YURTAO, la voie de la yourte.

16 janvier 2019

Débattre sous les matraques

Comment peut-on engager un débat, ou n’importe quelle sorte de dialogue, avec des gens qui nous tirent dessus en pleine tête, matraquent, mutilent, éborgnent, explosent pieds et mains, et nous rouent de coups lorsque nous osons descendre dans la rue clamer notre colère ?

Discuter sous une matraque ? Ils osent l’impensable. J’ose même pas mettre des photos tellement c’est horrible.

Au 15 janvier, 94 blessés graves par les forces de l’ordre parmi les gilets jaunes et les journalistes, dont 69 par des tirs de lanceur de balle de défense. Au moins quatorze victimes ont perdu un œil. Décompte provisoire des mutilations définitives : Site référent : https://desarmons.net/

  • 1 personne a été tuée (grenade lacrymogène)

  • 4 personnes ont eu la main arrachée (grenades GLI F4)

  • 17 personnes ont été éborgnées (balles de LBD 40)

  • 1 personne a perdu définitivement l’audition (grenade)

Plusieurs centaines d’autres présentent des blessures diverses, dont de nombreuses fractures ouvertes au visage, traumatismes crâniens et incrustations d’éclats de grenades dans les autres parties du corps. Voir la liste des personnes tuées et blessées là: https://desarmons.net/index.php/2019/01/04/recensement-provisoire-des-blesses-graves-des-manifestations-du-mois-de-decembre-2018/

« Il faut appeler les choses par leur nom et ne pas réduire ces faits à une anomalie, car ils sont systémiques : la police ne commet pas de bavure, elle assassine. »

https://www.facebook.com/pcf82/videos/vb.508836689311614/380616305840390/?type=2&theater

Tant que le gouvernement ne se sera pas expliqué sur ces tirs vers des personnes innocentes, qu'il ne se sera pas excusé publiquement, qu’il n’aura pas supprimé ces armes abominables, https://www.youtube.com/watch?v=j7__i2HrRbw&feature=youtu.be&t=54&has_verified=1&bpctr=1547720499

tant qu’un hommage national n’aura pas été rendu aux personnes tombées sous le coup de ce pouvoir, il n’y a pas de dialogue ni aucun débat possible. Les bourreaux transforment le débat en arme supplémentaire pour légitimer sa répression, c’est d’un cynisme ignoble.

Au lieu de remettre en question les armes les plus dangereuses actuellement utilisées pour terroriser les manifestants, le gouvernement a lancé un appel d’offre le 26 décembre 2018 (Avis n°18-179674) pour l’acquisition de 180 lanceurs multi-coups 6 coups et de 270 lanceurs multi-coups 4 coups, sans compter l’acquisition de 1280 LBD 40 supplémentaires soit 1730 « lanceurs multi-coups (et) mono-coup »  Le prix d’achat d’un fusil Penn Arms est de 2600 à 3000 euros: budget approximatif de 1,35 millions d’euros. Appel d’offres révélé par le Canard Enchainé: .https://twitter.com/davduf/status/1077875191487840257

C’est nous qui payons les armes qui se retournent contre nous. Ils ont donc clairement l’intention d’amplifier la guerre contre le peuple, sachant que la mystification du grand débat national ne durera pas longtemps. Déjà, commencer le grand débat dans un département (l’Eure) où toutes les manifestations ont été interdites, est très symbolique et devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui aimeraient encore y croire. https://reporterre.net/Le-grand-debat-lance-dans-un-departement-qui-interdit-les-manifestations-de-Gilets-jaunes

Pour finir, je cite Hervé Kempf.https://reporterre.net/Climat-democratie-et-Gilets-jaunes:

« L’énergie brutale que déploie un mouvement populaire d’une ampleur sans précédent depuis un demi-siècle, peut faire hésiter certains : mais il est la réponse à la violence inexorable exprimée par les dominants, et qui n’a cessé de se durcir depuis des années, comme on l’a compris naguère avec les homicides de l’écologiste Rémi Fraisse, du jeune de banlieue Adama Traoré ou du paysan Jérôme Laronze. Le mouvement des Gilets jaunes hésite encore sur ses directions, et l’extrême droite pourrait récupérer ce mouvement. Si c’était le cas, cela ne gênerait pas profondément les dominants, comme l’a montré, à propos des temps sombres de l’Allemagne hitlérienne, Daniel Guérin dans Fascisme et grand capital ou comme on le voit avec M. Bolsonaro au Brésil. Et si les Gilets jaunes échouaient, il n’y a aucun espoir que les néolibéraux qui reprendraient la main mèneraient la politique écologique indispensable. Il est important de peser pour que la colère qui s’exprime trouve son exutoire dans des voies positives.

Les écologistes ont une responsabilité. Et pour être plus précis, les classes moyennes aux revenus supérieurs — chez qui se trouve la majorité de celles et ceux qui s’engagent pour l’écologie — ont une responsabilité. Il n’y aurait aucun sens à signer une pétition pour le climat tout en restant chez soi quand la tempête agite le pays. C’est le moment d’aller parler, protester, rencontrer, aller avec les Gilets jaunes et peser pour que la lutte contre le désastre écologique se conjugue pleinement avec celle pour la démocratie et pour la justice. »

 Allô Place Beauvau, c'est pour un signalement

 https://www.arte.tv/fr/videos/087253-000-A/violences-policieres-et-gilets-jaunes/

Posté par barbesse à 10:14 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


12 janvier 2019

Maison du peuple à Saint-Ambroix

Réunissant deux vallées de Gilets Jaunes ( Cèze-Auzonnet) ce Samedi matin à Saint-Ambroix, une assemblée générale sur des propositions concrètes à mettre en oeuvre pour une maison du Peuple s'est tenue au milieu des Puces. Quelques personnes ont pris la parole. Dont cette dame bien en colère.

Puis on a pointé deux solutions:

s'installer dans un batiment désaffecté, (pas mal de possibilités vu le contexte local),

ou construire yourtes et cabanes ensemble sur un terrain communal ou privé,

histoire de se réunir en Assemblées populaires et tenir un lieu de vie collectif.

Une constructiste et un constructeur de yourtes ont proposé leurs compétences et une dame a proposé de mettre son terrain à disposition.

On peut planter des yourtes sur le terrain de cette dame

 Et voici la colère d'une jeune mère de famille qui veut pas qu'on puce ses enfants et qui a aussi un rêve, habiter dans une yourte en liberté!

https://www.youtube.com/watch?v=fuNoQJyE3ik&feature=youtu.be

et d'un jeune homme pas content non plus.

"Qu'on reparte tous du bas pour monter tous ensemble!"

 A Nimes,

gilets jaunes aux arènes de nimes 12 Janvier

les copains commencaient à se prendre des grenades lacrymo

lacrymo nimes 12 javnier

et à tenter de se défendre

GJ nimes 12 janvier

quand finalement, les portes de la maison de retraite désaffectée se sont ouvertes

et tout le monde s'est engouffré.

les gilets jaunes rentrent dans la maison du peuple à Saint-Ambroix

Un drap a été étalé au sol pour les petits et le pique nique pacifique a pu commencer.

