente écoféministe et Objectrice de croissance dans ma vie sociale et politique, libre de tout parti et tout embrigadement, comme précurseure et rebelle à l'aliénation dans ma vie publique.

Défricheuse autodidacte de la Voie de la yourte, confrontée aux expulsions, à l'incompréhension et l'intolérance, j'ai du affirmer radicalement mes engagements pour une société plus juste, plus humaine. Ce radicalisme, né d'une vision holistique en résistance à la pensée unique, orchestre vie domestique et philosophique en adéquation avec une utopie très pragmatique, qui s'avère être source de sens, de cohérence et finalement, de bonheur.

La vie d'une femme, avec ses tribulations, ses épreuves, ses choix, ses résiliences, est en elle-même un acte politique, hors tout discours lénifiant. Car toute transformation vitale de la société passera par l'avènement de la libération de toutes les femmes, en paix avec la terre et la nature.

804347

On peut télécharger et diffuser le communiqué de presse en clikant sur le lien suivant :
yourte_cp

Cet ouvrage de trois cent pages devrait être présent dans toutes les bonnes librairies. N’hésitez pas à le demander à votre libraire si vous ne le voyez pas en comptoir.

Ceux qui désirent une dédicace de l'auteur peuvent envoyer leur règlement par chèque (ordre au nom de l'association Demeures Nomades) de 20 euros + 4 euros de frais de port à l'adresse suivante :

Demeures Nomades. 186, la Cantonade 30160 Bessèges,

il vous sera envoyé dédicacé par la poste.

yourte timbrée à ouvrir     yourte timbrée ouverte yurtao

Avec un petit cadeau offert par l'auteur.

la yourte en patchwork sylvie yurtao 

* « Plus que jamais, le livre papier, dans sa linéarité et sa finitude, dans sa matérialité et sa présence, constitue un espace silencieux qui met en échec le culte de la vitesse, permet de maintenir une cohérence au milieu du chaos et nous incite « à ne pas faire confiance à la surface étincelante des mots mais à fouiller les profondeurs ». Point d'ancrage, objet d'inscription pour une pensée critique et articulée, hors des réseaux et des flux incessants d'informations et de sollicitations, le livre est peut-être l'un des derniers lieux de résistance. »

Cédric Biagini. « L'emprise numérique ». Éditions l’Échappée. Page 129.

 

La belle critique de la revue Nexus à lire là : critique_vivre_en_yourte_sur_nexus_novembre_2013

 Présentation du livre par la revue Terre du Ciel là : alliance_yourte

sur "Nature et progrès" là : vivre_en_yourte_sur_nature_et_progr_s_septembre_2013

sur la revue Silence là : yourte_silence

 

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26 août 2015

Hutte ronde d'été

vitrail multicolore aéré yurtaoA travers les couleurs s'inflitre le soleil,

arc en ciel de tissu dans la hutte ronde yurtaoà travers les franges de tissu s'infiltre la brise légère.

hutte ronde d'été aérée yurtaoDedans, il fait bon.

hutte ronde sous la lune

Et sous la lune dans les grands pins, c'est divin.

 

 

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21 août 2015

Manifeste écoféministe pour les Estives de la décroissance 2015

 femme solaire

Nous, femmes écoféministes, dénonçons la récupération du mouvement des femmes par le capitalisme patriarcal qui assimile l'égalité à la neutralisation des sexes.

Nous dénonçons le discours insidieux d'hommes de gauche, tel que Mr Weber, censé intervenir aux festives de la décroissance 2015 sur le féminisme; ce Monsieur a produit un pré-texte ( Weber_Michel_Feminisme_epidermique et_utopie_viscerale_2015) qui a indigné le petit groupe de femmes réunies cet été au Cantoyourte.

femmes écoféministe sur mandala de pommes de pin

Mr Weber explique très démagogiquement aux femmes dont les gesticulations "cosmétiques" ( avant ils disaient "hystériques"...)  ces deux derniers siecles n'ont, d'après lui, toujours rien changé, quelle sorte d'utopie politique elles devraient se fixer : "Comment obtenir un androgynat à partir du patriarcat : faire valoir la puissance du vagin et l’impuissance constitutive du phallus."


L'androgynie réduit en bouillie l'universalité de la différence des sexes au profit d'une génération d'androïdes dont chaque morceau interchangeable doit être mis à prix et vendu sur le grand marché libéral.

Nous dénonçons la tentative de dissolution de la polarisation duelle des sexes par l'adoption linguistique du genre, euphémisme qui instrumentalise la confusion avec la diversité des sexualités pour dissimuler un androcentrisme récurrent.

Nous dénonçons l'égalité défendue par des arrivistes privilégiées complices du système d'exploitation patriarcal et de l'oppression universelle des femmes, en particulier des plus démunies.

Cette stratégie qui consiste à nier encore et toujours l'incarnation sensible des femmes, leur façon d'interpréter et d'appréhender le monde, stratégie qui a aboutit depuis des siècles aux mépris de leur corps, de leur maternité, de leurs capacités à nourrir, à soigner, à apaiser, à protéger, à faire confiance, à s'investir généreusement dans la gestion de la cité et la subsistance communautaire, est une perversion induite par la collusion avec les valeurs d'un système guerrier de domination et de prédation profondément misogyne.

Ce système mâle corrompu arrive à l'extrême de sa capacité de nuisance en acculant l'humanité au bord du gouffre. Aussi nous dénonçons que des femmes dites émancipées participent par leurs activités et leurs emplois productivistes à ce carnage.

serie de mannequin femmes sur étagères

Partout dans le monde, les femmes maltraitées au nom de la religion ou de l'idéologie du progrès et de la croissance, souffrent de la destruction et de l'appropriation de leurs moyens de subsistance, ainsi que de la confiscation de leurs enfants, par le mariage, l'école, l'urbanisation accélérée, le consumérisme illimité et l'ensemble des institutions patriarcales, au profit d'un enrôlement massif dans le grand jeu de massacre global. Partout, certaines d'entre elles luttent pour survivre et sauver ce qui peut encore être sauvé. Partout, elles sont les premières à pâtir, avec leurs enfants, des dommages irréversibles causés à notre environnement par l'accaparement et la pollution généralisés. Partout, l'économie de marché, la loi du plus fort, du plus gros, du plus brutal, engraisse des systèmes laïques ou religieux oligarchiques qui font dégénérer les concepts de liberté et d'égalité en assassinant toute velléité de fraternité.

L'émancipation personnelle par adhésion à un système d'exploitation sans limites des plus faibles, des ressources naturelles et de tous les êtres vivants humains et non humains, n'est en rien une libération, c'est le renchérissement d'une aliénation collective particulièrement grave pour les femmes et l'ensemble du Vivant.

Que certaines bourgeoises carriéristes, complaisamment citées par les hommes ( par exemple Élisabeth Badinter citée abondamment par Michel Onfray), s'arrogent le droit de faire la leçon aux millions de femmes qui, conscientes des limites naturelles, écologiques et sociales, sont en train de résister à la folie marchande, d'expérimenter d'autres voies, des façons de vivre décemment et sobrement sans martyriser son prochain et sans saccager la terre, ne démontre qu'une évidence : que le pouvoir pervertit, que l'ascension sociale par la compétition aveugle détruit les liens sociaux et la solidarité, et que les vendues du patriarcat et du capitalisme ont trahi non seulement la cause des femmes mais celle de l'humanité, passée, présente et à venir.

Elles ont abandonné, au profit des mirages consuméristes, cette fonction maternelle qui, réappropriée par des femmes libres de leur fécondité, de leurs investissements économiques et sociaux, de leurs engagements politiques, dans une société ralentie et équitable où prédominerait l'objectif du bonheur national, pourrait être la seule force capable de soigner une planète exsangue et de pérenniser l'espèce humaine.

Cette dévalorisation des maternités matérielles et morales par les femmes dites émancipées pour qui allaiter un enfant,

allaitement

planter un chou et choyer la vie est devenu réactionnaire et ringard, sert le totalitarisme scientifique des mâles progressistes asservis au Dieu tout-puissant du progrès infini. Il s'agit ainsi d'annihiler la faculté générative et thérapeutique physique, politique et spirituelle des femmes, des filles, des mères et des grand-mères. C'est ainsi que des technocrates mâles peuvent vanter ces corps dévalués, dégradés et vidés de toute substance comme moteurs d'un transhumanisme débarrassé de tout sentiment, de toute émotion, et faire miroiter la fabrication industrielle, dans des ventres extorqués à des esclaves femelles ou des utérus artificiels, d'embryons génétiquement modifiés, unisexes, sans généalogie et sans histoires.

Nous ne voulons pas d'androgynat, nous sommes des femmes réelles, charnelles, incarnant l'altérité d'hommes réels, charnels, nous ne sommes ni complémentaires ni une catégorie de la diversité : nous sommes l'autre sexe, l'un des pôles de la dualité sexuelle de tout être vivant, et en ce sens, nous sommes depuis toujours parfaitement égales avec l'autre sexe.

