YURTAO, la voie de la yourte.

28 mars 2017

Chercheuse d'eau

Tous les jours, quand la forêt se déserte, j’y vais.

elle va chercher l'eau tous les jours

 Avec mes bouteilles vides, mon broc et un goulet découpé dans un morceau de plastique rigide.

Je vais au ruisseau ou à la source, ça dépend.

Je l’entends au son, surtout s’il a plu, j’entends le chant de l’eau, ce murmure éclaboussé que j’adore, qui me relie aux âmes des êtres visibles et invisibles tapis dans les bois. Sinon, quand il n’a pas plu depuis longtemps, je dois la chercher, remonter le ruisseau à sec, la débusquer où elle s’insinue. En été, elle se tarit parfois complètement, les pierres les plus enfoncées au creux du vallon sont à peine humides, et je dois alors compter sur mes réserves d’eau de pluie.

Mais cette année, mes cuves ont été empoisonnées.

J’ai beau les surveiller et en prendre soin régulièrement, je n’ai pu empêcher ce est arrivé.

Non, ce n’est pas un crapaud mort ou une invasion de limaces et mon eau n’a pas tourné à cause du vent mauvais. Ce n’est ni l’oxygène ni un cadavre ni des végétaux fermentés qui ont pourri mon eau et je n’ai pas oublié de fermer mes couvercles.

Cette flaque noire et gluante qui recouvre ma réserve, d’habitude si claire qu’on y voit le moindre dépôt de sable, cette nappe glauque qui se fendille en plaques et colle à la paroi, c’est l’acte de quelqu’un qui ne pense qu’à me nuire. Un acte de malfaisance au sommet de la hiérarchie ce que j’ai déjà eu et continue à subir. Je sais qui c’est, ce type qui est venu la nuit verser son huile de vidange dans ma réserve de cuisine, tout contre la yourte. Il ne s’en prend pas qu’à moi, il en a déjà bousillé au moins une autre, avec toujours les mêmes méthodes sournoises.

Je crois maintenant qu’il existe ce genre de type partout, qui s’en prennent aux femmes parce qu’ils sont lâches et obsédés. Avant que je m’occupe des êtres non humains, quand j’aidais des congénères, j’ai reçu tellement de témoignages de ce que la méchanceté peut tramer dans les villages, surtout contre les femmes seules et les personnes vulnérables, que par moments je n’en croyais pas mes oreilles, je me disais, ce n’est pas possible, car comment vivre dans un pays en paix avec tant de haine ?

Alors je comprends très bien que quand l’une d’entre nous arrive à se plaindre où à oser dénoncer le harcèlement, bien peu veulent nous croire. C’est tellement moins dérangeant de penser que les victimes sont hystériques ou paranoïaques, qu’elles l’ont cherché ou mérité, et c’est si pénible d’envisager la dose élevée de vice et l’enracinement de frustration qu’il faut pour ronger avec tant de perfidie et de constance la vie d’innocents.

portage

Il me faut marcher plus, plus loin, je deviens vraiment comme une africaine ou une indienne dont une grosse partie de la journée est dédiée à la quête et au transport de l’eau. Elles aussi sont obligées d’aller de plus en plus loin, à cause de la sécheresse, à cause de nos bagnoles et nos usines qui éjectent tellement de fumées que la planète devient une gigantesque serre. On pourrait penser de prime abord que ce n’est pas pour les mêmes raisons que ces femmes et moi trimons à ramener de l’eau sous la tente, mais en y réfléchissant, la cause commune apparaît assez vite. C’est toujours la même prédation effrénée, celle que je récuse en m’abstenant du superflu.

L’une des différences d’avec elles, c’est que je suis obligée de me cacher.

Pas sous une burqa ou un foulard.

femme voilée portant l'eau sur sa tête

Je me cache dans le vert et le brun, je m’habille en kaki, en beige et en marron, je me fonds dans les feuilles, et quand j’entends un bruit, je me jette dans les fourrés et je m’immobilise en souche. Toujours aux aguets comme une bête sauvage, je prends garde à ne pas laisser de traces, je fais des détours et rampe sous les bruyères et les ronces, comme les sangliers. Sauf qu’eux laissent des traînées de boue grise contre les troncs, surtout autour de la marre où ils se rabattent quand leur souille a été mitraillée par les chasseurs, alors que moi, j’efface l’empreinte de mes semelles et referme les bosquets par où je passe. J’emprunte souvent les coulées des sangliers pour me réfugier dans les broussailles quand un danger humain se profile. C’est comme ça que je rencontre plein d’oiseaux, d’insectes, de petits mammifères, de champignons et de salades sauvages. Au plus près du sol. Beaucoup d’oiseaux nichent dans les buissons, qui s’envolent en piaillant, c’est une cause non négligeable d’être repérée, alors j’apprends le déplacement silencieux. C’est plus compliqué en hiver quand les feuilles crissent sous les pieds au lieu de s’étaler autour en frondaisons protectrices. En hiver, l’eau est plus abondante, mais les taillis dénudés me laissent à découvert.

à la recherche de l'essentiel

Ma quête de l’eau subit donc deux contraintes :

le climat et la méchanceté.

monstre sur la porteuse d'eau

Pour ces deux raisons, je ne vais pas longtemps au même endroit me ravitailler.

Les crues d’automnes déménagent les circuits de fossés, renversent des rochers, des arbres, des branches, et des pans entiers de terre dans le lit des ruisseaux. Je dois improviser de nouveaux passages et de nouvelles rigoles. Inévitablement, surtout quand l’eau se raréfie, j’écarte des herbes, je creuse un sillon, je dégage des pierres, bref, je provoque un léger aménagement pour canaliser le filon vers mon broc. La moindre trace révélant où je remplis mes bouteilles m’expose soit à l’empoisonnement soit au détournement en amont, donc au tarissement de ma manne, les deux provoqués par un fanatique du mal ordinaire en permanence sur mes talons.

Mais quand je l’entends, quand je la trouve, c’est toujours la même magie.

femmes eau

Aucune musique ne peut m’apporter un tel réconfort, rien n’égale cette clarté de l’eau qui dilue tout en flux de joie, même et surtout quand je suis envasée dans mes chagrins.

Je m’accroupis sur la berge, les pieds léchés par les vaguelettes ou un délicieux crachin éjecté d’une anfractuosité, et là, pour un moment de pure communion, je me fonds dans le bruissement de la forêt, je remonte à l’oreille le trajet du filet ou de la cascade, j’apprends à lire l’onde comme une partition, traversée par la vision stimulante de toute cette eau suintant en filaments dans la terre de la colline et convergeant vers le ravin. Sans rien au-dessus pour la contaminer, du moins quand j’ai réussi à ne pas me faire remarquer. Je me laisse envahir par le clapotis purifiant, décanter par les embruns brumisants.

femme en cascade

Alors, chaque goutte qui pétille dans mon verre devient une perle de lumière.

Et si en plus, comme bien souvent, un oiseau tout proche répond à mon sifflet, alors c’est le nirvana.

Pour ne pas gâcher ce plaisir, j’évite de penser à cette phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » qui est devenue un credo féministe, car là, franchement, ça me met en colère.

C’est parce que je suis née femme, que je n’ai pas de tuteur masculin, et qu’en plus, j’ose m’écarter des sentiers battus, que je suis traquée, harcelée et perpétuellement emmerdée.

Si j’étais née homme, je ne serais pas obligée de prendre tant de risques à chaque fois que je vais chercher l’eau de ma survie, car au moins, en cas de carrure peu convaincante, je serais armée et je l’assumerais sans vergogne.

J’invite donc des survivalistes aguerris et bien équipés, en quête de frissons gratuits dans une mise en situation authentique, à venir faire un stage d’immersion par ici, car j’aimerais assez peaufiner mes combines si on veut bien m'expliquer comment accéder à l’eau quand celle-ci devient plus précieuse que tout l’or du monde.

Car si l’apocalypse est encore une fiction,

l’eau dont je parle n’est pas symbolique,

ce n’est pas une lubie,

j’ai vraiment besoin de la boire.

de l'eau pour tous les jours

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17 mars 2017

Le temps des amours

Séduction solaire.

Elle est passée sans s'intéresser à lui,alors il s'est tourné vers moi.

Il est vraiment beau.

Finalement, il est parti lui courir après.

 

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28 février 2017

Ma boule à fond

 Je fais des boules.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais toujours des boules, et des cercles et des ronds, des astres en miniatures, des cellules en grand. Des ronds sortent de moi que j’applique au réel et tout devient magique.

J’ai souvent l’impression que mon instinct cherche un contrepoids pour rétablir l’équilibre. Je fais des boules depuis longtemps, et quand je n’en faisais pas, avant, que j’avais les boules qui ne sortaient pas, plus rien ne tournait rond et je tombais malade.

C’est plus fort que moi, j’ai des boules à l’intérieur qui gémissent pour sortir, je suis pleine de bulles et de balles qui se pressent dans mon cœur, et surgissent soudain au bout de mes doigts.

A l’école de décoration où j’ai échoué un jour de désorientation, pendant que les autres graphistes rivalisaient de séduction publicitaire, j’encadrais des AUM irradiant au centre de figures symétriques, sans savoir que c’étaient des mandalas. Je récoltais forcement des zéros bien ronds qui, comme une boussole, m’ont remis dans le droit chemin.

Je fais des boules qui roulent, que j’arrête sur un coin de chez moi

où je tisonne le ciel.

Dehors est ma cuisine alchimique où je triture ce qui vient du dedans, je fais des boules comme des pupilles, des yeux sans jugement qui me guérissent de la méchanceté et de la médiocrité.

Que je pétrisse de la glaise ou vanne des tiges, tisse de la laine ou brode des lianes, amasse des cailloux ou des coques, arrange des fleurs en guirlande ou des noix en médaillon, peigne des mandalas ou fabrique des yourtes, ce sont toujours des boules qui naissent sous ma main.

Comme si mon geste pouvait retenir l’éclatement du monde.

Comme si là-haut le firmament, content de se refléter dans mes boules, empêcherait le ciel de s’effondrer.

Je barbouille de fils les boules de bois que j’ai tressé, comme si tous ces liens pouvaient contenir la brisure de mon cœur.

