YURTAO, la voie de la yourte.

12 juin 2018

De l'arbre à l'art

Vieilles branches de chataigner réhabilitées!

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de l'arbre à l'art 4

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29 mai 2018

Pour une inscription de la ZAD de NDDL et de ses habitats à l'UNESCO

https://blogs.mediapart.fr/defendrehabiter/blog/260518/pour-une-inscription-de-la-zad-de-nddl-et-de-ses-habitats-lunesco

Nous, Comité de soutien DéfendreHabiter réunissant architectes, paysagistes, urbanistes, anthropologues, universitaires, habitant.e.s de la ZAD et citoyenn.e.s, vous écrivons depuis la commune de Notre-Dame-des Landes.

Plus précisément depuis la Zone d'aménagement différé devenue ”Zone à Défendre”, dont la renommée a très largement dépassé la dimension locale, et ce grâce à une contestation populaire qui, après plusieurs décennies de lutte pour la sauvegarde des terres, a su venir à bout d’un projet d’aéroport d'un autre temps. Au vu des enjeux sociaux et écologiques auxquels font face nos sociétés d'une part, et aux destructions massives en cours d'autre part, la ZAD de Notre-Dame des Landes représente pour nous un héritage majeur d’interactions entre les hommes et le milieu naturel, un patrimoine culturel et naturel, qu’il est vital de préserver, de pérenniser et dont l’UNESCO pourrait reconnaître la valeur comme “source irremplaçable de vie et d’inspiration” (Convention de 1992 sur les paysages culturels).

Périls Immédiats
Sauver l’expérience : habitats & habiters en danger imminent

Depuis le 9 avril 2018 a lieu une opération de destruction des habitats et d'expulsion des habitant.e.s de la ZAD. Cette opération, toujours en cours, et qui connaît des épisodes très violents, a mené à la destruction d’une quarantaine de lieux de vie et a causé plusieurs centaines de blessés.

Face à l'ampleur des destructions, on ne peut faire l’économie de cette question : que détruit-on à Notre-Dames-des-Landes ? Que cache la volonté de faire table rase de toutes les traces et de tous les symboles d'une des plus longues luttes populaires et écologiques de la période récente en Europe? Qu'est ce que ces destructions disent du refus systématique du projet collectif qui pourtant donne tout son sens à ce qui se vit sur ce territoire?

À travers l’opération militaire en cours, il est clair que l’État a adopté une stratégie proche de la table rase. Tenter d’effacer les traces de l’histoire d’un territoire, c’est lui refuser toute identité, toute valeur et toute légitimité à venir.

La liste des sites classés par l’UNESCO s’établit systématiquement dans une perspective de sauvegarde : il s'agit de sites menacés à plus ou moins brève échéance. Ici nous constatons la menace de disparition immédiate de nombreuses constructions remarquables, témoignages vivants de la capacité des êtres humains à habiter en relation respectueuse et inventive avec leur environnement, dans un monde moderne et mondialisé. Cette expérience doit-elle disparaître dans la violence avant d'avoir pu être partagée ?

Témoins de cette situation nous interpellons ici l'UNESCO et le Ministère de la culture ainsi que toutes celles et ceux qui se sentent concerné.e.s par les questions de patrimoine naturel et culturel, et par la reconnaissance et la sauvegarde de la diversité des modes et des milieux de vie.

Attachements

Il s’agit pour nous de dire ici ce à quoi nous sommes attachés, dans le passé de ce territoire, le présent et la richesse de cette lutte, et dans la promesse du monde que nous souhaitons construire et vivre. Nous dépendons de nos attachements : ils nous déterminent, ils font que nous sommes déterminés. Ce à quoi nous tenons, nous tient et nous porte.

Histoire d’une lutte : habitats et habiters.

Dans la multiplicité des moyens de lutte qui ont contribué à l’abandon du projet d’aéroport, l'occupation pérenne de la ZAD a joué une place primordiale. Ces habitats témoignent aujourd’hui d’un passé récent, façonné par une détermination regroupant anciens et nouveaux habitants. Ils reflètent la diversité des personnes qui ont participé à leur construction, et la diversité des manières d’habiter qui ont pu y être inventées : ce sont des corps de ferme rénovés, de nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d'une friche, ou d'un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou mobiles qui complètent ce paysage habité. Face à une architecture mondialisée, standardisée, gloutonne en terres et en ressources non renouvelables, la ZAD a vu s’épanouir une diversité de formes d’architecture vernaculaire et frugale.

Une quarantaine de ces habitats et lieux de vie ont déjà été détruits et de nombreux autres restent aujourd’hui menacés. La rapidité, la fulgurance de ces destructions, menées avec une grande violence, dans leur tentative d’effacer les traces, physiques et symboliques de ces habitats, mettent à nu leur fragilité : la légèreté ne résiste pas aux pelleteuses. Dans la lutte pour la maîtrise de l’histoire, l’État dispose de moyens de pression disproportionnés. Nous encourageons à une reconnaissance de la valeur de ces habitats, de leur légèreté, et des espoirs que portent leur apparente et rugueuse fragilité.

Un habiter en conscience de nature.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est un territoire bocager d’environ 1600 hectares resté quasiment inchangé depuis les années 50, en attente du projet d’aéroport : une mise entre parenthèses qui a protégé ces terres de l’agriculture intensive et du remembrement. C’est ce qui en fait une situation exceptionnelle aujourd’hui, par l’étendue du territoire concerné et par l’histoire collective singulière de cette préservation. C’est aussi devenue une des zones naturelles les plus étudiées de France grâce au travail des Naturalistes en Lutte depuis plusieurs années.

L’extension de la notion patrimoniale aux habitats, aux manières d’habiter et aux habitant.e.s, défend l’acception d’un habiter en conscience de nature. La crise environnementale nécessite de se défaire de notre concept moderne de nature et de la séparation que nous traçons entre Nature et Culture. La protection de la Nature, telle qu’elle est pensée dans la modernité occidentale, est simplement l’autre facette de l’exploitation, dont elle est indissociable. Protéger c’est encore dominer, c’est encore mettre la nature à distance et lui attribuer des fonctions (de contemplation, de récréation, …).