maison du peuple ouverte à Saint Ambroix par les Gilets Jaunes

 Communiqué de presse des Gilets Jaunes de Céze Auzonnet

    Ce matin, Samedi 12 Janvier, à 11h, une soupe populaire ainsi qu’un repas ont été partagés sur l’esplanade de St Ambroix.
    Il s’est tenu une assemblée populaire lors de laquelle a été soulevée la nécessité de créer une Maison du Peuple. Plusieurs propositions ont été évoquées, notamment le prêt d’un terrain de 2 hectare à St Bres, et la construction de yourtes sur des terrains privés. Il a finalement été décidé d’ouvrir collectivement l’ancienne maison de retraite située place de l’esplanade, à St Ambroix, propriété de l’ARS (Agence Régionale de Santé) inoccupée depuis 2017.
    Nous étions une centaine à investir les lieux pour créer cette Maison, pour et par le Peuple. Nous avons procédé à un nettoyage des locaux et plusieurs ateliers pour petits et grands ont été proposés. L’ambiance est conviviale et familiale, avec la présence de nombreux enfants, autour d’un repas partagé.
    Vers 12h30, la police municipale et quelques gendarmes sont venus prendre la température et faire leur compte rendu.
    Vers 14 h30, Mr De Faria, Maire de St Ambroix, Mr Ello, directeur de l’EPHAD, et plusieurs conseillés municipaux, accompagnés d’une vingtaine de gendarmes, dont certains visiblement équipés pour une intervention en force, sont venus discuter et nous demander nos intentions. Nous avons donc rappelé notre volonté commune de répondre par nous même à cette urgence et, en vertu de l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme, de s’auto-organiser pour créer cette maison du Peuple. Mr Ello nous a indiqué que les pensionnaires du nouvel EPHAD, paient pour la gestion et le crédit de ce bâtiment vide. Mr De Faria nous a assuré qu’il y a un projet de centre médical en cours sans indiquer de calendrier. Mr Ello nous a, quant à lui, précisé que le bâtiment est en vente… Mr de Faria estime que la véritable Maison du Peuple est la Mairie, mais celle ci ne répond pas à nos besoins. Suite à ces échanges, les représentants de la municipalité et les gendarmes sont tous repartis. Il semblerait que la présence d’enfants ait dissuadé les forces de l’ordre d’intervenir.

gendarmes à la maison du peuple saint ambroix

Nous appelons la population de St Ambroix et des vallées de Cèze et Auzonnet à venir en nombre soutenir, participer à cette action et faire vivre cette Maison qui appartient à la population. Ce bâtiment appartient à la collectivité et nous nous considérons légitimes de le remettre au service du Peuple, au moins le temps qu’un véritable projet soit prêt à être mis en œuvre.

https://giletjaune.social/event/ouverture-dune-maison-du-peuple-st-ambroix

Dernières nouvelles, 12 Janvier 21H.

Vers 19H, ils sont revenus à cinq ou six fourgons et une trentaine de gendarmes armés. Ils nous ont viré, mais tout s'est passé dans le calme. Il semble pourtant que cette opération soit illégale. Quand même, tant de gendarmes et tant d'armes dans notre petit bled, et tant de piétinements, c'est franchement disproportionné.

 Ce jour là; à Nimes, une femme s'est pris un tir en pleine tête:

https://www.facebook.com/houcine.elhassouni.9/posts/1192910507534891

 

Posté par barbesse à 16:57 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

08 janvier 2019

Pour la nouvelle année

2019-que-des-bonnes-revolutions-2

france-protests-syria-113

Posté par barbesse à 07:41 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

21 décembre 2018

Mon arbre de Noël

Fleurs de Noël épanouies dans la nature!

mon arbre de noel sylvart 1Etoiles floconneuses tombées dans mon jardin!

mon arbre de noel sylvart 2

Bulles de gaze vaporisées sur la yourte!

mon arbre de noel sylvart 3SYLVART  de YURTAO : bois de chataigner, peinture acrylique, vernis, fleurs de gaze de mariage.

Posté par barbesse à 10:13 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

14 décembre 2018

Gilets jaunes Clairac, la dérive

Hier soir, réunion des gilets jaunes de Clairac avec des maires du coin, réunion que j’ai quitté rapidement tellement c’était insupportable.

Au lieu de profiter que ces élus présents écoutent notre colère et qu’on leur montre notre détermination, qu’on leur réclame ce qu’ils peuvent nous donner immédiatement et gratuitement, de la démocratie participative locale, le gilet jaune autoproclamé représentant de notre groupe a annoncé très démagogiquement une liste de revendications nationales à laquelle les maires ne pouvaient que répondre qu’ils n’y pouvaient rien, et qu’ils n’avaient pas d’argent. Un maire s’est largement foutu de notre gueule d’abord nous traitant comme des mômes ignares et stupides : «  Vous, vous posez les questions et c’est à eux( les gouvernants) de répondre, laissez les tranquilles » alors qu’on était là pour donner des solutions parce qu’on en a marre qu’ils nous imposent tout par le haut, et personne a pipé. Je n’en revenais pas. Puis il en a rajouté une couche en rigolant : « Non mais on s’en fout de l’ISF n’est-ce pas ? » Il l’a répété trois fois avec un air ironique, et là encore, personne n’a pipé. A part moi évidement, estomaquée, suffocante d’indignation. Comment une simple petite réunion avec des élus peut faire virer des gens qui se gèlent au rond point en moutons muets ? Et qui finalement, faute de pouvoir toucher ceux d'en haut, rabattent leur colère confuse contre leur voisin : après, on a eu droit au couplet fascho sur ceux qui foutent rien et encaissent les minimas sociaux, qui préfèrent rester chez eux que travailler, et les immigrés qui bouffent notre pain, et les Roms, et qu’il faudrait supprimer les aides sociales pour mettre tout le monde au boulot, alors là, la coupe était pleine, j’ai bondi, c’était tellement à vomir que je suis partie en criant que ce genre de discours est absolument insupportable et depuis, je peux vous dire que la colère noire ne me quitte pas.

Cette réunion était dirigée par un seul gilet jaune soi disant non violent qui en fait désamorce toute velléité d’expression libre. Qui a imposé une erreur stratégique basique au groupe : déposer une liste de doléances générales que les élus ont trouvé trop longue « Faites nous un résumé on l’enverra au préfet »..., bref, qui ira direct à la poubelle. Le gnangnan, Macron et sa clique n’en ont strictement rien à cirer, depuis le temps qu’on est dans la rue à se faire renverser par les camions, s’ils nous écoutaient, on pourrait enfin rentrer chez nous. On avait une belle tripotée de gens qu’on paye pour nous servir, c’était le moment de leur demander de nous prendre en considération ici et maintenant dans les communes, pas demain, tout de suite, en nous ouvrant une tribune d’expression à la fin des conseils municipaux par exemple, ou en nous recevant régulièrement pour des doléances locales urgentes (alors qu'il faut six mois pour obtenir un RV avec le maire de Besseges...). Il faut demander aux dominants présents ce qu’ils peuvent nous donner. Si on leur explique qu’il faut une taxe sur le kérosène, OK, il le faut, mais c’est pas eux qui le feront si on les pousse pas derrière en étant présent dans les délibérations locales.

Et puis faire attention aux dérives, celle-là, elle était magistrale et j’en ai encore une honte qui me ronge le cœur.

Alors voici le texte de Yanis Youlountas qui dit bien sur quel genre d’écueil on se bute là avec les gilets jaunes, et je peux vous dire que c’est une réalité de plus en plus proche et hideuse qui se rapproche.

http://blogyy.net/2018/12/03/cours-gilet-jaune-le-vieux-monde-est-derriere-toi/

« Le mouvement des gilets jaunes est-il vraiment en train de changer de forme et de s’émanciper de l’extrême-droite qui a essayé de l’instrumentaliser depuis le début ? A quelles conditions peut-il s’étendre et rompre avec toute représentation politique ? Et si Macron finissait par tomber, qui serait le joker du capital et quel serait le meilleur moyen de le repousser ?

COURS, GILET JAUNE, LE VIEUX MONDE EST DERRIÈRE TOI !

Depuis quelques jours, le mouvement hétérogène des gilets jaunes semble en train d’évoluer et de se « radicaliser » (pour nous amuser à reprendre le jargon effrayant des médias du pouvoir).

En effet, nous observons :
– une détermination croissante ;
– un rejet plutôt fort de toutes les tentatives de récupérations politiciennes, à de rares exceptions localement ;
– des revendications enfin sorties du carcan fiscal initial, encore en train de s’étendre, assez disparates d’un endroit à l’autre, et souvent jusqu’au rejet total du système politique et non plus seulement de Macron ;
– des modalités d’actions qui s’émancipent enfin des lieux sans intérêt que sont les ronds-points, excepté pour communiquer sommairement avec beaucoup de passants ;
– un refus de plus en plus massif de toute « représentation politique », quelle qu’elle soit, refus encore très vague dans ses conséquences, sans référence historique ou idéologique, mais laissant poindre un désir encore naissant et manifestement hésitant à franchir le rubicon de la démocratie directe.

