24 février 2008
Photos de couronnes, anneaux ou toonos de yurts.
The roof ring.
Différentes sortes de couronnes, sauf les miennes!
La couronne du toit de la yourte.
La pièce maîtresse de la yourte est sa couronne centrale,
puits de lumière d'où rayonnent les perches du toit.
Bien souvent, elle contient elle-même huit rayons,
chiffre de l'équilibre et de la stabilité,
dont la symétrie graphique est identique
au signe de l'infini.
Cet infini auquel les habitants de la yourte
sont reliés par le ciel,
firmament qui s'invite à toutes les heures de la nuit et du jour
pour nous rappeler nos origines célestes.
Ces couronnes du monde
sont de véritables mandalas en relief,
et scellent ainsi une alliance indéfectible
entre les humains et le cosmos,
entre vie quotidienne et intemporalité,
entre sécurité et fragilité,
entre utilité et spiritualité.
Cet anneau au dessus des têtes répond au cercle du sol
tracé pour délimiter le nid familial,
comme un entonnoir où peut s'écouler l'énergie cosmique.
Grand oeil divin ouvert à volonté
sur les humains serrés sous la « ger »,
la couronne permet de ramasser en soi
les morceaux épars de sa vie,
de filtrer et trier jusqu'à l'essentiel
tout ce que le monde extérieur a fragmenté.
Nul autre habitat, lèger ou lourd,
ne s'ordonne aussi harmonieusement dans l'espace,
verticalisant l'humain en plein utérus!
S'asseoir simplement
sous la couronne ou le toono de la yourte
entraîne naturellement méditation,
ressourcement, intégration.
16 février 2008
Fabrication d'une jolie toilette à compost
Fabrication de ma deuxième toilette à compost:
J'ai pris une plaque de contre-plaqué récupérée
sur laquelle j'ai dessiné la forme de la capuche de toilette,
en bois peint achetée 10 euros.
Puis j'ai perçé un trou pour enfiler la scie sauteuse,
et on a découpé l'ovale en suivant le trait.
Ensuite, on a scié quatre pieds dans du chevron
et on les a fixé sur la plaque avec de grosses vis.
Cette toilette est destinée à être installée en plein air
dans la cabane en store,
mais elle pourra étre occasionnellement
déplaçée dans la yourte,
c'est pourquoi j'ai preferé la légèreté d'un enrobage
en tissu imperméable plutôt qu'une fermeture en planches.
Puis, la structure étant stable, c'est le moment rigolo
de l'imagination et de la déco.
Ajouter un peu de couleur à un endroit
d'ordinaire plutôt fade,
quelques perles de bois en guise d'accompagnement sonore,
pour les nostalgiques des cataractes de chasse d'eau,
un ruban de dentelles pour rappeler
aux cuisses déculottées leur fragilité
et un poisson en effigie pour célébrer leur préservation
grâce à ces pratiques écologiques quotidiennes.
Aprés la fixation des toilettes dans la cabane,
on peut rajouter le seau blanc,
seau récupéré chez un artisan peintre,aux dimensions parfaites
pour une semaine ou dix jours de déjections.
Ce seau, dont les parois très lisses n'accrochent
aucune matière, est très facile à nettoyer:
on plonge l'arrosoir dans la cuve bleue remplie d'eau de pluie,
récupérée par la gouttière de la cabane,
et on peut ainsi nettoyer le seau des toilettes
aprés l'avoir vidé sur le compost en contre bas du jardin.
On y dépose une couche de sciure
ramenée de chez le menuisier d'en bas,
on cache quelques rouleaux de papiers hygiéniques
sous la caisse en bois,
on remplit un seau de sciure préte à l'emploi,
on suspend un arrosoir à portée de main,
une brosse et des gants en plastique,
et pour finir, un petit papier explicatif pour les néophytes..
Vivement la prochaine évacuation!
12 février 2008
Dimensions et composition d'une yourte moyenne
Dimensions pour une yourte moyenne:
Diamètre: 5,20 Mètres
Surface: 22, 00 mètres carrés.
