YURTAO, la voie de la yourte.

fabriquer et habiter sa yourte, résister et s'engager contre la marchandisation du monde, inventer un nouvel art de vivre.

24 février 2008

Photos de couronnes, anneaux ou toonos de yurts.

The roof ring.

Différentes sortes de couronnes, sauf les miennes!

couronne_de_yourte_occidentale

La couronne du toit de la yourte.

_chapp_e_belle

La pièce maîtresse de la yourte est sa couronne centrale,

puits de lumière d'où rayonnent les perches du toit.

puits_de_lumi_re

Bien souvent, elle contient elle-même huit rayons,

toono_mongol

chiffre de l'équilibre et de la stabilité,

typical

dont la symétrie graphique est identique

au signe de l'infini.

fabriquant_de_yourtes_antiques

Cet infini auquel les habitants de la yourte

sont reliés par le ciel,

inside_the_yurt

firmament qui s'invite à toutes les heures de la nuit et du jour

pour nous rappeler nos origines célestes.

couronne___pompoms

Ces couronnes du monde

sont de véritables mandalas en relief,

anneau_de_yourte_finement_sculpt_

et scellent ainsi une alliance indéfectible

entre les humains et le cosmos,

red_toono

entre vie quotidienne et intemporalité,

perc_e_du_poele

entre sécurité et fragilité,

couronne_d_Alain

entre utilité et spiritualité.

yurt_band_e

Cet anneau au dessus des têtes répond au cercle du sol

une_couronne_en_bois_simple_en_train_d__tre_mont_e

tracé pour délimiter le nid familial,

comme un entonnoir où peut s'écouler l'énergie cosmique.

sp_cifique_couronne

Grand oeil divin ouvert à volonté

sur les humains serrés sous la « ger »,

la_yourte_de_Cyril

la couronne permet de ramasser en soi

les morceaux épars de sa vie,

montage_d_une_couronne_pour_une_yourte_mongole

de filtrer et trier jusqu'à l'essentiel

tout ce que le monde extérieur a fragmenté.

couronne_sculpt_e

Nul autre habitat, lèger ou lourd,

ne s'ordonne aussi harmonieusement dans l'espace,

26

verticalisant l'humain en plein utérus!

anneau_de_lumi_re_dans_la_yourte_en_bois

S'asseoir simplement

sous la couronne ou le toono de la yourte

sp_cial_toono

entraîne naturellement méditation,

toono_yellow

ressourcement, intégration.

ciel__toil_

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16 février 2008

Fabrication d'une jolie toilette à compost

HPIM4939

Fabrication de ma deuxième toilette à compost:

HPIM5002

J'ai pris une plaque de contre-plaqué récupérée

sur laquelle j'ai dessiné la forme de la capuche de toilette,

en bois peint achetée 10 euros.

Puis j'ai perçé un trou pour enfiler la scie sauteuse,

et on a découpé l'ovale en suivant le trait.

HPIM4998

Ensuite, on a scié quatre pieds dans du chevron

et on les a fixé sur la plaque avec de grosses vis.

Cette toilette est destinée à être installée en plein air

dans la cabane en store,

HPIM2740

mais elle pourra étre occasionnellement

déplaçée dans la yourte,

c'est pourquoi j'ai preferé la légèreté d'un enrobage

en tissu imperméable plutôt qu'une fermeture en planches.

HPIM5007

Puis, la structure étant stable, c'est le moment rigolo

de l'imagination et de la déco.

Ajouter un peu de couleur à un endroit

d'ordinaire plutôt fade,

HPIM5008

quelques perles de bois en guise d'accompagnement sonore,

pour les nostalgiques des cataractes de chasse d'eau,

un ruban de dentelles pour rappeler

aux cuisses déculottées leur fragilité

et un poisson en effigie pour célébrer leur préservation

grâce à ces pratiques écologiques quotidiennes.

