14 novembre 2009
Toilettes sèches enfin légalisées!
Les toilettes sèches
enfin reconnues par la loi!
Le monde se divise en deux catégories :
ceux qui chient dans leurs réserves d'eau potable
et ceux qui ne le font pas.
Discours d’inauguration des toilettes sèches:
Chers amis jardiniers de la terre,
Nous sommes fiers d’inaugurer ce magnifique édifice.
Parce qu’il est beau.
Parce qu’il est utile.
Parce qu’il est indispensable…
Sa construction nous a appris des tas de leçons, de persévérance, d’économie des ressources grâce à la récupération des palettes, des copeaux et du mobilier....
Est-ce que la trésorière peut nous rappeler
combien ces toilettes ont coûté à l’association ?
(15€ + 9€ pour le seau de maçon).
Les toilettes sèches n'étaient pas
reconnues par la réglementation.
C'est désormais chose faite grâce à un
décret paru le 9 octobre 2009 au Journal Officiel.
« − Par dérogation à
l’article 3, les toilettes dites sèches (sans apport d’eau de dilution ou de
transport) sont autorisées, à la condition qu’elles ne
génèrent aucune nuisance pour le voisinage ni rejet liquide en dehors de la
parcelle, ni pollution des eaux superficielles ou souterraines.
Les toilettes sèches sont mises en œuvre :
– soit pour traiter en commun les urines et les fèces.
Dans ce cas, ils sont mélangés à un matériau organique pour produire un compost
;
– soit pour traiter les fèces par séchage. Dans ce
cas, les urines doivent rejoindre la filière de traitement prévue pour les eaux
ménagères, conforme aux dispositions des articles 6 et 7.
Les toilettes sèches sont composées d’une cuve étanche
recevant les fèces ou les urines.
La cuve est régulièrement vidée sur une aire étanche
conçue de façon à éviter tout écoulement et à l’abri des intempéries.
Les sous-produits issus de l’utilisation de toilettes
sèches doivent être valorisés sur la parcelle et ne générer aucune nuisance
pour le voisinage, ni pollution. »
Pour lire le texte intégral sur le Journal
Officiel, arrêté par les ministres d’Etat,
ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en
charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, et ministre de la santé et des sports, Arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions
techniques applicables aux installations la Section
5, Art. 17:
« Cas particulier des toilettes sèches »
http://www.ecologie.gouv.fr/IMG/pdf/ARRETE_prescriptions_techniques_ANC_7_septembre_2009.pdf
Le décret du 9 octobre devrait donner un
nouvel élan à ces équipements écologiques.
L'association Empreinte a recensé près de
1.400 foyers qui utilisent des toilettes sèches.
Sur la base de dix utilisations par jour,
et en considérant que des toilettes conventionnelles consomment six litres à
chaque fois, l'économie d'eau potable atteint trente millions de litres par an.
Les chasses d’eau utilisent 25 à
40 % de la consommation d’eau des ménages et apportent 80 % de
la pollution physico-chimique et près de 100 % de la pollution bactérienne dans
les eaux usées
Sachant que les produits d'évacuation des W.-C. classiques constituent 60 % des eaux à épurer en France, l'utilisation quotidienne des toilettes sèches est, de très loin, la démarche quotidienne la plus efficace pour la protection de l'environnement.
Après l'art du savoir ne rien faire évidement.
Et je ne veux plus entendre ces journalistes intrusifs, mi-dégoutés mi-fascinés, assénant sous l'œil rapproché de la caméra ou du micro, à tous ceux qui font l'effort de leur expliquer leur mode de vie simple et naturel,
toujours la même chiante question:
« Est-ce que ça sent? »
.
Chez les fabricants, le prix d'une
toilette sèche démarre aux alentours de 300 € (seau, meuble, cuvette, etc.),
mais en auto-construction, le coût descend à une cinquantaine d'euros si on
achète ses matériaux.
Mais on peut même facilement descendre à rien du tout avec astuce et récupération,
comme je l'ai fait là en intérieur,
et comme je l'ai fait là en extérieur
Détails et photos de la fabrication des toilettes du Cantoyourte
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/02/16/7979496.html
Une galerie de toilettes sèches de récup là:
http://www.tamaisontonjardin.net/article.php3?id_article=33
Toilettes sèches hypo-mobile là:
http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=892
Une TS avec pré-compostage interne:
:http://www.surlaterre.org/Fiches/ToiletteSecheVivante.show&time=2007-08-14+13:48:22
Toilettes sous osier vivant!
http://www.gerbeaud.com/jardin/amenagement/osier-vivant-tresser.php
Toilettes végétalisées:
http://www.csctillay.fr/article.php3?id_article=214
Toilettes publiques pour les communes:
http://www.hellopro.fr/PETIT_COIN_NATURE-123684-noprofil-2007748-241570-0-1-1-fr-societe.html
Location de TS pour festivals:
http://www.toilettesdumonde.org/articles.php?lng=fr&pg=95
Pour en savoir beaucoup plus
sur ce complément indispensable de l'habitat sous yourte,
connectez-vous sur le site
de l'association Empreinte:
http://www.habitat-ecologique.org/toilette.php
08 novembre 2009
la loi des robots
Vous n'avez pas le droit
de désirer vivre simplement.
Vous devez consommer plus,
pour alimenter les actionnaires du système.
Vous n'avez pas le droit de vivre sous une yourte,
avec un lavabo dehors,
des toilettes séches,
un panneau solaire,
avec juste un poele pour l'hiver
et un drap mouillé pour toute clim
devant votre porte- fenétre.
Vous n'en avez pas le droit
parce qu'alors vous n'êtes pas
solidaire.
Pas solidaire avec le système
qui a besoin de votre argent,
de vos bras, de vos désirs,
de vos forces de travail,
de votre temps, de votre pensée,
et même de vos rêves.
Vous n'avez pas le droit d'être pauvre,
vous devez être ou nanti ou misérable,
qu'on sache au moins ou sont les frontières
pour empêcher la contamination.
Vous n'avez pas le droit
de vous éclairer modestement,
juste à l'endroit nécessaire,
vous devez spoter
et sonoriser tous azimuts votre maison
pour soutenir le programme nucléaire du pays.
Vous n'avez pas le droit de coudre vos vêtements
ou de rafistoler la fripe que vous avez récupéré,
ni de superposer les couleurs et les coupes,
vous êtes vieux jeu, passéiste,
excentrique, dégoutante,
et c'est pas carnaval tous les jours..
Ni de trotter dans des mocassins de votre cru,
alors que, dans votre ville préfecture,
pas moins de quarante boutiques de chaussures
vous attendent,
au milieu d'une bonne centaine
de magasins de vétements.
Pas le droit d'y aller avec vos vêtements usés,
la bas, on défile en portemanteaux
sur tous les trottoirs,
faut que ça brille le neuf!
Vous n'avez pas le droit
de vous doucher une fois par semaine,
c'est sale,
il faut se doucher tous les jours,
c'est la norme dans les pays ou l'eau abonde.
Vous n'avez pas le droit de cueillir
la saponaire pour vous récurer,
et encore moins d'utiliser les cendres de votre feu
pour faire tremper votre culotte.
Vous devez ronger votre peau
avec des détergents cancérigènes
que des savants obligeants ont concoctés pour vous.
Pas le droit d'emaner vos propres odeurs, ça pue.
Et si vous avez un cancer,
vous n'avez pas le droit de râler,
votre pays est celui ou sévissent le plus de spécialistes,
vous avez de la chance d'être née
dans un endroit doté
d'une industrie médicale performante.
Vous n'avez pas le droit de jeuner,
la mode est aux obèses.
Vous n'avez pas le droit d'avoir faim,
c'est de la résistance malsaine
contre le gavage généralisé.
Pas le droit de vous soigner
avec les remèdes de grand-mères,
et encore moins avec les plantes sacrées
des peuples premiers,
car ils appartiennent désormais à ces petits futés
qui leur ont rajouté suffisamment
de colorants et d'emballages
pour y aposer leur marque,
et faire fleurir ainsi l'industrie pharmaceutique.
Vous n'avez pas le droit de vieillir,
ca fait tache,
pas le droit d'être jeune, c'est dangereux.
Vous n'avez pas le droit d'aller cueillir des orties
dans le champ d'à coté, encore moins
de faire de la pub à vos copains
sur les qualités extraordinaires de cette plante,
car c'est du vol.
L'ortie a été privatisée
pour vous être revendue à son juste prix.
L'autre jour, mon voisin m'a passé un sac
de salade sauvage à travers sa clôture,
et bien que ça soit de l'escroquerie organisée,
une trahison qui fait éclater le trou de la sécu,
je me suis franchement régalée.
Bien que, quand même, cette salade,
elle avait un parfum de Titanic.
Pas le droit de ressemer les graines
que vous avez gardé de l'année dernière,
car vous volez les grosses firmes de semenciers qui,
sans vous, ne peuvent plus gouverner
et enrégimenter le monde.
Vous n'avez pas le droit de passer vos soirées seule,
c'est indécent,
vous devez être solidaire
avec les millions de célibataires du pays
qui cherchent à vous contacter
pour une partie de jambes en l'air.
Vous n'avez surtout pas le droit de préferer
pour tout compagnon
un feu qui crépite tranquillement dans le poêle,
car bouder la télé, c'est être désinformé,
comment donc pourrez vous voter correctement?.
