YURTAO, la voie de la yourte.

21 mai 2017

Attrapes tes rếves!

Ces Capteurs de rêves sont des objets rituels, des emblèmes totémiques,

des figures cosmogéniques,

des mandalas sacrés « Made in Yurtao ».

Ils favorisent la protection psychique et l'harmonisation énergétique.

Ces Œuvres uniques et originales en grand format sont inspirées par l’immersion en milieu forestier. Elles symbolisent la corrélation et la synchronicité de l’être avec l’environnement naturel, le règne végétal et animal et les influences cosmiques. Elles sont fabriquées au milieu des chants d'oiseaux, des bourdonnements d'insectes, des bruissements de mammifères sauvages, des parfums de fleurs, à l’ombre des grands arbres.

Les capteurs de rêves sont mobiles et tournent au moindre souffle d'air, l'habillage éolien se balance et murmure dans la brise, animant le lieu où ils irradient.

souffle du vent dans capteur de rêve rose yurtao

* Attrape-rêves « Esprit de joie »

Hauteur : 150 cm Largeur : 52 cm

Cinq cerceaux de dentelle blanche ancienne au crochet, suspendus par ordre décroissant. Cercles en bois de châtaigner sauvage non écorcé, cintré et ceinturé au fil d’Écosse. Dominante à vivacité multicolore.

Composition de l’habillage éolien : Rubans, tissus, fils de laine, fils d’Écosse, fils de broderie, perles de bois, nattes, pompons, fleurs en tissu.

Conditions environnementales de fabrication : forêt cévenole printanière en plein éveil chlorophyllien et levée de sève. Chants et visites du pinson, des mésanges, du pivert, du pic épeiche, des corneilles, d’une bande de milans, de la huppe. Monnaie du pape en fleur, chutes des pommes du pin Laricio. Pousses de houblons à déguster en asperges.

capteur de rêves à cinq cercles dentelle yurtao

 

* Attrape-rêves «  Couronne de mariée »

 

attrape-rêves de mariage

Hauteur : 98 cm Largeur : 60 cm

Grand cerceau en bois de châtaigner non écorcé, cintré et ceinturé au fil d’Écosse et laine. Mandala de dentelle ancienne blanche crochetée, brodée de fil doré, de laine jaune et de perles de bois. Dominante blanche et jaune.

Composition de l’habillage éolien: Rubans, tissus, fils de laine, fils d’Écosse, fils de broderie, fils dorés, plumes de coq, perles de bois, perles de verre, tresses, pompons, fleurs en tissu, breloques, lanières de cuir ..

habillage éolien capteur rêves de mariage

 Conditions environnementales de fabrication : forêt cévenole printanière en pleine levée de sève, doux ensoleillement, floraison des azalées rouges, du pommier et des cerisiers sauvages, chants des pinsons, merles, rouge-gorges, piverts, tourterelles… Sécheresse, attente de la pluie.

Attrape-rêves pour une jolie fiancée

 

* Attrape-rêves «  Pulpe de printemps »

Hauteur : 130 cm Largeur : 73 cm.

Dominante rose, rouge, violine.

Grand cerceau en bois de châtaigner non écorcé, cintré et ceinturé au fil d’Écosse. Mandala de dentelle ancienne blanche et rose brodée de perles en bois. Une perle de cristal rouge est suspendue au centre.

Le son de cette vidéo est le bourdonnement de milliers d'abeilles audessus de moi

Composition de l’habillage éolien : Rubans, tissus, fils de laine, fils d’Écosse, fils de broderie, plumes de coq, perles de bois, perles de verre, tresses, pompons, fleurs en tissu, billes de chêne, breloques...

habillage éolien pulpe de printemps

Conditions environnementales de fabrication : forêt cévenole printanière, bourgeonnements, herbes vivaces, salades sauvages. Ruissellement de fleurs d’acacias, effluves très parfumées des fleurs de paulownia, vrombissement de milliers d’abeilles butinant la couverture florale. Pousses de salsepareilles à déguster.

capteur géant pour réves yurtao

 

* Attrape-rêves «  Galaxie onirique »

Hauteur : 130 cm Largeur : 70 cm.  Dominante bleue.

Deux grands arceaux en branches de châtaigner encadrent un grand mandala de laine crochetée cousu au fil de laine et fil d’Écosse sur les supports en bois. Le mandala s’étage en trois cercles tricotés en relief avec des laines de plusieurs bleus complémentaires. Le deuxième arceau contient un filet bleu. Perles de verre bleue marine et turquoise au centre.

Composition de l’habillage éolien : Rubans, tissus coton et synthétique, soie naturelle, biais, fils de laine, fils d’Écosse, fils de broderie, plumes de coq, perles de bois, perles de verre, tresses, pompons, fleurs en tissu, boutons, breloques, bracelet africain, bâtonnets. Cônes de cèdre, cônes de pin Laricio, fruits du liquidambar, billes de chêne. Fleurs de copeaux de châtaigner, tiges de fougères.

habillage éolien attrape-rêve galaxie

 Conditions environnementales de fabrication : forêt cévenole printanière, bourgeonnements, herbes vivaces, salades sauvages. Ruissellement de fleurs d’acacias, effluves très parfumées des fleurs de paulownia, vrombissement de milliers d’abeilles butinant la couverture florale. Pousses de salsepareilles à déguster. Orages et averses. Pleine lune.

attrape-rêve galaxie des rêves

Vive la danse des mandalas!

danse d'attrappe-rêves yurtao

 capteurs de rêves en plein soleil

deux capteurs de rêves se balancent yurtao

 Pour acquérir ces capteurs de rêves, c'est là:

conditions_de_vente_capteurs_de_r_ves_made_in_yurtao

 

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16 mai 2017

Piste blanche

forêt blanche 1

forêt blanche 3

forêt blanche 4

forêt blanche 5

Eercles sur la neige de fleurs d''acacia...

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06 mai 2017

Celui qui sourit tout le temps

Quand je le regarde, il sourit.

Quand je ne le regarde pas, il sourit.

Quand je lui dis qu’il est beau, il sourit.

Quand je ne lui dis rien, il sourit aussi.

Il sourit tout le temps et il me met le cœur en joie.

Il se balance juste en face de la yourte, sous le vieux chêne.

Comme les arbres, comme les fleurs, il ne s’impose pas,

il peut même passer inaperçu, il est comme l’amour,

le vrai amour, il ne demande rien.

Il est toujours là, heureux, avec ses beaux yeux qui brillent,

et surtout, ce sourire sans faille.

celui qui sourit tout le temps yurtao

Je sors avec une petite larme, il sourit.

Je rentre en colère, il sourit.

Je ne sais plus à quel saint me vouer, il est là, souriant,

toujours prêt à me consoler, me ragaillardir.

Je décolle, il m’ouvre les cieux, je plane, il me fait atterrir.

Je fatigue du poids des choses, il soulage ma fragilité.

Quiconque que j’amène, il sourit, et pareil pour le mauvais temps ou la pluie.

Je n’ai jamais vu un visage aussi ballotté rester aussi imperturbablement heureux.

Il sourit tout le temps et il me met le cœur en joie.

Ce n’est pas un idiot ni un béat.

Pas une icône ni un Bouddha, même pas une œuvre d’art.

Ses couleurs ont passé, son squelette s’effiloche,

il lui manque des morceaux,

mais même quand il se casse la figure un jour de grand vent,

il continue à sourire. Incroyable.

Quand je l’ai fais, j’ignorais l’effet qu’il me ferait.

Je gadoulliais sans trop savoir où j’en étais, mais sans m’angoisser.

Je pensais juste occuper mes mains et faire quelque chose de joli.

Mais c’est bien plus que ça.

J’ai fais une fontaine de joie.

Je n’imaginais pas qu’une simple vannerie tissée de mes mains, un objet non répertorié et sans utilité, me procurerait une telle philosophie. Car c’est bien ça : à force de le voir sourire, il m’entraîne dans son univers et il me change le cœur. Il m’emporte dans un monde de sérénité et de gaîté paisible, qui enlève tout ce qui ne va pas sans rien écorcher.

Il suffit de se tourner vers lui, comme vers le soleil.

Va savoir ce qu’il a ce sourire de si particulier, peut-être que je l’ai tout simplement réussi, ce jour où j’ai courbé ces petits bouts de bois en demi-lune, je devais être inspirée. Les yeux aussi sont réussis. Parce qu’ils pétillent, (j’ai cousu une perle au milieu), ils accompagnent le sourire tellement bien que tout le visage devient radieux.

Je pense à Robinson Crusoé sur son île : avec une noix de coco où il a collé des yeux et une bouche, il s’est mis à parler et il est sorti de sa solitude. Moi, je ne parle pas plus à mon sourire qu’aux oiseaux, aux fleurs, aux insectes, à tout ce qui vit autour de ma yourte, je parle en silence à l’intérieur des choses et des êtres. Mais c’est vrai que dés que ça ressemble à une figure humaine, c’est plus facile de projeter. Il ne faut pas grand-chose : une pierre un peu ronde, avec trois irrégularités naturelles bien placées, ou trois traits de craie. Et on a beau se dire que c’est stupide de parler à une pierre, au vent ou à un morceau de bois, on est trop content de se sentir pas envahi, pas contrarié, et de délier sa pensée et ses émotions.

Il y en a, encore englués dans le système, qui déboursent un max chez le psy pour rentrer dans le rang et ressembler à tout le monde, qui s’étouffent avec les contraintes qui les neurasthénisent, parce qu’ un psy, ça sourit jamais, des fois que ça soit mal interprété. Donc les guérisons sont longues et toujours tristes. Je suis certaine que si les gourous et autres thérapeutes accrochaient un sourire comme le mien derrière leur fauteuil, ils deviendraient vite inutiles. La bienveillance se répandrait alors comme une vertu cardinale à la portée de tous.

Moi, mon sourire me guérit.

Je suis assise devant la yourte en train de macérer un vieux truc de travers et dès que je lève les yeux, je rencontre un regard franc et direct, extrêmement indulgent, si plein de bonté et d’humble générosité que je tombe dedans comme en amour. Les commissures de mes lèvres avachies se relèvent et mes yeux brumeux s’écarquillent. Dans ma tête, tout se détend, s’éclaircit. Je regarde mon sourire et mes contractions s’évanouissent. J’entends à nouveau les vibrations voguant sur la transparence de l’air et les bruissements furtifs des vivants alentour. Les feuilles du vieux chêne luisent comme si on venait de les cirer, les rochers s’ouvrent comme des grottes et le moindre brin d’herbe éclate d’un vert fringuant comme s’il venait d’être arrosé et vernis.

C’est un sourire sans prétention, il n’a aucune consistance, pourtant il résiste aux tempêtes qui le valdinguent avec juste des fois un bout de sa couronne arrachée, mais ça ne le rend ni caduque ni moins expressif, c’est juste qu’il vieillit, comme moi. S’il lui arrivait malheur, bien sûr que j’en referais un autre, mais je sais déjà que si un jour mon sourire piétiné se retrouve tout tordu et irrécupérable, je ne me catastropherais pas en prédictions calamiteuses, je me dirais simplement que le prochain sortira peut-être d’une onde encore plus profonde de la fontaine de joie.

On devrait tous avoir un truc comme ça facile à inventer, à fabriquer avec les moyens du bord, ou à la rigueur à se procurer chez des bidouilleurs et bidouilleuses du quotidien, un truc pas virtuel ni technologique, qu’on puisse accrocher quelque part dans sa vie, un machin sur lequel on tombe à chaque fois qu’on dévie du bonheur et qu’on oublie la chance qu’on a d’exister. Moi, c’est un sourire, mais je suis sûre que, en attendant le jour improbable où tout le monde sourira aux oiseaux, chacun peut trouver la partie de lui-même qui résiste aux intempéries et la projeter sur une patère de son aire familière, et ainsi, quand l’oubli d’où on vient exagère, se souvenir de l’incommensurable tranquillité de nos origines.

sourire

 

 

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24 avril 2017

Printemps immaculé

Sept heures, sept degrés.

