06 octobre 2009
Rencontre du peuple des yourtes
message de Joseph et Guillaume, fabricants de yourtes à La Frênaie.
9-10-11 Octobre 2009
Bienvenues les Yourtes!
Défendre et faire vivre nos idées, nos modes de vie, nos rêves.
Faire notre trou dans le paysage immobilier, foncier, social et médiatique …
Ce message s'adresse aux personnes ayant adopté
La voie de la yourte...
Pour vous aussi, la yourte est bien plus qu'une tente, la clef des champs, la fondation légère mais solide d'une vie nouvelle, plus libre, reliée, cohérente, à échelle humaine...
Nous vous invitons à venir passer quelques jours chez nous sur le camping des toiles. Et ce afin d'échanger, nous rencontrer, partager, cogiter, organiser, rézeauter, et qui sait?
Encore plus... , et aussi bien sûr passer du bon temps et vous faire découvrir le coin de terre magique qui reçoit l'empreinte légère de nos yourtes.
Pistes de programme:
Vendredi matin
Rencontre de fabricants:
Nous souhaitons faire d'une pierre plusieurs coups en construisant ensemble une yourte afin d'échanger sur nos matériaux, pratiques, techniques.
Cette yourte sera destinée au habitants de Bussière Boffy en lutte pour faire reconnaître leurs habitats et leurs modes de vie.
Après midi:
Échanges
d'expériences. S'intégrer dans un paysage social avec sa yourte.
Comment réussir à faire accepter son habitat et son mode de vie...
Existe-t-il une ou des recettes? Nos échanges d'expérience autour de ce thème nous le dirons peut être.
Samedi matin
Avons-nous des éléments juridiques en cas de conflit?
Comment les utiliser?
(voir site d'Halem: mémento juridique en trois parties
téléchargeables sur http://halem.infini.fr/
Quelle reconnaissance de « l’habitat léger, modeste, mobile, nomade » ?
Point sur les luttes en cours
Après-midi:
Stratégie-yourte: un plan d'action pour exister... et pour durer.
Mutualiser nos énergies pour aller à Paris, à Bruxelles?
Quelle figure montrer aux médias?.
La société est indubitablement curieuse, demandeuse de connaître nos modes de vie. Micro-habitats, empreinte écologique légère, sortir du carcan du locatif ou de (l'impossible) accès à la propriété, habiter un logement sain, avoir droit à l'esthétique et à être acteur de son habitat.
Nous sommes porteurs de réponses et de solutions là ou un grand silence politique résonne...?
Dimanche Matin: Stratégie yourte suite
Après midi: Vivre en yourte s'y chauffer, s'y laver, s'éclairer, épurer ses eaux usées, décorer, meubler, la diversité crée la richesse...
Le
peuple des yourtes
et sa foisonnante diversité de solutions minuscules et sublimes.
Amenez vos photos.
Information pratiques:
La participation aux rencontres est gratuite à condition d'annoncer votre présence. L'association « Radical Cocotte » se propose de nous faire à manger du bon, du bio ( végétalien/rien) à prix libre pour vendredi midi, soir, samedi midi et soir et dimanche midi (cuisine participative).
Prix suggéré de participation: 10 Euros par jour.
Nous réservons des yourtes dortoirs pour les personnes désireuses d'un peu de confort.
Le camping est ouvert aux tentes, camions, et propose bien sûr les commodités ordinaires d'un camping (eau chaude, toilette sèches etc.).
Comment accéder: nous nous situons à mi chemin entre la Rochelle et Niort entre St Hilaire la Pallud et Courçon au Village des Toiles de LA GREVE SUR LE MIGNON.
Nous pouvons aller vous chercher à la gare de Niort ou la Rochelle.
Vous pouvez nous écrire pour spécifier:
Je suis un particulier-ière/ une association, un collectif/ je-nous souhait-e-ons participer à la rencontre de « Yourteux », je suis particulièrement interessé-e par les sujets suivants..
.J'ai une-des attente-s particulières par rapport à ces rencontres:
Je ne peux pas me déplacer mais je souhaite partager mon expérience (votre contribution sera affichée lors des rencontres).
Contact La Fresnaie: 05 49 26 96 91/05 46 67 14 77/06 87 58 92 56. lafrenaie.org@gmail.com
44, route de St Hilaire 79210 Arçais
Octobre 09: Faire part du Rezo Yourte là.
Compte rendu de ces rencontres là
24 septembre 2009
La lutte des habitants en yourte de Bussière-Boffy.
Résumé de la lutte pour les yourtes de Bussière-Boffy.
Une dizaine de familles solidaires, dont 25 enfants, habitants à Bussière-Boffy, village de 340 habitants en Haute-Vienne, pratique une vie saine dans le respect de l'environnement et le travail associé.
La commune bénéficie depuis bientôt 20 ans de l'apport démographique, économique et culturel de ces résidents, mais le Maire et la municipalité, élus en mars 2008, ne cessent de les marginaliser, en sabotant systématiquement toute insertion associative dans le village, toute démarche administrative, sous prétexte que les yourtes où ils habitent datent du Moyen age et n'ont rien à faire là au vingt-et-unième siècle.
Le maire de Bussière Boffy, ancien liquidateur du bassin minier de Saint Étienne, homme énergique et déterminé, a tout bonnement refusé l'inscription en maternelle des petits yourteurs, après avoir gagné la confiance d'une partie de ses administrés en leur promettant, aux dernières élections municipales, le nettoyage au karsher de tous les marginaux.
Ovationné, il a donc pu refuser l'inscription à l'école des enfants, ainsi que celle de leurs parents sur les listes électorales, fermer la cantine scolaire, puis envoyer un ultimatum aux familles « délinquantes » pour qu'elles dégagent.
Sous prétexte qu'elles n'auraient pas de permis de construire et parce qu'il n'est pas question de viabiliser ces terrains, soi-disant pour éviter le mitage et rentabiliser les réseaux.
Ce que n'ont pas forcement demandé les yourteurs qui ont installé des panneaux solaires et des bassins de phyto-épuration pour le lagunage.
Ils veulent juste qu'on les respecte sur leurs terrains dont ils sont dument propriétaires.
Des menaces de signalement aux services sociaux, pour cause d'insalubrité et précarité, sont même proférées.
L’ancien conseiller municipal devenu maire s’appuie sur la carte communale, établie en octobre 2007 à son initiative, pour justifier de l’impossibilité de reconnaître ces terrains agricoles comme habités:
« Ces personnes se sont installées là de leur plein gré. Ils disent être précaires et jouent là-dessus pour sensibiliser la population. Or au départ, c’est un choix de vie. Nous leur avons proposé des terrains constructibles sur la commune qu’ils ont refusés. »
Bien qu'un commissaire enquêteur se soit déclaré favorable à la régularisation de la situation des cinq familles en yourtes, le 9 Février 2009, un huissier leur apporte une injonction à démonter leurs habitations, pour non conformité à la carte communale.
Un comité de soutien se forme immédiatement, et de nombreuses personnes mises au courant de la situation, dans toute la France, écrivent au maire et au préfet, sur objectif du maintien des yourtes et révision de la carte communale.
Le 14 Mars 09, une marche de trois cent personnes va interpeller les élus à la mairie.
Le 19 mars, le maire se félicite sur FR3 Limousin de la fermeture de l'école du village votée à l'unanimité par le conseil municipal et entérinée par l'Inspection académique! Une victoire selon ce maire, qui a une bien curieuse idée de sa mission. Les parents d'élèves de l'école de Bussière Boffy, touts habitats confondus, décident de déposer un recours auprès de l'Inspection académique.
Le 14 avril, l'un des habitants des yourtes poursuivi par le Maire de Bussière-Boffy est relaxé.
