06 juin 2009
Ce qu'i faut couper pour recommencer
Les hommes posent leurs maisons n'importe où.
Là ou les marchands les rakettent le plus.
Là ou il faut payer à vie pour s'enfermer
dans une cellule accolée aux autres cellules,
pour ne jamais rembourser le prix de son aliénation.
Seul le peuple des yourtes pénètre dans la forêt
en demandant la permission aux arbres, les vrais rois de la vie.
La permission de s'insérer.
De s'accoler à un muret, une souche, un chêne.
Mais quand l'homme a fait de la nature une industrie, comme c'est le cas des plantations de pins destinés à soutenir les galeries des mines de charbon de ma région, une prolifération acide déséquilibre le milieu naturel, empêchant d'autres espèces de s'installer.
Pourtant, auprès de ces pins de trente mètres, bâtiments de bois élancés vers le ciel, je suis prise d'un profond respect tandis que s'installe en mon cœur une paix reconnaissante.
Et
ce n'est qu'après mûre réflexion que je prends la décision d'en
abattre un,
aux alentours d'une future yourte,
un qui ne me tombera pas sur la tête, si la tempête se lève.
«
Nous n'aimons pas faire mal aux arbres.
A chaque fois que cela est
possible,
nous faisons toujours une offrande de tabac aux arbres
avant de les couper.
Nous ne gaspillons jamais le bois et nous
utilisons tout ce nous avons coupé.
Si nous ne pensons pas à ce que les arbres ressentent,
les autres arbres de la forêt pleureront
et cela mettra de la tristesse dans nos cœurs. »
Indien anonyme.
« Quand on regarde sans chercher un sens, sans comprendre, l'émotion vient.......
Le vrai sens, c'est de mourir, il n'y en a pas d'autre. »
Eric Barret.
Amis Indiens Cevenols sachant bien couper arbres:
06.63.04.07.79.
24 avril 2009
Affrontements autour de la Yourte de la Borie
Infos d'un coin pas loin de chez moi où ça grince fort.
Le Mercredi 22 Avril 09,
a Mairie de Saint-Jean du Gard
a provoqué le scandale
en démontant brutalement, sans sommation légale,
une yourte collective et culturelle,
posée sur un écosite reconquis
contre un projet de barrage
qui avait mobilisé toute une vallée.
Ce site faisait l'objet de négociations
entre plusieurs partenaires,
mais la mairie a préféré
le coup de force au dialogue,
la tension à l'apaisement,
provoquant les affrontements.
Il est clair que si la mairie de St Jean
prend la grave responsabilité,
de poursuivre les yourtes cevenoles en justice,
ça sera vécu comme une déclaration de guerre
contre le peuple des yourtes.
Or la mairie a publié un communiqué:
"Si malgré son caractère illégal,
la yourte venait à être remontée,
la municipalité prendrait toutes les mesures qui s'imposent".
Or la yourte a été remontée
ce samedi 25 Avril 09 au matin
par une centaine de personnes......
J'ajoute à la suite les unes des autres les infos sur cette affaire,
ce qui fait que pour lire la dernière d'actualité,
faut aller tout en bas de la page....
Le site des apiculteurs de la Borie: Là
Récit de la journée du mercredi 22 avril 2009
par quelques usagers de La Borie
Nous avons participé à la manifestation de colère de mercredi. Nous
proposons un récit un peu étoffé de cette journée à St Jean-du-Gard. Nous
recroisons ici plusieurs témoignages...
En début de matinée, vers 9 heures, le mot commence à tourner que le maire de St Jean-du-Gard, dans un coup de vice et de provocation, accompagné de la police municipale et des gendarmes, est en train de démonter la yourte installée sur le terrain collectif de La Borie depuis plusieurs mois. Nous nous dépêchons de gagner l’ancien éco-site pour aller voir ce qu’ils fabriquent. En effet, en tant qu’usagers de la Borie et de sa yourte, nous voulons demander des explications et empêcher son démontage. Mais nous arrivons trop tard, la yourte est entièrement démontée et chargée dans des camions de la mairie qui reprennent le chemin de St Jean. Nous sommes assez surpris de voir un certain nombre de conseillers municipaux (parmi lesquels nous reconnaissons Jean-Jacques Lafont, Jacqueline Dumas, Jean-Pierre Broquin, Christian Lauret, Marie-Paule Nimper...) participer activement avec leur maire, Michel Anthérieu, au démontage. Les cartons nécessaires à l’isolation de la yourte sont brûlés par ces derniers. Nous apprenons par l’un des habitants du lieu, qu’un conseiller municipal prend un malin plaisir à bousculer son amie qui s’oppose au démontage de la yourte, tout en le menaçant directement devant les gendarmes de lui casser la gueule. Deux des habitants, agriculteurs, ont, depuis 4 ans, une promesse de bail de la commune propriétaire des lieux, et, devant leurs demandes à la mairie de régularisation de la situation, ils essuient déni, mépris et foutage de gueule de l’équipe municipale. Et une troisième personne y habite depuis 17 ans la maison des tilleuls. Des « squatteurs » selon le maire dans Le Midi Libre du 23 avril. Et, outre le cas de ces deux agriculteurs, un certain nombre de personnes revendiquent l’importance du fait que la Borie doit rester un lieu collectif, un peu comme les communaux d’il y a quelques décennies. Un lieu commun, où chacun est libre de venir cultiver, glaner, se reposer et profiter de la rivière, camper, ou encore proposer gratuitement des activités collectives comme des ateliers de savoirs-faire, un ciné-club, des discussions. Un lieu où chacun peut mettre en place ce qu’il souhaite, en opposition à tous les lieux où il faut payer pour discuter, s’organiser ensemble et s’entraider pour moins subir la misère... Rien de bien sorcier en fait. La mairie, dans le cadre de la communauté d’agglo du Grand Alès et en partenariat avec le douteux Max Roustan, souhaite au contraire rentabiliser cet endroit. Le dernier projet était de promouvoir l’éco-tourisme en y implantant une « pépinière d’entreprises vertes », c’est-à-dire parachever le grand zoo à ciel ouvert que deviennent les Cévennes : un paradis pour touristes où chacun d’entre-nous devra faire l’autochtone plus ou moins folklorique, entre « authentique petit village de Provence où l’on boit le pastis » et « pays des babacools écolos »... autant de stéréotypes stériles... Et l’alibi qu’ils serviront, pour nous faire avaler la pilule, est la création d’un emploi et demi à tiers-temps : super !