Je sculpte des boules en relief dans le charnu de la vie pour les serrer dans mes bras comme si je portais encore un enfant, un enfant qui ne mourrait jamais. Un petit enfant joyeux jouant au ballon pour l’éternité, un ballon qui partout révélerait aux humains comment rebondir en souplesse sans rien casser.

Pas un mois sans qu’un cercle ne vienne se faire bidouiller en mon jardin, où je l’expose au soleil, au vent, à la pluie, aux rigueurs et aux extases, pas un jour sans qu’une boule ne m’appelle sur le chemin, un galet, une perle de lumière, une coquille, une baie, un calice, un bouton, un trou dans le bois, une goutte sur une toile d’araignée, et je sens que tous ces ronds cachés dans la nature sont mes complices. Comme moi, ils résistent au macadam, aux briques et aux bâtiments, à tous ces legos qui nous enfournent dans des boites, nous empilent dans des hangars et nous aliènent aux écrans. Pourtant, il m’est arrivé de dessiner des cercles avec une règle, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que ma boule exprime, avec un génie de la forme particulièrement concis, la béatitude de la géométrie.

Parce que toutes les lignes, un jour, mènent au point.

Il n’y a rien de droit chez moi et pourtant mon chemin ne dévie pas du rêve intérieur qui me guide, ce rêve qui génère des chapelets de grâces quand il s’accomplit dans un cercle.

J’ai fais une boule aujourd’hui, elle a surgi de mes entrailles sans que je sache pourquoi ni comment, je l’ai tout de suite adopté, je l’ai habillé et elle m’a entraîné là où elle voulait être.

Je l’ai déposé sur des pots de fleurs retournés à l’envers au milieu d’un grand cercle de terre gagné sur le chaos rocheux,

mimosa mandala 2

et j’ai continué à la draper de fils dans l’air vif d’un matin d’hiver rutilant. Chaque instant s’inscrivait au sol comme sur un cadran solaire, l’ombre de la boule s’étirant comme un œuf en parcourant toutes les directions.

Je ne sais pas si mon utérus est tout à fait rond mais j’ai tissé comme un bébé s’enveloppe de placenta, et quand j’ai terminé la troisième pelote, j’ai entouré ma boule d’une spirale de feuilles cousues bout à bout, à la façon dont Adam et Eve ont acquis la pudeur.

mimosa mandala 3

Puis j’ai caché les pots dans une litière de fougères et j’ai suspendu un cristal au milieu de la boule.

C'est devenu tout de suite un diamant où s'est jeté le premier rayon de soleil surgissant du fond de la vallée.

mimosa mandala 5

Je crois que Février est mon mois préféré, justement à cause de cette énergie solaire que la nature toute entière pressent dans ses tréfonds, à cause de cette vibration fébrile qui monte imperceptiblement de la terre, que les bulbes expriment en premier : les jonquilles ouvrent leurs tubes d’un jaune enchanteur,

crocus au soleil

les crocus percent les feuilles de châtaigner fripées de leur délicatesse diaphane, pendant que les premières violettes, timidement, embaument le sous-bois.

J’ai savouré et le soleil s’est mis à enfler, à rayonner.

J’ai ramassé alors des matières autour, qui puissent tramer l’extension de ma boule, figurer ces pulsations souterraines sourdant d’un cratère cherchant son embouchure terrestre. D’abord, des fagots de branchettes pour entourer la base, puis un premier cercle d’écorces de pin, et un deuxième avec des pommes de pin. Un troisième avec des épis de maïs du jardin d’une amie qui séchaient sur une pierre, entre lesquels j’ai calé une flopée de douilles rouges trouvées dans la cabane abandonnée d’un vieux chasseur. Après un quatrième tour avec des fleurs récupérées à la poubelle du cimetière, je me suis un peu reposée, j'ai pris du recul et là, face au soleil levant, j’ai bien vu que ma boule,

c’est un enfant du soleil.

mimosa mandala 4

Puis je suis allée chercher de la terre bien noire du crassier pour dessiner vingt quatre cuvettes d’où élancer les rayons.

mimosa mandala 6

mimosa mandala 7

Je savais bien que la terre allait sécher et perdre ce noir d'ébène des profondeurs alors j'ai tout de suite coupé des tiges de fougères séchées pour figurer les premiers rayons, mais il me fallait du marron plus souligné, alors je suis partie récupérer plein d’écorces de mimosa pas loin de là, dans un bosquet gelé quelques années auparavant.

mimosa mandala 8

Puis j’ai coupé quarante huit rameaux de pin encore verts aux branches cassées sous le poids de la neige de janvier, ainsi que vingt quatre grosses feuilles de lierre. Enfin, j’ai parsemé la figure de boules de fleurs de mimosa d’un jaune citron éclatant avant d’en déposer une vingt cinquième, plus grosse, sur le sommet de la boule originelle.

mimosa mandala 9

C’est ainsi qu’est advenu, à la fin de la danse, le nom de cette œuvre :

Mimosa Mandala !

mimosa mandala 10

J’entends déjà scander Mimosa Mandala sur mon tambour chamanique...

mimosa mandala 11

Ingrédients:

Rejets de chataigner/Ficelle/Pelotes de laine/Pots de fleurs/Fougères sèches/ Fagots de branchettes/ Ecorces de pin/ Pommes de pin/ Epis de maïs séchés/ Douilles de fusil de chasse/ Pétales dépiautés de fleurs de cimetière/ Tiges de fougères/ Ecorces de mimosa/ Tiges de phytolacas/ feurs de mimosa/ Rameaux de pins/ Feuilles de lierre/ Joie.

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22 février 2017

Artisanat, anti-dote à l'impérialisme technologique

Artisanat,

oeil de dieu richesse de la pauvreté

alternative douce à l'industrialisation et la numérisation

des vies, des corps, des objets, de la nature, du travail,

oeil de dieu le rire du pivert

résistance au productivisme et au rendement,

désobeissance aux dictats algorythmiques,

mais résonnance avec  la géométrie sacrée. 

oeil de dieu coeur de flocon

Artisanat,

sédition au consumèrisme, à la compétition, à la performance, 

Voie des modestes et des sages.

Artisanat d'art, insurrection de la beauté,

insoumission à la rationalité technicienne,

rébellion aux experts, à tous les spécialistes comptables du désastre...

Artisanat d'art,

complicité des êtres dans l'harmonie de la forme,

art gestuel de la présence au monde :

on peut posséder la technique mais jamais la présence !

oeil de dieu une place dans mon coeur

Au Cantoyourte, tous les premiers Dimanche du mois,

on essaye de cultiver la présence

en partageant des techniques manuelles simples

en communion avec la nature.

Mandalas, land art, 

tissage sur baguettes : Yeux de Dieu ou Ojos de Dios,

objets rituels, totems, capteurs de rêves etc...

Cessez de courir, tout est déjà là.

oeil de dieu la voie enchantée

Contactez l'auteure du blog pour plus d'infos sur les cercles de tissage

et pour s'inscrire.

Les oeuvres de Sylvie présentées ici sont disponibles là:

https://www.alittlemarket.com/boutique/bohemian_dreams-438.html

 

 

 

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29 janvier 2017

Débranche total 2

Tout est calme, le grand calme de la neige.

Dés que j’ai ouvert l’œil, je l’ai vu, répandue toute blanche partout autour et dessus la yourte. Bien plus compacte que la semaine dernière. Une neige lourde qui fait ployer les branches. Qui crée des tunnels végétaux dans la forêt devenue infranchissable. Qui s’accroche en blocs tassés.

Je l’ai senti venir hier après-midi quand le ciel s’est couvert, alors j’ai rentré mes derniers fagots répartis sur le terrain. Je suis parée, j’ai des bûches à l’abri, deux jours de soupe d’avance, ça me remplit d’un agréable sentiment de sécurité.

rideau de fleurs sur la neige

Qui sera vite démenti dehors.

petite yourte dans grand paysage de neige

Le feu crépite, je le stabilise au minimum, tout à l’heure, je pourrais faire sécher anorak, bonnet, gants et bottines. Je suis sereinement excitée, cette balade dans la première neige est toujours une merveilleuse aventure.Vite, je m’habille en ne quittant pas des yeux mon environnement qui s’est métamorphosé : l’espace s’est dilaté par effacement des limites entre ciel et terre mais aussi recroquevillé, par le poids qui pèse sur les végétaux. Devant moi, un tapis blanc immaculé que personne n’a encore foulé. Même pas un rouge gorge. Je pose mon premier pas dans le moelleux qui crisse délicieusement. Ce crissement sourd de la neige profonde absorbe le paysage dans la paix de la virginité.

Comme je l’ai désiré cette blancheur !

Comme si la neige pouvait arrêter la folie des hommes,

les obliger à ralentir et se taire.

Je brise cette virginité de mon empreinte, lentement, consciente de mon effraction dans le grand blanc.

empreintes sur la neige

Bizarrement, on dirait que la colline d’en face s’est rapprochée, je pourrais presque toucher les cèdres de l’autre coté du ruisseau. Je ne suis pas encore à l’affût de traces animales, je sais que toutes les bêtes sont terrées, elles sortiront plus tard, alors je devinerais qui est là et repérerais les circuits sauvages.

trace de blaireau dans la neige

Si les traces ne sont pas trop brouillées par les boules de neige qui commencent déjà à pleuvoir.

Je pénètre à découvert dans le silence de la nature qui a revêtu son grand manteau d’hiver. Mais ce n’est pas le grand silence. Certes le village s’est tu, j’entends à peine un raclement de pelle au fond de la vallée, et ce n’est pas encore l’heure des enfants.

école fermée un jour de neige

Bien que les grands pins ployant sous la neige me rappellent la forêt nordique, ce n’est quand même pas la Sibérie, je sais qu’ici, la neige est fragile et éphémère et que j’aurais sans doute juste le temps d’une incursion au fond des bois. J’admire et j’écoute.

La forêt a changé de ton. Elle ne bruisse plus, elle hoquette.

Ce qui domine, ce sont ces craquements de différentes amplitudes qui explosent de partout. Des branches cèdent sous la pression, parfois une grosse ramure chute lourdement dans un nuage de blanc. Ça pète brutalement, d’un bruit sec qui résonne, éclaboussant la futaie de nuées lactescentes. Il arrive qu’un écroulement en entraîne d’autres en cascade, même des branches vertes ricochent sur les troncs. La neige nettoie la forêt, élimine les branches mortes, les arbustes trop faibles, trop minces. Les herbes elles, ploient où s’aplatissent, elles se relèveront.