L'avocate a démonté dans sa plaidoirie le fonctionnement du maire et fustigé « un maire qui agit comme s'il avait à faire à des sous-citoyens...Un maire qui, au quotidien, distille l'exclusion et le racisme, entretient la peur de l'autre, préfère fermer son école plutôt que d'y accueillir ceux qu'il traite de "manouches", en tenant des propos fascistes! ». Et de conclure: « Comment peut-on, quand on est maire d'une commune, mépriser à ce point ses citoyens ? ».
Le 17 Avril, une réunion informelle entre DDE, maire et sous-préfet laisse présager une issue positive au conflit.
Le 18 Avril, au milieu d'un pique-nique festif, une yourte est montée devant la préfecture de Limoges pour remettre une pétition de soutien de 2630 signatures.
La manifestation, favorablement suivie par les ministères de l’écologie, du travail et de l’économie, comprend une centaine d'élus locaux, nationaux et même de Belgique, tous membres du comité de soutien, ainsi que la ligue des droits de l'homme et la HALDE, organisme lutttnt contre les discriminations, tandis que les journalistes médiatisent l'histoire à la télévision et dans la presse.
Le 5 mai, les représentants des 5 familles concernées rencontrent le Sous-préfet de Haute-Vienne, le directeur de la DDE de Bellac, le Maire de Bussière-Boffy et une partie du conseil municipal.
Finalement, le Maire capitule en acceptant l'enregistrement des yourtes en tant qu’habitations sur le cadastre, redevables dés lors d'une taxe d’habitation qui garantirait aux habitants des yourtes la reconnaissance de leur domicile sur la commune. Il donne son accord pour le raccordement au réseau d’eau, obligatoire, d'après lui, pour cadastrer une habitation, à condition que les familles en assument les frais.
La médiation sous l'œil favorable du préfet permet donc de valider quatre des cinq yourtes, la dernière étant évincée sous prétexte d'être arrivée après l’élaboration de la carte communale.
La situation globale ne pouvait de toutes façons que s'infléchir positivement, car il ne s'agit guère ici de complaisance de la part des représentants de l'État, mais de prendre en compte le vide juridique autour des yourtes.
Ou bien les yourtes sont des tentes ne nécessitant pas de permis de construire, et ne tombent donc pas sous le coup du code de l'urbanisme, ou bien elles y sont soumises comme constructions, auquel cas, le délit est largement prescrit, la prescription en matière de délit étant de trois ans.
Ceci dit, la prescription pénale n'est pas une régularisation administrative, c'est pourquoi les accords n’étant que verbaux, les familles ne pourront se sentir sécurisées qu'avec des garanties dument actées.
Il reste le problème de la cinquième yourte, exclue du dispositif, où logent un couple et un enfant, les parents ayant exercé un recours contre la décision de refus d'inscription à l'école. Une autorisation temporaire ne peut leur suffire. Le 18 Juin, les gendarmes viennent constater chez cette famille l'infraction d'absence de permis de construire et l'assainissement soi-disant non conforme.
Le 20 juin, suite à aux accords principaux,
le maire réplique par une nouvelle mesure agressive
. Un arrêté municipal interdit le camping sur toute la commune, en dehors des terrains constructibles et des espaces municipaux destinés à cet usage.
Le collectif de soutien aux habitants des yourtes invite alors à un rassemblement populaire chez eux le dernier week-end de Juin 2009, en montant un tipi, une petite yourte et une charrette faisant office de scène ouverte,.pour maintenir la protestation contre la politique d’exclusion de la commune. Des banderoles et de nombreux panneaux détaillent les récents malentendus avec la municipalité.
Malgré la descente des
gendarmes envoyés par le maire déplorant l'absence de déclaration
préalable à ce meeting, un atelier cirque pour les enfants, un
atelier de maquillage et de coiffure, des chants et des discussions
animées autour d'un buffet de productions locales, ont permis à la
foule solidaire de se rencontrer de façon conviviale. Un spectacle
de clown, des impromptus musicaux et d’étonnantes improvisations
vocales, des créations inédites réalisées pour l’occasion par
des habitants de Bussière-Boffy, telles qu'un court métrage avec
texte et musique et des marionnettes à fil, sont largement
appréciées du public.
Le cœur du village, autour du monument
aux morts, est devenu un lieu de débats, avant que, au stade, des
négociations entre la mairie, des représentants du collectif et le
sous-préfet, aboutissent à l’obtention d’un délai nécessaire
aux travaux de relogement pour la famille habitant la cinquième
yourte..
Un débat de fond sur les questions d’exclusion au sens
large, des lectures de textes, des contes, ont permis de souligner le
caractère
emblématique et universel
de ce qui se joue entre les habitants de Bussière-Boffy.
Depuis, un groupe travaille sur les demandes de recours en suspension de l’arrêté municipal interdisant toute forme de campement sur la commune.
Il semble que les habitants des yourtes de Bussière-Boffy aient pesé au cours de leur lutte les pièges tendus: demander la constructibilité du terrain et l'obtenir pourrait s'avérer une solution pire que celle du flou actuel.
De toutes façons, les demandes de permis de régularisation au service instructeur de la DDE préposé à l'étude des dossiers seraient probablement refusés, car les membres du conseil municipal et une majorité de la population ne sont visiblement pas d'accord pour faire passer dans le budget de la commune les travaux des réseaux, obligatoires si les terrains deviennent constructibles.
Il faut
compter aussi sur l'inertie des services de l'État en matière
d'innovation, car ils ont pour rôle de faire appliquer la "Loi"
et se retranchent systématiquement dans ce qu'ils connaissent !
Phrase type d'un fonctionnaire de la DDE:
«Ce n'est pas nous qui faisons la loi que nous sommes chargés d'appliquer. Alors, si vous n'êtes pas content, dites à vos députés et sénateurs de changer la loi et nous appliquerons cette nouvelle loi avec la même rigueur que nous appliquons celle en vigueur!»
Donc, il faut inventer et réclamer l'adoption de nouvelles lois pour prendre en compte l'habitat sous yourtes, et il s'agit bien que ce changement soit impulsé par les usagers, soutenus par leurs élus, afin de soumettre leurs besoins propres.
Les acteurs les plus responsables pour construire un nouveau droit sont ceux qui en seront les premiers bénéficiaires.
Réflexion d'un adjoint à l'urbanisme:
« Je suis persuadé que la yourte est une des solutions d'un habitat écologique et économe. Mais son développement n'est pas possible dans le cadre des règles d'urbanisme actuelles. Cela nécessitera une vraie révolution dans la mentalité, très conservatrice, des députés, des sénateurs et des services de l'État !»
Il faut donc bien prendre conscience qu'un permis de construire ne réglera rien, et que la bataille ne doit pas se situer sur cet enjeu.
Car l'obtention du permis est immédiatement suivi de normes et de contraintes que la majeure partie du peuple des yourtes ne voudra ou ne pourra pas accepter.
Par exemple, en cas de branchement au réseau électrique, les normes délirantes soumises au contrôle de Consuel ne correspondent en rien aux alternatives énergétiques et écologiques que la yourte porte en elle.
EDF impose un sur-branchement selon un modèle hyper-consumériste issu des normes Afnor, telles que, un plafonnier, une prise téléphone et télévision dans chaque pièce. Si vous refusez, pas d'accès au réseau.
Les yourteurs qui n'ont pas la télé vont s'arracher les cheveux s'ils doivent payer des équipements qu'ils n'auront jamais!
Idem en matière de normes HQD, haute qualité environnementale, dont la certification très contraignante est édictée par les grands groupes industriels, et qui, en conséquence, reste un processus soumis aux lois du marché de la construction, rendant les prix d'accessibilité au bâtiment de plus en plus inatteignables pour un Français moyen.
Ces normes sont faites pour augmenter le profit via la production, certainement pas pour des performances écologiques, et encore moins pour le confort des utilisateurs.
Et je ne parle pas des assurances, qui déterminent le cadre bâti le plus conformiste.