Revenons à cette journée du 22 avril. Écoeurés et en colère, un certain nombre d’usagers de La Borie décide d’aller à la mairie pour demander des comptes à l’équipe municipale et exiger qu’ils rendent la yourte. Les premiers arrivés découvrent la fine équipe en train de boire un apéro arrosé pour fêter leur « victoire ». Se faisant bousculer par quelques conseillers municipaux, la colère prend effectivement ceux et celles qui arrivent de La Borie : trop de mépris, trop de mauvais coups, ça s’énerve. L’apéro est renversé et la table valdingue également. Les sarcasmes fusent des deux côtés, mais chacun se retient et il n’y a pas de coups échangés. Refusant de donner toute explication, Anthérieu appelle les gendarmes et pendant ce temps-là quelques-uns ferment les accès avec des chaises et des tables pour que les bleus ne pas puissent rentrer facilement. Quelques inscriptions rageuses sont laissées sur les murs : « Yourte démontée, mairie occupée », « Nique le P.L.U. » (Plan Local d’Urbanisme), « Démonteur de yourte, on t’aura ! » Dans le feu de l’action la fameuse Marianne tombe et se brise. Une statue de plâtre qui fera couler beaucoup d’encre. La symbolique Marianne dont beaucoup oublie qu’elle n’a pour seule fonction de faire avaler les couleuvres : nouvelles lois quasi-quotidiennes, amendes, huissiers, enfermements, tabassages, radiations du rmi, licenciements, nouvelles normes contre les habitats précaires et les expulsions qui s’en suivent, etc..., alors que tout le monde a de plus en plus de mal à joindre les deux bouts... On ne s’étonnera pas que Michel Anthérieu use dans les dépêches et articles/reportages, qui suivirent ce jour de colère, de toute la rhétorique politicienne très prisée en ce moment à droite comme à gauche. « Une horde de sauvages a commencé à tout casser », « la mairie saccagée » (Midi Libre, 22 avril), « une quinzaine de membres du personnels ont été molestés », « la population est choquée de voir des symboles forts de la République détruits » (AFP, 21 avril). Ce ne sont que mensonges ! Effectivement, sous le coup de la colère, ça a été virulent, ça a gueulé, ça a un peu paniqué et certains employés de la mairie, pris de surprise, ont pu avoir un peu peur au début, mais ils en plaisantaient peu après. Juste un gros ras-le-bol comme il y en a beaucoup en ce moment...
Les bleus parviennent à rentrer à trois ou quatre par un balcon sur le côté et décident d’évacuer la quinzaine de personnes encore à l’intérieur : violente charge (une conseillère municipale sera tapée par erreur !), lacrymogènes, coups de tonfas, coups de pieds... Ils parviennent à arrêter 3 personnes, dont une qui sera emmenée à l’hôpital d’Alès par les pompiers pour un bon coup de matraque dans les côtes. Une ou deux autres personnes se souviendront des coups qu’elles se sont reçues sur la tête. Les gendarmes se barricadent à l’intérieur et attachent leur trois prisonniers avec leurs menottes à la rambarde de l’escalier. A l’extérieur, les manifestants bloquent la rue, crient des slogans tels que « La Borie : collectif ! » et discutent. Il faudra noter que tout le monde décernera unanimement la palme de la personne la plus servile à un conseiller municipal dont nous tairont le nom : celui-ci passera deux bonnes heures à prendre des photos en gros plans des personnes présentes et à désigner aux gendarmes toutes les personnes à arrêter. Personne n’oubliera cette vraie balance ! Alors que les gendarmes empêchent quiconque de sortir, quelques maris d’employées de mairie arrivent furax et prennent à partie les utilisateurs de La Borie qui séquestreraient leur femmes ! Des discussions s’engagent. De manière positive souvent. Mais parfois plus difficilement avec certains habitants de St Jean qui ne comprennent pas toujours le ras-le-bol et la colère qui s’expriment. On préfère souvent un repli individuel sur ses petits problèmes : un grand nombre d’entre-nous savons qu’il est de plus en plus difficile de survivre dignement jour après jour. Salariés, intérimaires, chômeurs, jeunes de moins de 25 ans, étudiants, apprentis, retraités, chacun sait que les temps sont durs et approuvent les actions « musclées » condamnées par le gouvernement (séquestrations de patrons, blocages d’usines ou de routes...) C’est pourquoi il semble aberrant d’attendre chacun dans son coin pour se faire bouffer chacun à une sauce un peu différente. Il faut réussir à dépasser nos pseudos différences de conditions ou de cultures...
Le dénouement arrive une heure ou deux après. Les gendarmes se détendent : on apprendra peu après que le préfet ne les suit pas sur leur action et leur ordonne d’engager au plus vite des négociations. Autre fait important, à ce moment-là, se confirme le fait que le maire et une partie du conseil municipal ont pris la décision du démontage de la yourte sans même en parler aux autres adjoints : ça sent l’embrouille au prochain conseil ! Trois personnes, dont l’ancien adjoint au maire énervé par le coup de force d’Anthérieu, sont autorisées à rentrer dans la mairie pour discuter du dénouement de l’« événement » de la décennie à St Jean-du-Gard : les trois personnes arrêtées sont libérées, et la yourte est rendue à ses utilisateurs avec interdiction de la remonter avant d’hypothétiques négociations. Habitués aux oreilles sourdes et aux rendez-vous foireux, il est décidé qu’elle sera remontée samedi 25 à partir de 10 heures avec celles et ceux qui veulent. Par voie de presse, la mairie annonce qu’elle engage des poursuites pour dégradations et violences...
Nous espérons seulement que cette tentative de proposer un récit collant un peu plus à la réalité de ce qu’il s’est passé, suffira à nous sortir tous de la torpeur. À stopper les « raccourcis » volontaires du maire dans la presse et les rumeurs enflammées qui courent toujours plus vite que le souci d’une analyse réfléchie des « événements ». Et à rediscuter de tout cela de manière plus confiante et détendue... Gageons enfin qu’un réel plus grand nombre d’habitants du coin se rapproprieront librement l’espace collectif de La Borie. Car si ce faux projet de la mairie et de la communauté d’agglo échoue, ce sera une victoire pour tous. Une victoire qui appellera les suivantes...
Quelques usagers de La Borie
texte et photos avec: là
Dépêche afp/france3 :
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NIMES, 22 avr 2009 (AFP) - 17h12
Incidents à la mairie de Saint-Jean-du-Gard: trois interpellations
Trois personnes ont été brièvement interpellées mercredi à
Saint-Jean-du-Gard à l'issue d'incidents provoqués par une centaine de
personnes qui ont investi la mairie pour protester contre le démontage
d'une yourte qu'ils occupaient sur un terrain municipal, a-t-on appris
auprès des gendarmes. Après le démontage de la yourte, sur décision
municipale, une centaine de personnes se sont dirigées vers 11H30 vers la
mairie qu'ils ont investie, bousculant et molestant le personnel et les
élus qui s'y trouvaient, soit une quinzaine de personnes, selon les
gendarmes. Certaines ont été légèrement blessées mais personne n'a été
hospitalisé, selon la même source. Un conseiller municipal de 70 ans,
bousculé, a fait un léger malaise, a précisé à l'AFP le maire PS Michel
Anthérieu. La yourte avait été installée il y a plusieurs mois sur le
terrain d'une ancienne ferme rachetée en juin 2008 par la commune, à 5 km
du bourg, a indiqué M. Anthérieu. Les occupants, regroupés dans un
collectif alternatif qui n'a pas d'existence légale selon l'élu, avaient
été invités plusieurs fois à quitter les lieux mais n'avaient pas
obtempéré. La yourte, selon le maire, n'était pas un lieu de résidence
mais un lieu festif où des projections de films étaient parfois
organisées. Mercredi, les personnes qui ont pénétré dans la mairie, se
sont aussi livrées, selon les gendarmes, à des dégradations dans des
bureaux et la salle du conseil municipal où un buste de Marianne a été
détruit et des écharpes tricolores piétinées. Du mobilier et du matériel
ont été cassés ou renversés. Des pièces ont été taguées. "Nous sommes tous
choqués et la population est catastrophée de voir des symboles forts de la
République détruits. On se pose des questions", a dit Michel Anthérieu,
lui-même atteint par des jets d'objets. Trente gendarmes ont procédé à
l'évacuation de la mairie à la mi-journée. Vers 14H30, le calme a été
rétabli. Trois personnes ont été interpellées puis remises en liberté.
Selon les gendarmes, les auteurs des dégradations étaient venus de
plusieurs communautés du Gard et de Lozère. Certains étaient cagoulés
selon le maire qui va porter plainte pour dégradations et violences.