Hauteur centrale: 3,00 Mètres
Circonférence: 16, 40 Mètres
Diamètre couronne: 1,40 Mètres
Hauteur couronne: 2,80 Mètres
Longueur d'un treillis déplié: 2,90 Mètres
Hauteur des murs: 1,45 Mètres.
Longueur des perches: 2,35 Mètres
Longueur des mâts: 2,80 Mètres
Eléments composant une yourte:
Bois:
5 treillis déployables pour les murs.
Autant de perches de toit que d'intersections de treillis,
environ tous les trente centimètres du périmètre.
Une couronne avec ses deux mâts porteurs.
Une porte avec son cadre.
En option, une ou plusieurs fenètres.
Textile:
Un toit externe en toile imputrescible, ignifugée.
Une circonférence de murs en toile,
avec rajout d'une bande de PVC touchant le sol.
Un capuchon amovible en toile.
Un chapeau transparent et un autre en laine.
Une corde résistante pour le ceinturage.
De nombreuses couches de laine
ou autre isolant naturel ou récupéré.
Une toile de coton pour la décoration intérieure.
De nombreux liens ou cordages solides.
La yourte ne nécessite pas de ferraille
ailleurs que dans ses ouvertures, portes et fenétres.
Tout le reste peut étre tenu
par des liens en fibres végétales ou en cuir.
01 août 2007
Fabrication d'un plancher de yourte
Fabrication d'un plancher en bois
pour une yourte moyenne,
par exemple de 5,10 mètres de diamètre.
Plusieurs techniques sont possibles bien entendu,
mais personnellement j'ai choisi le mandala
pour rester dans l'esprit unitaire.
Ce plancher est simple, peu coûteux,
ce n'est pas un modèle, c'est seulement celui que j'ai fais
sans avoir jamais pratiqué auparavant,
et sur lequel j'habite depuis plusieurs années sans soucis.
Les plans:
Plans des fondations de la yourte.
Dessiner son plan sur du papier millimétré.
Coller deux feuilles A4 cote à cote pour une meilleure visibilité.
Outils de bureau nécessaires:
compas, régle, crayons de couleurs, Scotch ou colle.
Tracer un cercle de 2, 60 mètres de rayon,
ce qui aboutira à un plancher de 5,20 M de diamètre.
Il faut en effet prévoir dix centimétres de plus
pour placer les épaisseurs d'isolation et la couverture.
Diviser par huit rayons.
Dessiner à la régle la première couche de solives,
celle qui touchera le sol,
répartie en trois octogones ( rouge).
Diviser le cercle au crayon en seize, puis en trente deux.
Surligner avec des couleurs différentes pour chaque couche de solives.
Tout ce qui n'est pas en rouge compose la couche supèrieure,
qui s'appuie sur les octogones.
Plans de la couche de plancher:
Suivant la dimension des plaques achetées en magasin de bricolage,
dessiner un nouveau cercle sur du papier millimétré.
Découper des petits bouts de carton de la dimension des plaques
pour visionner le nombre de plaques nécessaires.
Procéder comme pour un patron de couture,
à savoir qu'on essaie d'utiliser les chutes à bon escient.
Relever les mesures précises des morceaux
pour pouvoir les reporter ensuite sur les plaques à découper.
Matériaux:
Acheter des solives de section d'au minimum 4cm x6cm.
Pour réaliser ce plancher, il faut 77 mètres linéaire,
à commander en scierie.
Si ce n'est pas du Douglas, mieux vaut traiter le bois.
Couper ou faire couper:
Pour le premier octogone: 8 solives de 0,60 M.
Pour le deuxième: 8 solives de 1,20 M
Pour le troisième: 8 solives de 2 Métres.
8 grandes solives d'un peu moins de 2,60 M.
8 solives moyennes de 2 mètres.
16 petites solives d'1,20 M.
On peut fabriquer le centre avec quelques planches de récupération.
Morceaux de bois et de pierres employés comme cales.
Un bon lot de vis pour assembler les deux couches.
Un lot de plaques d'aggloméré et son lot de vis à bois.
Outils:
Niveau. Grande régle ou à défaut long tasseau bien droit.
Perceuse-visseuse. Scie. Clous et vis.Outils à mains de base.