Désespoir assuré pour nos yourteurs.
Dans ce sens, le Maire de Bussière-Boffy projette de créer un éco-village sur des terrains acquis récemment par la municipalité, au Petit Pic, juste en face du site actuel des yourtes. Pour ce projet immobilier et touristique, il semble prêt à réviser la carte communale dans les deux ou trois ans à venir.
Il appartient donc aux habitants des yourtes de faire valoir leurs droits de s'auto-déterminer,
sans devoir passer par la case pré-formatée du lotissement vert accaparé par les architectes, urbanistes et entreprises du bâtiment, même labellisés en « développement durable », et de l'ensemble des pourvoyeurs des réseaux classiques.
Ceci afin de définir un statut de leur mode de vie qui garantisse leur autonomie, leurs usages et leur légitimité, pour la légalisation d'un éco-hameau qui corresponde à leur réalité et leur choix.
Cette histoire montre la nécessité pour le peuple des yourtes de définir une stratégie commune de revendications pour obtenir un statut qui nous soit favorable.
C'est ce que nous allons essayer de débattre
à la rencontre nationale de yourteurs à la Frênaie.
12 septembre 2009
Camping XXL, le cauchemar des maçons.
Cette nuit, Vendredi 11 Septembre, sur Arte, a été diffusé le reportage de Gabrielle Culand.
On peut le visionner sur le lien suivant.
La yourte : camping XXL
http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/tracks/2840024.html
Le texte suivant est produit par ARTE.
La tente Lafuma peut aller se rhabiller, la yourtomania gagne du terrain et plante ses sardines dans Tracks. Depuis quelques années, cette habitation traditionnelle des peuples nomades d'Asie Centrale et du Proche-Orient fait irruption en Europe : on en compte déjà 3000 en France. Réponse à la crise du logement pour certains, Laetitia, étudiante de 25 ans, a installé la sienne en plein champ et élève ses lapins parmi une communauté autonome et écolo. Esprit nomade pour tous, Lucy et Nitsan, travellers New Age, fabriquent des yourtes et prêchent leur philosophie libertaire, le "Spiritintents", à travers le vieux continent. Et si la yourte était le logement du futur ? A la rentrée avec Tracks, ça déménage.
Voir la vidéo de Tracks
http://plus7.arte.tv/fr/1697660,CmC=2833238.html
C’était l’événement
de cette année 2009 : la première réunion mondiale des
fabricants de yourtes, le cauchemar des maçons. Voyage au centre
du monde nomade.
Pour installer sa yourte, le Hollandais Froit
Bolorah n’a pas besoin de maçons ni d’échafaudage, sa femme
d’origine mongole et deux amis suffisent. En moins de temps qu’il
n’en faut pour griller un poulet, sa maison de feutre est sur
pied. Aujourd’hui, dans le monde entier, grâce à des VRP de
choc, la yourte est devenue un must. Idéale pour organiser un
séminaire ou roucouler pendant sa lune de miel, cette tente
circulaire venue des steppes s’adapte à toutes les situations.
La yourte, c’est le chaînon manquant entre la tente et la maison
en dur. L’avantage : on n’y gèle pas et pas besoin de permis
pour la construire. Certains s’y installent définitivement mais
à ses origines, la yourte était la chasse gardée des peuples
nomades.
Si Froit a planté son mini-chapiteau en Ardèche,
c’est parce qu’il participe à la première conférence
internationale des fabricants de yourtes. On y retrouve les plus
grandes stars de l’habitat nomade venues d’Angleterre, d’Hawaï,
des Pays-Bas ou des Etats-Unis. Pendant trois jours, les adeptes de
la maison voyageuse participent à des ateliers sous l’égide du
maître d’oeuvre, Bill Coperthwaite. Depuis près
de 50 ans, celui-ci consacre sa vie à importer dans le monde
moderne des techniques empruntées aux civilisations primitives.
Bill a écrit la bible du Do It Yourself, "une vie faite main"
et créé la Yourte Fondation. Anti-consumériste, il n’a ni mail
ni téléphone et vit au milieu des bois.
À quelques galops
de là, dans le Languedoc-Roussillon, Laetitia, 24 ans, a abandonné
la vie en camion pour la chaleur de la yourte. Sa maison mobile lui
a coûté 2000 euros. Les Yourtes poussent en France comme des
champignons, elles seraient plus de 3000. Simplement tolérées,
elles sont à la merci des pouvoirs publics : une loi permet
l’expulsion de ces habitats éphémères au-delà de 3 mois. «
On a le chauffage, on a l’électricité depuis peu, avec des
panneaux solaires. Et moi, ça me permet d’avoir mon ordinateur
pour bûcher sur mes dossiers à rendre pour mon rapport de stage.
Je peux écouter de la musique, je peux allumer la lumière, moi,
ça me va quoi ! ». C’est un paysan du coin qui prête son
terrain à Laetitia. Elle y a installé son association “Du
jardin à l’autonomie” qui cultive des fruits et légumes
vendus au marché. Un premier pas vers l’autosuffisance.
À
l'origine de la yourte mania, un mythe venu des steppes d’Asie
centrale dans le sillage des peuples nomades qui déferlèrent sur
l’Europe dès le cinquième siècle. Les invasions conduites par
Attila ou Gengis Khan ont changé la carte du monde. Dans le barda
de ces armées de cavaliers et d’archers, on trouvait déjà ces
yourtes, qui suivent, encore aujourd’hui, les caravanes de leurs
descendants, toujours en mouvement. Comme il y a 1500 ans, la
construction de ces habitats éphémères obéit à des lois
immuables, dictées par les sorciers, ces chamanes en communication
directe avec les esprits. À l’intérieur de la yourte par
exemple, on se déplace toujours dans le sens des aiguilles d’une
montre. En Mongolie, près de la moitié de la population est
toujours nomade. Pourtant, leur mode de vie subit les assauts des
sédentaires, obsédés par la consommation.
Se contenter
du minimum, comme l’impose la vie nomade, c’est le combat du
premier rassemblement des bâtisseurs de yourtes en Ardèche. Pour
l’occasion, ils ont construit la première yourte à deux étages,
imaginée par Nitsan et Lucy et autoproclamée "palace des
nomades". Ces deux constructeurs de yourtes, qui sont aussi à
l’origine du festival, sillonnent l’Europe depuis plus de 10
ans au volant de leur camion pour prêcher la bonne parole nomade.
Leur devise : « Spirits Intent », « l’esprit est dans les
tentes ».
DVD
"Echappées Nomades" un
documentaire d'Alain Dussort
disponible chez Catharsis
Productions
"Destination monde : Mongolie" LCJ Editions
Liens
Mon commentaire:
Un des meilleurs, sinon le meilleur reportage actuel produit par un média classique sur le sujet. Dommage que cette "réunion internationale des fabricants de yourtes" soit très élitiste, on n'y voit guère de fabricants Francais, qui sont pourtant nombreux. Le milieu alternatif des yourtes n'a pas été franchement convié.D'ailleurs on ne voit personne assister à cette réunion.
La première réunion nationale auto-gérée des fabricants de yourtes en France, et du peuple des yourtes, qui est en train d'inventer un nouveau monde et une nouvelle façon d'habiter, aura lieu du 9 au 11 octobre 2009 à la Frênaie, comme mentionné dans l'article précédent.
On remarquera quand même que même avec la meilleure volonté, la récup marchande est flagrante: "VRP de choc" pour un marché de yourtes, yourtes niches pour les chiens et bien sur absence totale d'invitation à la réflexion politique, écologique, sociale.Je veux quand même souligner qu'en France, on n'a jamais eu besoin de VRP pour les yourtes: les auto-constructeurs se sont appropriés la yourte spontanement, c'est même eux qui l'ont redécouvert: ils l'on fait pour y habiter, y vivre différement, ouvrant des voies nouvelles à la normose ambiante, en réponse à la crise généralisée, pas pour être à la mode.La yourte n'est pas un concept architectural de plus à exploiter.
