11 mai 2008
Sons et lumières, festival diatonique aux yourtes
Aux longs mois d'hiver où tout est nu, uniforme,
immobile et givré, succède, chaque jour un peu plus,
la profusion de sons et de couleurs
qui font battre mes veines intensément à chaque printemps.
Dés Février, avec les mimosas et cognassiers du Japon,
je frémis d'impatience, à l'unisson des bulbes enfouis,
guettant l'échauffement d'un coin de terre
et l'échappatoire du soleil au dessus du trait noir de la colline.
Mais rien ne vaut l'émotion lumineuse
que me procure l'éclosion,
aprés les petites feuilles vertes acidulées,
des fleurs d'acacias.
Elles arrivent tout à coup sur la plus haute branche,
j'ai levé la tête aprés avoir trouvé sur mon paillasson,
à cause d'un brusque courant d'air,
quelques fleurs toutes dures,
encore embobinées sur elle-mémes.
Elles arrivent toutes blanches au milieu des piaillements
de milliers d'oiseaux en effervescence,
des centaines de chants qui, dés le lever du jour,
pénétrent avec une célérité joyeuse
l'enceinte amidonée de la yourte,
s'immisçant dans mes rêves et me réveillant
dans un enchantement symphonique.
Là, au seuil de ma conscience, chaque aurore plus matinale
fait jaillir de mon coeur un élan de reconnaissance,
une allégresse qui me soulève de ma couche pour saisir,
sans plus attendre, tous les cadeaux
que cette journée toute neuve m'a préparé.
La chouette, égosillée d'avoir hululé toute la nuit, s'est tue,
le rossignol, infatigable siffleur, vrille l'espace sonore
d'échelles tonales bondissantes, et je ne sais plus
où donner de l'oreille pour trouver une ligne harmonique,
car la montée du soleil les rend tous complétement dingues.
L'alouette et le merle précédent de peu le rouge gorge,
et, quand le soleil s'installe, le pinson et la mésange,
vite rattrapés par le pivert, inaugurent la journée
qui commence en fanfare, dominée par le roucoulement
du couple de tourterelle qui chaparde
mes graines de fleurs et le poulailler voisin.
En journée, les vols de canards sauvages
tirent mes yeux aux cieux,
et je me retrouve alors au comble de la béatitude,
car depuis que j'ai lu toute petite l'histoire de la princesse
et de ses frères les cygnes sauvages, et plus tard,
les poèmes chinois sur l'augure nuptial
des vols d'oies sauvages,
je ne peux m'empécher de planer avec elles par l'esprit,
m'imaginant sur un de ces cous puissants
en train d'être amenée vers mon prince.
Les chants des mâles me font tourner la tête,
je suppute les battements d'ailes
des petites femelles en vadrouille,
avec leurs envies de tisser leurs bouts de laine,
récoltés dans mes poubelles à tissus,
des petites femelles qui hésitent encore
sur le plumage le plus prometteur et le plus lustré,
ces grandes ailes qui les emmèneraient
vers des contrées magnifiques construire un nid douillet,
rond comme la yourte,
où déposer enfin les oeufs qui se pressent dans leur ventre.
Puis j'entends le shark rauque du geai,
et le cri limite désagréable de la corneille,
qui me rappellent comment les artistes japonais inspirés du Zen
laissent toujours, volontairement, dans leurs oeuvres,
une petite imperfection, une dissymétrie ou une erreur,
singularité échappée d'une esthétique trop accomplie,
afin de symboliser la réalité de notre humanité souffrante.
Chaque jour le camp se transforme et me trouve toute exitée,
incapable de m'en écarter, incapable de louper une phase
de cette métamorphose hallucinante
déployée en opéra symphonique gratuit dans mon jardin.
Plus je reste tranquille et plus mes sens s'affinent,
pressés de jouir de l'apaisement d'une sieste dans l'herbe,
à écouter le murmure d'un arbre bouillonnant de sève,
dont je sais que rien, sinon l'apocalypse,
n'arrétera la régénérescence perpétuelle.
Comment contenir dans sa vie toute cette beauté
et ces palpitations de volupté?
Certainement n'est pas en tentant de prolonger sa vie,
en négociant quelques printemps de plus,
mais sans doute en infusant chaque instant
pour connaître la sensation d'achèvement du présent.