Mise en oeuvre:
Poser les trois octogones sur le terrain et les mettre de niveau.
C'est la phase la plus délicate et la plus fastidieuse:
Il faut partir d'un point donné et porter le niveau
toujours en avant pour finir le cercle.
Sur un terrain peu pentu mais caillouteux,
l'eau s'écoulera bien, mais même en pleine terre,
si on prend garde de creuser une rigole autour du plancher,
il n'y aura pas d'infiltration dessous.
Mieux vaut faire la tranchée aprés la pose de la yourte
pour bien s'ajuster à la base des toiles.
Je n'ai bétonné mes plots de base qu'en terrain très pentu,
quand une partie du plancher s'est retrouvée sur pilotis.
Toute la partie dessinée en rouge étant stable et de niveau,
on peut poser les solives supèrieures et les visser.
Il est utile de laisser en place un petit piquet central qu'on enlèvera à la fin.
Le mandala réalisé, on peut poser les plaques l'une aprés l'autre,
à partir du centre, en prenant garde aux emboîtements,
puis les visser sur les solives.
Il faudra ensuite reporter le tracé et couper les dernières
desquelles on tire deux ou plusieurs morceaux.
Puis on trace le cercle de base de son plan,
en se servant du piquet central,
à l'aide d'une corde nouée et d'un gros crayon.
On finit par découper à la scie tout ce qui dépasse hors de ce trait.
Le plancher est terminé.
Vient le temps du montage,
qui peut être réalisé dans la journée.
Aprés avoir posé la yourte, on pourra recouvrir son sol
de tapis, de moquette, de couvertures matellassées,
ou toute autre trouvaille bonne pour les pieds!
Ceci dit, on peut faire son plancher à l'arrache
en récupérant des palettes,
et ça marche trés bien!
ET même pas de plancher du tout,
pourvu qu'on dame la terre en lui apportant du sable,
bienvenu pour le drainage, et qu'on creuse une bonne rigole.
Valable surtout pour les yourtes nomades, qui décollent souvent...!!
11 avril 2007
chauffer sa yourte
Beaucoup de personnes se demandent comment chauffer une yourte!
Le confort thermique dépend, bien entendu,
de l'isolation que l'on pose sur son toit et ses murs.
Pour ma part, du fait de mes couches de laines superposées,
j'ai toujours eu bien plus chaud dans ma yourte que partout ailleurs.
J'utilise un petit poêle à bois acheté aux puces,
sur lequel je fais chauffer mon eau et ma soupe.
En hiver, alors qu'il géle jusqu'à midi et que le thermomètre est à moins dix,
j'ai quand même vingt degré dans la yourte,
et parfois, à Zéro degré,
quand une couche de neige vient renforcer mon isolation,
la température interne monte à 25:
là, je suis obligée d'ouvrir ma porte car j'ai trop chaud!
Faire du feu est tout un art, surtout dans une yourte:
il faut savoir réguler la chaleur rayonnante
pour ne pas prendre de risque d'échauffement exessif du tuyau.
J'évite de laisser trop longtemps mon feu sans surveillance,
bref que du bon sens et des précautions normales.
J'ai choisi de faire sortir mon tuyau sur le coté,
et je n'ai jamais eu à regretter cette option.
Aucune infiltration d'eau de dehors,
pas de fumée, pas de coulure de suie....
Il suffit de bien arrimer le tuyau à l'extérieur
et de le faire monter assez haut pour un bon tirage.
Ceci est simple et tout simplement merveilleux,
car vraiment, rien n'égale une soirée bien au chaud dans la yourte!
13 mars 2007
une yourte étanche
Voici comment j'ai procédé
pour vivre à l'année sous ma yourte
sans me prendre le ciel sur la tête à chaque tempète:
J'ai la chance d'être assez pauvre pour ne pas gacher ma mobilité
en léguant en héritage à mes enfants une pollution ingérable.
Je commence donc par chercher dans mon orbite personnelle
ce dont j'ai besoin.
Depuis quelques années, les copains sous tipis
se procurent souvent leurs toiles en Angleterre.
Quelqu'un les receptionne en France et les dispatche aux couturiers.
