01 mai 2008
camion pizza et yourte
La yourte salon de thé de Genolhac.
Je suis heureuse de vous faire partager
un beau petit coin de nos Cevennes,
où l'inspiration et la joie de vivre ont initié
l'implantation d'une belle yourte.
L'artmonithé est une association proposant un lieu d'accueil
pour les clients du « petit mazet », camion pizzeria bio,
garé sur le coté de la route entre Genolhac et Concoules.
Ce lieu, une belle yourte jaune, assez grande
pour contenir un salon avec canapé et fauteuils,
un espace enfants,
un piano et une batterie,
une cuisine et le poële central,
sans oublier quelques tables rondes pour les clients
consommant thés et laits de fruits secs,
ce lieu charmant vient de s'ouvrir dans nos hautes Cevennes,
sous l'impulsion imaginative d'un trio
de belles et jeunes personnes.
Les clients dégustant leurs pizzas peuvent donc désormais
les accompagner de délicieuses boissons,
préparées avec soin par Amélie et Cindy.
Celles ci veulent en effet promouvoir les valeurs écologiques
et servent des produits locaux,
du terroir,et de qualité biologique.
L'espace est aussi mis à disposition pour des conférences
ou des animations culturelles ou artistiques,
avec des scénes ouvertes pour des programmations musicales.
Un coin spécialement aménagé avec des petits bureaux
est réservé aux enfants, afin que les parents
puissent se détendre en toute tranquillité.
Bref un lieu de grande convivialité,
que je vous engage à découvrir!
Et si vous passez par Bessèges,
montez jusqu'au Cantoyourte, au cas ou je puisse
partager votre trajet jusqu'à l'Artmonithé!
ARTMONITHE: Route de Villefort. 30450 Genolhac.
04.66.61.03.43.
08 avril 2008
Yourte à vendre et stage de fabrication
Plus de liens que de biens!
Bien des personnes qui veulent aquérir une yourte
sont pécuniarement démunis,
c'est justement la raison pour laquelle
j'enjoins à se lançer dans l'autoconstruction.
L'association Halem a initié l'année dernière des stages de formation
qui ont été mis en oeuvre par l'association Atipik,
ce qui a débouché sur des pratiques de transmission
en dehors du systéme financier auquel nous résistons.
A savoir que le stage est auto-géré:
c'est la yourte qui est construite comme suppport d'initiation
qui couvre le cout de la formation.
Autrement dit, le prix de la yourte produite par les stagiaires
sert à organiser le stage suivant.
Ainsi, pas de business éthnicoculturel qui reserverait les yourtes
à quelques bourgeois en mal d'insolite,
mais accompagnement solidaire des futurs habitants sous yourtes
dans le developpement de leurs capacités à la prise d'autonomie.
Voici donc un communiqué de Patrice,
marionnettiste habitant dans un village de yourtes
dans la région bordelaise avec une dizaine de copains,
sur un terrain de cinq hectares aquis en SCI.
Sur ce lieu se developpe les alternatives énergétiques
et les expérimentations en auto-construction.
La prochaine activité est donc:
* Yourte à vendre ...!
* Stage Auto-construction yourte locale
8/ 25 Mai 2008
( les 9 participants maxi sont au complet pour ce stage, mais que ça ne vous empêche pas de lire ce qui suit...et d'être les bienvenus en qualitéd'observateurs..!)
L'accueil d'un stage d'auto-construction de yourte avec L'association Atypik...
Pourquoi: Because, les yourtes mongoles c'est bienjoli, mais y'a un méchant bizness qui se fait au fil des ans. Très tendance depuis quelques années, le résultat est que si certains font des affaires ici (écoloblablatouristico, importation fructueuse, la nuit en yourte pitoresk 80€..etc..) là-bas aussi le marché va bon train,et ce, au détriment de la qualité des yourtes(on le voit clairement entre des yourtes achetées à quelques annéesd'intervalles,qualité des bois moindre, peintures“baclées”, épaisseur du feutre réduite..) et par ailleurs déforestation sauvage dans les quelques rares forêts des contrées...
L'idée : Réalisation d'une yourte à partir de matèriaux locaux ( bois,laine..)
Adapter la yourte à notre mode de vie plus “sédentaire”: encadrements fenêtres,baies vitrées ,au choix;.)
Apprentissage des individus au sein d'une réalisation collective, Transmission du savoir.
En effet, l'objectif est que le groupe de stagiaires apprenne à construire “tout seul” une yourte avec des matèriaux du cru, mais que ces derniers soient à même de former à leur tour d'autres personnes.
Les modalités : La réalisation de ces stages n'est en aucun cas à but lucratif !
L'accueil des participants ne demandera pas plus de frais
qu'un ou deux paniers de victuailles et le gîte sera possible pour qui veut.
La Ferme des Sots fera l'avance des matèriaux et le but du jeu, par la vente de la yourte, sera d'une part, le remboursement de ces matèriaux, et d' une somme dégagée pour réaliser un autre stage ou investir dans quelques matèriaux pour réhabiliter ce qui sera l'Espace de Vie commun du terrain(dont le projet et sa réalisation sont encours..)
C'est pourquoi, l'idéal est de trouver un acheteur pour cette yourte avant même sa construction !
D'autant qu'ainsi nous pourrons travailler à une construction “sur commande”(choix des ouvertures..)
Avis aux potentiels interessés donc!!
Layourte sera d'environ 30 m², pour un tarif alentours des 3000 €..
Pour avoir une meilleure idée du sujet,allez voirle blog en lien ci dessous de l'association Atypik : http://www.atypikaccueil.blogspot.com/
Donc, sivous êtes un potentiel acheteur , ou interessé par la participation à un stage,
ou si vous connaissez quelqu'un qui connait quelqu'un qui....
Contactez nous : “LaFerme des Sots”
240 Chemin de Saulx/ 33850Léognan
Tel: 05/56/64/48/18
Mel: fermedesaulx@yahoo.fr
Ou sur le portable de Gast au 06/79/37/79/11
Bien l'bonjour, et à bientôt...
07 avril 2008
Montage de la yourte de Jakin
Texte de Jakin:
Fin mars 2008: il flotte!
Et Pierre Philippe SCHAEFFER (HORIZONYOURTE)
est tout de même venu des Cévennes (jusqu'à chez nous en Dordogne)
nous livrer notre yourte.
Ces "belles personnes", Pierre Philippe et Nathalie d'"Horizonyourte"
nous avaient plu par leur façon d'être.
Simples, gentils, avec deux chérubins, vivants sur une colline des Cévennes.
Lui, Pierre Philippe nous a confié qu'il était ch'ti, comme nous.
Nathalie vient de sa Bretagne.
Installés en Cévennes, ils ont d'abord fait du fromage de chèvre.
Puis ils sont remontés à Lille. Pierre Philippe, musicien, a vendu
des instruments de musiques dans un magasin, puis est revenu en Cévennes.
Pas de pot! Il flotte.