Aujourd’hui, il est impératif de dépasser cette logique et de penser nos liens avec les plantes, les animaux et le territoire comme faisant partie intégrante de la vie sociale. Sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, lorsque nous nous battons pour préserver un bosquet, une prairie ou une mare, nous ne le faisons pas au nom d’un principe abstrait de préservation de la biodiversité, mais parce que les nombreux liens que nous avons tissés, au fil des ans, avec le bocage, nous attachent à ses habitants non-humains, nous fait apparaître comme inenvisageable de ne plus partager notre quotidien avec eux. Dans nos débats, les intérêts des tariers pâtres, des hypolaïs polyglottes, des tritons marbrés ou des cardamines des prés sont pris en compte au même niveau que ceux des membres humains de la communauté. La notion de mise en commun s’en trouve ainsi elle-même rajeunie, puisque les liens communautaires sont désormais étendus bien au-delà du domaine humain.

Communs et art de vivre.

Sur la ZAD, on ne se décharge pas d’une responsabilité en se disant qu’une quelconque instance s’en occupera ; on s’organise : qui fait de la boulangerie, qui s’occupe de ses proches malades, qui regroupe les informations pour diffuser un bulletin hebdomadaire, qui tente de désamorcer un conflit, qui choisit ensemble quoi cultiver où, quelle construction faire pour quel usage, et la liste est longue. Ils deviennent rares les milieux où il est possible de s’essayer, sans chercher à démêler ce qui relève de la nécessité, du goût de l’expérimentation ou de la passion.

L’attachement à la ZAD, et la détermination à sauvegarder ce territoire des logiques d'aménagement toutes-puissantes, a mené à une gestion en commun qui s’élargit au-delà du territoire physique à de nombreuses infrastructures : les biens communaux, ou communs.

Ce sont notamment les cultures communes, les semis collectifs, le partage de matériel agricole, la re-distribution de la production, les fournées de pain dans les différentes boulangeries. Mais aussi les outils d’information et de communication, la vie artistique et l’entretien des bois, des haies, des fossés et des chemins. Depuis 10 ans des formes de vie préfigurent ce que pourrait être une société libérée de l’emprise de la logique propriétaire, une société où faire prévaloir la logique de l’usage commun, qui est une logique de soin et d’entretien, sur la logique propriétaire, qui est une logique destructrice et mortifère. Nous revendiquons l’universalité de cette compréhension du commun comme une réalité partagée quotidiennement avec un tiers de l’humanité. C’est un patrimoine ouvert, partagé, accessible qui s'invente ici, un héritage où la ZAD appartient bien, au sens où l’entend l’UNESCO, “à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés“.

Héritage

La ZAD et ses habitats, ses habitant.e.s et ses manières d’habiter sont l'héritage d'une situation sociale et écologique, d’une lutte populaire. Ce qui se fait sur la ZAD procède d'une inscription dans un territoire et du souci de sa continuité. Nous voulons croire qu’il sera possible d’inventer avec les communes avoisinantes une forme de parenthèse juridique pour habiter ici qui puisse accompagner les imaginaires vers d’autres horizons. Nous engageons aujourd’hui la question patrimoniale pour que les communes avoisinantes acceptent les formes architectoniques créées durant ces 10 ans comme l'on considère un village dont nous héritons. La connaissance fine, commune et profonde de l’impact de l’habiter dans ce territoire est précieuse pour imaginer le devenir des êtres humains sur cette planète dans des conditions dignes et durables.

L’écriture de ce texte, débuté à la veille de la seconde vague de destruction d’habitat sur la ZAD, cherchait à éveiller la question de la richesse de ce que l’on détruit, plutôt qu’évoquer la nécessité d’une quelconque protection. Malgré les destructions, la ZAD résiste, car il s’agit bien avant tout de solidarités et de nouveaux imaginaires. Alors que nous terminons ce texte quelques jours après cette nouvelle vague de destructions, face à cette évidence qu’il faudra bien plus que des destructions pour faire disparaître la ZAD, nous dénonçons la répression policière démesurée qui continue de peser sur celles.eux qui côtoient et font vivre aujourd’hui avec force ce territoire.

Vous interpeller, c'est ouvrir un débat, comme tant d'autres qui se sont ouverts depuis ce territoire qui chamboule nos imaginaires, et c'est questionner le refus du gouvernement d’accorder la moindre reconnaissance à des alternatives concrètes.

Défendre nos manières d’habiter la ZAD

 

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24 mai 2018

La guerre qui arrache des pieds et des mains

https://zad.nadir.org/

A Notre-Dame-des-Landes, l’acharnement répressif crée une nouvelle impasse : faudra-t-il un mort, une morte, pour en sortir ?

mercredi 23 mai 2018

Jeudi 17 mai, le gouvernement a repris ses opérations spectaculaires d’évacuation et de destruction de la zad de Notre Dame des Landes, après plusieurs jours d’une fausse « trêve » au cours de laquelle il a entretenu la tension en multipliant les provocations.

Après avoir détruit la ferme des Sans Nom courant avril, les gendarmes et policiers ont aujourd’hui rasé la Chat-teigne, un autre lieu emblématique de la zad, un symbole de son histoire : ce hameau a en effet été construit par plus de 40 000 personnes, venues marquer l’échec de l’opération César de 2012.

Le gouvernement ne cesse de vouloir distinguer les habitant.e.s “légitimes de la zad” de toutes celles et ceux qui n’auraient aucune légitimité à rester. Nous, organisations signataires de ce communiqué, soutenons la lutte de Notre Dame des Landes, contre le projet d’aéroport “et son monde” depuis de nombreuses années. Nous avons toujours défendu la zad comme un ensemble, comme un tout, dont on ne peut retrancher aucune partie.

Nous réaffirmons aujourd’hui notre soutien à tout.es les habitant.e.s de la zad et notre solidarité avec les projets et expériences qui se mènent sur place - qui, chacune prise isolément, et plus encore, toutes ensemble, nous apprennent et nous montrent la force et la vigueur de modes de vie alternatifs, sobres, orientés vers la préservation et la défense des communs.