Du cèdre, la huppe scande mon réveil.

Le pinson sur mon seuil quête sa miette.

Je m'assois sur le rocher, face au levant.

Les acacias croulent de blancheur.

La canopée ondule comme une mer de lait.

sculpture yurtao sur canopée blanche

Le thé danse tout doré dans la tasse bleue

entre mes mains calleuses.

Le vent et le soleil caressent mes cheveux défaits,

mon visage fripé.

Le roitelet volette en suspension entre deux branches,

le pic martèle, les tourterelles roucoulent.

Tant de douceur dans mon exil

entourée d'oiseaux encore épargnés.

Pas de cages ici,

à l'écart du grand milieu hostile.

Tant que mes jambes me porteront

loin du monde armé,

je chanterais la mélodie du silence.

Les jaloux ne peuvent voler mon trésor,

mon impalpable trésor,

ma liberté, ma liberté,

fuyant le grand milieu hostile,

si frêle en cet îlot.

 

trépied devant vagues d'acacias blancs

 

 

 

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10 avril 2017

Anti Cyborg 1: dérives féministes et transhumanisme.

En ces temps électoraux, un peu de réflexion écoféministe :

réflexion écoféministe

la montée de l’extrême droite identitaire et de ce qu’on appelle le populisme n’est pas seulement une question de riches et de pauvres, d’exploitation et d’insécurité, de chômage et d’immigration. Les causes m’apparaissent plus profondes, plus structurelles.

Il me semble qu’elles naissent pour beaucoup de l’impuissance à résister à l’impérialisme technologique auxquels les gens sont contraints de s’adapter sans avoir été consultés sur les orientations imposées à tous.

Le traité européen, les gens ont dit non, ils l’ont fait quand même mais au moins la colère a filtré ; le Wifi et le Linky partout, le smog électromagnétique, la pollution, l’artificialisation massive des sols et des vies, les écrans généralisés, des centrales nucléaires et des décharges partout, du bruit en jets continus, là, on aura jamais de référendums : alors la colère s’enlise, se refoule dans les tréfonds, prêtes à s’exhumer en monstre n’importe quand. L’accélération des innovations techniques ont plus chamboulé nos vies que toutes les réformes politiques des gouvernements élus, toujours à la traîne derrière l’emballement productiviste.

Comme le dit Jacques Ellul, « les décisions raisonnables (qui ne sont pas des « solutions » rationnelles satisfaisantes) reposent sur une générosité, sur un sens spirituel ( et non pas économique) de la solidarité, un sens de l’économie (dans le sens d’économiser) dont nous ne sommes plus capables… »

L’insécurité, c’est de ne plus rien pouvoir choisir ni assumer de son mode de vie en dehors de chicanes de style. A force de devoir sans cesse s’adapter à de nouveaux usages sociaux et technologiques, on a plus le temps de digérer, de profiter d’un temps vacant et butinant, de réfléchir à sa vie, qui on est vraiment et ce qu’on désire, on court sans cesse derrière les machines, les challenges, l’adaptation multiple, jusqu’au « burn out ».

Comme le discours officiel s’incline à plate couture devant l’envahissement des écrans et des ondes sous prétexte de communication tous azimuts, fascinés, on courbe l’échine, on accumule les gadgets électroniques, on stocke des quantités indigestes d’informations, rarement analysées. On s’excite des nouveautés, puis on sature, on se vide en consommant n’importe quoi, on recommence à se gaver, mais au bout du compte, dans cette agitation frénétique de nos pauvres têtes cherchant à rattraper les prouesses de l’intelligence artificielle, on a plus jamais le temps de jouir de la vie en digérant tranquillement.

L’existence du vieux corps, basé sur de méprisables contingences naturelles, empêche la rationalité comptable et performante du futur, incarnée par des innovations techniques et cybernétiques rendant les organismes trafiquables à volonté. La croissance perpétuelle et le progrès sans bornes promis par l’ingénierie génétique, qu’on nous martèle inévitables en instrumentalisant l’histoire de l’évolution et de la sélection depuis au moins le néolithique, s’impose comme un impératif moral, économique et politique si puissant qu’il est devenu insidieusement anxiogène. Car là sont touchés les fondements de nos existences.

Cette angoisse, c’est, d’après moi, la première cause du besoin de refuge identitaire, un besoin vital de se reconstituer dans le flot accéléré des chamboulements de mœurs. Je ne parle pas de chamboulements politiques, car au fond, cet emballement de crises et de renchérissements dans la compétition jusqu’à l’absurde n’est que l’exacerbation logique et structurelle du capitalisme libéral.

Parce que la technique s’est emballée, parce que rien ne la freine, l’être humain, engoncé, par « mièvre sentimentalisme », dans ses cultures désuètes fondées sur une nature dont il tarde à se débarrasser, n’arrive plus à suivre. Ni à penser, ni à agir. Là dessus, sur fond apocalyptique, sans rien prendre conscience de nos atavismes, on nous convainc qu’il y a mieux que la religion pour gagner l’immortalité : le transhumanisme. Sommé de jeter aux orties ses croyances et son système symbolique, l’être se retrouve alors dans une sorte de sidération qui laisse la porte ouverte aux réactions instinctives de défense. Cette angoisse d’être largué est le fondement de l’insécurité et des régressions politiques. Elle entraîne une recherche réactionnelle de limites claires et un désir viscéral d’émettre une volonté personnelle, une résistance qui, si elle n’est pas analysée, peut facilement verser vers le fascisme.

Mais ce fascisme là est un dinosaure, un archaïsme par rapport à celui contre lequel il proteste, car il traduit un retour du refoulé, un pressant besoin de savoir qui on est et dans quel milieu on vit, avec des repères clairs, alors que le totalitarisme techno-scientifique lui, s’insinue partout sous l’apparence du progrès et du bonheur, nous privant cruellement de ripostes.

Les premières victimes de ce fascisme technologique sont les femmes et la nature.

Au moment où Ellul sortait son livre « Le bluff technologique » dans les années 80, dénonçant l’absurdité, l’inhumanité et l’immense gâchis de l’escalade technologique, la féministe Donna Haraway publiait son Haraway_cyborg_manifeto« manifeste Cyborg », texte phare de la culture digitale, encensé par les cybernautes et autres hackers. Ce texte propose une nouvelle voie d’émancipation aux femmes : l’union consentie avec la machine. Puisque l’informatique, les sciences et les techniques convergent inéluctablement vers un mixage de l’humain avec les robots, Haraday, estimant désormais dérisoire toute critique de cette dérive anti-démocratique, invite les femmes à accepter la confusion des genres : c’est simple, pour en finir avec l’inégalité entre les sexes, il faut tout bêtement supprimer la différence des sexes ! Pareil d’ailleurs pour le racisme et la ségrégation de classe, il suffit, pour en finir avec les injustices, de supprimer les races, les classes et les espèces… genre solution finale.

Elle constate l’échec de réunir les femmes en un seul groupe unique capable de changer le monde (son groupe de femmes blanches dominantes n’a pas réussi à convaincre les femmes de couleurs et les femmes pauvres, traitées "d’essentialistes", à poursuivre la même idéologie libératrice...), donc il faut reconnaître l’échec de l’universalisme occidental et en déduire qu’il faut alors changer de paradigmes.

Cette mutation, déjà amorcée par les fulgurants progrès techno-scientistes, doit dissoudre le concept même de « femme », car le corps biologique, avec ses émotions et ses somatisations, bref, l’organisme, est désormais un format révolu dans un monde hyper rationnel devenu un code à décrypter. L’intelligence sensible qui mobilise l’art, la poésie et l’empathie, est désuète par rapport aux fonctions opératoires et combinatoires de l’intelligence artificielle. Il faut donc, pour conquérir une place respectable dans ce nouveau monde, se situer au cœur du monstre militaro-scientifique, s’immerger dans les arcanes codés du système. Puisque le « cyborg » est incontournable, alors les femmes doivent l’accepter et chercher à en tirer parti pour ne pas se laisser dominer par les nouvelles technologies. C’est le pari des cyberféministes qui s’exercent à maîtriser les codes cybernétiques en y inventant de nouvelles formes d’images, d’art et d’usages dits sociaux. Il s’agirait en fin de compte de brouiller les pistes et de tout rendre fluide et confus afin d’empêcher toute préhension capitaliste. Puisque la tare du capitalisme, c’est de tout accaparer, faisons en sorte qu’il n’y ait plus rien à prendre. Je sais que cette tactique est le sursaut désespéré de la proie car je l’ai éprouvé plus d’une fois dans ma quête de liberté et lors de mes rages contre l’oppression. C’est la tactique de l’otage, dont l’impuissance va finir par le faire pactiser avec son tortionnaire, en adoptant son système de pensée : l’asservissement et la fin seront-t’elles plus douces ?

Pour que l’indifférenciation soit en mesure de rendre toutes choses inappropriables, il faut donc dissoudre les frontières entre l’humain et le non humain, car l’interchangeabilité et la possibilité de tout manipuler induirait, selon Haraday, un élargissement de la liberté, par émancipation de cet artifice qu’est l’Ego personnel, source de tant de complications psychologiques et irrationnelles, alors qu’il n’est qu’une construction abstraite pouvant être défaite à volonté. Rejoignant par une voie inattendue le mysticisme de l’abolition de l’Ego cher à tant de religions orientales non dualistes, Haraday se situe bien là dans la filiation des ex-babas californiens devenus gourous milliardaires PDG des Gaffas et fanas de l’ultra libéralisme.

Donc, pour que les femmes ne soient plus appropriables par les hommes, il ne faut pas remettre en cause les comportements prédateurs des hommes, c’est voué à l’échec, ils sont les plus forts, on n’y peut rien. Sans s’en rendre compte, Haraway convoque ainsi un super « essentialisme » inverse : les hommes sont congénitalement des brutes qui ne changeront jamais, contrairement à la machine intelligente…. Le mieux est donc de prendre la voie très efficace de l’élimination pure et simple des catégories « femme » et « homme ». Et tant qu’à faire, supprimons aussi toute dualité, désignée comme responsable de toutes les dichotomies qui ont hiérarchisé les sexes, les races, les classes, etc.…

Son postulat principal est de désigner comme ennemi à l’avenir radieux du trans-humain capable d’augmenter ses capacités à volonté, le DUALISME. Tous les opposés dits traditionnels seraient la base de nos erreurs et en particulier de la misogynie, symptôme du patriarcat. L’erreur la plus grave est de reconnaître qu’il y a deux sexes, car c’est ce dualisme qui a permis à un sexe de dévaloriser l’autre, c’est à dire à l’homme de dominer et exploiter la femme. C’est pourquoi il ne faut même plus employer le mot sexe mais se servir d’un euphémisme, le genre, qui montre clairement que les gens intelligents ne se laissent plus abuser par d’aussi archaïques pré-supposés…

Attaquer le « dualisme » comme responsable des hiérarchies, des inégalités et des dévalorisations me paraît un peu court. C’est comme si on accusait Dieu des guerres que les hommes se font entre eux sur terre. C’est stupide, car c’est attaquer non pas une interprétation ou un fait humain mais un archétype, en l’occurrence l’archétype du chiffre deux, ou de la dualité de toutes choses.