HPIM5005

Aprés la fixation des toilettes dans la cabane,

HPIM5011

on peut rajouter le seau blanc,

seau récupéré chez un artisan peintre,aux dimensions parfaites

pour une semaine ou dix jours de déjections.

HPIM5006

Ce seau, dont les parois très lisses n'accrochent

aucune matière, est très facile à nettoyer:

on plonge l'arrosoir dans la cuve bleue remplie d'eau de pluie,

récupérée par la gouttière de la cabane,

et on peut ainsi nettoyer le seau des toilettes

aprés l'avoir vidé sur le compost en contre bas du jardin.

On y dépose une couche de sciure

ramenée de chez le menuisier d'en bas,

on cache quelques rouleaux de papiers hygiéniques

sous la caisse en bois,

on remplit un seau de sciure préte à l'emploi,

on suspend un arrosoir à portée de main,

une brosse et des gants en plastique,

et pour finir, un petit papier explicatif pour les néophytes..

Vivement la prochaine évacuation!

HPIM5009

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12 février 2008

Dimensions et composition d'une yourte moyenne

P_6

Dimensions pour une yourte moyenne:

Diamètre: 5,20 Mètres

Surface: 22, 00 mètres carrés.

Hauteur centrale: 3,00 Mètres

Circonférence: 16, 40 Mètres

Diamètre couronne: 1,40 Mètres

Hauteur couronne: 2,80 Mètres

Longueur d'un treillis déplié: 2,90 Mètres

Hauteur des murs: 1,45 Mètres.

Longueur des perches: 2,35 Mètres

Longueur des mâts: 2,80 Mètres

ecris

Eléments composant une yourte:

Bois:

5 treillis déployables pour les murs.

Autant de perches de toit que d'intersections de treillis,

environ tous les trente centimètres du périmètre.

Une couronne avec ses deux mâts porteurs.

Une porte avec son cadre.

En option, une ou plusieurs fenètres.

couronne_grafik

Textile:

Un toit externe en toile imputrescible, ignifugée.

Une circonférence de murs en toile,

avec rajout d'une bande de PVC touchant le sol.

Un capuchon amovible en toile.

Un chapeau transparent et un autre en laine.

Une corde résistante pour le ceinturage.

De nombreuses couches de laine

ou autre isolant naturel ou récupéré.

Une toile de coton pour la décoration intérieure.

De nombreux liens ou cordages solides.

cordes_en_store

La yourte ne nécessite pas de ferraille

ailleurs que dans ses ouvertures, portes et fenétres.

Tout le reste peut étre tenu

par des liens en fibres végétales ou en cuir.

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01 août 2007

Fabrication d'un plancher de yourte

Fabrication d'un plancher en bois

pour une yourte moyenne,

par exemple de 5,10 mètres de diamètre.

Plusieurs techniques sont possibles bien entendu,

mais personnellement j'ai choisi le mandala

pour rester dans l'esprit unitaire.

mandala_plancher

Ce plancher est simple, peu coûteux,

ce n'est pas un modèle, c'est seulement celui que j'ai fais

sans avoir jamais pratiqué auparavant,

et sur lequel j'habite depuis plusieurs années sans soucis.


Les plans:

Plans des fondations de la yourte.

Dessiner son plan sur du papier millimétré.

Coller deux feuilles A4 cote à cote pour une meilleure visibilité.

Outils de bureau nécessaires:

compas, régle, crayons de couleurs, Scotch ou colle.

Tracer un cercle de 2, 60 mètres de rayon,

ce qui aboutira à un plancher de 5,20 M de diamètre.

Il faut en effet prévoir dix centimétres de plus

pour placer les épaisseurs d'isolation et la couverture.

Diviser par huit rayons.

Dessiner à la régle la première couche de solives,

celle qui touchera le sol,

répartie en trois octogones ( rouge).

Diviser le cercle au crayon en seize, puis en trente deux.