Destruction de cabanes, de hameaux de lieux de vie collectifs ; destruction de l’énergie, de la créativité et de l’inventivité de toutes celles et ceux qui vivent sur place ou qui ont contribué à bâtir et habiter la zone ; mais aussi destruction d’un espace à la biodiversité aussi riche que fragile : routes et chemins envahis par les forces de « l’ordre », entravant les travaux agricoles en pleine saison, tandis que les engins et les armes chimiques utilisés à une échelle sans précédent détruisent le bocage et empoisonnent des terres d’élevage et de culture…

Toutes ces nuisances et ces destructions doivent cesser. Dans l’urgence, nous réclamons :

- L’arrêt immédiat de cette opération militaro-policière sans nom, brutale, irresponsable et coûteuse (plus de 5 millions d’euros ont été déjà dépensés) ;

- Le retrait des forces militaro-policières de la zad et de ses environs, condition nécessaire au rétablissement de la liberté de circulation ;

- L’arrêt des poursuites et la libération de toutes celles et ceux qui ont défendu ce territoire, ses habitants, leur écosystème, et qu’une justice partisane frappe avec une vigueur démesurée. Concrètement, nous appelons :

A converger sur place pour ceux et celles qui le peuvent

A participer aux rassemblements et actions qui pourront être organisés partout sur le territoire ces prochains jours.

— - Attac, Ensemble, 350.org, Sud Rail, Collectif national des syndicats CGT de VINCI, Solidaires, DAL

POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018 - LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017.

mercredi 23 mai 2018

Mettre des mots sur l’horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de «  lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !

Au sujet des grenades ayant causé de graves amputations, extrait d'un article de  L. Peillon sur Libération:

" Est-il vrai que les grenades offensives GLI-F4 du type de celle qui a grièvement blessé un homme à Notre-Dame-des-Landes, le 22 mai, sont d'un usage déconseillé pour le maintien de l'ordre? En raison des nombreux dégâts qu'elles ont causé ces derniers mois? "

La grenade qui a grièvement blessé, ce mardi, un manifestant sur la zad de Notre-Dame-des-Landes, en lui arrachant la main tandis qu'il tentait de la ramasser, selon les forces de l'ordre, est une grenade de type GLI-F4 (grenade lacrymogène instantanée). Sa spécificité, selon le communiqué de presse du ministère de l'Intérieur, est de produire un triple effet: "lacrymogène, sonore et souffle". Outre l'effet lacrymogène (gaz CS pulvérulant) et sonore (165 décibels à 5 mètres), elle produit en effet une forte explosion. Et est régulièrement mise en cause pour sa dangerosité. Il y a un mois d'un an, en août 2017, elle avait encore grièvement blessé au pied un jeune manifestant à Bure (Lorraine). Dans la foulée, en septembre 2017, une pétition dans Libération demandait son interdiction, ainsi que celle de toutes les grenades explosives, rappelant que les les grenades offensives de type OF-F1 avaient proscrites après le décès de Rémi Fraisse, le 24 octobre 2014 à Sivens.

Plus gênant pour le ministère de l'Intérieur, la dangerosité de la GLI-F4 a été reconnue par les forces de l'ordre elles-mêmes, dans un rapport commun à l'IGPN (inspection générale de la police nationale) et de l'IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale), publié le 13 novembre 2014, soit quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse. Ces grenades à effet de souffle, rappelait ainsi le document, "constituent le dernier stade avant de devoir employer les « armes à feu » telles que définies par le code de sécurité intérieure". Et d'expliquer, sans ambages, que ces "dispositifs à effet de souffle produit par une substance explosive ou déflagrante sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu, tandis que ceux à effet sonore intense peuvent provoquer des lésions irréversibles de l’ouïe (pour avoir un effet efficace, une intensité sonore de 160 db mesurée à un mètre est requise)". Avant de reconnaître que "quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue".

Dans un article d'août 2017, le journal de la gendarmerie, l'Essor, semblait, de son côté, peu confiant dans l'avenir de la GLI-F4, eu égard à sa dangerosité. Evoquant un appel d'offre, à l'époque, de plusieurs millions d'euros sur des grenades, l'auteur expliquait que cette commande, divisée en cinq lots, "ouvre la porte, pour les gendarmes mobiles, à l’équipement d’une nouvelle génération de grenades, appelées à remplacer petit à petit les grenades lacrymogènes instantanées, les GLI F4. [...] Concrètement, ces grenades lacrymogènes et assourdissantes ne contiendront plus d’explosif". Et l'Essor d'en déduire que "ce changement était envisagé depuis quelque temps. Dans un avis daté du 24 novembre 2016 sur le projet de loi de finances pour 2017, la commission de la défense du Sénat remarquait ainsi que des études «sont en cours sur l’évolution des grenades en dotation au sein des escadrons de gendarmerie mobile, en coordination avec la police nationale. L’objectif de ces études est le remplacement des grenades GLI F4 par des grenades assourdissantes lacrymogènes sans explosif». Rappelant que même si leurs conditions d'utilisation ont été encadrées (nécessité d'un binome), "les GLI restent en sursis. Des associations contestent son usage, estimant que le TNT contenu dans ces grenades est susceptible de tuer".

Une inquiétude confirmée par le Défenseur des droits: "Le renforcement du cadre d’utilisation de cette grenade doit être salué mais la dotation dans les opérations de maintien de l’ordre d’une arme présentant une telle dangerosité, eu égard à sa composition, reste problématique", estime un rapport de l'institution, publié en janvier 2017.

Autre signe, enfin, de leur dangerosité, la France est le dernier pays en Europe à utiliser les grenades explosives. «L'étude d'exemples pris dans les pays voisins a permis de confirmer la spécificité française, seule nation d'Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l'ordre avec l'objectif de maintenir à distance les manifestants les plus violents», explique le rapport commun de l'IGPN et de l'IGGN.

 

 

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17 mai 2018

Habiter la ZAD, ouvrir d'autres mondes

non aux explusions

Une nouvelle vague d'expulsion a démarré ce matin à NDDL! 

Encore des pluies de grenades et encore des blessés!

tas de grenades à NDDL 2018

On peut suivre les opérations

Quelle que soit l’ampleur des destructions, le combat pour le droit d’habiter autrement continuera!

barricade et roulotte à NDDL

petite yourte yurtao

C’est pourquoi les habitants de la ZAD organisent un week-end de rencontres les 26 et 27 mai 2018 pour défendre ce qui se vit ici. Nous vous invitons donc largement à venir réfléchir et activer ensemble la défense des manières d’habiter hors-norme, à Notre Dame des Landes et ailleurs.