Il est vrai que reconnaître la dualité entraîne nécessairement la reconnaissance de l’unité, or c’est ce que les tenants de la dissolution ne peuvent supporter car il y projettent tout de suite un rapport de force, le Un étant obligatoirement le roi qui domine. L’archétype unitaire passe donc à la trappe pour les mêmes mauvaises raisons que le Deux. Le cyborg d’Haraday, en refusant le dualisme et ses dichotomies classiques, refuse aussi logiquement tout mythe de l’unité originelle, toute référence au Un, au dieu ou à la déesse, à l’unique, au souverain et même à la graine ! Tout ne peut commencer à exister qu’à partir du trois. Pas de filiation organique donc, comme Jésus né d’une vierge. Les racines, les parents, les anciens, la mémoire, ne peuvent que nous retenir de grandir, et nous engloutir. Le passé est forcement réactionnaire et le présent totalement ringard par rapport au futur. Tout ancrage, tout fondement ontologique nécessaire à l’existence, est dangereux, car aussitôt saisi par le dualisme, ogre diviseur obsolète, alors que le cyborg peut désormais émerger d’une éprouvette anonyme, dégagé de toute histoire située. Qui peut se dupliquer sans avoir à se justifier par des singularités exténuantes. Seul le multiple a droit de cité car une fois produit le Trois, on peut le répliquer à l’infini sans se soucier des sources. Ce refus, par les adeptes du techno-scientisme et du transhumanisme, de toute origine unique et de toute causalité repérable, au profit d’une relativité diffuse, attaque si fort les identités qu’il ne faut pas s’étonner que celles-ci se rebellent. Sans discuter philosophie, je dirais simplement que pourtant, d’après Zoroastre, le dualisme a un avantage certain : par la force de discrimination, il produit la sagesse.

Mais revenons aux élucubrations de Donna Haraway :

Créons donc une entité indéfinissable, assez floue et mouvante pour se noyer dans un multiple indénombrable, une créature suffisamment fuyante pour échapper à toute appropriation.

Cette entité serait une sorte de mixe entre organismes et machines, la nature devenant une marque déposée dont le génome serait l’algorithme. L’organisme est vu comme dangereux car autonome et irrationnel, alors que la machine peut être programmée par des opérations mentales auxquelles les femmes excellent autant que les hommes, et commandée par simple opération manuelle ou téléguidée, ce qui élimine les différences naturelles de poids, de taille, de muscles et donc, la violence physique. L’autonomie de la machine ne peut être qu’un progrès débarrassant de « corvées futiles ».

L’argument reprend une des revendications majeures de celles qu’elle traite de ringardes et dépassées, ces « essentialistes » qui s’accrochent encore à la nature (qui est un leurre), à leur corps (inexistant) et à leur foyer (une prison)  : l’argument qu’il n’existe pas de différence ni de hiérarchie entre les hommes et les animaux, bases de l’animisme, du panthéisme, du chamanisme, de la sorcellerie, constat de l’anti-spécisme et de l'écoféminisme, est subverti pour assurer qu’il en est de même avec les machines. Pas de hiérarchie, pas de différence, ni avec les chats et les chiens ni avec les robots, donc pas de prise de pouvoir possible. Bien sûr, le saut de l’animal à la machine n’est pas questionné, puisque l’humain étant un animal capable de produire des machines, ça induit logiquement que tous les animaux sont liés intrinsèquement aux machines ...(bien que bizarrement, ils n’aient pas encore fabriqué de fusils ni de bombes pour se défendre de leur extermination par les humains… mais peut-être les virus ?...).

Bref, Haraday estime que la relation entre organisme et machine n’est qu’une guerre des frontières et que pour la surmonter, la solution révolutionnaire serait d’abolir toutes limites, car seule cette abolition pourrait briser l’anthropocentrisme responsable de la colonisation et la domination humaine sur les autres espèces, et de l’homme sur la femme. Cette abolition passe par la dissolution des corps organiques en simples composants biologiques façonnables à souhait (elle ne dit jamais qui décide et façonne) et l’avènement d’une ère d’hybridation généralisée : les fonctions naturelles seraient progressivement prises en charge et contrôlées par les machines avant d’être remplacées par des micro-puces, et la fonction de reproduction, jusqu’ici lamentablement binaire, serait remplacée par la fonction de réplication effaçant toutes frontières catégorielles, donc « discriminantes », au profit d’un multiple souverain mais insaisissable. Le monde symbolique doit être remplacé par un rationalisme quantitatif strict, dénué de tout sentimentalisme, l’intelligence artificielle n’a pas besoin de rire ou de pleurer pour bien nous débarrasser de nos viles besognes fonctionnelles, seules les techno-sciences seraient en mesure de nous garantir contre les inégalités et l’autorité arbitraire !

 

Je ne suis pas une universitaire et j’ai eu du mal à déchiffrer ce texte abscons, mais j’ai fini par comprendre, après avoir démêlé les idées maîtresses de ce jargon alambiqué, que j’avais affaire là à une caricature extrême de la traîtrise à son sexe, érigeant la collaboration avec les auteurs du désastre comme seule issue. Collaboration que je dénonce depuis que je me suis écartée du féminisme d’État, qui est au sexe ce que le développement durable est à l’écologie : une récupération par le pouvoir techno-scientiste capitaliste et patriarcal. Si ce manifeste n’avait été que confidentiel, je ne me serais pas alarmée. Mais il a eu pas mal de succès dans les milieux intellectuels et ses idées sont largement reprises par les allumés du transhumanisme. Et là, il y a vraiment de quoi se faire du souci. Parce que oui, les essais de ces gentes dames sont repris par les médias toujours friands de nouveautés, et leurs idées répandues comme inéluctables, comme tout ce que la techno-science nous impose.

Haraday ne vit pas dans la nature, c’est une intellectuelle qui vit de son mental mais qui, à coté de son écran, s’adresse comme à une congénère à sa chienne fidèlement couchée là. Pour elle, la nature, c’est sa chienne. Elle se contente amplement de cette dégénérescence absolue qu’est la prolifération des animaux domestiques au détriment des sauvages, et elle y contribue largement en légitimant par de fumeuses arabesques livresques son rapport fusionnel au chien. Son « égalité » à l’espèce animale se mesure non pas au dernier lion, aigle, ours ou loup pas encore massacré, mais à l’animal domestique le plus largement perverti par l’homme : un acteur essentiel de l’extermination du sauvage, hautement placé dans la chaîne économique très rationnelle du meurtre de masse, nourri de boites de déchets des industries carnassières, gavé de tripes et boyaux des martyrs assassinés dans les camps de concentration où finissent les pauvres bêtes que nous « aimons » tant.

Comme tant de gens seuls et humiliés qui, au grand profit de l’exploitation animale, comblent leur vide émotionnel avec un animal de compagnie, elle est incapable de faire la différence entre un animal aliéné et un animal sauvage. Ce qui la rend tout aussi incapable de différencier l’humain libre de l’humain aliéné. Elle est victime d’un anthropocentrisme pervers (qu’elle se targue de dénoncer par ailleurs) qui projette sur l’animal domestique, dont elle détient les droits de propriété, ses propres sentiments et émotions, ce qui est complètement différent que de reconnaître à tous les animaux, ceux sous notre coupe et ceux qui ne le sont pas encore, la capacité de sentir et d’éprouver, et le droit de n’appartenir à personne.

Car ce qui différencie un humain libre d’un humain aliéné, c’est que l’humain libre n’appartient à personne.

Cette absence de subordination est bien entendu un affront pour la plupart des gens qui veulent faire prospérer leurs intérêts sur le dos des autres, et on trouve donc toutes sortes de tactiques pour enfumer la réalité, particulièrement en expliquant que le summum de la liberté, c’est de pouvoir faire ce qu’on veut avec les autres, sans aucune limites, à commencer avec soi-même.

J’en profite pour dénoncer à ce sujet le délire «  libertarien » des informaticiens de la Silicon Valley qui défendent une idéologie de libéralisme total où tout peut s’acheter, en particulier ses propres composants personnels, afin que l’humain soit propriétaire de lui-même comme on l’est de son chien ou de sa voiture. L’humain libre serait alors celui qui s’est nanti au meilleur prix de tout ce qui le caractérise, dont les artifices biotechnologiques qui l’augmente. Ainsi on ne pourra plus jamais penser qu’un humain libre est celui qui n’appartient à personne, on dira que la liberté, c’est être propriétaire de soi. Voici le règne absolu de la propriété privée poussée à son extrême, nécessaire aux nantis pour tout annexer. Le plus libre est donc celui qui, après s’être débarrassé de son vieil Ego dans une secte d’« éveillés », s’appartient le plus, qui aura pu s’acheter le plus de composants robotisés, et qui aura le mieux réussi à agencer un moi morcelé à la carte, pour développer les tentacules exorbitantes nécessaires à s’accaparer tout ce qui s’invente sur le marché des transhumains. Marché appâté par les soi-disant bienfaits des fabuleux progrès de la technologie médicale. Évidement, cette notion de moi breveté englobe tout ce qui est humain et non humain en asservissant tout à la loi du marché, de l’offre et de la demande, et la loi de la personnalité mobile et insaisissable. (C’est là que les hackers gagnent leurs lettres de noblesse, en nous faisant croire que grâce à eux, nous échapperons à tout traçage répressif). Comme tout pourra se vendre et s’acheter, autant les corps que les machines, il n’y aura plus de frontières pour desceller la veille dichotomie maître et esclave, homme et femme, plus rien contre quoi se rebeller. Le totalitarisme technologique advient ainsi dans sa forme la plus inattaquable. Il applique son intégrisme sur ce qui nous est le plus intime, notre corps, notre intériorité.

Son pendant est la réaction désespérée de celui qui, conscient de cette démesure, de cette violation, ne peut rien faire d’autre que se ramasser sur ce qui reste de son intégrité, soit en se vouant à une nation qui le reconnaît comme citoyen unique, le nationalisme, soit en se sacrifiant à un Dieu qui le considère encore comme une personne méritant le paradis, le terrorisme religieux. Comme le disait déjà Ellul il y a presque quarante ans, l’occident démantelé doit faire face à « la force de mobilisation des idéologies unificatrice, mobilisatrice et combattante ». Donc de l’islam et/ou de la nation. « l’infiltration croissante des immigrés, avec la diffusion de l’islam en Europe, conduira sans aucun doute à l’effritement de la société occidentale entière, et cela aura été, à longue distance, l’effet de la technicisation... » (page 427, chapitre « la déraison »)

Mais revenons au chien d’Haraday. Ce qui est bien avec le chien, c’est qu’il ne parle pas et ne peut pas s’exprimer, et que donc on peut lui faire dire ce qu’on veut, comme aux ordinateurs et aux robots. On peut programmer les animaux domestiques pour qu’ils nous servent sans discuter. J’ai acheté ma chienne qui a de la chance avec moi qui la gâte, et voyez comme elle comprend tout, obéit et suit mes rythmes ! Puisqu’elle partage mon habitat sans problèmes, c’est qu’elle me ressemble. On a là, avec les animaux domestiques modernes, le processus inverse d’avec l’esclave : l’esclave, il fallait qu’il soit un sous-humain pour le mettre à distance et le maltraiter sans vergogne. Le chien, il faut qu’il soit un sur-animal pour le rapprocher du mode de vie humain dont il comble les lacunes émotionnelles et relationnelles, et l’intégrer à la société de consommation. De même, les robots m’obéissent et me servent à mieux fonctionner, ils sont donc un simple prolongement de mon humanité. Ce n’est pas que je respecte la différence et la liberté du chien ou du lion, c’est que je l’annexe à ce que je considère comme la liberté universelle, j’en fais un hybride de moi qui ne suis qu’un assemblage déposé, un objet que je peux émanciper à volonté.

Avec de telles bases, on comprend que le "cyborg" de Haraway n’est qu’une projection d’une volonté de toute puissance absolue. Le problème, c’est que ça sert de base aux délires actuels…. Tel celui, cité par Mathieu Terence, de Steven Pinker, qui poursuit des recherches sur l’embryon à Harvard, et a bien l’intention de mettre au point des méthodes reléguant «  la procréation naturelle au rang de loterie injuste et mal dotée ».

A suivre...

bébé de femme félée

 

 

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28 mars 2017

Chercheuse d'eau

Tous les jours, quand la forêt se déserte, j’y vais.

elle va chercher l'eau tous les jours

 Avec mes bouteilles vides, mon broc et un goulet découpé dans un morceau de plastique rigide.

Je vais au ruisseau ou à la source, ça dépend.