Vous n'avez pas le droit
de prendre des risques inconsidérés,
en ne fermant pas votre porte à triple tour,
triple pennes, triples cadenas,
et en ne truffant pas vos remparts
de signaux d'alarme
débloquant tous les gorilles du quartier
prêtsà vous faire justice.
Vous devez vous assurer auprès de compagnies
qui s'occupent de tout,
et surtout de vous dépouiller de votre peur.
La peur.
Finalement, tout tourne
autour votre peur de mourir.
Dans ma petite yourte,
je ne prends pas beaucoup de place
et je n'abime pas beaucoup la planète,
alors j'ai appris à domestiquer ma peur.
Dans ce monde matérialiste,
préparer sa mort semble une insulte
à la course au développement.
Or, se dépouiller, se simplifier,
c'est une façon de reconnaître
qu'aucune accumulation
ne vaincra la peur de la mort.
C'est faire de la place à ses enfants.
Aux enfants de la terre de demain.
Mais il est interdit de le souhaiter,
interdit de l'espérer:
désormais les parents qui osent vouloir partager
un vrai avenir avec l'étrangeté du monde
sont menacés de prison.
30 octobre 2009
Allégresse au palais de la reine.
« Ce n'est plus une exploration dans un but d'accumulation, mais véritablement un état d'admiration. Cette admiration de la sensibilité et des impensables possibilités sensorielles va peu à peu laisser la place à une admiration sans objet. Vous oubliez ce que vous admirez. Plus de place pour un admirateur.La lumière de l'admiration brule toute forme. Nous ne sommes que cela. »
Eric
Baret. « Le seul désir"
Vieil homme qui tâtonne de sa canne dans les feuilles mortes,
femme un panier au bras franchissant le ruisseau
pour rentrer dans le bois,
enfant jouant sous le ginkgo embrasé,
chèvre aux pis luisants ruminant sous la treille cramoisie,
chat ronronnant au détour d'un porche ciselé de lierres nitescents,
écureuil cabriolant de branches fauves en rameaux pourpres,
bébés lézards titillant une sauterelle assoupie,
coléoptères mordorés frottant les bogues éclatés,
grappes de châtaignes percutant le sol,
caillou lactescent échappé des rocs anthracites,
tout à coup, passants anodins du jour,
je les vois comme ils sont,
princes de lumière!
Ils habitent en majesté lumineuse dans le palais
où le soleil sacre la nature,
où l'astre royal pose,
sur les frondaisons de l'archibondance sylvestre,
les joyaux mirifiques d'un diadème éphémère.
Et l'homme n'y est pour rien.
Colonnes d'arbres translucides,
camaïeux mordorés des ailantes en parvis vénitiens,
balustres cascadant de vignes rouges,
vitraux de feuilles luminescentes,
somptueux tapis d'étoiles végétales,
trônes des monts dorés,
des pitons et collines diaphanes dans l'azur scintillant,
escaliers-terrasses où vibrent des estampes jardinées,
auras éclatants d'arbustes en vestibules,
guirlandes de baies carminées ruisselant de voutes séculaires,
couloirs de sous-bois phosphorescents
où butinent les ouvrières de la reine,
matelas safran de fougères cristallines
où je titube sous la splendeur suspendue,
cherchant ma robe de bal,
affolée par les dards vaporeux des rais de lumière,
et l'avalement goulu, par la chlorophylle condamnée,
Et l'homme n'y est pour rien.
Salles de bains argentées où chante le clapotis,
où bullent les gardons, où pianotent les galets,
où murmurent les scarabées sous les fagots,
boudoir d'une clairière moquettée de trèfles ventrus de pollen,
divans de mousse émeraude, où,
sans attendre la chair porteuse de phallus,
je me jette, me roule, m'enroule, me déroule,
alanguissante sous les radiances symphoniques de la création...
Là, au lit de ma jouissance, la joie explose en extase,
le ravissement en félicité, la plénitude en éblouissement infini.
Et l'homme n'y est pour rien.
Confondue au milieu du palais de la reine,
je me demande seulement, d'un étonnement sans fond,
qui m'a sauvé ainsi de tant de perditions,
me ramenant à comprendre, d'une évidence inconditionnelle,
que l'amour est là, a toujours été là,
et qu'il continuera au-delà de ma vie.
Et l'homme n'y est pour rien.
Pourtant, je me souviens
du bonheur d'un voyage auprès d'un homme,
je me souviens
des chaudes sensations dans mon ventre et ma poitrine,
je sens encore les palpitations délicieuses de mon cœur,
cette sensation enivrante d'une porte qui s'ouvre
sur un bouquet de roses,
l'aérosol invisible des phéronomes
exsudant ses effluves frémissantes,
je me rappelle les chavirements,
les fluctuations onctueuses du désir,
je revis ravie cet embrasement aussi voluptueux
que les flammes écarlates du brasier de l'automne,
et quelle liberté j'avais d'attribuer ce pouvoir
à celui qui me côtoyait.
Je retiens comment je ne fixais rien, comment je laissais couler,
attentive au déliement des cordes,
observant l'amplitude atteindre ses apogées,
et comment la simple contemplation m'a comblé.
Jusqu'à ce que je vois clairement,
comme une révélation péremptoire,
que si je ne cherchais rien, n'attendais rien, ne dirigeais rien,
si j'abandonnais toute volonté d'aboutissement
d'étapes et de conclusions, je pourrais aller encore plus loin,
que, lâchant tout espoir d'une d'une aventure personnelle,
j'aborderais une force plus intense, plus profonde,
plus pleine, plus totale et plus absolue.
Une force où l'homme ne soit pour rien.
Excepté évidement les variations Goldberg de Bach,
J'ai compris que si tout était vécu ainsi,
sans fuite et sans frein,
alors l'amour se transposerait,
qu'un être soit à mes cotés ou
pas,
et c'est ce qu'il a fait, un transpercement du corps
comme si la matière s'était liquéfiée,
mutant les sentiments en fusion transcendante.
J'ai vu quels brins de lueurs éparses nous étions,
éperdus dans l'attente du soleil,
graines d'atomes cherchant à accomplir
la grande combinaison dionysiaque.
Être amoureuse n'est rien quand on est toujours deux,
je le vois parce que maintenant, ce qui arrive,
dans mon cœur si petit,
si étroit que j'ai peur qu'il éclate,
c'est cet amour immense où l'autre est devenu le Tout,
et moi fondue dedans sans début et sans fin.
Plus de vœux qui corresponde à qui, à quoi j'ai besoin,
l'univers entier est devenu correspondance,
et Bach le génie des lieux,
où l'homme est devenu Tout,
un danseur cosmique divinement chorégraphié
Voilà comment,
émergeant de la cathédrale sauvage aux arcades arborées,
j'ai pu déposer sur l'autel du palais de la reine,
avec mon corset, les astreintes à ma véritable nature,
et trouver la liberté.
Pourtant, je n'ai pas de micro- puces implantées dans le poignet
pour décliner mon laisser-passer ou mon identité,
c'est juste la consistance de ma peau qui a changé de teneur.
Une peau immense et sans limite
par laquelle je sens vibrer les ondes du monde,
les frissons régénérateurs des saisons
en perpétuelle transformation,
et ce souffle de l'amant qui approche,
mon amant universel qui me comble de caresses
alors que je n'ai rien fait pour lui plaire,
lui à qui j'appartiens de toute éternité.
Et je pleure, je pleure d'allégresse
au milieu de l'automne flamboyant,
sous les notes exquises du piano de Jean-Sébastien,
sculpté comme un diamant par la virtuosité de Glenn Gould,
parce que maintenant m'habite cette faculté de briser les écorces
et rencontrer la lumière au-dedans de chaque particule,
d'épouser le bonheur qui ne tarit pas,
et d'adorer, muette et transie,
la présence éternelle de l'amour.
25 octobre 2009
Choisir la toile pour couvrir sa yourte
La couverture de la yourte est notre troisième peau, elle filtre les échanges avec le monde social et la collectivité, sa fonction première étant de procurer une protection contre les rigueurs climatiques.
Quelle sorte de bouclier, de carapace, d'écran, de parapluie, quelle matière, quel tissage, quelle toile poser sur sa tête pour concilier les contraintes physiques, économiques, écologiques, spirituelles, humaines de l'abri familial que sont nos yourtes?
J'élimine
d'emblée les yourtes industrielles en provenance de Mongolie dont
j'ai déjà par ailleurs expliqué les avatars. voir là.
Mon propos concerne les auto-constructeurs en quête de leur toit, les primo-yourteurs désirant acquérir un objet de bonne qualité où habiter le plus confortablement possible, et les fabricants qui continuent à expérimenter diverses toiles et divers traitements adjuvants.
La couche la plus externe, directement en contact avec les élément naturels, en général une toile de tente, devrait être étanche, résistante aux ultra-violets, respirante pour éviter la condensation, durable, ininflammable, recyclable, non toxique et non polluante, se rapprochant d' une empreinte écologique la plus basse possible, et engendrant de par ses matériaux et sa mise en œuvre le moins possible d'exploitation et d'aliénation humaine.
Trois matières présentent actuellement des solutions pour un toit de yourte:
le feutre, le coton et l'acrylique.