Pierre Philippe perce les trous dans la roue que j'ai tenu à faire,
aidé par mon pote moustachu Michel.
Ma roue, ce n'est pas un cadeau pour Pierre Philippe,
vu que des vis étaient mal placées.
Assez délicat pour me dire que ça finissait par le gonfler,
mais il persiste, calmement, et vient finalement à bout de la bête...

Je suis content comme un gosse à qui on répare son jouet.
Le crachin énervant.
Serge, l'autre pote au chapeau de cowboy, est d'un calme naturel.

parle peu, mais il est efficace au travail et en amitié.
Puis les treillis se déploient. ça se concrétise.

Françoise est à la maison qui prépare le repas chinois pour la smala.
Elle doit bouillir de ne pas être de la fête.
La structure est montée.

Je convie la troupe à se ravitailler en riz cantonais,
en ailes de poulet farcies, et en vin...
Personne ne se fait prier.
On fume...on boit, on vocifère, le monde est refait pour la énième fois,
Sarko bling-bling par-ci, Sarko en veux-tu-non-merci...on refume, je tousse.
Faut bien y retourner?...non?...Alors on repart vers le squelette joli.

Le ciel ne pleure plus, nous on rit.
On montera les toiles au sec ! OUF!!!!!
Ensuite, nous installons pour essayage, la toile du toit.
Passage pour ajustement à la machine à coudre,
alimentée par un petit groupe électrogène.