Midi Libre, Jeudi 23 Avril
Une yourte démontée, la mairie envahie
« On buvait notre café
à l'étage quand une horde de
sauvages a débarqué. Ils ont commencé à
tout casser. » Hier après-midi, Michel Anthérieu,
premier magistrat de Saint-Jean-du-Gard, se remettait à peine
des incidents qui avaient éclaté le matin à
l'intérieur de sa mairie. Récit d'une journée
qui s'est heureusement bien terminée, dans le calme et sans
blessé grave.
La yourte démontée. Hier
en début de matinée, une délégation
municipale se rend sur l'écosite de la Borie.
Sous l'oeil des
gendarmes et du maire, elle procède au démontage d'une
yourte érigée sur un terrain communal, sans
autorisation. Son existence est donc illégale. Cette
intervention fait suite à plusieurs demandes de la commune,
dans le but de savoir qui en est le propriétaire. Sans
réponse, la municipalité a agi.
La yourte est
inoccupée à ce moment-là, mais des squatters
vivant sur les lieux repèrent l'action des autorités.
Avant d'avertir, probablement, le collectif qui "exploite"
la yourte. Les éléments qui la composent sont ensuite
stockés dans un hangar des services techniques.
Cette
yourte ne servait pas d'habitation, mais d'espace d'activités
pour l'association Atypik, entre autres. « Elle abritait un
ciné-club », précise Christian Sunt, membre
de Halem (association des habitants de logements éphémères
ou mobiles).
La mairie dégradée. Très
vite, une trentaine, puis une cinquantaine, de personnes se rassemble
devant l'hôtel de ville en signe de protestation. On comptera
jusqu'à une centaine de contestataires : des adhérents
d'Atypik ou de Halem, de la Confédération paysanne ou
d'un collectif, "Vivre en Cévennes". Très
vite aussi, la manifestation dégénère. Un groupe
fait irruption dans la mairie.
Les cafetières, les chaises,
les bureaux, tout est renversé. La Marianne, symbole de la
République, vole en éclats. « Jusqu'à
présent, les rapports avec la municipalité avaient été
respectueux, assure Christian Stunt. Le démontage, c'est une
provocation gratuite, alors que des discussions allaient être
entamées sur l'avenir de ce site avec l'agglomération
du Grand-Alès. » Les élus sont bloqués
à l'intérieur, tandis que des individus taguent les
locaux : "Yourte démontée, mairie occupée"
ou "Ni... le Plu" (plan local d'urbanisme).
La
mairie évacuée. Il faudra l'intervention de 25
gendarmes, de la communauté de brigades Anduze-Saint-Jean-
du-Gard et de l'ensemble de la compagnie d'Alès – sous
l'autorité du capitaine Warion - pour faire évacuer les
lieux. « On a dû passer par les balcons, commentait le
lieutenant Grailhe. L'usage de la force a été
nécessaire pour libérer la mairie, qui a été
saccagée. Nous avons retenu un instant trois personnes à
l'intérieur, mais nous n'avons procédé à
aucune interpellation pour ne pas envenimer les choses. »
L'enquête permettra de préciser les faits et les
responsabilités, puisqu'une plainte va être déposée
par la commune.
Hier après-midi, le calme était
revenu sur place. Et le matériel de construction de la yourte
restitué au collectif, avec interdiction de la remonter à
La Borie.
Midi
Libre 23 Avril.
Rudes affrontements autour d'une yourte à l'écosite
Après le démontage de la yourte, la mairie de Saint-Jean-du-Gard a été prise pour cible
La situation à l'écosite
de La Borie semble s'acheminer vers un bras de fer entre la
municipalité de Saint- Jean-du-Gard et les tenants de la
yourte. Ces derniers ont annoncé qu'ils allaient remonter la
yourte sur le site de La Borie samedi matin.
Dans la nuit, en
effet, des affiches annonçant cette décision ont été
collées dans le village. Des slogans contre le capital ont
également été tagués sur les murs de
plusieurs bâtiments. Installée sur les terrains de la
municipalité, cette yourte sert depuis septembre 2008 à
diverses associations, dont Atypik. Le lieu accueillait par exemple
des débats comme celui sur le logement éphémère
mais aussi des projections, ateliers, fêtes... « Des
espaces de lutte et d'autonomie », peut-on lire sur les
affiches. Alors que la mairie de Saint-Jean-du-Gard cherche depuis
longtemps à faire enlever cette yourte « illégalement
installée sur un terrain municipal », la situation a
dégénéré mercredi.
Une situation que
le personnel municipal a mal vécue. « Je sortais de
mon bureau lorsqu'ils sont entrés dans la mairie »,
explique une secrétaire. « Je me suis interposée
et ils m'ont insultée et poussée dans l'escalier. Je ne
pensais pas qu'ils soient aussi agressifs », raconte la
jeune femme qui ensuite a été sortie de la mairie. «
Dans la rue, mon mari a été agressé en me
défendant et a eu une côte fêlée et un
doigt tordu. » Tout deux ont déposé plainte.
Comme le maire, Michel Anthérieu, lui pour les dégâts
à la mairie. « Avec le recul, je trouve inadmissible
que les responsables d'associations n'aient pu tenir leurs troupes
», regrette le maire. Qui s'inquiète du risque de
confrontation. « Il a fallu raisonner et calmer les jeunes
de Saint-Jean-du-Gard qui en ont assez de ça. Globalement, la
population a très mal pris ce qui s'est passé. Elle
nous soutient et elle s'interroge », explique l'élu.
Qui salue l'intervention des gendarmes et déplore que les
promesses des tenants de la yourte n'aient pas été
tenues. « On leur a rendu la yourte et trois personnes ont
été libérées en contrepartie de leur
promesse de ne pas se réinstaller à La Borie »,
rappelle Michel Anthérieu.
Depuis la vente, en juin 2008,
de La Borie par le conseil général du Gard à la
commune, Saint-Jean-du-Gard a un projet « éco-touristique
basé sur l'environnemental, l'éco-construction et les
énergies nouvelles », précise le maire. «
Ce qui suppose que le site soit libre de toute occupation . »
Visiblement, les gestionnaires de la yourte ont d'autres projets.
A qui profite la politique de tension
Mercredi 22 avril, à 8 h du matin, le maire de Saint-Jean-du-Gard
accompagné de quelques adjoints, d'employés municipaux et de gendarmes ,
viennent démonter et emporter la yourte installée à la Borie depuis
septembre 2008. Les premières personnes arrivées sur place réussissent à
ralentir l'opération mais pas à l'empêcher.
Après une courte assemblée générale, les utilisateurs du lieu se rendent à
la mairie pour demander des explications et la restitution de notre
matériel. Devant l'impossibilité de dialoguer, ils occupent le bâtiment qui
subit quelques dégradations dû à l'émotion du moment et à l'injustice
commise par cet abus de pouvoir caractérisé.
Rapidement la gendarmerie intervient, matraque, gaze, arrête trois personnes
et fait sortir les autres. Un rassemblement se forme alors devant l'édifice et
bloque la circulation. Finalement devant la mobilisation et la détermination
des manifestants, les autorités décident de relâcher les personnes
interpellées et restituent les éléments de la yourte.
Rappelons que le site de la Borie aurait été englouti par la construction
d'un barrage, sans une forte lutte au milieu des années 80. Aujourd'hui, il
sert à diverses activités autonomes: jardins collectifs, apiculture,
poterie, chantiers divers, habitations, etc. La yourte sert habituellement
pour des projections, discussions, fêtes... libres et ouvertes à tous.