Surligner avec des couleurs différentes pour chaque couche de solives.

Tout ce qui n'est pas en rouge compose la couche supèrieure,

qui s'appuie sur les octogones.

plan_en_couleur_des_fondations


Plans de la couche de plancher:

Suivant la dimension des plaques achetées en magasin de bricolage,

dessiner un nouveau cercle sur du papier millimétré.

Découper des petits bouts de carton de la dimension des plaques

pour visionner le nombre de plaques nécessaires.

Procéder comme pour un patron de couture,

d_coupe_de_plaques

à savoir qu'on essaie d'utiliser les chutes à bon escient.

Relever les mesures précises des morceaux

pour pouvoir les reporter ensuite sur les plaques à découper.

plan_g_n_ral_pour_plancher

Matériaux:

Acheter des solives de section d'au minimum 4cm x6cm.

Pour réaliser ce plancher, il faut 77 mètres linéaire,

à commander en scierie.

Si ce n'est pas du Douglas, mieux vaut traiter le bois.

Couper ou faire couper:

Pour le premier octogone: 8 solives de 0,60 M.

Pour le deuxième: 8 solives de 1,20 M

Pour le troisième: 8 solives de 2 Métres.

8 grandes solives d'un peu moins de 2,60 M.

8 solives moyennes de 2 mètres.

16 petites solives d'1,20 M.

On peut fabriquer le centre avec quelques planches de récupération.

Morceaux de bois et de pierres employés comme cales.

bouts_de_bois_pour_caler

Un bon lot de vis pour assembler les deux couches.

Un lot de plaques d'aggloméré et son lot de vis à bois.


Outils:

Niveau. Grande régle ou à défaut long tasseau bien droit.

Perceuse-visseuse. Scie. Clous et vis.Outils à mains de base.


Mise en oeuvre:

Poser les trois octogones sur le terrain et les mettre de niveau.

C'est la phase la plus délicate et la plus fastidieuse:

Il faut partir d'un point donné et porter le niveau

toujours en avant pour finir le cercle.

Sur un terrain peu pentu mais caillouteux,

l'eau s'écoulera bien, mais même en pleine terre,

si on prend garde de creuser une rigole autour du plancher,

il n'y aura pas d'infiltration dessous.

Mieux vaut faire la tranchée aprés la pose de la yourte

pour bien s'ajuster à la base des toiles.

Je n'ai bétonné mes plots de base qu'en terrain très pentu,

quand une partie du plancher s'est retrouvée sur pilotis.

plancher_Kari_en_haut

Toute la partie dessinée en rouge étant stable et de niveau,

on peut poser les solives supèrieures et les visser.

Il est utile de laisser en place un petit piquet central qu'on enlèvera à la fin.

base_de_plancher

Le mandala réalisé, on peut poser les plaques l'une aprés l'autre,

à partir du centre, en prenant garde aux emboîtements,

puis les visser sur les solives.

Il faudra ensuite reporter le tracé et couper les dernières

desquelles on tire deux ou plusieurs morceaux.

d_coupe_de_plaque

Puis on trace le cercle de base de son plan,

en se servant du piquet central,

à l'aide d'une corde nouée et d'un gros crayon.

On finit par découper à la scie tout ce qui dépasse hors de ce trait.

Le plancher est terminé.

Vient le temps du montage,

qui peut être réalisé dans la journée.

toit_volant

Aprés avoir posé la yourte, on pourra recouvrir son sol

  de tapis, de moquette, de couvertures matellassées,

ou toute autre trouvaille bonne pour les pieds!

tapis_de_lirette

Ceci dit, on peut faire son plancher à l'arrache

en récupérant des palettes,

et ça marche trés bien!

le_plancher_de_r_cup

ET même pas de plancher du tout,

pourvu qu'on dame la terre en lui apportant du sable,

cat_sur_son_aire_de_yourte

bienvenu pour le drainage, et qu'on creuse une bonne rigole.