23 juillet 2009
Le bonheur pas dans le pré...
Jeff, fils de paysan, qui a une formation de technicien agricole, habite depuis plusieurs dizaines d'années sur le même territoire, à quelques kilomètres de chez moi.
Il a travaillé pendant 21 ans comme gardien d'une propriété dont il avait la charge totale. Il a exercé tous les métiers sur ce lieu, bucheron, jardinier, homme d'entretien, chasseur, spéléologue, éleveur, plombier, maçon, etc.... Il s'est en même temps fortement impliqué dans la vie de sa commune en devenant conseiller municipal et même premier adjoint pendant deux ans.
Puis le propriétaire a vendu le mas et les hectares de terres, et Jeff s'est vu du jour au lendemain remercié de ses bons et loyaux services.
Ayant perdu d'un coup emploi et logement, obligé de quitter un lieu minutieusement et amoureusement entretenu par ses soins, une campagne qu'il connait comme sa poche et qu'il a totalement façonné, Jeff ne pouvait envisager d'autres occupations que rurales et forestières dans son périmètre habituel.
Ne trouvant pas de locations dans son milieu de vie, il a donc acquis une yourte mongole d'occasion qu'il a installé sur un terrain avoisinant, en Octobre 2007.
Un contrat oral le lie au propriétaire à qui il paie régulièrement un loyer.
Et depuis les emmerdements s'accumulent. Depuis deux ans.
En effet, la municipalité en place lors de son installation est en proie à des luttes intestines, dont la personnalité solitaire de Jeff semble faire les frais. Des querelles de personnes se règlent sur son dos, rumeurs, ostracisme …
En Novembre 2007, Jeff reçoit une menace de poursuite en justice par un cabinet d'avocats représentant la commune. arguant que le camping sur un terrain en zone naturelle est interdit.
Il s'avérera par la suite que ces arguments sont faux, puisque le POS stipule clairement que seul est interdit le camping soumis à autorisation, c'est à dire le camping sur des terrains aménagés pour au moins six tentes ou vingt campeurs.
La commune le sait pertinemment et ne poursuivra donc plus Jeff pour ce motif, attaquant le malheureux sous un autre angle.
En décembre 2007, la mairesse signe une décision de radiation de Jeff des listes électorales, soutenant qu'il ne satisfait pas aux conditions édictées par le code électoral pour rester inscrit.
Celui-ci rétorque en engageant une procédure au tribunal d'instance pour réclamer son droit de vote. Il prouve par du courrier reçu à la yourte, dont une attestation de la CAF, et un procès verbal d'huissier, qu'il est bien domicilié sur la commune.
En Février 2008, le tribunal reconnaît son implantation depuis 1986, grâce, entre autres, au congé pour reprise personnelle de son ancien bailleur.
La radiation par la commune est déclarée infondée et le tribunal ordonne l'inscription de Jeff sur les listes électorales.
La commune s'est défendue en alléguant l'absence de quittance de loyer, l'absence de permis de construire ou de déclaration de travaux concernant la «prétendue yourte»... C'est à dire en feignant d'ignorer non seulement le domicile en yourte, mais la yourte elle-même! Alors qu'en même temps, elle se retourne, en Janvier 2008, contre le propriétaire du terrain incriminé, pour réitérer ses menaces.
Ou l'on découvre que des juristes sont capables d'énoncer des phrases aussi stupides que : « votre parcelle est en zone NB non constructible et ne peut supporter toute activité de camping ou d'installation d'abris divers », mélangeant allègrement code de l'urbanisme (constructibilité) et législation du camping, qui sont deux domaines distincts..
Ça continue dans le même style abusif:
« Nous vous demandons de vous mettre en conformité avec la législation. La commune vient de faire constater par huissier de justice qu'un abri de type «yourte» était toujours installé sur votre parcelle, et ce en parfaite illégalité. Nous vous invitons à régulariser votre situation en procédant à l'enlèvement de cet abri. Cette lettre vaut mise en demeure...»
Donc la commune met la pression sur le propriétaire, qui est évidement terrorisé par ces menaces, se sent incapable de prendre en charge un tel dossier, mais ne se résout pourtant pas à jeter dehors une personne seule en plein hiver, qui n'a nul autre endroit où aller.
Et comme au bout d'un mois, la yourte est toujours là, la commune, décidément bien querelleuse et animée d'un esprit de vengeance, suite probablement à sa déconfiture sur le droit de vote, porte plainte devant le procureur.
Qui diligente une enquête.
De braves gendarmes débarquent à l'automne 2008, sont charmés par la yourte et l'inoffensivité de son occupant, ne relèvent aucune infraction, et le procureur ne poursuit pas.
En attendant, il fait soif à la yourte, et il faut bien vivre, et vivre sans eau, ce n'est pas que dans le tiers-monde que ça arrive.....
Voici encore un très mauvais exemple de comment s'acharner sur une personne pauvre et seule.
Déjà Caroline nous avait fait part de la façon dont, dans son gentil petit village ardéchois, on lui a refusé sournoisement de remplir ses bidons d'eau à la fontaine publique: la municipalité a eu l'idée géniale de réduire drastiquement le débit pour ne plus laisser filtrer que quelques malheureuses gouttes, parfaitement décourageantes pour les dix litres d'eau potable à collecter quotidiennement pour que vivent une jeune femme et sa fillette.
Donc, en avril 2008, une première demande de la part de Jeff d'ouvrir le robinet de la vanne qui se trouve à 80 mètres de la yourte est refusée par le gestionnaire de la distribution d'eau sous prétexte qu'un compteur d'eau ne peut être délivré que si un permis de construire a été délivré et non sur le lieu d'un campement.
Jeff renouvelle sa demande en Septembre 2008, et reçoit une réponse un peu plus élaborée:
« Le syndicat installe un compteur seulement s'il y a un permis de construire ou une habitation existante, or ce n'est pas le cas.»(!!!!!)
Encore une cécité volontaire, contradictoire avec le jugement du tribunal qui a reconnu l'habitation et l'habitant...
Et ça continue: «Le syndicat ne peut installer un compteur à tous ceux qui installent un campement sur un terrain, même constructible»!!!!!!!!!!!!!!!!
Vlan, cette fois, ce n'est même plus parce que la yourte n'existe pas, même plus parce que la yourte est illégale, c'est tout simplement un refus à la tête du client, fondé sur une effrayante assimilation quasi sectaire des installateurs de « campements ».
C'est vrai, on est pas des réfugiés climatiques, pas des réfugiés de catastrophes naturelles, pas des demandeurs d'asiles parqués dans des camps insalubres.
Alors qu'est qu'on est?
Pour moi, c'est clair, on est des victimes de la guerre d'extermination déclarée par les riches contre des milliards de pauvres.
Réduits à aller au cimetière chercher son eau, espérant que les morts ne seront pas gardés par un bedeau trop borné....
Je rappelle quand même à toutes fins utiles que ce n'est pas au gestionnaire des réseaux de faire sa loi.
Pour refuser un raccordement, le gestionnaire doit s'appuyer sur une réquisition officielle du maire, document qui peut alors être contesté en référé administratif par le demandeur.
Quand au maire, il doit
justifier son opposition en s'appuyant sur des lois, les refus à la
tête du client ne sont pas légaux dans ce pays!
Ce n’est que dans la mesure où le mode d’occupation des sols est susceptible de porter atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publique, à la conservation des sites, des milieux, ou encore aux règlements d’urbanisme que le maire peut refuser l’autorisation.