Y aurait-il un dieu des yourtes?
Le terrain est paumé dans le Causse, sur deux hectares joliement boisés.
Le paradis quand il fait soleil.
Pendant ce temps, Françoise (qui a allègrement laissé la vaisselle)
installe les velours intérieurs avec notre fils barbu Vivien,

et Serge au chapeau de cow boy.
Toujours silencieux, placide, le mollet ferme et l'humérus souple.
Arrive Joel, le compagon Martiniquais de notre fille Adélaide.
Un mot sur Joël. Il agrémente le quotidien de ma fillote depuis douze ans.
Quand je dis "agrémenter" la pudeur m'empêche de prononcer les mots vrais.
Un gars bien. Je peux pas rêver mieux pour ma fille.
Il a changé les plaquettes de freins du camion de Pierre Philippe dans la journée!
Un pote de beau fils.
Moi?...Moi, Je glande...je suis dépassé par les évènements.

je ne trouve pas ma place.
Fais mine de tirer le tissu, ici et là...envois un "ho!!!!", et un "ha!",
je tiens l'échelle qui ne me le demande pas.
Je commence à être vieux c'est pour ça...
Bref...Tout le monde s'agite, ça avance même sans moi.
La structure est montée. Perches, murs et roue.
La jupe est mise, rouge éclatante.

Vivien s'élève par la roue
malgré les grosses godasses de l'armée héliportée.
Un autre mot sur mon fils: Il est là quand il faut.

Une yourte, il en rêve. Je voudrais qu'un jour, il en ait une.
C'est peut-être mon voeux le plus cher pour lui.
Qu'il y trouve la paix.
Françoise et moi nous le trouvons courageux dans son choix de vie.
Il passe par la roue. Il se fait ange.
Moi?...Je glande toujours...Je fais celui qui tient l'échelle,

et recommande tel ou tel geste...Bref...Branleur me va bien.
J'ai une excuse: le vin de ce midi.

La joie de voir tous ces potes, ma fillote, mon fils, et "la" Françoise.

ça m'émeut...comme les vaches devant un train.
Mes 6 décennies sur mes épaules jadis larges pèsent l'instant.

Les couvertures de l'armée suisse, en laine de mouton,
s'étalent sur le toit et sur les murs.
Pierre philippe, impassible coud et recoud ses bandes velcro.
Je tiens le tissus...pour dire de...
On s'approche de la fin. D'ailleurs c'est la fin.
La yourte est montée.
Enfin...elle est à fignoler: en sciant le plancher trop large et rabattre le bas.
Et la déco.

La yourte est verte et se fond dans la nature.
Nous le voulions ainsi.