J'ignore volontairement la bâche PVC, totalement imperméable certes mais non respirante, cette bâche lourde et lisse dont on couvre les camions et dont je me sers en bas des murs de mes yourtes pour éviter la capillarité du sol.
Le feutre est la seule solution totale, suffisante, le coton, le dralon et l'acrylique impliquant forcement une couche d'isolant supplémentaire en dessous de la couche extérieure.
Le feutre.
La meilleure solution, la plus propre et la plus naturelle, réunissant le plus de qualités ci dessus, est sans aucun doute le feutre biologique imperméable fabriqué localement à partir de la laine de mouton du Sud de la France par le maitre lainier Nicolas Poupinel.
Fabriquant de feutres semi industriels, filateur, tricoteur, foulonnier, tondeur de moutons, fabricant de yourtes écologiques(http://borilana.monsite.orange.fr) en châtaignier, Nicolas est à mon avis l'artisan le plus apte à se rapprocher le plus prés possible des conditions ci-dessus.
Les "antiques" et rustiques brebis Corses, dont la laine est la matière première du feutre final, sont élevées intégralement en plein air, sans bergerie, et ainsi parfaitement adaptées au climat hivernal rigoureux et humide de l'ile.
Leur toison séchant une heure
après une forte pluie, leur peau n'est jamais mouillée.
Le feutre produit possède les mêmes qualités que la laine brute: légèreté, étanchéité, non absorption de l'eau, séchage rapide, évacuation de la vapeur d'eau de l'intérieur de la yourte.
Il durera de 6 à 10 ans en couche extérieure en ne nécessitant aucun entretien. Quand il est usé, on le garde en isolation et on le recouvre d'une couche fraiche pardessus.
Une certaine pente de toit, et des perches très rapprochées, donc nombreuses, sont requises pour que le feutre ne s'affaisse pas entre les perches en bas du toit.
La nidification possible d'oiseaux, le risque de mites, très réduit en fonction de l'aération du feutre, un investissement conséquent à la qualité (31euros/m2 couture comprise, à ne pas comparer avec les prix des toiles sans confection et sans isolation), le poids important, (1 kg au m², environ 15 mm d'épaisseur) qui rend plus difficile le montage sans aides ou sans muscles, le tassement possible de la laine, peuvent constituer des inconvénients, palliables éventuellement en couvrant le bas du toit un peu cuit par les UV avec une toile acrylique ou polyester bien respirante, à mesurer avec les avantages.
http://nicopoupi.blogspace.fr/626824/ISOLER-SA-MAISON-EN-LAINE-DE-MOUTONS/
Jusque dans les années 70, la majorité des toiles de plein air étaient en coton.
Jusqu'à il y a peu, les puristes les préféraient pour leurs tipis et leurs yourtes, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que l'acrylique résiste mieux à l'eau et aux moisissures
.Normes:
- la lettre i signifie: imperméable, imputrescible et ignifuge.
2i signifie imperméable et ignifuge, 3 i signifie les trois qualités réunies.
Le Schmerber est l'unité de mesure de l'imperméabilité d'un textile. Il correspond à la norme EN 20811 (lSO 811). (1 Schmerber = 1 mm colonne d'eau = 10 Pa = 0,1 mbar
1300 Schmerber = 130 cm colonne d’eau = 13 000 Pa = 0,13 bar)
M1, M2 et M3 signifient la capacité de résistance au feu. La réglementation des ERP (établissements recevant du public) exige au minimum M2.
Grammage: poids de la toile au mètre carré.
Le prix d'une toile s'affiche soit en fonction du mètre linéaire multiplié par la largeur du rouleau de toile, soit en mètre carré.
Le coton.
Le coton provient en majorité de Chine, des Etats-Unis et de l'Inde, puis du Pakistan, Brésil, Turquie, Grèce et Australie, Syrie et Mali.
Les graines, souvent génétiquement modifiées (OGM), se cultivent aux USA, en Afrique, en Inde, au Brésil, le coton est filé en Turquie, tissé en Chine, enduit en Europe, ce qui génère un trafic très polluant, cher en pétrole et gaz à effets de serre.
La culture du coton conventionnel, produisant les trois quarts des fibres mondiales à destination de la filière textile, est une industrie qui génère des revenus, des profits et des nuisances gigantesques. Elle utilise des méthodes et des intrants chimiques qui accélèrent gravement le désastre écologique et social.
Le coton occupe 2,5% des surfaces cultivées, mais utilise 25% des insecticides pulvérisés sur la planète, 16kg de pesticides pour 1 kg de fibre, essentiellement dû à la sélection des plants pour la monoculture et l'augmentation des rendements. L'agro-industrie cotonnière est donc une origine majeure du grave désastre sanitaire et environnemental que nous connaissons actuellement, sols, rivières et nappes étant irrémédiablement pollués. Doublé d'un désastre humain insupportable, puisqu'un million de personnes sont intoxiquées chaque année, dont 22.000 morts, d'après les chiffres, souvent réducteurs, de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Par ailleurs, le coton est le troisième consommateur d’eau d’irrigation de la planète, après le riz et le blé, avant le maïs et les fruits et légumes.
Il faut, selon les techniques utilisées, entre 7 000 et 29 000 litres d’eau pour produire un kilo de coton, alors que 900 litres "seulement" sont nécessaires pour un kilo de blé et 1 900 litres pour un kilo de riz. L’assèchement de la mer d’Aral, après que les fleuves aient été détournés en faveur des champs de coton, en est l'exemple le plus calamiteux.
Ainsi la qualité des produits issus d'une filière incapable de fournir le moindre élément fiable de traçabilité se révèle incontrôlable.
En outre, les toiles sont hors d'usage au bout de deux ans, doivent être traitées aux fongicides chaque année et réimperméabilisées. Les couleurs ne résistent pas aux UV et la fibre absorbe l'eau comme une éponge , ce qui rend la toile putrescible. Au final, la toile en coton OGM, instable et hautement toxique, bafoue le principe de précaution cher à bien des habitants de yourtes et tipis. Son prix, pour un M² de coton 550 g/m² 3i M2, se situe autour de 10 Euros.
Le polyester, connu sous le nom originel de Tergal ou Dacron, est souvent mélangé au coton. Fibre synthétique la plus produite dans le monde, elle a conquis, grâce à sa résistance à la rupture, 70% de l'habillement, en particulier pour les vêtements de sport. Mais si elle renforce les pouvoirs mécaniques du coton, elle est beaucoup trop sensible aux UV pour résister à un usage intensif de plein air.
Des toiles de coton ou autres fibres végétales issues de cultures biologiques ou équitables sont actuellement en émergence sur le marché, mais les contraintes extérieures subies par les toiles de toit de yourtes sont autrement plus sévères que pour la filière des vêtements en coton bio par exemple. Les toiles externes ont quand même toujours besoin de traitements compensatoires agressifs et toxiques pour protéger leurs fragiles fibres, ce qui annule la bonne conscience qu'on pourrait tirer de l'acquisition éthique d'une toile en coton bio.
Sans traitement, la présence naturelle de pectine va faire très rapidement apparaître de la moisissure. Le M² de coton 550g/m² écru bio sans traitement se situe autour de 11 Euros.
Il existe évidement des mixtures maison possibles pour traiter sa toile bio, avec de l'essence de térébenthine, de l'huile de lin, de la cire d'abeille, du sulfate de cuivre, du goudron de Norvège ou du sel de Bore, mais on ne dispose pas du recul suffisant pour tirer des conclusions fiables de ces expérimentations privées.
On peut acheter sa toile en coton là:
http://www.tipi-tente.com/tissus-tipi/coton-bio/
et là: La Vieille Usine, à Bourg de Péage (26) http://www.vieilleusine.com/
L'atelier des 3 Yourtes (35) http://www.yourtes.fr/
L'acrylique:
La matière première de la toile acrylique est le pétrole; ce qui peut en faire reculer plus d'un, mais cette dépense en énergie fossile non renouvelable est compensée par une large réduction des transports au cours de la fabrication et pour la commercialisation.
En effet, les usines se trouvent en Europe, dont la principale, la maison mère, en France, sur le site de fabrication à Wasquehal (59), http://www.dickson-constant.com/ ,
C'est
en 1798 que David Dickson, un Écossais, amène ses premiers métiers
à tisser en s'installant dans le nord de la France, et c'est en 1969
que se créé la plus vieille entreprise textile de France, la
filature Dickson à Dunkerque.
Référence en matière de tissus
de plein air, cette grosse entreprise qui produit 25.000.000 m2 de
tissu par an., dont soixante dix pour cent pour l'exportation,
distribue ses textiles techniques,
esthétiques, colorés et
variés,
destinés à des usages de plein air tels que les stores extérieurs, les parasols, les tentes, les tauds de bateaux, dans plus de 100 pays,en les acheminant par rail ou par mer..
D'entrée, les bémols:
D'une part, depuis 1998, la boite a intégré la filière "Custom Fabrics" du groupe textile américain, Glen Raven, ce qui ramène à la dure réalité des multinationales du pays le plus violent du monde.
D'autre part, les toiles sont traitées à base de nanomolécules de fluor, qui permettent d'obtenir une très grande résistance aux taches, à l'eau et aux corps gras, et font de cette toile la meilleure du marché pour les usages de plein air.