Je sais que demain est loin d'être acquis.
Trop de coucous cravatés, en costards et lunettes noires,
qu'on reconnaît à leur façon méprisante de vous ignorer,
arpentent les ruelles de mon village,
à la recherche de nids à détrousser.
Ils recensent les bâtisses et les terres à spéculer,
ils cherchent des pauvres à sortir ou à exproprier,
et des innocents à berner.
Pour avoir toute la place, ils n'hésitent pas
à jeter par dessus bord tous ceux qui les gènent.
Ils enjambent mes guirlandes de portes, arrogants et hâbleurs,
piétinent mes plates bandes et déclarent en me toisant
que le monde leur appartient.
Un de ceux là, descendu du marche pied hautain
de son 4X4 parisien pour arnaquer
quelques villageois de leur maison de famille,
s'est quand même fait serrer
à Nimes dernièrement,
en train de forçer un réseau
de petites perruches de l'Est
à forniquer:
neutralisé pour combien de temps?
Sur ce land que je cultive sans espoir de retour,
je n'ai d'autres alternatives
que d'ouvrir une jachère aux abeilles
et continuer à planter des fleurs,
continuer comme si chacun avait le droit à un lopin de terre.
La bagarre demain peut recommencer,
la traque, la loi du plus fort, l'injustice et la violence,
les menaces et la colère, oui demain tout peut arriver,
un bull dozer avec un préfet véreux
qui déboule pour tout casser,
demain, je le sais maintenant au plus profond de mes tripes,
je peux brusquement céder ma place,
parce que je suis trop bonne à éliminer.
Mais en soumettant mes heures aux saisons,
en traversant l'effroi innommable d'avoir du rendre
le corps de mon enfant à la terre avant le mien,
j'ai mis la fin dans chaque début,
j'ai apprivoisé cet endroit de lumière gardé par les anges
où elle m'a précédé,
mon enfant qui a l'âge d'un printemps éternel,
ma fille au sourire bleu et limpide comme un jardin d'Eden,
qui me rend si forte.
Je suis, dans la yourte, au milieu des oiseaux,
des herbes folles et des fleurs sauvages,
dans le jardin du Paradis.
Mais je suis aussi, à cet endroit précis,
une créature qui prend conscience de l'amour qu'il a fallu
pour créer tant de merveilles,
et de l'amour qu'il va falloir
pour transmettre ces cadeaux en bon état
à ceux que nous mettons au monde.
07 mai 2008
L'irrésistible vague des yourtes
J'ai écrit cet article spécialement pour l'hebdomadaire Politis
que j'apprécie beaucoup
et auquel je vous conseille de vous abonner.
Yourtes en Languedoc
Devant l'imminence du krach écologique
et l'improbabilité d'instauration d'urgence par les Etats,
d' une gouvernance mondiale travaillant au destin collectif,
quelques précurseurs de la société post industrielle
inaugurent discrétement, dans nos campagnes,
un style de vie sobre et cohérent, autonome et responsable:
par necessité ou par choix, de plus en plus de personnes
s'installent à demeure dans des yourtes.
Loin de la récupération marchande
d'un ethnicotourisme de la cabane,
le mouvement des yourtes en pleine croissance
exprime l'intelligence compensatoire et réparatrice
d'un peuple modeste qui a assimilé qu'il n'avait plus rien
à attendre de politiques vénalisés jusqu'aux os.
Réponse auto-immune, régulatrice,
à la démesure et à la démence économique,
cet exode en légèreté démontre les capacités d'auto-organisation,
d'ingéniosité, de rebondissement,
de prise en charge de sa propre vie,
loin des normes de l'opulence obligatoire,
par des personnes considérées jusque là comme inutiles,
subversives, improductives ou en échec social.
C'est ainsi que la yourte, née du désert des exclus,
devient le symbole de l'émancipation radicale
vers une alter-société,
en contrepied absolu à l'obération outrancière
du systéme productiviste.
Face à cette inventivité rebelle, en Pyrénées Orientales,
le prefet a inventé une charte de « bonne conduite »
pour normaliser le fichage des cabanes,
la délation administrative pour EDF, la CAF et la Chambre des Notaires,
le refus de branchement aux réseaux d’eau,
d’électricité et de téléphone pour les Maires,
au prétexte d’une « lutte contre l’exclusion et l'habitat indigne ».
Sur la côte, aprés détection par photos aériennes,
les communes, la SAFER, le Conservatoire du littoral
et les Départements rachètent, préemptent ou exproprient les terrains
pour détruire systématiquement tout habitat hors norme.
En Cevennes, la DDE s'attaque aux yourtes,
qui ont l'impertinence d'offrir un habitat familial alternatif
à moindre coût, mais surtout d'échapper au permis de construire.
Elle intente abusivement des proçés en correctionnelle
contre paysans et auto-constructeurs.
Déboutée, la DDE fait alors pression sur les propriétaires
pour provoquer des expulsions.
Ce pourchassement contraint à des installations
sur des friches reculées, et à des viabilisations autonomes:
récupération d'eau de pluie,
toilettes séches, phytoépuration,
bioclimatisme et énergies renouvelables,
qui complémentent naturellement une économie de subsistance
fondée sur l'entraide, le défrichage, le jardinage,
la botanique médicinale, la ceuillette, la récupération et l'artisanat,
le seul luxe étant l'ordinateur,
indispensable cheville entre le local et le global,
et entre réseaux d'affiliation.
Ces pratiques de survie élémentaires et d'organisation,
sinon de la pénurie, du moins de l'essentiel
revu à l'aune de l'empreinte écologique,
réactualisent les tactiques d'alliance et de coopération
d'avant l'accumulation néolithique:
la conscience que la zone de ceuillette du voisin
est aussi précieuse à la préservation des ressources que la sienne
transforme l'ennemi potentiel en cogestionnaire de l'espace.
C'est ainsi que les demeures nomades, légères, manifestent,
en pays riche, la mutation necessaire
du rapport à l'espace de l'humanité.
Mais cet art de vivre simplement, décemment,
sans massacrer son voisin, la nature et la planête,
cette citoyenneté de sagesse et de contentement,
en pleine expérimentation à l'abri du terrorisme médiatique,
ne peut s'abstenir d'organiser,
dans la non-violence et la désobeissance civile assumée,
sa défense contre les attaques des prédateurs:
le fondateur d'Halem,
« Habitants des logements éphèmères et mobiles »,
vient de périr, en plein combat militant,
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/23/8427950.html
dans l'incendie d'une friche Rennaise
convoitée par des requins de l'immobilier .....
Ces combats sont vitaux pour la diversité culturelle,
mais aussi pour l'espérance d'une société capable
de survivre à ses erreurs.
En prévision: cet été, en Cevennes, en Aout,
les rencontres de l'Habitat Choisi,
en Septembre, celles des habitants sous yourtes.
02 mai 2008
animal sauvage de compagnie
J'aime pas les chats, j'aime pas les chiens, même mignons.
Particulièrement en cette période
ou tant d'humains sont menacés de famine.
Je n'aime que mon petit lézard.
Mon petit lézard habite en colocation dans ma yourte.
Il acquitte son loyer en gobant insectes et mouches et,
comme baromètre, il est plus fiable
que tous les objets des hommes.
Ça fait plusieurs années que nous nous côtoyons,
ce qui crée quelques attaches,
même si je n'ai jamais caressé mon petit lézard,
encore moins baisé son cou.
Ça a pourtant failli un beau jour, mais point de mon initiative,
les femmes ne prennent jamais l'initiative
dans les rapports de rapprochement physique,
ce qui permet de ne pas mélanger les genres,
entre roulures
et bonnes à marier....
Mais c'est bien grâce à sa présomptuosité
que j'ai enfin connu le sexe de mon petit lézard.
Il grenouillait sur le cercle de la couronne
pendant que j'enfilais mes chaussons.
Il s'est loupé.
En jetant un oeil coquin sur mes orteils,
ses petites pattes ont dérapé sur le vernis rouge,
il a glissé et il a chuté.
Une chute de deux mètres cinquante pour un petit lézard
équivaut à tomber du World State Building pour un homme.
La différence étant l'amortissement:
moelleux tapis au lieu d'un dur ballast.
Sauf que mon petit lézard, en son audacieuse confiance,
a su visé juste, et m'est tombé sur l'épaule,
manquant le cou d'à peine deux centimètres.