(Voir le compte rendu intégral de la réponse d'une question posée par une sénatrice, adressée à M. le ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, : «Doit-on accepter que des personnes qui ont délibérément choisi de s’établir sur des terrains impropres à l’habitation, en l’occurrence sur des terrains agricoles, en l’absence de certificat d’urbanisme ou de permis de construire, puissent bénéficier du branchement aux réseaux d’eau et d’électricité, et ce d’autant que, dans certains cas, lesdits branchements, en particulier pour l’eau, posent des problèmes techniques difficiles à résoudre ? » à laquelle a répondu .Mme Chantal Jouanno, secrétaire d'État chargée de l'écologie, en séance du 29 Mais 09.)
branchements_aux_r_seaux_pour_caravnes
L'histoire de Jeff, de Caroline et de tant d'autres, offrent un constat alarmant sur la cohésion sociale et la solidarité qui règnent dans ce pays. Largement de quoi faire froid dans le dos à quiconque n'a pas encore vendu son âme. J'avoue pour ma part être accablée d'un dégout et d'une honte de mon pays de plus en plus étreignants.
Quand on en arrive à refuser une cruche d'eau à son voisin, alors que plus un seul cours d'eau n'est potable et que la privatisation du vivant est plus que jamais galopante, c'est dire clairement qu'on le veut le voir crever.
Partout dans le monde où sont établies les sociétés les plus pauvres, vivant sur des territoires ingrats, l'hospitalité est la première des conventions sociales, car sans elle, pas de survie.
Refuser une gourde d'eau à un voyageur est une atteinte très grave à l'ensemble de la collectivité, un acte contre nature impensable, alors que dans les sociétés riches, un nouveau sport national semble s'épanouir dans l'art de barrer l'accès à une fontaine publique à tous ceux qui ne font pas ostensiblement allégeance à l'ordre bourgeois. Une majorité de gens peuvent décider ensemble sciemment, de façon délibérée et légaliste, d'exclure leur semblable en le privant de tout accès à ce bien commun primordial qu'est l'eau!
Face à ce symptôme virulent et extrêmement grave de la décomposition des valeurs morales de la société occidentale, pourrissement rampant partout dans nos campagnes, j'appelle à dénoncer de toutes nos forces ce genre de comportement hautement discriminatoire et scandaleux adopté par des élus et des conseils municipaux.
Car il n'est pas admissible que seules la médisance et la méchanceté cimentent ce qui reste de nos communes rurales
Contact de JEFF: 06.30.79.07.10.
.
25 avril 2009
le Yoga de la yourte de Kevin
Si vous croyez que le bonheur existe,
qu'on peut le reconnaître et même le contempler,
si vous espérez vivre, une fois dans votre vie,
d'amour et d'eau fraiche,
dans une cabane ou une yourte la-haut sur la colline,
avec seulement quelques perches en faisceau sur la tête
et quelques tissus par dessus,
si vous placez la paix, la joie et la sérénité
en avant de toute richesse matérielle,
si vous voulez qu'en une saison seulement
se fabrique la maison du bonheur,
si vous êtes capable de remercier chaque fois
qu'un vœu de votre voisin s'accomplit,
alors vous entrerez avec nous
dans le yoga de la yourte de Kevin.
Si vous aimez les gens heureux et les anges autour d'eux,
si
vous voyez, du chaos,
des bulles de mandalas s'élever,
et du vide, une yourte se monter, en un instant, une journée,
si vous êtes prêts à découvrir comment un petit objet rond,
qui se plie dans un coffre ou une charrette,
peut orchestrer une foule en ballet symphonique,
et attribuer à chacun une loge d'étoile au firmament,
si vous êtes prêts à vous étonner de comment
de simples morceaux de bois ramassés dans la forêt
peuvent fonder un espace plus intense
qu'une chapelle de pierre,
si vous avez envie de tendre votre nuque,
vos mains et vos reins vers le soleil,
comme une salutation au génie créateur
qui a ramené la yourte jusqu'à nous,
si votre cœur s'émeut et désire ardemment
danser entre les baguettes du grand mikado,
où s' inventent l'harmonie collective
et les refrains du peuple des yourtes,
alors vous êtes entrés avec nous
dans le yoga de la yourte de Kevin.
Si vous avez compris qu'on a pas besoin de pleurer
pour du crédit et le droit de s'endetter à vie,
seulement pour abriter sa famille,
si vous pensez qu'on a besoin de rien pour rendre grâce,
qu'une simple yourte peut largement contenir
votre joie et votre amour, vos travaux et vos aspirations,
alors oui, c'est comme ça qu'on le voit, avec vous,
c'est comme ça qu'on le veut, avec vous,
l'autre monde possible de demain,
avec des gens qui s'aiment
et font de la place aux autres.
28 février 2009
Le KARCHER, c'est pas que pour les banlieues!
Attention! Regardez bien cet individu, encore jeune.
Bien que petit, bien qu'apparemment innocent,
c'est un germe séditieux de discorde publique.
Gardez bien en tête ses caractéristiques physiques,
car il va grandir et devenir de plus en plus dangereux.
En
effet, ce petit individu est un suspect
.
Il habite un village de trois cent âmes et voudrait aller à l'école
empoisonner et contaminer les enfants normaux.
Mais l'école, c'est donner de la puissance,
aux frais du contribuable grugé, à un germe nuisible.
De plus, à cause de la velléité scolaire de cet enfant,
l'école serait menacée de non-fermeture,
car on ne pourrait plus prétexter le manque d'effectifs.
Ce petit mécréant rejoindrait et côtoierait
les petits chéris qui ne sont pas encore partis
dans le village d'à coté
pour éviter les mauvaises fréquentations.
Le maire a donc refusé courageusement
l'inscription en maternelle.
Mais les parents, qui auraient depuis longtemps
du être regroupés et portés disparus, s'accrochent et insistent.
Alors, pour éradiquer définitivement
ces quelques pousses aux origines scélérates,
le maire a décidé de fermer l'école, point barre.
Il ne rouvrira que quand ça sera
un centre de détention de sureté contre terroristes,
qu'il aura enfin été compris par ceux de la région
qui se cachent derrière des missions vertes
de services publics de solidarité
et sont aveugles à ce qui se passe dans nos campagnes.
Malgré des recherches effrénées
dans les labos les plus sophistiqués,
le gène du terrorisme n'a pas été encore vraiment isolé,
les pouvoirs publics tardent donc à repérer préventivement
les sujets subversifs dés la crèche,
ce qui oblige à différer le port obligatoire
de la lune noire sur les manteaux coupables.
En attendant des mesures plus compétentes,
le fait d'habiter dans une yourte
est le marqueur imparable pour un repérage exhaustif.
Et l'on en trouve plusieurs centaines disséminées
sauvagement et sans retenue sur le territoire national.
Celles-là campent à quelques dizaines de kilomètres de Tarnac,
(commune abritant des nids de criminels ferroviaires,
heureusement sortis de l'ombre des vaches
par la perspicacité de notre courageuse ministre de l'intérieur),
abritant quelques familles déguenillées, françaises qui plus est,
qu'on arrive même plus à dégager en les assimilant
à des gitans, ou autre ethnie intempestive.
Ce petit village tranquille, pollué non seulement de tentes
mais aussi de roulottes et auto-constructions débridées
où s'agglutinent ces asociaux,
est heureusement dirigé de main de maitre
par l'ancien liquidateur du bassin minier de Saint Étienne,
un homme énergique et déterminé,
pédagogiquement formé à éliminer les gens par paquets.
Ce brave maire, confronté depuis plus de dix ans
à ces vagues contagieuses de brigands,
qui ont le toupet d'ouvrir leurs portes
aux voyageurs, nomades et roulottiers de tous poils,
a gagné la confiance de ses administrés
en les rassurant fermement
aux dernières élections municipales: il a promis
le nettoyage de tous les marginaux et dérivés.
Ovationné, il a donc pu refuser l'inscription du petit terroriste
à l'école de la république
et celle de ses parents sur les listes électorales,
puis c'est avec une bonne conscience missionnaire
que ce monsieur vient d'envoyer un ultimatum
aux familles pré-délinquantes pour qu'elles dégagent.
