YURTAO, la voie de la yourte.

17 janvier 2017

Ici débranche total 1

1 neige canto 2017

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2 ici débranche total

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3 tipi bleu tout blanc

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4 forêt enchantée

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5 fanions dans les bois yurtao

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6 yourte sauvage dans les bois

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7 camélias en fleurs sous la neige

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8 bourrasque de neige

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16 janvier 2017

Igloo

Mon wigwam  va-t'il devenir

igloo yurtao 2

un igloo ? !

igloo yurtao 3

 

 

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29 décembre 2016

Voyage visionnaire 2

conception 

Revigorée dans la glaise, je reviens à la surface et me retrouve sur un plateau rocheux, entourée d’une lande broussailleuse. Je suis maintenant incarnée en vautour, un grand oiseau noir planté hiératique et vigilant sur une aire sauvage, au milieu d’une tribu de vautours en train de curer une dépouille.

vision animique

La collerette blanche sur ma robe noire me fait ressembler à un avocat, mais je n’ai aucune cause à plaider, tout est déjà jugé : les condamnés à mort sont dépecés jusqu’à la moelle, d’où surgira l’autre vie, celle que je féconde en permanence dans l’utérus alchimique.

oiseaux alchimiques

J’ai une conscience tranchante de mon rôle de nettoyeuse, vital dans l’écosystème. Appuyée sur mes serres griffues enfoncées dans le charnier, je finis de déchiqueter avec mon gros bec crochu un squelette dont les os blancs brillent dans la lueur de la pleine lune. L’aurore arrive et c’est fini, la charogne est absorbée, je suis repue. Grâce à moi et mes congénères, les cadavres sont décomposés sans générer de pestilence, les chairs pourrissantes devenues festin n’empoisonnent plus l’atmosphère, je suis une accélératrice digestive, avec moi plus de scories, je brûle en mon feu intérieur toute la douleur des macérations charnelles.

l'oeuvre du vautour

J’assume ainsi une haute fonction sanitaire et initiatique, la transmutation de la pourriture en or philosophal. Quand la carcasse dépiautée luit au soleil, que je ressens la satisfaction d’un récurage accompli, que l’air lui-même semble purifié, que la colonie de vautours se disperse, la vision se nébulise et se transforme.

Cette fois, je vois un ibis rouge, un grand oiseau aux plumes lisses d’un incarnat lustré, debout sur ses pattes longues et frêles posées dans l’eau. Son long bec courbe s’enroulant vers la vase invite à remballer ses prétentions tout en révélant une grande finesse d’esprit. Ce bec participe à la stylisation symbolique de l’oiseau, renforçant la courbe altière, si gracieuse de son long cou, une sorte de S majuscule pourpre calligraphié comme un caractère chinois, un cou magnifique conjuguant souplesse et noblesse de port. Je ressens un profond sentiment de dignité. Une respectabilité nimbée d’intouchabilité. Pas comme un honneur personnel, mais comme la conviction inébranlable de ma valeur. Une valeur qui me dépasse, parce que c’est la valeur de la vie, l’essence même de la vérité. Un cadeau incommensurable qui luit dans les plumes de l’ibis comme le cinabre dans l’antre du monde. On ne peut s’en prendre à cet oiseau, il habite entre deux mondes, le réel et le mythique, l’eau et le feu, qui le fait échapper aux chasseurs et à toute vulgarité. Dans l’Eden soufré de l’ibis, se déroulent en secret les rites qui président aux résurgences cycliques. Son apparente fragilité le couronne d’une tiare de sagesse, comme si l’ibis avait tout compris, capable de survivre à toute contingence, qu’il contenait en lui le savoir ultime des métamorphoses organiques et les arcanes de la résurrection permanente.

A coté de lui se tient un pélican blanc. Ma première réaction à cette présence incongrue est une certaine déception, car cet oiseau n’a rien de poétique, encore moins de fascinant. Balourd, courtaud sur ses grosses pattes palmées, le cou gras et puissant, les ailes lourdes, un bec démesuré, à coté du vautour efficace et inquiétant, de l’ibis fuselé et élégant, il dénote et ça me gène. Embarrassée de l’apparente trivialité de cet oiseau trop rustaud, je me résous néanmoins à l’incorporer à mon triptyque animalier. Son blanc vient compléter le rouge et le noir. Et je découvre l’implacable raison de cette image, son étonnante subtilité : comment mieux incarner le renouveau que cette incarnation innocente du pragmatisme et de l’abnégation ! En le regardant mieux, au-delà de sa corpulence de dindon, je suis saisie par la fonction évidente du pélican, avec son bec jaune rempli de nourriture pré-machée, et son cou mastoc comme un frigidaire américain.

pélican

Cet oiseau pécheur, qui tire des grandes eaux la nourriture de sa progéniture, toujours prêt à donner à manger aux quémandeurs, est le versant ascendant du vautour, la face diurne du processus alchimique,

conjonction

celui qui, sur l’os astiqué, en-salive les cellules, retisse les chairs, raccorde muscles et tendons, rabiboche viscères, cœur, foie et poumons, recoud nerfs et peaux, repique poils et cheveux. Le pélican transfuse sa propre chair pour assurer la vie de ses enfants, le pélican, comme le Christ, s’offre en sacrifice pour sauver les humains.

A ce moment là, je retrouve l’aigle, posé sur l’arbre au-dessus de moi, et nous sommes à nouveau deux, lui aigle, moi humaine. Mais maintenant que je suis allée au-dedans de lui, il peut m’approcher en vrai, il sait que j’ai compris, que l’esprit m’a visité et que je n’oublierais plus comment s’assemble le monde dans la souche de l’arbre de vie. Il est là, sur sa branche, et je comprends maintenant que c’est lui qui m’apprivoise. Je suis si décapée que je peux saisir l’ampleur de l’orgueil de ma race qui se croie au-dessus de tout, je peux voir l’abomination de la vanité. L’aigle est comme un vigile protégeant ma vision : il suffit que je sois en relation avec lui pour que tout s’aligne et devienne juste.

yeux d'aigle

C’est très exigeant, car c’est un privilège farouche que de vivre à l’écart des hommes.

Alors mes oiseaux réapparaissent en trio inséparable.

L’aigle, l’ibis et le pélican.

Trois longs cous, trois couleurs du Grand œuvre, noir, rouge, blanc.

Les trois unis m’offrent un nid où trône un gros œuf d’un blanc opalescent, laissant transparaître un liquide doré à l’intérieur. C’est l’or liquide de la vie.

Dans cet or vibre la pulsation cardiaque éternelle qui a son début à l’origine du monde et ne s’éteindra qu’à sa fin. J’entends battre le cœur de l’œuf, c’est le battement du cœur de la vie.

Maintenant, l’œuf s’ouvre par le milieu, le long d’une fine ligne horizontale, et je vois s’échapper les esprits de la vie sous forme d’une fumée éthérée et blanchâtre,

coupe pleine

d’essence féminisme.

esprits de la terre

Ce sont les esprits de la nature.

Je vois ces esprits monter de l’œuf en volutes et s’éparpiller aux quatre coins de la terre.

L’éther laiteux se particularise en multitude d’esprits

qui vont se poser invisibles et en apesanteur sur chaque être vivant,

esprits de la nature

plantes, arbres, animaux, et même sur les pierres et même sur les flocons de neige,

les fontaines, les grottes, les glaciers, partout et en tous lieux, sans oublier personne.

arbre de vie

Ils vont aussi se poser sur la yourte,

sur le toit de ma cabane de toile dans la forêt,

yourte en nature

d’où s’élève alors, par la couronne centrale, un vortex puissant,

une nuée magique montant vers le ciel.

vortex sur yourte

Le toono de la yourte est devenu une cheminée,

un lieu de passage énergétique entre ciel et terre.

A ce moment, je décide d’arrêter la vision.

Alors le vortex s’immobilise, bouillonne en spirale au-dessus de la yourte

et s’engouffre en sens inverse dans le toono, réintégrant l’intérieur de la tente.

Si je devais résumer le cadeau de cette vision en deux mots, alors ça serait :

dignité et incandescence.

 

 

 

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18 décembre 2016

Voyage visionnaire 1

vision intérieure archétypes

Dans un désert d’humains, un aigle plane au-dessus de gorges profondes où coule une eau turquoise, limpide et transparente. Dans un espace clair comme du cristal, à cent lieux du bas, je suis l’aigle, dedans, dans son âme, je suis l’âme de l’oiseau. Je plane avec mes plumes dépliées en éventail, qui fendent sans bruit le bleu du ciel.