Voir le programme ici

habiter la zad ouvrir d'autres mondes

 

 

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10 avril 2018

Expulsions illégales et déferlement militaire sur la ZAD

Voies de fait et expulsions illégales en cours à Notre Dame des Landes.

https://reporterre.net/La-Zad-et-la-guerre-civile-mondiale

Consultez le site Reporterre pour une information libre et indépendante.

 Et ICI, l'album photo sur la ZAD que j'ai publié il y a quelques années, à voir ou revoir.

 

stop violence

heurts-entre-forces-de-l-ordre-et-zadistes-a-notre-dame-des-landes-le-9-avril-2

Défendons d'autres manières d'habiter!

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/060418/comme-la-zad-de-notre-dame-des-landes-defendons-dautres-manieres-d-habiter

La ZAD, c'est aussi l'aventure de ses constructions. Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ;

c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d'une friche, ou d'un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou nomades, camions, caravanes, yourtes qui complètent ce paysage habité.

Hors-norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. Elles sont aussi le résultat d’une inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative, favorisée par la stimulation collective de la ZAD, poussant les gens, habitués ou débutants, à se réapproprier l’acte de construire. La multiplicité des formes construites montre des possibilités d’habiter et de bâtir hors des logiques foncières et immobilières basées essentiellement sur la spéculation qui laissent peu de latitude aux habitants et aux architectes pour proposer des solutions alternatives.

La pétition

 

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03 mars 2018

"Utopie sauvage"

Un joli film est en préparation,

un documentaire long métrage sur mon art de vivre en nature,

réalisé par Baptiste Henry ( un jeune faune qui a réussi à s'imerger en forêt sans GPS) 

faune chataigner

et les elfes des bois.

entrée des elfes

Pour voir la bande annonce et apporter votre soutien, c'est là:

https://zeste.coop/fr/ decouvrez-les-projets/detail/ utopie-sauvage-le-film

Il y aura toutes les saisons, sauf celle ci:

yourte sous la neige 2018

N'hésitez pas à faire circuler dans vos réseaux.

MERCI à tous les soutiens à ce projet!

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14 février 2018

Sculptures en nature

Deux nouveaux albums photos sur Yurtao!

étoiles tombées devant la yourte sylvart yurtao

Barbesse sculptures

et

Sculptures sylvestres

 

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25 janvier 2018

Appel Bientôt il sera trop tard!

Appel Bientôt il sera trop tard…

Que faire à court et long terme ?

Voir l'appel initié sur Médiapart

Nous avons entendu l’appel de plus de 15000 scientifiques de 184 pays paru le 13 novembre 2017 dans lequel ils tirent la sonnette d’alarme sur l’état désastreux de notre planète. Nous avons compris qu’il s’agit de la dernière mise en garde, car si nous ne prenons pas les mesures adaptées « bientôt il sera trop tard ».

Nous, écologistes, altermondialistes, objecteurs de croissance, décroissants, souhaitons tirer les conséquences pratiques de cet appel,  puisqu’il est bientôt « trop tard », c’est maintenant qu’il faut agir. Personne n’a aujourd’hui de réponses toutes faites mais nous savons que nous devons changer de paradigme dominant. L’issue n’est pas du côté de l’austérité et de la croissance mais plutôt d’une rupture avec le productivisme, l’extractivisme, la foi béate dans la techno-science, l’autoritarisme, le capitalisme.

Nous devons changer nos modes de production et d’existence, car ils sont à l’origine de la situation actuelle, et l’effondrement des ressources pourrait nous conduire à la barbarie. Mais nous ne partons pas de rien, nous savons que des alternatives existent déjà à l’échelle mondiale, qu’il faut faire converger ; nous savons aussi que le rêve des 99 % n’est pas d’imiter les 1 % contrairement à ce que voudraient faire croire les dominants.

Nous devons changer nos modes de production et d’existence mais nous savons que demain devra être mieux qu’aujourd’hui tout en divisant immédiatement par trois nos émissions de CO2 et en préservant les écosystèmes. Nous ne croyons plus aux lendemains qui chantent parce que nous voulons chanter au présent. La planète est suffisamment riche pour permettre à dix milliards d’humains de vivre bien si nous en préservons la biodiversité et savons vivre en harmonie avec les autres espèces.

Nos combats d’aujourd’hui doivent nous rapprocher de la société de demain.

Si le réchauffement climatique n’est pas endigué drastiquement, cela va provoquer des sécheresses massives et des famines mondiales. Pour que l’humanité ne disparaisse pas comme une entreprise en faillite, nous vous invitons à signer et à faire signer cet appel afin de prendre date en disant que la solution à moyen et long terme est du côté d’une société de la gratuité, émancipée de la contrainte du « toujours plus » de richesses économiques et de pouvoir sur les autres humains, les autres vivants et la planète.

Pour que l’humanité ne disparaisse pas comme une entreprise en faillite, nous vous invitons à signer et à faire signer cet appel afin d’exiger, dès maintenant, la fin des Grands Projets Inutiles imposés (de l’aéroport NDDL à Europacity en passant par le Grand Prix de France de F1), une réduction drastique du temps de travail (travailler moins pour travailler tous mieux), la généralisation des communs et de la gratuité (des transports en commun, des cantines scolaires, des services culturels et funéraires), une réduction drastique des inégalités de revenus et de patrimoine, un élargissement de la démocratie pour aller vers plus d’autonomie et de responsabilisation des peuples.

Tout doit être repensé dans le cadre de la critique de la croissance car la décroissance que nous soutenons ce n’est pas faire la même chose en moins, ce n’est pas l’éloge du sacrifice, c’est déjà construire une écologie des revenus avec un minimum et un maximum décents et revenir à des taux de prélèvement sur la nature supportables, c’est offrir un avenir dans un monde qui n’en offre plus.