Le deuxième bruit inquiétant vient des blocs de neige qui tombent. De gros ploufs sourds déchirent le décor vitrifié, et à l’intensité du son, je devine la grosseur de la plaque qui a glissé.

C’est de là que vient la vraie menace.

Pas seulement dehors, aussi dans la yourte. Quand tout à coup, le crépitement du feu est troublé par un gros coup sourd qui fait vibrer toute la tente. Dès l’aube, la température monte, le tir nourri de la neige ressemblera bientôt à une mitraillette étouffée, de gros paquets s’effondrant sur mon toit. C’est dangereux, je le sais. Je calcule vite les risques et décide de rester là, à surveiller du coin de l’œil, entre mes enchantements, l’évolution des chutes de neige.

Parce que je ne résiste pas au charme de la neige.

yourte des bois sous la neige

Parce que mon vrai refuge est ici, alors où trouverais-je refuge au refuge ?

La neige est de plus en plus rare sur les contreforts méridionaux des Cévennes, voilà six ans que je l’attendais. Juste avant que j’habite sur ce land, l’hiver 2010 nous avait gratifié de quarante centimètres de neige. Tout était bloqué, un vrai havre. Maintenant, je sais que ça ne va pas durer, je veux en profiter. C’est trop beau. Trop tranquille. Même si je suis révoltée en entendant un coup de fusil. Ou un connard un sale type sortant son quad. Même si le toit de mon abri peut céder. Je veux simplement remercier pour la beauté. Je veux ressentir si fort la beauté du monde qu’elle m’en tire des larmes d’amour. Je ne veux pas haïr les aveugles. Je veux aimer, révérer, admirer, éclater en louanges.

Bien que la neige efface les reliefs, elle dessine des formes sublimes en détachant les silhouettes par les creux et les envers qu’elle ne peut remplir. Des échines sculpturales sont révélées par le contraste du blanc brillant sur le dessus des branches avec le dessous noir du bois.

Un gigantesque pinceau blanc reconfigure ainsi les chablis, les cabanes,

les bouquets de fleurs fictionnelles,

fleurs fictionnelles sous la neigeles vieux souchards,

souchard pinochisus sous la neigeles sculptures de fortune,

la pelle de la forêt enneigée

les lianes, les bosquets de bruyère effondrés qui balayent le sol, et tout ce que j’ai laissé traîner qui, s’il n’a pas disparu, resurgit sous une forme singulière, épurée.

Les compositions spontanées qui jonchent mon jardin offrent ainsi de nouvelles lignes stylistiques, une sorte d’affinage qui pointe vers l’essentiel. Alors je m’extasie sur une ramification soudain devenue transperçante, évidente comme une sculpture exeptionnelle. J’ai droit en cet instant à l’une de mes plus belles leçons de vie, car ici se dévoilent les racines de l’art. Comme si la nature s’affichait en hiéroglyphes, se réfugiant dans un mystère indéchiffrable, qui ne laisse d’autre sentiment esthétique qu’une immense vénération. Et cette vénération emporte toute autre considération. Je sais que viendra vite le temps du dé-trempage et sans doute aussi le moment de compter les dégâts. Mais pour l’instant, j’accueille cette journée de neige comme une jeune mariée rutilante dans ses gazes éblouissants, tremblante sur le seuil du parvis où s’ouvrent les portes du bonheur. Aujourd’hui la terre mère reprend sa souveraineté, cette place précédent tout endroit et toute image, ce à quoi réfèrent tout maître zen et tout calligraphe qui, d’un haiku fulgurant ou d’un magistral coup de pinceau, cherchent à rendre la quintessence des origines.

Des multiples découvertes artistiques qui jalonnent mes chemins, celles que j’ai provoqué en parsemant mes terrasses de couleurs vives me ravissent particulièrement.

L’esprit de l’Himalaya souffle dans les bannières.

guirlandes de drapeaux sous la neige yurtaoJ’ai préconçu la feuille blanche en espérant cette neige et maintenant,

les ribambelles de drapeaux suspendues entre les arbres

fanions sur neige

font ricocher la lumière en un ailleurs qui actualise

le monde imaginaire de la création.

arbre multicolore sous la neige

Le moindre fil à linge devient une guirlande un peu étrange,,

fil de neige ébourriffé yurtao

tandis que les mandalas à plumes, ceux qui attrappent les rêves,

se détachent sur les fondus laiteux.

attrape réves yurtao

Les taches de couleurs deviennent alors touches d’un grand piano sylvestre,

couleurs vives sur blanc de neige

j’entends dans le silence s’improviser des notes cristallines, légères et vaporeuses comme les flocons, une mélodie exquise qui s’enlise doucement dans la blancheur, après avoir écarquillé mes sens, à l’intérieur de cet espace sacré révérenciel qu’ouvre l’impérialité de la neige.

Et puis un grand roulement sourd me surprend, on dirait un hélicoptère franchissant la crête d’en face. Le raclement grave se prolonge, tout devient gris, je comprends que c’est l’orage. Un orage de neige.

Cette fois, ce n’est plus de joie que je tremble, mais d’appréhension. Cet orage qui déboule en noircissant le ciel va secouer les arbres déjà meurtris, la forêt va souffrir et mon camp aussi.

Avec mes doigts gelés, mes pieds déjà trempés, je ne peux rien faire.

 

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19 janvier 2017

Sauver la forêt !

"Auprès de mon arbre, je viviais heureux,

j'aurais jamais dû m'éloigner d'mon arbre,

auprès de mon arbre, je vivais heureux,

j'aurais jamais dû le quitter des yeux ! "

Gorges Brassens

 

NON A LA "BIOMASCARADE" !

Dimanche 5 février 2017,

les opposants à la centrale biomasse convergeront vers Gardanne!

Rassemblement à 10h30

 

devant la mairie de Gardanne

 

et marche jusqu’à la centrale

 

pour dénoncer

 

la DÉFORESTATION MASSIVE

 

La centrale de Gardanne est gérée par UNIPER, la filiale française du groupe allemand E.ON, 3° producteur mondial d'énergie.

En 2009, E.ON et GDF Suez ont été condamnés par la commission européenne à une amende de 553 millions d'euros chacun pour entente illégale sur les marchés du gaz pendant 30 ans...

Il s'agit, dans le cadre de la "transition énergétique", de convertir une partie de l’ancienne centrale à charbon à la biomasse pour produire de l'électricité. Quantité requise : 850000 tonnes de bois par an.

Dans un premier temps, la moitié de la ressource forestière sera importée notamment d'Amazonie (des arrivages ont déjà eu lieu) et du Canada (sera facilité une fois en place l'accord CETA).

A terme, il est prévu que l'approvisionnement local se structure de telle façon que la totalité du bois provienne d'un rayon de 400 km autour de la centrale et particulièrement de 2 zones prioritaires : la Haute-Provence et les Cévennes.

Le rendement de la centrale sera d'environ 33% (2 arbres sur 3 brûlés pour rien)alors que celui des chaudières et poêles à granulés contemporains approche les 90%. L'approvisionnement s'effectuera par camion au rythme d'un véhicule toutes les 2 minutes, tous les jours, toute l'année. Longue vie aux gaz à effet de serre ! Ce projet est un pur GASPILLAGE de nos ressources et de l’énergie. Il est faussement écologique et DANGEReux pour POUR LA SANTE PUBLIQUE. Contrairement à ce qu’on nous fait croire, brûler de la Biomasse pollue gravement (Oxyde d’Azote, monoxyde de carbone, et CO2, sont rejetées en grande quantité dans l’air, ainsi que de particules fines « PM10 » et « PM 2,5 » dont l’OMS reconnaît l’implication dans les maladies respiratoires)

Ce faible taux de rendement ne permettant pas l’attribution de subventions publiques ( admis à partir de 60 % d’efficacité énergétique ), il a fallu une dérogation pour qu’ UNIPER soit éligible à la CSPE (Contribution du Service Public de l’Electricité). Finalement c’est le consommateur qui finance cette centrale: un milliard d'euros de subventions seront prélevés sur la facture d'électricité de chaque citoyen, auxquels s'ajouteront l'aide d'Etat par prêts bonifiés, l'aide à l'investissement, les frais d'entretien des routes...L'ensemble s'élève sur 20 ans à 1,4 milliard d'euros, soit l'équivalent de la rénovation thermique de 40 000 logements. E.ON pourra à sa guise reverser une fraction de cet argent public aux acteurs de la filière bois acquis à sa cause.

Les Parcs Naturels Régionaux du Luberon et du Verdon, les Conseils Régionaux de PACA et Rhône- Alpes, les Conseils Généraux des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, et plusieurs centaines de communes de Haute-Provence ont clairement affirmé leur opposition à ce projet.

Dans les Cévennes, où les perspectives sont tout aussi préoccupantes, les élus semblent s'en remettre à l'expertise des institutionnels de la filière bois, et privilégier les intérêts économiques de coopératives forestières et de syndicats de propriétaires forestiers appâtés par les perspectives de vente de bois.

L'objectif de ces acteurs est clairement de rendre acceptables aux populations locales les inévitables dégradations à venir de leur environnement. Parmi les procédés utilisés :

- la peur: le réchauffement climatique obligerait à "réaménager" les peuplements forestiers, sinon "tout va dépérir ou brûler"!

- les promesses d'aide financière: à la desserte, à la plantation, à l'achat d'engins forestiers...

- quelques opérations "vitrine" de préservation ou d’amélioration de parcelles forestières.

Le développement d'un territoire doit-il être ainsi subordonné aux intérêts d’une multinationale et de ses relais locaux?

Ou est-il temps pour nous, citoyens et forces vives des Cévennes, de nous emparer des questions énergétiques et environnementales, de faire entendre nos voix, et de promouvoir une autre dynamique ?