En travaillant à l'échelle " nano ", l'entreprise descend à des taux de charges très faibles des fils dans la masse, ce qui génère un surcoût de 30 à 40% par rapport à l'utilisation plus classique d'apprêts, mais l'affranchit des problèmes d'imprégnation pour " traiter " la matrice juste au niveau désiré. Une révolution comparable à celle qu'ont connu les plastiques dans les années 70, qui se paie par la collaboration avec les laboratoires de recherche (ENSAIT en France), sources d'innovation..
Le débat sur les dangers des nanotechnologies, à l'instar des OGM ou du nucléaire, concerne les questions sanitaires et éthiques, la gestion des risques et le principe de précaution.
A chaque révolution industrielle, il faut redéfinir la place des inventions humaines entre nature et culture.
L'avantage est sans conteste .la production de matériaux plus solides et plus légers à un coût inférieur.
Mais la révolution de l'extraction, de la production et du recyclage par désassemblage des matériaux doit être mise en balance avec les risques de dissémination lors des dégradations naturelles.
Malheureusement seul cinq pour cent des budgets de la recherche sont consacrés à l'évaluation des risques des nanostechnologies et aucun étiquetage n'est pour l'instant obligatoire. Ce sont les produits cosmétologiques qui présentent actuellement pour le consommateur le plus de risque, par infiltration dans la peau des nanoparticules.
Mais le plus inquiétant dans les nanotechnologies concerne la possibilité du traçage des personnes et la biométrie qui, par prolifération et miniaturisation des puces, en l'absence d' information contradictoire et de consentement démocratique, engage la société dans un modèle sécuritaire.
On peut voir se profiler aussi un
nouvel hold-up sur le vivant transhumanisé (hybridation de l'homme
avec la technique) par les concepteurs des nanomachines,
privatisant, brevetant et stérilisant leurs produits, comme le font
sans vergogne les semenciers de l'agro-industrie avec le terminator,
plant non fécond aliénant totalement les paysans à leurs
fournisseurs.
C'est
pourquoi certains sont persuadés que le génie génétique, la
robotique et les nanotechnologies menacent d’extinction l’espèce
humaine, alors que d'autres estiment que ces peurs sont comme celles
qui au cours des années 60 supputaient que l'informatique
déboucherait sur la domination de l'humanité par une intelligence
artificielle.
Si comme le dit le philosophe Jean-Pierre Dupuis, les nano-armes seront à la bombe atomique ce que celle-ci était à la fronde; la toile acrylique moderne de plus en plus fonctionnelle est à la yourte occidentale ce que le feutre est aux yourtes vernaculaires.
L'exigence de textiles faciles à entretenir, durables et très faciles à mettre en œuvre ne peut éviter le recours à la chimie, donc une exposition humaine à des doses de produits pouvant s'avérer nocives.
Cette toile a évidement des avantages très intéressants pour les fabricants de yourtes et les auto-constructeurs, car elle pèse près de deux fois moins que la toile coton pour une résistance mécanique bien supérieure, avec un prix raisonnable autour de 7 Euros le M², hors confection.
Les produits de traitements de la fibre, tous à base d'eau, ont des impacts faibles sur l'environnement, d'autant qu'ils n'ont pas besoin d'être renouvelés pour toute la durée de vie de la toile, de l'ordre de 15 à 20 ans pour la toile extérieure de toit qui subit le plus les agressions (soleil, pluie, gel), avec une garantie de 10 ans.
La fibre acrylique est teinte dans la masse, ce qui signifie que la couleur est imprégnée au cœur même de la fibre lors de sa fabrication, contrairement à d'autres fibres qui sont colorées par simple trempage, ce qui garantit des couleurs éclatantes et durables dans le temps.
De plus, un traitement spécifique rend la toile déperlante, c'est à dire que l'eau roule sur la toile, au lieu de s'imprégner.
Les tissus sont écrus ou teints par traitement oléofuge ou hydrofuge, avec réutilisation de toute l’eau dans les circuits de l'usine, par filtration et récupération des bains de traitement, sans solvant ni additif lors des procédures de nettoyage des toiles.
Avant les années1990, il n'existait rien de fiable pour juger de la qualité humano-écologique des textiles, aucun critère de sécurité homogène pour les entreprises de l'industrie du textile et de l'habillement
C'est
pourquoi un label allemand a été créé (Oëko Tex Standard 100
http://www.oeko-tex.com/oekotex100_PUBLIC/content2.asp?area=nebenmenue&site=sitemap&cls=03
qui est un système de contrôle et de certification uniforme partout dans le monde, pour les produits textiles bruts, semi-finis et finis de tous les stades de transformation.
Les contrôles englobent les substances réglementées et interdites par la loi, les produits chimiques préoccupants et les paramètres introduits à titre de précaution en matière de santé. Plus le contact avec la peau est intense, plus les critères d'écologie humaine sont stricts.
Ces toiles de store sont certifiées pour le contact avec la peau, ce qu'aucune toile de coton pour extérieur ne peut actuellement justifier.
En 2009 Dickson-Constant obtient la certification Iso 9002 et Iso 9001.
http://www.iso.org/iso/fr/iso_9000_selection_and_use-2009.pdf
L’ISO, Organisation internationale de normalisation, composée des organismes nationaux de 158 pays industrialisés et en développement, est un consensus international sur l’état des connaissances techniques et des bonnes pratiques du développement dit durable. Elle élabore des normes techniques d’application volontaire qui confèrent une valeur ajoutée à tous les types d’activités économiques. La norme, dont la crédibilité est associée à une évaluation indépendante, établit les exigences de qualité mais ne dicte pas comment procéder pour y satisfaire.
La firme fait par ailleurs des efforts en matière de recyclage des déchets de bureau, mais aussi des bourres résiduelles qui sont récupérées à la fabrication de mousse d'isolation pour Emmaus.
Pour certains yourteurs et fabricants, ”La maison voyageuse” et ”Atypic” par exemple, ainsi que moi-même qui, dés la fabrication de ma première yourte en 95,
ait récupéré des chutes de toile multicolores
dans la poubelle d'un fabricant de stores
pour mes yourtes en patchwork.,
ces toiles sont le meilleur compromis environnemental actuel.
En résumé, il n'existe pas de solutions parfaites pour nos toiles de yourtes dans l'état actuel des productions artisanales ou industrielles.
A chacun de faire son bilan des avantages et des inconvénients présentés ici et d'adapter sa toile aux contraintes propres à chaque projet, mais aussi à sa situation de conscience dans le monde du vivant
Et pour finir en fun, sachez que Dickson planche sur une innovation qui peut faire rêver les yourteurs:
du store photovoltaïque!!
Imaginez votre toit de yourte recouvert d'une toile qui produit votre jus!
C'est prévu pour 2010 et ça va couter le double d'un store normal, mais perso, je trouve l'idée très alléchante!!!
Côté
rendement, l'estimation de production du store, fondée sur un
ensoleillement de 1000w/m2, est de 40 Wc/m2 (Watt crête par m2, soit
4%). Les premiers modèles font ainsi ressortir qu’une
toile de 25m² produit 400kwh/an, l’équivalent de consommation
d’un gros combiné réfrigérateur-congélateur. Mais évidement rien n'a encore été testé, expérimenté, pour un toit de yourte...
Le store photovoltaïque est composé d'un moteur qui permet au store d'être enroulé, de la toile en tissu photovoltaique, d'un onduleur qui permet à l'énergie solaire d'être transformée en électricité, d'une télécommande et d'une station météo pour détecter les rayons du soleil et dérouler le store.
Le matériel serait rentabilisé en 7 ans pour l'utilisation saisonnière en store, mais beaucoup plus vite s'il s'applique à l'année sur un toit de yourte !
Bravo à cette innovation 100% française,
j'espére qu'on trouvera rapidement de quoi l'adapter au toit des yourtes!!
Pour ceux qui veulent quelques renseignements techniques,:c'est là:
http://www.batiactu.com/edito/naissance-du-premier-store-photovoltaique--diapora-22380.php
Quand je vous dis que la yourte, c'est l'avenir! qu'elle sera un jour totalement autonome tout en conservant sa légèreté, cumulant énergie positive et empreinte écologique nulle!
Nous pourrons certainement réaliser cette vision, en interpellant le génie des chercheurs et créateurs n'ayant pas jeté leur conscience aux orties, mais aussi en obligeant les industriels à réfléchir avec nous à la préservation de la planète et au respect de l'humain, pour faire fusionner en grande harmonie les artisanats ancestraux et les techniques les plus innovantes.
Vous pouvez discuter de cet article non exhaustif en ajoutant un commentaire à la suite.
19 octobre 2009
Compte rendu de la rencontre du peuple des yourtes
Compte rendu de la première rencontre nationale
d'habitants et de fabricants de yourtes:
Bienvenue les yourtes.
Suite à un appel lancé aux rencontres de l'habitat choisi l'été 2009 à Bussière Boffy, et au relais dans les réseaux de l'information,
habitants en yourtes, fabricants, porteurs de projets d'auto-construction ou d'installation, curieux motivés,
rassemblée en un week end au camping du Mignon,
en Marais Poitevin,
a débattu autour du thème de la yourte.
Pour parler de quoi? Mais aussi pour faire quoi?