Nous, écologistes, altermondialistes, décroissants, objecteurs de croissance amoureux du bien-vivre, appelons à une démarche commune pour construire un projet de transition vers une société d’a-croissance, juste et démocratique. Nous devrons pour cela dire notre volonté de nous rapprocher, afin de créer un mouvement d’idées riche de sa diversité, de mettre en réseau nos compétences et alternatives, de prendre des initiatives, d’initier des résistances, et de préparer des convergences avec tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la barbarie qui vient.

Signez et faites signer cet appel !

Voir l'appel là avec les premiers signataires

Pour signer l'appel cliquez ici.

 

2-cagouilles

 

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08 janvier 2018

Couper, toujours couper

Ils ont fait "propre"

coupe en morceaux

Plus net et plus vite que les castors

oeuvre des castors

Plus d’arbres se mirant dans l’eau

arbres se mirant dans la rivière

Sur les rives ensanglantées

coupe abandonnée dans l'eau

Je ramasse  les nids.

nid sur souche

 

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27 décembre 2017

Chaise électrique ou four crématoire

Ils ont fracassé mon Noël.

Eux, ils se gueuletonnent comme des porcs et moi, je médite seule.

En tant que pro du renoncement, je ne suis pas malheureuse, je suis lucide et en colère. Écœurée comme si j’avais une indigestion alors que j’ai dû me désister du réveillon familial. Ils ont massacré ce à quoi vous croyez tous avoir droit. Aimer vos proches, partager quelques rites de paix unificateurs, et un peu de tendresse. Ils font de moi et de milliers d’autres personnes sensibles, quelques lanceurs d’alerte encore assez humains pour ressentir combien les ondes qu’ils nous infligent dépassent les bornes de ce qu’un être vivant peut encaisser, des parias.

Des condamnés pires que des criminels à qui est accordé le droit de voir leur famille, alors que nous, on nous enlève notre plus précieux intime, le droit à entretenir nos liens personnels. On nous rejette dans les limbes, puisqu’il n’y a plus nulle part d’endroit sain, sans ondes toxiques, et que désormais, le lieu le plus privé, le foyer, est gravement contaminé. Mais ce n’est que l’avant-dernière étape avant l’expropriation des corps.

Un jour récent, le système d’alarme de mes parents âgés s’est déclenché, le frigo et le congélo se sont arrêtés, plus rien ne marchait dans la maison, semant la panique. Ma pauvre mère courrait partout pour tenter de trouver comment arrêter ce vacarme et la source de tous les dysfonctionnements soudains. Elle a fini par sortir dans la rue pour ne plus entendre le hurlement strident chez elle et s’est trouvée devant un type en train de trafiquer son compteur. Un voyou d’Enedis en train d’infiltrer subrepticement un compteur Linky.

Ma mère habite sous une antenne relais et, quand j’arrivais à aller la voir, après avoir débranché tous les téléphones DECT et le wifi de la maison, je dormais à la cave. Maintenant, la cave, ainsi que tous les recoins de la maison, sont irradiés en permanence d’ondes nocives qui rebondissent contre les parpaings et la roche porteuse en criblant les occupants comme un four à micro-ondes géant. Je ne peux plus aller chez ma mère. Je ne peux pas lui demander d’éteindre son compteur, d’allumer des bougies et de se procurer un cuiseur à bois, comme j’en ai un pour ma yourte. Ni de poser des panneaux solaires pour échapper au totalitarisme assassin d’EDF, c’est trop tard. Mes parents sont vieux et n’ont pas besoin que j’ajoute à leurs préoccupations, ils ont besoin d’être soutenus. Cela m’est devenu impossible, je ne peux les aider, et je sais maintenant que cette incapacité ne se contente pas d’être le résultat d’un choix politique délibéré d’anéantissement de la santé et de la cohésion sociale, mais qu’elle inflige une des plus grandes souffrances de la vie affective, qui s’ajoute à la perte d’un enfant et un divorce, ne pas pouvoir s’occuper de ses parents quand ils déclinent.

Quelques jours après la pose du Linky, le vieil homme est allé chercher du bois derrière sa cuisine et a perdu connaissance. Il est tombé dans les escaliers. Dans sa nuque, l’antenne relais. Autour de lui, dans la buanderie, le courant porteur en ligne du compteur communicant, une connexion sans fil permanente qui envoie des ondes électromagnétiques 3G tous azimuts sans répit. Le vieil homme nageait dans son sang et s’est retrouvé à l’hôpital pour la première fois de sa vie. Les soignants ont procédé à des examens et ont fini par déclarer qu’il n’y avait pas de cause physique à l’accident.

Tous les vieux qui présentent aujourd’hui des malaises décuplés dûs à la surimposition d’ondes, sont susceptibles d’être accusés de sénilité. Sans parler de l'épidémie d'Alzeimer, concomittente avec le devellopement industriel et biotechnologique, en particulier électromagnétique. Au village à coté de chez moi, à Molières-sur-Cèze, c’est simple, pour que personne n’y voit goutte, toutes les antennes relais de la vallée ont été érigées sur la maison de retraite. Ils ne peuvent plus le faire sur les crèches parce que les parents ont protesté. Mais qui défendra les vieux ??? Ainsi, tous les maux des personnes âgées sont attribués à leur vulnérabilité, jamais aux agressions massives qu’ils subissent.

Je ne suis donc pas allée passer Noël avec mes parents.

Non, je ne regrette pas de n’avoir pas avalé les perturbateurs endocriniens dissous en masse dans les épaississants, gélifiants et aromatisants du repas de Noël, je ne regrette pas les acides gras saturés, huile de palme, glutamate monosodique (E621), acide carminique (E120), sulfite d’ammonium (E150d) dans les biscuits apéritifs, sulfites et bouquets de pesticides dans le champagne, nitrite de sodium (E250), nitrate de potassium (E252), tartrazine (E102) dans le foi gras et la charcuterie, dioxines, PCB et arsenic dans le saumon, antibiotiques dans la volaille, ni les carraghéanes (E407), diphosphates (E450), dioxyde de titane (E171) dans la bûche de Noël, ce que je regrette, c’est de ne pas avoir pu m’asseoir à coté de ma mère à la table familiale.