Valable surtout pour les yourtes nomades, qui décollent souvent...!!

c_est_reparti

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11 avril 2007

chauffer sa yourte

Beaucoup de personnes se demandent comment chauffer une yourte!

fleur_d_argent

Le confort thermique dépend, bien entendu,

de l'isolation que l'on pose sur son toit et ses murs.

Pour ma part, du fait de mes couches de laines superposées,

j'ai toujours eu bien plus chaud dans ma yourte que partout ailleurs.

J'utilise un petit poêle à bois acheté aux puces,

sur lequel je fais chauffer mon eau et ma soupe.

mon_po_le

En hiver, alors qu'il géle jusqu'à midi et que le thermomètre est à moins dix,

j'ai quand même vingt degré dans la yourte,

et parfois, à Zéro degré,

quand une couche de neige vient renforcer mon isolation,

hiver_au_cantoyourte

la température interne monte à 25:

fragmentation

là, je suis obligée d'ouvrir ma porte car j'ai trop chaud!

rayonnmeent


Faire du feu est tout un art, surtout dans une yourte:

il faut savoir réguler la chaleur rayonnante

pour ne pas prendre de risque d'échauffement exessif du tuyau.

J'évite de laisser trop longtemps mon feu sans surveillance,

bref que du bon sens et des précautions normales.

J'ai choisi de faire sortir mon tuyau sur le coté,

et je n'ai jamais eu à regretter cette option.

le_tuyau_dedans

Aucune infiltration d'eau de dehors,

pas de fumée, pas de coulure de suie....

Il suffit de bien arrimer le tuyau à l'extérieur

et de le faire monter assez haut pour un bon tirage.

le_tuyau_dehors

Ceci est simple et tout simplement merveilleux,

car vraiment, rien n'égale une soirée bien au chaud dans la yourte!

circuit

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13 mars 2007

une yourte étanche

Voici comment j'ai procédé

pour vivre à l'année sous ma yourte

sans me prendre le ciel sur la tête à chaque tempète:

poisson_en_feu

J'ai la chance d'être assez pauvre pour ne pas gacher ma mobilité

en léguant en héritage à mes enfants une pollution ingérable.

Je commence donc par chercher dans mon orbite personnelle

ce dont j'ai besoin.

Depuis quelques années, les copains sous tipis

se procurent souvent leurs toiles en Angleterre.

Quelqu'un les receptionne en France et les dispatche aux couturiers.

Utile aussi, « La vielle usine », vers Valence,

ou l'on trouve des toiles de bonne qualité issues de faillites d'usine.

Mais ces toiles sont épaisses et lourdes,

et je ne me sentais pas de taille à travailler,

avec mes biceps faiblards, tant de poids.

J'ai donc trouvé proche de chez moi une usine de stores

avec qui j'ai négocié des chutes de toile bariolées.

stores

Ces toiles sont légères et résistantes, vendues aux commercants

qui bachent leurs terrasses de café ou leur boulangerie,

avec une durée de vie d' une petite dizaine d'années.

Les puristes les rejettent parce qu'elles sont traitées

contre le feu et l'eau par des produits non écologiques.

Ils ont raison. Mais ont ils trouvé d'autres solutions à ce jour?

Nous y réfléchissons.

En attendant, j'ai récupéré des toiles qui auraient été perdues,

destinées à la poubelle. J'ai expérimenté

les toiles en coton et celles en dralon, fibre synthétique,

matière rejettée aussi par les puristes.

N'empéche qu'aprés quelques années d'utilisation, le résultat est là:

les toiles en coton ont duré quatre ans, se sont craquelées puis déchirées,

tandis que le dralon s'est affadi sous les rayons du soleil

mais a duré le double de temps.

poulzes_en_hiver

Habitant une région ou les tempétes sont diluviennes à l'automne,

fontaine_d_Al_s

j'ai été inondée deux fois, non par le bas,

mais par le haut, le toit.