Je l’entends au son, surtout s’il a plu, j’entends le chant de l’eau, ce murmure éclaboussé que j’adore, qui me relie aux âmes des êtres visibles et invisibles tapis dans les bois. Sinon, quand il n’a pas plu depuis longtemps, je dois la chercher, remonter le ruisseau à sec, la débusquer où elle s’insinue. En été, elle se tarit parfois complètement, les pierres les plus enfoncées au creux du vallon sont à peine humides, et je dois alors compter sur mes réserves d’eau de pluie.

Mais cette année, mes cuves ont été empoisonnées.

J’ai beau les surveiller et en prendre soin régulièrement, je n’ai pu empêcher ce est arrivé.

Non, ce n’est pas un crapaud mort ou une invasion de limaces et mon eau n’a pas tourné à cause du vent mauvais. Ce n’est ni l’oxygène ni un cadavre ni des végétaux fermentés qui ont pourri mon eau et je n’ai pas oublié de fermer mes couvercles.

Cette flaque noire et gluante qui recouvre ma réserve, d’habitude si claire qu’on y voit le moindre dépôt de sable, cette nappe glauque qui se fendille en plaques et colle à la paroi, c’est l’acte de quelqu’un qui ne pense qu’à me nuire. Un acte de malfaisance au sommet de la hiérarchie ce que j’ai déjà eu et continue à subir. Je sais qui c’est, ce type qui est venu la nuit verser son huile de vidange dans ma réserve de cuisine, tout contre la yourte. Il ne s’en prend pas qu’à moi, il en a déjà bousillé au moins une autre, avec toujours les mêmes méthodes sournoises.

Je crois maintenant qu’il existe ce genre de type partout, qui s’en prennent aux femmes parce qu’ils sont lâches et obsédés. Avant que je m’occupe des êtres non humains, quand j’aidais des congénères, j’ai reçu tellement de témoignages de ce que la méchanceté peut tramer dans les villages, surtout contre les femmes seules et les personnes vulnérables, que par moments je n’en croyais pas mes oreilles, je me disais, ce n’est pas possible, car comment vivre dans un pays en paix avec tant de haine ?

Alors je comprends très bien que quand l’une d’entre nous arrive à se plaindre où à oser dénoncer le harcèlement, bien peu veulent nous croire. C’est tellement moins dérangeant de penser que les victimes sont hystériques ou paranoïaques, qu’elles l’ont cherché ou mérité, et c’est si pénible d’envisager la dose élevée de vice et l’enracinement de frustration qu’il faut pour ronger avec tant de perfidie et de constance la vie d’innocents.

portage

Il me faut marcher plus, plus loin, je deviens vraiment comme une africaine ou une indienne dont une grosse partie de la journée est dédiée à la quête et au transport de l’eau. Elles aussi sont obligées d’aller de plus en plus loin, à cause de la sécheresse, à cause de nos bagnoles et nos usines qui éjectent tellement de fumées que la planète devient une gigantesque serre. On pourrait penser de prime abord que ce n’est pas pour les mêmes raisons que ces femmes et moi trimons à ramener de l’eau sous la tente, mais en y réfléchissant, la cause commune apparaît assez vite. C’est toujours la même prédation effrénée, celle que je récuse en m’abstenant du superflu.

L’une des différences d’avec elles, c’est que je suis obligée de me cacher.

Pas sous une burqa ou un foulard.

femme voilée portant l'eau sur sa tête

Je me cache dans le vert et le brun, je m’habille en kaki, en beige et en marron, je me fonds dans les feuilles, et quand j’entends un bruit, je me jette dans les fourrés et je m’immobilise en souche. Toujours aux aguets comme une bête sauvage, je prends garde à ne pas laisser de traces, je fais des détours et rampe sous les bruyères et les ronces, comme les sangliers. Sauf qu’eux laissent des traînées de boue grise contre les troncs, surtout autour de la marre où ils se rabattent quand leur souille a été mitraillée par les chasseurs, alors que moi, j’efface l’empreinte de mes semelles et referme les bosquets par où je passe. J’emprunte souvent les coulées des sangliers pour me réfugier dans les broussailles quand un danger humain se profile. C’est comme ça que je rencontre plein d’oiseaux, d’insectes, de petits mammifères, de champignons et de salades sauvages. Au plus près du sol. Beaucoup d’oiseaux nichent dans les buissons, qui s’envolent en piaillant, c’est une cause non négligeable d’être repérée, alors j’apprends le déplacement silencieux. C’est plus compliqué en hiver quand les feuilles crissent sous les pieds au lieu de s’étaler autour en frondaisons protectrices. En hiver, l’eau est plus abondante, mais les taillis dénudés me laissent à découvert.

à la recherche de l'essentiel

Ma quête de l’eau subit donc deux contraintes :

le climat et la méchanceté.

monstre sur la porteuse d'eau

Pour ces deux raisons, je ne vais pas longtemps au même endroit me ravitailler.

Les crues d’automnes déménagent les circuits de fossés, renversent des rochers, des arbres, des branches, et des pans entiers de terre dans le lit des ruisseaux. Je dois improviser de nouveaux passages et de nouvelles rigoles. Inévitablement, surtout quand l’eau se raréfie, j’écarte des herbes, je creuse un sillon, je dégage des pierres, bref, je provoque un léger aménagement pour canaliser le filon vers mon broc. La moindre trace révélant où je remplis mes bouteilles m’expose soit à l’empoisonnement soit au détournement en amont, donc au tarissement de ma manne, les deux provoqués par un fanatique du mal ordinaire en permanence sur mes talons.

Mais quand je l’entends, quand je la trouve, c’est toujours la même magie.

femmes eau

Aucune musique ne peut m’apporter un tel réconfort, rien n’égale cette clarté de l’eau qui dilue tout en flux de joie, même et surtout quand je suis envasée dans mes chagrins.

Je m’accroupis sur la berge, les pieds léchés par les vaguelettes ou un délicieux crachin éjecté d’une anfractuosité, et là, pour un moment de pure communion, je me fonds dans le bruissement de la forêt, je remonte à l’oreille le trajet du filet ou de la cascade, j’apprends à lire l’onde comme une partition, traversée par la vision stimulante de toute cette eau suintant en filaments dans la terre de la colline et convergeant vers le ravin. Sans rien au-dessus pour la contaminer, du moins quand j’ai réussi à ne pas me faire remarquer. Je me laisse envahir par le clapotis purifiant, décanter par les embruns brumisants.

femme en cascade

Alors, chaque goutte qui pétille dans mon verre devient une perle de lumière.

Et si en plus, comme bien souvent, un oiseau tout proche répond à mon sifflet, alors c’est le nirvana.

Pour ne pas gâcher ce plaisir, j’évite de penser à cette phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » qui est devenue un credo féministe, car là, franchement, ça me met en colère.

C’est parce que je suis née femme, que je n’ai pas de tuteur masculin, et qu’en plus, j’ose m’écarter des sentiers battus, que je suis traquée, harcelée et perpétuellement emmerdée.

Si j’étais née homme, je ne serais pas obligée de prendre tant de risques à chaque fois que je vais chercher l’eau de ma survie, car au moins, en cas de carrure peu convaincante, je serais armée et je l’assumerais sans vergogne.

J’invite donc des survivalistes aguerris et bien équipés, en quête de frissons gratuits dans une mise en situation authentique, à venir faire un stage d’immersion par ici, car j’aimerais assez peaufiner mes combines si on veut bien m'expliquer comment accéder à l’eau quand celle-ci devient plus précieuse que tout l’or du monde.

Car si l’apocalypse est encore une fiction,

l’eau dont je parle n’est pas symbolique,

ce n’est pas une lubie,

j’ai vraiment besoin de la boire.

de l'eau pour tous les jours

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17 mars 2017

Le temps des amours

Séduction solaire.

Elle est passée sans s'intéresser à lui,alors il s'est tourné vers moi.

Il est vraiment beau.

Finalement, il est parti lui courir après.

 

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28 février 2017

Ma boule à fond

 Je fais des boules.

Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais toujours des boules, et des cercles et des ronds, des astres en miniatures, des cellules en grand. Des ronds sortent de moi que j’applique au réel et tout devient magique.

J’ai souvent l’impression que mon instinct cherche un contrepoids pour rétablir l’équilibre. Je fais des boules depuis longtemps, et quand je n’en faisais pas, avant, que j’avais les boules qui ne sortaient pas, plus rien ne tournait rond et je tombais malade.

C’est plus fort que moi, j’ai des boules à l’intérieur qui gémissent pour sortir, je suis pleine de bulles et de balles qui se pressent dans mon cœur, et surgissent soudain au bout de mes doigts.

A l’école de décoration où j’ai échoué un jour de désorientation, pendant que les autres graphistes rivalisaient de séduction publicitaire, j’encadrais des AUM irradiant au centre de figures symétriques, sans savoir que c’étaient des mandalas. Je récoltais forcement des zéros bien ronds qui, comme une boussole, m’ont remis dans le droit chemin.

Je fais des boules qui roulent, que j’arrête sur un coin de chez moi

où je tisonne le ciel.

Dehors est ma cuisine alchimique où je triture ce qui vient du dedans, je fais des boules comme des pupilles, des yeux sans jugement qui me guérissent de la méchanceté et de la médiocrité.

Que je pétrisse de la glaise ou vanne des tiges, tisse de la laine ou brode des lianes, amasse des cailloux ou des coques, arrange des fleurs en guirlande ou des noix en médaillon, peigne des mandalas ou fabrique des yourtes, ce sont toujours des boules qui naissent sous ma main.

Comme si mon geste pouvait retenir l’éclatement du monde.

Comme si là-haut le firmament, content de se refléter dans mes boules, empêcherait le ciel de s’effondrer.

Je barbouille de fils les boules de bois que j’ai tressé, comme si tous ces liens pouvaient contenir la brisure de mon cœur.

Je sculpte des boules en relief dans le charnu de la vie pour les serrer dans mes bras comme si je portais encore un enfant, un enfant qui ne mourrait jamais. Un petit enfant joyeux jouant au ballon pour l’éternité, un ballon qui partout révélerait aux humains comment rebondir en souplesse sans rien casser.

Pas un mois sans qu’un cercle ne vienne se faire bidouiller en mon jardin, où je l’expose au soleil, au vent, à la pluie, aux rigueurs et aux extases, pas un jour sans qu’une boule ne m’appelle sur le chemin, un galet, une perle de lumière, une coquille, une baie, un calice, un bouton, un trou dans le bois, une goutte sur une toile d’araignée, et je sens que tous ces ronds cachés dans la nature sont mes complices. Comme moi, ils résistent au macadam, aux briques et aux bâtiments, à tous ces legos qui nous enfournent dans des boites, nous empilent dans des hangars et nous aliènent aux écrans. Pourtant, il m’est arrivé de dessiner des cercles avec une règle, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai compris que ma boule exprime, avec un génie de la forme particulièrement concis, la béatitude de la géométrie.

Parce que toutes les lignes, un jour, mènent au point.

Il n’y a rien de droit chez moi et pourtant mon chemin ne dévie pas du rêve intérieur qui me guide, ce rêve qui génère des chapelets de grâces quand il s’accomplit dans un cercle.

J’ai fais une boule aujourd’hui, elle a surgi de mes entrailles sans que je sache pourquoi ni comment, je l’ai tout de suite adopté, je l’ai habillé et elle m’a entraîné là où elle voulait être.

Je l’ai déposé sur des pots de fleurs retournés à l’envers au milieu d’un grand cercle de terre gagné sur le chaos rocheux,

mimosa mandala 2

et j’ai continué à la draper de fils dans l’air vif d’un matin d’hiver rutilant. Chaque instant s’inscrivait au sol comme sur un cadran solaire, l’ombre de la boule s’étirant comme un œuf en parcourant toutes les directions.

Je ne sais pas si mon utérus est tout à fait rond mais j’ai tissé comme un bébé s’enveloppe de placenta, et quand j’ai terminé la troisième pelote, j’ai entouré ma boule d’une spirale de feuilles cousues bout à bout, à la façon dont Adam et Eve ont acquis la pudeur.

mimosa mandala 3

Puis j’ai caché les pots dans une litière de fougères et j’ai suspendu un cristal au milieu de la boule.