A vous, mes chers lectrices et lecteurs passionnés,
de faire œuvre maintenant de citoyenneté et de solidarité
en allant sur le site de Marcel,( Ma cabane)
prendre connaissance des magouilles très officielles en cours,
et de faire votre choix:
1) Envoyer une lettre au maire pour le complimenter
de son magnifique travail social au service de la patrie en danger
et lui proposer quelques bazookas
et autres karschers de votre confection,
ou bien
2) Envoyer une ou des lettres
(que je vous conseille quand même malgré le danger immédiat
d'être catalogué pour complicité de terrorisme)
pour tenter de calmer le jeu,
dont des modèles se trouvent juste en dessous l'appel suivant:
Appel:
Un regroupement d'habitants à Bussière-Boffy, village de 340 habitants en Haute-Vienne, vivant en yourtes, roulottes et même en maisons, vous fait part de la situation.
Nous sommes une dizaine de familles solidaires avec 25 enfants, pratiquant une vie saine dans le respect de l'environnement et le travail associé.
Cela fait bientôt 20 ans que cette commune bénéficie de notre présence (apport démographique, économique et culturel), pourtant le Maire et la municipalité, élus en mars 2008, ne cessent de nous marginaliser en tentant de saboter toute insertion associative dans le village, toute démarche administrative venant des habitants des yourtes, laissant ainsi la discrimination prendre le pouvoir.
Il semble que le Maire ne souhaite qu'une chose venant de nous: qu'on s'en aille!
Nous
avons participé au repeuplement d'une commune vieillissante et
quasi désertique, et de part nos choix de vie simples et
sobres, nous apportons nos réponses aux dérives
Regroupements d'habitants de Bussière.
En dessous, pièces et documents utiles.
Choix_2_Lettre___Madame_Le_Pr_fet
Choix2_Lettre___Monsieur_Le_Maire_et_Elus
LETTRE_DE_SOUTIEN_AUX_HABITANTS_DE_BUSSIERE_BOFFY_EN_DIFFICULT_
Le mieux c'est quand même d'aller sur le site de Marcel qui a publié tous les documents(hallucinants) de l'affaire et vous explique comment faire pour les courriers.
C'est vrai, ça va prendre un peu de temps, mais ya pas que les bien organisés qui ont besoin de soutien....
VOIR LE REPORTAGE DE FRANCE 3 LIMOUSIN
où l'on remarquera comme d'habitude que personne ne songe à affirmer la réalité que les yourtes sont des tentes et ne sont pas soumises au permis de construire, qu'elles dépendent de la législation du camping et non du code de l'urbanisme. qu'on peut justement s'installer sur un terrain non constructible.....
et en particulier
"Législation et situation juridique actuelle des yourtes en France"
lettre_Mme_le_Prefet_du_Limousin
PETITION à signer pour défendre les yourtes de Bussière Boffy
un lien vers le journal de la région, avec des commentaires des fois pas piqués des vers....
Article Popu du 15 Mars par Stéphanie Barrat:
Les yourtes sont au coeur de la marche

Plus de 300 manifestants ont défilé, hier, du 'Petit Pic' jusque devant la mairie de Bussière-Boffy. Le mot d'ordre, la révision de la carte communale.
«Non, les braves gens n'aiment pas que... l'on suive une autre route qu'eux », c'est en fredonnant la célèbre chanson La mauvaise réputation de Georges Brassens que les manifestants sont arrivés devant la mairie de Bussière-Boffy.
Partis du lieu-dit le 'Petit Pic' où sont installées les yourtes, les manifestants ont marché pour trouver une solution.
Sans provocation ni insulte
En effet, la carte communale établie en octobre 2007 par le maire du village, Jean-Paul Barrière, indique que les terrains sur lesquels sont dressées ces 'fameuses' yourtes sont des terres agricoles donc non constructibles. Les quatre familles sont donc invitées à quitter les lieux (le terrain leur appartient, les familles en sont propriétaires). Mais elles ne l'entendent pas de cette oreille. Soutenues par plus de 300 personnes, elles l'ont prouvé en montrant leur désaccord.
« Il faut qu'on y aille dans un esprit calme sans provocations ni insultes », affirme Alex Govet, un habitant d'une de ces tentes rondes fréquemment utilisées par des nomades Turcs et Mongoles d'Asie centrale.
Dès 11 heures, hier matin, les voitures se sont multipliées dans le hameau, Vincent et Stéphane ont été chargés de faire la circulation. Les plaques d'immatriculation indiquent que les manifestants sont venus de Charente, de la Vienne et des départements limitrophes.
Sara Chaumet, vit dans une des yourtes depuis trois ans. « Le maire a rendu urbanisable neuf hectares de champs à vaches et il ne nous a pas pris en compte », lâche-t-elle.
« Nous voulons d'une part la révision de la carte communale et d'autre part la légalisation de notre situation », avoue Sara Chaumet.
« Le fossé qui sépare nos démarches est énorme. Les habitants de cette commune rurale du Limousin veulent se moderniser et nous, nous sommes dans l'optique de faire attention à notre consommation, souligne-t-elle. Mais nous ne nous considérons pas comme des marginaux. »
Politiques, associatifs, citoyens
Des élus politiques de différentes étiquettes, des mouvements associatifs et des citoyens ont répondu à l'appel. « Ce mouvement pacifique, festif est une réponse intelligente. Désormais la balle est dans le camp du maire », précise Cyril Cogneras, élu vert de la ville de Limoges.
Le maire, lui, attendait de pied ferme le cortège, muni de son écharpe. Une lettre lui a été lue demandant une fois encore la médiation et la révision de sa carte. Et c'est sans un mot et sous les hués qu'il est reparti.
« Merci d'être là, avec nous et de ne pas nous avoir laissés seuls », précise Alex Govet en s'adressant à la foule."
Compte rendu d'Alain (Catharsis prod)
"Samedi 14 mars, près de 300 personnes (si, si) sont venues soutenir les
copains de Bussières. Le maire et deux adjoints attendaient devant la
mairie et sont partis aussitôt, peut être devant l'ampleur des
manifestants. Il y eût ensuite un pic nic et un grand cercle de paroles.
Des témoignages poignants des habitants du lieu, des prises de paroles qui
insistaient sur la valeur de l'expérience et du témoignage.
On évoqua ensuite l'existence d'Halem pour soutenir et rendre visible ces
expériences qui se multiplient. Une partie du débat tourna ensuite sur le
travail juridique en cour. Une bonne ambiance, sympathique et déterminée.
Des rencontres Halem sur ce lieu en juillet semblent convenir :
- de part l'exemplarité du lieu (activités multiples, solidarités, etc.)
- au vue de la centralité, samedi plusieurs départements étaient là, dont
des jeunes de cités de Poitiers qui s'intéressent à ce choix de vie et qui
veulent le populariser.
D'autre part, TFI Dimanche 15 mars au treize heures a diffusé un reportage
pas trop mal ou assez bien, avec un portrait d'Alex et de Sarah. Sauf
qu'il se terminait par le point de vue du Maire Mister Barrière, qui
disait qu'il ne pouvait pas par manque de moyen accorder la
constructibilité du terrain avec les raccordements à l'eau et
l'électricité.
Ce qui semble un faux problème, car les réseaux sont contigüs au terrain ...
A suivre"
20 décembre 2008
l'insurrection qui vient
“Les combats sociaux ne sont ni innocents, ni coupables.
Ils sont justes.
Si des milliers de personnes portent des cagoules,
alors, ils obtiennent un visage”
Exarcheia, Athènes, 9 décembre 2008.
" Nous voulons un monde meilleur. Aidez-nous.
Nous ne sommes pas des terroristes,
des « cagoulés », des « connus-inconnus ».