Nous ne disputons pas l'égalité puisque nous l'avons déjà. Nous n'avons pas besoin de prouver que nous sommes bonnes, aussi bonnes que les hommes, que nous sommes des hommes comme les autres. Nous n'avons rien à prouver et tout à faire. A commencer peut-être par ne plus rien faire, pour cesser tout dommage à notre mère la terre, pour réfléchir et c'est pas triste.

mains de femmes en cercle

Mais comme cette égalité naturelle a été confisquée par la violence des hommes, la société complètement bancale gîte dangereusement. A force de pencher toujours du même coté, le naufrage n'est pas loin. N'importe quel navigateur avisé répartirait les poids pour rééquilibrer son embarcation.

C'est pourquoi nous exigeons la parité totale partout.

L'humanité étant universellement double, l'équilibre étant source d'harmonie, tous les pouvoirs doivent être détenus par un homme et une femme ensemble, et non plus une personne seule.

Nous exigeons une parité radicale à tous les postes de décision, d'organisation et de gestion : pas seulement pour la candidature aux élections démocratiques, mais pour chaque poste et chaque responsabilité politiques, économiques et administratifs. Ainsi la présidence de la République doit être double, chaque ministère, député, préfet, chaque présidence de région, de département, chaque mairie, toutes les administrations et juridictions publiques, doivent être dirigées, gérées, administrées par un couple mixte. Ainsi, toutes les manifestations et interventions médiatiques, culturelles, politiques etc... doivent être systématiquement paritaires. Et ceux qui veulent se débiner ne devraient pas pouvoir s'en sortir en payant.

Pour ceux qui en sont encore à défendre l'emploi au lieu du Revenu Inconditionnel, voici un partage du travail qui devrait faire disparaître le chômage.

Selon ce principe de parité totale, nous constatons que la plupart des partis ou rassemblements politiques de gauche comme de droite continuent à ignorer délibérément la moitié de l'humanité.

Aussi nous déplorons qu'en particulier les Estives de la Décroissance 2015 s’alignent sur le machisme ambiant, concrétisé par 28 intervenants répartis en 4 femmes et 24 hommes, et que, pardessus le marché, la parole publique soit donnée à un homme sur la question du féminisme. Nous décrétons cette parole non légitime et déclarons que le contenu de ce discours d'homme, outre qu'il est historiquement faux, insulte nos personnes et nos valeurs féministes. L'histoire des femmes, occultée ou interprétée-manipulée par les hommes, ça suffit.

nous sommes toutes des femmes de chambre

C'est pourquoi, vigilantes sur toute instrumentalisation du féminisme et de l'écoféminisme, et bien que décroissantes engagées, nous boycottons ce ralliement.

Plus généralement, nous déclarons que les femmes et les hommes ne remettant pas en cause, par leurs actions, leurs omissions ou leurs pratiques, leur participation au sexisme, au productivisme et à la croissance se rendent complices de crimes contre l'humanité.

Ces femmes ne peuvent se dire féministes sans pervertir la cause des femmes qui est désormais celle de la survie de l'humanité. En ce sens, l'écoféminisme, utopie politique plus radicale et plus subversive que celle de tout parti politique révolutionnaire, est la condition de la décroissance et non l'inverse. Mais de même que la décroissance, il se traduit pour commencer par une éthique de l'engagement personnel.

Sylvie Barbe, porte parole du groupe écoféministe : « Les Bonnes à tout faire »

 à imprimer là : festives_manifeste_sylvie_barbe

la-femme-et-la-terre

 

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14 août 2015

Un peu du Souffle

En vrac, quelques images du Souffle du rêve,

le festival autogéré le moins cher de France.

Aucune subvention, seulement la bonne volonté de chacun.

Cette convergence d'énergies, cette vie collective en plein air

ne peut fonctionner que parce que tout le monde met la main à la pâte,

telles ces équipes tournantes volontaires aux latrines sèches.

équipier volontaire aux chiottes

entretenir nles toilettes au souffle du réve

équipe toilettes séches au souffle du réve

figure de tissus emmélés

derrière le bar 

affiche barnum

à toi de jouer

boule de rejets de bois entrelacés

cercle humain sur la plage

cafés sous les toiles souffle du reve

courgettes de fin de marché devant tipi

cuisiner devant la yourte en couleur

discussion sous la yourte

femme au filet

femme cherchant sa belle robe

la loupiote au souffle du réve

fillette au hamac

four dans la terre au souffle du révefleur de bois au sol

ici on respire au souffle du reve

machine à laver à pédale

maquillages de femmes

roulotte avec chevaux au nsouffle du reéve

yourte pour massage ayurvédique

scéance de bols tibétains

scène au souffle du rêve

serviettes hyginéiques lavables renouvellables

sieste dans le nid suspendu

solaire au coucher du soleil

toile bleue tendue pour les douche au souffle du réve

toilette en plein air

toiles au souffle du reve

Bravo aux initiateurs et organisateurs de cette convergence,

qui ont le courage d'y croire et de tout donner pour tous.

et toujours des tipis

 

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17 juillet 2015

Fabriquer un auvent végétal

Coup de coeur pour une restanque écroulée, embroussaillée sous les bruyères arborescentes, à flanc de colline.

Je bataille contre les ronces et les salsepareilles pour dégager une aire que j'aplanis à la petite pioche. Un jeune pin bizarement courbé mais bien vivant se présente comme une arche que j'utilise pour poser une traverse de chataigner. Rien de droit dans tout ça, rien de tracé, rien de prévu, juste une improvisation avec mes gants de travail, un sécateur et une petite scie. Je taille dans les bruyères en sacrifiant les branches les plus basses mais je garde précieusement les plus fournies qui s'entrelacent en une avancée légèrement ombrageuse.

auvent végétal bruyère 1

Enfourchée sur un jeune chène vert, une poutre transversale acceuille de longues perches de chataigners récupérées sur les arbres morts dans les environs. Je ne sais pas encore que ce petit coin qui m'inspire va devenir un nouveau salon d'été sauvage, car pour l'instant, je suis seulement motivée par la mise en valeur de l'incroyable tissage tortueux que forment les arabesques des bruyères. Déjà, on ne distingue plus les bruyères vivantes de celles que je suis en train de réhabiliter.

auvent végétal bruyère 2

J'ai gardé lors de mes débrousaillages antérieurs les branches mortes d'autres bruyères en un précieux petit tas dans la forêt. Voilà donc le moment de les remettre à l'honneur en les entrecroisant avec les solives calées dans les pierres de la restanque supérieure, bien défoncée. Ce canevas peut acceuillir ainsi les résidus de mes nettoyages végétaux. En particulier les piquantes et résistantes lianes de salsepareilles que je décroche des pins et tasse en boules avant de les jeter sur mon toit. Non sans avoir déguster auparavant, avec gourmandise, les délicieux pousses de cette plante dont je raffole.

auvent végétal bruyère 3

Ces paquets de lianes forment maintenant une trame prête à recevoir une verdure plus consistante. 

auvent végétal bruyère 4

Je ne peux m'empécher, dès que mon travail prend tournure, d'y ajouter une inévitable touche de couleur, de quoi offrir à la douce brise qui carresse la pente, un joyeux terrain de jeu, et à mes yeux, un spectacle permanent.

auvent végétal bruyère 5

J'ajoute de beaux bouquets de fougères, certains tassés dans les interstices,

d'autres simplement posés en travers,

auvent végétal bruyère 7

d'autres cascadant généreusement en bout d'auvent

pour contrer les rayons trop chauds du soleil.

auvent végétal bruyère 8

Je termine en consolidant avec des rejets d'une autre bruyère

auvent végétal bruyère 9

et avec mes derniers fanions multicolores.

auvent végétal bruyère 10

Trois jours après, les couleurs ont déjà changé, les fougères en fanant deviennent toutes rousses.

Voilà donc une avantageuse alternative à la sieste dans la yourte quand sévissent les grosses chaleurs.

Rien ne vaut désormais ma nouvelle cabane bien aérée qui sent si bon l'humus

et où les oiseaux se laissent si bien observer !

auvent végétal bruyère 11

 Et voici une chouette halte pour le bivouac !

tente_bivouac_sous_auvent_de_bruy_re_et_foug_res

 

 

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06 juillet 2015

Libération des femmes et subsistance

Ce mois-ci, le Camp de yourtes accueille un groupe de femmes écoféministes

femmes fées à la yourte

(dessin de Sylvie, crayons de couleur et feutres)

se proposant de partager une expérience de vie autogérée en pleine nature.

femmes nature

Nous réfléchirons

femme qui va être peinte

à la relation entre écologie et féminisme,

avec la conviction qu'un avenir viable sur terre necessite

un changement radical de système

qui donne aux femmes leur entière liberté

et la possibilité de mettre en œuvre leurs solutions.

on va essayer d'éteindre l'incendie planétaire

Je propose de partager le texte de Maria Mies intitulé

« La libération des femmes et la subsistance »

qui nous servira de base de discussion.

A télécharger là : la_lib_ration_des_femmes_et_la_subsistance_maria_mies

En voici des extraits :

ouvrir la cage aux mots

«  Qu’est-ce qui a mal tourné dans le mouvement des femmes qui avait débuté avec le slogan international de la sororité et une compréhension holistique de la politique ?