Cependant, ce mouvement reste encore très confus, au point d’être contradictoire dans son mélange de revendications patronales et salariales. Pas de lutte des classes mais un ras-le-bol contre les plus riches, et pour cause : parmi les gilets jaunes se trouvent aussi des petits patrons, artisans et commerçants, en colère contre d’autres plus grands et plus puissants qu’eux. Le mot finance à toutes les sauces remplace un peu partout le mot capitalisme, trop clivant au regard de la sociologie du mouvement. Certes, tout l’aéropage politique semble être dans le collimateur, complètement rejeté (des élus ont été refoulés dans plusieurs villes et d’autres ont été acceptés à condition d’enlever leur écharpe tricolore, comme à Martigues par exemple). Mais les sympathisants du RN paraissent tout de même nombreux dans certaines régions, surtout au Nord et à l’Est de l’hexagone, sans forcément se dévoiler. Dès lors, une interrogation circule : d’anciens électeurs du RN peu politisés peuvent-ils vraiment évoluer positivement au contact d’autres révoltés, sur le terrain, comme certains observateurs le prétendent, ou bien cela risque-t-il d’être l’inverse, autrement dit un nouveau palier de franchi pour l’extrême-droite dans sa pénétration des luttes et sa récupération de celles-ci ?

Un autre problème significatif illustre ce dilemme : la plupart des dirigeants d’extrême-droite, facilement reconnaissables, ne sont que rarement expulsés des rassemblements, exceptés dans quelques villes portuaires du Sud et de l’Ouest. Samedi à Paris, le sinistre Ivan de Benedetti et sa clique n’ont malheureusement pas été évacués par les gilets jaunes eux-mêmes, mais par une mobilisation antifasciste. Résultat : la plupart des têtes de gondoles du fascisme en France continuent de s’offrir des bains de foule parmi les révoltés, un peu partout, au prétexte que ce mouvement serait « apolitique » et cela n’indique rien de bon. De même, si le racisme et l’homophobie sont ouvertement combattus par certains collectifs locaux de gilets jaunes, ils ne le sont pas ailleurs, au point que des pancartes nauséabondes viennent salir lamentablement des ronds-points et discréditer logiquement le mouvement auprès d’une partie des militants expérimentés qui refusent de rejoindre une telle confusion.

Gilet jaune, si tu veux étendre ta lutte, dégage d’abord ce qui rebute.

Cela rejoint une autre source d’inquiétude qui ne tient pas seulement au mouvement lui-même, mais à ce que nous prépare le capital en cas de chute de Macron. Son joker attend déjà dans les coulisses. Toujours le même depuis un siècle en Europe. Toujours là, en cas de nécessité, dès que le régime politique, bâti sur des illusions, vient à vaciller. Toujours prêt, en embuscade, bien traité et soigneusement positionné par les médias du pouvoir et leurs plateaux télé où s’étend le bleu marine depuis des années, des JT aux talk show. Ce joker du capital, depuis toujours, c’est l’extrême-droite.

Impossible ? Rouvrez vos livres d’Histoire, regardez également ce qui sort du chapeau actuellement d’un bout à l’autre du monde, et rappelez-vous ce qui se passe depuis plusieurs décennies en France, notamment durant les années 2001-2002 ou après les attentats de Charlie Hebdo.

Si les guignols du capital n’étaient plus en mesure de poursuivre le spectacle de leurs chamailleries dans la luttes des places, c’est certainement un arc politique autoritaire qui serait immédiatement propulsé au devant de la scène, d’une façon ou d’une autre, pour éviter une autre voie. Un arc politique autour de Marine Le Pen et de quelques complices (sans doute quelques personnalités médiatiques, par exemple des chanteurs rancis, des sportifs cocardiers et des humoristes bien lourdingues, ainsi qu’un ou plusieurs éditocrates pour chercher à rassurer les journalistes et leurs lecteurs, une pincée de politiciens girouettes de la droite et peut-être même de la gauche, une cuillerée de souverainistes de toutes sortes invités au festin dans le but d’adoucir les traits du nouveau gouvernement, et bien sûr une très grosse poignée de chefs bidasses et de flics réputés à des postes clés). Un arc politique qui serait à la fois composé pour « rétablir l’ordre » (de façon très autoritaire) et pour faire semblant de « satisfaire certaines revendications » des gilets jaunes (celles qui ne dérangent pas trop le capital, bien sûr, la bourgeoise Le Pen ayant depuis longtemps donné tous les gages nécessaires, par exemple en rappelant qu’elle n’augmenterait pas le SMIC et qu’elle resterait dans la continuité sur la plupart des positionnements géopolitiques).

Bref, si nous semblons actuellement nous approcher d’une situation révolutionnaire — dont les principales caractéristiques sont la volonté massive de la chute du pouvoir et celle d’un changement de système politique —, nous approchons aussi, dangereusement, d’une arrivée potentielle au pouvoir de l’extrême-droite, consécration de sa longue ascension en France avec la complicité du capital et de ses médias, dans un contexte global de durcissement autoritaire du pouvoir politique.

Puisque le monde entier devient fasciste, il est malheureusement peu probable que l’hexagone y échappe, tôt ou tard.

Inutile de s’étendre sur les conséquences : en tant que stade ultime du capitalisme, le fascisme n’hésite jamais à éliminer ou neutraliser massivement ses opposants, accompagnés souvent d’une ou plusieurs catégories de boucs-émissaires. Le fascisme n’est qu’un durcissement exarcerbé d’une société déjà autoritaire qui le devient encore plus. Il est la mutation du capitalisme en temps de crise et non pas la solution contre ladite crise. C’est une impasse provisoire dans laquelle nous mène le capital sitôt qu’il est inquiété.

Notre seule chance d’échapper à cette issue dramatique réside sans doute dans le refus, actuellement exprimé de plus en plus fort, de toute représentation politique. Autrement dit, refuser les règles du jeu, sortir du cadre imposé, désobéir, saboter, tout bloquer… Et, simultanément, multiplier les assemblées populaires (« populaires » au sens de Louise Michel et Fernand Pelloutier, bien sûr !), sans autres mandats qu’impératifs, succincts et révocables à tout moment ; libérer l’imaginaire social et la volonté de ne plus jamais retourner en arrière ; susciter le désir de chercher ensemble d’autres façons de vivre et de nous organiser ; mettre en commun nos savoirs et nos richesses ; réfléchir à nos actes et acter nos réflexions ; propager autour de nous l’excitation de changer d’ère et de créer un autre « commun », alors même que le pouvoir n’a de cesse d’effrayer et de pousser au repli sur soi pour mieux tomber dans son piège.

Dans toute révolution, il n’y a jamais que deux perspectives possibles : soit avancer à grand pas, aussi vite que possible vers l’utopie en coupant les ponts avec le passé révolu, soit se faire rattraper brutalement par les formes les plus réactionnaires du vieux monde et le regretter tout le reste de sa vie.

Cours, gilet jaune, le vieux monde est derrière toi !  Yannis Youlountas

https://www.youtube.com/watch?v=UexdWkqkrp0
https://www.youtube.com/watch?v=VKEzmRgQ69Y
https://www.youtube.com/watch?v=dbIJZhEF0OY
https://www.youtube.com/watch?v=fgKEXKwpx0g
https://www.youtube.com/watch?v=qFIBFyes0o0

 

 

Posté par barbesse à 09:27 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :


08 décembre 2018

Gilets jaunes Besseges-Clairac- Meyrannes- Molières sur Cèze

Même le journaliste local vient pas jusqu'ici, alors que sur nos petites routes, neuf véhicules sur dix arborent le gilet jaune.