Tout ça à cause des malfaiteurs d’EDF et d’Enedis, à cause de ces gredins de premiers de cordée qui s’empiffrent de cerfs chassés à cours à Chambord en nous entraînant sans vergogne au précipice, tous entortillés comme des saucissons derrière la botte d’un psychopathe de quarante ans surexcité, dont il est notoire qu’il est en train d’acculer ses proches et ses seconds de cordée, qui ne dorment plus, au « burn out ».

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité qui a toujours construit ses abris pour se protéger, la maison, le foyer, la famille, est en train de perdre sa fonction première de cellule constituante de la société. Le danger extrême ne vient plus des conquêtes sanglantes de barbares armés de sabres déferlants d’Orient qui brûlent nos chaumières, ni des délires hégémoniques d’un Reich malade attaquant les pays voisins, ni même la dynamite de fous de Dieu qui explosent nos rues, le danger vient des envahisseurs marchands de la finance et de la techno-science, des multinationales et des Gafa aux inquisitions multilatérales, d’Etats corrompus asservis au profit, tous en train de truffer la maison et ses occupants de poisons à doses massives, le tout, comble de cynisme, sous l’œil froid et systématique de caméras reliées aux puces de tous vos appareils domestiques, espionnant et retransmettant en direct l’agonie lente de l’humanité. Avec Linky, cheval de Troie de Big Brother, mouchard irradiant d’ondes toxiques foyers et établissements publics afin d’exproprier tous les cerveaux humains, tout ce que vous faites chez vous est enregistré, analysé et trafiqué en direct par les grosses sociétés de brigandage international.

Ainsi la maison, lieu de ressourcement, est en train de devenir un four crématoire à l’échelle planétaire.

Et si par hasard un jour, par je ne sais quel raté technique ou quelle résistance psychique exceptionnelle, quelques citoyens émergent de l’hypnose générale, il sera trop tard pour revendiquer la propriété de nos corps et de nos cerveaux, la machine les aura définitivement confisqués.

Quand des expérimentateurs scientifiques posent deux portables allumés sur une ruche, les ondes provoquent la panique dans la colonie d’abeilles, puis on voit les insectes s’organiser pour quitter la ruche. Quand les abeilles ont abandonné leur domicile, elles ne reviennent plus. Il en est ainsi désormais des humains, surtout depuis la pose du Linky, de plus en plus de gens sensibles sont obligés de quitter leur domicile, leur travail, brisant leur famille, pour se retrouver subitement à la rue, leur vie foutue. Les bandits d’Enedis et du gouvernement qui protègent et imposent ces pratiques d’extermination lente nous traitent de fous ou de dépressifs, comme en Russie, dans les années soixante dix, on incarcérait les dissidents dans les hôpitaux psychiatriques. Je dis bien ces bandits. Car il faut être totalement dénué de sentiments, d’humanité et de morale, pour nous électrifier rationnellement comme sur une chaise électrique de condamné à mort alors qu’on est innocent.

Aussi, quand j’entends Édouard Philippe assurer que son gouvernement va tout faire pour réduire la fracture numérique, je tremble et je peste, car je sais ce que ça veut dire : c’est une déclaration de guerre totale.

Car la fracture numérique, ce n’est pas du tout celle que les dominants nous agitent démagogiquement au nom de l’égalité des territoires. La vraie fracture numérique, c’est celle qui finance des techniciens pratiquant impunément la torture électrique sur les populations, dont les premiers atteints sont obligés de fuir sans trouver nulle part où aller. Comme la guerre avec des drones, ces types qui pratiquent allégrement la violation de domicile pour installer au cœur de votre repos la mitraillette Linky, sont aussi dénués de conscience que des robots. Alors, quand j’entends des gens habitant des endroits idylliques et encore un peu à l’écart du foutoir, se lamenter en réclamant leur droit au haut débit au nom de l’égalité numérique, je ne peux que constater l’efficacité de l’hypnose aux écrans et l’étendue de l’aliénation infernale à l’idéologie du progrès. Les campagnes veulent être comme les villes, saturées, sidérées, irrémédiablement polluées. Plus aucun endroit où aller, plus aucun refuge, aucun échappatoire au fascisme capitaliste, aux délires techno-scientifiques, étouffement des sirènes d’alarme sur le Titanic, sursit des évadés du système terminé sans que le drapeau blanc ait eu le temps de se hisser. Le moindre creux de vallon, la dernière des forêts et les grottes les plus profondes doivent être connectés à l’overdose générale, la moindre cabane doit être captée, cartographiée, irradiée et électrocutée, personne ne doit plus pouvoir y échapper, nulle part où se terrer. Ce n’est plus une question de protéger sa vie privée de l’inquisition totalitaire, c’est la question de sauver sa vie tout court.

Sauver votre vie, sauvez la vie de vos enfants, refusez les compteurs Linky dans votre maison, votre appartement, vos ateliers et vos boutiques, votre mairie et vos écoles, refusez les partout ! Rejoignez la résistance !

Pour trouver les procédures à suivre, consulter les sites Robin des Toits et Priartem.

Quelques liens :

http://refus.linky.gazpar.free.fr/

https://reporterre.net/Des-communes-se-rebellent-contre-les-compteurs-intelligents-Linky-et-Gazpar

https://reporterre.net/Linky-perturbe-la-vie-des-electrosensibles-le-temoignage-de-Josephine-VIDEO

http://www.les-oc.info/2017/07/france-inter-soutient-les-inhumains/

Pour rejoindre ceux qui s’organisent pour un procès en justice. https://linky.mysmartcab.fr

 Enfin: 01_Plates_formes_revendicatives, la plate-forme revendication Hypersensibilité électromagnétique. 

 

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22 décembre 2017

Solstice d'hiver

Derniers jours d'automne avant l'hiver, et déjà remonte la lumière!