Dès vendredi matin, nous mettons les mains à la pâte
en lançant la construction d'une yourte
pour le collectif de Bussière Boffy.
L'équipe de la Frênaie met à disposition,
en plus de l'hébergement,
avec de bons lits enchanteurs,
son matériel et son savoir-faire.
Les néophytes peuvent s'exercer aux différentes étapes artisanales,
entrecoupées de visites explicatives à l'atelier de fabrication
situé à quelques kilomètres.
Copeaux, petits trous, nœuds,
scie sauteuse.
A 13h, le collage de la couronne est abouti
et le travail sur l'ossature bien avancé,
il se poursuivra pendant le week end.
L'après midi, nous nous présentons, et nous échangeons sur nos expériences autour de nos implantations respectives en yourtes, problèmes, facilités, appuis, recettes, spontanéité, liberté et obstacles pour vivre tranquille dans sa yourte....
Le samedi matin est consacré à un point sur les éléments juridiques que nous avons pour essayer de faire rentrer dans des cases carrées notre truc rond!
Samedi après midi nous attaquons le vif du sujet:
mettre au point ensemble une stratégie pour exister et durer dans nos yourtes, à la place qui est la nôtre: sur la terre, au cœur de nos territoires.
Cette discussion se poursuit le lendemain pour dégager des accords a minima..
L'après midi du dimanche, tandis que les fabricants lancent la couture de la yourte à l'atelier, les personnes qui le souhaitent se retrouvent dans la grande yourte pour un échange sur les pratiques de vie en yourte,
et comment faire pour l'eau, l'électricité, le chauffage,
bref, des détails importants!
Nous tenons à remercier
le collectif Radikal Cocotte,
qui nous a régalé tout le week end de délicieux repas végétaliens,
ainsi que Jibé qui a pétri, et cuit avec talent le pain pour le week end.
Merci à tous ceux qui sont venus
de loin et de moins loin pour participer,
merci à ceux qui ont trouvé l'idée géniale
mais qui n'ont pas pu venir et ont rêvé cette rencontre avec nous.
Après-midi du Vendredi.
Il n'existe apparemment pas de recette pour s'implanter en yourte (ou autre habitat atypique), néanmoins...
Avoir une politique d'ouverture au niveau individuel d'abord, puis collectif, semble être un facteur clef de la réussite d'une implantation.
Il faut affirmer ses idées et ses choix quel que soit le public que l'on a en face.
(« Même si je ne suis pas d'accord avec vos idées, affirmez-les! », parole d'un élu anti-yourte...!).
Lorsqu'un souci d'expulsion peut avoir poussé certains à sortir des bois pour s'affirmer et se regrouper, ces derniers ne le regrettent pas et gagnent en assurance et légitimité.
La démarche citoyenne est souvent moteur dans les installations en yourte ou autre habitats atypiques.
Cette logique peut être poussée plus loin, jusqu'à un niveau politique plus assumé, en montant une liste pour intégrer une équipe municipale par exemple. Il y aurait déjà au moins un maire en France qui habite en yourte...
Dans certains combats, la solidarité, la logique de réseau est primordiale pour établir un rapport de force. Problèmes ou pas, ce réseau doit exister et il est à construire, de nombreux yourteux-ses et autres habitant-es atypiques sont encore isolés.
Malgré des expériences inégales quant à l'impact des médias pour les personnes confrontées à des problèmes avec leur yourtes, il semble qu'ils sont utiles quand même, en particulier dans la construction d'un rapport de force au cours de luttes juridiques locales, et qu'il vaut mieux ne pas leur fermer la porte, en tentant de négocier notre image si possible. Et aller plus loin, en créant nos propres médias, blogs, films etc.
D'après les expériences réunies, les agriculteurs sont souvent des appuis précieux pour s'implanter en yourte ou autre H. atypique.
Il sont des portes d'entrées privilégiées sur les territoires, d'autant que bien des projets d'installation en yourte s'accompagnent de projets maraichers ou d'auto-subsistance.
Résumé:
1) Politique d'ouverture, d'affirmation de ses idées et ses choix, s'engager politiquement pour participer à l'organisation des territoires. Les partis politiques ne peuvent intégrer au réseau mais peuvent le soutenir et porter nos revendications, juridiques, écologiques, sociales, etc...
2) Solidarité entre yourteurs-ses, (ou autres habitants atypiques et conventionnels) pour installer un rapport de force là où sévit la réaction et la répression contre nos habitats. Nous sommes de plus en plus nombreux!
3) Création d'outils: un réseau ou une association d'élus favorables à l'implantation de yourtes ou autres habitations atypiques, un réseau d'agriculteurs, intégrateurs sur les territoire, permettant d'éviter d'être propriétaire, une réflexion commune pour gérer notre représentativité, avec priorité aux médias alternatifs.
Matinée du samedi
Il n'existe pas de cadre juridique spécifique à la yourte en matière d'urbanisme.
La yourte peut prendre plusieurs qualifications juridiques en fonction de sa destination : tente, habitation légère de loisirs, construction de droit commun, habitat des gens du voyage...
Ainsi, elle peut dépendre de régimes juridiques différents (permis de construire, déclaration préalable...), être soumise à des contraintes plus ou moins importantes en fonction du terrain d'installation (zone agricole, zone constructible, terrain de camping...).
Les nombreuses questions au gouvernement, à l'AN ou au Sénat sur le sujet de la yourte démontrent un certain flou juridique.
La complexité des règles de droit amène à la prédominance d'une politique de guichet : une reconnaissance et acceptation de la yourte en fonction du maire, de la DDE, des pressions locales...
Exemple de Bussière Boffy et du harcèlement voire même de la discrimination que subissent les habitants.(sous yourtes, en roulottes...) Dernièrement, le maire a pris un arrêté d'interdiction de camping qui a fait l'objet d'un recours devant le tribunal administratif de Limoges (jugement sera rendu le 19 octobre)
Contre exemple du maire de St
Hilaire la Pallud,
venu à « la rencontre des yourteux »,
qui propose de prendre en compte les yourtes dans le nouveau plan local d'urbanisme de la commune (en cours de réalisation).
Il demande que nous lui proposions des arguments pour que puissent être définis des emplacements : parcs résidentiels de loisirs, terrains de vie, zones naturelles ?
La jurisprudence interprète les règles de droit relatives à l'implantation d'une yourte. Elle n'est pas stable en la matière et dépend des tribunaux ou Cours d'appel (aucun arrêt de la cour de cassation sur la question pour l'instant).
Dans l'affaire de l'expulsion de Sylvie Barbe (Cantoyourte), la yourte n'a pas été considérée comme un bien immobilier, donc non soumise au régime du permis de construire.
*Comment faire évoluer les choses :
Pour une reconnaissance ponctuelle : s'intégrer dans la vie du village, payer les taxes (ex: enlèvement des ordures ménagères)...
Pour une reconnaissance globale :
- déterminer une identité à la yourte ( réversibilité, empreinte écologique, rond, éphémère, choisi...?)
- rassembler et diffuser les décisions de justice et les arguments des avocats.
- faire du droit comparé, étudier les règles de droit en la matière dans les autres pays (Europe du Nord...)
- revendiquer un statut juridique de droit commun pour la yourte, voire pour les habitats légers et mobiles (dépasser le statut dérogatoire insatisfaisant des gens du voyage).
- affirmer notre spécificité et légitimité comme réponse à la crise immobilière, sociale et écologique.
Après midi du Samedi
A la fin de cette après midi, nous avons déjà une esquisse de ce que nous devons créer et de ce qui est à notre disposition pour avancer.
Le plus immédiat est de créer un réseau et de le faire vivre à travers des personnes ressources.
Ces personnes ressources devront être formées, l'idée de la formation du type de celle proposée par le DAL fait son chemin.
L'idée du réseau d'élus est aussi à l'étude.
Il n'apparaît pas non plus nécessaire de créer des réseaux de toutes pièces, la coordination des réseaux pour un habitat choisi fonctionne déjà, le blog de Sylvie est déjà bien fédérateur pour ce qui concerne les yourtes, les associations RELIER et terre de Liens existent aussi.
Niveau événement, les rencontres annuelles de l'habitat choisi se font déjà à l'initiative d'HALEM, et le collectif Dordogne se propose de créer un festival.
Des documents existent déjà (document de travail de B Messini, et autres en cours de vulgarisation) ou sont en train d'être produits (fiches mémento juridiques de Henri).
On évoque aussi la possibilité de créer un site internet ressource en SPIP.
L'idée de réfléchir et fonder une ou des chartes est aussi évoquée, mais repoussée à plus de maturité du réseau yourte..
Matinée du dimanche
Nous actons la création de groupes locaux autonomes, libres à eux de se créer leur propre identité, sans contrainte de restriction à la yourte, libre à eux d'adhérer à une charte existante ou autre.
Une nécessité cependant pour ces groupes: faire remonter les informations importantes au niveau national, en particulier les problèmes juridiques ou administratifs, afin que les cas soient redirigés vers les militants et juristes spécialisés du réseau.
Les groupes locaux sont avertis par Clément de Halem de bien prendre garde que la distinction yourtes/ autres habitats éphémères ne se fasse pas au détriment de ces derniers, du genre: « les yourtes sont durables, pas les caravanes ».