Dessous, le lieu sauvage que je survole, les parois rocheuses, les éboulis qui dégringolent au fond, les arbres accrochés aux rocailles, les broussailles des berges, le cours tranquille de l’eau, me diffuse une sensation aiguë de liberté. Il n’y a personne que les autres bêtes, furtives et silencieuses, et je ressens une fierté farouche d’avoir dénicher un territoire vierge où construire mon nid en flanc de falaise.

nid d'aigle

Sur la vallée se déploie ma vision panoramique, je plane en larges cercles paisibles au-dessus de la rivière, portée par la puissante envergure de mes rémiges. Je flotte, je surfe sur les courants éthérés, emprunte flux ascendants et descendants avec un instinct si sûr que je peux m’abandonner à la griserie d’un vol totalement délié.

grand aigle survolant l'aire sauvage

Couchée sur la masse d’air, les fluides invisibles dansant sous mon ventre, je vogue imprégnée de la conscience acérée de ma forme aérodynamique : debout comme humaine, le corps s’affronte en permanence, sauf la nuit où lâche la volonté, et cet effort pour tenir droit loin du sol en bravant les forces extérieures contamine tous les comportements des bipèdes, sans cesse dans la lutte. Je ne saurais juger si l’évolution d’avoir des mains et un sexe devant, toujours à s’ériger, qui a conduit à la domination d’une seule espèce au détriment de la diversité et des ressources, est une avancée positive, tant les dégâts de la préhension verticale sont désormais apparents.

Ce qui m’apparaît en temps qu’oiseau, c’est l’absence de pugnacité brutale contre l’environnement général, une aversion congénitale aux humains qui me devient totalement étrangère, parce que je suis alignée sur les forces telluriques, en résistant au minimum à la pesanteur. Il n’y a plus de hiérarchie, il y a seulement devant et derrière, dessous et dessus, et aucune perte de reliefs. Devant, mes sens percent l’espace, derrière, je balise les frontières de mes besoins vitaux. Dessous s’étalent les repères géographiques, dessus me guident les étoiles. Malgré l’absence de mains, qui a sans doute réduit la nécessité d’augmenter mon cerveau et de me perdre dans un mental tortueux, cette économie énergétique m’apparaît incroyablement efficace et intelligente.

De mes yeux perçants, aucune présence fugitive sur terre ne m’échappe.

A l’aurore, j’aperçois une famille de blaireaux en bas de la falaise, longeant la paroi pour regagner leur terrier, les petits s’attrapant le derrière.

blaireautins en balade

Au moment où ils s’enfilent dans leur trou, tout à coup, je plonge avec eux et, sans aucune transition entre les airs et les entrailles de la terre, je me retrouve dans la blaireautière lovée dans les pattes de la maman blaireau. Bien que la chute physique se mesure en dizaine de mètres, je ne ressens aucun vertige, aucune rupture, je ne suis ni déboussolée ni traumatisée, comme si l’aigle et le blaireau appartenaient au même esprit.

Je suis dans quelque chose qui ne disloque pas la vie en morceaux séparés, en entités en quête d’identité et de querelles, je suis dans un esprit sans dissociation qui tient les êtres ensemble dans ses bras immenses et je me sens en totale sécurité.

femme amie des bêtes

Il fait sombre, nous sommes dans une cavité creusée dans la terre, c’est propre et doux, protégé, hors d’atteinte du monde hostile.

Tapie dans la fraîche moiteur souterraine, je respire profondément, comme si tout ce qui constitue la moelle et le cartilage de mes os, la texture de ma chair, se régénérait, perfusée dans la conscience globale que des vers de terre aux oiseaux, le même œil et la même substance englobent tous les êtres. C’est l’œil de Dieu, c’est la substance de notre mère la terre, qui ont créé la matière de cette planète en exhalant leur souffle. Je suis dans ce souffle. Et toutes les créatures qui m’entourent sont dans ce souffle. On respire ensemble comme si on tétait les mêmes mamelles et ce n’est pas que de l’air ou du lait, c’est une forme d’amour, une forme de clairvoyance aussi, parce que ça descend profondément dans les tripes labourer les encrassements des peurs ataviques, ça remplit sans qu’on se sente jamais étriqué, ça repousse les limites en inversant la vision, on ne voit plus dehors en premier mais d’abord dedans, et par ce dedans rythmé de larges ondes calmes, on découvre ses liens de parenté universelle. Alors il ne reste qu’évidence de l’union.

Dans les bras du blaireau, dont j’admire dans ses galeries bien entretenues l’organisation domestique, avec ses chambres excavées dont chacune a sa fonction, ses sorties de secours et ses remises, il n’y a plus ni proie ni prédateur, parce que je suis les deux, aigle et blaireau, je suis même trois et bien plus, je suis corbeau et genette, salamandre et poisson, dans la ronde souple d’un emboîtement de nécessités. Dans cette humilité, dans cette acuité, se forge ma place dans la chaîne d’argent suspendue au cou du vide, un vide qui respire, d’où pulse l’énergie de vie.

sa place dans le monde

Et je sens que cette place bouleverse tout ce qui m’a été assigné.

21 ma carte

 

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09 décembre 2016

Pour elle

Là où elle repose, ils l''auraient saccagé ou emporté,

ce bouquet que j'ai composé pour elle

avec des fleurs reconstituées sur fil de fer,

DSCN2655

alors je l'ai mis là, ce bouquet pour une morte trop précoce,,

là sur mon land  au milieu des collines,

des fleurs composées pour elle

là où je le vois au milieu des arbres déssapés,

tout près de la yourte,

fleurs plantées evant la yourte

 dans le dépouillement de cette fin d'automne lumineuse

où le soleil réchauffe mes toiles.

la tente se réchauffe au soleil

Elle est ma petite étoile que j'honore sans cesse dans la beauté,

comme dans les mandalas que je tisse dehors sous le firmament,

avant de rentrer méditer sur mon zafu,

étoile dans mon firmament

Les tâches de couleurs vives et vaporeuses à coté de mon rosier nu

bouquet reconstitué

ont attiré un joli petit bourdon au corps velouté.

Il n'a rien pu butiner et ça l''a mis de mauvaise humeur,

il est reparti en me bousculant.

  Je me suis excusée à plate couture de l'avoir déçu...

 

 

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04 décembre 2016

Ya pas que les villes.

Zones rurales abandonnées, populations reléguées, yen a marre.

Alors les Objecteurs de Croissance d'Occitanie se réunissent pour créer un réseau régional de Décroissant(e)s :

Afin de reprendre la maîtrise de nos territoires et de nos usages, il s'agit de:

Réfléchir sur les enjeux et conséquences des réformes territoriales successives qui nous éloignent de plus en plus des lieux de décisions, qui déstructurent nos territoires et nos communautés.

De trouver des formes d’organisation plus favorables (coopératives, municipalisme, confédéralisme démocratique...)

De fédérer des actions et expérimentations de terrain,

cabane sur souche

Ca se passe à Besseges, dans le Nord du Gard,

du 9 au 11 Décembre 2016. 

L’aménagement des territoires c’est la mobilité (disparition des transports de proximité),

on ne se déplace plus, terminé

c’est l’agriculture (éloignement de nos approvisionnements),

c’est le logement,

foyer de paix

et l‘urbanisation (désertification des campagnes, disparition des services et gentrification des centres villes), c’est la gestion des ressources énergétiques (extractivisme, concentration , nucléarisation ...).
L’aménagement du territoire pose la question de l’échelle de notre organisation sociale ; il faut repenser la démocratie directe locale, la coopération inter et intra régions et abandonner clientélisme et délégation.
Le modèle industriel productiviste « aménage » nos lieux de vie,

productions en série par capitalisme

nous devons y résister et inventer des alternatives individuelles et collectives.

rural

Accueil dès le Vendredi 9 au soir (repas possible)

20h30- projection du film :

" Les sentiers de l'Utopie" d'Isabelle Frémeaux et John Jordan - 2012

Samedi 10h:  accueil , puis présentation des 2 jours, pourquoi organiser la visibilité politique de la Décroissance

 14h  : en finir avec la Métropolisation , comment ré-habiter la ville et la ruralité, perspectives d'actions, avec  la présence de Guillaume Faburel, professeur d'Urbanisme, auteur de "la Fin des Villes", Wilhem Sunt, porte parole Halem (habitat hors-normes), Jean Luc Daneyrolles , du potager d'un curieux , acteur contre la gentrification de l'espace rural méditerranéen.