Cheminer dans la forêt de pins,

tarverser un rai de lumière oblique,

chemin sous les pins

une clairière qui rutile dans l'air frais

clairière dans les pins

puis rentrer au camp

tente tranquille

plongé dans l'or de l'agonie

DSCN7569

 pour jouer avec le soleil du solstice,

brillant et transparent dans les plumes,

brillant et transparent dans mon coeur.

attrape-rêves argenté

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07 novembre 2017

Crapouillette

J’ai récupéré un pot de terre près des géraniums où je verse mon eau de rinçage, afin de combler un pot de cyclamens délabrés où j’ai remarqué le bourgeonnement de quelques petites feuilles. Ce vieux pot de cyclamens oublié au milieu de mes bouts de bois reçoit l’eau qui rince ma bouche après le lavage de dents. La plante, dés les premiers frimas, n’a pas tardé à en profiter. La sécheresse a été si sévère cette année que j’ai du compter et recycler chaque goutte d’eau. J’ai beaucoup perdu de plantations, pleuré devant la souffrance végétale, et me suis inquiétée de mes amies les bêtes, fort éprouvées par la canicule. Je surveillais la flaque de la sourcette où j’adore contempler les superbes libellules indigènes zébrées de vert fluo qui dansent au raz de l’eau. La Cordulie splendide est une espèce rare, ces adorables bestioles qui méritent bien leur nom m’enchantent, curieuses et espiègles, elles s’amusent à me tourner autour en zigzaguant comme des folles.

La flaque ne s’est pas asséchée et tous les animaux de la forêt allaient s’y désaltérer. Profitant de la calamité naturelle engendrée par le réchauffement climatique, les chasseurs appâtés par un beau rassemblement de gibier en ont profité pour mieux les tirer. Bon, plutôt que de me révolter contre la lâcheté humaine, je préfère sauver ce qui peut l’être avec mes pauvres petits moyens.

Donc j’ai descendu le pot de ma murette et pioché à mains nues dans la terre, pour la transfèrer sur les bébés cyclamens. Au bout de deux poignées, je suis tombée sur une surface bizarre, un peu rugueuse, froide et molle. J’ai découvert un crapaud enterré dans le pot.

crapaud_dans_mon_pot

Je ne sais pas comment cette pauvre bête a escaladé d’abord la murette puis la paroi en plastique du pot, mais ce que je comprends, c’est qu’elle a choisi ce pot inoccupé parce qu’il recevait l’humidité dont sa peau a tant besoin. Effectivement, en versant mon eau de bassine, je rate souvent ma cible de quelques lampées, arrosage qui a fait l’aubaine de mon crapaud. Désolée d’avoir égratigné mon vieux compagnon, je lui ai trouvé un endroit plus tranquille en calant le pot contre une racine et je l’ai arrosé. Puis je l’ai laissé en paix pour qu’il puisse s’enterrer à nouveau. Je l’ai arrosé tous les jours jusqu’à la pluie.

Car enfin la pluie est arrivée.

Je me promenais tranquille et solitaire au bord de la rivière,

toute_seule_dans_l_eau

profitant des lueurs d'automne filtrant dans les feuilles de vigne,

bord_de_rivi_re_cool

à guetter les bois flottés dans les fourrés des rives,

bois_flott_s_dans_les_fourr_s
me laisser surprendre par une compostion minérale sur la berge d'en face, pas encore balayée par le courant,

composition_min_rale

lorsque les premières gouttes sont tombées.

Jaugeant le ciel, j’ai estimé pouvoir flâner et fureter encore un peu, oubliant le temps dans ma quête d’yeux aux fond du bois.

fouillis_de_bois

 Et la pluie s’est densifiée.  Je crapahutais dans les bois accumulés par les crues de l’année dernière, apportant parfois une touche personnelle dans les amas.

boule_dans_les_bois

 J’étais si contente qu’il pleuve enfin que je n’ai pas pris les choses au sérieux jusqu’à ce que je me sente mouillée. Et là, il a suffit que je me penche pour trouver refuge. J’ai découvert un abri providentiel.

entr_e_de_mon_refuge

 J’ai légèrement creusé en enlevant quelques branches et me suis tapie dans une cabane naturelle, entièrement construite de bois flottés charriés par le courant.

ma_cabane_en_bois_flott_

Au sec, j’ai écouté la pluie avec délices.

Partout autour, branches et broussailles emmêlées formaient des amas bloqués dans les arbres, parfois suspendus dans les airs,

fagot_de_bois_flott__perch_

 

nid_construit_par_la_rivi_re

parfois en monceaux juchés sur des entrelacs de racines évidées.

racines_et_bois_flott_

 Mon nid, lui, avait un vrai toit, composé d’une sorte de torchis en décomposition sur un canevas sauvage de bois lisses et tordus, d’un gris argenté mêlé de vieux marrons granuleux. Je me suis mise à détailler le bel enchevêtrement de ma cabane.

Et c’est là que je l’ai vu. D’un coup, elle m’a crevé les yeux.

Elle était totalement imbriquée dans la masse végétale, mais depuis que je cherche les âmes au fond du bois, j’ai appris à entendre les échos des souffles minuscules et détecter les formes cachées d’êtres insolites. Je l’ai doucement extirpé de sa gangue et je l’ai considéré avec admiration. J’ai eu la sensation que cette espèce de souche m’attendait depuis la nuit des temps, qu’elle me voulait autant que je la désirais. Franchement, c’était une vraie rencontre.

La pluie a cessé et je l’ai emmené chez moi. Je lui ai fait sa fête, je l’ai nettoyé, récuré, je lui enfilé une chemise blanche pour la nuit, avant de sortir toutes mes couleurs pour lui confectionner sa nouvelle robe. Le soir, mon crapaud était là, sur mes marches, je ne sais toujours pas comment ce rase motte arrive à escalader mes pots et mes escaliers. Il me regardait de ses yeux glauques, les mêmes que ceux embusqués dans les trous caverneux de la créature que j’allais révéler. Je dis "elle" mais je pourrais aussi bien dire "il", car en fait "il-elle" sont les deux. Un coté mâle et un coté femelle. Un archétype de crapaud à peaufiner. J’ai peins toute une journée, et le lendemain aussi, c’était comme si j’ouvrais un cadeau, ma tête était délicieusement vide et mon cœur totalement enivré de joie.

Et c’est ainsi, dans cette béatitude, que j’ai créé Crapouillette,

crapouillet_cot__male

 la sculpture qui s’est donnée à moi un jour de révélation dans un refuge de bois flottés.

Je l’ai suspendu au milieu de la yourte, elle s’est mise à tourner, me présentant ces multiples facettes

crapouillette_cot__femelle

 et maintenant, j’ai un nouvel être totalement insolite à qui parler. Je crois que Crapouillettte est un peu mon talisman, comme si cette créature sortie des eaux pouvait nous prévenir de ces périodes d'implacable sécheresse qui ravage la forêt.