Bon, alors c'est sûr, on bloque rien, mais quand même, on est là, et c'est cool.

l'appel des gilets jaunes

gilets jaunes clairac urgence sociale

gilets jaunes clairac paris forteresse

gilets jaune clairac macron dégage

gilets jaune colère noire

gilets jaunes besseges clairac avec gendarmes mobiles

la cabane des gilets jaune besseges clairac

gilet jaune clairac cuiseur bois

les gilets jaunes de clairac besseges molires sur cèze

gilets jaunes clairac manu t'es foutu

Posté par barbesse à 15:08 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

19 novembre 2018

Comment l'utopie s'effondre dans la boue

Mise au point au sujet du film "Utopie sauvage" 

Après avoir refusé toutes sollicitations télévisuelles et médiatiques depuis 2013, j’ai fini par accepter en 2015 qu’un jeune cameraman se disant alternatif et indépendant, Baptiste Henry, capte des images chez moi, sur mon écolieu. Se présentant comme amical et désintéressé, ce jeune homme m’a mis en confiance par un assentiment à mon discours de sensibilisation à la protection de la nature. Très réticente envers une nouvelle intrusion filmique, ambivalente quand à la valeur de mon témoignage, consciente du risque encouru par certaines retombées néfastes de la médiatisation, j’ai pensé qu’un débutant serait probablement plus ouvert à comprendre mes positions et entendre mes objections, et qu’il était juste de donner sa chance à un jeune réalisateur se définissant hors système marchand. J’ai cédé à la condition qu’il ne filme que mes mains, ma silhouette, mes œuvres et mon environnement et respecte ma vie privée. Je ne souhaitais pas que ma personne soit mise en avant mais plutôt la beauté de la nature et l’artisanat sauvage. Je pensais que ces images pourraient transmettre de façon poétique une autre vision du monde et la possibilité d’une véritable alternative. Nous avons donc convenu de nous associer sur un court métrage expérimental et bénévole qui servirait la cause écologique qui me tient à cœur, la protection de la forêt. Le projet étant non professionnel et non commercial, il n’y a donc pas eu de contrat, pas de cadre défini, le tournage s’est engagé comme une aventure collaborative se forgeant au fil de l’inspiration et de mes créations. Il n’y a pas eu de scénario, pour la bonne raison que j’étais toujours en mode improvisation au fil des saisons et des travaux en cours, ce qui, semble t’il, donne au film son caractère d’authenticité.

Mais rapidement Baptiste a voulu toujours plus, en prenant partout et sans cesse des images et j’ai du me retrancher trop souvent sur la défensive pour parer à ses incursions. Je vaquais à mes activités ordinaires et il filmait, parfois à mon insu, sans me demander mon accord. J’ai du plusieurs fois le rappeler à l’ordre. Je lui ai suggéré quelques scènes signifiantes que j’estimais appropriées, et j’ai accepté de parler parfois face à la caméra car ça me prenait trop d’énergie de toujours devoir cadrer ses intrusions filmiques. Je l’ai accueilli à cœur ouvert, je l’ai initié à la vie sauvage, il a partagé mes rythmes, je l’ai hébergé, nourri, et je lui ai même confié les clefs de mon bureau. Jusqu’à ce que je constate des disparitions inquiétantes de documents précieux, en particulier mon livre fétiche « Habitats, constructions traditionnelles et parallèles »...

Après chaque période de tournage, j’attendais les rushs afin qu’on en discute et que je puisse trier ce qui me semblait adéquat, mais malheureusement il se soustrayait systématiquement, et aujourd’hui refuse toujours de me transmettre ces images. Il a omis de me faire participer au montage, alors que cette étape était pour moi cruciale, pour ma sécurité d’une part, pour l’éthique et l’esthétique du film d’autre part, et surtout parce qu’il s’agit de ma vie privée et de ma production d’auteur, et que j’estime que les images de mon écolieu, de mon habitat et de mes activités m’appartiennent tout autant qu’à celui qui les as capté. Aujourd’hui, je suis capable de mieux comprendre pourquoi je n’ai pas réussi à m’opposer à temps et frontalement à ce qui outrepassait le projet de départ. Il y a eu la proximité, mon hospitalité, un surcroît de travail et de pression, et une baisse de mon système de vigilance et donc de protection, en particulier immunitaire.

En effet, durant tout ce tournage, j’étais en position de faiblesse pour au moins deux raisons : étant électro-hypersensible, (EHS : maladie environnementale), handicap reconnu en Europe à 80 % d’incapacité sociale, j’étais très diminuée par la pression de la caméra, du micro et autres ondes EM : souvent déboussolée, je devenais irritable et déconcentrée. D’ailleurs mon irritation est apparente dans ma voix et certaines attitudes visibles sur le film. Mais j’étais aussi dans une période particulièrement délicate car subissant depuis plusieurs mois un grave harcèlement quotidien qui a fait l’objet de plusieurs plaintes en justice (exactions récidivantes contre ma personne et mes biens). Usée par ces agressions répétées, j’ai demandé à Baptiste de ne pas filmer d’images qui puissent aggraver la situation et me mettre plus en danger. Il n’a pas écouté mes demandes et j’ai fini par comprendre qu’il faisait le film tout seul, contrairement à tout ce qui était la condition de mon acceptation et de mon ouverture. Enfin, quand il a eu cumulé beaucoup d’images, il a décidé de faire un long métrage en me mettant devant le fait accompli. J’ai compris alors que je m’étais fait bernée.

Enfin, en Septembre 2018, Baptiste a voulu me faire signer une cession totale de mes droits à son unique profit. Me sentant trahie et volée dans mon intimité, j’ai refusé de signer un contrat me dépouillant et qui, de surcroît, est un faux, puisqu’il stipule que j’accorde autorisation à la prise d’images et à leur diffusion, non pas avant le tournage, mais après. Il refuse ma qualité de co-auteur, refuse de me transmettre les rushs et la version finale du film, refuse la part économique dédiée à la cause écologique, et cherche à diffuser et exploiter le film sans mon autorisation. Après une médiation qui n’a pas abouti, il persiste à vouloir utiliser ces images sans mon consentement. Il prétexte que le simple fait que j’ai accepté la présence de sa caméra suffit à lui donner le droit d’exploiter toutes les images qu’il détient. La dessus, il m’envoie un bilan financier où il budgétise à son profit, son matériel technique dont sa caméra, son salaire horaire, ses frais de déplacements et de séjour et même ses frais bancaires ! Pourtant, il a profité de ma notoriété, s’appuyant sur mon livre « Vivre en yourte », pour collecter par participation citoyenne (crowdfounding) une somme rondelette (12000 euros) dont il refuse de me partager la comptabilité alors qu’il m’a contrainte à offrir des contreparties. (A titre de comparaison, un projet équivalent se montre beaucoup plus raisonnable, une jeune équipe est capable de produire un film avec beaucoup moins d’argent:  https://www.helloasso.com/associations/hemera productions/collectes/chasseurs-d-espoir-le-film)

Aujourd’hui encore, il récidive en me soumettant au chantage : je dois signer un nouveau contrat de cession de mes droits à l’image et droits d’auteur si je veux avoir les images.

Il s’avère clairement maintenant que je me suis trompée et que je me trouve confrontée à un cas personnel d’abus de confiance. J’ai particulièrement honte envers toutes les personnes qui ont soutenu financièrement et moralement ce projet, dont la crédulité a été manipulée tout autant que la mienne.

Je fais donc savoir aujourd’hui publiquement que dans ces conditions, je m’oppose à l’exploitation et la diffusion du film « Utopie sauvage » dont je suis co-auteur et unique protagoniste, parce que j’ai perdu espoir de faire entendre raison à mon partenaire dont j’estime les méthodes absolument inacceptables. Un consentement obtenu par la pression et le mensonge sont des méthodes pourries. Il n’a ni mes droits à l’image ni mes droits d’auteur. Ma volonté d’attribuer ma part d’auteur à des associations aux buts en relation avec le contenu du film n’a, en fait, jamais été prise en considération.

Cette histoire ne me réconcilie pas avec les médias. Je constate combien le système prédateur s’infiltre dans les meilleures intentions et comment l’écologie peut être instrumentalisée par des gens qui ont avant tout besoin de reconnaissance personnelle et de construire leur carrière.

Je ne suis pas opposée par principe à un témoignage cinématographique, car j’ai pu constater comment certains des reportages qui ont été diffusés sur mon histoire ont contribué à changer la vie de bien des personnes, qui d’ailleurs m’ont exprimé et continuent à m’exprimer leur reconnaissance, en particulier pour un courage qu’ils surestiment.