Le fait que des femmes plus jeunes ne comprennent plus qu’une analyse de l’économie mondiale globalisée patriarco-capitaliste est pertinente pour les féministes ne peut pas simplement s’expliquer par un fossé de générations, ou par une faiblesse morale ou intellectuelle, ou par l’argument que le monde est devenu "si complexe". Nous devons trouver de meilleures explications pour ce changement d’humeur, pour cette dépolitisation du mouvement des femmes. Pourquoi cette perspective limitée et cette inaptitude à comprendre ce qui se passe et d’agir en conséquence ? Ce pourrait-il que ce changement d’humeur ait quelque chose à voir avec le mépris pour la subsistance ? »...

... « Une vision de libération des femmes qui n’est valable que pour une minorité des femmes du monde n’est pas une vision du tout.

Une vision de libération doit être valable et réalisable

pour toutes les femmes.

mains de femmes

Cela signifie que nous devons chercher une économie qui ne soit plus basée sur le patriarcat, le colonialisme et l’exploitation de la nature. Nous appelons une telle économie, une économie de subsistance. Elle doit être valable dans le Sud comme dans le Nord, parce que sinon, elle est ni moralement acceptable ni tenable économiquement et écologiquement.

tipi au milieu des femmes

Exemples de thèses que nous proposons à opposer aux discours dominants actuels parmi les féministes de classes moyennes :
1. Les problèmes principaux des femmes de par le monde ne sont pas la différence et/ou l’identité mais l’exploitation, l’oppression, la violence et la colonisation. Nos différences ou plutôt nos diversités constituent notre force, notre richesse et notre beauté.

diversité totale

Mais le patriarcat capitaliste, qui ne peut pas tolérer l’équivalence de tous, s’est arrangé idéologiquement pour transformer les diversités en antagonismes. Ainsi, tout "autre" devient un ennemi, un compétiteur dans un monde de pénurie. Nous voulons créer un monde dans lequel les diversités biologique et culturelle soient maintenues et célébrées.
2. Nous sommes ici-bas, sur cette terre, connectés à toutes les autres créatures de cette planète. Nous n’attendons pas que la liberté, la richesse, le bonheur et la "bonne vie" proviennent de quelque transcendance, au-delà du domaine de la nécessité, qu’il s’agisse de la transcendance de la religion, de l’argent ou de la réalité virtuelle postmoderniste. Nous continuons à célébrer la mère-matière (mat(t)er) comme la base de la vie. Nous rejetons le dualisme qui sépare la matière de l’esprit, dévalue la matière et idéalise l’esprit.

de chair et de colombes

3. Notre sentiment de force (empowerment) est basée non pas sur la domination technologique sur les autres créatures ou d’autres êtres humains ni sur la participation aux structures de pouvoir patriarcales et capitalistes, mais sur la confiance en soi et l’autonomie, l’aide mutuelle, l’auto-organisation, l’auto-approvisionnement, les réseaux locaux et globaux, et des relations de subsistance au lieu de relations de profit.
4. Nous savons que nous sommes des êtres historiques. Nous savons que sans la connaissance et le respect de généalogies féminines, à la fois les femmes individuelles et les femmes sociales ne seront pas capables de triompher du patriarcat. Nous voulons revendiquer nos mères et nous reconnecter avec elles.

femme fagot

Nous voulons revendiquer nos filles et nous reconnecter avec elles.

femme en mutation

5. Nous voulons aussi revendiquer nos fils et nous reconnecter avec eux. Nous n’accepterons pas que nos fils n’aient d’autre perspective que celle offerte par un capitalisme global macho et militariste.

Notre vision pour les femmes est étroitement reliée à leur travail et à leur vie. Son contexte est leur vie et leur activité quotidiennes et la production de vie, aussi dans le sens symbolique. La satisfaction de nos besoins basiques est à la fois le but et le chemin, pas seulement dans le Sud mais aussi dans le Nord. Et ceci inclut nos besoins de beauté, de loisirs, de respect, de dignité, bref, une "bonne vie" pour les femmes. Au lieu de piller la nature, cette vision comprend en outre la production en coopération avec la nature.

Cela implique une connaissance de notre paysage local environnant et de ses conditions naturelles. Un des objectifs centraux de cette vision est le contrôle autonome sur notre travail et nos produits, parce que nous voulons être fières de nos produits. En plus d’en jouir nous-mêmes, nous voulons les offrir généreusement aux autres. Notre richesse réside dans notre égalité dans la diversité par laquelle nous sommes capables de résister à la ménagérisation forcée, la macDonaldisation, la culture globale homogénéisée.

Sous de telles conditions, il n’est pas nécessaire de nier ou d’idéaliser ou de contrôler notre corps féminin. Ce corps est une source de force, de sagesse et de connaissance, et de vitalité. Avec notre corps, notre paysage, notre force, nos communautés, nous pouvons rester enracinées en nous-mêmes."

se fondre dans le paysage

 Et puis, pour les vacances, voici un joli film Canadien qui vient de sortir,

une belle histoire de femmes,

à voir  

 

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30 juin 2015

Orbe sous la hutte

Au petit matin, j'ai pris une photo de la cabane végétale que je viens de retaper pour acceuillir le pipi des filles qui vont bientôt arriver. Je la consolide et la ragaillardis en entrelacant des résidus de débroussaillage dans le gentil arbousier qui pousse dans une murette de la falaise. Je travaille tôt avant que la chaleur fonde sur le camp et tétanise humains et végétation.

Quand j'ai visionné mes photos dans la pénombre de la yourte, j'ai vu que la cabane était occupée par une orbe.

Une belle orbe laiteuse.

orbe dans la cabane pipi

Les matérialistes disent que les orbes sont des phénomènes optiques dus à l'interférence de grains de poussière avec le flash de l'appareil photo.

Les spiritualistes croient qu'il s'agit d'âmes vagabondes.

Je ne sais pas.

Ce que je sais, c'est que j'ai pris une première photo où le flash s'est déclenché automatiquement parce que j'avais oublié de le neutraliser. J'ai rectifié pour une deuxième photo et le flash s'est encore allumé. Au troisième essai, j'ai fais la bonne manoeuvre et le flash ne s'est pas déclenché. Or c'est sur cette photo qu'apparait l'orbe, pas sur celles prises au flash, que j'ai malheureusement effacé car elles ne me plaisaient pas du tout.

Après, quand j'ai fini de rajouter des branches de bruyères et des fougères pour colmater la voûte végétale, mes gestes étaient plus doux et j'ai demandé pardon pour le dérangement. Et c'est fou la joie que j'avais dans mon coeur.

Finalement, ce qui est sûr, c'est que je ne ferais plus pipi pareil.

 

 

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23 juin 2015

Soirée spéciale pour observer les étoiles

Elle arrive de l'Ouest, immaculée, rayonnante, royale.

C'est maintenant le meilleur moment pour admirer sa majesté

admirer l'étoile de vénus

qui débarque en éclaireuse au milieu de toutes les princesses qui l'attendent,

innombrables, prêtes à scintiller toute la nuit dans leurs robes de lumière.

trop beau les etoiles brillantes

Nous irons contempler la belle Vénus déboulant à l'horizon,

ouvrant le bal de la nuit étoilée, depuis une crête des Cévennes,

au dessus du camp de yourtes à Besseges.

Gilbert, notre montreur d'étoiles chevronné,

nous entraînera à travers Système Solaire, 

carte celeste 2

Voie Lactée et abîmes d'espaces-temps

Tête de cheval

et nous décrira quelques rouages de la mécanique céleste. 

Rouages du ciel

Un télescope performant viendra transcender notre vision

pour mieux détailler la magie des planètes et des étoiles...

etoiles partoutetoiles partoutetoiles partout

Ça sera le Samedi 11 Juillet 2015 au Cantoyourte à Besseges,

dans le cadre des journées conviviales mensuelles

(chaque deuxième Samedi du mois).

on va regarder les étoiles

Ceux qui veulent rester pour la nuit pourront bivouaquer

pose ta tente sous les étoiles

en plantant leur tente dans l'après-midi

puis nous partagerons le dîner à partir de 19h.

Chacun amène son pique nique ou un plat à partager et une boisson.

Nous partirons aux environs de 21H30 vers Bordezac, à deux kilomètres :

prévoir un bon pull, de bonnes chaussures, et des jumelles si possible.

femmes à longue vue

L'observation du ciel étant dépendante des conditions climatiques,

cette soirée sera reportée en cas de mauvais temps, ciel voilé ou bouché.

Cet article sera donc mis à jour en fonction de la météo.

elle suspend des étoiles

Pour renseignements, laisser votre contact au  04.66.54.84.77

et on vous rappelle.

L'astrophysicien Trinh Xuan Thuan :

« Nous sommes donc tous des poussières d'étoiles.

Nous partageons tous la même généalogie cosmique.