Lors de la tempête de 1999,

arbre_incandescent

plusieurs chênes autour de la yourte se sont cassés, déchirés,

abattus par un vent d'une violence inouie,

tandis que ma petite Yétis, que j'avais arrimé sur trois malheureux piquets,

se déplacait juste de quelques centimètres,

mon chapeau de yourte s'étant pris momentanement pour un spinaker,

spi

mais restait intacte, à ma grande stupéfaction.

La deuxième pluie d'enfer eut lieu en septembre 2002:

vague

dans le département, de nombreux morts,

des centaines de véhicules flottants,

des dégats inestimables dans les maisons inondées.

Trois jours et trois nuits de trombes d'eaux inimaginables.

Un quartier entier noyé sous les eaux.

le_quartier_des_cevennes_d_vast_

La ville d'Alès coupée de tout pendant deux jours.

Au bout de 24 heures, les piles de radio se vendaient déjà,

au marché noir, une somme astronomique,

puisque plus rien ne marchait, les familles ne pouvant plus se joindre.

Le quatrième jour, alors qu'à peine la vie reprenait,

que le facteur repassait,

on a reçu dans toutes les boites aux lettres du coin le journal municipal.

Dessus, on y voyait le maire en train de surfer sur une moto d'eau,

sur le bassin aménagé à grands frais sur la rivière.

Et là, en gros titre, cette phrase,

que les Alèsiens inondés et rescapés

ont du avaler comme une arréte dans le poisson,

à s'arracher la gorge et à vomir:

« Alès, ville d'eaux! »

le_maire_jouant_sur_les_eaux_d_Al_sarr_tes

Monsieur le Maire a tant laissé bétonner les rives que la rivière s'est vengé

et a détruit tout son petit jeu:

des beaux tapis de corde tamisés le long des berges,

il ne restait rien, jusqu'au pont dont la rembarde a été arrachée.

Monsieur le Maire adore couper les arbres, dont les racines

solidifient les berges, il  pretexte qu'elles risquent d'abimer les routes!

On accuse le réchauffement planétaire,

mais la bétise, la vue courte et la course au profit des hommes?

Vivre une telle tempéte sous sa yourte est une expérience

extremement impressionnante!

sortie_des_eaux

De nouveau, j'eus mes couches de laine trempées.

La pluie battait si fort qu'elle a eu raison de la trame du textile.

Et là, le moindre mauvais pli, la plus petite couture mal finie est fatale.

A signaler que j'assemble mes toiles avec des coutures anglaises,

c'est à dire doubles, que je m'arrange pour que ces coutures

se recouvrent dans le sens de la pente comme des tuiles,

et que par conséquent, si l'eau passe le premier ourlet,

elle ne passe pas le second.

En 2002, je n'avais jamais vu de ma vie un tel martellement!

Mais de nouveau, au sol, sous mon petit plancher de bois,

l'eau s'écoula et s'en fut.

J'ai finalement résolu le problème des inondations

en fabriquant une deuxième couche de couverture en store,

en profitant pour relever de la toile du bas du toit,

et lui donner une forme de gouttière pour récuperer l'eau.

J'ai encore ajouté, par sécurité, à l'endroit le plus fragile,

audessus de la porte, un lai de plastique,

et une bache transparente sur la couronne.

Depuis, la pluie n'est un élément génant

que par le bruit qu'elle occasionne à l'intérieur,

surtout s'il pleut fort et longtemps.

arc_en_ciel



Avantage de la tempête:

Le maire a renoncé à ses exploits nautiques pour pallier

sérieusement à la source aux inondations récurrentes:

il a ordonné l'élimination définitive de tous les arbres

le long et dans le lit de la rivière.

Je ne me demande donc plus si la parité existe

au sein des équipes des services techniques de la ville d'Alès:

ce sont toujours les hommes qui,

  laissés à leurs penchants tranchants et destructeurs ,

comme Attila et ses hordes,

armés de sabres ou de tronconneuses,

ne laissent que le désert derrière eux.