 Samedi 20h30  - "Detroit, ville Sauvage" - Un film de Florent Tillon -  2010 

Dimanche 9h : réflexion et échange d'expérience, alternatives  et actions de terrain  pour construire un projet politique décroissant , avec la présence de François Schneider, fondateur de Can Decreix, en Catalogne, Marie-Hélène Dupy, la maison commune de Florac, Claude Le Guerrannic  du Tarn, acteur d'un projet de réseau des lieux alternatifs, Sylvie Barbe de "Yurtao, la voie de la Yourte",Vincent Jannot du Réseau Relier, Pierrre Buchberger, de SOS forêt, formateur en agro écologie

 Dimanche 14 h : suite de la reflexion et pistes d'actions collectives puis mise en place d'un réseau régional des "Décroissant-e-s "

pour vous inscrire et renseignements pratiques:

http://www.objecteursdecroissance-lr.fr/Rencontres-Regionales-2016-de-l-Objection-de-Croissance-Du-9-au-11-decembre-a

le plus beau jour

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18 novembre 2016

Cercles de tissage

Après le succès du premier atelier d'Ojos de Dios au Cantoyourte,

réalisations collectives atelier ojos de dios novembre 2016

des "Cercles de tissage" entre femmes

sont proposés chaque premier Dimanche du mois

à partir de Janvier 2017.

Prochain cercle le 8 Janvier 2017 .

Ces Cercles sont fondés sur la transmission gratuite d'un talent populaire partagé.

Ils permettent de renouer des liens authentiques

avec les autres, avec soi, et avec la nature.

Ces Cercles sont donc gratuits.

Les participantes contribuent à l’atelier en apportant quatre ou cinq pelotes de laine colorée, qui s’ajoutent à celles déjà fournies par l’association.

DSCN2403

On peut récupérer de la laine autour de soi ou dans les friperies. Il faut se munir d’un petit ciseau de couture pour couper les fils et d’une aiguille à coudre avec un gros chas, style aiguille à broderie.

Les baguettes de fougères qui structurent le tissage sont collectées en forêt et fournies gratuitement.

Chacune repart avec sa création.

DSCN2240

En fonction de l’ensoleillement, l’atelier se tient dehors en pleine nature, sinon dans la yourte.

Le camp de yourtes étant en zone électrosensible, les téléphones portables et autres ondes toxiques ne sont pas admis.

Déconnectons-nous pour mieux nous brancher

entre nous et avec les éléments naturels !

A midi, nous partageons denrées et boissons des pique-niques préparés par chacune.

Pour celles qui viennent de loin, il est possible d’être hébergées la veille et/ou le soir du Dimanche.

Pour s'inscrire et obtenir plus d'infos avec le programme,

envoyez vos coordonnées en cliquant sur "contacter l'auteur" à gauche tout en haut du blog.

 

panier d'ojos de dios avec laines

 

 Ojos de Dios made in YURTAO

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09 novembre 2016

Insaisissable trésor

De la beauté contre la haine.

arbre couché enturbanné

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soleil de feuilles humides 1

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grenadier doré

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lever de soleil sur wigwam

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lierre grimpant sur tronc d'acacia

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même si elle est froide j'y vais

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cercles dans feuilles

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phytolacas sur cloture textile

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oeil d'automne land art sur menhir couché

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raisin clinton en treille

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tipi de fougères derrière bruyère moussue

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parebrise enfeuillé

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chemin du coeur

 

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21 octobre 2016

Mandalas tissés, un art populaire sacré.


« Yeux de Dieu. »

«  Ojos de Dios » 

les mandalas tissés

made in Yurtao.

oeil de dieu matin d'été dans la yourte 3

Atelier d'artisanat d'art

le 6 Novembre 2016 au Cantoyourte.

Les premiers mandalas tissés sur baguettes de bois, originaires du Mexique, ont été nommés « Yeux de Dieu », « Ojos de Dios », par les Indiens Huichols, originaires des civilisations précolombiennes, qui les fabriquaient pour leurs bébés afin de les placer sous protection divine. Ils pourvoyaient leurs enfants de doudous spirituels. Dés l’âge de six ans, les petits héritaient de cette coutume en créant leur propre « Ojo de Dios » qu’ils offraient aux Dieux.

ojos de dios chant de tourterelle

Au fil du temps, « L’Oeil de Dieu » est devenu le symbole ouranien de tout ce que l’œil humain ne peut connaître, qui lui est inaccessible. Un symbole de clairvoyance. Ce que Dieu seul, en tant qu’auteur de la création, peut discerner, qui apparaît aux humains sous forme de mystères petits et grands au sein de l’empire mystico-magique de l’inconnaissable, s’est canalisé dans cet œil omniscient rayonnant les mondes visibles et invisibles.

 

ojos de dios petite étoile dans la nuit yurtao

 

En regardant un mandala, on a vraiment l’impression d’être soi-même regardé par un immense œil cosmique, un œil infini, insaisissable, qui absorberait tous nos miasmes en nous pacifiant en profondeur. C’est pourquoi la tradition nous transmet que ces mandalas mobiles possèdent le pouvoir de révéler les problèmes et guérir des maladies, d’apporter chance et bonheur, non seulement à celles et ceux qui en fabriquent, en dessinent ou en peignent, mais aussi à toutes celles et ceux qui en accrochent dans leur lieu de vie et leur environnement, élargissant sa protection au foyer, à la maison et au territoire.

C’est ainsi que le mandala tissé, médiateur entre esprit et matière, est devenu un objet sacré,

et sa fabrication, un rituel de bénédiction.

 

oeil de dieu charme de framboise

C’est ce rituel que je propose maintenant de tisser ensemble lors d’ateliers sous la yourte, qui est elle-même un grand mandala en volume, avec quelques baguettes de bois et des pelotes de laine multicolores.

La technique est relativement simple : on enroule des liens sur une ossature géométrique de base, une croix de bois constituée de deux baguettes se croisant à la perpendiculaire. Quand le geste de base se fluidifie, on peut augmenter le nombre de branches en superposant les croix. La structure du mandala peut ainsi se déployer en étoile sur 4, 8, 12 ou 16 rayons. Le mouvement de tissage fondamental conjugue l’alternance de passer le fil par dessus ou par dessous la baguette, avec différents intervalles entre les bouts de bois constituant les branches du mandala. Ce geste d’enroulement fait varier les figures s’épanouissant autour du moyeu de la roue. Le tissage vient alors donner chair, par une gamme sans cesse renouvelée de couleurs, à l’ossature archétype. Le choix des laines ouvre une grande variété de formes et de rythmes, qui multiplie à l’infini la diversité des mandalas.

Chaque création est unique, originale.

 

ojos de dios soleil de femmes

 

On peut démarrer sans plan préconçu et choisir sa texture de fil et sa couleur au fur et à mesure, succéder les figures à l’intuition. On peut aussi suivre une direction, une sorte de plan intérieur, tenter de nouvelles variations de fréquences,

ou chercher seulement l’équilibre.oeil de dieu matin d'été dans la yourte 2

En inventant, on affine sa technique, et en maîtrisant la technique, on élargit ses possibilités créatives.

En même temps, on plonge dans un état de concentration très apaisant. Quand on enroule ses fils autour des baguettes, tout ce qui dans la tête s’agitait et s’entortillait dans les méandres du mental se canalise dans ce geste simple, cadencé, délicat. Il faut trouver, comme dans la méditation, le juste milieu. Si le fil est trop mou, la figure dévie et perd sa symétrie, pendouille par endroit et les couleurs s’embrouillent ; si le fil est trop tendu, les baguettes se tordent et peuvent casser, ruinant le travail.

Assez rapidement maîtrisé, cet artisanat permet donc d’atteindre un état méditatif très agréable, une grande tranquillité intérieure. L’esprit, irrésistiblement focalisé sur le centre de la figure, se vide de toutes pensées, s’éclaircit, se purifie, comme une eau où toutes les impuretés tomberaient au fond. L’agitation, la dispersion, la distraction cessent et tout rentre en ordre, comme si les parties éparpillées de soi-même se rapatriaient. Les sédiments psychiques se déposent sur les rives de l’âme et, de cet humus fertile, fleurit un jardin de joie et de beauté. Nous cultivons ce jardin en reproduisant l’esthétique géométrique des fleurs, des minéraux, des cristaux, des étoiles, des structures intimes de la matière, et nous fêtons ainsi la grande harmonie du jardin universel.

ojos de dios charme de framboise

Comme on se trouve en même temps concentré et détendu, calé sur le moment présent, la pratique du tissage en atelier collectif permet une ambiance calme et chaleureuse. La satisfaction de réaliser une œuvre, si modeste soit-elle, se double d’une véritable rencontre avec soi-même, qui on est vraiment, au-delà de son petit ego. Nos soucis cèdent la place aux puissants condensateurs d’énergie qui nourrissent tous les éléments de l’être et de la nature : le feu, l’eau, l’air, la terre, et l’éther, unifiés dans le mandala.