Nous sommes les frères des bêtes sauvages

et les cousins des coquelicots des champs. »

 

ptit étoileptit étoileptit étoileptit étoile 

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15 juin 2015

Comme on nous bousille

tête cassée

Au Président du SDIS, Service Départemental d'Incendie et de Secours du Gard.

Début Janvier 2015, un service des pompiers du Gard a installé une antenne relais de faisceau hertzien sur le toit de l'immeuble où je dispose d'un bail locatif.

Le 26 Mai 2015, j'ai pris connaissance par hasard de cette installation lorsque j'ai demandé au secrétariat du bailleur pourquoi l'échelle de secours que j'ai toujours connu posée dans le couloir du dernier étage avait disparu. L'absence de cette échelle me paraissait préjudiciable à une éventuelle évacuation des habitants par hélicoptère en cas d'incendie. La secrétaire m'a répondu que ce n'était pas obligatoire et que les locataires n'ont rien à faire sur le toit, que seuls les pompiers avaient été autorisés à y monter pour installer une antenne. Alarmée, j'ai demandé des précisions. On m'a assuré que ce dispositif n'était pas dangereux car ne fonctionnant que par rares intermittences.

Cependant, ayant très vite établi le rapport entre l'arrivée de cette antenne sur le toit de l'immeuble et le commencement de graves troubles de santé dont je suis victime depuis le début de l'année, j'ai contacté le responsable des transmissions au SDIS, qui a contredit l'allégation d'émissions intermittentes de l'antenne. Il s'agit bien d'émissions continues, même si elles sont, d'après lui, unidirectionnelles, destinées à capter les réseaux des antennes érigées sur les pylônes surplombant la colline en face. Les effets biologiques non thermiques de ces émissions sont la cause du danger sanitaire. Pour les rendre inoffensives, on les nomme "radiofréquence", ce qui est inexact du point de vue scientifique, comme l'affirme le Dr Pierre Le Ruz (expert européen indépendant) puisqu'il s'agit en fait d'hyperfréquences, sur lesquelles sont pulsées des extrêmement basses fréquences, qui n'existent ni dans la nature, ni dans la technologie analogique par "radiofréquence" (l'équipement radio analogique). J'ai exposé les problèmes de santé, dont des maux de tête violents, qui m'assaillent depuis cet hiver, que j'attribue désormais aux émissions nocives au-dessus de ma tête.

Ce Monsieur m'a répondu fort courtoisement en évoquant les difficultés que son service rencontrerait à enlever cette antenne. Cependant je ne vois pas d'autres solutions, à moins que vous investissiez dans un blindage complet du bâtiment, ce qui serait beaucoup plus onéreux.

En tant qu'électrosensible, il m'est pénible, et depuis la pose de cette antenne, impossible de vaquer normalement à mes occupations dans cet appartement. J'ai fort heureusement la chance de posséder un terrain à quelques centaines de mètres où je peux rester dans une tente en pleine nature.

refuge vert

Je suis cependant bien obligée de passer du temps à mon bureau, qui est aussi le siège d'associations, pour y travailler. Or depuis cet hiver, les maux de crane terribles

tête en vrac

qui se déclenchent systématiquement au bout d'une heure dans les lieux me contraignent à adopter une attitude de fuite fort préjudiciable à mes activités.

Cette exposition électromagnétique me fait souffrir d'acouphènes et de pressions dans les mâchoires avec sensation d'étau de toute la tête, de fourmillements et brûlures dans les mains, les jambes et les pieds, de douleurs articulaires et musculaires m'ayant presque invalidé, de tachycardies et d'insomnies incompréhensibles durant des nuits entières, induisant un épuisement physique et psychique. Mon médecin généraliste, perplexe, accoutumé à mon naturel positif et combatif, a suspecté plusieurs causes, maladie de Lyme, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, ostéoporose et cancer osseux. Il m'a prescrit examens et analyses en laboratoire très poussés. Les résultats n'ont révélé aucune anomalie. Je signale que les douleurs articulaires et musculaires se sont déclenchées après la saison pluvieuse. Ni mon médecin ni moi ne pouvions donc accuser d'éventuels rhumatismes dus aux conditions climatiques et à l'âge puisque aucun symptôme de ce type ne s'est manifesté pendant les trois mois de tempêtes ayant inondé le département.

J'ai commencé à aller mieux seulement courant Mars quand, le temps étant plus clément, j'ai entrepris plus de travaux en extérieur, réduisant drastiquement mon travail informatique. Mais ne plus pouvoir travailler en intérieur n'est pas sans poser de gros problèmes quotidiens.

partir

C'est pourtant ce qui m'a sauvé car les symptômes ont régressé dès que j'ai passé moins de temps dans l'appartement.

immeubles

Je ne pouvais accuser la pollution électromagnétique de mes voisins, sachant qu'ils n'étaient pas équipés d'ordinateurs connectés, ce qui constitue une chance rare. Depuis que je loue cet appartement, j'ai passé de longues heures à travailler sur Internet, équipée d'un certain nombre de protections anti-ondes dont un dispositif téléphonique filaire et un désamorçage du Wifi,

telephone filaire

sans que cela déclenche de si graves symptômes, aussi soupçonnais-je une irradiation inconnue en œuvre quelque part dans mon environnement, bien qu'à cent lieux d'imaginer une source aussi puissante située juste au-dessus !

La découverte fortuite de la présence de cette antenne, qui constitue d'abord une catastrophe personnelle, est malgré tout un soulagement car, après tant de semaines de désarroi et de souffrance, j'identifie enfin la cause de mes douleurs, et que ce diagnostique devrait entraîner normalement la possibilité d'y remédier.

Par souci de vérification, je me suis exposée volontairement aux ondes en me contraignant à rester deux heures durant à mon bureau avec connexion Internet, ce que je n'avais pas osé tenter depuis l'hiver. Le résultat a été fulgurant. Violentes céphalées et nausées pour commencer, suivies de l'ensemble des douleurs énumérées ci-dessus, brutalement réactualisées sans que que je réussisse à les résorber avec du Doliprane. Et surtout, impossible de dormir pendant toute la nuit suivante. Il m'a fallu plus de 24 heures loin de tout pour récupérer un état à peu près normal.

Si je n'avais pas déjà organisé ma vie pour me soustraire le plus possible à la pollution électromagnétique envahissante, et que, comme les autres locataires, je sois contrainte de subir jour et nuit l'agression des rayonnements électromagnétiques, il est évident que cette exposition permanente aurait fini par effondrer mon immunité et mes capacités de récupération,

bousillée

me plongeant dans un cercle vicieux et un péril vital. Cependant, cette exposition massive, bien que réduite désormais à moins de deux heures par jour, a aggravé mon électrosensibilité, occasionnant une attitude d'évitement systématique et amplifiée de l'appartement et des lieux publics.

La preuve de la source du mal étant ainsi acquise, au vu des lourdes conséquences des émissions nuisibles de votre installation :

1) mise en danger de ma santé avec enjeu vital, les ondes électromagnétiques étant reconnues cancérigènes,

2) impossibilité d'utiliser et de jouir normalement du local dont j’acquitte un loyer régulier, et donc condamnation à l'exclusion sociale et professionnelle,

je vous demande d'enlever de toute urgence cette antenne du toit du bâtiment que j'occupe car elle constitue un danger sanitaire public, et de me transmettre une copie de la convention administrative vous liant à mon bailleur.

Je suis par ailleurs choquée que cette installation se soit faite à l'insu des habitants, qui sont exposés sans le savoir à des risques importants. La moitié des locataires sont en situation de vulnérabilité, enfants, personnes âgées et malades, et le principe de précaution le plus élémentaire n'a pas été respecté. Doublement choquée qu'une institution de secours et de protection du public réputée sauver des vies en arrive à en mettre en danger, paradoxe magistral.

Dans l'attente…..

 

 

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08 juin 2015

Leonide Pliouchtch

leonid pliouchtch

C'était une belle personne et j'ai la chance de l'avoir connu, bien que trop récemment, à l'entrée de sa dernière décennie.

Nous avions en commun d'habiter ce même village où nous avons atterri séparément à peu près à la même époque, issus de deux histoires opposées. Malgré des origines éloignées, je me sentais proche de cette incommensurable et dramatique destinée.

Réfugiés à des degrés de gravité différents, se battant pour la survie et la liberté, nous avons atterri ici pour échapper au massacre, lui extrait in extremis de la torture d'un asile psychiatrique sous férule soviétique, et moi réchappée du joug misogyne de la dictature patriarcale, tous deux entrés en dissidence ouverte, sous des formes évidement très différentes. Nous avons survécu chacun dans notre fuite, et c'est un miracle.

Nous avions aussi en commun ce qui relie tant d'humains par les profondeurs, dans le silence du deuil, la tragédie qui se poursuit dans nos enfants : la tombe de son fils et celle de ma fille, à quelques mètres l'une de l'autre.

La dernière fois que j'ai vu Léonide, c'était comme toujours au marché. Je demandais régulièrement des nouvelles de sa santé parce qu'il avait des difficultés avec sa jambe. Il répondait de manière lapidaire en chassant l'air avec son guttural accent russe : « Pas important... »

leonid le dissident soviétique

Tania, elle, en disait toujours plus, mais lui estimait que la situation de son pays natal, l'Ukraine, était beaucoup plus grave que son état personnel. Je crois que ce conflit, entre autres, a fini par laminer ses dernières résistances.