Certains
groupes peuvent adhérer à Halem s'ils en éprouvent l'utilité,
bien qu'un consensus général s'accorde pour que le Réseau Yourte
affirme prioritairement son identité avant d'autres affiliations
plus générales.
Pour ce qui est de la formation, elle aurait lieu du 2 au 5 avril 2010 à l'Estrade à Argein (Ariège), à destination des référents des groupes locaux (max 12 personnes); un groupe de travail va plancher sur les objectifs et le contenu.
Une association nationale peut voir le jour afin de mieux structurer les luttes du peuple des yourtes et pouvoir ouvrir un compte bancaire. Une cagnotte pourrait se constituer pour aider à financer les défenses des yourteurs mis en cause pour leur mode de vie, mais aussi pour l'organisation d'autres rencontres, d'autres formations, sur d'autres régions, afin que l'ensemble des yourteurs du territoire national puisse contribuer et bénéficier de l'émergence de notre toute jeune force.
Bref, tout est encore à faire!
Compte rendu rédigé par Joseph, revu et illustré par Sylvie.
Personnes ressources du Rezo Yourte là
13 octobre 2009
Faire-part du Réseau Yourte.
Ô joie! Ô jouvence!Ô
jubilation!
Nous vous annonçons la naissance,
en la Frenaie, au milieu du Marais Poitevin,
au jour du 10 Octobre 2009,
de l'enfant du peuple des yourtes,
pour l'instant nommé « Rezo Yourte. »
Incroyablement vif,
des sourires et du bonheur plein la tête,
en santé éclatante, l'enfant aux multiples parents
aux yeux multicolores
est à l'image de la diversité, l'éveil
et l'ouverture de son peuple.
Accouché sans violence hors des rampes médiatiques,
le « Rezo Yourte » est né, sous la yourte,
dans une ambiance profonde, concentrée, détendue,
de manière naturelle, à l'indienne.
Il grandira sous les yourtes de sa famille universelle,
en tous les endroits de plus en
plus nombreux
où se construit un nouveau monde, un autre temps.
Il réunit les qualificatifs suivants,
énoncés spontanément des bouches
de ceux qui le portent et le choient:
Écologique, réversible, démontable,
auto-construit, simple, naturel, autonome,
politique, modeste, économique....
On peut d'ores et déjà lui présenter ses vœux
chez ses parents-relais répartis sur les territoires de France,
mais aussi sur ce blog qui propose,
à l'issu d'un commun accord,
d'héberger le « Rezo Yourte »,
en attendant qu'il se sente assez fort
pour ouvrir son propre espace.
Une formation sur le juridique de la yourte
est programmée pour début Avril 2010
en direction de ceux qui sont ou veulent devenir
« ressources » sur leur territoire.
Un blog privé va être créé par Martine, de Bordeaux,
pour que les réseaux puissent mutualiser
leurs travaux à l'échelon national.
En attendant, ce blog fait
relais dans la rubrique
« Rezo Yourte ».
Important:
Faire remonter aux réseaux tous les problèmes,
les assignations, les poursuites, les menaces,
les procédures, les auditions, les témoignages,
pour qu'une équipe de secours puisse se constituer
et organiser sa stratégie de front et de soutien collectif,
afin que le peuple des yourtes puisse vivre libre et solidaire,
tout en démontrant la pertinence et la cohérence
de son mode de vie pour le bien commun.
On peut lire un compte rendu de ces rencontres de yourteurs
et aussisur le blog "Vie et habitat choisi" du collectif de Dordogne.
07 octobre 2009
Se tenir sur ses pieds
« L'homme civilisé a construit un carosse
mais il a perdu l'usage de ses pieds.
Il est soutenu par
des béquilles
mais il lui manque le soutien de ses muscles.
Il n'a plus la capacité de lire l'heure au soleil,
ne sait plus reconnaître une seule étoile au ciel. »
Ralph Waldo Emerson. « La confiance en soi. »
« Celui qui sait que le pouvoir est inné,
qu'il est faible parce qu'il a cherché le bien
en dehors de lui-même et partout ailleurs,
et percevant cela, se jette sans hésiter sur sa propre pensée,
celui-là se redresse immédiatement
et se tient en position debout,
commande à ses membres et accomplit des miracles,
de même qu'un homme qui se tient sur ses pieds
est plus fort qu'un homme qui se tient sur sa tête. ...
Une victoire
politique,
la guérison d'un proche, le retour d'un ami,
ou quelque autre évenement favorable te redonne courage
et tu penses que des jours heureux se préparent pour toi.
N'en crois rien.
Rien en dehors de toi-même ne peut t'apporter la paix. »
06 octobre 2009
Rencontre du peuple des yourtes
message de Joseph et Guillaume, fabricants de yourtes à La Frênaie.
9-10-11 Octobre 2009
Bienvenues les Yourtes!
Défendre et faire vivre nos idées, nos modes de vie, nos rêves.
Faire notre trou dans le paysage immobilier, foncier, social et médiatique …
Ce message s'adresse aux personnes ayant adopté
La voie de la yourte...
Pour vous aussi, la yourte est bien plus qu'une tente, la clef des champs, la fondation légère mais solide d'une vie nouvelle, plus libre, reliée, cohérente, à échelle humaine...
Nous vous invitons à venir passer quelques jours chez nous sur le camping des toiles. Et ce afin d'échanger, nous rencontrer, partager, cogiter, organiser, rézeauter, et qui sait?
Encore plus... , et aussi bien sûr passer du bon temps et vous faire découvrir le coin de terre magique qui reçoit l'empreinte légère de nos yourtes.
Pistes de programme:
Vendredi matin
Rencontre de fabricants:
Nous souhaitons faire d'une pierre plusieurs coups en construisant ensemble une yourte afin d'échanger sur nos matériaux, pratiques, techniques.
Cette yourte sera destinée au habitants de Bussière Boffy en lutte pour faire reconnaître leurs habitats et leurs modes de vie.
Après midi:
Échanges
d'expériences. S'intégrer dans un paysage social avec sa yourte.
Comment réussir à faire accepter son habitat et son mode de vie...
Existe-t-il une ou des recettes? Nos échanges d'expérience autour de ce thème nous le dirons peut être.
Samedi matin
Avons-nous des éléments juridiques en cas de conflit?
Comment les utiliser?
(voir site d'Halem: mémento juridique en trois parties
téléchargeables sur http://halem.infini.fr/
Quelle reconnaissance de « l’habitat léger, modeste, mobile, nomade » ?
Point sur les luttes en cours
Après-midi:
Stratégie-yourte: un plan d'action pour exister... et pour durer.
Mutualiser nos énergies pour aller à Paris, à Bruxelles?
Quelle figure montrer aux médias?.
La société est indubitablement curieuse, demandeuse de connaître nos modes de vie. Micro-habitats, empreinte écologique légère, sortir du carcan du locatif ou de (l'impossible) accès à la propriété, habiter un logement sain, avoir droit à l'esthétique et à être acteur de son habitat.
Nous sommes porteurs de réponses et de solutions là ou un grand silence politique résonne...?
Dimanche Matin: Stratégie yourte suite
Après midi: Vivre en yourte s'y chauffer, s'y laver, s'éclairer, épurer ses eaux usées, décorer, meubler, la diversité crée la richesse...
Le
peuple des yourtes
et sa foisonnante diversité de solutions minuscules et sublimes.
Amenez vos photos.
Information pratiques:
La participation aux rencontres est gratuite à condition d'annoncer votre présence. L'association « Radical Cocotte » se propose de nous faire à manger du bon, du bio ( végétalien/rien) à prix libre pour vendredi midi, soir, samedi midi et soir et dimanche midi (cuisine participative).
Prix suggéré de participation: 10 Euros par jour.
Nous réservons des yourtes dortoirs pour les personnes désireuses d'un peu de confort.
Le camping est ouvert aux tentes, camions, et propose bien sûr les commodités ordinaires d'un camping (eau chaude, toilette sèches etc.).
Comment accéder: nous nous situons à mi chemin entre la Rochelle et Niort entre St Hilaire la Pallud et Courçon au Village des Toiles de LA GREVE SUR LE MIGNON.
Nous pouvons aller vous chercher à la gare de Niort ou la Rochelle.
Vous pouvez nous écrire pour spécifier:
Je suis un particulier-ière/ une association, un collectif/ je-nous souhait-e-ons participer à la rencontre de « Yourteux », je suis particulièrement interessé-e par les sujets suivants..
.J'ai une-des attente-s particulières par rapport à ces rencontres:
Je ne peux pas me déplacer mais je souhaite partager mon expérience (votre contribution sera affichée lors des rencontres).
Contact La Fresnaie: 05 49 26 96 91/05 46 67 14 77/06 87 58 92 56. lafrenaie.org@gmail.com
44, route de St Hilaire 79210 Arçais
Octobre 09: Faire part du Rezo Yourte là.
Compte rendu de ces rencontres là
24 septembre 2009
La lutte des habitants en yourte de Bussière-Boffy.
Résumé de la lutte pour les yourtes de Bussière-Boffy.
Une dizaine de familles solidaires, dont 25 enfants, habitants à Bussière-Boffy, village de 340 habitants en Haute-Vienne, pratique une vie saine dans le respect de l'environnement et le travail associé.