Mais il faut que ceux qui ont le pouvoir des images aient une déontologie minimum et que leur travail soit conduit dans le respect. Il faut surtout que les témoins, parfois eux-même lanceurs d’alerte, et les protagonistes de documentaires ne soient pas mis en danger, afin qu’ils n’écopent pas gratuitement de tous les ennuis pendant que ceux qui se gaussent de leur technicité retirent tous les bénéfices.

C’est toujours cette attitude colonisatrice qui est en cause, de l’homme sur la femme, du riche sur le pauvre, du civilisé sur le sauvage. Je n’ai pas l’outrecuidance de me comparer aux derniers indigènes de la planète qui suffoquent dans les derniers bouts de jungle, massacrés par nos maladies et nos cultures dégénérées, mais il y a quand même une certaine parenté entre eux et moi, perchée sur mon piton rocheux à me lamenter sur l’hécatombe aviaire, sur la faune et la flore en train de crever à ciel ouvert alors que les humains s’en foutent. Voilà le facteur de stress fondamental en cause dans ce qui a conduit à ma fragilité : il concerne toutes les personnes qui comme moi vivent proches de la nature, et sont confrontées physiquement à l’hécatombe en cours, car comment gérer en soi l’impuissance et la désolation quand chaque année, deux fois moins d’oiseaux chantent autour de ma yourte et que mes compagnons sauvages, renards, genettes, blaireaux, ne reviennent plus ?

C’est cet hommage à la nature en sursit et aussi un grand cri d’alerte que j’aurais voulu faire passer dans ce film, mais il aurait fallu que tout le processus de création de cette œuvre soit clean pour être crédible moralement.

La nature et la culture subissent un processus de siphonnage par les acteurs de la société de consommation, orchestré par les médias qui ne savent plus comment renchérir dans la compétition des images et des idées, au détriment de la réalité, et ont perdu tout sens des valeurs.

Voilà comment l’utopie s’effondre dans la boue.

Sylvie Barbe. 19 Novembre 2018.

 

Posté par barbesse à 09:28 - - Commentaires [40] - Permalien [#]
Tags :

12 novembre 2018

Ce qu'on peut faire de l'agonie

Malgré orages, averses et grands vents,

arbre sur eau

comment ne pas s'immerger dans la forêt

quand celle-ci, se dépossédant de sa sève,

chataigner en automne 2

chataigner en automne 1

explose de couleurs splendides?

Quand il est vraiment difficile de sortir,

alors que j'ai toujours au coeur  la mutation du grand mandala,

je couds à l'intérieur la même trame, cette même structure

qui m'habite en cette saison et exalte ma création. 

mandala cousu sur store

Je la suspends dehors au milieu des fougères fléchissantes,

et je reprends ma quête des couleurs naturelles,

de ce jaune qui me fascine,

pour tout ce qu'il hurle d'adieu et de magnifiscence.

escalier de feuilles

Sans cesse, le vent disperse les feuilles qui se détachent des arbres

et celles qu'on a tenté de contenir en formes ordonnées,

et sans cesse j'en ramène de nouvelles,

celles qui tapissent le sol derrière une cabane abandonnée,

cabane au vieux seau

ou celles qui vont tomber demain ou après-demain sur la petite yourte.

chataigner flamboyant derrière la petite yourte

Comme si j'espèrais, en ramenant un peu de cette dispersion végétale,

inscrire le noyau éternel et imputrescible des cercles de la vie et des saisons, 

comme si je me forgeais le viatique spirituel qui portera 

la traversée de la saison nue.

mutation mandala 1Enfin, je réalise cette vision des grandes feuilles jaunes de chataigner que j'attendais,

une agonie végétale qu'aucun pigment autre que ce retrait de sève ne pourrait inventer.

mutation mandala 3Oui j'attendais ce moment depuis l'année dernière, je désirais cet or,

cet or qui est mon plus précieux trèsor, et qui, à peine l'ais-je posé,

s'envole à nouveau, pour aller où bon lui semble,

plonger dans l'humus en pleine putréfaction

fomenter un nouveau cycle.

mutation mandala 2

Posté par barbesse à 19:08 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 novembre 2018

Mandala de la pleine lune

Avant que tombent les pluies d'automne,

nous avons ramassé quelques végétaux multicolores

mandala 3mandala 4

pour constituer une matériauthèque de land-art,

mandala 6

feuilles, graines, petits fruits, cailloux, pommes de pins, herbes et bois,

mandala 5

auxquelles nous avons ajouté quelques bricoles récupérées.

Pour féter la pleine lune, nous avons dessiné,

sur une terrasse bien aplanie au milieu de la forêt,

mandala 2

un grand mandala à larges corolles,

mandala 7

afin de remercier la nature pour tout ce qu'elle nous donne encore,

malgré la façon odieuse dont nous la traitons, depuis tant de siécles.

mandala 8

Puis nous avons rempli les pétales des grandes fleurs

mandala 9

en remerciant les végétaux de leur beauté, de leur disponibilité.

mandala 10
Accomplir un mandala est toujours un acte de prière, de recentrage,

qu'on le fasse seul ou collectivement,

mandala 11

un acte de reconnaissance envers la structure du vivant

mandala 12

qui maintient en cohésion toute la diversité du monde.

mandala 13

Avant d'aller griller quelques chataignes dans le tipi bleu,

nous avons entouré le mandala,

en ce beau jour d'automne, de nos bras réunis,

mandala 14

et chanté le son du sacré, AUM. 

Posté par barbesse à 12:44 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

27 octobre 2018

Sylvart aux couleurs d'automne

Emergeant d'un fin brouillard matinal,

un nouvel arbre a surgi dans la forêt,

un Sylvart multicolore en bouquet de branches de chataigner.

2 sculpture sylvestre aux torsades

Dans les vapeurs délicieusement odorantes

du tapis d'aiguilles embaumant le camp,

j'ai érigé un arbre à ma façon,

5 yourte avec arbuste peint en torsades

quelques branches glanées dans la falaise,

dont j'ai longuement gratté la pourriture

avant de carresser le coeur doré du bois

et l'orner de volutes et spirales.

4 yourte au sylvart torsades

 

Posté par barbesse à 20:15 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

15 octobre 2018

Rouge d'automne

rouge d'automne

land art automne 18

Posté par barbesse à 16:34 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

10 septembre 2018

Genette écarlate

Je l’ai rencontré lors d’une balade en forêt,

elle ne ressemblait à rien, mais sous le gris pourri du bois,

j’ai vu tout de suite la beauté en elle.

Je l’ai extirpé du fossé pour la ramener à la yourte,

déjà je lui parlais, je lui promettais de la révéler,

une nouvelle vie pour toi, veille souche abandonnée rongée et déformée par le temps,

ta décomposition et tout ce qui est à l’envers s’arrêtent là.

L’impatience dans mes pieds, la joie au cœur,

j’ai traîné cette prise inattendue, pourtant si évidente

quand l’œil, la queue et les pattes se sont alignés dans mes mains.

J’ai sorti ma rapette et mon couteau

et j’ai commencé à sculpter cette genette des bois qui maintenant reste chez moi.

genette pas encore écarlate

Puis je lui ai peins une robe écarlate

genette écarlate 1

et depuis, elle grimpe sur mes arbres, gambade sur mes restanques,

genette écarlate 2

la voilà dans un rayon de soleil de fin d’été, toute contente d’avoir été adoptée .

genette écarlate 3

Posté par barbesse à 14:56 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,

31 août 2018

L'arbre qui marche

Yurtao s'est associé à Funarium

pour décorer le festival de "l'Arbre qui marche."

et proposer mandalas et land-art

sur le vaste terrain du domaine de Danne à Saint-Martin-du-Bois.