60 ans. Il est temps de se poser dans ce cercle,
où au centre de la roue,
j'ai accroché une boule à facette, en guise de fil à plomb.
JAKIN KOSSAR.
Merci à Pierre Philippe et à Nathalie.
Merci à Sylvie de Cantoyourte et YURTAO.
15 février 2008
la danse des bambous
Mon voisin Alain, de la Tribu Vivace,
qui vit à une petite heure de marche du Cantoyourte,
outre d'inventer toutes sortes de remorques pour vélos,
s'est spécialisé dans les yourtes en bambous.
Infatiguable créateur de légèreté nomade,
il taille, coupe, assemble et arrondit les bambous
selon son imagination fertile et son alerte dextérité,
dopées par une demande constante
de jeunes expérimentateurs de la décroissance.
Au terme de quelques heures périlleuses de montage,
il vient de remplaçer sa grande yourte d'habitation
par une nouvelle tente,
le prototype d'une goutte d'eau dans laquelle on peut habiter.
Pénétrer dans cette goutte produit une sensation magique.
La tente étant pour l'instant non isolée,
ce qui incite au tricotage,
la lumière peut s'inflitrer abondament à travers la toile
et révéler le magnifique canevas de bambou
qui structure ce dôme.
Contact d'Alain: 06.19.42.18.69.
14 décembre 2007
la yourte d'Emilie
Coup de coeur pour Emilie,
une belle jeune femme,
maman de deux jeunes enfants,
qui posséde le même prénom et le même âge
que ma fille qui est au ciel,
et qui est née le même jour que moi!
Emilie vit sous yourte sa réalité quotidienne,
avec la conscience non pas d'être pauvre et marginale,
mais que son sort est largement enviable
par rapport à la misère des Mongols qui,
par milliers aujourd'hui, ne possédent presque plus rien
dans leurs yourtes, et ne peuvent même plus se chauffer.
Cette lucidité qui entraîne un choix de vie sobre et modeste
accompagné d'un réel contentement de sa propre condition
est à saluer bien bas,
dans un pays où une ministre des armées se dit prête
à envoyer ses forces militaires pour sauver l'économie,
une ministre qui ne répond pas quand on lui demande
si elle enverra l'armée quand les gens refuseront en masse
de consommer les produits d'un industrialisme mortifère
et préfereront s'arranger entre eux dans des logements choisis.
Emilie vivait dans sa yourte mongole avec sa famille à Noellet,
dans un pré, sans eau, avec électricité solaire.
C'était assez difficile, alors après neuf mois,
elle a décidé de se moderniser, avec l'eau courante,
un frigo et une machine à laver.
Il lui fallut donc trouver un endroit un peu plus civilisé.
A seulement 3 km de Noellet, une ferme en bio (trés rare dans le coin)
et une famille chaleureuse (Cottineau)
l'ont accueilli avec sa famille et sa yourte.
En Aout, elle a déménagé la yourte avec Gael, son prince charmant,
qui a construit des aménagements et annexes confortables.
Pas simple, car il pleuvait....
Voici comment la jolie Emilie en est arrivée à choisir ce mode de vie.
« Dans un monde où les repères et les rythmes de la vie
sont trés souvent les programmes télé, les vitrines des magasins,
je voulais autre chose pour mes enfants.
Il ne suffit malheureusement pas de le dire,
les enfants sont des éponges,
ils s'imprègnent de nos actes et nous immitent.
Suite à une séparation, je me suis retrouvée seule
avec mes enfants, j'ai fais le choix d'une habitation nomade
pour cette période difficile qu'est la transition.
Sinon c'était un HLM de la CAF, je ne souhaitais pas qu'on m'assiste,
ou alors une maison de location, mais c'était vivre au dessus de mes moyens....les crédits non merci,
si c'est pour donner un peu plus de monnaie à des proprios qui abusent.
L' architecture ronde de la yourte est rassurante,
vivre le plus possible dehors, près de la nature,
avec du soleil, de la pluie ou du vent...
apprendre à garder le minimum pour vivre.
Faire l'expérience de vivre sans eau courante
et sans electricité pendant quelques mois.
Être proche les uns des autres pour ne pas oublier
de se dire qu'on s'aime.
La yourte est un choix pour quelques années,
c'est le choix de vivre le présent.
Maintenant je vis de nouveau avec un chéri,
il est venu avec son confort et c'est très agréable,
la yourte à quatre,c'est encore mieux.
Je ne souhaite pas convaincre le gens,
mais juste montrer qu'une autre manière de vivre est possible.
A l'heure où les préoccupations majeures sont
le pouvoir d'achat et les grosses voitures,
moi je dis VIVE LA CAMPAGNE!
quelle chance d'avoir des vaches et des chèvres,
quelle chance d'écouter les oiseaux nocturnes dans son lit,
quelle chance de dormir près d'un bon poêle à bois!

Les enfants n'aiment pas être différents des autres,
ils ne parlent pas beaucoup de la yourte,
mais ils ne veulent pas déménager.
Ils sont heureux d'avoir une maman
qui met seulement 20 minutes à faire le ménage,
et qui malgré le travail à l'extérieur, a du temps pour eux.
L'avantage de la yourte avec des petits,
c'est qu'ils ne sont pas seuls, on a toujours un oeil sur eux.