Mais enfin, la place vide a été récupérée par les SDF

qui ont nidifié avec leurs tentes sous les ponts du centre ville,

là ou étaient cencés s'agglutiner les spectateurs du maire.

Ouf, un peu de place au principe de réalité, merci la tempête!

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08 mars 2007

consommer local

Beaucoup de postulants à la yourte s'inquiètent

de son étanchéité sur le long terme.

En effet, de nombreuses déceptions ont terni l'attrait pour la yourte

de ceux qui en ont acheté une à un revendeur exportant de Mongolie.

La toile ne leur dure guère plus d'une saison,

ou d'une année dans le meilleur des cas, et sous cieux cléments!

On ne peut comparer le climat continental de la Mongolie,

doté de températures extrêmes,

sur un milieu, la steppe, ou il pleut très peu,

avec le climat tempéré de la France.

Les contraintes d'étanchéité en Mongolie

sont si largement inférieures aux notres

qu'il ne faut pas s'étonner que leurs baches ne résistent pas.

Les Mongols ont d'ailleurs develloppé

des moyens du bord efficaces pour leurs propres besoins:

ils enduisent leurs feutres d'une préparation spécifique

à base de lait de yack qui imperméabilise suffisament leurs toits,

en particulier pour la neige.

Sans m'étendre induement sur ma conviction qu'il faut,

en tout et pour tout consommer local,

c_est_dit

je signale quand même que, si de beaux arguments

culturels et économiques de la part des revendeurs

cherchent à nous faire croire qu'ils aident certaines familles Mongoles

en leur fournissant  du travail,

les milliers de kilomètres parcourus par les yourtes

camion_rouge

pour arriver jusque chez nous alimentent

une pollution et une absurdité injustifiable!

Surtout si on tient à rester dans un minimum de cohérence et de respect

vis à vis d'un habitat qui a toujours signifié pour ses autochtones

sobriété et harmonie avec la nature,

juste milieu avec les ressources naturelles.

Sachez que le bois en Mongolie est rare.

Il est donc exporté de Russie.

chateau_russe

Quand une yourte Mongole arrive en France,

posez vous la question si c'est bien honnéte envers la planête

de corroborer au transport en boucle des matériaux

qui composent cet habitat dont vous révez,

et dont j'ose espérer qu'il ne sera pas un nouveau bibelot,

un jouet de plus entreposé dans votre garage!

girafes

La mondialisation nous permet d'accéder à des savoirs ancestraux

nouveau_monde

dont nous pouvons nous inspirer

pour tenter de retrouver nos racines dans un monde dérégulé.

Mais nous devons être vigilants à ne pas confondre inspiration

avec plagiat impérialiste, marchandisation, profit sur le dos des plus fragiles.

Remarquez que la yourte,

qui a traversé intacte plusieurs millènaires,

pour arriver à l'ère nucléaire sans avoir bougé d'un iota,

a le dos solide!

Les Chinois, que tout le monde craint, démolissent les temples

et rasent les villages des peuples qui leur résistent,

mais ne sont jamais arrivés à bout des yourtes:

ils s'en sont tellement méfiés qu'ils ont édifié contre elles

la grande muraille de Chine!

Je ne serais donc pas étonnée lorsque

la multiplication des yourtes Francaises,

autoconstruites par des personnes engagées

dans le combat pour un autre monde, plus juste,

contre des valeurs établies écrasantes qui ne font qu'esclavagiser

et  diviser derrière des barbelés en béton armé,

lorsque donc cette multiplication inquietera le pouvoir en place,

de voir les notables se dépécher de voter

des lois draconniennes contre l'habitat léger,

comme ils sont en train de le faire contre l'habitat nomade,

nous stigmatisant comme des miséreux et des marginaux.