 LES COUPES RASES

Avec l’accroissement de la demande en bois résultant de la nouvelle filière électrique biomasse, la multiplication des coupes rases (ou "à blanc") déjà constatée va s’amplifier. Or la gestion durable de la forêt suppose que les choix sylvicoles tiennent compte de quatre critères de fonctionnalité :

- Fonction sociale : La forêt, au-delà de son aspect lucratif, est source de bien-être à partager, un moyen éducatif à l'environnement et au respect du vivant. Elle tient une part importante dans l'imaginaire et dans les cultures

- Fonction de protection : La forêt constitue un puits de carbone. Elle maintient les sols et limite l'érosion. Elle a un rôle essentiel dans le cycle de l'eau. Elle assure un microclimat. Dans les Cévennes, dès le milieu du XIX° siècle, les sols étaient fortement érodés et les pluies diluviennes provoquaient des crues catastrophiques. Des actions de reboisement ont alors été déclenchées par l’Etat dans un souci de protection de l’environnement.

- Fonction écologique : La fonction écologique de la forêt consiste avant tout à abriter la biodiversité. La qualité écologique d'une forêt se développe dans la durée et nécessite le maintien du couvert forestier. La biodiversité forestière est liée aux sols (l'humus forestier), aux sous-étages (lichens, mousses, arbustes), aux arbres sénescents (en phase de dépérissement) et aux bois morts qui sont des micro-habitats

- Fonction de production : Les prélèvements intensifs de bois en monoculture sur de courtes durées épuisent les sols et annoncent à moyen terme leur stérilité. L'exploitation forestière actuelle suit le déplorable modèle de l'agriculture dite "conventionnelle ", les " champs d'arbres " celui des usines à bestiaux : productivisme contre qualité.

Conclusion: la coupe rase comme mode d'exploitation ne respecte aucunement la multifonctionnalité de la forêt pourtant prônée par tous les gestionnaires.

L’engouement pour le bois Energie , en remplacement des énergies fossiles est UNE CATASTROPHE ECOLOGIQUE. A l’échelle planétaire cela contribuera gravement au réchauffement climatique .

La Commission Européenne doit être interpellée et de vraies alternatives doivent être trouvées...

Pour préserver notre environnement, notre santé et des emplois DURABLES.

Nous appelons les Collectifs et les Associations à se joindre à cet appel en s’inscrivant à l’adresse :

dangerbiomasse13@gmail.com

MERCI DE faire suivre l’info !!

Le Collectif Vigilance Gaz Gardanne http://cvgg.eklablog.com/

 www.sosforetdusud.org

 https://sosforetdusud.files.wordpress.com/2014/11/dossier-gardanne-fc3a9vrier-2015-leger-def.pdf

 

affiche-biomas-manif

GARDANNE_Manifestation_5_Fevrier_2017_Annonce

 

AH oui, la pétition!

https://www.sauvonslaforet.org/petitions/959/halte-a-la-biomas-carade-d-e-on-a-gardanne?mtu=212465959&t=568

 

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17 janvier 2017

Ici débranche total 1

1 neige canto 2017

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2 ici débranche total

*

3 tipi bleu tout blanc

*

4 forêt enchantée

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5 fanions dans les bois yurtao

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6 yourte sauvage dans les bois

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7 camélias en fleurs sous la neige

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8 bourrasque de neige

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16 janvier 2017

Igloo

Mon wigwam  va-t'il devenir

igloo yurtao 2

un igloo ? !

igloo yurtao 3

 

 

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29 décembre 2016

Voyage visionnaire 2

conception 

Revigorée dans la glaise, je reviens à la surface et me retrouve sur un plateau rocheux, entourée d’une lande broussailleuse. Je suis maintenant incarnée en vautour, un grand oiseau noir planté hiératique et vigilant sur une aire sauvage, au milieu d’une tribu de vautours en train de curer une dépouille.

vision animique

La collerette blanche sur ma robe noire me fait ressembler à un avocat, mais je n’ai aucune cause à plaider, tout est déjà jugé : les condamnés à mort sont dépecés jusqu’à la moelle, d’où surgira l’autre vie, celle que je féconde en permanence dans l’utérus alchimique.

oiseaux alchimiques

J’ai une conscience tranchante de mon rôle de nettoyeuse, vital dans l’écosystème. Appuyée sur mes serres griffues enfoncées dans le charnier, je finis de déchiqueter avec mon gros bec crochu un squelette dont les os blancs brillent dans la lueur de la pleine lune. L’aurore arrive et c’est fini, la charogne est absorbée, je suis repue. Grâce à moi et mes congénères, les cadavres sont décomposés sans générer de pestilence, les chairs pourrissantes devenues festin n’empoisonnent plus l’atmosphère, je suis une accélératrice digestive, avec moi plus de scories, je brûle en mon feu intérieur toute la douleur des macérations charnelles.

l'oeuvre du vautour

J’assume ainsi une haute fonction sanitaire et initiatique, la transmutation de la pourriture en or philosophal. Quand la carcasse dépiautée luit au soleil, que je ressens la satisfaction d’un récurage accompli, que l’air lui-même semble purifié, que la colonie de vautours se disperse, la vision se nébulise et se transforme.

Cette fois, je vois un ibis rouge, un grand oiseau aux plumes lisses d’un incarnat lustré, debout sur ses pattes longues et frêles posées dans l’eau. Son long bec courbe s’enroulant vers la vase invite à remballer ses prétentions tout en révélant une grande finesse d’esprit. Ce bec participe à la stylisation symbolique de l’oiseau, renforçant la courbe altière, si gracieuse de son long cou, une sorte de S majuscule pourpre calligraphié comme un caractère chinois, un cou magnifique conjuguant souplesse et noblesse de port. Je ressens un profond sentiment de dignité. Une respectabilité nimbée d’intouchabilité. Pas comme un honneur personnel, mais comme la conviction inébranlable de ma valeur. Une valeur qui me dépasse, parce que c’est la valeur de la vie, l’essence même de la vérité. Un cadeau incommensurable qui luit dans les plumes de l’ibis comme le cinabre dans l’antre du monde. On ne peut s’en prendre à cet oiseau, il habite entre deux mondes, le réel et le mythique, l’eau et le feu, qui le fait échapper aux chasseurs et à toute vulgarité. Dans l’Eden soufré de l’ibis, se déroulent en secret les rites qui président aux résurgences cycliques. Son apparente fragilité le couronne d’une tiare de sagesse, comme si l’ibis avait tout compris, capable de survivre à toute contingence, qu’il contenait en lui le savoir ultime des métamorphoses organiques et les arcanes de la résurrection permanente.

A coté de lui se tient un pélican blanc. Ma première réaction à cette présence incongrue est une certaine déception, car cet oiseau n’a rien de poétique, encore moins de fascinant. Balourd, courtaud sur ses grosses pattes palmées, le cou gras et puissant, les ailes lourdes, un bec démesuré, à coté du vautour efficace et inquiétant, de l’ibis fuselé et élégant, il dénote et ça me gène. Embarrassée de l’apparente trivialité de cet oiseau trop rustaud, je me résous néanmoins à l’incorporer à mon triptyque animalier. Son blanc vient compléter le rouge et le noir. Et je découvre l’implacable raison de cette image, son étonnante subtilité : comment mieux incarner le renouveau que cette incarnation innocente du pragmatisme et de l’abnégation ! En le regardant mieux, au-delà de sa corpulence de dindon, je suis saisie par la fonction évidente du pélican, avec son bec jaune rempli de nourriture pré-machée, et son cou mastoc comme un frigidaire américain.

pélican

Cet oiseau pécheur, qui tire des grandes eaux la nourriture de sa progéniture, toujours prêt à donner à manger aux quémandeurs, est le versant ascendant du vautour, la face diurne du processus alchimique,

conjonction

celui qui, sur l’os astiqué, en-salive les cellules, retisse les chairs, raccorde muscles et tendons, rabiboche viscères, cœur, foie et poumons, recoud nerfs et peaux, repique poils et cheveux. Le pélican transfuse sa propre chair pour assurer la vie de ses enfants, le pélican, comme le Christ, s’offre en sacrifice pour sauver les humains.

A ce moment là, je retrouve l’aigle, posé sur l’arbre au-dessus de moi, et nous sommes à nouveau deux, lui aigle, moi humaine. Mais maintenant que je suis allée au-dedans de lui, il peut m’approcher en vrai, il sait que j’ai compris, que l’esprit m’a visité et que je n’oublierais plus comment s’assemble le monde dans la souche de l’arbre de vie. Il est là, sur sa branche, et je comprends maintenant que c’est lui qui m’apprivoise. Je suis si décapée que je peux saisir l’ampleur de l’orgueil de ma race qui se croie au-dessus de tout, je peux voir l’abomination de la vanité. L’aigle est comme un vigile protégeant ma vision : il suffit que je sois en relation avec lui pour que tout s’aligne et devienne juste.

yeux d'aigle

C’est très exigeant, car c’est un privilège farouche que de vivre à l’écart des hommes.

Alors mes oiseaux réapparaissent en trio inséparable.

L’aigle, l’ibis et le pélican.

Trois longs cous, trois couleurs du Grand œuvre, noir, rouge, blanc.

Les trois unis m’offrent un nid où trône un gros œuf d’un blanc opalescent, laissant transparaître un liquide doré à l’intérieur. C’est l’or liquide de la vie.

Dans cet or vibre la pulsation cardiaque éternelle qui a son début à l’origine du monde et ne s’éteindra qu’à sa fin. J’entends battre le cœur de l’œuf, c’est le battement du cœur de la vie.

Maintenant, l’œuf s’ouvre par le milieu, le long d’une fine ligne horizontale, et je vois s’échapper les esprits de la vie sous forme d’une fumée éthérée et blanchâtre,

coupe pleine

d’essence féminisme.

esprits de la terre

Ce sont les esprits de la nature.

Je vois ces esprits monter de l’œuf en volutes et s’éparpiller aux quatre coins de la terre.

L’éther laiteux se particularise en multitude d’esprits

qui vont se poser invisibles et en apesanteur sur chaque être vivant,

esprits de la nature

plantes, arbres, animaux, et même sur les pierres et même sur les flocons de neige,

les fontaines, les grottes, les glaciers, partout et en tous lieux, sans oublier personne.

arbre de vie

Ils vont aussi se poser sur la yourte,

sur le toit de ma cabane de toile dans la forêt,

yourte en nature

d’où s’élève alors, par la couronne centrale, un vortex puissant,

une nuée magique montant vers le ciel.

vortex sur yourte

Le toono de la yourte est devenu une cheminée,

un lieu de passage énergétique entre ciel et terre.