Photos de Nina et Sylvie.

déco 1

déco 2

déco 2a

déco 3

déco 4

déco 5

déco 6

déco 7

déco 7a

déco 7b

déco 8

déco 8a

déco 9

déco 9a

déco 10

déco 11

déco 11a

déco 12

déco 12a

déco 12b

déco 13

déco 13a

déco 14

déco 14a

déco 15

déco 16

déco 17

déco 18

déco 19

déco 20

déco 21

déco 22

déco 23

Posté par barbesse à 20:17 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 août 2018

Heures chaudes

petite fille au mandala d'algues

petit radeau en tigesradeau au bord de l'eau

 

Posté par barbesse à 17:21 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

12 juillet 2018

Le cantoyourte en aquarelle

aquarelle de pascale aout 17

Peinture II bis

Peintures sur le vif de l'été de la Lorraine Pascale Delgrange,

artiste peintre et aubergiste.

pascale delgrange

 Merci Pascale pour ces belles couleurs!

 

 

Posté par barbesse à 18:03 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,

12 juin 2018

De l'arbre à l'art

Vieilles branches de chataigner réhabilitées!

de l'arbre à l'art 1

de l'arbre à l'art 2

de l'arbre à l'art 3

de l'arbre à l'art 4

de l'arbre à l'art 5

de l'arbre à l'art 6

de l'arbre à l'art 7

de l'arbre à l'art 8

 

Posté par barbesse à 17:42 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 mai 2018

Pour une inscription de la ZAD de NDDL et de ses habitats à l'UNESCO

https://blogs.mediapart.fr/defendrehabiter/blog/260518/pour-une-inscription-de-la-zad-de-nddl-et-de-ses-habitats-lunesco

Nous, Comité de soutien DéfendreHabiter réunissant architectes, paysagistes, urbanistes, anthropologues, universitaires, habitant.e.s de la ZAD et citoyenn.e.s, vous écrivons depuis la commune de Notre-Dame-des Landes.

Plus précisément depuis la Zone d'aménagement différé devenue ”Zone à Défendre”, dont la renommée a très largement dépassé la dimension locale, et ce grâce à une contestation populaire qui, après plusieurs décennies de lutte pour la sauvegarde des terres, a su venir à bout d’un projet d’aéroport d'un autre temps. Au vu des enjeux sociaux et écologiques auxquels font face nos sociétés d'une part, et aux destructions massives en cours d'autre part, la ZAD de Notre-Dame des Landes représente pour nous un héritage majeur d’interactions entre les hommes et le milieu naturel, un patrimoine culturel et naturel, qu’il est vital de préserver, de pérenniser et dont l’UNESCO pourrait reconnaître la valeur comme “source irremplaçable de vie et d’inspiration” (Convention de 1992 sur les paysages culturels).

Périls Immédiats
Sauver l’expérience : habitats & habiters en danger imminent

Depuis le 9 avril 2018 a lieu une opération de destruction des habitats et d'expulsion des habitant.e.s de la ZAD. Cette opération, toujours en cours, et qui connaît des épisodes très violents, a mené à la destruction d’une quarantaine de lieux de vie et a causé plusieurs centaines de blessés.

Face à l'ampleur des destructions, on ne peut faire l’économie de cette question : que détruit-on à Notre-Dames-des-Landes ? Que cache la volonté de faire table rase de toutes les traces et de tous les symboles d'une des plus longues luttes populaires et écologiques de la période récente en Europe? Qu'est ce que ces destructions disent du refus systématique du projet collectif qui pourtant donne tout son sens à ce qui se vit sur ce territoire?

À travers l’opération militaire en cours, il est clair que l’État a adopté une stratégie proche de la table rase. Tenter d’effacer les traces de l’histoire d’un territoire, c’est lui refuser toute identité, toute valeur et toute légitimité à venir.

La liste des sites classés par l’UNESCO s’établit systématiquement dans une perspective de sauvegarde : il s'agit de sites menacés à plus ou moins brève échéance. Ici nous constatons la menace de disparition immédiate de nombreuses constructions remarquables, témoignages vivants de la capacité des êtres humains à habiter en relation respectueuse et inventive avec leur environnement, dans un monde moderne et mondialisé. Cette expérience doit-elle disparaître dans la violence avant d'avoir pu être partagée ?

Témoins de cette situation nous interpellons ici l'UNESCO et le Ministère de la culture ainsi que toutes celles et ceux qui se sentent concerné.e.s par les questions de patrimoine naturel et culturel, et par la reconnaissance et la sauvegarde de la diversité des modes et des milieux de vie.

Attachements

Il s’agit pour nous de dire ici ce à quoi nous sommes attachés, dans le passé de ce territoire, le présent et la richesse de cette lutte, et dans la promesse du monde que nous souhaitons construire et vivre. Nous dépendons de nos attachements : ils nous déterminent, ils font que nous sommes déterminés. Ce à quoi nous tenons, nous tient et nous porte.

Histoire d’une lutte : habitats et habiters.

Dans la multiplicité des moyens de lutte qui ont contribué à l’abandon du projet d’aéroport, l'occupation pérenne de la ZAD a joué une place primordiale. Ces habitats témoignent aujourd’hui d’un passé récent, façonné par une détermination regroupant anciens et nouveaux habitants. Ils reflètent la diversité des personnes qui ont participé à leur construction, et la diversité des manières d’habiter qui ont pu y être inventées : ce sont des corps de ferme rénovés, de nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d'une friche, ou d'un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou mobiles qui complètent ce paysage habité. Face à une architecture mondialisée, standardisée, gloutonne en terres et en ressources non renouvelables, la ZAD a vu s’épanouir une diversité de formes d’architecture vernaculaire et frugale.

Une quarantaine de ces habitats et lieux de vie ont déjà été détruits et de nombreux autres restent aujourd’hui menacés. La rapidité, la fulgurance de ces destructions, menées avec une grande violence, dans leur tentative d’effacer les traces, physiques et symboliques de ces habitats, mettent à nu leur fragilité : la légèreté ne résiste pas aux pelleteuses. Dans la lutte pour la maîtrise de l’histoire, l’État dispose de moyens de pression disproportionnés. Nous encourageons à une reconnaissance de la valeur de ces habitats, de leur légèreté, et des espoirs que portent leur apparente et rugueuse fragilité.

Un habiter en conscience de nature.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est un territoire bocager d’environ 1600 hectares resté quasiment inchangé depuis les années 50, en attente du projet d’aéroport : une mise entre parenthèses qui a protégé ces terres de l’agriculture intensive et du remembrement. C’est ce qui en fait une situation exceptionnelle aujourd’hui, par l’étendue du territoire concerné et par l’histoire collective singulière de cette préservation. C’est aussi devenue une des zones naturelles les plus étudiées de France grâce au travail des Naturalistes en Lutte depuis plusieurs années.

L’extension de la notion patrimoniale aux habitats, aux manières d’habiter et aux habitant.e.s, défend l’acception d’un habiter en conscience de nature. La crise environnementale nécessite de se défaire de notre concept moderne de nature et de la séparation que nous traçons entre Nature et Culture. La protection de la Nature, telle qu’elle est pensée dans la modernité occidentale, est simplement l’autre facette de l’exploitation, dont elle est indissociable. Protéger c’est encore dominer, c’est encore mettre la nature à distance et lui attribuer des fonctions (de contemplation, de récréation, …).

Aujourd’hui, il est impératif de dépasser cette logique et de penser nos liens avec les plantes, les animaux et le territoire comme faisant partie intégrante de la vie sociale. Sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, lorsque nous nous battons pour préserver un bosquet, une prairie ou une mare, nous ne le faisons pas au nom d’un principe abstrait de préservation de la biodiversité, mais parce que les nombreux liens que nous avons tissés, au fil des ans, avec le bocage, nous attachent à ses habitants non-humains, nous fait apparaître comme inenvisageable de ne plus partager notre quotidien avec eux. Dans nos débats, les intérêts des tariers pâtres, des hypolaïs polyglottes, des tritons marbrés ou des cardamines des prés sont pris en compte au même niveau que ceux des membres humains de la communauté. La notion de mise en commun s’en trouve ainsi elle-même rajeunie, puisque les liens communautaires sont désormais étendus bien au-delà du domaine humain.

Communs et art de vivre.