Alors ils enverront leurs lieutenants,

choisis parmi les moins radicaux d'entre nous,

pour nous inculquer, sous la contrainte et la menace,

l'insertion obligatoire à leur ordre imposé.

Alors de grace,

ne faisons pas de la yourte un gadget de plus,

standardisé ethnique sur nos marchés,

_tal_africain

mais le symbole de la force des humbles,

le symbole du respect de l'autre et de la nature,

et, à l'instar de ces petites mamelles blanches

posées joliement sur l'ondoiement de la steppe Mongole,

mamelles_de_yourtes

créons des yourtes là ou nous sommes,

d'ou coulera le lait des lendemains qui chantent!

lotus_bleu

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14 février 2007

outils basiques pour autarcie

Quand j'ai commencé ma première yourte,

je travaillais dehors en forêt, puisque je ne disposais pas encore d'atelier,

ou dans l’appartement HLM que je louais en bord de mon village.

J'habitais au quatrième étage sans ascenceur

et montais déjà chaque jour en hiver mon bois de chauffage.

J'ai demarré avec quelques outils à mains, une perceuse et une scie sauteuse bon marché, achetés parcimonieusement sur les maigres économies de mon revenu minimum.

Je déteste vivre à crédit, je n'ai donc jamais rien emprunté,

et surtout pas au système, qui m'aurait contrainte dés lors à rentrer dans ses créneaux,

exigeant des résultats marchands, ce qui aurait à coup sur paralysé ma créativité.

Mais j'avais une voiture, une fourgonette achetée aux enchères des domaines,

fourgon

indispensable pour réunir les matières premières

et transporter mes récoltes et mon bois.

Plus tard, des copines artistes sont parties vivre dans un autre village

et m’ont cédé leur atelier, situé à trente mètres de mon appartement.

Là, j'ai vraiment réalisé mon vieux rêve,

interrompu par un divorce douloureux et autres déboires:

un lieu dévolu entièrement à ma création.

Maintenant, j'ai donc un atelier, mais plus de véhicule,

puique j'ai abandonné ma voiture en chemin.

Il serait plus juste d'avouer qu'on s'est mutuellement abandonné,

ce tas de tole et moi, je ne pouvais plus le supporter:

tr_s_vielle_caisse

une tonne de ferraille et des litres de pollution assortis à un budget calamiteux,

m'ont, aprés mure refléxion, convaincus que le rapport entre les services rendus

et le stress généré par les pannes, l'aliénation à la pulsion de bouger,

une facture écologique et économique injustifiable,

avait depuis longtemps basculé, et qu'il était temps que je m'ajuste.

Je n'ai jamais regretté ce choix, trouvant toujours des solutions conviviales

à ce que d'autres considéreraient comme des obstacles innaceptables.

Aprés avoir taté du bois sauvage, je suis allée fouiner dans les scieries avoisinantes:

ce métier du bois m'a vite paru assez machiste, je n'y ai  rencontré de femmes qu'au secrétariat.

Il a donc fallu que j'apprenne à me faire respecter,

mon porte monaie étant très persuasif sur cette question.

Au début, je me suis fait joliement arnaqué,

les types rigolaient quand je leur expliquais ce que je voulais,

essayant toujours de glaner quelques conseils utiles.

J'ai du négocier très serré et me facher quelques fois.

Un jour, je me suis même inscrite dans un stage d'initiation à la menuiserie,

en précisant bien mon projet, qui consistait à savoir faire un cadre de porte.

Bien que financée par l'insertion professionnelle,

ils ont voulu me couler dans un moule pour touriste, vue que j'étais la seule femme, en m'apprenant la première semaine à fabriquer une scie!

J'ai du menacé de partir pour obtenir, la deuxième semaine,

quelques rudiments sur les assemblages necessaires,

et m'initier à l'utilisation d'outils simples,

et non à une énorme bécane très dangereuse que je n'aurais jamais installé dans mon atelier,

malgré les prouesses que ces messieurs lui attribuait.