Nous avons le projet de construire
une petite maison en bois et paille, mais ce sera plus tard.
Nous n'avons pas de télé,
donc beaucoup de temps pour se balader.
Si c'était à refaire, je construirais ma yourte. »
www.yourtefamily.canalblog.com
09 décembre 2007
Yourte en bois
Voici une présentation du travail d'Hugues,
un de mes inventifs voisins cevenols,
qui a fabriqué une jolie petite yourte en bois.
Voici pour commençer, une vue de son atelier,
où l'on distingue, sans l'ombre d'un copeau égaré,
à droite les éléments du plancher, à gauche la couronne,
et au fond, les murs en contreplaqué.
La couronne a été ingénieusement adaptée.
Le plancher monté en pleine nature sur petits pilotis.
Montage des murs et de la couronne.
Montage des solives de toit.
Détails des perches de toit.
Pose du toit.
Finition de la couverture.
Ceinturage en acier.
Beau mandala intérieur!
L'intérieur habitable.
La yourte en bois presque terminée.
La yourte en bois posée sur la colline.
Pour contacter Hugues: 04.66.30.27.53.
21 novembre 2007
DAVID Yourtes
David Martin construit des yourtes depuis longtemps déjà.
Il a commençé par fabriquer la sienne, puis en 2005,
il en avait déjà une dizaine au compteur.
Il est rare en effet qu'un auto-constructeur se cantonne
à une seule yourte pour y habiter, car on cherche toujours
à se perfectionner, à essayer d'autres techniques, d'autres matériaux,
et c'est ainsi, de trouvailles en choix expérimentaux
que le savoir-faire progresse et qu'on devient fabriquant.
Certains passent à la production pour d'autres,
moi je me suis cantonnée à fabriquer
pour des amis et pour la location,
mais l'étape suivante est la vente aux particuliers,
étape que David a franchi avec succés.
Il s'est associé en 2007 à Philipe Desfeux,
un ancien cordonnier couturier qui tient un gîte
et un salon de thé à Nadaillat.
David a choisi de s'inscrire dans
l'économie sociale et solidaire
en adhérant à la SCOPOXALIS.
Les lecteurs de ce blog auront déjà compris
que si je dénigre les revendeurs de yourtes importées,
je soutiens fortement les producteurs Français.
Surtout si j'estime leur démarche cohérente et
qu'ils fournissent un bon travail.
Je vous propose donc quelques images des yourtes de David,
dont la plupart concerne le montage de la yourte
sur le lieu des Gourillats.
Et toujours une vue sur le ciel imprenable!
Voir le site de David:
http://pagesperso-orange.fr/site_a_julio/yourte/intro.html
14 novembre 2007
de la maison bleue à la yourte
Témoignage de Jakin, en train de construire, avec sa femme, leur yourte.
« Itinéraire d’une vie, sur le chemin d’une yourte. »
Françoise et moi, nous sommes ce que nous pourrions appeler fièrement des « ex-soixantuitards » non pas échoués au ROTARY CLUB, mais …
On l’a échappé belle, il s’en était fallu de peu, car les « trente glorieuses » nous ont conduit dans les métiers de la pub, un peu par tromperie, à moins que ça ne soit par facilité.
Nous avions pourtant des ambitions artistiques d’ados. Nous avions fait une école d’art, c’est d’ailleurs là, sur les bancs d’un amphi de dessin, que nous nous sommes…plû.
Affinités nuptiales obligèrent, quelques mois plus tard.
On était artistes, la blouse tâchée, la clope au bec, on voulait peindre, sculpter, être libres, pas comme nos parents…et tout le bazar…le merdier en l’occurrence.
Et puis nous avons pris le circuit « pub ». L’ERREUR !
Séguéla, publicis, l’âge d’or de la conso. Moi j’ai trouvé une place dans une agence de pub comme graphiste, Françoise m’a rejoint. Les années ont passé, durant lesquelles j’étais devenu « fils de pub », je vendais avec mon crayon des couches-culottes, des saucissons, des syndicats, des ogives militaires, des logiciels, des centres de vacances, des crédits, des conneries en veux tu en voilà.
Françoise, finalement plus sage, peignait, enfin.
Du fric, j’en ai gagné, mais bien moins que cela rapportait à ceux qui me payaient pour imaginer comment, avec superbe si possible, et avec perversité surtout, je pouvais de mon crayon, séduire et traquer le consommateur potentiel.
Avant…avant c’était 68…68…68…Peace and love…
On a fait des enfants dans une atmosphère libertaire. Les copains venaient comme dans la chanson « la maison bleue adossée à la colline ». Un matelas passait par la fenêtre, et on se disait : « tiens…c’est François, ou c’est untel qui revient de voyage ! » On avait des chèvres, on cultivait un potager, on avait des poules, des lapins, une douche sous le superbe cerisier, et un voisin qui matait. Ou bien c’était mon jeune beau Frère qui débarquait d’un périple hasardeux, sac à dos, plus un sou en poche, affamé, après maintes expériences sexuelles ou hallucinogènes…