A ce moment, je décide d’arrêter la vision.

Alors le vortex s’immobilise, bouillonne en spirale au-dessus de la yourte

et s’engouffre en sens inverse dans le toono, réintégrant l’intérieur de la tente.

Si je devais résumer le cadeau de cette vision en deux mots, alors ça serait :

dignité et incandescence.

 

 

 

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18 décembre 2016

Voyage visionnaire 1

vision intérieure archétypes

Dans un désert d’humains, un aigle plane au-dessus de gorges profondes où coule une eau turquoise, limpide et transparente. Dans un espace clair comme du cristal, à cent lieux du bas, je suis l’aigle, dedans, dans son âme, je suis l’âme de l’oiseau. Je plane avec mes plumes dépliées en éventail, qui fendent sans bruit le bleu du ciel.

Dessous, le lieu sauvage que je survole, les parois rocheuses, les éboulis qui dégringolent au fond, les arbres accrochés aux rocailles, les broussailles des berges, le cours tranquille de l’eau, me diffuse une sensation aiguë de liberté. Il n’y a personne que les autres bêtes, furtives et silencieuses, et je ressens une fierté farouche d’avoir dénicher un territoire vierge où construire mon nid en flanc de falaise.

nid d'aigle

Sur la vallée se déploie ma vision panoramique, je plane en larges cercles paisibles au-dessus de la rivière, portée par la puissante envergure de mes rémiges. Je flotte, je surfe sur les courants éthérés, emprunte flux ascendants et descendants avec un instinct si sûr que je peux m’abandonner à la griserie d’un vol totalement délié.

grand aigle survolant l'aire sauvage

Couchée sur la masse d’air, les fluides invisibles dansant sous mon ventre, je vogue imprégnée de la conscience acérée de ma forme aérodynamique : debout comme humaine, le corps s’affronte en permanence, sauf la nuit où lâche la volonté, et cet effort pour tenir droit loin du sol en bravant les forces extérieures contamine tous les comportements des bipèdes, sans cesse dans la lutte. Je ne saurais juger si l’évolution d’avoir des mains et un sexe devant, toujours à s’ériger, qui a conduit à la domination d’une seule espèce au détriment de la diversité et des ressources, est une avancée positive, tant les dégâts de la préhension verticale sont désormais apparents.

Ce qui m’apparaît en temps qu’oiseau, c’est l’absence de pugnacité brutale contre l’environnement général, une aversion congénitale aux humains qui me devient totalement étrangère, parce que je suis alignée sur les forces telluriques, en résistant au minimum à la pesanteur. Il n’y a plus de hiérarchie, il y a seulement devant et derrière, dessous et dessus, et aucune perte de reliefs. Devant, mes sens percent l’espace, derrière, je balise les frontières de mes besoins vitaux. Dessous s’étalent les repères géographiques, dessus me guident les étoiles. Malgré l’absence de mains, qui a sans doute réduit la nécessité d’augmenter mon cerveau et de me perdre dans un mental tortueux, cette économie énergétique m’apparaît incroyablement efficace et intelligente.

De mes yeux perçants, aucune présence fugitive sur terre ne m’échappe.

A l’aurore, j’aperçois une famille de blaireaux en bas de la falaise, longeant la paroi pour regagner leur terrier, les petits s’attrapant le derrière.

blaireautins en balade

Au moment où ils s’enfilent dans leur trou, tout à coup, je plonge avec eux et, sans aucune transition entre les airs et les entrailles de la terre, je me retrouve dans la blaireautière lovée dans les pattes de la maman blaireau. Bien que la chute physique se mesure en dizaine de mètres, je ne ressens aucun vertige, aucune rupture, je ne suis ni déboussolée ni traumatisée, comme si l’aigle et le blaireau appartenaient au même esprit.

Je suis dans quelque chose qui ne disloque pas la vie en morceaux séparés, en entités en quête d’identité et de querelles, je suis dans un esprit sans dissociation qui tient les êtres ensemble dans ses bras immenses et je me sens en totale sécurité.

femme amie des bêtes

Il fait sombre, nous sommes dans une cavité creusée dans la terre, c’est propre et doux, protégé, hors d’atteinte du monde hostile.

Tapie dans la fraîche moiteur souterraine, je respire profondément, comme si tout ce qui constitue la moelle et le cartilage de mes os, la texture de ma chair, se régénérait, perfusée dans la conscience globale que des vers de terre aux oiseaux, le même œil et la même substance englobent tous les êtres. C’est l’œil de Dieu, c’est la substance de notre mère la terre, qui ont créé la matière de cette planète en exhalant leur souffle. Je suis dans ce souffle. Et toutes les créatures qui m’entourent sont dans ce souffle. On respire ensemble comme si on tétait les mêmes mamelles et ce n’est pas que de l’air ou du lait, c’est une forme d’amour, une forme de clairvoyance aussi, parce que ça descend profondément dans les tripes labourer les encrassements des peurs ataviques, ça remplit sans qu’on se sente jamais étriqué, ça repousse les limites en inversant la vision, on ne voit plus dehors en premier mais d’abord dedans, et par ce dedans rythmé de larges ondes calmes, on découvre ses liens de parenté universelle. Alors il ne reste qu’évidence de l’union.

Dans les bras du blaireau, dont j’admire dans ses galeries bien entretenues l’organisation domestique, avec ses chambres excavées dont chacune a sa fonction, ses sorties de secours et ses remises, il n’y a plus ni proie ni prédateur, parce que je suis les deux, aigle et blaireau, je suis même trois et bien plus, je suis corbeau et genette, salamandre et poisson, dans la ronde souple d’un emboîtement de nécessités. Dans cette humilité, dans cette acuité, se forge ma place dans la chaîne d’argent suspendue au cou du vide, un vide qui respire, d’où pulse l’énergie de vie.

sa place dans le monde

Et je sens que cette place bouleverse tout ce qui m’a été assigné.

21 ma carte

 

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09 décembre 2016

Pour elle

Là où elle repose, ils l''auraient saccagé ou emporté,

ce bouquet que j'ai composé pour elle

avec des fleurs reconstituées sur fil de fer,

DSCN2655

alors je l'ai mis là, ce bouquet pour une morte trop précoce,,

là sur mon land  au milieu des collines,

des fleurs composées pour elle

là où je le vois au milieu des arbres déssapés,

tout près de la yourte,

fleurs plantées evant la yourte

 dans le dépouillement de cette fin d'automne lumineuse

où le soleil réchauffe mes toiles.

la tente se réchauffe au soleil

Elle est ma petite étoile que j'honore sans cesse dans la beauté,

comme dans les mandalas que je tisse dehors sous le firmament,

avant de rentrer méditer sur mon zafu,

étoile dans mon firmament

Les tâches de couleurs vives et vaporeuses à coté de mon rosier nu

bouquet reconstitué

ont attiré un joli petit bourdon au corps velouté.

Il n'a rien pu butiner et ça l''a mis de mauvaise humeur,

il est reparti en me bousculant.

  Je me suis excusée à plate couture de l'avoir déçu...

 

 

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04 décembre 2016

Ya pas que les villes.

Zones rurales abandonnées, populations reléguées, yen a marre.

Alors les Objecteurs de Croissance d'Occitanie se réunissent pour créer un réseau régional de Décroissant(e)s :

Afin de reprendre la maîtrise de nos territoires et de nos usages, il s'agit de:

Réfléchir sur les enjeux et conséquences des réformes territoriales successives qui nous éloignent de plus en plus des lieux de décisions, qui déstructurent nos territoires et nos communautés.

De trouver des formes d’organisation plus favorables (coopératives, municipalisme, confédéralisme démocratique...)

De fédérer des actions et expérimentations de terrain,

cabane sur souche

Ca se passe à Besseges, dans le Nord du Gard,

du 9 au 11 Décembre 2016. 

L’aménagement des territoires c’est la mobilité (disparition des transports de proximité),

on ne se déplace plus, terminé

c’est l’agriculture (éloignement de nos approvisionnements),

c’est le logement,

foyer de paix

et l‘urbanisation (désertification des campagnes, disparition des services et gentrification des centres villes), c’est la gestion des ressources énergétiques (extractivisme, concentration , nucléarisation ...).
L’aménagement du territoire pose la question de l’échelle de notre organisation sociale ; il faut repenser la démocratie directe locale, la coopération inter et intra régions et abandonner clientélisme et délégation.
Le modèle industriel productiviste « aménage » nos lieux de vie,

productions en série par capitalisme

nous devons y résister et inventer des alternatives individuelles et collectives.

rural

Accueil dès le Vendredi 9 au soir (repas possible)

20h30- projection du film :

" Les sentiers de l'Utopie" d'Isabelle Frémeaux et John Jordan - 2012

Samedi 10h:  accueil , puis présentation des 2 jours, pourquoi organiser la visibilité politique de la Décroissance

 14h  : en finir avec la Métropolisation , comment ré-habiter la ville et la ruralité, perspectives d'actions, avec  la présence de Guillaume Faburel, professeur d'Urbanisme, auteur de "la Fin des Villes", Wilhem Sunt, porte parole Halem (habitat hors-normes), Jean Luc Daneyrolles , du potager d'un curieux , acteur contre la gentrification de l'espace rural méditerranéen.

 Samedi 20h30  - "Detroit, ville Sauvage" - Un film de Florent Tillon -  2010 

Dimanche 9h : réflexion et échange d'expérience, alternatives  et actions de terrain  pour construire un projet politique décroissant , avec la présence de François Schneider, fondateur de Can Decreix, en Catalogne, Marie-Hélène Dupy, la maison commune de Florac, Claude Le Guerrannic  du Tarn, acteur d'un projet de réseau des lieux alternatifs, Sylvie Barbe de "Yurtao, la voie de la Yourte",Vincent Jannot du Réseau Relier, Pierrre Buchberger, de SOS forêt, formateur en agro écologie

 Dimanche 14 h : suite de la reflexion et pistes d'actions collectives puis mise en place d'un réseau régional des "Décroissant-e-s "

pour vous inscrire et renseignements pratiques:

http://www.objecteursdecroissance-lr.fr/Rencontres-Regionales-2016-de-l-Objection-de-Croissance-Du-9-au-11-decembre-a

le plus beau jour

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18 novembre 2016

Cercles de tissage

Après le succès du premier atelier d'Ojos de Dios au Cantoyourte,

réalisations collectives atelier ojos de dios novembre 2016

des "Cercles de tissage" 

sont proposés chaque premier Dimanche du mois

à partir de Janvier 2017.