Afin de partager cette belle vibration et se brancher ensemble à la Création,

je propose un premier

atelier « Ojos de Dios » sous la yourte

entre femmes

le Dimanche 6 Novembre 2016.

Ojos de Dios 5 c

Pour commencer, nous travaillerons sur des tiges de fougères qui seront fournies.

oeil de dieu de lilou  oeil de dieu ça tourne pour yurtaoOjos de Dios 4Ojos de Dios 10

Les places sont limitées,

merci de s’inscrire en envoyant vos coordonnées pour recevoir les infos utiles.

Cliquez en bas de la colonne de gauche du blog pour transmettre votre demande.

oeil de dieu matin d'été dans la yourte avec laines

Comme la magie de pacification intrinsèque au mandala agit aussi quand on le contemple,

pour celles et ceux qui ne peuvent en fabriquer,

qui voudraient en acquérir ou en offrir,

oeil de dieu coeur sylvestre

il est possible de se procurer des « Yeux de Dieu » made in Yurtao

sur Bohémian Dreams là :

https://www.alittlemarket.com/boutique/bohemian_dreams-438.html

 ou en me contactant directement en cliquant sur "contacter l'auteur" en haut à gauche du blog.

cercle de laines

 

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13 octobre 2016

La petite couseuse de yourte

la couseuse de jolies petites yourtes

Collage "made in YURTAO", avec les reproductions d'oeuvres de

Vangel Naumovski, Nicolas Maes, Stratos et Sylvie Barbe.

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06 octobre 2016

Châtaigne éclatée

odd chataigne éclatée 1Alors qu'arrive le temps des châtaignes,

j’ai tissé un œil de Dieu avec des laines de la couleur de l’automne.

odd chataigne éclatée 2

J’ai enroulé les fils autour de quatre baguettes de châtaigner entrecroisées

avec cet esprit de méditation qu'offre l''élaboration d'un mandala.

odd chataigne éclatée 3

Cette fois,  j’ai voulu essayer de mieux emboîter les rayons de bois

en creusant une dépression centrale au couteau et à la lime.

Lorsque je suis arrivée vers la fin du mandala,

j’ai un peu trop tendu mes bouts de laine

et mes branchettes ont éclaté par le centre, affaibli par l’entaille.

Le mandala s'est recroquevillé et j'ai su que les châtaignes étaient mûres!

odd chataigne éclatée 4

C’est arrivé exactement au moment où je donnais son nom à mon œuvre :

« Châtaigne éclatée ».

Pour que le canevas ne se délite pas,

je l’ai tout de suite attaché sur le tronc de mon plus vieux pin.

odd chataigne éclatée 5

Comme une offrande à cet arbre superbe

qui lance tant d’eau vers le ciel.

Bel automne!

 

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17 septembre 2016

Femmes en nature

cercle de mainsTemps de bivouac estival magnifique

dormir dehors sous la moustiquaire

qui a rassemblé cet été quelques femmes dans la forêt et au bord d’une rivière,

natureELLES mains

sans téléphone portable, sans wifi, sans eau, sans électricité,

sans miroirs, sans montres, sans tabac, sans alcools, sans drogues,

loin des pollutions, du bruit et de l'agitation,

avec plein d’amour et de tendre sororité partagée,

femmes tendresse

un Temps hors de l'inextricable...

Un Temps extraordinaire car si proche justement de l'ordinaire,

du réel, du sensible et de notre mère la terre,

un Temps plein de vénération et de créativité.

Sous les étoiles d'Aout se sont éparpillées des petites tentes

camping sauvage  tente rouge dans forêt

 

tente au petit matin  tente sur les restanques

tente bancale pour bivouac  tente sous les pins

tente dans wigwam  wigwam d'été

sur un land à flanc de colline où flottent les couleurs du grand Souffle de la vie. 

Là on peut trouver des gardiennes de la Terre, gardiennes de l’eau,

puiser à la source

du feu, des bestioles, du temps, des déchets, de la conservation, de la propreté,

du sacré,

autel des femmes

des tentes, de la pluie, des plantes, du bois...

Nous sommes arrivées à fonctionner presque sans argent, avec seulement 8 euros par jour et par personne pour une nourriture entièrement biologique et locale, goûteuse et délicieuse, avec l’essentiel nutritif et abondance dans les bols.

vaisselle joyeuse

 Pour les animations, le partage des talents, poésie, chant, musique, soins, pratiques domestiques et culinaires, jeux, bricolages, yogas, artisanat etc... permet la gratuité,

dans la douceur du sous-bois

aux antipodes de ces stages spécialisés où s’exerce la marchandisation outrancière des compétences et où se perpétue la division hiérarchique entre caste des experts et masse des consommateurs, tous soumis à la dictature financière.


Retours:

*S:

Ce qui est enthousiasmant, c’est, au fil de ces rencontres en grande simplicité, au-delà du bien-être dégagé par la chaleur qui nous unit, d’assister à la réalisation spontanée, sur d’humbles arpents de terre dévoués à la protection du Vivant, de la vision intérieure, quasi monacale, d’une voie partagée, comme si la synergie de ces belles femmes donnait corps et chair à l’utopie d’un amour fraternel, maternel, filial et amical, tant nécessaire devant la réalité si inquiétante d’un monde hors sol et d’une nature confisquée, martyrisée.

 Je suis frappée de constater la demande croissante de certaines femmes pour se délester du superficiel

sur la rive

et entamer un chemin vers l’essentiel.

fils de laine avec fleurs

Pas seulement des femmes mûres, mais tout autant de jeunes femmes.

Pas seulement des rurales, mais aussi des citadines.

Car se délester des objets, se départir du profit, c’est revenir à soi.

Revenir à soi, c’est contacter l’authenticité de la relation aux autres.

J’entends encore l’une d’entre nous s’exclamer :

« Je m’en fiche de la position et de l’activité de chacune dans le social ... »

tellement ce qui était vécu ici était riche et dense.

Ce qui nous a mené à prendre la décision d’ignorer le statut social des présentes.

Car le véritable lien se tisse en présence, dans la nudité de l’âme.

enlacement

L’authenticité émerge quand on se désaliène des comportements sociaux grégaires engendrés par la compétition et l’adaptation accélérée à de plus en plus de béquilles technologiques. Comme si l’humanité tournait telle une toupie dont le seul destin est de s’écraser dés que le mouvement ralentit. Quand on prend conscience de cet emballement autrement que par le « burn out », alors peuvent s’engager, à tout âge de la vie, tout au long du parcours existentiel, des remises en question profondes qui, d’expériences en pratiques, contestent aux objets, aux machines, à la croissance perpétuelle et aux excès, le pouvoir démoniaque qu’ils ont pris sur nos vies.

Plus de moins libère. C’est ce que nous expérimentons modestement ici, dans la bienveillance et la gratitude, en posant des limites à une liberté dévoyée par l’absence de tempérance et de bon sens. Nous découvrons alors que la création du manque dans une société saturée, provoque, par recherche d’une juste mesure, une réhabilitation de l’humain. Cette réhabilitation se base sur la pacification de nos rapports avec la nature, qui entraîne le grand désarmement. La paix est possible quand on décide enfin de remercier toutes ces petites choses sans prétention qui rendent belle la vie.

 liberté de femms

Nous rêvons d’un monde dont le véritable progrès s’établirait sur la digestion des expériences humaines passées, où l’espèce humaine saurait s’asseoir quelques minutes en silence sur le grand canapé écorché, tatoué de taches de sang, de notre maison planétaire, sans plus rien massacrer, et choisirait consciemment de ne plus exercer de domination totalitaire sur tout ce qui vit. Elle imaginerait alors que le plus important n’est pas de s’accaparer le plus possible de biens par tous les moyens mais de s’intégrer harmonieusement, à la façon de la permaculture, dans l’ensemble de la création.

Voilà ce que nous créons en nous privant de gadgets, en refusant les sollicitations multiples et en déjouant l’illusion productiviste, nous créons la possibilité de choisir une autre voie qu’un transhumanisme délirant et la guerre perpétuelle de tous contre tous, nous créons, par un retour aux sources, la fin de la honte, une manière plus juste d’exister, qui pourrait faire advenir de véritables êtres humains.

joie

* J:

Quelques mots sur mon expérience de femme "sauvage":

nature, soleil, chaleur, vent dans les arbres, nuit étoilée, pierres, yourtes, tissus colorés volant dans le vent, mandalas, moustiques et spirales anti-moustiques, côtes à grimper et à descendre, repas savoureux, eau à économiser, tambour, partages, authenticité, amitié, rivière, corps nus libres et vivants, créativité,

petit mandala sur parquet

rires, pleurs, toutes unies dans ce lieu sacré.