Pourquoi ce coup de force de la Mairie , pour détruire un lieu ouvert
d'activités Pourquoi un tel déploiement de violences alors que des
concertations sont enfin en cours pour définir l'avenir du site de la Borie
Pourquoi une telle provocation , alors qu'il faudrait au contraire débattre
sereinement de nos projets et de notre avenir commun
Pourquoi s'attaquer à de jeunes bénévoles, qui animent un lieu , qui doit
rester libre d'accès à la population de nos vallées
Nous espérons que cette"erreur d'appréciation" de quelques uns de nos élus
ne cachent pas la volonté de dramatiser ( criminaliser) une situation pour
prendre prétexte à expulser ceux qui vivent et travaillent sur ce site,( et
certains depuis 15ans )
Car les paysans qui travaillent sur les terres de la Borie , aspirent à la
sécurité que leur donnerai un bail (ce que refuse la Mairie depuis 4 ans)
et non pas de vivre avec des intimidations permanentes.
Nous espérons qu'il ne s'agit pas d'exacerber une situation, pour se
débarrasser de ceux qui veulent que la Borie reste un lieu public , afin de
l'offrir à quelques appétits spéculatifs et touristiques ,qui désirent se
l'approprier pour en tirer de juteux profits.
Nous espérons que nos élus aurons à coeur la préservation du bien public ,
dont ils ont la charge et non pas la propriété ; et qu'il ne s'agit pas de
basses manoeuvres pour le bénéfice de quelques nantis
les Objecteurs de Croissance ,
membres de la Coordination des réseaux de l'habitat choisi
Midi Libre. Édition du dimanche 26 avril 2009
La Borie. La yourte prête à être remontée sur l'écosite
RAPPEL
Mercredi, elle a été
démontée par les élus de Saint-Jean-du-Gard
Près d'une centaine de personnes a préparé le
matériel hier afin de remonter ces jours-ci, sur le site de
la Borie, la yourte, cadre d'activités d'un collectif (lire
nos précédentes éditions), après le
démontage effectué mercredi par des élus de
Saint-Jean-du-Gard. Pour mémoire, ces derniers jugent
illégale cette installation sur un terrain communal (lire par
ailleurs). Hier, plusieurs membres du collectif ont bien voulu
évoquer la situation à Midi Libre, mais en refusant de
se laisser prendre en photo.
Ils ne comprennent pas pourquoi les
élus locaux sont venus démonter leur yourte. «
Il devait y avoir dans les prochains jours un cycle de réunions
avec les représentants de la communauté
d'agglomération du
Grand-Alès et de la
municipalité. Ils devaient nous présenter leur projet
(Ndlr, écotouristique, éco-construction, énergies
nouvelles ). » Les pros yourtes ont répété
hier matin qu'ils n'étaient pas farouchement opposés à
ce projet malgré la crainte de l'arrivée sur le site
d'une sorte de "business écolo". « On
pense qu'il y a de la place pour tout le monde » indique
un occupant du site. Patrick Pasanau ne dit pas le contraire. Lui et
sa compagne Delphine sont un couple d'agriculteurs installé
sur le site avec 200 ruches, 100 ares de maraîchage et une
centaine de poules pondeuses.
Depuis quatre ans, ce couple attend
un bail qui ne vient pas malgré les promesses du Conseil
général, ancien propriétaire, et de l'actuel :
la mairie. L'artisan spécialisé dans l'énergie
solaire, Michel Ménager, venu en 1992 sur le site pour
s'opposer au projet de barrage, avoue de son côté qu'il
avait obtenu une autorisation orale d'un élu local pour
rester sur place. Il craint d'être délogé
désormais après l'épisode de mercredi.
A la
suite du démontage de la yourte par les élus, les
membres du collectif rencontrés à La Borie se disent
désormais sous tension et se demandent même si on ne
les pousse pas à craquer pour mieux les décrédibiliser.
« On veut nous faire passer pour des sauvages auprès
de la population ! » Et les usagers de la Borie de
rappeler le fait que la population locale vient volontiers se
baigner dans le Gardon tout proche, pique-niquer, faire du camping
léger. « Les associations d'usagers cultivent aussi
des jardins collectifs, ont des serres, font du labourage à
cheval. (...) Ici, c'est un lieu vivant avec des musiciens, des
expositions. » Et il y a aussi les animations proposées
au sein même de la désormais célèbre
yourte de La Borie avec films et conférences. Il reste à
savoir si les pouvoirs publics jugent aussi qu'il y a, sur les 32 ha
de l'écosite, de la place pour tout le monde.
28 Avril 2009
St
Jean du Gard – La Borie, dont acte !
On pouvait s'interroger sur les motivations de M. Antherieu, maire de St Jean du Gard et une partie de son équipe municipale à démonter une yourte collective, qui permettait depuis huit mois le déroulement d'animations diverses (ciné-club, débats, etc.) sur l'écosite de la Borie.
Aujourd'hui, la réponse est plus claire.
Le dernier communiqué du conseil municipal, placardé ce 25 avril sur le front de la mairie, permet d'apprendre que « l'expulsion des résidents de la Borie » (sans distinction) va se « poursuivre » afin que « la commune de St Jean du Gard devienne pleinement propriétaire de ce lieu ».
Dont acte !
Il est temps de s'inquiéter face à de telles méthodes.
Il
s’agit donc d'un projet planifié de longue date pour
résoudre ce qu'il est maintenant devenu commun d'appeler « le
problème de la Borie ».
A
quel conseil municipal a t-il été évoqué
(et voté) une telle décision ?
Quelle
a été la fameuse « procédure
d’expulsion » puisque personne (ni le parquet, ni la
préfecture, ni les usagers de la yourte, ni les citoyens de St
Jean du Gard) n'ont jamais eu la moindre information ?
La
violence aurait pu être évitée.
Si la mairie était restée dans la légalité et avait entamée une concertation, la colère n’aurait jamais pris cette démesure.
Elle a très souvent été interpellée à ce sujet... sans réaction, sauf du mépris.... Nous devions même entamer un cycle de concertation initié par la communauté d’Agglo. La première réunion devait se passer la semaine suivant ce malheureux mercredi.
Mais que reproche la mairie à cette yourte ?
Elle
fut très bien accueillie par la population et également
par les acteurs et actrices historiques de ce site devenu un symbole
de résistance dans la région.
Elle
fournissait un espace gratuit, autogéré, ouvert à
qui proposait une idée pertinente pour l’animation
culturelle du pays. Personne n'y vivait, l'accès était
libre et sa construction avait fait l'objet d'un chantier
collectif... Elle n'avait rien coûté à personne
et était très utile....
Mais encore plus grave !!
La
mairie affiche aujourd’hui sa volonté d’expulser d’autres
résidents et usagers du lieu. C'est-à-dire un couple
d'agriculteurs et un couple d'artisans en installation de matériel
solaire .
- Les agriculteurs entretiennent l’espace depuis quatre ans et attendent que la mairie rentre dans la légalité en signant enfin le bail qui leur est promis depuis leur installation. La jurisprudence est pourtant claire à ce sujet et la mairie nous donne un bien mauvais exemple de gestion. Ils ont été invités à s'installer par l'ancien gestionnaire du site dans le cadre d'un projet plus vaste mais encore bien flous à ce jour...
-
Les artisans ont été invités à rester en
place par l'ancien maire en échange de menus travaux
d'entretien. Cela
dure depuis 17 ans...