Prochain cercle le 8 Janvier 2017 .

Ces Cercles sont fondés sur la transmission gratuite d'un talent populaire partagé.

Ils permettent de renouer des liens authentiques

avec les autres, avec soi, et avec la nature.

Ces Cercles sont donc gratuits.

Les participants contribuent à l’atelier en apportant quatre ou cinq pelotes de laine colorée, qui s’ajoutent à celles déjà fournies par l’association.

DSCN2403

On peut récupérer de la laine autour de soi ou dans les friperies. Il faut se munir d’un petit ciseau de couture pour couper les fils et d’une aiguille à coudre avec un gros chas, style aiguille à broderie.

Les baguettes de fougères qui structurent le tissage sont collectées en forêt et fournies gratuitement.

Chacune repart avec sa création.

DSCN2240

En fonction de l’ensoleillement, l’atelier se tient dehors en pleine nature, sinon dans la yourte.

Le camp de yourtes étant en zone électrosensible, les téléphones portables et autres ondes toxiques ne sont pas admis.

Déconnectons-nous pour mieux nous brancher

entre nous et avec les éléments naturels !

A midi, nous partageons denrées et boissons des pique-niques préparés par chacun.

Pour celles et ceux qui viennent de loin, il est possible d’être hébergés la veille et/ou le soir du Dimanche.

Pour s'inscrire et obtenir plus d'infos avec le programme,

envoyez vos coordonnées en cliquant sur "contacter l'auteur" à gauche tout en haut du blog.

 

panier d'ojos de dios avec laines

 

 Ojos de Dios made in YURTAO

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09 novembre 2016

Insaisissable trésor

De la beauté contre la haine.

arbre couché enturbanné

*

soleil de feuilles humides 1

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grenadier doré

*

lever de soleil sur wigwam

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lierre grimpant sur tronc d'acacia

*

même si elle est froide j'y vais

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cercles dans feuilles

*

phytolacas sur cloture textile

*

oeil d'automne land art sur menhir couché

 *

raisin clinton en treille

*

tipi de fougères derrière bruyère moussue

 *

parebrise enfeuillé

*

chemin du coeur

 

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21 octobre 2016

Mandalas tissés, un art populaire sacré.


« Yeux de Dieu. »

«  Ojos de Dios » 

les mandalas tissés

made in Yurtao.

oeil de dieu matin d'été dans la yourte 3

Atelier d'artisanat d'art

le 6 Novembre 2016 au Cantoyourte.

Les premiers mandalas tissés sur baguettes de bois, originaires du Mexique, ont été nommés « Yeux de Dieu », « Ojos de Dios », par les Indiens Huichols, originaires des civilisations précolombiennes, qui les fabriquaient pour leurs bébés afin de les placer sous protection divine. Ils pourvoyaient leurs enfants de doudous spirituels. Dés l’âge de six ans, les petits héritaient de cette coutume en créant leur propre « Ojo de Dios » qu’ils offraient aux Dieux.

ojos de dios chant de tourterelle

Au fil du temps, « L’Oeil de Dieu » est devenu le symbole ouranien de tout ce que l’œil humain ne peut connaître, qui lui est inaccessible. Un symbole de clairvoyance. Ce que Dieu seul, en tant qu’auteur de la création, peut discerner, qui apparaît aux humains sous forme de mystères petits et grands au sein de l’empire mystico-magique de l’inconnaissable, s’est canalisé dans cet œil omniscient rayonnant les mondes visibles et invisibles.

 

ojos de dios petite étoile dans la nuit yurtao

 

En regardant un mandala, on a vraiment l’impression d’être soi-même regardé par un immense œil cosmique, un œil infini, insaisissable, qui absorberait tous nos miasmes en nous pacifiant en profondeur. C’est pourquoi la tradition nous transmet que ces mandalas mobiles possèdent le pouvoir de révéler les problèmes et guérir des maladies, d’apporter chance et bonheur, non seulement à celles et ceux qui en fabriquent, en dessinent ou en peignent, mais aussi à toutes celles et ceux qui en accrochent dans leur lieu de vie et leur environnement, élargissant sa protection au foyer, à la maison et au territoire.

C’est ainsi que le mandala tissé, médiateur entre esprit et matière, est devenu un objet sacré,

et sa fabrication, un rituel de bénédiction.

 

oeil de dieu charme de framboise

C’est ce rituel que je propose maintenant de tisser ensemble lors d’ateliers sous la yourte, qui est elle-même un grand mandala en volume, avec quelques baguettes de bois et des pelotes de laine multicolores.

La technique est relativement simple : on enroule des liens sur une ossature géométrique de base, une croix de bois constituée de deux baguettes se croisant à la perpendiculaire. Quand le geste de base se fluidifie, on peut augmenter le nombre de branches en superposant les croix. La structure du mandala peut ainsi se déployer en étoile sur 4, 8, 12 ou 16 rayons. Le mouvement de tissage fondamental conjugue l’alternance de passer le fil par dessus ou par dessous la baguette, avec différents intervalles entre les bouts de bois constituant les branches du mandala. Ce geste d’enroulement fait varier les figures s’épanouissant autour du moyeu de la roue. Le tissage vient alors donner chair, par une gamme sans cesse renouvelée de couleurs, à l’ossature archétype. Le choix des laines ouvre une grande variété de formes et de rythmes, qui multiplie à l’infini la diversité des mandalas.

Chaque création est unique, originale.

 

ojos de dios soleil de femmes

 

On peut démarrer sans plan préconçu et choisir sa texture de fil et sa couleur au fur et à mesure, succéder les figures à l’intuition. On peut aussi suivre une direction, une sorte de plan intérieur, tenter de nouvelles variations de fréquences,

ou chercher seulement l’équilibre.oeil de dieu matin d'été dans la yourte 2

En inventant, on affine sa technique, et en maîtrisant la technique, on élargit ses possibilités créatives.

En même temps, on plonge dans un état de concentration très apaisant. Quand on enroule ses fils autour des baguettes, tout ce qui dans la tête s’agitait et s’entortillait dans les méandres du mental se canalise dans ce geste simple, cadencé, délicat. Il faut trouver, comme dans la méditation, le juste milieu. Si le fil est trop mou, la figure dévie et perd sa symétrie, pendouille par endroit et les couleurs s’embrouillent ; si le fil est trop tendu, les baguettes se tordent et peuvent casser, ruinant le travail.

Assez rapidement maîtrisé, cet artisanat permet donc d’atteindre un état méditatif très agréable, une grande tranquillité intérieure. L’esprit, irrésistiblement focalisé sur le centre de la figure, se vide de toutes pensées, s’éclaircit, se purifie, comme une eau où toutes les impuretés tomberaient au fond. L’agitation, la dispersion, la distraction cessent et tout rentre en ordre, comme si les parties éparpillées de soi-même se rapatriaient. Les sédiments psychiques se déposent sur les rives de l’âme et, de cet humus fertile, fleurit un jardin de joie et de beauté. Nous cultivons ce jardin en reproduisant l’esthétique géométrique des fleurs, des minéraux, des cristaux, des étoiles, des structures intimes de la matière, et nous fêtons ainsi la grande harmonie du jardin universel.

ojos de dios charme de framboise

Comme on se trouve en même temps concentré et détendu, calé sur le moment présent, la pratique du tissage en atelier collectif permet une ambiance calme et chaleureuse. La satisfaction de réaliser une œuvre, si modeste soit-elle, se double d’une véritable rencontre avec soi-même, qui on est vraiment, au-delà de son petit ego. Nos soucis cèdent la place aux puissants condensateurs d’énergie qui nourrissent tous les éléments de l’être et de la nature : le feu, l’eau, l’air, la terre, et l’éther, unifiés dans le mandala.

Afin de partager cette belle vibration et se brancher ensemble à la Création,

je propose un premier

atelier « Ojos de Dios » sous la yourte

entre femmes

le Dimanche 6 Novembre 2016.

Ojos de Dios 5 c

Pour commencer, nous travaillerons sur des tiges de fougères qui seront fournies.

oeil de dieu de lilou  oeil de dieu ça tourne pour yurtaoOjos de Dios 4Ojos de Dios 10

Les places sont limitées,

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oeil de dieu matin d'été dans la yourte avec laines

Comme la magie de pacification intrinsèque au mandala agit aussi quand on le contemple,

pour celles et ceux qui ne peuvent en fabriquer,

qui voudraient en acquérir ou en offrir,

oeil de dieu coeur sylvestre

il est possible de se procurer des « Yeux de Dieu » made in Yurtao

sur Bohémian Dreams là :

https://www.alittlemarket.com/boutique/bohemian_dreams-438.html

 ou en me contactant directement en cliquant sur "contacter l'auteur" en haut à gauche du blog.

cercle de laines

 

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13 octobre 2016

La petite couseuse de yourte

la couseuse de jolies petites yourtes

Collage "made in YURTAO", avec les reproductions d'oeuvres de

Vangel Naumovski, Nicolas Maes, Stratos et Sylvie Barbe.

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06 octobre 2016

Châtaigne éclatée

odd chataigne éclatée 1Alors qu'arrive le temps des châtaignes,

j’ai tissé un œil de Dieu avec des laines de la couleur de l’automne.

odd chataigne éclatée 2

J’ai enroulé les fils autour de quatre baguettes de châtaigner entrecroisées

avec cet esprit de méditation qu'offre l''élaboration d'un mandala.

odd chataigne éclatée 3

Cette fois,  j’ai voulu essayer de mieux emboîter les rayons de bois

en creusant une dépression centrale au couteau et à la lime.

Lorsque je suis arrivée vers la fin du mandala,

j’ai un peu trop tendu mes bouts de laine

et mes branchettes ont éclaté par le centre, affaibli par l’entaille.

Le mandala s'est recroquevillé et j'ai su que les châtaignes étaient mûres!

odd chataigne éclatée 4

C’est arrivé exactement au moment où je donnais son nom à mon œuvre :

« Châtaigne éclatée ».

Pour que le canevas ne se délite pas,

je l’ai tout de suite attaché sur le tronc de mon plus vieux pin.

odd chataigne éclatée 5

Comme une offrande à cet arbre superbe

qui lance tant d’eau vers le ciel.