Utile aussi, « La vielle usine », vers Valence,
ou l'on trouve des toiles de bonne qualité issues de faillites d'usine.
Mais ces toiles sont épaisses et lourdes,
et je ne me sentais pas de taille à travailler,
avec mes biceps faiblards, tant de poids.
J'ai donc trouvé proche de chez moi une usine de stores
avec qui j'ai négocié des chutes de toile bariolées.
Ces toiles sont légères et résistantes, vendues aux commercants
qui bachent leurs terrasses de café ou leur boulangerie,
avec une durée de vie d' une petite dizaine d'années.
Les puristes les rejettent parce qu'elles sont traitées
contre le feu et l'eau par des produits non écologiques.
Ils ont raison. Mais ont ils trouvé d'autres solutions à ce jour?
Nous y réfléchissons.
En attendant, j'ai récupéré des toiles qui auraient été perdues,
destinées à la poubelle. J'ai expérimenté
les toiles en coton et celles en dralon, fibre synthétique,
matière rejettée aussi par les puristes.
N'empéche qu'aprés quelques années d'utilisation, le résultat est là:
les toiles en coton ont duré quatre ans, se sont craquelées puis déchirées,
tandis que le dralon s'est affadi sous les rayons du soleil
mais a duré le double de temps.
Habitant une région ou les tempétes sont diluviennes à l'automne,
j'ai été inondée deux fois, non par le bas,
mais par le haut, le toit.
Lors de la tempête de 1999,
plusieurs chênes autour de la yourte se sont cassés, déchirés,
abattus par un vent d'une violence inouie,
tandis que ma petite Yétis, que j'avais arrimé sur trois malheureux piquets,
se déplacait juste de quelques centimètres,
mon chapeau de yourte s'étant pris momentanement pour un spinaker,
mais restait intacte, à ma grande stupéfaction.
La deuxième pluie d'enfer eut lieu en septembre 2002:
dans le département, de nombreux morts,
des centaines de véhicules flottants,
des dégats inestimables dans les maisons inondées.
Trois jours et trois nuits de trombes d'eaux inimaginables.
Un quartier entier noyé sous les eaux.
La ville d'Alès coupée de tout pendant deux jours.
Au bout de 24 heures, les piles de radio se vendaient déjà,
au marché noir, une somme astronomique,
puisque plus rien ne marchait, les familles ne pouvant plus se joindre.
Le quatrième jour, alors qu'à peine la vie reprenait,
que le facteur repassait,
on a reçu dans toutes les boites aux lettres du coin le journal municipal.
Dessus, on y voyait le maire en train de surfer sur une moto d'eau,
sur le bassin aménagé à grands frais sur la rivière.
Et là, en gros titre, cette phrase,
que les Alèsiens inondés et rescapés
ont du avaler comme une arréte dans le poisson,
à s'arracher la gorge et à vomir:
« Alès, ville d'eaux! »
Monsieur le Maire a tant laissé bétonner les rives que la rivière s'est vengé
et a détruit tout son petit jeu:
des beaux tapis de corde tamisés le long des berges,
il ne restait rien, jusqu'au pont dont la rembarde a été arrachée.
Monsieur le Maire adore couper les arbres, dont les racines
solidifient les berges, il pretexte qu'elles risquent d'abimer les routes!
On accuse le réchauffement planétaire,
mais la bétise, la vue courte et la course au profit des hommes?
Vivre une telle tempéte sous sa yourte est une expérience
extremement impressionnante!
De nouveau, j'eus mes couches de laine trempées.
La pluie battait si fort qu'elle a eu raison de la trame du textile.
Et là, le moindre mauvais pli, la plus petite couture mal finie est fatale.
A signaler que j'assemble mes toiles avec des coutures anglaises,
c'est à dire doubles, que je m'arrange pour que ces coutures
se recouvrent dans le sens de la pente comme des tuiles,
et que par conséquent, si l'eau passe le premier ourlet,
elle ne passe pas le second.
En 2002, je n'avais jamais vu de ma vie un tel martellement!
Mais de nouveau, au sol, sous mon petit plancher de bois,
l'eau s'écoula et s'en fut.