C'est devenu tout de suite un diamant où s'est jeté le premier rayon de soleil surgissant du fond de la vallée.

mimosa mandala 5

Je crois que Février est mon mois préféré, justement à cause de cette énergie solaire que la nature toute entière pressent dans ses tréfonds, à cause de cette vibration fébrile qui monte imperceptiblement de la terre, que les bulbes expriment en premier : les jonquilles ouvrent leurs tubes d’un jaune enchanteur,

crocus au soleil

les crocus percent les feuilles de châtaigner fripées de leur délicatesse diaphane, pendant que les premières violettes, timidement, embaument le sous-bois.

J’ai savouré et le soleil s’est mis à enfler, à rayonner.

J’ai ramassé alors des matières autour, qui puissent tramer l’extension de ma boule, figurer ces pulsations souterraines sourdant d’un cratère cherchant son embouchure terrestre. D’abord, des fagots de branchettes pour entourer la base, puis un premier cercle d’écorces de pin, et un deuxième avec des pommes de pin. Un troisième avec des épis de maïs du jardin d’une amie qui séchaient sur une pierre, entre lesquels j’ai calé une flopée de douilles rouges trouvées dans la cabane abandonnée d’un vieux chasseur. Après un quatrième tour avec des fleurs récupérées à la poubelle du cimetière, je me suis un peu reposée, j'ai pris du recul et là, face au soleil levant, j’ai bien vu que ma boule,

c’est un enfant du soleil.

mimosa mandala 4

Puis je suis allée chercher de la terre bien noire du crassier pour dessiner vingt quatre cuvettes d’où élancer les rayons.

mimosa mandala 6

mimosa mandala 7

Je savais bien que la terre allait sécher et perdre ce noir d'ébène des profondeurs alors j'ai tout de suite coupé des tiges de fougères séchées pour figurer les premiers rayons, mais il me fallait du marron plus souligné, alors je suis partie récupérer plein d’écorces de mimosa pas loin de là, dans un bosquet gelé quelques années auparavant.

mimosa mandala 8

Puis j’ai coupé quarante huit rameaux de pin encore verts aux branches cassées sous le poids de la neige de janvier, ainsi que vingt quatre grosses feuilles de lierre. Enfin, j’ai parsemé la figure de boules de fleurs de mimosa d’un jaune citron éclatant avant d’en déposer une vingt cinquième, plus grosse, sur le sommet de la boule originelle.

mimosa mandala 9

C’est ainsi qu’est advenu, à la fin de la danse, le nom de cette œuvre :

Mimosa Mandala !

mimosa mandala 10

J’entends déjà scander Mimosa Mandala sur mon tambour chamanique...

mimosa mandala 11

Ingrédients:

Rejets de chataigner/Ficelle/Pelotes de laine/Pots de fleurs/Fougères sèches/ Fagots de branchettes/ Ecorces de pin/ Pommes de pin/ Epis de maïs séchés/ Douilles de fusil de chasse/ Pétales dépiautés de fleurs de cimetière/ Tiges de fougères/ Ecorces de mimosa/ Tiges de phytolacas/ feurs de mimosa/ Rameaux de pins/ Feuilles de lierre/ Joie.

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22 février 2017

Artisanat, anti-dote à l'impérialisme technologique

Artisanat,

oeil de dieu richesse de la pauvreté

alternative douce à l'industrialisation et la numérisation

des vies, des corps, des objets, de la nature, du travail,

oeil de dieu le rire du pivert

résistance au productivisme et au rendement,

désobeissance aux dictats algorythmiques,

mais résonnance avec  la géométrie sacrée. 

oeil de dieu coeur de flocon

Artisanat,

sédition au consumèrisme, à la compétition, à la performance, 

Voie des modestes et des sages.

Artisanat d'art, insurrection de la beauté,

insoumission à la rationalité technicienne,

rébellion aux experts, à tous les spécialistes comptables du désastre...

Artisanat d'art,

complicité des êtres dans l'harmonie de la forme,

art gestuel de la présence au monde :

on peut posséder la technique mais jamais la présence !

oeil de dieu une place dans mon coeur

Au Cantoyourte, tous les premiers Dimanche du mois,

on essaye de cultiver la présence

en partageant des techniques manuelles simples

en communion avec la nature.

Mandalas, land art, 

tissage sur baguettes : Yeux de Dieu ou Ojos de Dios,

objets rituels, totems, capteurs de rêves etc...

Cessez de courir, tout est déjà là.

oeil de dieu la voie enchantée

Contactez l'auteure du blog pour plus d'infos sur les cercles de tissage

et pour s'inscrire.

Les oeuvres de Sylvie présentées ici sont disponibles là:

https://www.alittlemarket.com/boutique/bohemian_dreams-438.html

 

 

 

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29 janvier 2017

Débranche total 2

Tout est calme, le grand calme de la neige.

Dés que j’ai ouvert l’œil, je l’ai vu, répandue toute blanche partout autour et dessus la yourte. Bien plus compacte que la semaine dernière. Une neige lourde qui fait ployer les branches. Qui crée des tunnels végétaux dans la forêt devenue infranchissable. Qui s’accroche en blocs tassés.

Je l’ai senti venir hier après-midi quand le ciel s’est couvert, alors j’ai rentré mes derniers fagots répartis sur le terrain. Je suis parée, j’ai des bûches à l’abri, deux jours de soupe d’avance, ça me remplit d’un agréable sentiment de sécurité.

rideau de fleurs sur la neige

Qui sera vite démenti dehors.

petite yourte dans grand paysage de neige

Le feu crépite, je le stabilise au minimum, tout à l’heure, je pourrais faire sécher anorak, bonnet, gants et bottines. Je suis sereinement excitée, cette balade dans la première neige est toujours une merveilleuse aventure.Vite, je m’habille en ne quittant pas des yeux mon environnement qui s’est métamorphosé : l’espace s’est dilaté par effacement des limites entre ciel et terre mais aussi recroquevillé, par le poids qui pèse sur les végétaux. Devant moi, un tapis blanc immaculé que personne n’a encore foulé. Même pas un rouge gorge. Je pose mon premier pas dans le moelleux qui crisse délicieusement. Ce crissement sourd de la neige profonde absorbe le paysage dans la paix de la virginité.

Comme je l’ai désiré cette blancheur !

Comme si la neige pouvait arrêter la folie des hommes,

les obliger à ralentir et se taire.

Je brise cette virginité de mon empreinte, lentement, consciente de mon effraction dans le grand blanc.

empreintes sur la neige

Bizarrement, on dirait que la colline d’en face s’est rapprochée, je pourrais presque toucher les cèdres de l’autre coté du ruisseau. Je ne suis pas encore à l’affût de traces animales, je sais que toutes les bêtes sont terrées, elles sortiront plus tard, alors je devinerais qui est là et repérerais les circuits sauvages.

trace de blaireau dans la neige

Si les traces ne sont pas trop brouillées par les boules de neige qui commencent déjà à pleuvoir.

Je pénètre à découvert dans le silence de la nature qui a revêtu son grand manteau d’hiver. Mais ce n’est pas le grand silence. Certes le village s’est tu, j’entends à peine un raclement de pelle au fond de la vallée, et ce n’est pas encore l’heure des enfants.

école fermée un jour de neige

Bien que les grands pins ployant sous la neige me rappellent la forêt nordique, ce n’est quand même pas la Sibérie, je sais qu’ici, la neige est fragile et éphémère et que j’aurais sans doute juste le temps d’une incursion au fond des bois. J’admire et j’écoute.

La forêt a changé de ton. Elle ne bruisse plus, elle hoquette.

Ce qui domine, ce sont ces craquements de différentes amplitudes qui explosent de partout. Des branches cèdent sous la pression, parfois une grosse ramure chute lourdement dans un nuage de blanc. Ça pète brutalement, d’un bruit sec qui résonne, éclaboussant la futaie de nuées lactescentes. Il arrive qu’un écroulement en entraîne d’autres en cascade, même des branches vertes ricochent sur les troncs. La neige nettoie la forêt, élimine les branches mortes, les arbustes trop faibles, trop minces. Les herbes elles, ploient où s’aplatissent, elles se relèveront.

Le deuxième bruit inquiétant vient des blocs de neige qui tombent. De gros ploufs sourds déchirent le décor vitrifié, et à l’intensité du son, je devine la grosseur de la plaque qui a glissé.

C’est de là que vient la vraie menace.

Pas seulement dehors, aussi dans la yourte. Quand tout à coup, le crépitement du feu est troublé par un gros coup sourd qui fait vibrer toute la tente. Dès l’aube, la température monte, le tir nourri de la neige ressemblera bientôt à une mitraillette étouffée, de gros paquets s’effondrant sur mon toit. C’est dangereux, je le sais. Je calcule vite les risques et décide de rester là, à surveiller du coin de l’œil, entre mes enchantements, l’évolution des chutes de neige.

Parce que je ne résiste pas au charme de la neige.

yourte des bois sous la neige

Parce que mon vrai refuge est ici, alors où trouverais-je refuge au refuge ?

La neige est de plus en plus rare sur les contreforts méridionaux des Cévennes, voilà six ans que je l’attendais. Juste avant que j’habite sur ce land, l’hiver 2010 nous avait gratifié de quarante centimètres de neige. Tout était bloqué, un vrai havre. Maintenant, je sais que ça ne va pas durer, je veux en profiter. C’est trop beau. Trop tranquille. Même si je suis révoltée en entendant un coup de fusil. Ou un connard un sale type sortant son quad. Même si le toit de mon abri peut céder. Je veux simplement remercier pour la beauté. Je veux ressentir si fort la beauté du monde qu’elle m’en tire des larmes d’amour. Je ne veux pas haïr les aveugles. Je veux aimer, révérer, admirer, éclater en louanges.

Bien que la neige efface les reliefs, elle dessine des formes sublimes en détachant les silhouettes par les creux et les envers qu’elle ne peut remplir. Des échines sculpturales sont révélées par le contraste du blanc brillant sur le dessus des branches avec le dessous noir du bois.

Un gigantesque pinceau blanc reconfigure ainsi les chablis, les cabanes,

les bouquets de fleurs fictionnelles,

fleurs fictionnelles sous la neigeles vieux souchards,

souchard pinochisus sous la neigeles sculptures de fortune,

la pelle de la forêt enneigée

les lianes, les bosquets de bruyère effondrés qui balayent le sol, et tout ce que j’ai laissé traîner qui, s’il n’a pas disparu, resurgit sous une forme singulière, épurée.

Les compositions spontanées qui jonchent mon jardin offrent ainsi de nouvelles lignes stylistiques, une sorte d’affinage qui pointe vers l’essentiel. Alors je m’extasie sur une ramification soudain devenue transperçante, évidente comme une sculpture exeptionnelle. J’ai droit en cet instant à l’une de mes plus belles leçons de vie, car ici se dévoilent les racines de l’art. Comme si la nature s’affichait en hiéroglyphes, se réfugiant dans un mystère indéchiffrable, qui ne laisse d’autre sentiment esthétique qu’une immense vénération. Et cette vénération emporte toute autre considération. Je sais que viendra vite le temps du dé-trempage et sans doute aussi le moment de compter les dégâts. Mais pour l’instant, j’accueille cette journée de neige comme une jeune mariée rutilante dans ses gazes éblouissants, tremblante sur le seuil du parvis où s’ouvrent les portes du bonheur. Aujourd’hui la terre mère reprend sa souveraineté, cette place précédent tout endroit et toute image, ce à quoi réfèrent tout maître zen et tout calligraphe qui, d’un haiku fulgurant ou d’un magistral coup de pinceau, cherchent à rendre la quintessence des origines.

Des multiples découvertes artistiques qui jalonnent mes chemins, celles que j’ai provoqué en parsemant mes terrasses de couleurs vives me ravissent particulièrement.