Sur la ZAD, on ne se décharge pas d’une responsabilité en se disant qu’une quelconque instance s’en occupera ; on s’organise : qui fait de la boulangerie, qui s’occupe de ses proches malades, qui regroupe les informations pour diffuser un bulletin hebdomadaire, qui tente de désamorcer un conflit, qui choisit ensemble quoi cultiver où, quelle construction faire pour quel usage, et la liste est longue. Ils deviennent rares les milieux où il est possible de s’essayer, sans chercher à démêler ce qui relève de la nécessité, du goût de l’expérimentation ou de la passion.

L’attachement à la ZAD, et la détermination à sauvegarder ce territoire des logiques d'aménagement toutes-puissantes, a mené à une gestion en commun qui s’élargit au-delà du territoire physique à de nombreuses infrastructures : les biens communaux, ou communs.

Ce sont notamment les cultures communes, les semis collectifs, le partage de matériel agricole, la re-distribution de la production, les fournées de pain dans les différentes boulangeries. Mais aussi les outils d’information et de communication, la vie artistique et l’entretien des bois, des haies, des fossés et des chemins. Depuis 10 ans des formes de vie préfigurent ce que pourrait être une société libérée de l’emprise de la logique propriétaire, une société où faire prévaloir la logique de l’usage commun, qui est une logique de soin et d’entretien, sur la logique propriétaire, qui est une logique destructrice et mortifère. Nous revendiquons l’universalité de cette compréhension du commun comme une réalité partagée quotidiennement avec un tiers de l’humanité. C’est un patrimoine ouvert, partagé, accessible qui s'invente ici, un héritage où la ZAD appartient bien, au sens où l’entend l’UNESCO, “à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés“.

Héritage

La ZAD et ses habitats, ses habitant.e.s et ses manières d’habiter sont l'héritage d'une situation sociale et écologique, d’une lutte populaire. Ce qui se fait sur la ZAD procède d'une inscription dans un territoire et du souci de sa continuité. Nous voulons croire qu’il sera possible d’inventer avec les communes avoisinantes une forme de parenthèse juridique pour habiter ici qui puisse accompagner les imaginaires vers d’autres horizons. Nous engageons aujourd’hui la question patrimoniale pour que les communes avoisinantes acceptent les formes architectoniques créées durant ces 10 ans comme l'on considère un village dont nous héritons. La connaissance fine, commune et profonde de l’impact de l’habiter dans ce territoire est précieuse pour imaginer le devenir des êtres humains sur cette planète dans des conditions dignes et durables.

L’écriture de ce texte, débuté à la veille de la seconde vague de destruction d’habitat sur la ZAD, cherchait à éveiller la question de la richesse de ce que l’on détruit, plutôt qu’évoquer la nécessité d’une quelconque protection. Malgré les destructions, la ZAD résiste, car il s’agit bien avant tout de solidarités et de nouveaux imaginaires. Alors que nous terminons ce texte quelques jours après cette nouvelle vague de destructions, face à cette évidence qu’il faudra bien plus que des destructions pour faire disparaître la ZAD, nous dénonçons la répression policière démesurée qui continue de peser sur celles.eux qui côtoient et font vivre aujourd’hui avec force ce territoire.

Vous interpeller, c'est ouvrir un débat, comme tant d'autres qui se sont ouverts depuis ce territoire qui chamboule nos imaginaires, et c'est questionner le refus du gouvernement d’accorder la moindre reconnaissance à des alternatives concrètes.

Défendre nos manières d’habiter la ZAD

 

Posté par barbesse à 13:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

24 mai 2018

La guerre qui arrache des pieds et des mains

https://zad.nadir.org/

A Notre-Dame-des-Landes, l’acharnement répressif crée une nouvelle impasse : faudra-t-il un mort, une morte, pour en sortir ?

mercredi 23 mai 2018

Jeudi 17 mai, le gouvernement a repris ses opérations spectaculaires d’évacuation et de destruction de la zad de Notre Dame des Landes, après plusieurs jours d’une fausse « trêve » au cours de laquelle il a entretenu la tension en multipliant les provocations.

Après avoir détruit la ferme des Sans Nom courant avril, les gendarmes et policiers ont aujourd’hui rasé la Chat-teigne, un autre lieu emblématique de la zad, un symbole de son histoire : ce hameau a en effet été construit par plus de 40 000 personnes, venues marquer l’échec de l’opération César de 2012.

Le gouvernement ne cesse de vouloir distinguer les habitant.e.s “légitimes de la zad” de toutes celles et ceux qui n’auraient aucune légitimité à rester. Nous, organisations signataires de ce communiqué, soutenons la lutte de Notre Dame des Landes, contre le projet d’aéroport “et son monde” depuis de nombreuses années. Nous avons toujours défendu la zad comme un ensemble, comme un tout, dont on ne peut retrancher aucune partie.

Nous réaffirmons aujourd’hui notre soutien à tout.es les habitant.e.s de la zad et notre solidarité avec les projets et expériences qui se mènent sur place - qui, chacune prise isolément, et plus encore, toutes ensemble, nous apprennent et nous montrent la force et la vigueur de modes de vie alternatifs, sobres, orientés vers la préservation et la défense des communs.

Destruction de cabanes, de hameaux de lieux de vie collectifs ; destruction de l’énergie, de la créativité et de l’inventivité de toutes celles et ceux qui vivent sur place ou qui ont contribué à bâtir et habiter la zone ; mais aussi destruction d’un espace à la biodiversité aussi riche que fragile : routes et chemins envahis par les forces de « l’ordre », entravant les travaux agricoles en pleine saison, tandis que les engins et les armes chimiques utilisés à une échelle sans précédent détruisent le bocage et empoisonnent des terres d’élevage et de culture…

Toutes ces nuisances et ces destructions doivent cesser. Dans l’urgence, nous réclamons :

- L’arrêt immédiat de cette opération militaro-policière sans nom, brutale, irresponsable et coûteuse (plus de 5 millions d’euros ont été déjà dépensés) ;

- Le retrait des forces militaro-policières de la zad et de ses environs, condition nécessaire au rétablissement de la liberté de circulation ;

- L’arrêt des poursuites et la libération de toutes celles et ceux qui ont défendu ce territoire, ses habitants, leur écosystème, et qu’une justice partisane frappe avec une vigueur démesurée. Concrètement, nous appelons :

A converger sur place pour ceux et celles qui le peuvent

A participer aux rassemblements et actions qui pourront être organisés partout sur le territoire ces prochains jours.

— - Attac, Ensemble, 350.org, Sud Rail, Collectif national des syndicats CGT de VINCI, Solidaires, DAL

POUR MAXIME, MUTILÉ SUR LA ZAD LE 22 MAI 2018 - LETTRE DE ROBIN, MUTILÉ À BURE LE 15 AOÛT 2017.

mercredi 23 mai 2018

Mettre des mots sur l’horreur. Ne pas céder à la résignation. Au terrorisme d’État. Malgré le stylo qui tremble, écrire. Témoigner. Ne pas se laisser écraser par le concert d’opérations sémantiques, de propagande préventive et de censure qui cherche à nous couper de notre empathie et de la révolte qu’elle devrait spontanément engendrer.

Maxime vient de perdre sa main. Sa main droite. Pour toujours. Il rejoint bien plus gravement encore, l’enfer que j’ai vécu durant 9 mois. Le 15 août 2017, à Bure, l’explosion d’une grenade GLI-F4 tirée par les gendarmes mobiles creusait mon pied gauche sur un diamètre de 13cm et jusqu’à 3cm de profondeur arrachant peau, veines, nerfs, muscles et pulvérisant les os. C’était pendant une manifestation contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets radioactifs à 500m de profondeur. Il y a eu 30 blessés dont 4 graves.

Contrairement à ce que leur nom indique, les grenades GLI-F4 contiennent de la TNT et explosent ! Leurs déflagrations font 1m de diamètre et peuvent tuer si elles touchent une partie vitale. Les appellations de «  lacrymogènes » ou d’« assourdissantes » que la préfecture et les ministres leur donnent dans les médias servent à masquer la vérité à leur sujet : CE SONT DES ARMES DE GUERRE !

L’État utilise des armes de guerre pour terrasser le peuple. Dans le cas présent, les conséquences sont bien pires qu’un tir à balle réelle.