Il a fini, 30 ans plus tard, par diriger une boite de 700 salariés, cadre supérieur et carte bancaire de frais illimités…Ses cheveux ont raccourcis de 40 centimètres, il met de magnifiques cravates, manucure, soins du visage, déjeuners chez Bocuse…Oubliés les blockhaus, les flics qui te tabassent sur les plages la nuit. Tout ça est loin. Il a fini par voter Sarko. Les temps ont changés. Epoque Sarko…Si un jour on m’avait dit…
Mais aussi que je reviendrais à mes moutons…ou plutôt à mes chèvres avec l’énergie du désespoir….Que je reviendrai dans une yourte, le rond universel, l’unité, le « un », avec vue sur la voûte étoilée…La boucle est bouclée.
Parce la soixantaine approchant, un fils s’éloignant sans comprendre pourquoi, un enfant qui disparaît, une tendre compagne assez forte pour me supporter, assez semblable pour préférer le vrai au futile, assez combattante, assez idéaliste, utopiste pour nous construire plutôt que de nous détruire,parce que la soixantaine décroissante disais-je, nous avons décider de nous retirer. Doucement. Nous retirer dans le Cercle, avec un regard sur la vie, les gens, ce monde. Sans Croire mais Connaître.
C’est mon fils qui nous a réveillé. Ce qui est magnifique chez nos enfants, c’est qu’ils commencent par nous émerveiller de leur innocence, et qu’ils finissent souvent par nous éduquer.
Alors vient le temps de la yourte.
Passées les bourrasques, usés les artifices, rideau sur nos comédies, voile sur nos déceptions, la force nous fuit, la sagesse nous gagne…enfin. On s’arrête, on se pose pour ne plus voir que la nature. La beauté des gens. Des « belles personnes » comme dit Sylvie. Pour ne voir que la beauté du monde. Espérés forcenés nous serons.
Ne s’endormir qu’ensemble, une fois encore, et encore, sous nos étoiles du ciel d’été, le tonoo découvert, plein ciel !
Se réveiller au beau milieu de notre bois ensoleillé, engazouillé, engourdis mais silencieusement, secrètement heureux.
Espérer qu’un fils passe la porte, enfin, l’air de rien, m’invitant à la pêche.
Espérer que la journée qui s’annonce sera la plus belle, la plus aimante.
On sortira l’accordéon et la vielle, les gens seront beaux,
et la yourte encore plus ronde !
Jakin Kossar
(Note de l'auteur de ce texte: Mon récit, comme tous les récits, est le reflet d'une réalité... MA réalité. Les traits, les portraits sont parfois caricaturés, idéalisés ou même fantasmés.
"On ne voit bien qu'avec le coeur" St Exupéry)
21 mai 2007
Yourte et bois raméal fragmenté
Témoignage de Gabriel
J'ai vécu pendant presque trois ans en fourgon,
et j'ai fini par trouver l'espace un peu trop restreint.
Bivouaquant toujours sur des lieux publics,
je ne peux pas déballer toutes mes affaires.
Le camion, c'est le tout nomade, alors pour moi,
le choix de construire une yourte, c'est me sédentariser!
J'aurais ainsi une petite base,
par ailleurs prétée quand je serais en vadrouille,
mais au moins je pourrais déposer mon fond de barda.
Mon oncle va me préter un champ dans la plaine de Valence,
à moins que je squatte les terres de mon enfance,
qui appartenaient à mon grand-père paysan
et ont été rachetées par des riches
qui vivent en Amérique et n'y viennent jamais:
sur une petite partie non exploitable, je poserais ma yourte,
et sur le reste, je déposerais une couche de BRF:
Bois Raméal Fragmenté,
amalgame biologique de brisures de branches, biomasse végétale,
sur laquelle je sémerais à la volée toutes sortes de plantes médicinales,
et je reviendrais quelques années aprés récolter!
J'ai un bac agricole sur la culture des plantes,
spécialisé en culture de plantes aromatiques, médicinales et à parfums,
un brevet professionnel de responsable d'exploitation agricole.
J'ai appris la chimie des parfums et les préparations galéniques,
mais jusqu'à présent j'ai préféré les cueillettes sauvages
pour me familiariser petit à petit avec les plantes régionales,
je suis donc, en ce qui concerne l'identification des plantes,
tout à fait autodidacte.
Dans mon fourgon, j'ai en stock plus de 35 plantes,
récoltées l'année dernière, que je peux vendre sur les marchés.
C'est aussi pour ça que je veux faire ma yourte,