Et voilà une mairie incapable de reconnaître leur bon
droit. Depuis le haut de son tout nouveau mandat de six ans, elle
s’arroge une légitimité de propriétaire sans
tenir compte d’une histoire qui la dépasse.
De
nombreux appels ont été lancés en direction des
élus pour ouvrir un dialogue, mais la porte est toujours
restée fermée... on peux constater que les décisions
on été prises de manière unilatérale et
sans respect de la démocratie participative mise en œuvre par
les habitantEs qui servent l'intérêt général.
Personne n'est venu consulter ces résidents...
Mais la mairie avait bien un interlocuteur : la SCIC la Borie. Il est étrange que sa qualité de médiateur dans ce conflit soit tant remise en cause par les parties. Au regard du résultat sa crédibilité peut être mis en doute. Force est de constater que certains ont laissés pourrir la situation qui permet de donner prétexte à l'expulsion.
Quel gâchis !!!
La Borie est devenue, depuis la lutte contre le barrage, un site au visage pluriculturel où l'écologie, l'agriculture et les relations humaines sont devenues réalité. La gestion hasardeuse et très maladroite des anciens comme des nouveaux responsables risque de voir mûrir en son jardin un fruit bien amer...
Nous
dénonçons
l'attitude provocatrice de la mairie, qui au lieu d'apaiser les
tensions, décline avec une telle rapidité ses
intentions d'expulsion. Ceci alors même que la yourte était
encore en réparation suite aux dégâts occasionnés
par le démontage.
Nous demandons
que la mairie de St Jean du Gard revienne sur ses décisions d’expulsion.
L’ouverture d’une table ronde entre la municipalité, les habitants, les usagers de La Borie et les associations qui les soutiennent afin de trouver par la voie de la négociation une solution de sortie à ce conflit.
Débattre et examiner ensemble le projet collectif en tenant compte des usagers de la Borie.
Les organisations signataires : L'association Halem, les Objecteurs de croissance, l'association « Demeures Nomades », l'association « LA BELLE CAUSE », le réseau « YURTAO », le « Collectif citoyen de la haute vallée de la Cèze ».....
30 Mai 09: l'émission de radio Zinzine ce midi sur le démontage de
la yourte de Laborie. Vous pouvez la télécharger ici :
http://cosmoenergie.infini.fr/son/zinzineYourteLaborie.mp3
07 avril 2009
Encore une bande de RMIstes surpris à rien foutre.
Ceci n'est pas le chantier d'une multinationale sous-traitant des employés forestiers roumains pour défricher les parcelles d'un lotissement destinés aux riches retraités du Nord.
Ceci n'est pas une équipe de clandestins engagés par une filiale d'EDF pour dégager les arbres sous les lignes électriques.
Ceci n'est pas un groupe sauvage de bucherons illicites profitant de l'état de catastrophe naturelle des dernières pluies pour sortir un max de bois à l'œil.
Ceci n'est pas une entreprise d'insertion commandée par des petits malins généreusement subventionnés pour s'occuper des pauvres, rassemblant quelques « parasites » sur une action de remotivation au travail.
Ceci n'est pas un camp de scouts.
Ceci n'est pas une faction de l'ultra gauche anarcho-autonome, en exercice rural organisé préparant une issue de secours derrière une ferme blokaus.
Ceci n'est pas non plus une bande structurée d'écolos nettoyant les rivages des lieux publics pour faire leur béa annuelle sous les caméras de télé.
Ceci n'est pas l'avant garde d'une rave partie.
Ceci n'est pas une cueillette de champignons, ni de châtaignes.
Ceci n'est pas une escouade motivée de salariés agricoles reconvertis en valets obséquieux sur le futur golf à mille trous au milieu des Cevennes.
Ceci n'est pas une association de randonneurs en mal de nouveaux accès.
Ceci n'est pas une délégation de « Jeunesse et sports » préparant le terrain de la prochaine colonie de vacances en milieu naturel avec observation de chouettes et piverts.
Ceci n'est pas un entrainement informel d'apprentis pompiers pour la prévention des feux de forêts.
Ceci n'est pas une équipe de fonctionnaires des services techniques de la mairie de Bessèges affectés à l'entretien des chemins ruraux.
Ni de la conservation du patrimoine protégeant les faïsses, bancels, restanques, terrasses cevenoles en péril.
Ni de la communauté de communes, ni du « syndicat intercommunautaire à vocation multiple », ni de l'aménagement du territoire.
NON NON et NON.
Ceci est une bande de RMIstes
en train de rien foutre.
Ceux-ci n'ont pas d'heure, pas de portable, que les cloches de l'église en bas.
Ils ne pointent pas, ne se ruent pas sur les heures supplémentaires, n'ont pas de comptes à rendre.
Ils ne font pas de bruit, malgré qu'ils sont plusieurs et parfois des enfants avec.
Ils ont commencé tranquilles après le café du matin, ils finissent tranquilles après le bout de la piste achevé.
Ils n'ont pas de chefs, pas de machines à moteur démultiplié, que des outils à mains cabossés qui leur appartiennent.
Ils n'ont pas de bleus de travail, pas de chaussures de sécurité, pas de vestiaires, que des tee shirt troués de la croix rouge.
Pas de cantine, pas de camions qui les attendent avec la gamelle, ni d'ailleurs de petite femme à la tambouille à la maison.
Ils n'ont pas de fiche de paye, pas de panier de légumes à la fin, pas une note favorable dans le contrat d'insertion, rien sur le curriculum vitae, et ça ne leur rapporte aucune rémission dans l'instruction de leur dossier ANPE.
Au contraire, ils sont toujours convoqués régulièrement à cinquante bornes pour se faire engueuler de pas trouver du travail, malgré qu'ils n'ont pas de bagnole, pas de cravates, malgré la ligne de chemin de fer en suspens pour cause de non rentabilité et les cars scolaires en grève, en panne ou en vacances.
Ils font des pauses quand ça leur chante, ils discutent en roulant leurs clops, ils refont le monde tranquillement assis sur une pierre au milieu des ronces.
Ils bêchent, binent, ratissent, scient, tirent sur les racines, tranchent les épines, sécatorisent, se courbent en deux, se baissent à terre, se relèvent, déplacent des pierres énormes.
Ils ont ouvert et rendu praticable un chemin vicinal obstrué par les déchets d'un riverain indélicat, réhabilité un passage condamné,
en épargnant les violettes.
En une journée, pépères, un Samedi, pendant que les autres sont au loto.
Ils ne le font pas pour l'argent, pas pour obéir, pas pour le diplôme, pas pour leur bonne conscience, pas pour le bon ordre ou l'affiliation à un groupe identitaire, même pas pour l'avenir de la planète.
Ils le font parce qu'ils en ont envie.
Ils le font parce qu'ils sont contents d'être ensemble.
Ils le font parce qu'ils ont du temps.
Ils le font parce que ça leur fait plaisir.
Ils sont venus chez moi d'où je suis expulsée.
Ils m'ont proposé leur aide.
Ils n'ont pas envie que l'aventure du Cantoyourte s'arrête.
Alors ils continuent, vers une nouvelle terre, un nouveau lieu, un peu plus loin de ceux qui n'aiment pas les voir ensemble aux yourtes
rigoler et manger des merguez entre deux fêtes et deux coups de mains spontanés.
Certains appellent ça des journées chinoises.
D'autres des chantiers bénévoles.
D'autres de la coopération villageoise.
Les plus mal embouchés du travail au noir.
Mais ce n'est toujours pas vraiment ça.
C'est quelque chose de nouveau.