Gratitude à toutes et n'oublions pas l'essentiel !..

*E: 💞

Après quelques jours de retour dans la capitale, au milieu de ce quartier pluri-ethnique de la Goutte d'Or, entre logements sociaux, migrants et classe moyenne dézinguée... je commence à mesurer la présence de la femme sauvage grandissante en moi.

pas encore sauvage

Le pas plus affirmé, déterminé et ancré sur le bitume de Paname... regard droit, tête haute, épaules découvertes... je me sens plus sûre, légitime, responsable et dynamique en arpentant les rues de la ville, pourtant hostile parfois, dont je crains moins les agressions et autres tensions polluantes.

La femme sauvage s'éveille en moi au contact de cette vie urbaine, malgré le besoin d'en fuir les nuisances de tout acabit.

Je rentre d'un moment passé en compagnie d'une amie de longue date, sirotant un jus de fruits tandis que d'autres savourent un rosé frais en terrasse, et je comprends alors le changement de regard.

Le mien sur elle, que je prends plaisir à écouter et observer avec bienveillance, le sien sur moi alors qu' elle confie me trouver en forme et radieuse. Cet échange agréable, en toute affection, sans jugement ni a priori me conforte et je réalise alors le chemin parcouru, avant de vous rencontrer toutes, les Femmes Sauvages de Bessèges, puis avec vous qui m'avez tant donné, tant appris au cours des ces 4 journées partagées ensemble.

En cet instant précis, je saisis pleinement la portée de nos échanges, de nos sourires, de nos encouragements, de nos regards, de nos hugs... je sais maintenant que plus rien ne sera comme avant... avant de frotter mon humanité et ma féminité aux vôtres. En toute simplicité, sans ambiguïté... en pleine confiance et complicité.

femmes au sol

Je vous suis reconnaissante, infiniment, pour avoir permis à ma vie de s'épanouir, de tendre vers un nouvel horizon qui apparaît prometteur, plein d'espoir et en tout cas, riche et ouvert.

J'espère de tout mon cœur que chacune d'entre vous aura puisé en cette rencontre exceptionnelle de belles racines, de grandes forces pour avancer sur le chemin de sa sauvage, incarnée, responsable et vivante.

J'espère que nous saurons toutes, à notre mesure, poursuivre sur le chemin de nos vies, auprès de nos proches et de la multitude, malgré les douleurs et les joies, avec dans le cœur ce trésor précieux que nous avons pu aborder (ou trouver) toutes ensemble.

MERCI belles femmes.💗 Une nouvelle aventure commence.😺

Je vous embrasse et vous serre contre moi, toutes.

*M:

En rentrant chez moi, j'ai retrouvé ma petite femme sauvage, Ella, 2 ans,

ma source d'inspiration dans sa nudité, sa sincérité et son authenticité naturelles.

Dans la forêt cévenole, j'ai senti la femme sauvage,

Mélanie, la joyeuse, l'enfant,

Celle qui est libre, aimante, rieuse, créative et belle.

edessin au charbon sur la plage

                   Gratitude !

Juste devant l'entrée de ma yourte, au niveau de la porte, j'ai empilé les uns sur les autres les galets recueillis au bord de la Cèze.

J'ai inventé un proverbe zen pour mes enfants afin qu’ils essayent de préserver le calme dans la yourte :

«  Si tu renverses les cailloux, c'est que tu es rentré trop vite ! "

coeur sous la yourte

 

 

*V:

Vous êtes toutes dans mon cœur et je repense souvent à ces instants précieux de simplicité et de sincérité partagés.

Merci, je suis remplie de gratitude. Heureuse de vous connaître et d’avoir vécu cette très belle expérience. 

De mon côté je prépare le départ pour Berlin et le temps file à une vitesse…

Hâte de vous revoir et d’avoir de vos nouvelles!

Bon courage à toutes pour cette rentrée dans la jungle...

Des bisous pleins de tendresse.

 

hugs sous le soleil

* C🌸:

Ce qui m'a enchanté, au delà de cet écolieu préservé avec amour,

c'est de m'être retrouvée en chacune de vous, et même d'avoir appris de ce qui me manquait depuis toujours :

vivre cette communion de femmes de différentes générations

plein de hugs

dans des instants de vie simple, au plus près de la nature,

peinture naturelle sur corps

au plus juste de nos joies et de nos peines. 

Nos vies sont entremêlées de nombreux liens plus ou moins serrés,

soleil de laine en bord de rivière

laissant parfois des traces indélébiles dans notre cœur ; des liens entretenus avec des femmes devenues des piliers de notre histoire. 

Il est plus que difficile de réunir toutes ces femmes que nous aimons profondément, pour des raisons multiples liées à nos existences bousculées et sans repos.

Je remercie infiniment Sylvie pour ce qu'elle nous a permis de vivre et d'exprimer, même en silence, toutes ensembles, femmes sauvages réunies comme un même corps, fertile en cœur et encore.

Merci d'être si belles!

* M :

Je surfe encore sur les vagues de notre rencontre, je n'oublie pas vos visages mains rires sourires pleurs chants,

j'imagine le jaune brun teignant le feuillage de Cantoyourte,

j'imagine les fils de notre araignée à la rivière se teintant,

beau bras

auvent improvisé sur la plage

j'imagine les routes sur-lesquelles vous marchez, femmes verticales

oui je sais je suis enthousiasme en pensant à nous / à vous

il ne peut en être autrement, à tout à l'heure et tout de suite dans le cœur,

merci à mes belles amies de Cantoyourte!

 grand hug fems

Petit texte écrit sur le bout de l'ongle de la main offerte:

texte qui s'emballe tout seul quand on naît femme texte sans emballage texte sans babillage texte sans bagage texte sans virgule texte sans point sans exclamation texte tout court texte qui court devant texte à bout portant texte corps mouvant dansant chantant corps de femme corps de texte nu.

algues sur dos bronzé

*H :

Lune lune lune lune Bulles de lumière

Perle de sang Sang de nos mères

Sens dans la Terre.

Ce sang qui me / te / nous NousRit

Je Ris Ris Ris Ris

La joie d'être ici , là simplement

Connectées EnSangble Donne du sens à nos vies.

tricot d'été

Basculement conscient subconscient

J'entends les échos de la Terre

Ondes du monde cachées dans l'éther

Messages d'Amour TranSangdent la vie

Cette Lune qui nous montre le chemin

Et ce Sang qui coule chaque mois

Sort les maux de la Terre

Catharsis, Catharsis, Catharsis, Catharsis, Catharsis

Cycle de vie, cycle de mort

Régénérer l'Essence EsSangce comme avec du Sang

Du Sens Qui nettoie, purge, récure,

Vivifie, magnifie, gratifie,

La Terre mère, notre mère, nos mères

Nous, toi, moi, Pulsation d’Éther dans nos veines

Vibre, vrille, vacille, vie

*C:

yeux pétillants

Rencontrer sa femme sauvage, c'est comme éveiller une part de soi qui n'ose pas habituellement se déployer, c'est autoriser à être et à vivre en harmonie avec tous les êtres vivants de la terre. C'est un état d'être à la fois dans le présent mais très fortement relié au passé, à l'histoire de l'humanité, et aussi au futur, car elle défend cette manière de vivre en harmonie avec la terre. 

IMG_1083

Me connecter à ma femme sauvage, c'est approfondir ma quete de spiritualité,....

quand je l'imagine , je la vois à la fois animale, guerrière,

mais aussi guérisseuse, emphatique et spirituelle. " 

natureELLES pieds 

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23 août 2016

Du Zen

Seulement ZAZEN.

Parce que ça ne sert à rien. 

coussin pour méditer

Kodo Sawaki. Kodo le Wagabond, grand-père des bouddhistes francophones, maître de Taïsen Deshimaru.

«  Si nous ne faisons pas attention, nous autres êtres humains somme emportés par la frénésie de gagner sa vie. Les gens disent toujours qu’ils sont occupés.

A quoi sont-ils occupés ? Seulement à gagner leur croûte.

Les poulets aussi ont toujours l’air occupé à manger.

Mais ils mangent pour être mangés. »

 

mon zafu

Kosho Uchiyama, principal disciple de Kodo Sawaki.

«  Nous n’avons jamais faim, même si nous ne produisons pas un seul grain de riz.

Nous vivons dans des maisons à l’abri des intempéries, même si nous ne sommes pas capables d’abattre un arbre et de le débiter en planches.

Nous portons de bons habits même si nous ne savons pas filer le coton.