Hé bien, vous me croirez si vous voulez,
mais mon petit lézard ne s'est pas démonté le moins du monde,
il m'a donné un petit coup de queue charmant
en continuant sa chute sur la lirette multicolore,
s'est arrêté d'un coup sur mon orteil scotché,
comme sonné mais ravi,
m'a regardé droit dans les yeux
pendant quelques longues secondes que je n'oublierais jamais,
tant son regard m'ouvrait la porte
d'un monde immense en arrière de ma conscience,
s'est retourné sans une miette d'hésitation
en direction de la porte et a filé droit vers la sortie,
comme s'il avait les plans de la yourte infusés dans les pattes.
J'en suis restée toute entière scotchée.
Non pas de peur, de dégout ,
ou tout autre sensation négative de trouillarde,
mais de saisissement et d'admiration....
Comme quand vous rencontrez une personne
que vous connaissez déjà,
mais que vous la voyez tout à coup vraiment
pour la première fois,
à cause d'un rayon de soleil,
d'une ouverture qui a mûri à votre insu,
et que d'un coup, vous savez que cette personne là,
qui se tient comme une révélation dans votre horizon,
elle vous plaît.
Elle vous plaît totalement, sans explications.
C'est pourquoi, depuis ce premier contact intense,
j'ai nommé mon petit lézard: « Samaskotché ».
J'avoue que depuis, il se fait plus pressant,
toujours à ma porte à surveiller quand je rentre:
c'est toujours comme ça quand vous tombez amoureux,
grave prise de risque sans remboursement d'investissement,
surtout aprés un coup de foudre réciproque dans une yourte,
un jour de tempéte de lézards, on commence à paniquer
quand l'autre s'absente un peu plus que prévu...
J'aurais bien voulu éviter cette maladie à « Samaskotché »,
lui qui m'a vu si souvent tenter d'attraper
l'impermanence, le détachement,
et l'agapé mystique sur mon coussin de méditation.
Pratiquement, cette idylle reptilienne
est un bon régulateur de naissance:
je ne suis pas envahie par la fécondité de sa petite queue,
et la sublimation dont je suis adepte
fertilise mon inspiration lyrique...
Sauf que « Samaskotché » vient de me ramener une fiancée,
et que maintenant deux petites queues
se disputent le pas de ma porte.
Au lieu de lui faire le sale coup de la jalousie,
je préferre me rappeler l'anecdote écrite
quelques années auparavant,
aprés une rencontre tombée de haut de ce type,
version mammifère:
page écrite avant que mon maître « Es Libération »
ne me porte les coups décisifs.
« Pauvre et marginale, je n'ai pas souvent les moyens
de me payer une aprés-midi chez le coiffeur.
Je n'y vais que pour les grandes occasions:
quand je quitte l'homme de ma vie,
quand je tombe amoureuse,
quand je divorçe ou me marie,
quand j'entame une période ascétique,
ou avant d'accoucher, ou, en dernier ressort, quand,
par révolte ou par provocation, je décide de refaire le monde
en jetant les hommes à mes pieds.
Donc, une fois, je vais chez le coiffeur,
en pleine période blanche,
pour dépouiller ma tête de ses derniers caprices mentaux
et parachever ma sobriété monastique.
Jamais je ne n'avais osé permettre
un rasage si intime de mon crâne.
Alors que je supportais héroiquement ma castration esthétique,
j'avisais derrière moi un bel homme aux yeux bleus
en train de se faire rafraîchir les tempes.
Ma nouvelle tonsure, mon nouvel ordre sexuel
m'interdisant toute appréciation, j'observais seulement,
dans le jeu de miroirs, le dégagement progressif de sa nuque.
Et soudain, quand la coiffeuse rabattit le col du viril cou,
il s'est levé, il est sorti,
il est revenu, et il a posé devant moi,
sur le bord du miroir, un énorme bouquet de fleurs.
Il n'a rien dit, il a souri et il est ressorti.
Je ne l'ai jamais revu.
J'ai rougi de surprise et de plaisir.
J'ai touché les fleurs pour m'assurer de leur réalité
et j'ai demandé au coiffeur:
« Qui est-ce? »
- « Un aviateur »
Et voilà!