NOUS SOMMES VOS ENFANTS.
Nous
avons des rêves. Ne tuez pas nos rêves.
Nous avons de l'élan. Ne stoppez pas notre élan.
SOUVENEZ-VOUS.
Un temps, vous étiez jeunes aussi.
Maintenant vous cherchez de l'argent,
vous n'êtes intéressés que par la vitrine,
vous avez pris du poids,
vous avez perdu vos cheveux.
ET VOUS AVEZ OUBLIE.
Nous attendions votre soutien.
Nous attendions votre attention,
nous pensions que nous allions être fiers de vous -
pour une fois. EN VAIN.
Vous vivez des vies fausses, la tête penchée,
vous êtes aliénés, rendus au système...
Vous avez jeté l'éponge
et vous attendez le jour de votre mort.
Vous n' avez plus d'imagination,
vous ne tombez plus amoureux,
vous ne créez pas.
Vous vendez seulement et vous achetez.
De la marchandise partout.
L’AMOUR ET LA VERITE ?
NULLE PART.
Pourquoi ne sortent-ils pas
dans les rues ?
Les amis d'Alexandros Athènes, décembre 2008.
J'entends ce cri des jeunes, et enfin, je suis fière!
Enfin une journée sans honte,
enfin de la lumière dans un monde de brutes!
Oui chaque matin, la honte quand j'entends la radio,
pour cette soupe sordide qu'on nous impose,
de disputes minables pour le pouvoir,
de solutions calamiteuses qui rajoutent au foutoir,
de vieux ringards vaniteux qui se moquent
des enfants devant qui ils exhibent leur fatuité!
Quand j'entends que money, toujours money, encore money,
mes tripes battent de dégout à l'unisson avec ces jeunes,
c'est pas pour louper les cours qu'ils sont dans la rue,
c'est pas parce qu'ils ont peur pour leur carrière,
c'est vraiment parce qu'on les prend pour des idiots,
des marionnettes, des polichinelles,
et qu'ils en ont marre du seul statut
que leur a octroyé la religion économique de leurs parents,
la consommation.
Enfin un souffle de vérité! Enfin un espoir à l'horizon!
Enfin libre cours à ceux qui ne peuvent accepter l'inacceptable!
Depuis que le Cantoyourte existe, beaucoup de jeunes sont venus.
Ici, ils trouvent un lieu différent créé par une personne
de l'age de leur mère, qui vit autrement,
qui donne corps à la révolte
qu'ils ne savent parfois pas identifier politiquement,
par des actes simples enracinés dans la vie quotidienne,
qui leur offre sans dogmatisme un accès à l'essentiel,
des repères parallèles aux normes éducatives,
un havre dans la tentacule de la pensée unique.
Peut-être savent ils qu'ils peuvent compter ici
sur des vieux qui ne sont pas les leurs,
pour rêver avec eux d'utopies à portée de mains,
pour résister, réfléchir, réclamer, lutter.
Ils viennent de la route, d'une urbanisation délirante,
d' une cabane qui a brulé.
En ce moment, j'accueille des jeunes qui vivent en camion à l'année
et sont contents de se poser un peu dans une yourte.
Ils sont saisonniers pour payer leurs études,
travaillent dur dans les champs et les serres,
vivent dehors dans le froid et l'inconfort,
dorment dans leur fourgon aménagé.
Aguerris à la vie en plein air, ils peuvent beaucoup supporter,
mais pas le mépris.
Je leur propose parfois de s'assoir en silence à coté de moi,
en zazen, à laisser affleurer la vraie nature de l'esprit.
Par exemple, Anais qui vit avec son compagnon
dans un cube roulant,
s'est arrêtée quelques semaines au Cantoyourte
pour travailler à son mémoire d'anthropologie sur
« le nomadisme saisonnier des habitants mobiles ».
Leur présence ici est un vrai cadeau, et je les regarde tendrement,
pensant à leurs parents qui se soucient d'eux et à qui ils manquent,
je suis moi-même une maman
pleine de reconnaissance
pour les inconnues qui ont hébergé ma fille
à l'abri d'autres viols quand elle était dans la rue,
et plutôt que de me désoler, je réalise qu'ils sont là,
sous d'autres traits que mes liens génétiques,
tellement plus sincères, tellement plus libres,
puisque je ne les prends dans aucune attente...
Je réalise la joie d'accomplir en mon cœur un élargissement
qui ancre dans la réalité des jours cette vérité universelle
que tous les enfants sont les enfants de la vie,
et que les voir comme si on les avait soi-même désiré,
c'est leur offrir le monde comme une vraie famille
et la terre comme un vrai foyer.
Merci à Anais qui est la première jeune fille
que j'ai pu laissé m'approcher vraiment
depuis la disparation de ma fille.
Merci à tous les jeunes qui descendent dans la rue,
qui sortent des ghettos et prennent le maquis,
ceux qui crient leur révolte
contre l'élimination sans sommation d'un adolescent,
contre la décadence, la veulerie et la résignation,
ces jeunes dont je ne cache pas qu'ils sont pour moi
la voix de tous les écrabouillés du système,
et l'écho de mon cri de révolte infini
pour la mort classée sans suite de mon enfant....
Merci à tous ces jeunes qui ont le courage d'affronter
l'hideuse répression d'un régime autoritaire pourrissant,
c'est eux qui peuvent ouvrir la brèche
dans la rigidification de la dictature du capitalisme,
c'est en eux que je place mon espoir
de révolution.
Merci à tous ceux qui s'engagent dans l'insurrection qui vient,
dont nous avons tant besoin.
12 décembre 2008
Départ d'une belle âme
Mes lecteurs se souviendront de l'article que j'ai consacré
à l'Artmonithé,
cette yourte salon de thé entre Genolhac et Concoules,
tenue par le jeune trio Amélie, Cédric et Cindy.
C'est une bien mauvaise nouvelle que je vous transmets,
le peuple des yourtes est en deuiL.....
"Bonjour à toutes et tous,
Nous avons la tristesse de vous faire part
du décès de Cédric Hernando,
président de l'association l'Artmonithé.
Une
veillée aura lieu en son honneur le samedi 20 décembre
à partir de 18H
à la yourte
afin de partager un moment avec lui,
dans le chagrin bien
sûr,
mais aussi dans l'amour et dans la paix,
avec les rires des enfants et la musique qui résonne,
parce qu'il y a
toutes ces belles choses qui restent
et que l'on veut partager avec lui.
Cette veillée marquera la fermeture de la yourte,
qui, sans lui, n'a plus de sens.
Chacun est invité à cuisiner un plat à partager
dans la simplicité et la convivialité.
Les musiciens sont invités, avec leurs instruments,
à faire s'envoler des notes de musiques....
En remerciant tous ceux
que nous n'avons pas pris le temps de remercier pour leur soutien,
A très bientôt
Amélie, Cindy et Luc"
Cédric, qu'on voit ici papoter sur l'herbe
et sous les acacias l'été dernier au Cantoyourte,
était, en plus d'un cuistot à pizzas formidable,
un militant engagé.
Voici un article d'un quotidien régional,
datant de ce dernier mois de Juillet,
ou, à l'occasion de mon procès,
Cédric a confié au journaliste
sa façon de vivre et travailler sous la yourte.
Ce jour là, il était venu me soutenir,
fleurs à la ceinture.
Ne prenez personne pour acquis
Tenez tous ceux que vous aimez
près de votre cœur
Car vous vous réveillerez peut-être un matin
Pour réaliser que vous avez perdu un diamant
Pendant que vous étiez trop occupé
à collecter des pierres.
07 novembre 2008
Imploration et repression pour une yourte
Ou l'on constate
l'odieux harcellement des sbires de l'Etat
contre les réfugiés
sociaux- économiques et écologiques.
Voici l'histoire de Caroline et sa yourte,
typique de tant d'autres à travers toute la France.