Je ne l'ai pas connu du temps de sa notoriété mondiale dans les années soixante dix,

tania et leonid

mais dans la modestie de sa retraite en Cévennes avec Tania. J'ai été frappée par leur grande humilité alors qu'ils pouvaient parler de quasiment tous les sujets politiques internationaux, avec une grande finesse de point de vue. La formidable humanité de cet homme, l'intégrité de son esprit tout autant scientifique que littéraire, son engagement inéluctable pour la liberté, est sans doute ce qui a préservé ce grand mathématicien incapable d'hypocrisie du morcellement mortifère de la rationalité. Il émanait de lui un incroyable mélange d'intelligence mortellement blessée, de moralité et d'authenticité indélébile, et une vivacité d'esprit surnageant avec un courage surhumain un profond désarroi.

A l'ombre de sa grande bibliothèque, Léonide a tenté une fois de me mettre une de ses mygales sur le bras mais j'ai préféré me contenter de la caresser sur le sien avant d'aller tendre une feuille de laitue aux tortues de Tania.

Léonide Pliouchtch est mort Jeudi 4 Juin au matin, je l'ai appris le soir en écoutant ma petite radio à piles dans ma yourte, aux infos sur France Culture.

Les médias qui tous, d'une seule voix en se copiant les uns les autres, disent n'importe quoi en alléguant qu'il est mort à Paris d'une longue maladie, se montrent incapables d'imaginer qu'on peut faire sa vie et la terminer ailleurs qu'à Paris. Léonide est mort dans son lit, chez lui, à Besseges, dans la maison où il habitait depuis vingt ans avec Tania, des suites d'un cancer fulgurant, détecté il y a peine deux mois. Enterré Samedi 6 Juin au matin dans l'intimité, il a rejoint son fils au même endroit où je rejoindrais ma fille le moment venu.

Alors, ceux qui veulent savoir ou seulement se rapeller quel homme et quel destin extraordinaires ont abouti dans ce village paumé du Gard, bourgade qui devrait en tirer un grand honneur, peuvent lire directement son livre « Le carnaval de l'histoire » ( disponible à la bibliothèque municipale du village) où il raconte lui-même son parcours de dissident soviétique. 

carnaval de l'histoire de pliouchtch

En attendant cette édifiante lecture, on peut consulter des extraits de son livre sur Médiapart, là:

http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/040615/leonide-pliouchtch-est-mort-quelques-ecrits

 http://blogs.mediapart.fr/blog/vincent-presumey/050615/leonide-pliouchtch-est-mort

 Il y a des belles fleurs sur la tombe de Pliouchtch, dont une gerbe de l'ambassade Urkrainienne, et c'est bien de les arroser avec cette chaleur.

Alors j'arrose.

Et ça me fait du bien.

HPIM0636

 

 

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25 mai 2015

Yourtes sous les étoiles

yourte cosmique

Tous les soirs, je m'assois devant la yourte sur mon vétuste petit fauteuil en rotin que j'ai du retresser et sangler plusieurs fois avec des chutes de store entrecroisées, tous les soirs d'hiver ou d'été, par moins cinq ou par trente, au crépuscule ou à minuit, j'honore mon rendez-vous sacré avec le ciel.

Soulagée de mes lourds paniers et godillots, agitation, soucis et préoccupations, j'oublie d'un coup, comme une amoureuse ravie de retrouver son amant après une journée bien remplie, tout ce que les charges du jour ont contracté, j'oublie ma pesanteur pour entrebâiller la porte des cieux et recevoir la grâce d'une caresse cosmique.

Dès que je lève la tête vers mon Noël permanent, mon épiphanie éternelle, dès que je me coule dans la cime des grands pins où les étoiles suspendues envoient sans se lasser leur jets d'espérance aux errants terrestres, l'embrouillamini des images et des émotions accumulées pendant la journée se dissipent comme par enchantement et le temps s'abolit.

Mes sens se dilatent pour embrasser l'environnement, mais ce n'est pas un mouvement spatial, c'est une immersion en profondeur qui revient au moyeu de l'existence d'où rayonne le vivant, et si je deviens grande, c'est parce que j'accepte de me diluer dans mon insignifiance.

Je laisse alors le silence intérieur écarter les frondaisons de ma forêt cellulaire, délayer les frontières de ma peau qui devient élastique et poreuse, je me liquéfie comme une sirène fendant l'onde et ma perception s'élargit telle une vielle passoire transformée magiquement en filet de pêche.

Plus je lève la tête vers le ciel, plus j'écoute les bruissements de la nuit, plus se dissolvent les murailles de l'esprit qui m'ont servi à construire le mythe quotidien de ma consistance personnelle.

le ciel dans la yourte

Elles sont là, immuables, à ravir mon âme solitaire si prompte à s'égarer dans les angoisses existentielles, elles sont là où je serais peut-être un jour après la fin du monde, transportée dans la danse céleste, étoiles innombrables dont j'ignore tout, sauf cette poésie miraculeuse et ce réconfort magnétique qui me saisissent quand je m'abandonne à elles, à cette joie plus forte que le découragement qui me convainc que s'ils peuvent tout gâcher sur terre, s'ils peuvent extraire et dilapider le sang de Gaïa, ils ne peuvent, ni ne pourront avant longtemps, décrocher les étoiles, ni tarir le flux sidéral.

Cette relation intime avec les étoiles, êtres énigmatiques dont la lumière signe une présence immuable, est probablement la plus stable qu'il me soit donner d'expérimenter avec des vivants qui me transcendent, au point qu'il me semble que cette révérence à l'inconnu et cette admiration suscitées par le mystère des astres imprègnent d'éternité les relations que je noue avec les parcelles les plus étranges de moi-même et de ceux que je côtoie.

Il m'arrive souvent de fabriquer mes propres étoiles,

arbre aux étoiles encore debout

comme si le processus créatif nécessitait régulièrement de répliquer le ciel

pour rafraîchir l'inspiration et se ressourcer.

étoile jaune

Étoiles de feuilles et de fleurs,

étoiles de cailloux et coquillages,

étoile de cailloux

de perles, de billes ou de boutons,

étoiles de branches, de tissu,

etoile tissu yurtao

  et de laine suspendues dans la bise,

petite étoile bleue

parsemant mes allées au détour d'une marche,

étoile à la grotte

étoiles sous la couronne de la yourte,

sous la couronne de la yourte

étoiles accrochées aux treillis de la yourte, 

P1110034

étoile réfractée de ma théière,

théière étoilée

c'est comme préparer le carrosse qui me déposera au grand bal de l'amour

quand il sera l'heure de partir.

Et tant pis si la tempête a réussi à renverser mon arbre aux étoiles

arbre aux étoiles tombé après la tempête

qui désormais pendouillent dans l'herbe entre les banières,

étoiles dans le prè

je ne doute pas un instant que la capsule éphémère où j'habite

entre ciel et terre sur le bord d'une falaise

appartient déjà au firmament dont le scintillement berce mes nuits,

yourte accrochée aux étoiles

et que c'est sans doute un avant goût du paradis.

ptit étoile ptit étoileptit étoileptit étoile

 

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19 mai 2015

Seringa, ma joie d'arriver

0 après les drapeaux

1 sur le chemin

2 je marche

3 et passe sous le seringa

4 d'où un parfum à défaillir de plaisir

5 s'exhale des petites fleurs blanches

6 qui m'entourent comme un arceau de marièe

7 alors que j'arrive à l'entrée de chez moi

8 où je me retroune pour voir le tapis blanc des pétales qui déjà tombent sur la terre

 

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13 mai 2015

Menus printaniers

Ces menus sans gluten, sans sucre, sans produits laitiers et sans céréales sont composés uniquement avec des produits locaux naturels ou biologiques. J'entends par naturels les produits de la nature non cultivés et non transformés. Je récolte les plantes sauvages dans un périmètre de quelques kilomètres autour de la yourte.

Ainsi sont naturels les végétaux, graines et fruits sauvages, et sont biologiques les farines, l'huile, les pommes de terre et les conserves achetés.

Chaque jour, j'alterne différentes tisanes de plantes locales récoltées alentour, dont les principales sont le thym, le romarin, la sauge, la menthe, la bruyère violette, le tilleul, la camomille, les cônes de houblon et le frêne. Je les choisis en fonction de leurs propriétés.

feuilles de frène

Les fruits, fraises et cerises, sont dégustés en dehors des repas.

Lundi midi

Salade de porcelle aux pousses de salsepareille.

porcelle belle

Ma salade sauvage préférée. Ses feuilles velues et épaisses sont délicieuses et très nourrissantes. Elle croit là où je remue la terre. Je coupe les feuilles du cœur et de nouvelles feuilles tendres repoussent. L'aire d'une prochaine yourte que j'ai aplani est ainsi devenue mon jardin sauvage où je me contente d'observer les nouveautés, d'admirer et cueillir en préservant soigneusement la ressource.