* Crapouillette est une sculpture en bois sorti des flots de la Cèze. Peinture acrylique vernie. Fleurs de tissu, plumes de coq. Dimension: 32cmX15cm.

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17 octobre 2017

Mat de cocagne pour attraper le ciel

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13 octobre 2017

Les gendarmes aiment le bleu

les_gendarmes_aiment_le_bleu

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14 septembre 2017

Tiny Totems

tiny totem 6 têteTiny Totem 6

Petits totems à suspendre...

Inspirée par la beauté des bois sauvages,

je peins sur bois flottés ou abandonnés par le viel âge. 

Technique mixte,  peinture acrylique et collage sur bois, 

sur écorces et branches flottées ou aubiers secs anciens.

Les bois de forêt sont rabotés à la main.

Ci dessous, Tiny Totems sur écorces de pin maritime flotté,

trouvées sur les berges sauvages de la rivière la Cèze.

tinys totems 2 et 3

Ci dessus à gauche: Tiny Totem 3. Ecorce flottée, une face peinte, une face naturelle vernie. Perles en bois, rondelle de châtaigner peinte double face, breloques. 43 x 12cm.

à droite, Tiny Totem 2:  Ecorce de pin martime flotté, deux faces peintes, Rondelle de pin, Perles de bois, plumes de coq.

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tinys totems 4 et 5

Ci dessus, à gauche, Tiny Totem 4: perles de bois, breloques, pompom, plumes de coq.

à droite Tiny Totem 5 : Grosse écorce flottée de pin maritime peinte à l'acrylique sur une face. Menton en pointe dure de chataigner peinte suspendue, plumes de coq. 50 x17cm.

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tiny totem 6 arrière détailtiny totem 6

Ci-dessus: détail face arrière et devant du Tiny Totem 6. Grosse écorce flottée de pin maritime peinte sur les deux faces. Plumes de coq, rubans, petit capteur de rêve suspendu en pied. 44x21cm.

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tiny totem 7 cyclope
Ci dessus: Tiny Totem 7, Cyclope. Ecorce flottée de pin maritime peinte sur deux faces. Rondelle de chataigner peinte double face, plume de coq, perles bois. 41x10 cm.

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tiny totem 8 mouche

Ci dessus: Tiny Totem 8.Rondelle de chataigner peinte double face, Ecorce flottée de pin maritime peinte, plumes de coq, perles bois. 38 x10 cm

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Ci dessous: Tiny Totem 10 "Caviar". Maman poisson: Bois de chataigner, peinture acrylique sur les deux faces, bébé poisson: écorce peinte sur une face et vernie de l'autre. Une grosse agate ronde et vingt quatre petites agates figurent le caviar aquatique. 42X25 cm.

tiny_totem_10_caviar_1

tiny_totem_10_caviar_2

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 Ci-dessus: Tiny Totem "Jument": Cheval en bois flotté peint acrylique et verni sur les deux faces. Rondelles de pin décorées double face, perles de bois et de verre, pompon de laine. Cordelette. 

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tiny_totem_16_visionnaire_1

tiny_totem_16_visionnaire_2

Ci-dessus: Tiny Totem 16 "Visionnaire":  Ecorce flottée peinte à l'acrylique et vernie. Pompons de laine, perles, cauris, plumes, cordelette.

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tiny_totem_18_gros_oeil

Ci-dessus: Tiny Totem 18 poisson: Ecorce flottée, peinture acrylique vernie, petits cristaux.

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29 août 2017

Deux soeurs au piano

Dans le vent, on les entend.

Elles jouent dehors, de temps en temps.

Soeur ainée et soeur cadette sont inséparables.

attrape-rêves deux soeurs au piano de yurtaoSoeur ainée, assez sage, et soeur cadette, plus volage,

cliquettent une discrète petite musique

qui se confond avec les arbres.

détail attrape-rêve soeur ainée au pianodétail attrape-rêves soeur cadette au piano

 Lors de la fabrication de cet attrape-rêves,

joli papillon voletait sur la table, l'épaule, le genou

et sur deux soeurs au piano....

Composition de ce double capteur de rêves "made in Yurtao":

dentelle ancienne montée au fil de broderie sur cadre en branches de chataigner. Petits Ojos de Dios à quatre branches sur tiges de fougère. Batons d'acacia et de chataigner rabotés à la main, peints à l'acrylique et vernis. Breloques en bois de chataigner peint, décoré et vernis. Perles de bois. Pompoms. Pastilles de bois et pastilles PVC. Anneaux de bois enrobé de laine.Voilages froncés.

papillon des deux soeurs au piano

 

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13 août 2017

Cercle de femmes 2017

Elles convergent, les femmes, vers un bout de nature

femme à la roulotte

pour prendre pied ensemble sur notre terre la mère

cercle de mandalas sur rondelles de bois

soigner la vie

les sages femmes du cantoyourte

et chanter la joie de se sentir soeurs de la même matrice.

soigner la terre

Une semaine de sororité pour cette rencontre de femmes créatives.

 

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01 août 2017

Rédemption

Art singulier de Yurtao.

Technique mixte (peinture et collage)

femme au poulpe tiny totem détail

sur aubier de bois de chataigner mort,

lion tiny totem détail

trouvé à terre dans une vieille forêt.

tiny totem rédemption pour yurtao

Le bois est raboté à la main, peint et vernis.

Ce Tiny Totem numéro 9 intitulé "Rédemption"

mesure 53 cm de hauteur et 14 cm de largeur.

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23 juillet 2017

Mon Ecoféminisme

La revue "multitudes" vient de publier son numéro 67

contenant un dossier sur l'écoféminisme.

femme aigle

J'y ai contribué en répondant aux questions de Jeanne Burgart Goutal.

Voici un large extrait du texte,

publié sous le titre "Portrait d'une écoféministe en Cevennes."

Clik sur le lien suivant pour lecture:

extraits_portrait_d_une__cof_ministe_en_cevennes_sur_multitudes

 

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Devant ma yourte, ça bouge

attrap rêve force de vie devant la yourte

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