Nous avons de la lumière simplement en appuyant sur un bouton et de l’eau en tournant un robinet.

Si l’on compare notre mode de vie actuel avec celui d’un pharaon d’Égypte, nous vivons comme si nous avions des dizaines d’esclaves à notre service.
Pour ressentir à quel point nos vies sont luxueuses, nous pouvons imaginer que nous possédons de nombreux esclaves pour cultiver les céréales et les légumes qui nous nourrissent, construire nos maisons, filer, tisser et confectionner nos vêtements, nous amener de la lumière quand il fait sombre, puiser notre eau de boisson, etc.

Quand vous utilisez un ventilateur, imaginez qu’un bel esclave vous évente.

Quand vous regardez la télévision, faites comme si tous les saltimbanques du pays s’étaient donné rendez-vous et unissaient leurs talents pour vous amuser, vous le roi. C’est amusant de les regarder de haut et de dire : « Votre spectacle m’ennuie. Qui pourrait réellement me distraire ? », et puis changer de chaîne.

Nous devrions, au moins une fois de temps en temps, nous regarder et nous demander si nous méritons vraiment de vivre de manière si confortable. Comment se fait-il que nous vivons dans des conditions si favorables ?


« Nous tous sans exception nous mourrions de faim si on nous lâchait dans la nature.

Et c’est parce que nous flottons sur les nuages de l’organisation sociale que nous pouvons vivre confortablement. Malgré cela, nous nous plaignons constamment.

Si le président d’une entreprise qui a fait construire un grand immeuble pense qu’il a construit l’immeuble, il se trompe lourdement. C’est uniquement parce qu’il est par hasard au somment d’une organisation qui a le pouvoir d’accumuler assez d’argent pour construire un tel immeuble. De lui-même il ne pourrait pas fabriquer, voire porter, un seul des fers à béton utilisés pour armer la construction.

Cela n’empêche pas les gens de se rendre fous à courir après ce pouvoir illusoire dans les nuages de l’organisation sociale. ...

zafu sous moustiquaire

Et enfin quelques paroles de Bouddha.

bouddha au lotus

«  Vous devriez savoir que les gens qui ont beaucoup de désirs recherchent voracement la renommée et le profit ; de ce fait, ils éprouvent beaucoup de souffrance et d’angoisse. Ceux qui ont peu de désirs, comme ils ne recherchent rien, sont libres de tels tourments. L’esprit de ceux qui restreignent leurs désirs est paisible, dépourvu de soucis et de peur. Quoi qu’ils aient, ils se sentent toujours bien dotés, et ne connaissent pas le sentiment de manque.

drapeaux yurtao

Si vous voulez vous libérer de l’angoisse, vous devriez examiner la connaissance de ce qui est suffisant. Ceux qui connaissent la satisfaction même quand ils dorment à même le sol le considèrent comme confortable et agréable. Ceux qui ne connaissent pas la satisfaction sont mécontents même quand ils dorment dans un palis paradisiaque. Ceux qui connaissent la satisfaction sont riches même s’ils sont pauvres. »

A méditer!

méditation au lotus

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07 août 2016

La couronne des pauvres.

Pas d'argent ? Des idées et de la débrouille!

Voici la fabrication d'un toono de yourte fait maison avec des rejets de châtaigners.

Cette couronne n'a rien couté au porte-monnaie ni à la planète, elle est gratuite.

Pas de machines, seulement une petite scie et un sécateur.

 Et beaucoup de noeuds avec des chutes de store !

Rien n'a été calculé, tout est fait à l'intuition.

On se met sur le mode cabane sauvage et on improvise.

Pas de mètre, pas de gabarit, pas de plan.

Même pas de recherche sur Internet, personne a osé jusqu'à présent sortir du bois de charpente ou du contreplaqué marine pour la pièce maitresse de la yourte.

Alors quand on a rien, il suffit de se faire confiance, de regarder autour de soi, d'inventer et ça marche.

On fabrique la couronne en deux parties:

deux cercles qu'on superposera, entre lesquels viendront s'insérer les perches du toit.

La partie supérieure n'a pas besoin d'être très solide, elle supportera le cristal du chapeau et viendra s'ajuster sur celle du dessous.

Les baguettes de châtaigners réssuyées sont souples et nouées ensemble.

couronne de yourte sauvage 1

couronne de yourte sauvage 2Bon, c'est pas tout à fait rond, mais après on l'ajuste avec l'autre.

couronne de yourte sauvage 3Par contre, le cercle du bas doit être plus costaud, donc on assemble plusieurs épaisseurs de baguettes. Ces rejets de châtaigners ont un diamètre plus conséquent et sont  plus difficiles à maintenir ensemble. On serre approximativement avec de la ficelle avant de commencer le bandage.

couronne de yourte sauvage 4Ensuite, il faut pas mal de bandes de store qu'on raccorde et on tire fort sur le tissu pour arquer et serrer le bois.

couronne de yourte sauvage 5En fait, le cercle s'établit de lui même quand les rameaux de bois sont plus gros. Cette couronne là est vraiment ronde, c'est magique comme elle a pris ses dimensions équilibrées toute seule.

couronne de yourte sauvage 6Ensuite, on pose les huit premieres perches de toit à équidistance sur la grosse couronne et on sangle le deuxième cercle par dessus avec les perches en sandwich. Le bout des perches est percé pour faire coulisser un lien qui s'attachera aux deux épaisseurs. On passe une grande corde dans la couronne qu'on attache aux arbres alentour pour la faire monter. 

couronne de yourte sauvage 7Quand le toono est à bonne hauteur, on enfile les autres perches dans l'entre-deux et  on les attache solidement par le haut et le bas, le bas étant bien entendu les murs de la yourte.

couronne de yourte sauvage 8Enfin, on utilise deux jeunes pins de la forêt qui avait besoin d'être éclaircie, on les épluche à la plane pour fabriquer deux mats.

couronne de yourte sauvage 9J'aime bien laisser pendouiller les bouts de ruban...

couronne de yourte sauvage 11Et finalement, ça tient très bien pour trois fois rien!

couronne de yourte sauvage 12

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16 juillet 2016

Femmes sauvages

Attention, inscriptions closes **

 

FEMMES SAUVAGES

Cévennes 2016

 

femmes dansant dans la nature                       

Rencontre de femmes débranchées*

 

                                         du 25 au 28 Août 2016.

 

                   Ensemble vivons, dansons, co-créons,

                   reconnectons-nous à un essentiel !

                              feu dans fleur


      Immersion nature, autonomie, autogestion,

 

             écologie, simplicité, frugalité.

 

femme à l'ours

 

                                            Jeudi 25 Août :

Soirée d'ouverture, fête des femmes,

improvisation chants, musique, tambours, djembés, etc !

 

Marion Rebérat  https://terrehappyuniverselle.wordpress.com/

sera présente le 25 et le 26, avec possibilité de

Voyage au Tambour chamanique, cercle de partage, rêve éveillé, méditation...

femme aux plumes

Pratiques artisanales, mandalas, land-art.

 

fleurs jaunes dans nid de forêt

 

Marche et baignade.

 

A Bessèges, Gard.

 

drapeaux de tipi

 

Pour recevoir les informations utiles,

veuillez cliquer sur le lien en bas à gauche du blog  « contacter l'auteur. »

 

* pas de réseaux centralisés eau-électricité, pas de connexions électromagnétiques.

**Les inscriptions pour cette rencontre sont closes mais les femmes interessées peuvent réserver pour une prochaine fois, ou simplement communiquer leurs contacts (mail et tel) pour être tenues au courant d'autres animations qui seront proposées ultérieurement.

 

 

 

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28 juin 2016

Tournesols immortels

Cet hiver, je les ai préparé.

tournesols immortels

Chaque hiver, je compense le manque de lumière

1 tournesols exubérants au coeur de l'hiverpar des créations de couleurs.

2 bouquet de branches bleues

Je révais de ciel bleu.

3 ajout de fleurs bleues sur branches bleues

Pour obtenir le turquoise désiré, j'ai ajouté du colorant jaune,

au pif, dans une boite de peinture acrylique bleue.

Et je désirais du soleil.

3 tournesol blanc sur branches bleues

C'est sorti aux beaux jours,

4 trois suspendus land art yurtao

en même temps que la végétation estivale,

sylvart en anneaux de couleursEn même temps que les fougères.

tournesols exubérants

Finalement, les branches ont la couleur du ciel, 

comme je voulais.

5 anneaux de soleil en plein cielIci, c'est toujours un peu Noël,

des étoiles et des boules multicolores

partout au milieu des pins.