Il a été comme un avion super sonique,
transperçant la barrière invisible qui tient les êtres à distance,
il a réveillé le monde comme la foudre qui libère l'eau du ciel,
et il a disparu, dans la vitesse, la fulgurance.
Si j'étais un homme,
j'aimerais être cet homme qui offre des fleurs à une inconnue
et s'en va sans rien demander. »
01 mai 2008
camion pizza et yourte
La yourte salon de thé de Genolhac.
Je suis heureuse de vous faire partager
un beau petit coin de nos Cevennes,
où l'inspiration et la joie de vivre ont initié
l'implantation d'une belle yourte.
L'artmonithé est une association proposant un lieu d'accueil
pour les clients du « petit mazet », camion pizzeria bio,
garé sur le coté de la route entre Genolhac et Concoules.
Ce lieu, une belle yourte jaune, assez grande
pour contenir un salon avec canapé et fauteuils,
un espace enfants,
un piano et une batterie,
une cuisine et le poële central,
sans oublier quelques tables rondes pour les clients
consommant thés et laits de fruits secs,
ce lieu charmant vient de s'ouvrir dans nos hautes Cevennes,
sous l'impulsion imaginative d'un trio
de belles et jeunes personnes.
Les clients dégustant leurs pizzas peuvent donc désormais
les accompagner de délicieuses boissons,
préparées avec soin par Amélie et Cindy.
Celles ci veulent en effet promouvoir les valeurs écologiques
et servent des produits locaux,
du terroir,et de qualité biologique.
L'espace est aussi mis à disposition pour des conférences
ou des animations culturelles ou artistiques,
avec des scénes ouvertes pour des programmations musicales.
Un coin spécialement aménagé avec des petits bureaux
est réservé aux enfants, afin que les parents
puissent se détendre en toute tranquillité.
Bref un lieu de grande convivialité,
que je vous engage à découvrir!
Et si vous passez par Bessèges,
montez jusqu'au Cantoyourte, au cas ou je puisse
partager votre trajet jusqu'à l'Artmonithé!
ARTMONITHE: Route de Villefort. 30450 Genolhac.
04.66.61.03.43.
30 avril 2008
Yourtes en Patchwork, auto-construction et récupération
YOURTES EN PATCHWORK
Liste des articles publiés sur les yourtes que j'ai fabriqué.
Il suffit de cliquer sur le lien sous le titre.
Robes de Yourtes. (20 Février 07)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/02/20/4068912.html
Outils à main pour travailler sa yourte.
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/02/14/4004092.html
Etanchéité de ma yourte.
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/03/13/4302713.html
Relocalisation: la force des humbles. ( 8 Mars 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/02/14/4004092.html
Le chauffage dans ma yourte. ( 11 Avril 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/04/11/4593498.html
Habitat léger, la yourte. ( 22 Avril 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/04/22/4704863.html
Explications du montage de la yourte Sihon. (17 Mai 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/05/17/4985383.html
Rangements dans la yourte. ( 30 Mai 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/05/30/5134345.html
Armoires murales pour yourte. (I Juin 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/06/01/5151047.html
A l'intérieurs de mes yourtes, photos.
http://yurtao.canalblog.com/albums/interieurs_yourtes/index.html
Extérieurs yourtes, photos.
http://yurtao.canalblog.com/albums/exterieurs_yourtes/index.html
Fabrication d'un plancher de yourte. ( 1 Aout 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/08/01/5782263.html
Le mandala où poser la yourte. (03 Septembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/03/6088629.html
Assemblage du plancher sur le mandala. ( 10 Septembrre 07)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/10/6168976.html
Elevation de la couronne de la grande yourte ( 11 Septembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/11/6176278.html
Montage de la structure de la yourte Shamatha. ( 21 Septembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/21/6287916.html
Habillage de la yourte collective. ( 24 Septembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/24/6318810.html
Naissance d'une yourte, avant-première. ( 18 Septembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/09/18/6254635.html
Bienvenue sous la yourte salon. (8 Octobre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/10/08/6471807.html
Yourtes aux trois chateaux. ( 1 Novembre 2007)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2007/11/01/6740532.html
Dimensions et composition d'une yourte moyenne. (12 Février 2008)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/02/12/7929466.html
Fabrication d'une jolie toilette à compost. (15 Février 2008)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/02/16/7979496.html
Hebergement rural de plein air sous les yourtes ( 3 Mars 2008)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/03/8178143.html
Vue sur les yourtes aux usines (17 Mars 2008)
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/17/8353543.html
28 avril 2008
Tchernobyl, la catastrophe continue.