Bel automne!

 

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17 septembre 2016

Femmes en nature

cercle de mainsTemps de bivouac estival magnifique

dormir dehors sous la moustiquaire

qui a rassemblé cet été quelques femmes dans la forêt et au bord d’une rivière,

natureELLES mains

sans téléphone portable, sans wifi, sans eau, sans électricité,

sans miroirs, sans montres, sans tabac, sans alcools, sans drogues,

loin des pollutions, du bruit et de l'agitation,

avec plein d’amour et de tendre sororité partagée,

femmes tendresse

un Temps hors de l'inextricable...

Un Temps extraordinaire car si proche justement de l'ordinaire,

du réel, du sensible et de notre mère la terre,

un Temps plein de vénération et de créativité.

Sous les étoiles d'Aout se sont éparpillées des petites tentes

camping sauvage  tente rouge dans forêt

 

tente au petit matin  tente sur les restanques

tente bancale pour bivouac  tente sous les pins

tente dans wigwam  wigwam d'été

sur un land à flanc de colline où flottent les couleurs du grand Souffle de la vie. 

Là on peut trouver des gardiennes de la Terre, gardiennes de l’eau,

puiser à la source

du feu, des bestioles, du temps, des déchets, de la conservation, de la propreté,

du sacré,

autel des femmes

des tentes, de la pluie, des plantes, du bois...

Nous sommes arrivées à fonctionner presque sans argent, avec seulement 8 euros par jour et par personne pour une nourriture entièrement biologique et locale, goûteuse et délicieuse, avec l’essentiel nutritif et abondance dans les bols.

vaisselle joyeuse

 Pour les animations, le partage des talents, poésie, chant, musique, soins, pratiques domestiques et culinaires, jeux, bricolages, yogas, artisanat etc... permet la gratuité,

dans la douceur du sous-bois

aux antipodes de ces stages spécialisés où s’exerce la marchandisation outrancière des compétences et où se perpétue la division hiérarchique entre caste des experts et masse des consommateurs, tous soumis à la dictature financière.


Retours:

*S:

Ce qui est enthousiasmant, c’est, au fil de ces rencontres en grande simplicité, au-delà du bien-être dégagé par la chaleur qui nous unit, d’assister à la réalisation spontanée, sur d’humbles arpents de terre dévoués à la protection du Vivant, de la vision intérieure, quasi monacale, d’une voie partagée, comme si la synergie de ces belles femmes donnait corps et chair à l’utopie d’un amour fraternel, maternel, filial et amical, tant nécessaire devant la réalité si inquiétante d’un monde hors sol et d’une nature confisquée, martyrisée.

 Je suis frappée de constater la demande croissante de certaines femmes pour se délester du superficiel

sur la rive

et entamer un chemin vers l’essentiel.

fils de laine avec fleurs

Pas seulement des femmes mûres, mais tout autant de jeunes femmes.

Pas seulement des rurales, mais aussi des citadines.

Car se délester des objets, se départir du profit, c’est revenir à soi.

Revenir à soi, c’est contacter l’authenticité de la relation aux autres.

J’entends encore l’une d’entre nous s’exclamer :

« Je m’en fiche de la position et de l’activité de chacune dans le social ... »

tellement ce qui était vécu ici était riche et dense.

Ce qui nous a mené à prendre la décision d’ignorer le statut social des présentes.

Car le véritable lien se tisse en présence, dans la nudité de l’âme.

enlacement

L’authenticité émerge quand on se désaliène des comportements sociaux grégaires engendrés par la compétition et l’adaptation accélérée à de plus en plus de béquilles technologiques. Comme si l’humanité tournait telle une toupie dont le seul destin est de s’écraser dés que le mouvement ralentit. Quand on prend conscience de cet emballement autrement que par le « burn out », alors peuvent s’engager, à tout âge de la vie, tout au long du parcours existentiel, des remises en question profondes qui, d’expériences en pratiques, contestent aux objets, aux machines, à la croissance perpétuelle et aux excès, le pouvoir démoniaque qu’ils ont pris sur nos vies.

Plus de moins libère. C’est ce que nous expérimentons modestement ici, dans la bienveillance et la gratitude, en posant des limites à une liberté dévoyée par l’absence de tempérance et de bon sens. Nous découvrons alors que la création du manque dans une société saturée, provoque, par recherche d’une juste mesure, une réhabilitation de l’humain. Cette réhabilitation se base sur la pacification de nos rapports avec la nature, qui entraîne le grand désarmement. La paix est possible quand on décide enfin de remercier toutes ces petites choses sans prétention qui rendent belle la vie.

 liberté de femms

Nous rêvons d’un monde dont le véritable progrès s’établirait sur la digestion des expériences humaines passées, où l’espèce humaine saurait s’asseoir quelques minutes en silence sur le grand canapé écorché, tatoué de taches de sang, de notre maison planétaire, sans plus rien massacrer, et choisirait consciemment de ne plus exercer de domination totalitaire sur tout ce qui vit. Elle imaginerait alors que le plus important n’est pas de s’accaparer le plus possible de biens par tous les moyens mais de s’intégrer harmonieusement, à la façon de la permaculture, dans l’ensemble de la création.

Voilà ce que nous créons en nous privant de gadgets, en refusant les sollicitations multiples et en déjouant l’illusion productiviste, nous créons la possibilité de choisir une autre voie qu’un transhumanisme délirant et la guerre perpétuelle de tous contre tous, nous créons, par un retour aux sources, la fin de la honte, une manière plus juste d’exister, qui pourrait faire advenir de véritables êtres humains.

joie

* J:

Quelques mots sur mon expérience de femme "sauvage":

nature, soleil, chaleur, vent dans les arbres, nuit étoilée, pierres, yourtes, tissus colorés volant dans le vent, mandalas, moustiques et spirales anti-moustiques, côtes à grimper et à descendre, repas savoureux, eau à économiser, tambour, partages, authenticité, amitié, rivière, corps nus libres et vivants, créativité,

petit mandala sur parquet

rires, pleurs, toutes unies dans ce lieu sacré.

Gratitude à toutes et n'oublions pas l'essentiel !..

*E: 💞

Après quelques jours de retour dans la capitale, au milieu de ce quartier pluri-ethnique de la Goutte d'Or, entre logements sociaux, migrants et classe moyenne dézinguée... je commence à mesurer la présence de la femme sauvage grandissante en moi.

pas encore sauvage

Le pas plus affirmé, déterminé et ancré sur le bitume de Paname... regard droit, tête haute, épaules découvertes... je me sens plus sûre, légitime, responsable et dynamique en arpentant les rues de la ville, pourtant hostile parfois, dont je crains moins les agressions et autres tensions polluantes.

La femme sauvage s'éveille en moi au contact de cette vie urbaine, malgré le besoin d'en fuir les nuisances de tout acabit.

Je rentre d'un moment passé en compagnie d'une amie de longue date, sirotant un jus de fruits tandis que d'autres savourent un rosé frais en terrasse, et je comprends alors le changement de regard.

Le mien sur elle, que je prends plaisir à écouter et observer avec bienveillance, le sien sur moi alors qu' elle confie me trouver en forme et radieuse. Cet échange agréable, en toute affection, sans jugement ni a priori me conforte et je réalise alors le chemin parcouru, avant de vous rencontrer toutes, les Femmes Sauvages de Bessèges, puis avec vous qui m'avez tant donné, tant appris au cours des ces 4 journées partagées ensemble.

En cet instant précis, je saisis pleinement la portée de nos échanges, de nos sourires, de nos encouragements, de nos regards, de nos hugs... je sais maintenant que plus rien ne sera comme avant... avant de frotter mon humanité et ma féminité aux vôtres. En toute simplicité, sans ambiguïté... en pleine confiance et complicité.

femmes au sol

Je vous suis reconnaissante, infiniment, pour avoir permis à ma vie de s'épanouir, de tendre vers un nouvel horizon qui apparaît prometteur, plein d'espoir et en tout cas, riche et ouvert.

J'espère de tout mon cœur que chacune d'entre vous aura puisé en cette rencontre exceptionnelle de belles racines, de grandes forces pour avancer sur le chemin de sa sauvage, incarnée, responsable et vivante.

J'espère que nous saurons toutes, à notre mesure, poursuivre sur le chemin de nos vies, auprès de nos proches et de la multitude, malgré les douleurs et les joies, avec dans le cœur ce trésor précieux que nous avons pu aborder (ou trouver) toutes ensemble.

MERCI belles femmes.💗 Une nouvelle aventure commence.😺

Je vous embrasse et vous serre contre moi, toutes.

*M:

En rentrant chez moi, j'ai retrouvé ma petite femme sauvage, Ella, 2 ans,

ma source d'inspiration dans sa nudité, sa sincérité et son authenticité naturelles.

Dans la forêt cévenole, j'ai senti la femme sauvage,

Mélanie, la joyeuse, l'enfant,

Celle qui est libre, aimante, rieuse, créative et belle.

edessin au charbon sur la plage

                   Gratitude !

Juste devant l'entrée de ma yourte, au niveau de la porte, j'ai empilé les uns sur les autres les galets recueillis au bord de la Cèze.

J'ai inventé un proverbe zen pour mes enfants afin qu’ils essayent de préserver le calme dans la yourte :

«  Si tu renverses les cailloux, c'est que tu es rentré trop vite ! "

coeur sous la yourte

 

 

*V:

Vous êtes toutes dans mon cœur et je repense souvent à ces instants précieux de simplicité et de sincérité partagés.

Merci, je suis remplie de gratitude. Heureuse de vous connaître et d’avoir vécu cette très belle expérience. 

De mon côté je prépare le départ pour Berlin et le temps file à une vitesse…

Hâte de vous revoir et d’avoir de vos nouvelles!

Bon courage à toutes pour cette rentrée dans la jungle...

Des bisous pleins de tendresse.

 

hugs sous le soleil

* C🌸:

Ce qui m'a enchanté, au delà de cet écolieu préservé avec amour,

c'est de m'être retrouvée en chacune de vous, et même d'avoir appris de ce qui me manquait depuis toujours :

vivre cette communion de femmes de différentes générations

plein de hugs

dans des instants de vie simple, au plus près de la nature,

peinture naturelle sur corps

au plus juste de nos joies et de nos peines. 