Quelque chose peut-être aussi qu'on avait oublié et qu'on retrouve naturellement.
La liberté, l'auto-organisation, l'auto-gestion collective.
Comment des peuples sans plans et sans techniques construisent des civilisations.
La sortie de l'assistanat et la prise en main de son destin, la libération de l'attente d'un emploi imbécile, mais aussi la prise de conscience que son histoire est chevillée à celle du voisin, là où il en est.
Que si on laisse les autres détruire ce qui nous anime et nous relie, on cède à ce qu'ils attendent que nous soyons: des loques honteuses qui méritent bien ce qui leur arrive, exilées dans un bagne vert.
Alors les voilà, mes amis, mes comparses, mes voisins:
ils créent gratuitement une richesse inestimable.
Ils créent de la fraternité, de la solidarité, de la joie, de l'amitié.
Ils font du bonheur et des journées magnifiques.
Il y a ceux qui sont là, ceux qui auraient voulu être là, ceux qui seront là la prochaine fois, ceux qui ont envoyé leur soutien, leur contribution.
Ils mutualisent ce qu'ils ont, celui qui a plus verse pour celui qui a moins, les hommes autant à la cuisine que les femmes au râteau, veillent à éloigner le vin de celui qui en abuse, à garder une gourmandise pour les enfants, ....
Ils créent un nouveau monde, un autre monde, ici et maintenant, avec chacun son pets de travers, humblement et sans grands mots, sans brevets et sans industrie, ils ne le crient pas sur les toits, ils n'attendent rien des institutions et des élections, rien qui puisse améliorer leur condition sans qu'ils y mettent la main à la pâte.
Ils le font parce qu'ils sont sortis de la société technocrate, marchande, matérialiste, productiviste, capitaliste.
Ils le font parce qu'ils sont des belles personnes,
des vrais êtres humains tout simplement.
07 janvier 2008
cochons sauvages à Rochessadoule
A une petite heure de marche du Cantoyourte,
aprés avoir grimpé la colline
au pied de laquelle les yourtes sont installées,
on arrive à la Crueize, chez mon copain Augustin,
éleveur de cochons sauvages (ou sangliers domestiques).
Sa propriété, qui dépend de la commune de Rochessadoule,
ancienne cité minière, tout comme Bésséges,
est assez étendue pour que ses animaux y trouvent leurs comptes,
ce qui n'empéche pas leur maître
d'aller s'approvisionner régulièrement aux marchés des alentours
pour récupérer des restes alimentaires.
C'est le seule chance de rencontrer Augustin ailleurs que dans sa ferme,
endroit paradisiaque qu'il entretient
en gentleman farmer accompli.
Là, des paons dorment ou chantent dans les arbres,
des plantes bizarres poussent dans des endroits incongrus
et des têtes sans chair nous rapellent notre humaine condition.
Une douzaine d'années auparavant,
quand j'ai commençé les yourtes,
Augustin avait mis à ma disposition ses terres,
sur lesquelles une coupe de châtaigners,
dont les branches s'éparpillaient de loin en loin dans les fossés,
séchait tranquillement au soleil cevenol.
Je montais chaque jour avec ma scie, ma plane et mon couteau
pour choisir, tailler et écorçer quelques perches,
destinées à soutenir le toit de ma première yourte.
Ce fût un hiver magnifique, car l'enthousiasme de ma future création
se mélait au calme enivrant de la forêt, aux chants des oiseaux
et aux grognements rupestres des cochons
fouinant dans les sentes tout autour.
Ces perches soutiennent toujours la voûte qui m'abrite,
elles n'ont pas bougé depuis douze ans.
J'avais même fait l'essai de ne pas en écorcer une pour voir
si elle se dégraderait plus ou moins vite que les autres.
Or elle est toujours intacte, pas un seul traitement,
pas un seul insecte ou ver n'ont outragé cette branche de châtaigner,
bois qui, une fois encore, fait ses preuves d'imputrescibilité.
On voit cette perche noire entre les deux mats de cette photo.
Notre ami a utilisé ce bois merveilleux pour restaurer sa maison,
pour ses clotures, son ameublement.
C'est sur le chemin menant chez Augustin,
sous un ciel merveilleusement étoilé,
que les douze coups de minuit de la fin de l'année 2007
ont sonné pour la petite bande de copains qui l'ont rejoint
devant le grand feu rituel du Nouvel An.
Car notre ami ne se contente pas de sa grand fête d'été
pour inviter sa large famille, tous ses voisins et copains,
à partager le mouton, il remplit les cieux de la nouvelle année
d'un superbe flamboiement propre à réchauffer les coeurs les plus gelés!
Et quand le feu du dehors se tasse,
on peut toujours partager avec lui,
un bout de gras,
et, à l'arrière de sa cuisine,
l'âtre gigantesque de sa cheminée,
en grignotant de délicieux beignets de sa confection!
Augustin a retapé juste à coté de sa maison
un petit gîte rural d'une simplicité charmante,
enfoui dans la verdure à quelques pas de chez lui,
que je recommande à tous ceux qui préféraient dormir
sous les pierres plutôt que sous la yourte.
On s'y réveille avec les cris des paons,
on s'y endort avec les cigales, et on peut, bien sûr,
y déguster de la très bonne charcuterie biologique.
Augustin est un vrai paysan, au sens ou il aime profondément
son travail et son environnement,
qu'il se fit à ses intuitions d'autodidacte
et posséde une force de vie et de travail impressionnante.
C'est aussi un vrai gentleman, non seulement de par
son hospitalité toujours débonnaire,
mais aussi car parce qu'il est polyvalent,
tout autant intellectuel que manuel,
et qu'on peut mener avec lui, sous les treilles,
des conversations joyeuses et éclairées,
en plusieurs langues, sur toutes sortes de sujets passionnants.
Je l'ai rencontré il y a bien longtemps,
avant de me déposséder du vieux mas cevenol que j'avais acquis
pour une bouchée de pain avec mon mari en 81.
Je me suis très vite mise à réver d'un abri plus léger,
plus à l'échelle de mes muscles d'artiste,
tant le boulot de reconstruction accaparait mes velleités créatives.
Je fréquentais alors la jeune femme d'Augustin
qui élevait leurs petits enfants, nés loin de tout,
très rustiquement, dans une ruine au milieu d'une forêt de ronces!
En trente ans, bien de ces vieux mas Cevenols ont été relevés
à la force du poignet par les immigrants du retour à la nature,
bien des couples ont éclaté dans ces laborieuses restaurations,
bien de ces bâtisses ne servent plus
que secondairement à quelques vacances trop rapides,
mais il reste qu'on peut rendre hommage à ces vrais paysans
qui ont fait de certains de ces endroits des enclaves naturelles
où l'homme, parfaitement intégré dans son milieu,
se préoccupe de sauvegarder ce dont nous avons un besoin urgent,
le respect de notre terre nourricière.
Ils succédent en cela à ces générations de paysans cevenols,
durs à la tache, qui ont merveilleusement construit
ce paysage de restanques que j'aime tant.
Le site d'Augustin:
http://wwwd.iha.fr/script/ad6frameset.html?x=ODgwOzg
01 novembre 2007
Yourtes en Cévennes
Situé aux confins de trois départements,
le Gard, la Lozère et l'Ardéche,
le Cantoyourte se trouve sur le sentier de grande randonnée 44A,
qui vient des Vans et remonte à Malons,
où il rejoint le GR44 qui continue
jusqu'au pied du mont Lozère, jusqu' à Villefort.