pour stocker mes sacs de plantes.
Mais je souligne que ce projet est non investi
dans le sens argent du système, c'est plus une expérimentation,
avec la curiosité de voir comment la nature
travaille avec ma lègereté:
si elle et moi collaborons sans lourdeurs et sans contraintes,
l'avenir se dessinera par déduction de la production.
Il faut savoir que le BRF mélangé au sol doit reposer,
mais que la fertilité qui en est issue
offre un rendement trente pour cent supérieur à toute autre technique!
Ce n'est donc pas pour moi un gagne pain
mais une démarche cohérente
entre mon mode de vie et la nature.
Je bivouaque sur des petits marchés avec mes plantes:
tant que je reste discret, je n'ai pas de soucis,
il ne faut pas mélanger les plantes,
ni les vanter pour leurs vertus médicinales,
sinon attention au contrôleur.
Je rappelle qu'il existe 35 plantes médicinales autorisées
et plus de 125 médicinales et condimentaires.
Donc, à part ça, je fais des petits boulots,
comme les vendanges pour gagner ma vie,
car jusqu'à présent je n'ai jamais été financièrement assisté.
Et bien sur, je me nourris de plantes sauvages!
Surtout en ce moment au printemps, ou elles abondent.
Ici, par exemple, ou on est assis, tu vois le chénopode,
la circe, les feuilles de ronce...
Pour moi, une soupe d'orties, c'est un vrai et succulent repas!
Je crois que ma démarche s'ancre dans mes anciennes mémoires,
empreintes de vies antérieures ou les plantes sauvages,
culinaires, médicinales n'avaient de secret
pour aucune communauté humaine!
Je viens de passer l'hiver en Espagne,
à la rencontre d'autres jeunes vivant tout en camion,
puis j'ai participé quelques jours à « La marche du vivant »
et à « La marche des possibles »,
deux marches qui se retrouvent à Paris,
pour s'exprimer sur les élections présidentielles.
L'une partie de Bugarash (Aude) en Février,
l'autre d'Aurillac un peu plus tard, ont traversé la méridienne verte.
Là, j'ai participé aux montages des zomes
et de la yourte qui hébergent les marcheurs le soir.
Les deux marches sont nécessaires et différentes,
au niveau des évolutions et des rapports internes entre les personnes,
l'une rassemble plus de jeunes
qui ne se sont pas encore trouvés eux-mêmes,
avec une dynamique un peu chaotique mais très riche,
qui a son charme juvénile,
et l'autre réunit plus de gens d'une certaine maturité
de choix et de conscience,
avec des anciens qui cadrent par leur sagesse naturelle,
qui canalisent les vibrations,
ce qui induit une marche plus douce, plus bienveillante.
Donc deux cheminements humains remarquables:
je dirais que ces marches sont complémentaires,
comme un père et une mère.
Pour ma part j'estime que je suis quelqu'un
qui a déjà sa direction de vie,
aussi quand dans les groupes ça commence à chauffer,
mon attitude est de laisser les gens
régler d'eux-mêmes leurs tensions,
pas besoin de s'opposer ni de faire obstacle,
ça se dénoue en marchant, au rythme des pas.
C'est un peu le genre d'ambiance des Rainbow
ou je me sens comme un poisson dans l'eau,
comme les journées de la paix en Juin,
bref toute cette mouvance non-violente
de gens qui vivent très simplement,
dans des campements,dans la nature,
qui expérimentent l'autonomie,
les ressources biocompatibles, etc...
J'ai rendu les clefs de mon dernier appartement il y a trois ans
et je t'assure qu'il est impossible que je retourne
m'enfermer dans ce genre d'habitat!
Le système n'est pas pour moi, ni le salariat,
ni pour mes frère et mes soeurs par conséquent.
Je veux encourager le monde
dans lequel je veux vivre,
pas celui dans lequel je ne veux pas vivre!
Je suis abonné au journal de la Décroissance,
et voici ce que ce mot veux dire pour moi:
il ne s'agit pas de revenir à l'âge de pierre ou à la chandelle,
comme le ricanent nos détracteurs,
il s'agit de savoir utiliser les outils à bon escient,
les outils d'aujourd'hui, pas ceux d'hier,
en harmonie avec notre planète.
J'estime que toute production doit être équilibrée
avec la nature et les valeurs humaines,
toute production doit d'abord être respectueuse.
Le pétrole n'est pas dangereux en lui-même,
c'est ce qu'on en fait qui est déraisonnable.
Une machine à laver par foyer c'est déraisonnable,
alors qu'une bonne machine costaud et réparable suffit
pour une communauté et induit des liens sociaux.




















































































