J'ai finalement résolu le problème des inondations
en fabriquant une deuxième couche de couverture en store,
en profitant pour relever de la toile du bas du toit,
et lui donner une forme de gouttière pour récuperer l'eau.
J'ai encore ajouté, par sécurité, à l'endroit le plus fragile,
audessus de la porte, un lai de plastique,
et une bache transparente sur la couronne.
Depuis, la pluie n'est un élément génant
que par le bruit qu'elle occasionne à l'intérieur,
surtout s'il pleut fort et longtemps.
Avantage de la tempête:
Le maire a renoncé à ses exploits nautiques pour pallier
sérieusement à la source aux inondations récurrentes:
il a ordonné l'élimination définitive de tous les arbres
le long et dans le lit de la rivière.
Je ne me demande donc plus si la parité existe
au sein des équipes des services techniques de la ville d'Alès:
ce sont toujours les hommes qui,
laissés à leurs penchants tranchants et destructeurs ,
comme Attila et ses hordes,
armés de sabres ou de tronconneuses,
ne laissent que le désert derrière eux.
Mais enfin, la place vide a été récupérée par les SDF
qui ont nidifié avec leurs tentes sous les ponts du centre ville,
là ou étaient cencés s'agglutiner les spectateurs du maire.
Ouf, un peu de place au principe de réalité, merci la tempête!
08 mars 2007
consommer local
Beaucoup de postulants à la yourte s'inquiètent
de son étanchéité sur le long terme.
En effet, de nombreuses déceptions ont terni l'attrait pour la yourte
de ceux qui en ont acheté une à un revendeur exportant de Mongolie.
La toile ne leur dure guère plus d'une saison,
ou d'une année dans le meilleur des cas, et sous cieux cléments!
On ne peut comparer le climat continental de la Mongolie,
doté de températures extrêmes,
sur un milieu, la steppe, ou il pleut très peu,
avec le climat tempéré de la France.
Les contraintes d'étanchéité en Mongolie
sont si largement inférieures aux notres
qu'il ne faut pas s'étonner que leurs baches ne résistent pas.
Les Mongols ont d'ailleurs develloppé
des moyens du bord efficaces pour leurs propres besoins:
ils enduisent leurs feutres d'une préparation spécifique
à base de lait de yack qui imperméabilise suffisament leurs toits,
en particulier pour la neige.
Sans m'étendre induement sur ma conviction qu'il faut,
en tout et pour tout consommer local,
je signale quand même que, si de beaux arguments
culturels et économiques de la part des revendeurs
cherchent à nous faire croire qu'ils aident certaines familles Mongoles
en leur fournissant du travail,
les milliers de kilomètres parcourus par les yourtes
pour arriver jusque chez nous alimentent
une pollution et une absurdité injustifiable!
Surtout si on tient à rester dans un minimum de cohérence et de respect
vis à vis d'un habitat qui a toujours signifié pour ses autochtones
sobriété et harmonie avec la nature,
juste milieu avec les ressources naturelles.
Sachez que le bois en Mongolie est rare.
Il est donc exporté de Russie.
Quand une yourte Mongole arrive en France,
posez vous la question si c'est bien honnéte envers la planête
de corroborer au transport en boucle des matériaux
qui composent cet habitat dont vous révez,
et dont j'ose espérer qu'il ne sera pas un nouveau bibelot,
un jouet de plus entreposé dans votre garage!
La mondialisation nous permet d'accéder à des savoirs ancestraux
dont nous pouvons nous inspirer
pour tenter de retrouver nos racines dans un monde dérégulé.
Mais nous devons être vigilants à ne pas confondre inspiration
avec plagiat impérialiste, marchandisation, profit sur le dos des plus fragiles.
Remarquez que la yourte,
qui a traversé intacte plusieurs millènaires,
pour arriver à l'ère nucléaire sans avoir bougé d'un iota,
a le dos solide!
Les Chinois, que tout le monde craint, démolissent les temples
et rasent les villages des peuples qui leur résistent,
mais ne sont jamais arrivés à bout des yourtes:
ils s'en sont tellement méfiés qu'ils ont édifié contre elles
la grande muraille de Chine!