7 bouquets de tournesols multicolores sur ciel bleu

D'un coté comme de l'autre, les tournesols de main de femme

illuminent la mer de fougères.

7 arbre multicolore dans les fougères

 

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15 juin 2016

Ménage forestier

Rangements de brindilles, de rebuts de travaux,...

Improvisation de sculptures végétales.

sculpture d'écorces yurtao

avec tout ce qui traine.

sculpture d'écorces de pin maritimePetits tas de branches

chutes de rameaux de chataigners

liés en fagots

petits fagots de rameaux chataigners en ligne

retournent suspendus à un arbre.

fagots de rameaux suspendus

Les épluchures d'acacia qui jonchent le sol après la fabrication des piquets

tas d'épluchures acaciastas d'épluchures d'acacia

deviennent des sculptures sauvages

épluchures d'acacia en suspension yurtao

se balancant doucement dans le vide.

sculpture végétale avec épluchures d'acacia

Les pommes de pin disséminées sont rassemblées

colonne de pommes de pin large

dans des paniers colonnaires

panier colonnaire pour pommes de pin

dans lesquels on peut s'entrainer à viser juste. 

tronc de pommes de pin

Facile pour les grosses pommes de pin maritime,

pommes de pin rangées dans panier colonnaire

moins facile pour les petites pommes de pin noir ou laricio.

panier colonaire décoré pour pommes de pin laricio

Sinon, je les enfile

suspensions pommes de pins yurtao

pour servir de rideau.

pommes de pins en rideau

Les fougères ont poussé vite avec toutes ces averses,

j'en fauche de pleines gerbes pour ménager des passages.

Le sol des tentes et des terrasses héritent de larges frondes

fougères sur tipi bleu

tandis que  je garde les tiges qui me servent à fabriquer,

avec quelques bouts de laine, des yeux de Dieu,

Ojos de Dios,

ojos de dios yurtao

et des étoiles. 

étoile blanche sur tiges de fougères yurtao

Les chutes de tiges de fougères biscornues

tiges de fougères en vrac

 sont accrochées en guirlande au milieu des arbres,

suspension de tiges de fougères

entre les boules en tirebouchons d'écorces de pin

qui séchent sur un fil.

suspension d'épluchures de pin maritime

****

étoile d'écorces yurtao

 

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06 juin 2016

Ma rose

Le grand rosier devant la yourte a donné trois grandes roses magnifiques,

trois boules perlées d'un rose parme délicat.

bouton de rose yurtao

Elles sont en train de faner, mais trois autres sont en train d'éclore et, derrière, trois petits bourgeons me promettent une floraison largement étalée.

trois roses sur mon rosier

Cette succession si bien orchestrée me procure l'immense plaisir de faire l'amour pendant presque un mois avec une rose épanouie offerte à ma volupté.

rose épanouie yurtao

Chaque fois que je passe devant la première née, une grosse rose ployant sur sa longue tige épineuse, dont l'inclination ressemble à une révérence, j'ai l'impression d'être interceptée, comme si la fleur m'attendait, comme si elle honorait un rendez-vous important, attitude extraordinaire pour un être sans paroles et sans faculté de préhension physique.

A ce moment là, tout s'arrête : tout ce que je fais, tout ce qui est à faire, toutes pensées et divagations, même la petite ritournelle qui chante dans ma tète quand je suis heureuse et occupée, tout disparaît sous l'effet captateur de cet appel muet, et je me retrouve comme hypnotisée, aimantée, happée dans un espace dilaté hors dimensions.

Le temps qui déjà ici s'estompe si souvent dans la création et la concentration, s'évanouit totalement et je deviens guimauve amoureuse de la rose.

Alors je plonge mon visage dans la corolle, mes lèvres dans ses pétales, respire comme si mes narines ouvraient les portes du paradis. Avec ma rose, je pénètre dans les profondeurs de l'immanence et je lui dis merci.

Merci toi qui me ravis, merci de ton exquise beauté, merci de ton existence qui explose les barrières des ségrégations, merci de me libérer de mon corps lourd et étriqué, de répandre en mon cœur une telle suavité, merci de m'éveiller à la splendeur gratuite de la vie.

Je lui murmure des mots doux en me baignant dans son parfum, je n'ai jamais fait l'amour avec personne comme ça. Je sais bien pourquoi, parce que cette rose, elle ne me demande rien, elle n'a aucune exigence, elle ne me juge pas, elle ne se retournera pas contre moi, parce que cette rose, non seulement elle me laisse libre mais elle répand sans discrimination et sans chantage une paix incommensurable qu'il suffit de laisser distiller.

Ce n'est pas seulement une rose, c'est toute la création qui s'actualise et se sacralise en ce mandala charnu exquisément ourlé dont les tendres vaisseaux s'étendent jusqu'au ciel.

Et pourtant, ce n'est qu'une rose, une simple rose poussant sur une terre pauvre, à fleur de roc, mais une rose à qui Dieu n'a jamais demandé de s'épuiser à la sueur de son front, une rose qui se paye le luxe de boycotter les supermarchés grâce à cette incroyable faculté autotrophe de l'autarcie végétale qui se contente d'être là où elle est. Cette profonde humilité, cette incapacité viscérale à ravager sa propre ressource vitale, est l'exacte opposé de l'arrogance d'Homo Sapiens en train de scier la branche sur laquelle il trône.

Quand à ses épines, elles ne blessent que les prédateurs, ceux qui ignorent le pouvoir de laisser l'autre à son entière nature.

Ma belle rose balance doucement au gré de la brise, elle caresse mes joues éperdues de délices, je n'ai jamais reçu baisers plus légers, caresses plus subtiles, plus dénuées de séduction, de domination, et je reste pétrie d'étonnement et d'admiration devant cette créature à la peau si finement parcheminée qui m'embrasse avec une telle pudeur.

Comment ais-je pu vivre avant sans roses, ma vie n'a-t-elle jamais été qu'une quête de la rose ?

Alors maintenant qu'elle est là, somptueuse et limpide, fragile et éphémère, envahissant ma raison jusqu'à me faire tituber de bonheur, que faire de tant de grâce,

sinon s'agenouiller ?

 

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26 mai 2016

Intrusion

Avant de m'endormir, je ne pensais qu'à elle.

Je l'avais un peu oublié dans la soirée, mais au moment de sombrer dans les rêves, je l'ai nettement revu, le bond qu'elle a fait, et le bruit de claque contre la vitre, et mon cœur qui a sauté, cogné, comme elle tout son corps. Je me suis demandé si elle allait profiter ce soir de l'enlisement de ma conscience dans l'oreiller comme elle avait profité de mon absence l'après-midi. Peut-être que mon nid lui plaisait et qu'elle reviendrait. Alors j'ai imaginé qu'elle pourrait avoir envie de prendre ses quartiers dans la yourte et qu'on pourrait devenir copines, qu'elle ne m'en voudrait pas du stress que je lui avais fais subir en déboulant sans frapper.

Et puis, j'ai eu cette vision qu'elle n'était pas vraiment partie, qu'elle était là toute proche à profiter du tapis de vesses qui foisonne derrière la yourte, un écheveau végétal échevelé parfait pour un bon couvert, ou à se terrer sous le tas de cailloux sur lequel j'ai étendu ma couche.

Par moments, je retenais ma respiration, guettant cette reine du silence en tendant à l'extrême mes écoutilles auditives. Les bruits à analyser ne manquent pas dans une yourte en pleine nature. Je revoyais en boucle son superbe soubresaut, je rembobinais son érection paniquée tapant bruyamment dans le carreau qui lui avait procuré tant de bonheur, et je ne pouvais que déplorer cette mauvaise entrée en matière.

Comment m'excuser du dérangement ? Comment s'entendre avec elle pour négocier nos territoires ? Je gambergeais sur elle en m'endormant, mais étrangement, elle n'est pas apparue dans mes songes.

Hier, je suis rentrée à la yourte vers quatre heures par une chaude après-midi de Mai.

En pleine journée, une yourte fermée sous le soleil grimpe vite en température. Si j'ai pris soin d'atténuer l'ardeur du soleil par un gros rideau sur l'entrée Sud, je n'ai pas prévu de volet textile pour la petite fenêtre située à l'Est derrière le poêle, le soleil du matin étant rarement insupportable. De toutes façons, je sais qu'en rentrant, je vais recevoir une bouffée de chaleur et que mon premier geste sera d'aérer. Pas cette fois-ci.

Je n'ai pas pensé à aérer, mais alors, pas du tout.

Pour rentrer chez moi, j'ai balancé un coup de pied dans le bois de la fenêtre vétuste et rétive qui me sert de porte. Ce coup de butoir a fait trembler la yourte, et, emportée par mon coup de pied, j'ai pénètré assez brutalement, courbée en deux, dans la yourte vide. Normalement vide.