Assassiner par un nuage.
Normalement, regarder les nuages passer dans le ciel est une activité de repos, de vacances, de détente.
Mais depuis vingt deux ans que le nuage atomique de Tchernobyl, cencé s'arréter gentiment à nos frontières, a détruit la vie de milliers de personnes, regarder passer un nuage ne sera plus jamais un acte de confiance.
Un peu partout en France et au-delà, des manifestants portant le même masque sont restés immobiles devant des sites nucléaires civils et militaires, des sièges d’entreprises pro-nucléaires, des ministères, des préfectures, des mairies, etc.
A Saint Ambroix, quelques citoyens se sont retrouvés
pour un sitting en blanc sur les escaliers de la mairie,
afin de ne pas laisser l'oubli et le déni
recouvrir la réalité catastrophique
du plus grand accident industriel de toute l'histoire.
http://www.sortirdunucleaire.org/
Contribution éclairée de Didier, notre "pointu en nucléaire", comme dirait Jean:
Il y a tout juste 22 ans, le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. C’était la première et la plus grande catastrophe du nucléaire civil. La puissance de l’explosion a soulevé le couvercle en béton (mille tonnes) du réacteur. Il est depuis coincé de chant, menaçant à tout moment de s’effondrer sur le cœur et de propulser dans l’atmosphère d’énormes quantités de particules radioactives et cela, jusqu’à la fin de la construction gigantesque du deuxième sarcophage. L’intensité de l’incendie après l’explosion a formé une colonne d’air chaud, qui a entraîné en haute atmosphère, d’immenses nuées de produits radioactifs, qui ont contaminé tout l’hémisphère nord.
Des centaines de milliers de soldats (les liquidateurs) sont intervenus, sans protection particulière, pour débarrasser les toits des bâtiments alentours, des morceaux de graphite radioactif, pour étouffer l’incendie avec du sable et du bore, pour couler du béton sous le bâtiment réacteur pour éviter le syndrome chinois (appelé comme ça parce que le cœur en fusion traverserait les dalles en béton, rien ne peut l’arrêter, il rentrerait dans le sol et ressortirait de l’autre côté de la terre, en Chine). Si cela était arrivé à Tchernobyl, le cœur serait rentré en contact avec la nappe phréatique et il y aurait eu une explosion si puissante que la quantité de produits radioactifs dispersés aurait rendu l’Europe inhabitable. Sans le savoir, ces « liquidateurs » ont sacrifié leur vie, pour sauver la nôtre. L’énorme radioactivité qui régnait sur les lieux, limitait leur intervention à une minute par personne. En quelques secondes, ils recevaient la dose admissible pour toute une vie. Ces sacrifiés, après avoir accompli leur mission, sont rentrés chez eux, aux quatre coins de l’ex URSS, sans suivi médical, sans enquête épidémiologique. La plupart d’entre eux sont décédés, ou survivent avec des maladies terribles et personne ne cherche à le savoir. Officiellement, il n’y a eu « que trente deux décès ». Circulez, il n’y a rien à voir !
Il faut lutter contre l’oubli, le dire, le faire savoir, le transmettre et rendre hommage à ces hommes.
En France aussi, il y a la culture du secret, surtout en ce qui concerne le nucléaire.
Après le premier choc pétrolier en 1973, les autorités d’alors font le choix du nucléaire pour produire l’électricité, sous couvert de l’indépendance énergétique. En réalité, en faisant fonctionner des centrales nucléaires, on fabrique le plutonium nécessaire pour la bombe atomique. Nucléaire civil et militaire sont étroitement liés, on peut invoquer le secret défense. Le nucléaire est imposé par la force et, pendant les grandes manifestations d’opposants, la police et la gendarmerie réagissent avec une extrême violence. De nombreux manifestants sont blessés, mutilés, certains très grièvement, main ou pied arrachés, un en a perdu la vie. Le 31 juillet 1977, à Malville, Vital MICHALON est tué par la police, par un tir tendu d’une grenade offensive.