Déjà, à l’époque, j’avais alerté sur les dangers des grenades explosives en organisant une manifestation pour exiger leur interdiction mais les grandes chaînes ont cantonné l’information à la région Lorraine. La majorité des français ignore encore la vérité sur ce sujet. Il est tombé près de 4000 grenades explosives sur la ZAD depuis le début de son invasion par les gendarmes mobiles. Provoquant des centaines et des centaines de blessés notamment à cause des éclats de métal qu’elles projettent. Où est la violence ?

Maxime est actuellement à l’hôpital.

Outre les intenses douleurs et le fort traumatisme qui le suivront nuit et jour, il devra désormais supporter ce handicap inimaginable : vivre avec une seule main. Cette main, que l’explosion lui a arraché sur le coup, l’État lui a volé pour prix de son combat, pour prix de notre combat. Dans les dernières décennies, la militarisation du maintien de l’ordre a fait couler trop de sang.

Combien d’éborgnés ? Combien de mutilés ? Combien de vies déchirées par l’utilisation criminelle des flashballs et des grenades explosives ? La violence de l’État pour mater toute résistance est extrême. Elle cherche à nous terroriser, à nous acculer à la résignation. Face à cela, la solidarité est notre arme et jamais la peur ne doit nous arrêter.

Proches, moins proches et tous ceux qui croiseront la route de Maxime, prenez soin de lui ! Tenez bon ! Il y a mille et une manières de lui apporter ce qui lui permettra de vivre. Écoutez-le, cherchez, trouvez !

La vie continue, le combat pour elle aussi. Maxime tiens bon !

Au sujet des grenades ayant causé de graves amputations, extrait d'un article de  L. Peillon sur Libération:

" Est-il vrai que les grenades offensives GLI-F4 du type de celle qui a grièvement blessé un homme à Notre-Dame-des-Landes, le 22 mai, sont d'un usage déconseillé pour le maintien de l'ordre? En raison des nombreux dégâts qu'elles ont causé ces derniers mois? "

La grenade qui a grièvement blessé, ce mardi, un manifestant sur la zad de Notre-Dame-des-Landes, en lui arrachant la main tandis qu'il tentait de la ramasser, selon les forces de l'ordre, est une grenade de type GLI-F4 (grenade lacrymogène instantanée). Sa spécificité, selon le communiqué de presse du ministère de l'Intérieur, est de produire un triple effet: "lacrymogène, sonore et souffle". Outre l'effet lacrymogène (gaz CS pulvérulant) et sonore (165 décibels à 5 mètres), elle produit en effet une forte explosion. Et est régulièrement mise en cause pour sa dangerosité. Il y a un mois d'un an, en août 2017, elle avait encore grièvement blessé au pied un jeune manifestant à Bure (Lorraine). Dans la foulée, en septembre 2017, une pétition dans Libération demandait son interdiction, ainsi que celle de toutes les grenades explosives, rappelant que les les grenades offensives de type OF-F1 avaient proscrites après le décès de Rémi Fraisse, le 24 octobre 2014 à Sivens.

Plus gênant pour le ministère de l'Intérieur, la dangerosité de la GLI-F4 a été reconnue par les forces de l'ordre elles-mêmes, dans un rapport commun à l'IGPN (inspection générale de la police nationale) et de l'IGGN (inspection générale de la gendarmerie nationale), publié le 13 novembre 2014, soit quelques semaines après la mort de Rémi Fraisse. Ces grenades à effet de souffle, rappelait ainsi le document, "constituent le dernier stade avant de devoir employer les « armes à feu » telles que définies par le code de sécurité intérieure". Et d'expliquer, sans ambages, que ces "dispositifs à effet de souffle produit par une substance explosive ou déflagrante sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu, tandis que ceux à effet sonore intense peuvent provoquer des lésions irréversibles de l’ouïe (pour avoir un effet efficace, une intensité sonore de 160 db mesurée à un mètre est requise)". Avant de reconnaître que "quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue".

Dans un article d'août 2017, le journal de la gendarmerie, l'Essor, semblait, de son côté, peu confiant dans l'avenir de la GLI-F4, eu égard à sa dangerosité. Evoquant un appel d'offre, à l'époque, de plusieurs millions d'euros sur des grenades, l'auteur expliquait que cette commande, divisée en cinq lots, "ouvre la porte, pour les gendarmes mobiles, à l’équipement d’une nouvelle génération de grenades, appelées à remplacer petit à petit les grenades lacrymogènes instantanées, les GLI F4. [...] Concrètement, ces grenades lacrymogènes et assourdissantes ne contiendront plus d’explosif". Et l'Essor d'en déduire que "ce changement était envisagé depuis quelque temps. Dans un avis daté du 24 novembre 2016 sur le projet de loi de finances pour 2017, la commission de la défense du Sénat remarquait ainsi que des études «sont en cours sur l’évolution des grenades en dotation au sein des escadrons de gendarmerie mobile, en coordination avec la police nationale. L’objectif de ces études est le remplacement des grenades GLI F4 par des grenades assourdissantes lacrymogènes sans explosif». Rappelant que même si leurs conditions d'utilisation ont été encadrées (nécessité d'un binome), "les GLI restent en sursis. Des associations contestent son usage, estimant que le TNT contenu dans ces grenades est susceptible de tuer".

Une inquiétude confirmée par le Défenseur des droits: "Le renforcement du cadre d’utilisation de cette grenade doit être salué mais la dotation dans les opérations de maintien de l’ordre d’une arme présentant une telle dangerosité, eu égard à sa composition, reste problématique", estime un rapport de l'institution, publié en janvier 2017.

Autre signe, enfin, de leur dangerosité, la France est le dernier pays en Europe à utiliser les grenades explosives. «L'étude d'exemples pris dans les pays voisins a permis de confirmer la spécificité française, seule nation d'Europe à utiliser des munitions explosives en opération de maintien de l'ordre avec l'objectif de maintenir à distance les manifestants les plus violents», explique le rapport commun de l'IGPN et de l'IGGN.

 

 

Posté par barbesse à 08:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

17 mai 2018

Habiter la ZAD, ouvrir d'autres mondes

non aux explusions

Une nouvelle vague d'expulsion a démarré ce matin à NDDL! 

Encore des pluies de grenades et encore des blessés!

tas de grenades à NDDL 2018

On peut suivre les opérations

Quelle que soit l’ampleur des destructions, le combat pour le droit d’habiter autrement continuera!

barricade et roulotte à NDDL

petite yourte yurtao

C’est pourquoi les habitants de la ZAD organisent un week-end de rencontres les 26 et 27 mai 2018 pour défendre ce qui se vit ici. Nous vous invitons donc largement à venir réfléchir et activer ensemble la défense des manières d’habiter hors-norme, à Notre Dame des Landes et ailleurs.

Voir le programme ici

habiter la zad ouvrir d'autres mondes

 

 

Posté par barbesse à 08:37 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

10 avril 2018

Expulsions illégales et déferlement militaire sur la ZAD

Voies de fait et expulsions illégales en cours à Notre Dame des Landes.

https://reporterre.net/La-Zad-et-la-guerre-civile-mondiale

Consultez le site Reporterre pour une information libre et indépendante.

 Et ICI, l'album photo sur la ZAD que j'ai publié il y a quelques années, à voir ou revoir.

 

stop violence

heurts-entre-forces-de-l-ordre-et-zadistes-a-notre-dame-des-landes-le-9-avril-2

Défendons d'autres manières d'habiter!

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/060418/comme-la-zad-de-notre-dame-des-landes-defendons-dautres-manieres-d-habiter

La ZAD, c'est aussi l'aventure de ses constructions. Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ;

c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d'une friche, ou d'un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou nomades, camions, caravanes, yourtes qui complètent ce paysage habité.

Hors-norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. Elles sont aussi le résultat d’une inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative, favorisée par la stimulation collective de la ZAD, poussant les gens, habitués ou débutants, à se réapproprier l’acte de construire. La multiplicité des formes construites montre des possibilités d’habiter et de bâtir hors des logiques foncières et immobilières basées essentiellement sur la spéculation qui laissent peu de latitude aux habitants et aux architectes pour proposer des solutions alternatives.

La pétition

 

Posté par barbesse à 10:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :