YURTAO, la voie de la yourte.

fabriquer et habiter sa yourte, résister et s'engager contre la marchandisation du monde, inventer un nouvel art de vivre.

10 janvier 2008

l'oeuvre au noir dans le ventre de la yourte

Quand tu te sens triste

bois_abandonn__sur_la_plage

et que tu ne sais plus quoi faire ni où aller,

quand plus rien ne va bien et que le sol se dérobe sous tes pas,

quand les larmes poussent derrière tes lunettes embuées,

larmes_noires

quand tu en as assez, parce que là,

vraiment, tout ça, c'est trop,

partance

parce qu'ils ont fait tout le contraire, parce qu'ils t'ont menti,

parce que tu te sens trahie,

alors, rentre seule dans ta yourte,

seuil_de_la_yourte

allume le feu que tu as préparé la veille dans ton poële,

et reste là, sans bouger, prés des flammes qui sortent du bois,

surtout ne bouge pas,

puisque tu n'en peux plus, que la bétonnière s'est arrétée,

b_tonni_re

que tant de mauvais mots martellent ta pauvre tête....

Quand aprés avoir épluché en vain l'annuaire,

tu crois devenir folle,

quand tu es au bout du rouleau, quand tu voudrais hurler,

quand tu as tellement besoin de tomber,

de t'affaler, de rouler, de flancher,

quand tu ne peux plus te retenir,

remballe

quand tes mâchoires te lâchent et que ta bouche se tord,

alors, ferme la porte de ta yourte,

laisse le monde là où il est,

termin_

enclos tes gestes et tes cris sur ton coussin de solitude,

surtout ne bouge plus,

prison_de_glace

assieds toi devant les flammes qui sortent du bois,

il faut que tu digères la vie violente du dehors,

il faut que tu vomisses ce qui ne passe pas,

vase_berk

ce que tu ne peux pas encaisser,

il faut que tu comptes les coups dans ton aine,

les plaies ouvertes dans ton dos,

blessure

il faut que cesse cette agitation, ce carnage, ce non-sens!

Regarde, la yourte étends devant toi son tapis rouge,

elle te tend une liasse de mouchoirs,

des rouleaux de gaze, des linges bien secs,

et tu sais que personne ne t'appellera plus,

que le facteur ne viendra pas jusque là,

boite_aux_lettres_desesp_r_e

que les éboueurs sont en grève,

poubelles_marqu_es

le contrôleur ne te convoquera pas,

que le percepteur a perdu ton dossier!

Quand tu ne sais plus quoi espérer pour soutenir ta vie,

quand tout ce qu'on rajoute de consolation

n'est plus que commotion,

accumulation_de_chaines

et ne fait que retarder la vérité de ton absolue désillusion,

quand ton coeur se déchire pour quelqu'un qui ne te veut pas,

quelqu'un qui se moque dans ton dos,

ou pire, quelqu'un qui t'a oublié vivante,

tant_de_chagrin

alors glisse dans le ventre de la yourte,

pour qu'elle t'avale entièrement,

comme la baleine son Gepetto,

qu'il ne reste rien de toi

que cette loque sanglotante tellement déchue,

d_tail_filet

que cette pierre jetée au fond des eaux!

Oui, ton agenda est vide, ils sont tous partis,

fin_de_la_f_te

ils ont brisé ta réputation, piétiné tes travaux,

tes plans sociaux et ta fabrique de liens ont débrayé,

ta machine à laver est bouchée,

chiot

ton ordi et ton frigo sont en panne,

tu as perdu tes clefs et tes papiers d'identité,

panne_d_identit_

alors attends, attends

que la tristesse agglutinée derrière ta glotte se lâche,

attends que plus rien ne lui résiste,

et là, sur le tapis de la yourte,

quand la dernière vague déboule, tu le sais,

HPIM4683

tu freines encore mais tu sais que c'est fini,

tu sais qu'enfin tu craques! Ah! Enfin tu craques!

Enfin ça sort, ça évacue, ça purge!

Alors laisse passer, vautrée sur le tapis rouge,

verse à flots ces larmes qui crispaient tes gestes et ton visage

et brûlaient ta trachée!

C'est vrai, tu as tout essayé et ça n'a pas marché,

c'est vrai ça tombe toujours sur toi,

ils en rajoutent toujours une couche au mauvais moment,

c'est vrai qu'ils n'ont rien compris,

d_r_liction

qu'ils t'ont lâchement abandonné,

c'est vrai que tu ne l'as pas fait exprés,

que tu ne voulais pas ça, pas comme ça,

mais tu tires toujours le mauvais numéro,

même que c'est une conspiration internationale,

c'est vrai que personne n'aime personne,

que ton horoscope et la météo se plantent tout le temps,

c'est vrai que t'aurais pas du payer cash avant d'être livrée,

parce que tout ça n'en vaut vraiment pas la peine,

c'est vrai que tu as donné le meilleur sans compter, mais,

c'est vrai que tout le monde s'en fout

et que tu es abominablement seule,

larmes_de_glace

alors, laisse la yourte t'engloutir, laisse la te pleurer,

personne ne viendra que tu cries ou pas,

il n'y aura pas de lasso de chevalier,

puits

pas de chaîne au puits, plus de costume de scène,

tu ne peux compter sur rien et les urgences sont pleines,

alors tu peux te déliter totalement,

te morceler, te désarticuler,

contempler avec horreur ces morceaux de toi épars sur le sol,

ces morceaux qui se décomposent sur le tapis mouillé

pendant que tu perds la raison,

que tu vaticines, que tu hoquettes comme une folle,

l'écume aux commissures....

Oui, tu vas y laisser ta peau, pourtant

la yourte ne tombera pas, la yourte ne s'effondrera pas,

la tempête ne l'emportera pas, la yourte tiendra bon,

je le sais car le pire est déjà arrivé et je suis rescapée,

pendant que tu continues à vider l'abcés de ce temps maudit.

coulantes

Alors, tu peux en profiter pour détester ta vie à mort,

haïr cette douleur qui s'est jetée sur toi sans permission,

tu peux chûter dans l'abîme bien noir,

les flammes continuent à sortir du bois,

et toi, maintenant que tu te noies,

tu peux donner un coup de pied au fond, et aprés,

tu n'es pas obligée, tu peux si tu veux,

seulement si tu veux,

remettre une bûche dans le poële,

chemin_e

continuer à siphonner, gratter là où ça fait même plus mal,

vider ta tristesse jusqu'à la dernière goutte,

sur le tapis rouge de la yourte.

Alors, pourquoi pas, tu pourrais ramasser ton corps,

les bouts de ton corps épars sur le tapis rouge,

ton corps sans queue ni tête ainsi décomposé,

tu pourrais, si tu voulais, déposer tes morceaux

dans la barque du fleuve souterrain qui sort des enfers,

la barque de la yourte

qui remontera toute seule vers la lumière,

là bas au bout du tunnel, déjà une lueur à l'horizon,

au_bout_du_tunel

car, aprés tout, qu'as tu besoin d'autre

qu'une flamme au milieu de ton oeil?

crois_sur_soleil

Posté par barbesse à 20:31 - Barbesseblues - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

04 septembre 2007

Déboulonnage touristique

Venir au pays des fortiches

La yourte est posée sur un terrain squatté inculte,

un tas de gravats immonde instable,

situé au bord d'un village désertifié

des Cevennes minières Orientales.

Le village est affreusement moche et misérable

et totalement infréquentable.

petit_d_mon

Il est peuplé d'un tiers de Rmistes glandeurs et dangereux,

d'un tiers d'handicapés ou accidentés de la vie

qui ne s'en remettront jamais,

d'un tiers de vieillards en fin de vie

et d'un tiers de fashos,

adeptes de la solution finale pour les parasites sus mentionnés.

Le nombre ahurissant de déformés, déglingués,

mystisisme1

consanguins loupés et estropiés qu'on y croise

font pâlir les bas fonds de Calcutta.

Le train qui s'y traîne à quarante à l'heure

en arrachant les arbres jamais élagués

peut s'arréter en pleine voie à tout moment

et vous laisser en carafe pendant des lustres.

En hiver, la verdure disparue découvre,

le long de la voie ferrée non entretenue,

les décharges pourries, les villages en ruines,

et les bicoques hantées de vieux solitaires pitoyables.

L'autoroute ne viendra jamais jusqu'ici, promis juré.

Le camp de yourtes se trouve

prés d'un transformateur électrique bruyant et mortel,

d'un sénateur qui déteste les yurtaoistes et en a les moyens,

par exemple il vous envoit une débroussailleuse grinçante

le dimanche matin à sept heures devant la yourte

pour se venger de votre simple existence,

de chasseurs qui tirent sur tout ce qui bouge,

tuer

d'hystériques frustrées très méchantes qui,

aprés vous avoir copieusement insultés,

se délestent sur votre bagnole de leur huile de friture bouillante,

d'obèses très reproducteurs qui traumatisent le peu d'enfants

qu'un affreux karma a osé fait naître dans ce guêpier,

et de joueurs de boules maladroits et impénitents

qui visent systématiquement vos mollets.

Il surplombe une vielle usine en loques

qui servait à fabriquer des tubes d'acier, qui a obtenu

le palmarés de la friche industrielle la plus polluée de la région.

Le chemin qui mène au camp est la promenade préférée

des maîtres dégoûtants qui y font caguer leurs molosses,

quand ils ne vous mordent pas.

Il faut passer plusieurs gués très perfides

tank

où veillent des racistes excités de tous bords

qui transforment votre passage en chasse à l'homme.

Si, par hasard, vous arrivez au camp sain et sauf,

sachez que vous êtes repérés, et que se fomentent

dans votre dos tous les prétextes à délation

qui feront débarquer les gendarmes à l'improviste,

pour une perquisition surprise de votre barda.

Les rivières qui coulent ici sont les plus polluées du département,

le captage, non conforme, d'eau potable, y puise directement,

eau_sale

et les entérocoques pullulent dans cet égoût

où seuls quelques campeurs abusés

s'ébattent entre deux flaques d'huile.

Il y a des serpents partout, des blaireaux agressifs,

une invasion incontrôlable de chenilles processionnaires,

et plus de poissons ni de touristes.

La forêt derrière le camp a été dévastée par des coupes sauvages

et des promotueurs immobiliers véreux

qui installent des bunkers affreux en cassant tout autour,

d'où s'éjectent des escadrons de jeunes motards

sans pots d'échappement, ainsi que des quads écrabouilleurs

qui ouvrent des ravins au milieu de nulle part,

aprés eux, rien ne repousse.

Ils se servent de la route qui encercle la yourte

comme piste de dérapage et de dégazage,

et commençent rarement leurs rallyes pétaradants avant 23 heures.

Le centre ville n'existe pas, la ville est née au siécle dernier

pour loger à l'arrache les mineurs, elle étire ses maisons sordides

sur plusieurs centaines de mètres, inutile de souligner

qu'elle n'a aucun cachet, aucun monument intéressant,

qu'elle est grise, triste et morne à hurler.

regard_et_lucidit_

Les étals  dégradés et les vitrines ringardes sont hors d'âge,

une boutique sur deux est fermée, les autres en faillite,

sauf la caisse d'Epargne, toujours bondée

par de pauvres hères pisseux venant tirer

leurs maigres subsides par toutes petites tranches,

stationnant debout car il n'y a ni chaises ni bancs,

et les pompes funèbres.

convoi_fun_bre

Deux cinémas abandonnés s'écroulent à chaque bout de la rue

au milieu de l'indifférence générale et des vociférations télévisuelles.

Les restaurants sont au mieux minables, au pire infects,

et dans les cafés, tout le monde est bourré.

Les ordinateurs de la bibliothéque, ou la valeureuse hôtesse

se bat héroiquement pour contrer une fermeture budgétaire,

sont régulièrement saccagés ou volés, tandis que, en face,

les pompiers prospèrent sur les feux rituels et programmés

de pyromanes étouffés par l'ennui.

Le curé, ancien camionneur tardivement réveillé

par une vocation de sonneur de glas, se pend à ses cloches

toute la sainte journée, non seulement aux quarts d' heures  fixes,

mais à toutes les pénitences catholiques et laïques imaginables.

Comme beaucoup de gens meurent ici,

ce glas obsédant est particulièrement angoissant.

Je soupçonne ce curé d'avoir engagé

un match sonore de longue haleine

contre la vie culturelle qui est ici est une vraie catastrophe.

circulez_ya_rien___voir

Qui vire au cataclysme quand démarre la fête votive.