« J'ai construit ma yourte au mois de Juin chez Alain,
jusque la tout va bien!
Je vis avec ma fille de quatre ans et mon ami Michael.
Nous avons acheté un terrain en Ardèche cet été,
et bien sûr, avons monté la yourte dessus.
J'avais préparé une belle lettre pour le maire
l'informant de nos projets " ecolos".
On a monté la yourte le samedi
et je pensais donner la lettre le lundi,
mais les gendarmes nous ont devancés
et nous ont ordonné de démonter sous huit jours!
J'ai essayé de négocier gentiment avec la mairie
mais ils ne veulent rien savoir ,
ils ont refusé de prendre ma fille a l'école.
A priori, c'est le voisinage et les chasseurs qui posent problème.
Une procédure est engagée à la DDE
et on va devoir passer au tribunal...
J'ai repris les saisons agricoles
mais ma fille a été refusée de l'école de St Jean,
j'ai donc du laisser la garde à son papa
et je la vois les week -end,
je ne voulais pas qu'elle subisse les histoires et les ragots...
Les gendarmes sont revenus faire des photos.
La yourte est trés discrète.....
J'ai le plan d'occupation des sols de la commune,
ils s'appuient la dessus pour l'interdiction
de poser une yourte....
Voici la première lettre que j'ai envoyé au maire:
« MONSIEUR LE MAIRE,
Je viens par la présente vous faire part
de mon installation prochaine sur
votre commune,
si je prend la peine d’une telle démarche,
c’est qu’elle pourra vous sembler inhabituelle,
et c’est pourquoi je prend les devants avec cette lettre,
afin d’avoir votre consentement
et être ainsi dans la légalité en toute transparence.
Voici ma situation, j’ai 24 ans et a la recherche d’un emploi,
je bénéficie d’un RMI bébé,
j’ai une fille de 4 ans et demi qui sera scolarisée a St Jean en septembre.
Depuis plus d’un an je vis dans une situation précaire
car des problèmes de santé m'empêche de trouver du travail.
En septembre 2007 je me suis installée
au camping de votre commune
ou mon bail a pris fin le 15 juin. Depuis je ne retrouve pas de logement
et « survie » dans une caravane.
En prévision de l’hiver je devais trouver une solution
adaptée a ma situation.
S’en est suivi le 15/07/08 l'acquisition de plusieurs parcelles agricoles
par mes parents et ceux de mon ami,
dans le but d’y faire pâturer des chevaux,
et en prévision d’une installation agricole en tant que maraîcher
et producteur de plantes aromatiques et médicinales.
Cette installation reste un projet et pour l’instant
le terrain est occupé par un cheval de trait utile au travail du sol.
Ma démarche par rapport a cette installation
porte sur mon occupation personnelle des lieux
et concerne un habitat alternatif que je souhaite mettre en place .
J’ai pu acquérir une yourte a moindre frais
et mon but et de m’y installer avec ma fille
afin d’avoir un endroit pour vivre et me stabiliser.
Qu’est ce qu’une yourte ? C’est l’habitat traditionnel mongol, à la base
, apparenté a une tente, il est léger et se monte et démonte en une journée.
Celle en question fait 28 m carré , est de couleur vert foncé,
très discret dans la nature
et reposera sur un plancher en bois sur pilotis sans fondations,
parfaitement démontable .
J’ai conscience de certaines questions de salubrité
comme l’assainissement et l’alimentation en eau et électricité ,
en ce qui concerne les toilettes j’utiliserai des toilettes sèches:
ils sont écologiques et ont fait leurs preuves depuis des millénaires,
car utilisés de façon courante dans certains pays orientaux.
Nous sommes autonomes en eau potable
et possédons une citerne de mille litres
que nous remplissons a la source pour nos besoins courants.
Nous n’utilisons aucun produit chimique et néfaste pour l’environnement,
en conséquence les eaux usées sont redistribuées pour l’arrosage des plantes.
L'électricité sera alimentée par un panneau photovoltaïque
et le chauffage issu du bois.
De plus cela a permis la réhabilitation d’un patrimoine laissé a l’abandon,
le nettoyage du terrain est favorable pour limiter les risques d’incendies
et contribue a la beauté du site.
Sans aucune incidence sur l’environnement et sur le paysage,
ce type d’habitation est une alternative pour ma famille
et la seule solution envisageable pour le moment.
Lorsque ma situation s’améliorera
il me sera alors possible de revenir a un logement plus habituel.
J’ai établi ce contact avec vous par soucis d'honnêteté et de franchise,
ne voulant pas « vivre caché » et de façon marginale
mon seul souhait est d’avoir le droit d'élever mon enfant de façon stable ,
la yourte pouvant apporter tout les éléments de confort nécessaire ,
sans devoir déménager tout les six mois.
Il est évident qu’afin de nous faire accepter par le voisinage et par respect,
l’endroit restera propre et nous veillerons
a ce qu’aucune nuisance vienne troubler ce lieu tranquille,
nous voulons vivre discrètement et si nous pouvons,
nous impliquer de maniéré utile dans le village ( foyer des jeunes, école..)
nous le ferons avec grand plaisir.
J'espère pouvoir compter sur votre compréhension,
votre tolérance et votre humanisme,
afin que tout ce passe bien et nous laisser une chance
de prouver notre bonne foi.
Si votre avis est favorable et s'il existe des conditions a remplir
ou même un impôt a s ‘acquitter,
merci de me faire parvenir un courrier pour me le préciser,
je ferais alors le nécessaire.
Dans l’attente, je vous prie d’accepter mes sentiments les plus sincères
et vous souhaite une bonne et agréable journée. »
Cette lettre est immédiatement suivie d'une deuxième, suite à la venue des flics:
MONSIEUR LE MAIRE,
Suite a un problème technique, ma lettre n’a pu être en votre possession
le jour du montage de la yourte.
Lundi 04/08/08 les gendarmes se sont présentés
pour me faire part d’une procédure concernant la yourte.
Il est fâcheux que cette lettre n’ai pu arriver a temps a la mairie.
Ce matin même
il a été demandé que je retire la yourte sous
huit jours…
seulement la loi me permet sans aucune formalité
d’installer une habitation légère de loisir pour une durée inférieure à trois mois.
Constructions_nouvelles_dispens_es_de_formalit_s
Comme je l’ai précisé dans mon courrier précédent,
je suis actuellement dans une situation personnelle compliquée
car je n’ai pas de domicile fixe et j’ai ma fille à charge.
Je vous demande donc de tolérer la yourte durant ce laps de temps
afin que je puisse faire une demande de logement HLM auprès de votre mairie.
Vous comprenez bien que je peux pas rester a la rue .
Sil existe des démarches a réaliser pour que la yourte soit acceptée,
je suis prête a les accomplir...... »
Plus d'info sur le droit des yourtes.
Ma réponse: "Législation et situation juridique des yourtes en France."
30 octobre 2008
le cadeau de Phil
Une belle personne m'a fait un beau cadeau,
quelqu'un qui a de la beauté au bout des doigts,
qui a ciselé sur bois "la voie de la yourte".
Quelqu'un aussi qui a de l'art dans son coeur de simple
et dont la façon de vivre me touche.
J'ai suspendu dans la vitrine de mon atelier,
cette bulle de bonheur
au milieu des éléments d'artisanat
qui logent à cette enseigne.
"La pureté du coeur est l'unique qualification"
Eric Barret, le sacre du dragon vert pour la joie de ne rien être
























































































































