Beignets de consoude à la farine de riz et de sarrasin.

Je vais chercher la consoude en bord de rivière où elle forme des petites colonies de clochettes jaunes.

consoude sauvage à fleurs jaunes

Je colle sept ou huit feuilles vert émeraude entre elles avant de les plonger dans la pâte puis dans l'huile et de les déguster croustillantes, on dirait de la sole !

Figues sèches.

 Lundi soir :

Soupe d'ortie, évidement ! Un concentré de protéines végétales.

feuilles d'ortie

J'ajoute parfois un oignon aux orties et aux pommes de terres avant de tout passer à la moulinette. Je n'ai pas d'ortie chez moi, ma terre est trop pauvre et trop acide, mais je connais ses endroits de prédilection. Trop en bord de rivière, elle est souvent éliminée par les invasions d'armoise, il faut donc s'éloigner de la rive jusqu'au bas d'un talus pour la trouver, où elle profite de largages de déchets de jardins ou de gravats.

Asperges de pousses de houblon à la mayonnaise.

salade de pousses de houblon

J'adore ce plat là ! Il en faut beaucoup pour une assiette consistante, mais le houblon est facile à trouver, souvent dans les haies où il emberlificote ses voisines de ses étreintes sinueuses.

Amandes.

Mardi midi

Salade sauvage composée : ombilic et orpin,

nombrils de vénus

laiterons (le laiteron apre ne peut être consommé que jeune, après il pique! Par contre le laiteron lisse est d'une grande douceur de goût )

laiteron apre

alliaire, lampsane si elle est toute jeune, pissenlit, trèfles...

Tranche de sanglier offerte par un chasseur.

Beignets de fleurs d'acacia à la farine de châtaigne. Le sucre des fleurs allié à celui de la châtaigne est une gourmandise très délicate qui cale bien la fringale !

fleurs d'acacia

Mardi soir

Soupe de chénopodes.

Le chénopode est un épinard sauvage très doux que je mouline avec des pommes de terre.

chénopode      chénopode

Crosses de fougères à la mayonnaise. Il faut les couper quand les frondes sont encore très enroulées et donc bien tendres.

Galettes de farine de pois chiche à la confiture d'arbouses.

Mercredi midi:

Salade sauvage composée : pimprenelle,

pimprenelle

feuilles et fleurs de trèfles, d'alchemilles,

alchemille

de coquelicots et de pâquerettes.

coquelicot

Chapatis de pariétaires à l'ail. Un concentré de potassium. La râpeuse pariétaire est très commune mais a peu de goût, aussi peut-on allègrement y ajouter des condiments.

pariétaire

Sardines à l'huile et au fenouil.

Mercredi soir :

Velouté d'amarante.

Galettes de millet aux vesses.

Noix.

Jeudi midi :

Salade de jeunes feuilles de tilleul et d'aubépine avec bourgeons de pin. Acidulée, cette salade peut se passer de vinaigre.

Omelette aux pommes de terre et pousses de houblon.

Pruneaux.

Jeudi soir :

Soupe de feuilles de mauve et de laiteron.

Jeunes pousses de fragon à la vinaigrette.

Crêpes à la farine de millet et de riz avec de la confiture de framboises.

Vendredi midi :

Racines de bardane crues.

Il faut déjà s'enfouir sous les grandes feuilles pour extirper le pivot de la terre sans l'arracher.

bardane

Elles ne sont pas faciles à éplucher, mais quel régal quand elles sont tendres et pas trop fibreuses !

racines de bardane

Galettes de flocons de sarrasin aux vesses.

vesses

Fleurs de robinier.

fleurs d'acacia devant la yourte 

Vendredi soir :

Potage d'herbes. (porcelle, plantain, vesse, tilleul, laiteron, chenopode etc.) La feuille de tilleul libère du mucilage qui épaissit la soupe.

Pétioles de bardane sautés en sauce blanche. Ces tiges s'épluchent comme la rhubarbe et il faut les prendre jeunes.

pétioles de bardane

Chaussons de fleurs de sureau.

 sureau

 A force de déguster une si grande variété de plantes sauvages, le goût s'affine et il n'est plus guère possible de se régaler avec des légumes industriels, jugés désormais immangeables. Ces produits forcés sont non seulement insipides, mais de plus en plus repoussants à mesure que se develloppe le respect du plus petit végétal. Si d'aventure il m'arrive d'en manger, ma langue en fait des aphtes. Devant ces pauvres légumes maltraités, je ne ressens plus que la violence qu'ils ont subi. Alors qu'une herbe appréciée, ceuillie avec respect, s'offre à qui s'insère avec conscience dans la grande ronde de la chaîne alimentaire, cet équilibre formidable de l'écosystème que l'homme s'acharne à détruire.

 

 

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27 avril 2015

Balade Cevenole : Viens! Ne te lasse pas de mêler à ton âme la campagne, les bois...

tipi d'appel

Sors de ta ville et viens marcher sur les sentiers.

Déconnecte des écrans et connecte toi à la terre.

le vieux Lakota

Chausse de bonnes semelles et prépare ton pique-nique.

Le Samedi 9 Mai 2015, nous irons sur les crêtes

regarder besseges

contempler vallonner les Cévennes

vue cevenole

et traverserons châtaigneraies et chênaies ancestrales.

Nous partirons du camp de yourtes à Bessèges le matin

pour une balade d'une dizaine de kilomètres, la boucle du Ronc Rouge.

carte rando ronc rouge besseges

Nous nous sustenterons à la chapelle Saint Laurent,

avant de longer les hauts de Rochessadoule, entre thyms, buis et fragons,

et redescendre par une magnifique forêt de châtaigniers.

Petite halte à la grotte des fées, occupée par nos ancètres il y a des milliers d'années,

et à la capitelle qui servait d'abri aux bergers.

capitelle dans le bois yurtao

( Dessin de Sylvie, crayons de couleur et feutre)

Partage botanique, historique, minéralogique selon l'apport des participants.

Cette sortie est proposée dans le cadre des journées Conviviales

de chaque deuxième samedi du mois

au Cantoyourte de Sylvie.

soleil yourte

Rendez-vous à 10h au camp

pour un départ à 11H.

cantoyourte étoile du matin

N'oublie pas ta bouteille d'eau avec ton pique-nique

et éteins ton téléphone portable, mais s'il est connecté à internet ( G3/G4 ), mieux vaut le laisser chez toi ou dans ton véhicule.

«Savez-vous que j’ai souvent l’impression de ne pas être vraiment un être humain, mais un oiseau ou un autre animal qui a pris forme humaine ?»

Lettres de prison de Rosa Luxemburg, éditions Bélibaste, 1969.

 « Il me console de savoir que qui court ne pense pas. Ne pense que celui qui chemine ».

 Le philosophe Mario Tronti 

« Viens! Ne te lasse pas de mêler à ton âme la campagne, les bois, les ombrages charmants, les larges clairs de lune au bord des flots dormants, le sentier qui finit où le chemin commence. » 

Victor Hugo.

 *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *   *    *   *   *   *   *  

Contact pour plus de renseignements :

yurtaoarobazeyahoopointefaire.

ou:  cantoyourte (arobaze) orange.fr

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18 avril 2015

Comme on nous trimballe

femme couleur

Demain, je vais en ville.

Je m'y prépare plusieurs jours à l'avance après avoir tout fait pour l'éviter.

faut que j'aille en ville

Patience et endurance sont impératives car le trajet en car dure une heure en moyenne pour atteindre un but situé à trente kilomètres.

J'ai le choix entre deux départs, pas plus, un le matin tôt et un à treize heures. Personne n'a le droit de sortir l'après-midi, ni le soir, et encore moins le week-end, de ce bourg abandonné des pouvoirs publics, s'il n'apporte généreusement, avec son tas de ferraille individuel, sa contribution au réchauffement climatique et un gros coup de pouce à la croissance des pétroliers pourvoyeurs de terroristes.

Ces abominables et nauséabonds caissons à roues ont beau être les principaux responsables de la menace d'apocalypse écologique, ils bénéficient toujours d'un prestige à la mesure de l'espace qu'ils asphyxient. Bien qu'un trajet en véhicule personnel soit beaucoup plus coûteux qu'un trajet collectif, la vertu du simple et le soulagement apporté à la planète ne récoltent aucune considération positive.

La société vous traite selon votre niveau d'appropriation matérielle et de destruction du bien commun, avec d'un coté, le citoyen lambda de l'anthropocène virulent fondé sur l'accumulation de véhicules,

autos caput

et de l'autre, une masse informe de parasites, barbares en insidieuses incursions ou bas peuple à trimballer en troupeaux, dont on peut tout au plus espérer un profit par accumulation de petites traînes de dernière zone.