La commune bénéficie depuis bientôt 20 ans de l'apport démographique, économique et culturel de ces résidents, mais le Maire et la municipalité, élus en mars 2008, ne cessent de les marginaliser, en sabotant systématiquement toute insertion associative dans le village, toute démarche administrative, sous prétexte que les yourtes où ils habitent datent du Moyen age et n'ont rien à faire là au vingt-et-unième siècle.
Le maire de Bussière Boffy, ancien liquidateur du bassin minier de Saint Étienne, homme énergique et déterminé, a tout bonnement refusé l'inscription en maternelle des petits yourteurs, après avoir gagné la confiance d'une partie de ses administrés en leur promettant, aux dernières élections municipales, le nettoyage au karsher de tous les marginaux.
Ovationné, il a donc pu refuser l'inscription à l'école des enfants, ainsi que celle de leurs parents sur les listes électorales, fermer la cantine scolaire, puis envoyer un ultimatum aux familles « délinquantes » pour qu'elles dégagent.
Sous prétexte qu'elles n'auraient pas de permis de construire et parce qu'il n'est pas question de viabiliser ces terrains, soi-disant pour éviter le mitage et rentabiliser les réseaux.
Ce que n'ont pas forcement demandé les yourteurs qui ont installé des panneaux solaires et des bassins de phyto-épuration pour le lagunage.
Ils veulent juste qu'on les respecte sur leurs terrains dont ils sont dument propriétaires.
Des menaces de signalement aux services sociaux, pour cause d'insalubrité et précarité, sont même proférées.
L’ancien conseiller municipal devenu maire s’appuie sur la carte communale, établie en octobre 2007 à son initiative, pour justifier de l’impossibilité de reconnaître ces terrains agricoles comme habités:
« Ces personnes se sont installées là de leur plein gré. Ils disent être précaires et jouent là-dessus pour sensibiliser la population. Or au départ, c’est un choix de vie. Nous leur avons proposé des terrains constructibles sur la commune qu’ils ont refusés. »
Bien qu'un commissaire enquêteur se soit déclaré favorable à la régularisation de la situation des cinq familles en yourtes, le 9 Février 2009, un huissier leur apporte une injonction à démonter leurs habitations, pour non conformité à la carte communale.
Un comité de soutien se forme immédiatement, et de nombreuses personnes mises au courant de la situation, dans toute la France, écrivent au maire et au préfet, sur objectif du maintien des yourtes et révision de la carte communale.
Le 14 Mars 09, une marche de trois cent personnes va interpeller les élus à la mairie.
Le 19 mars, le maire se félicite sur FR3 Limousin de la fermeture de l'école du village votée à l'unanimité par le conseil municipal et entérinée par l'Inspection académique! Une victoire selon ce maire, qui a une bien curieuse idée de sa mission. Les parents d'élèves de l'école de Bussière Boffy, touts habitats confondus, décident de déposer un recours auprès de l'Inspection académique.
Le 14 avril, l'un des habitants des yourtes poursuivi par le Maire de Bussière-Boffy est relaxé.
L'avocate a démonté dans sa plaidoirie le fonctionnement du maire et fustigé « un maire qui agit comme s'il avait à faire à des sous-citoyens...Un maire qui, au quotidien, distille l'exclusion et le racisme, entretient la peur de l'autre, préfère fermer son école plutôt que d'y accueillir ceux qu'il traite de "manouches", en tenant des propos fascistes! ». Et de conclure: « Comment peut-on, quand on est maire d'une commune, mépriser à ce point ses citoyens ? ».
Le 17 Avril, une réunion informelle entre DDE, maire et sous-préfet laisse présager une issue positive au conflit.
Le 18 Avril, au milieu d'un pique-nique festif, une yourte est montée devant la préfecture de Limoges pour remettre une pétition de soutien de 2630 signatures.
La manifestation, favorablement suivie par les ministères de l’écologie, du travail et de l’économie, comprend une centaine d'élus locaux, nationaux et même de Belgique, tous membres du comité de soutien, ainsi que la ligue des droits de l'homme et la HALDE, organisme lutttnt contre les discriminations, tandis que les journalistes médiatisent l'histoire à la télévision et dans la presse.
Le 5 mai, les représentants des 5 familles concernées rencontrent le Sous-préfet de Haute-Vienne, le directeur de la DDE de Bellac, le Maire de Bussière-Boffy et une partie du conseil municipal.
Finalement, le Maire capitule en acceptant l'enregistrement des yourtes en tant qu’habitations sur le cadastre, redevables dés lors d'une taxe d’habitation qui garantirait aux habitants des yourtes la reconnaissance de leur domicile sur la commune. Il donne son accord pour le raccordement au réseau d’eau, obligatoire, d'après lui, pour cadastrer une habitation, à condition que les familles en assument les frais.
La médiation sous l'œil favorable du préfet permet donc de valider quatre des cinq yourtes, la dernière étant évincée sous prétexte d'être arrivée après l’élaboration de la carte communale.
La situation globale ne pouvait de toutes façons que s'infléchir positivement, car il ne s'agit guère ici de complaisance de la part des représentants de l'État, mais de prendre en compte le vide juridique autour des yourtes.
Ou bien les yourtes sont des tentes ne nécessitant pas de permis de construire, et ne tombent donc pas sous le coup du code de l'urbanisme, ou bien elles y sont soumises comme constructions, auquel cas, le délit est largement prescrit, la prescription en matière de délit étant de trois ans.
Ceci dit, la prescription pénale n'est pas une régularisation administrative, c'est pourquoi les accords n’étant que verbaux, les familles ne pourront se sentir sécurisées qu'avec des garanties dument actées.
Il reste le problème de la cinquième yourte, exclue du dispositif, où logent un couple et un enfant, les parents ayant exercé un recours contre la décision de refus d'inscription à l'école. Une autorisation temporaire ne peut leur suffire. Le 18 Juin, les gendarmes viennent constater chez cette famille l'infraction d'absence de permis de construire et l'assainissement soi-disant non conforme.
Le 20 juin, suite à aux accords principaux,
le maire réplique par une nouvelle mesure agressive
. Un arrêté municipal interdit le camping sur toute la commune, en dehors des terrains constructibles et des espaces municipaux destinés à cet usage.
Le collectif de soutien aux habitants des yourtes invite alors à un rassemblement populaire chez eux le dernier week-end de Juin 2009, en montant un tipi, une petite yourte et une charrette faisant office de scène ouverte,.pour maintenir la protestation contre la politique d’exclusion de la commune. Des banderoles et de nombreux panneaux détaillent les récents malentendus avec la municipalité.
Malgré la descente des
gendarmes envoyés par le maire déplorant l'absence de déclaration
préalable à ce meeting, un atelier cirque pour les enfants, un
atelier de maquillage et de coiffure, des chants et des discussions
animées autour d'un buffet de productions locales, ont permis à la
foule solidaire de se rencontrer de façon conviviale. Un spectacle
de clown, des impromptus musicaux et d’étonnantes improvisations
vocales, des créations inédites réalisées pour l’occasion par
des habitants de Bussière-Boffy, telles qu'un court métrage avec
texte et musique et des marionnettes à fil, sont largement
appréciées du public.
Le cœur du village, autour du monument
aux morts, est devenu un lieu de débats, avant que, au stade, des
négociations entre la mairie, des représentants du collectif et le
sous-préfet, aboutissent à l’obtention d’un délai nécessaire
aux travaux de relogement pour la famille habitant la cinquième
yourte..
Un débat de fond sur les questions d’exclusion au sens
large, des lectures de textes, des contes, ont permis de souligner le
caractère
emblématique et universel
de ce qui se joue entre les habitants de Bussière-Boffy.
Depuis, un groupe travaille sur les demandes de recours en suspension de l’arrêté municipal interdisant toute forme de campement sur la commune.
Il semble que les habitants des yourtes de Bussière-Boffy aient pesé au cours de leur lutte les pièges tendus: demander la constructibilité du terrain et l'obtenir pourrait s'avérer une solution pire que celle du flou actuel.
De toutes façons, les demandes de permis de régularisation au service instructeur de la DDE préposé à l'étude des dossiers seraient probablement refusés, car les membres du conseil municipal et une majorité de la population ne sont visiblement pas d'accord pour faire passer dans le budget de la commune les travaux des réseaux, obligatoires si les terrains deviennent constructibles.
Il faut
compter aussi sur l'inertie des services de l'État en matière
d'innovation, car ils ont pour rôle de faire appliquer la "Loi"
et se retranchent systématiquement dans ce qu'ils connaissent !
Phrase type d'un fonctionnaire de la DDE:
«Ce n'est pas nous qui faisons la loi que nous sommes chargés d'appliquer. Alors, si vous n'êtes pas content, dites à vos députés et sénateurs de changer la loi et nous appliquerons cette nouvelle loi avec la même rigueur que nous appliquons celle en vigueur!»
Donc, il faut inventer et réclamer l'adoption de nouvelles lois pour prendre en compte l'habitat sous yourtes, et il s'agit bien que ce changement soit impulsé par les usagers, soutenus par leurs élus, afin de soumettre leurs besoins propres.
Les acteurs les plus responsables pour construire un nouveau droit sont ceux qui en seront les premiers bénéficiaires.