L’esprit de l’Himalaya souffle dans les bannières.

guirlandes de drapeaux sous la neige yurtaoJ’ai préconçu la feuille blanche en espérant cette neige et maintenant,

les ribambelles de drapeaux suspendues entre les arbres

fanions sur neige

font ricocher la lumière en un ailleurs qui actualise

le monde imaginaire de la création.

arbre multicolore sous la neige

Le moindre fil à linge devient une guirlande un peu étrange,,

fil de neige ébourriffé yurtao

tandis que les mandalas à plumes, ceux qui attrappent les rêves,

se détachent sur les fondus laiteux.

attrape réves yurtao

Les taches de couleurs deviennent alors touches d’un grand piano sylvestre,

couleurs vives sur blanc de neige

j’entends dans le silence s’improviser des notes cristallines, légères et vaporeuses comme les flocons, une mélodie exquise qui s’enlise doucement dans la blancheur, après avoir écarquillé mes sens, à l’intérieur de cet espace sacré révérenciel qu’ouvre l’impérialité de la neige.

Et puis un grand roulement sourd me surprend, on dirait un hélicoptère franchissant la crête d’en face. Le raclement grave se prolonge, tout devient gris, je comprends que c’est l’orage. Un orage de neige.

Cette fois, ce n’est plus de joie que je tremble, mais d’appréhension. Cet orage qui déboule en noircissant le ciel va secouer les arbres déjà meurtris, la forêt va souffrir et mon camp aussi.

Avec mes doigts gelés, mes pieds déjà trempés, je ne peux rien faire.

 

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19 janvier 2017

Sauver la forêt !

"Auprès de mon arbre, je viviais heureux,

j'aurais jamais dû m'éloigner d'mon arbre,

auprès de mon arbre, je vivais heureux,

j'aurais jamais dû le quitter des yeux ! "

Gorges Brassens

 

NON A LA "BIOMASCARADE" !

Dimanche 5 février 2017,

les opposants à la centrale biomasse convergeront vers Gardanne!

Rassemblement à 10h30

 

devant la mairie de Gardanne

 

et marche jusqu’à la centrale

 

pour dénoncer

 

la DÉFORESTATION MASSIVE

 

La centrale de Gardanne est gérée par UNIPER, la filiale française du groupe allemand E.ON, 3° producteur mondial d'énergie.

En 2009, E.ON et GDF Suez ont été condamnés par la commission européenne à une amende de 553 millions d'euros chacun pour entente illégale sur les marchés du gaz pendant 30 ans...

Il s'agit, dans le cadre de la "transition énergétique", de convertir une partie de l’ancienne centrale à charbon à la biomasse pour produire de l'électricité. Quantité requise : 850000 tonnes de bois par an.

Dans un premier temps, la moitié de la ressource forestière sera importée notamment d'Amazonie (des arrivages ont déjà eu lieu) et du Canada (sera facilité une fois en place l'accord CETA).

A terme, il est prévu que l'approvisionnement local se structure de telle façon que la totalité du bois provienne d'un rayon de 400 km autour de la centrale et particulièrement de 2 zones prioritaires : la Haute-Provence et les Cévennes.

Le rendement de la centrale sera d'environ 33% (2 arbres sur 3 brûlés pour rien)alors que celui des chaudières et poêles à granulés contemporains approche les 90%. L'approvisionnement s'effectuera par camion au rythme d'un véhicule toutes les 2 minutes, tous les jours, toute l'année. Longue vie aux gaz à effet de serre ! Ce projet est un pur GASPILLAGE de nos ressources et de l’énergie. Il est faussement écologique et DANGEReux pour POUR LA SANTE PUBLIQUE. Contrairement à ce qu’on nous fait croire, brûler de la Biomasse pollue gravement (Oxyde d’Azote, monoxyde de carbone, et CO2, sont rejetées en grande quantité dans l’air, ainsi que de particules fines « PM10 » et « PM 2,5 » dont l’OMS reconnaît l’implication dans les maladies respiratoires)

Ce faible taux de rendement ne permettant pas l’attribution de subventions publiques ( admis à partir de 60 % d’efficacité énergétique ), il a fallu une dérogation pour qu’ UNIPER soit éligible à la CSPE (Contribution du Service Public de l’Electricité). Finalement c’est le consommateur qui finance cette centrale: un milliard d'euros de subventions seront prélevés sur la facture d'électricité de chaque citoyen, auxquels s'ajouteront l'aide d'Etat par prêts bonifiés, l'aide à l'investissement, les frais d'entretien des routes...L'ensemble s'élève sur 20 ans à 1,4 milliard d'euros, soit l'équivalent de la rénovation thermique de 40 000 logements. E.ON pourra à sa guise reverser une fraction de cet argent public aux acteurs de la filière bois acquis à sa cause.

Les Parcs Naturels Régionaux du Luberon et du Verdon, les Conseils Régionaux de PACA et Rhône- Alpes, les Conseils Généraux des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, et plusieurs centaines de communes de Haute-Provence ont clairement affirmé leur opposition à ce projet.

Dans les Cévennes, où les perspectives sont tout aussi préoccupantes, les élus semblent s'en remettre à l'expertise des institutionnels de la filière bois, et privilégier les intérêts économiques de coopératives forestières et de syndicats de propriétaires forestiers appâtés par les perspectives de vente de bois.

L'objectif de ces acteurs est clairement de rendre acceptables aux populations locales les inévitables dégradations à venir de leur environnement. Parmi les procédés utilisés :

- la peur: le réchauffement climatique obligerait à "réaménager" les peuplements forestiers, sinon "tout va dépérir ou brûler"!

- les promesses d'aide financière: à la desserte, à la plantation, à l'achat d'engins forestiers...

- quelques opérations "vitrine" de préservation ou d’amélioration de parcelles forestières.

Le développement d'un territoire doit-il être ainsi subordonné aux intérêts d’une multinationale et de ses relais locaux?

Ou est-il temps pour nous, citoyens et forces vives des Cévennes, de nous emparer des questions énergétiques et environnementales, de faire entendre nos voix, et de promouvoir une autre dynamique ?

 LES COUPES RASES

Avec l’accroissement de la demande en bois résultant de la nouvelle filière électrique biomasse, la multiplication des coupes rases (ou "à blanc") déjà constatée va s’amplifier. Or la gestion durable de la forêt suppose que les choix sylvicoles tiennent compte de quatre critères de fonctionnalité :

- Fonction sociale : La forêt, au-delà de son aspect lucratif, est source de bien-être à partager, un moyen éducatif à l'environnement et au respect du vivant. Elle tient une part importante dans l'imaginaire et dans les cultures

- Fonction de protection : La forêt constitue un puits de carbone. Elle maintient les sols et limite l'érosion. Elle a un rôle essentiel dans le cycle de l'eau. Elle assure un microclimat. Dans les Cévennes, dès le milieu du XIX° siècle, les sols étaient fortement érodés et les pluies diluviennes provoquaient des crues catastrophiques. Des actions de reboisement ont alors été déclenchées par l’Etat dans un souci de protection de l’environnement.

- Fonction écologique : La fonction écologique de la forêt consiste avant tout à abriter la biodiversité. La qualité écologique d'une forêt se développe dans la durée et nécessite le maintien du couvert forestier. La biodiversité forestière est liée aux sols (l'humus forestier), aux sous-étages (lichens, mousses, arbustes), aux arbres sénescents (en phase de dépérissement) et aux bois morts qui sont des micro-habitats

- Fonction de production : Les prélèvements intensifs de bois en monoculture sur de courtes durées épuisent les sols et annoncent à moyen terme leur stérilité. L'exploitation forestière actuelle suit le déplorable modèle de l'agriculture dite "conventionnelle ", les " champs d'arbres " celui des usines à bestiaux : productivisme contre qualité.

Conclusion: la coupe rase comme mode d'exploitation ne respecte aucunement la multifonctionnalité de la forêt pourtant prônée par tous les gestionnaires.

L’engouement pour le bois Energie , en remplacement des énergies fossiles est UNE CATASTROPHE ECOLOGIQUE. A l’échelle planétaire cela contribuera gravement au réchauffement climatique .

La Commission Européenne doit être interpellée et de vraies alternatives doivent être trouvées...

Pour préserver notre environnement, notre santé et des emplois DURABLES.

Nous appelons les Collectifs et les Associations à se joindre à cet appel en s’inscrivant à l’adresse :

dangerbiomasse13@gmail.com

MERCI DE faire suivre l’info !!

Le Collectif Vigilance Gaz Gardanne http://cvgg.eklablog.com/

 www.sosforetdusud.org

 https://sosforetdusud.files.wordpress.com/2014/11/dossier-gardanne-fc3a9vrier-2015-leger-def.pdf

 

affiche-biomas-manif

GARDANNE_Manifestation_5_Fevrier_2017_Annonce

 

AH oui, la pétition!

https://www.sauvonslaforet.org/petitions/959/halte-a-la-biomas-carade-d-e-on-a-gardanne?mtu=212465959&t=568

 

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17 janvier 2017

Ici débranche total 1

1 neige canto 2017

*

2 ici débranche total

*

3 tipi bleu tout blanc

*

4 forêt enchantée

*

5 fanions dans les bois yurtao

*

6 yourte sauvage dans les bois

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7 camélias en fleurs sous la neige

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8 bourrasque de neige

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16 janvier 2017

Igloo

Mon wigwam  va-t'il devenir

igloo yurtao 2

un igloo ? !

igloo yurtao 3

 

 

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29 décembre 2016

Voyage visionnaire 2

conception 

Revigorée dans la glaise, je reviens à la surface et me retrouve sur un plateau rocheux, entourée d’une lande broussailleuse. Je suis maintenant incarnée en vautour, un grand oiseau noir planté hiératique et vigilant sur une aire sauvage, au milieu d’une tribu de vautours en train de curer une dépouille.

vision animique

La collerette blanche sur ma robe noire me fait ressembler à un avocat, mais je n’ai aucune cause à plaider, tout est déjà jugé : les condamnés à mort sont dépecés jusqu’à la moelle, d’où surgira l’autre vie, celle que je féconde en permanence dans l’utérus alchimique.

oiseaux alchimiques

J’ai une conscience tranchante de mon rôle de nettoyeuse, vital dans l’écosystème. Appuyée sur mes serres griffues enfoncées dans le charnier, je finis de déchiqueter avec mon gros bec crochu un squelette dont les os blancs brillent dans la lueur de la pleine lune. L’aurore arrive et c’est fini, la charogne est absorbée, je suis repue. Grâce à moi et mes congénères, les cadavres sont décomposés sans générer de pestilence, les chairs pourrissantes devenues festin n’empoisonnent plus l’atmosphère, je suis une accélératrice digestive, avec moi plus de scories, je brûle en mon feu intérieur toute la douleur des macérations charnelles.

l'oeuvre du vautour

J’assume ainsi une haute fonction sanitaire et initiatique, la transmutation de la pourriture en or philosophal. Quand la carcasse dépiautée luit au soleil, que je ressens la satisfaction d’un récurage accompli, que l’air lui-même semble purifié, que la colonie de vautours se disperse, la vision se nébulise et se transforme.

Cette fois, je vois un ibis rouge, un grand oiseau aux plumes lisses d’un incarnat lustré, debout sur ses pattes longues et frêles posées dans l’eau. Son long bec courbe s’enroulant vers la vase invite à remballer ses prétentions tout en révélant une grande finesse d’esprit. Ce bec participe à la stylisation symbolique de l’oiseau, renforçant la courbe altière, si gracieuse de son long cou, une sorte de S majuscule pourpre calligraphié comme un caractère chinois, un cou magnifique conjuguant souplesse et noblesse de port. Je ressens un profond sentiment de dignité. Une respectabilité nimbée d’intouchabilité. Pas comme un honneur personnel, mais comme la conviction inébranlable de ma valeur. Une valeur qui me dépasse, parce que c’est la valeur de la vie, l’essence même de la vérité. Un cadeau incommensurable qui luit dans les plumes de l’ibis comme le cinabre dans l’antre du monde. On ne peut s’en prendre à cet oiseau, il habite entre deux mondes, le réel et le mythique, l’eau et le feu, qui le fait échapper aux chasseurs et à toute vulgarité. Dans l’Eden soufré de l’ibis, se déroulent en secret les rites qui président aux résurgences cycliques. Son apparente fragilité le couronne d’une tiare de sagesse, comme si l’ibis avait tout compris, capable de survivre à toute contingence, qu’il contenait en lui le savoir ultime des métamorphoses organiques et les arcanes de la résurrection permanente.