Le blasphème économique du véhicule transportant plusieurs personnes pour une seule empreinte énergétique ne trouve sa relative rédemption que par l'entassement maximum.

train bondé

De plus en plus de bétail humain est ainsi livré pèle mêle aux rouages urbains et à la grande et insatiable hydre capitaliste. Il y a dix ans, les cars départementaux étaient quasiment vides en journée, fonctionnant principalement aux extrémités du jour pour les scolaires, subventionnés par le Conseil Général. Aujourd'hui, de pauvres hères, toujours les plus faibles qui n'ont pu joué des coudes, vieux et mal-portants, incapables de devancer les collégiens prenant d'assaut la porte d'entrée du bus vespéral, restent lamentablement sur le carreau, cabas ballants, mines hagardes, refoulés, méprisés de tous.

veille femme harrassée

Au moment où la crise commençait à bien remplir les cars, ils ont arrêté le train.

Il nous ont fait croire qu'ils allaient le remettre bientôt, juste le temps des travaux, mais c'était pour mieux nous couillonner, les travaux n'ont jamais commencé.

D'abord, ils l'avaient ralenti. Les dernières semaines, la micheline avançait à 25 à l'heure.

Le Moyen Age.

train pourri

On allait plus vite en vélo, malgré qu'ils ne feront jamais de piste cyclable.

vélo fleuri

Ensuite, comme ils n'entretenaient plus les abords et que la locomotive déglinguée se traînait sur les rails pourris en se faisant fouetter par des branches d'arbres, ils n'ont pas voulu débourser en emplois d'élagueurs et ont choisi une solution plus rapide et radicale :

des flots de Rond Up XXL sur toute la végétation exubérante le long de la voie ferrée.

Efficace : même les acacias, pourtant extraordinairement robustes et vivaces, sont devenus blafards, comme brûlés de l'intérieur, avant d'être couchés par une tempête. En contre-bas, la rivière abominablement polluée a torpillé les poissons et les oiseaux qui les mangeaient, et contaminé insidieusement riverains et baigneurs estivaux, sans que personne ose dénoncer les « efforts » de RFF ( Réseau Ferré de France) pour « sauver la ligne ».

Mais l'année d'après, les acacias ont repoussé. Pire que les ginkgos d'Hiroshima !

Alors ils ont arrêté le train, purement et simplement.

plus de train

Malgré que ces trente kilomètres de ligne aient un potentiel de voyageurs équivalent à la ligne reliant préfecture et sous préfecture, qui, elle, a bénéficié de gros chantiers de réhabilitation.

travaux sur la ligne

Au début, ils ont noyé le poisson dans l'eau par une desserte routière de cars SNCF, juste pour évacuer les derniers touristes. Ça a duré trois mois, et quand les gens ont commencé à moins râler, ils ont supprimé les cars.

Le néolithique.

Seule compensation pour les indigènes qui n'ont plus à disputer leur carré de serviette sur la berge de la rivière, les touristes ne sont plus revenus.

Puisqu'ils nous ont abandonné, on aurait pu se regrouper pour survivre en autarcie, il y a de quoi faire ici, avec toutes ces terres en friches. Mais non, ils nous obligent à aller pointer en ville en menaçant de supprimer nos subsides si on plante des légumes pour les manger au lieu de renchérir dans la surproduction industrielle en train de bousiller ce qui reste d'humus.

Il a donc fallu se rabattre sur les cars départementaux. D'un coup, entre crise et sales coups politiques, ça a été comme un raz de marée, les cars ont débordé.

débordement

Alors ils ont fait comme d'habitude, ils ont « rationalisé » : des « experts » ont calculé le coût le plus bas pour une rentabilité maximum. Les petites compagnies de cars locaux montées trente ans en arrière par de modestes entrepreneurs du coin habitués aux autochtones ont toutes été contraintes de se dessaisir de leur autonomie pour prêter allégeance à la multinationale Veolia, qui a « épuré » le trafic.

Fini les cartes gratuites pour les chômeurs, durcissement des conditions d'abonnements, menaces de sanctions affichées en gros sur les vitres contre les resquilleurs, contrôleurs parachutés par surprise, suppression des petits arrêts à la demande, allongement des lignes pour ramasser plus, suppression d'horaires le soir, absence de services le Dimanche, les vacances et les jours fériés, informatisations des paiements et pannes chroniques des poinçonneuses électroniques, sous-traitance des réductions, etc....

Les petits patrons dépossédés ont râlé, furieux de perdre la maîtrise de leur instrument de travail et de se soumettre à un consortium aveugle. Quelques écolos, gauchistes et décroissants ont soutenu leur résistance, mais aucun argument de proximité ne valant contre la rentabilité, on a tous abdiqué par force.

Maintenant, d'impersonnels bureaux planqués à Petzouilleslesandouilles pressurent l'ensemble du transport routier collectif du département au profit de quelques actionnaires. Le Conseil Général a fait passer la pilule en régulant les tarifs par un prix unique à 1,50 Euro le trajet pour tous, ça a marché, tout le monde s'est écrasé.

on s'écrase

Pour moi, toute la tactique anticipatrice consiste à évaluer comment arriver au but dans un état pas trop délabré. Si la ruine est inévitable, que je ne peux proportionner positivement mes efforts en rapport au bénéfice attendu, que le bilan énergétique s'effondre parce qu'il me faut trois jours pour récupérer d'un déplacement, je révise mes buts, le plus souvent en assumant le retard de mes échéances.

Si je prends le car du matin, je m'immerge dans la jeunesse, si je prends celui d'une heure, je m'amalgame au quart monde. Ce n'est pas de la mixité sociale puisque aucun bourgeois ne se risque jamais dans ce guêpier.

train à deux niveaux

Avec les jeunes, le bain de jouvence est malheureusement contrarié par les coups de genoux, postillons giclés et chewing-gums collés, vociférations instrumentales et panorama exhaustif et tempétueux de leurs relations amicales et familiales via leurs portables toujours allumés. Telle cette gamine obligée de s'asseoir à coté de moi à cause du surpeuplement, qui ne cesse de téléphoner à sa copine montée dans le car précédent qui patine devant le nôtre. Ou ces adolescentes délurées qui crachent dans mes jupes des pépins de je ne sais quelle amalgame saccharosé en invectivant les boutonneux alentour pour qu'ils les alpaguent et m'éborgnent.

La deuxième immersion, celle du quart monde national, est certes plus calme malgré que désormais le moindre mendiant, trisomique ou marginal possède un portable où il fait semblant de n'être pas seul. Mais la promiscuité est beaucoup moins vivifiante. Il se trouve toujours un bougre profitant des transports publics pour coller ses fesses à celles d'une malheureuse qui n'a d'autre échappatoire que de réduire drastiquement ses dimensions charnelles, de colmater hermétiquement ses cinq sens et de pratiquer une apnée de nageuse professionnelle pendant toute la durée du trajet. Et si on échappe aux crachats des gamins, rien ne prémunit contre les toux, éternuements, poux, germes et virus de la gente populaire, ni de la bave, poils et puces de leurs chiens.

cabots

Les jours de pluie, ça complique. L'eau coule sur les porte-bagages et les bastingages avant de gicler sur les têtes et rouler sur le lino. C'est parfois amusant bien que des places soient perdues, mais quand un brave s'assoie innocemment sur ces strapontins royalement vides, le spectacle des trémoussements et des nuques affolées se terminant en mouchoirs trempés et fonds de pantalon impudiques s'ajoute sympathiquement au répertoire désordonné de la grande comédie sociale.

Les jours d'été, lorsque le car a stationné quelques minutes au soleil fenêtres bloquées, c'est le four avec déshydratation et malaises assurés. En hiver, avant que le chauffage fonctionne, on se gèle. Et tout le temps, ça vibre. Toute cette ferraille malmenée explose en une gamme tonitruante de sons saccadés inquiétants qui vrillent le cerveau. L'imparable matraquage vibratoire empêche le moindre assoupissement en fossilisant toute esquisse de protestation.

Si on peut opter entre fétidités séniles et bousculades adolescentes, on ne peut rien contre la torture électro-magnétique généreusement administrée par la connectivité généralisée, rien non plus contre le laminage des amortisseurs, des freins et de sa santé, et surtout, rien de rien contre l'incontournable constante à laquelle personne n'échappe, le despote qui détient les clefs de votre vie pendant toute la durée de votre martyre routier : le chauffeur.

Le Crétacé (époque des dinosaures…) .

roi chauffeur

Le chauffeur n'aime pas les pauvres.

Le chauffeur déteste son boulot.

Le chauffeur se venge en entrechoquant furieusement son bétail.

Le chauffeur conduit n'importe comment pourvu que ça déglingue un max de carlingue et de dingues.

Nids de poules et dos d'âne à fond, ronds-points enjambés par le milieu, coins de trottoirs loupés ou intentionnellement culbutés, flaques d'eau éclaboussées en panaches géants sur les passants, pilage à l'arrache sur la voiture de devant déboîtant les bassins traumatisés des ménopausées, absence totale de négociations des virages et coups de freins brutaux sans rétrogradation des vitesses, coups de klaxons en mitraillette, il adore, c'est sa revanche de ne pouvoir expurger racailles et zombis, ça apaise sa haine de chauffeur de pauvres.