Toujours délicieusement vide et accueillante, avec ses objets colorés bien à leur place, la descente de lit bien lisse où m'attirent de moelleux oreillers, son beau plancher de cèdre bien patiné et mes paniers de bricoles suspendus aux treillis. Pas de plantes vertes ni d'oiseaux en cage, pas de matous ni de poissons rouges ni de hamsters, aucun esclave génétiquement modifié pour me donner l'illusion d'être attendue et de régner sur une vie.

Sauf ce jour là, depuis tant d'années que je rentre chez moi sans personne dedans, la yourte n'était pas vide.

En lançant mes orteils contre la porte, j'ai brusquement dérangé quelqu'un, une créature inconnue en train de se dorer la pilule, étalée de tout son long devant les petits carreaux par où pénètre la lumière au ras du sol.

Une mystérieuse squatteuse sirotant la délectable chaleur de ma yourte.

Je crois qu'on a eu aussi peur l'une que l'autre, mais peut-être elle plus que moi, vu la violente voltige qui l'a jeté contre la vitre. Moi, c'est mon cœur qui a bondi dans ma poitrine, plus de surprise que de peur d'ailleurs, bien que, quand même, surprendre une intruse de cette taille en pleine sieste dans ma yourte est une première dans ma vie de sauvage. Rien à voir avec les espiègleries de Samaskotché mon petit lézard, toujours en train de farfouiller gaîment dans mes toiles de toit.

Le choc de mon irruption a soulevé tout le corps de l'intruse d'un bloc, en une splendide projection, puis toute la masse du serpent s'est immédiatement rétractée dans un bruit sec, sourd et massif, la queue fouettant le chambranle avec violence. Elle est retombée lourdement avec toute sa tuyauterie avant de sinuer entre les coussins vers le trou par lequel elle s'était faufilée.

J'ai vu son gros corps gris et marron se déployer aussi vite qu'il s'était crispé, je l'ai vu en un éclair recouvrer son équilibre et rétablir son emprise au sol, il y avait ce contraste inouï entre la reptation éperdue de sa fuite et cette lenteur atavique de gros reptile dépourvu d'accroche, incapable de courir. Elle a disparu sous les coussins et j'ai su immédiatement par où elle était passée.

La seule faille à ma clôture. La jointure entre la fenêtre et le treillis. Le bambou du bas du treillis dépasse du plancher sans s’emboîter dans la rainure du cadre en bois, je n'ai donc pas pu y plaquer le grillage qui me protège des remontées animalières par les fondations. Ce grillage déployé sur toute la face Nord empêche aussi la curiosité des petits mammifères quand je relève mes toiles en été pour faire circuler l'air. La supposant réfugiée dans le lit de pierrailles sur lequel repose la yourte, je me suis mise à taper du pied et danser en cadence sur mon plancher, histoire de lui faire comprendre que j'allais rester et que je jugeais préférable de remettre à plus tard un premier entretien de cohabitation. Je sais qu'étant sourde, elle a réagi aux tremblements et vibrations transmis à toute la structure par le déblocage de la porte-fenêtre et mon premier pas à l'intérieur. Ma danse était sans doute un peu démesurée, un géant n'ayant pas besoin d'en rajouter quand sa simple apparition suffit à terroriser un lilliputien.

Puis j'ai enlevé les coussins, prudemment au cas où elle serait restée coincée, et me suis accroupie devant le trou pour réfléchir à la façon de le boucher. Mais la scène avec la couleuvre sautant en l'air s'est rembobinée et tout à coup, j'ai été prise d'un gloussement de joie qui s'est transformé en quelques secondes en cascade d'hilarité.

Je la revoyais toute penaude et totalement hagarde, son long corps lisse suspendu en l'air, sa façon de me céder la place sans discuter, et ma tension s'est dévidée en fou rire.

Pauvre petite couleuvre qui n'a pas pu finir sa sieste !

Toute étalée dans son aubaine, n'ayant certainement pas supputé le danger d'être confrontée à un grand prédateur, le choc a déclenché un réflexe fulgurant qui l'a propulsé en une magnifique acrobatie verticale. Quelle déconvenue alors qu'elle venait de trouver le meilleur endroit de toute la contrée pour se gaver de chaleur !

Je riais pourtant de sa stupeur, de sa contorsion foudroyante imprimée de façon indélébile dans ma mémoire, et maintenant, chaque fois que j'y pense, le rire me revient, un rire franc, sans moquerie, un rire tellement heureux de cette rencontre, tellement heureux de cette vie ici.

Après ma danse, étonnée de n'avoir éprouver aucune répulsion, j'ai laissé libre cours à une vague de compassion pour cette créature démunie, ce corps sans pattes réduit au minimum fonctionnel, ces oreilles et ces yeux déficients, et cette mauvaise réputation qui la met en danger partout où les hommes ignorent son rôle dans l'équilibre écologique.

J'étais quasi certaine d'avoir bousculé une femelle gravide en quête d'un refuge doté d'un bon système de conduction de chaleur. Était-ce la même que celle que j'avais rencontré l'année précédente en train de se prélasser sous un arbousier empierré, ou bien l'un de ses descendants ? Sachant les serpents fidèles à leur antre, je me suis donc demandée ce que ça deviendrait si je ne bouchais pas les trous, si je serais capable de dormir entourée de serpents...

J'ai passé du fil de fer dans le grillage et l'ai tendu sur deux vis que j'ai enfoncé dans le bord du plancher, puis j'ai bourré la bordure de vieux tissus, colmatage imparfait vaguement dissuasif. Dehors, j'ai repéré l'arcade plastique du bas de la toile qui lui a servi de tunnel d'accès. J'ai tout bouché avec des pierres. Pourtant, le soir, avant de me coucher, j'ai recommencé à danser sur mon plancher.

Deux semaines plus tôt, sur le sentier qui mène chez moi, je suis tombée sur un couple de petites couleuvres en train de s'embrasser tranquillement au milieu du chemin. J'ai eu le temps de les détailler pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas de vipères, dont elles avaient la taille, et j'en ai conclu, en examinant leurs taches striées grises et leurs têtes ovales, qu'il s'agissait de deux jeunes coronelles inoffensives en pleine étreinte amoureuse. Quand j'ai voulu décrocher mon sac à dos pour sortir mon appareil photo, elles ont préféré s'esquiver. Sans se presser, elles ont disparu dans la murette. Déjà là, je m'en suis voulue de ce geste de prédateur qui les a fait fuir.

Ce matin, j'ai entendu venir un groupe d'enfants conduit par un animateur en bas de la piste et tout à coup, l'un d'eux a crié : « Un serpent! », relayé aussitôt par ses copains excités.

J'ai tout de suite éprouvé une appréhension, mais bizarrement, pas pour les enfants.

Pour ma couleuvre.

J'espérais qu'elle n'avait pas eu l'imprudence de quitter notre aire protégée pour risquer une agression sur les chemins. Je crois que j'aurais mal supporté d'affronter une scène de torture, ou pire, de la voir morte, alors j'ai failli dévaler la falaise pour me porter à son secours. Mais les enfants se sont calmés, il ne s'agissait que d'un orvet, sans doute lâché par un rapace.

Maintenant c'est drôle, quand je rentre et qu'elle n'est pas là, je ressens non pas la satisfaction d'avoir bien colmaté ma brèche, mais comme une légère déception de l'avoir définitivement découragée de profiter de la yourte. Je ne pense plus qu'à m'excuser et réparer le préjudice que je lui ai fait subir.

Alors, c'est décidé, demain, je vais étaler une vitre sur deux bouts de chevrons que je poserais au sol contre une murette, je connais un petit endroit tranquille en plein soleil, et là, je l'attendrais, je sais qu'elle viendra, elle viendra dérouler ses écailles et se réchauffer tout son saoul sous cet auvent spécial que je lui réserve, à elle et sa famille, et là, je ne bougerais pas, je resterais immobile comme un arbre, je ferais tellement partie du paysage qu'elle ne me verra pas, ne m'entendra pas, et je pourrais alors la contempler sans lui faire de mal.

couleuvre yurtao

 La photo que j'ai prise de ce serpent date d'une autre rencontre un autre jour en bord de mer.

 

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21 mai 2016

Queue de cheval

Beauté équestre au Cantoyourte.

queue de cheval 1Que du bonheur

queue de cheval 2 lors de cette étape

queue de cheval 3 de Zacharie et Nathalie

queue de cheval 4 sur leur grand périple

queue de cheval 5à cheval à travers la France.

queue de cheval 6

 

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