Je ne serais donc pas étonnée lorsque
la multiplication des yourtes Francaises,
autoconstruites par des personnes engagées
dans le combat pour un autre monde, plus juste,
contre des valeurs établies écrasantes qui ne font qu'esclavagiser
et diviser derrière des barbelés en béton armé,
lorsque donc cette multiplication inquietera le pouvoir en place,
de voir les notables se dépécher de voter
des lois draconniennes contre l'habitat léger,
comme ils sont en train de le faire contre l'habitat nomade,
nous stigmatisant comme des miséreux et des marginaux.
Alors ils enverront leurs lieutenants,
choisis parmi les moins radicaux d'entre nous,
pour nous inculquer, sous la contrainte et la menace,
l'insertion obligatoire à leur ordre imposé.
Alors de grace,
ne faisons pas de la yourte un gadget de plus,
standardisé ethnique sur nos marchés,
mais le symbole de la force des humbles,
le symbole du respect de l'autre et de la nature,
et, à l'instar de ces petites mamelles blanches
posées joliement sur l'ondoiement de la steppe Mongole,
créons des yourtes là ou nous sommes,
d'ou coulera le lait des lendemains qui chantent!
14 février 2007
outils basiques pour autarcie
Quand j'ai commencé ma première yourte,
je travaillais dehors en forêt, puisque je ne disposais pas encore d'atelier,
ou dans l’appartement HLM que je louais en bord de mon village.
J'habitais au quatrième étage sans ascenceur
et montais déjà chaque jour en hiver mon bois de chauffage.
J'ai demarré avec quelques outils à mains, une perceuse et une scie sauteuse bon marché, achetés parcimonieusement sur les maigres économies de mon revenu minimum.
Je déteste vivre à crédit, je n'ai donc jamais rien emprunté,
et surtout pas au système, qui m'aurait contrainte dés lors à rentrer dans ses créneaux,
exigeant des résultats marchands, ce qui aurait à coup sur paralysé ma créativité.
Mais j'avais une voiture, une fourgonette achetée aux enchères des domaines,
indispensable pour réunir les matières premières
et transporter mes récoltes et mon bois.
Plus tard, des copines artistes sont parties vivre dans un autre village
et m’ont cédé leur atelier, situé à trente mètres de mon appartement.
Là, j'ai vraiment réalisé mon vieux rêve,
interrompu par un divorce douloureux et autres déboires:
un lieu dévolu entièrement à ma création.
Maintenant, j'ai donc un atelier, mais plus de véhicule,
puique j'ai abandonné ma voiture en chemin.
Il serait plus juste d'avouer qu'on s'est mutuellement abandonné,
ce tas de tole et moi, je ne pouvais plus le supporter:
une tonne de ferraille et des litres de pollution assortis à un budget calamiteux,
m'ont, aprés mure refléxion, convaincus que le rapport entre les services rendus
et le stress généré par les pannes, l'aliénation à la pulsion de bouger,
une facture écologique et économique injustifiable,
avait depuis longtemps basculé, et qu'il était temps que je m'ajuste.
Je n'ai jamais regretté ce choix, trouvant toujours des solutions conviviales
à ce que d'autres considéreraient comme des obstacles innaceptables.
Aprés avoir taté du bois sauvage, je suis allée fouiner dans les scieries avoisinantes:
ce métier du bois m'a vite paru assez machiste, je n'y ai rencontré de femmes qu'au secrétariat.
Il a donc fallu que j'apprenne à me faire respecter,
mon porte monaie étant très persuasif sur cette question.
Au début, je me suis fait joliement arnaqué,
les types rigolaient quand je leur expliquais ce que je voulais,
essayant toujours de glaner quelques conseils utiles.
J'ai du négocier très serré et me facher quelques fois.
Un jour, je me suis même inscrite dans un stage d'initiation à la menuiserie,
en précisant bien mon projet, qui consistait à savoir faire un cadre de porte.
Bien que financée par l'insertion professionnelle,
ils ont voulu me couler dans un moule pour touriste, vue que j'étais la seule femme, en m'apprenant la première semaine à fabriquer une scie!