Pour voir l'article "Vue sur les yourtes à Besseges", cliquez là::
http://yurtao.canalblog.com/archives/2008/03/17/8353543.html
Ma première yourte a été montée il y a dix ans
devant le château de Theyrargues,
situé plus à l'Est vers la vallée du Rhone.
La deuxième, où j'ai habité plus de quatre ans
à flanc de colline au milieu des chènes verts,
faisait vis à vis au château de Molières sur Cèze,
consciencieusement retapé ces dernières années
par une équipe de bénévoles besogneux,
château qu'on peut découvrir,
en face de la chapelle de Meyrannes,
en arpentant un beau chemin botanique,
avec jupons moyenâgeux et pique nique champètre,
en gentes compagnies.
Maintenant, mes dernières yourtes sont posées
dans un triangle dont les trois pointes sont
le château du Montalet, à Molières,
que j'affectionne particulièrement
pour l'avoir connu totalement abandonné,
avoir habité juste dessous avant qu'il soit tous les jours
dans ma ligne de mire, pour y avoir aussi passé
des nuits romantiques avec un saltimbanque
aujourd'hui rendu au pays des esprits,
le château de Portes, très prisé
par les funambules et les culturels créatifs,
et le château d'Aujac, sur les pentes duquel je ramasse,
au printemps,entre éboulis et lézards verts, le thym
pour une année de tisanes et bouquets garnis.
J'aime ce contraste entre le monument et la tente
qui raconte en une seule image téléscopée
comment les hommes s'inscrivent dans leur milieu
et se protégent des éléments naturels et des ennemis potentiels,
nous remémore l'histoire de David contre Goliath
et nous montre l'unité paradoxale issue de
la remarquable pérennité de ces deux constructions
apparemment si opposées, dont le point commun réside
en la faculté de traverser le temps.
J'aime y voir l'impermanence, la fragilité et l'éphèmère
confrontés aux fondations profondes et à l'immobilisme,
image symbolique saisissante
d' une culture nomade libre et légère
face à une culture guerrière lourde et rigide.
La yourte n'est elle pas devenue aujourd'hui
la petite fleur indispensable qui sublime les vielles pierres,
montrant ainsi que les cultures peuvent coexister pacifiquement,
que les dynamiques du cercle et du carré
ne peuvent se priver l'une de l'autre?
Si l'on décolle au petit matin du camp de yourtes
par une belle journée d'automne,
comme les Cevennes nous en offrent souvent,
on peut monter de Bésseges jusqu'à Aujac,
et si c'est Dimanche et qu'on aime les racines historiques
et les vues dégagées, on peut visiter le château d'Aujac
qui domine toute la vallée,
ouvrant un panorama magnifique sur les vallonnements du Sud.
Pour ma part, j'aime prendre de temps en temps
un peu de hauteur pour embrasser du regard
ce pays dont je suis amoureuse,
me rassasier de la beauté sauvage des forêts cevennoles,
respirer un air plus pur,
boire l'eau fraîche des sources limpides,
me gaver de silence.
En quelques minutes de montée,
on débouche sur un désert rempli d'arbres,
troué ça et là de hameaux perdus
habités par quelques babas aux moeurs arides,
et on peut se perdre dans une vallée rocailleuse
où coulent les châtaignes le long des pentes abruptes,
et au fond, une rivière pétillante de truites.
C'est dans un de ces trous qu'un jeune couple
a tenté d'habiter à l'année sous leur yourte,
sur une restanque idyllique en été, mais féroce en hiver:
l'homme est parti le premier,
la femme a tenté de jardiner, de se chauffer, de s'organiser,
puis s'est repliée elle aussi.
La yourte a fini par s'effondrer sous la neige,
et le terrain vendu à un Parisien qui n'y viendra jamais en hiver,
et très peu en été (il suffit qu'il puisse se vanter
d'avoir un endroit à la Robinson, qu'il puisse seulement penser y venir).
L'homme a alors cédé les débris de cette yourte au Cantoyourte:
des amis sont allés la récupérer
avant que la pluie ne fasse monter l'eau
et que le guêt soit infranchissable.
J'aime monter voir mes copines à Bonnevaux,
le village surnommé « le phare des Cevennes », où,
jusqu'aux dernières élections,
tous les habitants votaient unanimement à gauche,
(cette année, pour la première fois depuis trente cinq ans,
les neo-ruraux ont du accepter 3 urbains riches qui ont acheté
des maisons secondaires et voté extrême droite)
danser face à l'horizon pur et vaste
en grignotant des baies sauvages,
aérer la maison d'une voyageuse partie l'hiver en Inde,
allumer une chandelle dans l'église,
en riant avec les fillettes du coin,
chercher le tipi du dernier réveur,
crapahuter au milieu des moutons.
Je connais les tombes,
la façon qu'ils ont ici depuis des siècles
de prendre soin de leurs proches partis avant eux,
je me recueille dans les chapelles en pierres sèches
disséminées sur les pitons rocheux de toute la région,
c'est dans l'une d'elle que j'ai pris la décision
de vivre ici pour le restant de mon temps,
c'est là que je contemple le mieux l'époux du dedans,
qui murmure à mon coeur, entre les rideaux blancs
que le souffle de l'esprit soulève entre la pierre,
le bois et les roses, où et comment marcher
sur le chemin du contentement.
14 juin 2007
des fleurs d'ici
Contente d'habiter cet endroit,
ou il est encore possible de vivre
à sa manière,
acceptez ces quelques fleurs,
qu'elles embaument votre coeur.
LE LYS
Le JASMIN TROMPETTE
L'HORTENSIA
L'IBERIS et LE TREFLE
LA CAMPANULE
L'ACCANTHE
LE GERANIUM
LA Fleur de grenadier
Pavots
"Dites ce que vous avez à dire
et non ce que vous devez dire.
N'importe quelle vérité
vaut mieux que faire semblant"
Henry David Thoreau.
26 mai 2007
herbes aux yourtes
Voici quelques amies
qui m'ont prété un peu de place sur leur terre.
Les plus proches, celles qui caressent la yourte
et que j'ai appris à connaître.
Ces plantes sont des simples sauvages,
je n'ai rien planté,
je me suis contenté de nettoyer quelques endroits, c'est tout.
Le simple fait de sélectionner ce qu'on enlève
est déjà un acte suffisamment important
pour qu'on prenne le temps d'observer les conséquences
sur l'équilibre végétal et les réactions écologiques en chaine.
Les plantes, les humains en ont besoin vitalement.
Les humains, les plantes n'en ont pas besoin.
Soyons reconnaissants des miracles qu'elles nous offrent
depuis la nuit des temps.
Pour ma part, j'ai une véritable fascination pour elles,
car je sais intuitivement qu'elles sont ataviquement,
profondément enfouies en nous,
dans le secret de notre souvenir somatique,
prêtes à nous donner le meilleur d'elles-mêmes.
J'en présente quelques unes,
en partant de la droite de l'entrée de la yourte.
Le salsifis, qui s'est mis à pousser devant ma porte
et m'offre de temps en temps ses merveilleuses petites étoiles.
. Ses horaires d'ouvertures sont très capricieuses,
je n'ai pas tout compris encore.
Il s'abrite sous le sureau noir,
avec les fleurs blanches duquel on peut faire de délicieux bégnets
et du sirop, au goût particulièrement délicat.
Plus tard, avec les baies, on peut confectionner de bonnes confitures,
qu'il faudra disputer aux oiseaux qui les adorent et s'en gavent.
Quand le sureau commence à sortir ses feuilles,
le premier, je sais qu'on est en train de sortir de l'hiver.