J'ai donc fabriqué mes yourtes avec du matériel de base simple:

scie, hachette, plane, couteau, rabot, ciseau à bois et maillet, mètre, marteau, tournevis, une petite raboteuse, un niveau, et bien entendu, machine à coudre avec aiguilles à jean et une bonne paire de ciseau...

J'ai finalement appris sur le tas qu'un bon outil se bichonne, se surveille, s'entretient, et qu'il vaut mieux ne pas le préter si on veut le garder longtemps.

Les gens me demandent souvent combien coute la fabrication d'une yourte.

Je ne peux pas leur répondre dans l'absolu,

car chaque yourte a correspondu à un désir et à des trouvailles différentes,

et je n'ai jamais compté mon temps.

Si j'avais compté mes heures,

par exemple cinq cents tasseaux de bois à raboter sur quatre faces à la main,

dans l'optique de les tarifier pour monter une entreprise,

ce qu'il fallait faire croire à ceux qui menacaient de me retirer mes subsides

si je ne voulais pas me soumettre à la dictature du marché,

le résultat final aurait été faramineux, et donc, hors de prix.

On ne compte pas ses heures quand on aime son travail,

que son travail dépend du sens et de la finalité qu'on lui donne,

et de la liberté et de l'enthousiasme avec lequel on l'exécute.

femme_sous_la_hutte

Voilà ce qui est le plus dangereux chez tous ceux qui veulent

remettre sous la menace les chomeurs au boulot,

pour leur faire produire des trucs ineptes et nocifs sur une planéte surchargée:

ils n'ont de cesse que de tuer l'avenir et tous ses possibles

en vous empéchant de l'inventer dans ces lieux délaissés qu'ils méprisent.

crs

Alors il faut accepter de passer pour des féneants, des demeurés,

des parasites ou des inadaptés pour avoir une chance de continuer à oeuvrer

dans le secret de l'achimie qui mène à la réalisation de son humanité.

Accepter de passer pour des fous si on a l'audace de vouloir s'appartenir,

en vue de partager des richesses intérieures

et non ce qu'on a volé par l'exploitation de plus pauvre que soi.

fleur_d_elle

Pour le bois, on peut faire soi-même ses perches en forêt,

ou acheter du bois brut au mètre en scierie, qu'on va chantourner, raboter et traiter soi-même ensuite.

Ou acheter du bois raboté, ou le faire raboter. Donc les prix varient.

Moins on paye cher, plus le travail personnel est important.

Pour le tissu, ma matière première étant en petits morceaux,

gros travail d'assemblage. Ma machine à coudre n'étant pas industrielle,

il a fallu aussi que je trouve des solutions

pour ne pas me retrouver avec des kilogs de toile à passer sous son ventre.

Ce qui m'a fait opter pour un assemblage de trapèzes pour le toit,

trapezes

plutôt que des bandes cousues en carré dans lequel découper un cercle ouvert.

De toutes façons, mon pari de base était de pouvoir transporter

toutes les pieces de ma maison en haut d'une colline toute seule,

à dos de femme. Ce que j'ai fais.

La partie la plus lourde est la couronne, mais c'est la pièce maitresse de la yourte,

je n'ai donc point trop chipoté sur le poids.

Viser l'autarcie est la meilleure façon de stimuler l'imaginaire.

tente_fleurie


Posté par barbesse à 10:51 - matières à yourtes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 février 2007

jupe cosmique

Pour la partie textile, j’ai cousu un grand manteau,

une cape à trois dimensions,

une troisième peau évasée comme une corolle,

une sorte de jupe royale en train de faire la révérence au soleil.

J'ai habillé ma yourte comme on habille une jolie femme,

suivant ses rondeurs gracieuses.

blogdecu

La couronne m'a servi, comme une ceinture autour de la taille,

à accrocher les trapèzes des jupes.