A coté de lui se tient un pélican blanc. Ma première réaction à cette présence incongrue est une certaine déception, car cet oiseau n’a rien de poétique, encore moins de fascinant. Balourd, courtaud sur ses grosses pattes palmées, le cou gras et puissant, les ailes lourdes, un bec démesuré, à coté du vautour efficace et inquiétant, de l’ibis fuselé et élégant, il dénote et ça me gène. Embarrassée de l’apparente trivialité de cet oiseau trop rustaud, je me résous néanmoins à l’incorporer à mon triptyque animalier. Son blanc vient compléter le rouge et le noir. Et je découvre l’implacable raison de cette image, son étonnante subtilité : comment mieux incarner le renouveau que cette incarnation innocente du pragmatisme et de l’abnégation ! En le regardant mieux, au-delà de sa corpulence de dindon, je suis saisie par la fonction évidente du pélican, avec son bec jaune rempli de nourriture pré-machée, et son cou mastoc comme un frigidaire américain.

pélican

Cet oiseau pécheur, qui tire des grandes eaux la nourriture de sa progéniture, toujours prêt à donner à manger aux quémandeurs, est le versant ascendant du vautour, la face diurne du processus alchimique,

conjonction

celui qui, sur l’os astiqué, en-salive les cellules, retisse les chairs, raccorde muscles et tendons, rabiboche viscères, cœur, foie et poumons, recoud nerfs et peaux, repique poils et cheveux. Le pélican transfuse sa propre chair pour assurer la vie de ses enfants, le pélican, comme le Christ, s’offre en sacrifice pour sauver les humains.

A ce moment là, je retrouve l’aigle, posé sur l’arbre au-dessus de moi, et nous sommes à nouveau deux, lui aigle, moi humaine. Mais maintenant que je suis allée au-dedans de lui, il peut m’approcher en vrai, il sait que j’ai compris, que l’esprit m’a visité et que je n’oublierais plus comment s’assemble le monde dans la souche de l’arbre de vie. Il est là, sur sa branche, et je comprends maintenant que c’est lui qui m’apprivoise. Je suis si décapée que je peux saisir l’ampleur de l’orgueil de ma race qui se croie au-dessus de tout, je peux voir l’abomination de la vanité. L’aigle est comme un vigile protégeant ma vision : il suffit que je sois en relation avec lui pour que tout s’aligne et devienne juste.

yeux d'aigle

C’est très exigeant, car c’est un privilège farouche que de vivre à l’écart des hommes.

Alors mes oiseaux réapparaissent en trio inséparable.

L’aigle, l’ibis et le pélican.

Trois longs cous, trois couleurs du Grand œuvre, noir, rouge, blanc.

Les trois unis m’offrent un nid où trône un gros œuf d’un blanc opalescent, laissant transparaître un liquide doré à l’intérieur. C’est l’or liquide de la vie.

Dans cet or vibre la pulsation cardiaque éternelle qui a son début à l’origine du monde et ne s’éteindra qu’à sa fin. J’entends battre le cœur de l’œuf, c’est le battement du cœur de la vie.

Maintenant, l’œuf s’ouvre par le milieu, le long d’une fine ligne horizontale, et je vois s’échapper les esprits de la vie sous forme d’une fumée éthérée et blanchâtre,

coupe pleine

d’essence féminisme.

esprits de la terre

Ce sont les esprits de la nature.

Je vois ces esprits monter de l’œuf en volutes et s’éparpiller aux quatre coins de la terre.

L’éther laiteux se particularise en multitude d’esprits

qui vont se poser invisibles et en apesanteur sur chaque être vivant,

esprits de la nature

plantes, arbres, animaux, et même sur les pierres et même sur les flocons de neige,

les fontaines, les grottes, les glaciers, partout et en tous lieux, sans oublier personne.

arbre de vie

Ils vont aussi se poser sur la yourte,

sur le toit de ma cabane de toile dans la forêt,

yourte en nature

d’où s’élève alors, par la couronne centrale, un vortex puissant,

une nuée magique montant vers le ciel.

vortex sur yourte

Le toono de la yourte est devenu une cheminée,

un lieu de passage énergétique entre ciel et terre.

A ce moment, je décide d’arrêter la vision.

Alors le vortex s’immobilise, bouillonne en spirale au-dessus de la yourte

et s’engouffre en sens inverse dans le toono, réintégrant l’intérieur de la tente.

Si je devais résumer le cadeau de cette vision en deux mots, alors ça serait :

dignité et incandescence.

 

 

 

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18 décembre 2016

Voyage visionnaire 1

vision intérieure archétypes

Dans un désert d’humains, un aigle plane au-dessus de gorges profondes où coule une eau turquoise, limpide et transparente. Dans un espace clair comme du cristal, à cent lieux du bas, je suis l’aigle, dedans, dans son âme, je suis l’âme de l’oiseau. Je plane avec mes plumes dépliées en éventail, qui fendent sans bruit le bleu du ciel.

Dessous, le lieu sauvage que je survole, les parois rocheuses, les éboulis qui dégringolent au fond, les arbres accrochés aux rocailles, les broussailles des berges, le cours tranquille de l’eau, me diffuse une sensation aiguë de liberté. Il n’y a personne que les autres bêtes, furtives et silencieuses, et je ressens une fierté farouche d’avoir dénicher un territoire vierge où construire mon nid en flanc de falaise.

nid d'aigle

Sur la vallée se déploie ma vision panoramique, je plane en larges cercles paisibles au-dessus de la rivière, portée par la puissante envergure de mes rémiges. Je flotte, je surfe sur les courants éthérés, emprunte flux ascendants et descendants avec un instinct si sûr que je peux m’abandonner à la griserie d’un vol totalement délié.

grand aigle survolant l'aire sauvage

Couchée sur la masse d’air, les fluides invisibles dansant sous mon ventre, je vogue imprégnée de la conscience acérée de ma forme aérodynamique : debout comme humaine, le corps s’affronte en permanence, sauf la nuit où lâche la volonté, et cet effort pour tenir droit loin du sol en bravant les forces extérieures contamine tous les comportements des bipèdes, sans cesse dans la lutte. Je ne saurais juger si l’évolution d’avoir des mains et un sexe devant, toujours à s’ériger, qui a conduit à la domination d’une seule espèce au détriment de la diversité et des ressources, est une avancée positive, tant les dégâts de la préhension verticale sont désormais apparents.

Ce qui m’apparaît en temps qu’oiseau, c’est l’absence de pugnacité brutale contre l’environnement général, une aversion congénitale aux humains qui me devient totalement étrangère, parce que je suis alignée sur les forces telluriques, en résistant au minimum à la pesanteur. Il n’y a plus de hiérarchie, il y a seulement devant et derrière, dessous et dessus, et aucune perte de reliefs. Devant, mes sens percent l’espace, derrière, je balise les frontières de mes besoins vitaux. Dessous s’étalent les repères géographiques, dessus me guident les étoiles. Malgré l’absence de mains, qui a sans doute réduit la nécessité d’augmenter mon cerveau et de me perdre dans un mental tortueux, cette économie énergétique m’apparaît incroyablement efficace et intelligente.

De mes yeux perçants, aucune présence fugitive sur terre ne m’échappe.

A l’aurore, j’aperçois une famille de blaireaux en bas de la falaise, longeant la paroi pour regagner leur terrier, les petits s’attrapant le derrière.

blaireautins en balade

Au moment où ils s’enfilent dans leur trou, tout à coup, je plonge avec eux et, sans aucune transition entre les airs et les entrailles de la terre, je me retrouve dans la blaireautière lovée dans les pattes de la maman blaireau. Bien que la chute physique se mesure en dizaine de mètres, je ne ressens aucun vertige, aucune rupture, je ne suis ni déboussolée ni traumatisée, comme si l’aigle et le blaireau appartenaient au même esprit.

Je suis dans quelque chose qui ne disloque pas la vie en morceaux séparés, en entités en quête d’identité et de querelles, je suis dans un esprit sans dissociation qui tient les êtres ensemble dans ses bras immenses et je me sens en totale sécurité.

femme amie des bêtes

Il fait sombre, nous sommes dans une cavité creusée dans la terre, c’est propre et doux, protégé, hors d’atteinte du monde hostile.

Tapie dans la fraîche moiteur souterraine, je respire profondément, comme si tout ce qui constitue la moelle et le cartilage de mes os, la texture de ma chair, se régénérait, perfusée dans la conscience globale que des vers de terre aux oiseaux, le même œil et la même substance englobent tous les êtres. C’est l’œil de Dieu, c’est la substance de notre mère la terre, qui ont créé la matière de cette planète en exhalant leur souffle. Je suis dans ce souffle. Et toutes les créatures qui m’entourent sont dans ce souffle. On respire ensemble comme si on tétait les mêmes mamelles et ce n’est pas que de l’air ou du lait, c’est une forme d’amour, une forme de clairvoyance aussi, parce que ça descend profondément dans les tripes labourer les encrassements des peurs ataviques, ça remplit sans qu’on se sente jamais étriqué, ça repousse les limites en inversant la vision, on ne voit plus dehors en premier mais d’abord dedans, et par ce dedans rythmé de larges ondes calmes, on découvre ses liens de parenté universelle. Alors il ne reste qu’évidence de l’union.

Dans les bras du blaireau, dont j’admire dans ses galeries bien entretenues l’organisation domestique, avec ses chambres excavées dont chacune a sa fonction, ses sorties de secours et ses remises, il n’y a plus ni proie ni prédateur, parce que je suis les deux, aigle et blaireau, je suis même trois et bien plus, je suis corbeau et genette, salamandre et poisson, dans la ronde souple d’un emboîtement de nécessités. Dans cette humilité, dans cette acuité, se forge ma place dans la chaîne d’argent suspendue au cou du vide, un vide qui respire, d’où pulse l’énergie de vie.

sa place dans le monde

Et je sens que cette place bouleverse tout ce qui m’a été assigné.

21 ma carte

 

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09 décembre 2016

Pour elle

Là où elle repose, ils l''auraient saccagé ou emporté,

ce bouquet que j'ai composé pour elle

avec des fleurs reconstituées sur fil de fer,

DSCN2655

alors je l'ai mis là, ce bouquet pour une morte trop précoce,,

là sur mon land  au milieu des collines,

des fleurs composées pour elle

là où je le vois au milieu des arbres déssapés,

tout près de la yourte,

fleurs plantées evant la yourte

 dans le dépouillement de cette fin d'automne lumineuse

où le soleil réchauffe mes toiles.

la tente se réchauffe au soleil

Elle est ma petite étoile que j'honore sans cesse dans la beauté,

comme dans les mandalas que je tisse dehors sous le firmament,

avant de rentrer méditer sur mon zafu,

étoile dans mon firmament

Les tâches de couleurs vives et vaporeuses à coté de mon rosier nu

bouquet reconstitué

ont attiré un joli petit bourdon au corps velouté.

Il n'a rien pu butiner et ça l''a mis de mauvaise humeur,

il est reparti en me bousculant.

  Je me suis excusée à plate couture de l'avoir déçu...

 

 

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04 décembre 2016

Ya pas que les villes.

Zones rurales abandonnées, populations reléguées, yen a marre.

Alors les Objecteurs de Croissance d'Occitanie se réunissent pour créer un réseau régional de Décroissant(e)s :

Afin de reprendre la maîtrise de nos territoires et de nos usages, il s'agit de:

Réfléchir sur les enjeux et conséquences des réformes territoriales successives qui nous éloignent de plus en plus des lieux de décisions, qui déstructurent nos territoires et nos communautés.