L'acacia, forcement, puisque j'habite dans une forêt d'acacia:
la souche, pourtant depuis longtemps hors service,
qui me sert d'arrimage à la yourte,
ne cesse d'émettre des tiges à piquants,
que je dois couper toutes les semaines.
L'aristoloche, très élégante sur ses tiges droites et fines,
avec ses petites fleurs jaunes biscornues,
aime disputer aux lys le bord du sentier qui contourne la yourte.
trop amère pour que je trouve du plaisir à la manger,
est maintenant montée très haut.
Un immense et rustique chardon s'est développé
à l'arrière de ma sortie de poële,
avec ses feuilles très découpées, piquantes et grasses.
Je le trouve impressionnant,
comme un vieux monsieur respectable plein de savoir.
La lampsane, ou rosette, une bonne salade sauvage,
que les gens donnent maintenant aux lapins.
Elle est montée en fleur depuis peu,
ses feuilles les plus hautes sont presque méconnaissables.
L'américaine,
dont la racine blanche et longue est charnue comme un navet,
émerge de partout sur sa tige épaisse pour grimper
jusqu'à presque deux mètres de haut
et donner des boules de fruits noirs qui ressemblent
à ceux à la belladone.
Bientôt, elle peuplera une vraie forêt tant elle est colonisatrice.
La bardane développe ses larges feuilles ridées
comme une peau parcheminée
avant de former ses fruits ventouses
qui se collent aux vétements et grattent les jambes.
La chélidoine évidement, envahissante,
en train de terminer sa meilleure période,
quand elle donne ses jolies petites fleurs jaunes,
est pour moi le symptôme désagréable du réchaufffement de la région,
je la soupçonne de prendre la place de l'ortie, entre autrres,
qui se retire plus à l'ombre, ou disparaît carrément.
Extrêmement vivace, poussant sur très peu de terre
et développant des touffes encombrantes
qui deviennent aux chaleurs séches et moches,
c'est l'herbe aux verrues:
toute sa sève est jaune dans les tiges et les feuilles,
rouge dans les racines, et toxique:
elle attaque bien les verrues qui disparaissent
irrémédiablement aprés plusieurs applications.
Le gratteron, qui tente en vain d'étouffer la chélidoine
et s'accroche partout avec sa tige rampante et scratchante,
le tout en si peu de temps qu'il peut couvrir une barrière en une semaine!
Le laurier, prince ténébreux et coriace,
résistant aux hivers méditerrannéens les plus rudes,
a choisi de pousser sur les bords,
il essaime facilement des petits arbrisseaux odorants
aux feuilles luisantes et craquantes.
J'en rajoute dans les lentilles et les ragoûts.
La gentille chondrille qui elle aussi se déguste en salade,
quoique plus amère que la lampsane.
Et voici le laiteron, ses feuilles sont une ode à la complication,
elles enlacent la tige comme un gros mamour étouffant,
mais il se mange le plus simplement du monde, en salade,
surtout quand il est encore toute jeunet.
La ciguë, charmante aux printemps avec ses ombelles blanches,
mais mortelle.
Je ne la touche qu'avec des gants
et surveille les enfants qui la contournent.
J'aime la garder prés de la yourte,
car je crois qu'elle éloigne les méchants...
un peu comme les douves autour des châteaux d'antan!
Par terre, des touffes d'alliaire,
qui ont des petites racines effilées et des feuilles
qui ressemblent à celles des violettes,
puis en s'épanouissant, les feuilles s'étirent et s'épointent:
cette plante très humble mais comestible en salade
développe de toutes petites fleurs blanches condimentaires.
Et bien sûr le bouillon blanc, ou molène,
pour qui j'ai une affection particulière:
je le vois presque pousser à vue d'oeil
tellement il s'élance ardemment vers le ciel,
déployant ses grandes feuilles cotonneuses,
et le voici prét à livrer ses délicieuses grappes de fleurs jaunes,
que je ramasserais chaque matin pour les faire sécher.
La tisane ainsi récoltée est souveraine
contre les toux et les refroidissements hivernaux.
J'ai coupé au ciseau autour des molènes
les herbes hautes pour dégager toute leur majesté.
Ce qui me provoque des crises d'éternuement et de raclement de gorge,
car j'élague aussi les bouillons rachitiques
et les feuilles du bas qui pourrissent.
Juste avant d'arriver à la porte,
une belle touffe de silènes d'Italie.
Voici finalement le tréfle,
petite plante commune et modeste dont la présence me rassure,
car elle tapisse si joliment le sol qu'on a envie de s'y rouler!
03 avril 2007
attention danger salade sauvage
Subrepticement ce matin,
j'ai ramassé de la mache sauvage devant ma yourte,
sur le sentier communal.
Cette mache est très mauvaise pour la santé,
elle fait veillir jeune et durer longtemps.
Le tuyau vaut très cher ici dans le village.
Seuls les vieux de plus de quatrevingt dix ans se le refilent en douce.
Mais comme j'ai un copain fouineur et testeur de verdure,
on l'a trouvé, la mache miracle qui fait des centenaires dans le quartier!
On l'a trouvé juste devant la yourte, toute simple
dans sa robe en étoile verte, au pied du mur de mon voisin.
J'ai donc procédé à la collecte sans vergogne,
quoique je sois avertie des risques,
la mache étant, comme l'ortie, ciblée par les privatiseurs tueurs.
J'ai lavé ma salade sauvage dans de l'eau de pluie de la veille,
en étant très consciente des implications
de mon crime de lése majesté sur les multinationales
qui vendent de la mache industrielle, sous papiers céllophane,
bourrée de conservateurs et d'additifs chimiques.
Puis les fleurs de pissenlit parsemant le terrain de ma yourte,
que je ne cultive pas, préferrant y repérer les accomodations locales
des différentes variétés de plantes sauvages,
ont sauté presque toutes seules dans mon assiette.
Je suis rentrée dans la yourte
préparer ma petite vinaigrette
et je me suis régalée.
A la fin, petit must, mais ça je ne le dis à personne,
je ne le fais que quand je suis seule,
et surtout pas devant les enfants,
desfois qu'ils me prennent pour une malpropre
alors que je ne suis qu'une indienne,
je nettoie mon bol avec le doigt, hummm....
J'écoute ensuite les oiseaux qui chantent de partout;
leur concert est une ode fantastique à la nature
qui exulte de la pluie de ces deux derniers jours.
En même temps, irrécupérablement rebelle,
je remplis un petit sac de jute avec les fleurs de bruyère
que j'ai ceuilli hier pour ma petite voisine
qui s'est fait opérée de l'appendicite
et qui a des problèmes urinaires,
tout en suivant de l'oreille et des yeux
les lézards qui filent sous mon toit.
De tous les habitants de ma yourte, c'est eux que je préferre,
ils sont légers, vifs, une petite gueule toute fine,
ils portent le printemps en eux et gobent les moustiques,
ils sont totalement innoffensifs,
pas comme ces crocodiles d'hier soir
à la réunion de mon groupe politique
devant qui j'ai fais un scoop ovni
avec mon féminisme non-violent.
























































































































































