Réflexion d'un adjoint à l'urbanisme:
« Je suis persuadé que la yourte est une des solutions d'un habitat écologique et économe. Mais son développement n'est pas possible dans le cadre des règles d'urbanisme actuelles. Cela nécessitera une vraie révolution dans la mentalité, très conservatrice, des députés, des sénateurs et des services de l'État !»
Il faut donc bien prendre conscience qu'un permis de construire ne réglera rien, et que la bataille ne doit pas se situer sur cet enjeu.
Car l'obtention du permis est immédiatement suivi de normes et de contraintes que la majeure partie du peuple des yourtes ne voudra ou ne pourra pas accepter.
Par exemple, en cas de branchement au réseau électrique, les normes délirantes soumises au contrôle de Consuel ne correspondent en rien aux alternatives énergétiques et écologiques que la yourte porte en elle.
EDF impose un sur-branchement selon un modèle hyper-consumériste issu des normes Afnor, telles que, un plafonnier, une prise téléphone et télévision dans chaque pièce. Si vous refusez, pas d'accès au réseau.
Les yourteurs qui n'ont pas la télé vont s'arracher les cheveux s'ils doivent payer des équipements qu'ils n'auront jamais!
Idem en matière de normes HQD, haute qualité environnementale, dont la certification très contraignante est édictée par les grands groupes industriels, et qui, en conséquence, reste un processus soumis aux lois du marché de la construction, rendant les prix d'accessibilité au bâtiment de plus en plus inatteignables pour un Français moyen.
Ces normes sont faites pour augmenter le profit via la production, certainement pas pour des performances écologiques, et encore moins pour le confort des utilisateurs.
Et je ne parle pas des assurances, qui déterminent le cadre bâti le plus conformiste.
Désespoir assuré pour nos yourteurs.
Dans ce sens, le Maire de Bussière-Boffy projette de créer un éco-village sur des terrains acquis récemment par la municipalité, au Petit Pic, juste en face du site actuel des yourtes. Pour ce projet immobilier et touristique, il semble prêt à réviser la carte communale dans les deux ou trois ans à venir.
Il appartient donc aux habitants des yourtes de faire valoir leurs droits de s'auto-déterminer,
sans devoir passer par la case pré-formatée du lotissement vert accaparé par les architectes, urbanistes et entreprises du bâtiment, même labellisés en « développement durable », et de l'ensemble des pourvoyeurs des réseaux classiques.
Ceci afin de définir un statut de leur mode de vie qui garantisse leur autonomie, leurs usages et leur légitimité, pour la légalisation d'un éco-hameau qui corresponde à leur réalité et leur choix.
Cette histoire montre la nécessité pour le peuple des yourtes de définir une stratégie commune de revendications pour obtenir un statut qui nous soit favorable.
C'est ce que nous allons essayer de débattre
à la rencontre nationale de yourteurs à la Frênaie.
18 septembre 2009
Un peu de Zen dans un monde de brutes
Ils branchent des fils partout, allument des lampes, des moteurs, des bécanes et des tas de mécaniques, des circuits intégrés de tous gabarits, éructent des tensions, des watts, des joules, des ampères, sans cesse, dehors, dedans, dessus, dessous.
Pour tous les gestes de la vie quotidienne,
ils pressent sur des boutons et des accélérateurs, jamais sur le frein, sauf en cas extrême pour repousser jusqu'à l'arrivée des caméras une collision mortelle,
ils enfilent leurs cartes et leurs puces dans des
tourniquets à dynamo increvable, ils rechargent leurs abonnements,
leurs piles, leurs coffres, leurs frigos, leurs gros bides, ils
entassent de la casse dans leur antre, l'entrechoquent sur des
étagères croulantes, broient la pléthore de matière vomie à la
centrifugeuse de leur cerveau.
Et toutes ces cervelles barattées dans le bureau des filiales bancaires, ils courent en fabriquer des clones sur des machines qui hurlent, qui vrombissent, qui pétaradent, ils extraient le feu de la terre pour le dilapider dans une grande crise de jalousie envers le soleil, ils roulent de plus en plus vite avec des engins de plus en plus blindés, produisent de plus en plus de décibels et d'ondes de chocs, agglutinent des embouteillages monstrueux, des montagnes de déchets qui fument, se causent avec des klaxons, des fanfares et des armes ....
Et ils sont incapables de se rendre compte que plus une masse s'agite, plus elle chauffe, et que plus elle chauffe, plus elle risque d'exploser.
Incapables de voir qu'à un moment, la seule solution, c'est de s'arrêter totalement et de plus bouger, de plus rien toucher.
D'attendre que la température baisse.
Pourtant ils se sont fabriqués des machines pour surveiller ce qui se passe ailleurs que sous leur nez, ils ont des réveils, des sonards, des cornes de brume, des écrans géants, des canons, des GPS, des satellites, des fusées et des avions qui crèvent le mur du son.
Ils comptent que le voisin et le lointain soient désormais comme eux, standardisés, robotisés et motorisés, ou qu'ils le seront tôt ou tard, de gré ou de force, comme eux sur le fil du rasoir, transpercés d'électro-magnétisme et de micro-ondes, scannés dans leur intimité, avec leur ADN affiché au poignet.
Ils peuvent communiquer entre eux pour se prévenir, constater que l'entropie est atteinte et que la faillite est imminente, ils pourraient s'avertir qu'il suffit maintenant d'une toute petite quantité de chaleur en déplacement pour tout faire basculer, et que, cette petite quantité, ils en sont responsables...
Mais non, dés qu'il y en a un qui sonne l'alerte, ils augmentent le débit, ils poussent le son, ils enfoncent la manette, ils libèrent les gaz, repassent à la pompe, commandent plus de packs promotionnels et de forfaits illimités, saturent les réseaux, ils ne veulent rien savoir, ils gesticulent plus fort, plus haut, allument plus fort et plus souvent leurs engins, se trémoussent encore plus vite sur la piste de danse surchauffée!
Ils veulent continuer à s'intoxiquer extatiquement tous ensemble,
s'immoler dans les vapeurs délétères, à se transfuser du sang contaminé, avaler des fibres cancérigènes, ils préfèrent se laisser porter dans les chariots industriels de la sur-consommation et de l'aberration, sanglés sur des roulettes informatisées qu'ils ont huilé au karsher pour symbiotiser au système total,
ils veulent bourrer leurs tympans de vacarme pour s'ankyloser, s'hypnotiser, se shooter à donf.
Parce que tous ces moteurs qui ronronnent et qui giclent, ces micros qui dégorgent, ces détonations qui crépitent, ces villes en fusion, ces déchirures dans la couche d'ozone, ces pluies de fer et de foudre qu'ils provoquent,
quelle puissance ça leur renvoie!
Toutes ces lumières allumées, tous ces appareils en veille,
tous ces voyants qui clignotent,
quel aveuglement ça leur procure!
Heureusement, il existe une solution pour calmer tout ça:
le Zen.
Qu'on peut pratiquer n'importe où,
pas seulement dans la yourte.
Pour les débutants, je conseille « Zen pour les nulles ».
Extraits:
« Les moutons, çà ne se déplace qu’à la vitesse du mouton le plus lent.
Ce qui veut dire que quand ils sont pourchassés, ce sont les plus lents et les plus faibles qui sont attaqués les premiers. Autrement dit, au fur et à mesure que les plus lents sont éliminés, la vitesse du troupeau augmente.
C’est mathématique.
C’est pareil pour le cerveau humain.
Il ne peut fonctionner plus vite que ses cellules les plus lentes. Or, on le sait maintenant, l’alcool détruit les cellules du cerveau. Ce sont donc les plus lentes qui sont bousillées en premier.
Seulement moi je ne bois pas.
Donc rien ne me détruit les cellules de la cervelle. Je sais pas si ya de quoi se réjouir, mais les faits sont là. Par conséquent, mes cellules lentes restent aux premières loges, mon cerveau rame, et moi je plane.
C’est comme çà que je me suis assise.
Partagée entre l’envie de rembobiner le temps et celle d'aller loin devant en regardant fixement rien du tout
C’est là que les problèmes ont commencé.
Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, jamais je n’avais eu de problème pour respirer.
La preuve : je respire depuis ma naissance.
Assise face à moi-même, je me suis dit :
« Bon, de deux choses l’une, ou tu continues à faire n’importe quoi, et on voit ce que çà donne, ou tu réfléchis, et tu vas avoir mal à la tête.
J'ai réfléchi.
J'ai imaginé un homme en train de réfléchir.
Un homme qui a faim.
Va-t-il se jeter sur le pauvre petit lapin qui traverse la route ?
Pas du tout.
Il réfléchit.
Il sait qu’en rentrant, il va trouver un bon repas préparé par Madame.
Alors il se calme, et laisse le lapin tranquille."













































































































































































