Quatre jours de débauche de bals rétros, de concours de chants

et de karaokés, de défilés de chars hideux,

char

de spectacles de mauvais goût, de majorettes,

fanfaronnettes

ex pompom girls et futures postulantes à la Starac,

dégorgeantes de pacotilles, qui , à l'évidence,

danseuses_votives

cherchent à couvrir par la fureur des sonos et des fanfares

fanfare

le marasme galopant.

marasme

Quatre jours et quatre nuits, le jour de la rentrée scolaire,

ou il est interdit de poser sa tête sur l'oreiller.

se_repposer

A part quelques exceptionnels étudiants passionnés

en ethnologie ou sociologie des profondeurs,

pas_belles

non subventionnés par l'Europe

pour des recherches insolites dans des pays lointains,

qui se seraient rabattus en désespoir de cause sur notre village,

et à part quelques aventuriers

particulièrement téméraires et inconscients,

  les égarés qui viendront jusqu'ici devront le faire en catimini,

_gar_

et ne le dire à strictement personne,

sous peine de voir leur réputation détruite.

Ils seraient au mieux incompris,

au pire relégués au banc de la société civile

et taxés de décroissants mystiques s'éclairant à la bougie,

insulte suprème.

Alors si, au détour d'un surf échevelé, vous tombez sur Internet

sur une jolie petite yourte à louer dans les Cévennes,

surtout zappez plus vite que d'hab:

seuls les grands maîtres de sagesse,

avançant la plupart du temps masqués,

sagesse_ancestrale

sont capables de voir le beau partout,

le diamant dans le charbon,

le Très Haut dans la Françe de très bas,

et la révolution dans la marge.

PS: un merci chaleureux aux deux aventuriers excentriques

qui ont franchi vaillament tous les obstacles en chantant

la_bete

et m'ont inspiré cet article outrancier, cathartique,

au ton sarcastique qui voile grossièrement

l'affection que je porte à mon village.

Posté par barbesse à 10:23 - Barbesseblues - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2007

paix et pensée magique

Journées de la paix ...ou

comment les meilleures intentions

sont parasitées par la pensée magique!

Aprés avoir voté, je débarque sous une pluie fine

sur un camp qui émerge lentement d'une nuit moite,

protection_maxi

durant laquelle les premiers que je rencontre

se plaignent de n'avoir pu dormir, vu le boucan.

Les seconds me déclarent qu'ils ne votent jamais, par conviction,

et les troisièmes que ça ne sert à rien de toutes façons.

La pluie aidant, mon enthousiasme, mouillé,

tassé de quelques crans, je suppute avoir débarqué

dans une enclave autonome parfaitement autogérée,

feu_de_camp

qui a dépassé ses contradictions internes

et va m'offrir un havre de paix.

toit_jaune

Douce pluie sur un rassemblement bigarré:

petits enfants nus courant dans l'herbe,

voyageurs revenant d'un hiver en Inde et visiblement déphasés,

locks sculpturales en pagaille,

locks

jeunes parents vétus comme des pages romantiques,

baby

libertaires se plaignant du manque d'organisation,

ateliers inopinés sous un arbre en fleur,

bivouac

méditations proposées en cercle sous les tentes,

__m_diter

harangues compassées d'un passionné

du dieu éléphant sous les vapeurs d'encens,

elefant

essaims de jeunes adultes s'essayant à un jeu de rôle taoiste,

initiation au calendrier maya,

calendrier_maya

drapeaux mélangés joliment aux fleurs,

drapeaux_de_paix

djembés résonnant entre les tentes et les camions,

errants aux pieds nus et au pagne aéré cherchant refuge,

tchai épicé distribué en conscience du prix,

échoppes odorantes de plats au curry,

groupes de paroles ou se jaugent avidement

doux réveurs et tendres marginaux,

assoupissements sous tipis animaliers,

aigle_au_tipi

câlins gratuits obligatoires,

olove

filles épanouies militant pour le développement

de leur charmante personne,

cargo

arborant des sourires immenses et des fronts lisses

comme des affiches publicitaires,et et,

sous une yourte,

voir_dans_la_yourte

visonnage d'un film pro Américain, tout juste débarquant du Canada.

Par ce coté là de l'Amérique, le « way of life » impérialiste

se matine de francophonie,

et rend donc plus digérable le colonialisme culturel international.

bushliberty4

Je n'ai pas plus tôt visionné les deux premières minutes du film

que je suis déjà en pétard!