Dés l'aurore, le chauffeur noie sa rage de déclassé en ouvrant les égouts sonores, Fun Radio et Énergie à fond dans les micros alignés au plafond jusqu'au fond du car, martelant les passagers de hurlements publicitaires et de pilonnages discos. Ce supplice cacophonique recroqueville sous hypnose profonde tous les vieux, les ménagères, les handicapés, les néo et les gentilles familles dont les bébés capricieux en restent tétanisés, jusqu'aux scolaires parfaitement abrutis au consumérisme inoculé de force, embarqués en fanfare dés le saut du lit dans leur calvaire « culturel ». Les moins impactés semblent être ces adolescents qui téléphonent à tue tête et s'esclaffent à gorges déployées tandis que d'autres s'accrochent désespérément à leurs propres sons dans l'oreillette. Évidement, les boules Quies s'avèrent incapables de filtrer ce vacarme.

Cinq minutes, c'est rigolo, il y a du spectacle, une heure, c'est l'enfer.

Mais le pire, c'est l'opinion du chauffeur.

Un jour, bien avant Charlie, j'ai pris le car à contre sens pour un petit trajet à une horaire par la suite supprimée, et me suis donc retrouvée, occurrence ultra rare, seule passagère. Jusqu'à ce qu'un vieux Monsieur un peu branlant mais propret monte à la station suivante, qui commence à discuter avec le chauffeur. Ignorant superbement ma présence, les deux hommes se sont mis à déplorer la fin du monde fomentée par tous ces tarés qui font chier, ces minables qui foutent rien et s'empiffrent dans la gamelle des honnêtes travailleurs obligés de se les farcir, tous ces branleurs qui complotent, salissent et pourrissent, des parasites à dégager aux travaux forcés ou en prison,

misérable

heureusement que Marine va changer tout ça, moi je vous le dis Monsieur, on va mettre un gros coup de pied dans toute cette vermine et on va voir ce qu'on va voir en 2017, le grand nettoyage, le salut de la France !!!!

Ça a duré neuf minutes jusqu'à ce que je descendes, neuf minutes infernales,

prisonnier

les plus irrespirables de mes incartades sur goudron depuis que je me suis débarrassée de ma voiture. N'ayant pas eu le courage d'intervenir de vive voix de peur de m'emballer moi aussi et me faire éjecter n'importe où en rase campagne, je me suis pourtant sentie le devoir d'aller protester au siège de la compagnie puis de prendre ma plume pour rédiger une réclamation non anonyme

réclamations

exigeant le respect de l'obligation de réserve dans l'exécution d'une mission de service public.

Et je continue à prendre CE car avec CE chauffeur... Ce qui m'oblige à le prévenir systématiquement à haute et intelligible voix lorsque je dois ouvrir le coffre latéral extérieur pour récupérer mes cabas, de peur qu'il fasse semblant de ne pas me voir et file en m'estropiant ou explosant mes courses sur le pavé. Mésaventure qui est arrivée à une de mes visiteuses, une petite dame âgée alourdie d'un gros caddy qui avait glissé tout au fond du coffre. Pour le récupérer, elle avait du s'allonger de tout son long dans la soute au milieu des bidons d'huile. Enduite d'un liquide de frein qui avait fui sur le lino et son bagage, elle ne put ressortir par ses propres forces. Le car a démarré et les petits pieds ont battu l'air quelques tragiques secondes avant que le chauffeur consente à piler, mais pas à descendre extirper la malheureuse. Celle-ci était tellement détrempée et sonnée que plus aucun son n'a pu échapper de sa bouche jusqu'à ce qu'on arrive à la yourte...

Durant l'année scolaire, les écoliers rapportant le gros des bénéfices, on a plus de chances que le service soit assuré. Pendant l'été, il faut avoir enregistré que toute fuite hors du bled par un moyen collectif est parfaitement aléatoire. Prévoir une date de vacances ou simplement une visite dans le village voisin a quasiment autant de chances de réussite que remplir un ticket de loto.

J'en ai fais l'expérience un matin où il ne me fallait louper absolument aucune correspondance entre cars et trains pour arriver à l'heure à l'aéroport où je devais restituer une petite Parisienne à sa famille.

Timing très serré. Le jour J, on attend à sept heures et demie devant la mairie avec valises et pique-nique, largement en avance pour juguler la légère angoisse de cette pénible journée de transport. On attend et le car ne vient pas. Et tout à coup, je vois le monstre de l'autre coté de la rivière, à l'arrêt du pont, à 500 mètres. Je comprends immédiatement que bien que la station où on attend soit l'incontournable point de départ et le terminus de la ligne, le car ne viendra pas jusqu'ici. Paniquée, je constate en même temps à la pendule que je n'aurais pas le temps de courir pour le rattraper. Tout s'écroule, on va rester sur le carreau et louper l'avion, implacable chaîne d'emmerdements que je refuse net.

Je me propulse alors au milieu de la route pour attraper le premier véhicule. C'est un vélo qui arrive à toute vitesse. Il s'arrête, je reconnais un copain, son vélo possède une assistance électrique, c'est jouable. Haletante, je lui demande d'aller choper le car pour qu'il vienne nous chercher. Il fonce, traverse le pont et crie au chauffeur en train de démarrer que des voyageurs attendent à la mairie. Je vois le car partir, disparaître, puis revenir, et enfin arriver devant nous. En constatant la difficulté du demi-tour et de la marche arrière, je comprends la situation. Le chauffeur est un jeune néophyte remplaçant et ne sait pas conduire un tel volume. Il n'est pas venu à cet arrêt simplement parce qu'il a voulu s'éviter une manœuvre un peu trop compliquée...

Un autre jour, levée à 5 heures pour le car de 6H45, j'ai attendu une heure à l'arrêt dans un froid glacial par moins trois degrés Celsius en plein vent et le car n'est jamais venu. J'ai renoncé à ce forum politique que j'attendais depuis un mois et suis rentrée chez moi me réchauffer, sans commentaires.

Au fil du temps, tous ces contre-temps ont nourri en moi une philosophie de non-acharnement

stoique

qui s'avère précieuse pour cultiver, non pas la résignation,

mais une forme de tempérance

proche de la sagesse de mes amies les petites bêtes sauvages :

transport écologique

 si la ville me refoule, c'est que je peux ou dois m'en passer.

Alors lentement, je deviens comme ces vieux sages de la forêt, mes amis les arbres,

impavide et immobile.

femme arbre

Immobile puisque je ne consomme plus d'espace,

mais pas statique puisque je marche au moins mes 5km en moyenne par jour.

je porte un croco

Je me demande toujours pourquoi les gens partent si loin en vacances alors qu'il suffit de s'enliser dans les turpitudes du sous-pays pour vivre des aventures palpitantes.

Je ne peux m'empêcher de considérer d'un air un peu blasé les copains qui racontent leurs déboires dans des cars bondés Asiatiques ou Indiens,

panne en plein désert

fiers d'avoir supporter des conditions précaires qu'ils vernissent du sceau de l'exotisme et de l'extravagance uniquement à cause de la distance.

Je me demande aussi pourquoi les gens partent si loin à l'étranger pour accomplir leur chemin initiatique alors qu'on a tout ce qu'il faut sur place comme aberrations pour se coltiner la véritable épaisseur du réel et bricoler son propre stoïcisme.

stoicisme

Finalement, demain, je ne vais pas en ville.

Je ne veux plus la ville. Je veux mes arbres.

femme qui aime les arbres

 

 

 

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08 avril 2015

Yourtes sur radio Larzac

A écouter:

http://www.radiolarzac.org/sons/vivre-en-yourtes

Bon, le Monsieur du CAUE au milieu de l'émission tient des propos franchement lourds, je suis certaine que sa bagnole roule au pétrole arabe, qu'il achète plein de sales trucs chinois obsolescents au supermarché, que sa maison est truffée de bois tropicaux et de tapis tissés par des enfants indiens misérables, qu'il mange des pizzas italiennes, des crevettes japonaises et de l'huile de palme malaisienne, mais ça fait rien, pour lui, les yourtes, c'est pas français, donc ça n'a rien à faire en France…

J'en ai franchement marre des arguments bidons, mais j'ai répondu très poliment quand même.

Comme quand, aux journées de l'écologie à Die l'année dernière, on m'a flanqué en contradicteur un gars de la LPO qui accusait les yourtes de gêner les oiseaux ! J'étais tellement stupéfaite que ça a failli me couper le sifflet. Presque autant que lorsque j'ai entendu il y a quelques semaines un journaliste de France Culture faire une remarque débile après l'info sur le comptage des oiseaux deux fois par an. Il était proposé aux gens de faire part de leurs observations dans leur jardin.

http://www.reporterre.net/Sauver-les-oiseaux-devant-son

Le journaliste, oubliant qu'une bonne partie de son auditoire est rural ou du moins provincial :

« Faut vraiment avoir rien à faire pour compter les oiseaux »

Ce Parisien en grève depuis trois semaines maintenant, a, je l'espère, le temps aujourd'hui, sinon de compter les oiseaux, du moins de se rendre compte qu'il y en a encore, malgré que son mode de vie autistique matraque la biodiversité.

colombe sur ma yourte yurtao

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