De trouver des formes d’organisation plus favorables (coopératives, municipalisme, confédéralisme démocratique...)

De fédérer des actions et expérimentations de terrain,

cabane sur souche

Ca se passe à Besseges, dans le Nord du Gard,

du 9 au 11 Décembre 2016. 

L’aménagement des territoires c’est la mobilité (disparition des transports de proximité),

on ne se déplace plus, terminé

c’est l’agriculture (éloignement de nos approvisionnements),

c’est le logement,

foyer de paix

et l‘urbanisation (désertification des campagnes, disparition des services et gentrification des centres villes), c’est la gestion des ressources énergétiques (extractivisme, concentration , nucléarisation ...).
L’aménagement du territoire pose la question de l’échelle de notre organisation sociale ; il faut repenser la démocratie directe locale, la coopération inter et intra régions et abandonner clientélisme et délégation.
Le modèle industriel productiviste « aménage » nos lieux de vie,

productions en série par capitalisme

nous devons y résister et inventer des alternatives individuelles et collectives.

rural

Accueil dès le Vendredi 9 au soir (repas possible)

20h30- projection du film :

" Les sentiers de l'Utopie" d'Isabelle Frémeaux et John Jordan - 2012

Samedi 10h:  accueil , puis présentation des 2 jours, pourquoi organiser la visibilité politique de la Décroissance

 14h  : en finir avec la Métropolisation , comment ré-habiter la ville et la ruralité, perspectives d'actions, avec  la présence de Guillaume Faburel, professeur d'Urbanisme, auteur de "la Fin des Villes", Wilhem Sunt, porte parole Halem (habitat hors-normes), Jean Luc Daneyrolles , du potager d'un curieux , acteur contre la gentrification de l'espace rural méditerranéen.

 Samedi 20h30  - "Detroit, ville Sauvage" - Un film de Florent Tillon -  2010 

Dimanche 9h : réflexion et échange d'expérience, alternatives  et actions de terrain  pour construire un projet politique décroissant , avec la présence de François Schneider, fondateur de Can Decreix, en Catalogne, Marie-Hélène Dupy, la maison commune de Florac, Claude Le Guerrannic  du Tarn, acteur d'un projet de réseau des lieux alternatifs, Sylvie Barbe de "Yurtao, la voie de la Yourte",Vincent Jannot du Réseau Relier, Pierrre Buchberger, de SOS forêt, formateur en agro écologie

 Dimanche 14 h : suite de la reflexion et pistes d'actions collectives puis mise en place d'un réseau régional des "Décroissant-e-s "

pour vous inscrire et renseignements pratiques:

http://www.objecteursdecroissance-lr.fr/Rencontres-Regionales-2016-de-l-Objection-de-Croissance-Du-9-au-11-decembre-a

le plus beau jour

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18 novembre 2016

Cercles de tissage

Après le succès du premier atelier d'Ojos de Dios au Cantoyourte,

réalisations collectives atelier ojos de dios novembre 2016

des "Cercles de tissage" 

sont proposés chaque premier Dimanche du mois

à partir de Janvier 2017.

Prochain cercle le 8 Janvier 2017 .

Ces Cercles sont fondés sur la transmission gratuite d'un talent populaire partagé.

Ils permettent de renouer des liens authentiques

avec les autres, avec soi, et avec la nature.

Ces Cercles sont donc gratuits.

Les participants contribuent à l’atelier en apportant quatre ou cinq pelotes de laine colorée, qui s’ajoutent à celles déjà fournies par l’association.

DSCN2403

On peut récupérer de la laine autour de soi ou dans les friperies. Il faut se munir d’un petit ciseau de couture pour couper les fils et d’une aiguille à coudre avec un gros chas, style aiguille à broderie.

Les baguettes de fougères qui structurent le tissage sont collectées en forêt et fournies gratuitement.

Chacune repart avec sa création.

DSCN2240

En fonction de l’ensoleillement, l’atelier se tient dehors en pleine nature, sinon dans la yourte.

Le camp de yourtes étant en zone électrosensible, les téléphones portables et autres ondes toxiques ne sont pas admis.

Déconnectons-nous pour mieux nous brancher

entre nous et avec les éléments naturels !

A midi, nous partageons denrées et boissons des pique-niques préparés par chacun.

Pour celles et ceux qui viennent de loin, il est possible d’être hébergés la veille et/ou le soir du Dimanche.

Pour s'inscrire et obtenir plus d'infos avec le programme,

envoyez vos coordonnées en cliquant sur "contacter l'auteur" à gauche tout en haut du blog.

 

panier d'ojos de dios avec laines

 

 Ojos de Dios made in YURTAO

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09 novembre 2016

Insaisissable trésor

De la beauté contre la haine.

arbre couché enturbanné

*

soleil de feuilles humides 1

*

grenadier doré

*

lever de soleil sur wigwam

*

lierre grimpant sur tronc d'acacia

*

même si elle est froide j'y vais

*

cercles dans feuilles

*

phytolacas sur cloture textile

*

oeil d'automne land art sur menhir couché

 *

raisin clinton en treille

*

tipi de fougères derrière bruyère moussue

 *

parebrise enfeuillé

*

chemin du coeur

 

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21 octobre 2016

Mandalas tissés, un art populaire sacré.


« Yeux de Dieu. »

«  Ojos de Dios » 

les mandalas tissés

made in Yurtao.

oeil de dieu matin d'été dans la yourte 3

Atelier d'artisanat d'art

le 6 Novembre 2016 au Cantoyourte.

Les premiers mandalas tissés sur baguettes de bois, originaires du Mexique, ont été nommés « Yeux de Dieu », « Ojos de Dios », par les Indiens Huichols, originaires des civilisations précolombiennes, qui les fabriquaient pour leurs bébés afin de les placer sous protection divine. Ils pourvoyaient leurs enfants de doudous spirituels. Dés l’âge de six ans, les petits héritaient de cette coutume en créant leur propre « Ojo de Dios » qu’ils offraient aux Dieux.

ojos de dios chant de tourterelle

Au fil du temps, « L’Oeil de Dieu » est devenu le symbole ouranien de tout ce que l’œil humain ne peut connaître, qui lui est inaccessible. Un symbole de clairvoyance. Ce que Dieu seul, en tant qu’auteur de la création, peut discerner, qui apparaît aux humains sous forme de mystères petits et grands au sein de l’empire mystico-magique de l’inconnaissable, s’est canalisé dans cet œil omniscient rayonnant les mondes visibles et invisibles.

 

ojos de dios petite étoile dans la nuit yurtao

 

En regardant un mandala, on a vraiment l’impression d’être soi-même regardé par un immense œil cosmique, un œil infini, insaisissable, qui absorberait tous nos miasmes en nous pacifiant en profondeur. C’est pourquoi la tradition nous transmet que ces mandalas mobiles possèdent le pouvoir de révéler les problèmes et guérir des maladies, d’apporter chance et bonheur, non seulement à celles et ceux qui en fabriquent, en dessinent ou en peignent, mais aussi à toutes celles et ceux qui en accrochent dans leur lieu de vie et leur environnement, élargissant sa protection au foyer, à la maison et au territoire.

C’est ainsi que le mandala tissé, médiateur entre esprit et matière, est devenu un objet sacré,

et sa fabrication, un rituel de bénédiction.

 

oeil de dieu charme de framboise

C’est ce rituel que je propose maintenant de tisser ensemble lors d’ateliers sous la yourte, qui est elle-même un grand mandala en volume, avec quelques baguettes de bois et des pelotes de laine multicolores.

La technique est relativement simple : on enroule des liens sur une ossature géométrique de base, une croix de bois constituée de deux baguettes se croisant à la perpendiculaire. Quand le geste de base se fluidifie, on peut augmenter le nombre de branches en superposant les croix. La structure du mandala peut ainsi se déployer en étoile sur 4, 8, 12 ou 16 rayons. Le mouvement de tissage fondamental conjugue l’alternance de passer le fil par dessus ou par dessous la baguette, avec différents intervalles entre les bouts de bois constituant les branches du mandala. Ce geste d’enroulement fait varier les figures s’épanouissant autour du moyeu de la roue. Le tissage vient alors donner chair, par une gamme sans cesse renouvelée de couleurs, à l’ossature archétype. Le choix des laines ouvre une grande variété de formes et de rythmes, qui multiplie à l’infini la diversité des mandalas.

Chaque création est unique, originale.

 

ojos de dios soleil de femmes

 

On peut démarrer sans plan préconçu et choisir sa texture de fil et sa couleur au fur et à mesure, succéder les figures à l’intuition. On peut aussi suivre une direction, une sorte de plan intérieur, tenter de nouvelles variations de fréquences,

ou chercher seulement l’équilibre.oeil de dieu matin d'été dans la yourte 2

En inventant, on affine sa technique, et en maîtrisant la technique, on élargit ses possibilités créatives.

En même temps, on plonge dans un état de concentration très apaisant. Quand on enroule ses fils autour des baguettes, tout ce qui dans la tête s’agitait et s’entortillait dans les méandres du mental se canalise dans ce geste simple, cadencé, délicat. Il faut trouver, comme dans la méditation, le juste milieu. Si le fil est trop mou, la figure dévie et perd sa symétrie, pendouille par endroit et les couleurs s’embrouillent ; si le fil est trop tendu, les baguettes se tordent et peuvent casser, ruinant le travail.

Assez rapidement maîtrisé, cet artisanat permet donc d’atteindre un état méditatif très agréable, une grande tranquillité intérieure. L’esprit, irrésistiblement focalisé sur le centre de la figure, se vide de toutes pensées, s’éclaircit, se purifie, comme une eau où toutes les impuretés tomberaient au fond. L’agitation, la dispersion, la distraction cessent et tout rentre en ordre, comme si les parties éparpillées de soi-même se rapatriaient. Les sédiments psychiques se déposent sur les rives de l’âme et, de cet humus fertile, fleurit un jardin de joie et de beauté. Nous cultivons ce jardin en reproduisant l’esthétique géométrique des fleurs, des minéraux, des cristaux, des étoiles, des structures intimes de la matière, et nous fêtons ainsi la grande harmonie du jardin universel.

ojos de dios charme de framboise

Comme on se trouve en même temps concentré et détendu, calé sur le moment présent, la pratique du tissage en atelier collectif permet une ambiance calme et chaleureuse. La satisfaction de réaliser une œuvre, si modeste soit-elle, se double d’une véritable rencontre avec soi-même, qui on est vraiment, au-delà de son petit ego. Nos soucis cèdent la place aux puissants condensateurs d’énergie qui nourrissent tous les éléments de l’être et de la nature : le feu, l’eau, l’air, la terre, et l’éther, unifiés dans le mandala.

Afin de partager cette belle vibration et se brancher ensemble à la Création,

je propose un premier

atelier « Ojos de Dios » sous la yourte

entre femmes

le Dimanche 6 Novembre 2016.

Ojos de Dios 5 c

Pour commencer, nous travaillerons sur des tiges de fougères qui seront fournies.

oeil de dieu de lilou  oeil de dieu ça tourne pour yurtaoOjos de Dios 4Ojos de Dios 10

Les places sont limitées,

merci de s’inscrire en envoyant vos coordonnées pour recevoir les infos utiles.

Cliquez en bas de la colonne de gauche du blog pour transmettre votre demande.

oeil de dieu matin d'été dans la yourte avec laines

Comme la magie de pacification intrinsèque au mandala agit aussi quand on le contemple,

pour celles et ceux qui ne peuvent en fabriquer,

qui voudraient en acquérir ou en offrir,

oeil de dieu coeur sylvestre

il est possible de se procurer des « Yeux de Dieu » made in Yurtao

sur Bohémian Dreams là :

https://www.alittlemarket.com/boutique/bohemian_dreams-438.html

 ou en me contactant directement en cliquant sur "contacter l'auteur" en haut à gauche du blog.

cercle de laines

 

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