Alors, quand le nuage radioactif de Tchernobyl passe par deux fois sur la France, fin avril et début mai 1986, c’est le grand mensonge d’Etat.
Le nuage s’est arrêté aux frontières, aucune précaution particulière n’est prise pour préserver la santé publique. Pire, les politiques, scientifiques et journalistes référents, s’unissent pour rassurer le quidam. C’est la chape de plomb, pas de radioactivité en France et puis un tel accident est impossible dans nos belles centrales avec leurs doubles enceintes de confinement. Faux encore, aucune enceinte même double ne pourrait résister, à la puissance d’une explosion comme celle de Tchernobyl. Pendant ce temps là, l’air, le sol, l’eau, les légumes, le fourrage, sont contaminés. Toute la chaîne alimentaire, les animaux, les humains sont touchés. Alors que dans les pays limitrophes, on interdit la consommation de certains produits, on donne des recommandations pour se préserver, en France rien de tout cela. Dans notre pays, le nucléaire est un sujet très sensible, qu’il ne faut absolument pas remettre en question. Reste le mensonge et le choix de la contamination généralisée de la population. La radioactivité ne se voit pas, ne se sent pas et a des effets à long terme. Il n’y a pas de seuil minimum d’exposition sauf celui fixé par le nucléocrate qui concerne plus la technologie que la santé publique. Chaque dose produit son effet qui est le plus souvent cumulatif.
Pourtant, il était possible de protéger le public, notamment le plus sensible, les bébés, les enfants en bas âge, les jeunes , les femmes enceintes et ceux déjà atteint par une affection.
Pour bien comprendre, il faut faire un peu connaissance avec la physique nucléaire.
Les éléments radioactifs sont reconnaissables entre autre, par leur place dans la chaîne de désintégration (de l’uranium au plomb), par leurs émetteurs (alpha, béta, gamma), par leur période biologique (le temps pour être éliminé d’un organisme vivant) et celle qui nous intéresse, la période physique ou demie vie (le temps qu’il faut pour qu’un élément perde la moitié de sa radioactivité). Il faut dix périodes pour que sa radioactivité tende vers zéro, à la 1er il en perd la moitié, à la seconde la moitié de la moitié, à la 3ième la moitié de la moitié de la moitié et ainsi de suite jusqu’à la 10ième. Les éléments radioactifs ont des organes cibles, l’iode 131 radioactif, relâché dans le nuage de Tchernobyl, se fixe sur la thyroïde et a une période physique de 8 jours.
Deux possibilités, distribuer des pastilles d’iode naturel pour saturer la glande thyroïde et ne plus laisser de place pour l’iode 131 radioactif, ou, aussi efficace, confiner les aliments contaminés dans des endroits adéquats (congélateur), pendant 80 jours et, au bout de ce laps de temps, on peut les consommer sans danger. Parce qu’ils ne savaient pas, des enfants en Corse ont consommé des fromages de brebis contaminés et ont reçu à la thyroïde, avec un seul fromage, la dose annuelle admissible.
Mais il y avait bien d’autres éléments radioactifs dans ce fameux nuage, comme le césium 134 et 137 avec respectivement une période physique de 2,1 ans et de 30 ans et qui se sont concentrés dans les champignons et dans le thym. Le césium 134 est là pour 21 ans, le 137 est là pour 300 ans. Ces deux césiums se sont trouvés toujours dans la même proportion mais au bout de 21 ans, il n’y a plus de césium 134, reste que le 137. En faisant des analyses sur des champignons du centre de la France en 1986, la CRIIRAD a mis en évidence la seule présence du césium 137. Cela ne pouvait pas être la signature de Tchernobyl mais celle des essais en atmosphère de la bombe atomique, dans les années 1950-60.
Pour finir en beauté, le plutonium 239 produit dans les centrales nucléaires civiles pour faire la bombe atomique, a une période physique de 24 000 ans, il est donc là pour 240 000 ans. Les centrales d’EDF en produisent 11 tonnes par an, 5 kg suffisent pour faire une bombe et un milligramme peut suffire pour induire un cancer.
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27 avril 2008
Droit d'habiter sous la yourte
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