Nos vies sont entremêlées de nombreux liens plus ou moins serrés,

soleil de laine en bord de rivière

laissant parfois des traces indélébiles dans notre cœur ; des liens entretenus avec des femmes devenues des piliers de notre histoire. 

Il est plus que difficile de réunir toutes ces femmes que nous aimons profondément, pour des raisons multiples liées à nos existences bousculées et sans repos.

Je remercie infiniment Sylvie pour ce qu'elle nous a permis de vivre et d'exprimer, même en silence, toutes ensembles, femmes sauvages réunies comme un même corps, fertile en cœur et encore.

Merci d'être si belles!

* M :

Je surfe encore sur les vagues de notre rencontre, je n'oublie pas vos visages mains rires sourires pleurs chants,

j'imagine le jaune brun teignant le feuillage de Cantoyourte,

j'imagine les fils de notre araignée à la rivière se teintant,

beau bras

auvent improvisé sur la plage

j'imagine les routes sur-lesquelles vous marchez, femmes verticales

oui je sais je suis enthousiasme en pensant à nous / à vous

il ne peut en être autrement, à tout à l'heure et tout de suite dans le cœur,

merci à mes belles amies de Cantoyourte!

 grand hug fems

Petit texte écrit sur le bout de l'ongle de la main offerte:

texte qui s'emballe tout seul quand on naît femme texte sans emballage texte sans babillage texte sans bagage texte sans virgule texte sans point sans exclamation texte tout court texte qui court devant texte à bout portant texte corps mouvant dansant chantant corps de femme corps de texte nu.

algues sur dos bronzé

*H :

Lune lune lune lune Bulles de lumière

Perle de sang Sang de nos mères

Sens dans la Terre.

Ce sang qui me / te / nous NousRit

Je Ris Ris Ris Ris

La joie d'être ici , là simplement

Connectées EnSangble Donne du sens à nos vies.

tricot d'été

Basculement conscient subconscient

J'entends les échos de la Terre

Ondes du monde cachées dans l'éther

Messages d'Amour TranSangdent la vie

Cette Lune qui nous montre le chemin

Et ce Sang qui coule chaque mois

Sort les maux de la Terre

Catharsis, Catharsis, Catharsis, Catharsis, Catharsis

Cycle de vie, cycle de mort

Régénérer l'Essence EsSangce comme avec du Sang

Du Sens Qui nettoie, purge, récure,

Vivifie, magnifie, gratifie,

La Terre mère, notre mère, nos mères

Nous, toi, moi, Pulsation d’Éther dans nos veines

Vibre, vrille, vacille, vie

*C:

yeux pétillants

Rencontrer sa femme sauvage, c'est comme éveiller une part de soi qui n'ose pas habituellement se déployer, c'est autoriser à être et à vivre en harmonie avec tous les êtres vivants de la terre. C'est un état d'être à la fois dans le présent mais très fortement relié au passé, à l'histoire de l'humanité, et aussi au futur, car elle défend cette manière de vivre en harmonie avec la terre. 

IMG_1083

Me connecter à ma femme sauvage, c'est approfondir ma quete de spiritualité,....

quand je l'imagine , je la vois à la fois animale, guerrière,

mais aussi guérisseuse, emphatique et spirituelle. " 

natureELLES pieds 

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23 août 2016

Du Zen

Seulement ZAZEN.

Parce que ça ne sert à rien. 

coussin pour méditer

Kodo Sawaki. Kodo le Wagabond, grand-père des bouddhistes francophones, maître de Taïsen Deshimaru.

«  Si nous ne faisons pas attention, nous autres êtres humains somme emportés par la frénésie de gagner sa vie. Les gens disent toujours qu’ils sont occupés.

A quoi sont-ils occupés ? Seulement à gagner leur croûte.

Les poulets aussi ont toujours l’air occupé à manger.

Mais ils mangent pour être mangés. »

 

mon zafu

Kosho Uchiyama, principal disciple de Kodo Sawaki.

«  Nous n’avons jamais faim, même si nous ne produisons pas un seul grain de riz.

Nous vivons dans des maisons à l’abri des intempéries, même si nous ne sommes pas capables d’abattre un arbre et de le débiter en planches.

Nous portons de bons habits même si nous ne savons pas filer le coton.

Nous avons de la lumière simplement en appuyant sur un bouton et de l’eau en tournant un robinet.

Si l’on compare notre mode de vie actuel avec celui d’un pharaon d’Égypte, nous vivons comme si nous avions des dizaines d’esclaves à notre service.
Pour ressentir à quel point nos vies sont luxueuses, nous pouvons imaginer que nous possédons de nombreux esclaves pour cultiver les céréales et les légumes qui nous nourrissent, construire nos maisons, filer, tisser et confectionner nos vêtements, nous amener de la lumière quand il fait sombre, puiser notre eau de boisson, etc.

Quand vous utilisez un ventilateur, imaginez qu’un bel esclave vous évente.

Quand vous regardez la télévision, faites comme si tous les saltimbanques du pays s’étaient donné rendez-vous et unissaient leurs talents pour vous amuser, vous le roi. C’est amusant de les regarder de haut et de dire : « Votre spectacle m’ennuie. Qui pourrait réellement me distraire ? », et puis changer de chaîne.

Nous devrions, au moins une fois de temps en temps, nous regarder et nous demander si nous méritons vraiment de vivre de manière si confortable. Comment se fait-il que nous vivons dans des conditions si favorables ?


« Nous tous sans exception nous mourrions de faim si on nous lâchait dans la nature.

Et c’est parce que nous flottons sur les nuages de l’organisation sociale que nous pouvons vivre confortablement. Malgré cela, nous nous plaignons constamment.

Si le président d’une entreprise qui a fait construire un grand immeuble pense qu’il a construit l’immeuble, il se trompe lourdement. C’est uniquement parce qu’il est par hasard au somment d’une organisation qui a le pouvoir d’accumuler assez d’argent pour construire un tel immeuble. De lui-même il ne pourrait pas fabriquer, voire porter, un seul des fers à béton utilisés pour armer la construction.

Cela n’empêche pas les gens de se rendre fous à courir après ce pouvoir illusoire dans les nuages de l’organisation sociale. ...

zafu sous moustiquaire

Et enfin quelques paroles de Bouddha.

bouddha au lotus

«  Vous devriez savoir que les gens qui ont beaucoup de désirs recherchent voracement la renommée et le profit ; de ce fait, ils éprouvent beaucoup de souffrance et d’angoisse. Ceux qui ont peu de désirs, comme ils ne recherchent rien, sont libres de tels tourments. L’esprit de ceux qui restreignent leurs désirs est paisible, dépourvu de soucis et de peur. Quoi qu’ils aient, ils se sentent toujours bien dotés, et ne connaissent pas le sentiment de manque.

drapeaux yurtao

Si vous voulez vous libérer de l’angoisse, vous devriez examiner la connaissance de ce qui est suffisant. Ceux qui connaissent la satisfaction même quand ils dorment à même le sol le considèrent comme confortable et agréable. Ceux qui ne connaissent pas la satisfaction sont mécontents même quand ils dorment dans un palis paradisiaque. Ceux qui connaissent la satisfaction sont riches même s’ils sont pauvres. »

A méditer!

méditation au lotus

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07 août 2016

La couronne des pauvres.

Pas d'argent ? Des idées et de la débrouille!

Voici la fabrication d'un toono de yourte fait maison avec des rejets de châtaigners.

Cette couronne n'a rien couté au porte-monnaie ni à la planète, elle est gratuite.

Pas de machines, seulement une petite scie et un sécateur.

 Et beaucoup de noeuds avec des chutes de store !

Rien n'a été calculé, tout est fait à l'intuition.

On se met sur le mode cabane sauvage et on improvise.

Pas de mètre, pas de gabarit, pas de plan.

Même pas de recherche sur Internet, personne a osé jusqu'à présent sortir du bois de charpente ou du contreplaqué marine pour la pièce maitresse de la yourte.

Alors quand on a rien, il suffit de se faire confiance, de regarder autour de soi, d'inventer et ça marche.

On fabrique la couronne en deux parties:

deux cercles qu'on superposera, entre lesquels viendront s'insérer les perches du toit.

La partie supérieure n'a pas besoin d'être très solide, elle supportera le cristal du chapeau et viendra s'ajuster sur celle du dessous.

Les baguettes de châtaigners réssuyées sont souples et nouées ensemble.

couronne de yourte sauvage 1

couronne de yourte sauvage 2Bon, c'est pas tout à fait rond, mais après on l'ajuste avec l'autre.

couronne de yourte sauvage 3Par contre, le cercle du bas doit être plus costaud, donc on assemble plusieurs épaisseurs de baguettes. Ces rejets de châtaigners ont un diamètre plus conséquent et sont  plus difficiles à maintenir ensemble. On serre approximativement avec de la ficelle avant de commencer le bandage.

couronne de yourte sauvage 4Ensuite, il faut pas mal de bandes de store qu'on raccorde et on tire fort sur le tissu pour arquer et serrer le bois.

couronne de yourte sauvage 5En fait, le cercle s'établit de lui même quand les rameaux de bois sont plus gros. Cette couronne là est vraiment ronde, c'est magique comme elle a pris ses dimensions équilibrées toute seule.

couronne de yourte sauvage 6Ensuite, on pose les huit premieres perches de toit à équidistance sur la grosse couronne et on sangle le deuxième cercle par dessus avec les perches en sandwich. Le bout des perches est percé pour faire coulisser un lien qui s'attachera aux deux épaisseurs. On passe une grande corde dans la couronne qu'on attache aux arbres alentour pour la faire monter. 

couronne de yourte sauvage 7Quand le toono est à bonne hauteur, on enfile les autres perches dans l'entre-deux et  on les attache solidement par le haut et le bas, le bas étant bien entendu les murs de la yourte.

couronne de yourte sauvage 8Enfin, on utilise deux jeunes pins de la forêt qui avait besoin d'être éclaircie, on les épluche à la plane pour fabriquer deux mats.

couronne de yourte sauvage 9J'aime bien laisser pendouiller les bouts de ruban...

couronne de yourte sauvage 11Et finalement, ça tient très bien pour trois fois rien!

couronne de yourte sauvage 12

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