J'ai du menacé de partir pour obtenir, la deuxième semaine,
quelques rudiments sur les assemblages necessaires,
et m'initier à l'utilisation d'outils simples,
et non à une énorme bécane très dangereuse que je n'aurais jamais installé dans mon atelier,
malgré les prouesses que ces messieurs lui attribuait.
J'ai donc fabriqué mes yourtes avec du matériel de base simple:
scie, hachette, plane, couteau, rabot, ciseau à bois et maillet, mètre, marteau, tournevis, une petite raboteuse, un niveau, et bien entendu, machine à coudre avec aiguilles à jean et une bonne paire de ciseau...
J'ai finalement appris sur le tas qu'un bon outil se bichonne, se surveille, s'entretient, et qu'il vaut mieux ne pas le préter si on veut le garder longtemps.
Les gens me demandent souvent combien coute la fabrication d'une yourte.
Je ne peux pas leur répondre dans l'absolu,
car chaque yourte a correspondu à un désir et à des trouvailles différentes,
et je n'ai jamais compté mon temps.
Si j'avais compté mes heures,
par exemple cinq cents tasseaux de bois à raboter sur quatre faces à la main,
dans l'optique de les tarifier pour monter une entreprise,
ce qu'il fallait faire croire à ceux qui menacaient de me retirer mes subsides
si je ne voulais pas me soumettre à la dictature du marché,
le résultat final aurait été faramineux, et donc, hors de prix.
On ne compte pas ses heures quand on aime son travail,
que son travail dépend du sens et de la finalité qu'on lui donne,
et de la liberté et de l'enthousiasme avec lequel on l'exécute.
Voilà ce qui est le plus dangereux chez tous ceux qui veulent
remettre sous la menace les chomeurs au boulot,
pour leur faire produire des trucs ineptes et nocifs sur une planéte surchargée:
ils n'ont de cesse que de tuer l'avenir et tous ses possibles
en vous empéchant de l'inventer dans ces lieux délaissés qu'ils méprisent.
Alors il faut accepter de passer pour des féneants, des demeurés,
des parasites ou des inadaptés pour avoir une chance de continuer à oeuvrer
dans le secret de l'achimie qui mène à la réalisation de son humanité.
Accepter de passer pour des fous si on a l'audace de vouloir s'appartenir,
en vue de partager des richesses intérieures
et non ce qu'on a volé par l'exploitation de plus pauvre que soi.
Pour le bois, on peut faire soi-même ses perches en forêt,
ou acheter du bois brut au mètre en scierie, qu'on va chantourner, raboter et traiter soi-même ensuite.
Ou acheter du bois raboté, ou le faire raboter. Donc les prix varient.
Moins on paye cher, plus le travail personnel est important.
Pour le tissu, ma matière première étant en petits morceaux,
gros travail d'assemblage. Ma machine à coudre n'étant pas industrielle,
il a fallu aussi que je trouve des solutions
pour ne pas me retrouver avec des kilogs de toile à passer sous son ventre.
Ce qui m'a fait opter pour un assemblage de trapèzes pour le toit,
plutôt que des bandes cousues en carré dans lequel découper un cercle ouvert.
De toutes façons, mon pari de base était de pouvoir transporter
toutes les pieces de ma maison en haut d'une colline toute seule,
à dos de femme. Ce que j'ai fais.
La partie la plus lourde est la couronne, mais c'est la pièce maitresse de la yourte,
je n'ai donc point trop chipoté sur le poids.
Viser l'autarcie est la meilleure façon de stimuler l'imaginaire.
05 février 2007
jupe cosmique
Pour la partie textile, j’ai cousu un grand manteau,
une cape à trois dimensions,
une troisième peau évasée comme une corolle,
une sorte de jupe royale en train de faire la révérence au soleil.
J'ai habillé ma yourte comme on habille une jolie femme,
suivant ses rondeurs gracieuses.
La couronne m'a servi, comme une ceinture autour de la taille,
à accrocher les trapèzes des jupes.




























































