La seule, bien sûr, à oser porter un regard critique

sur ce qui est présenté comme la dernière mode

underground originale et formidable

qui va chambouler et faire rayonner les vies!

Ils sont tous mollement allongés sous l'écran,

toute_molle

les uns collés ou enchâssés aux autres,

et finalement, je crois que l'essentiel est là:

se retrouver entre soi dans la tiédeur d'une connivence tribale,

dont le dernier lien pourrait bien être cette mythologie

déballée à grands renforts d'images nébuleuses

oracle

par des américains joufflus, bedonnants et cravatés.

Titre alléchant du film: « le secret », de Rhonda Byrne.

(basé sur le livre de Charles Haanel's, 1866.1949)

Ça commence sur une vérité amplifiée,

celle que tous les alter mondialistes citent

quand ils veulent toucher fort,

sauf que là, les chiffres sont truqués:

il parait qu'un pour cent de la population mondiale

utilise 96 pour cent des richesses,

mais comme le type qui annonce ça ne ressemble à rien d'autre

qu'un pasteur évangélique collet monté,

mon niveau d'alerte se mobilise,

et je découvre la suite atterrée.

Loin d'émettre l'idée d'un partage de ces richesses,

loin d'user de son libre arbitre et de sa volonté

pour construire une alternative de juste répartition,

ce Monsieur nous propose de développer

les moyens de faire partie de ces chanceux,

d'agrandir donc, au compte goutte, la secte des nantis,

en nous délivrant, sous la nappe, le secret de leur réussite:

une loi physique et scientifique qu'il suffit de savoir appliquer.

L'argument est du même niveau que celui d'un sarko qui,

avant de vous vendre sa camelote politicarde,

prend soin de vous faire pleurer et indigner

sur un fait divers particulièrement émotionnel.

S'ensuit deux heures de prédication tonitruante

sur la loi d'attraction,

ou comment devenir riche et puissant en manipulant des lois naturelles.

Ou comment se placer aux premières loges d'un soleil

qui ne dispense ses richesses qu'au premier rang,

pour que personne ne puisse supposer

que le soleil brille pour tout le monde.

normal_peace

Bref un dangereux canular, délivrant des mensonges

entre quelques vérités dénommées lois naturelles,

nimbé de cette pensée magique qui,

sur de justes et réelles observations de ce qui reste

incompréhensible à la rationalité commune,

a remplacé le vide religieux occidental

_glise_vide

par une foire aux individualismes les plus égoistes.

Le bonheur ne peut venir que du privilège de la connaissance

des lois physiques de l'accumulation capitaliste....!

Et là, coté baragouinage, un malaise terrible m'envahit,

car cette stratégie issue de la désertion de l'utopie,

qui a laissé place à une agitation activiste,

et transformé le chef de notre pays

en marionnette de la scène people,

c'est celle des riches tireurs de ficelles qui ont construit

un décor républicain et un costume démocratique

à leur scénario diabolique de ratissage de la planéte à leurs profits.

Ce théatre orchestré par des médias éclatés remplit

de son mouvement effrénés

les pensées vides d'un peuple dépossédé.

Solliciter l'arrivisme en l'être humain, flatter sa vanité,

son avidité de réussite,

lui susurrer son droit d'accaparement sur les biens collectifs,

aboutit à suggérer que, fatalement, les malheureux

qui ne sont pas dans l'élite du secret sont des idiots perdants à vie,

des disqualifiés qui n'ont rien compris

à la loi de l'attraction des richesses!

Heureusement, grâce à ce film pseudo scientifique,

vous pourrez faire partie de l'élite informée,

celle qui a été suffisamment bien placée au bon moment

pour capter ces informations  confidentielles

sur la façon mécanique mais subtile de réussir à posséder

ce merveilleux 4/4 qui vous fait baver,

celle qui arrive toujours à trouver

une place de parking devant le supermarché bondé.

On voit donc surgir à l'écran un esprit malin, celui d'Aladin,

un démon sous forme de fumée qui vient dés qu'on l'appelle!

manifesté à votre conscience pour se soumettre à tous vos désirs,

juste une question de formulation et d'intensité intentionnelle!

Les types qui se succédent à l'écran sont les clones

de ces fondamentalistes Chrétiens aguerris à lever en chantant,

dans leurs églises charismatiques évangéliques,

des foules de conservateurs réactionnaires et patriotes,

détenteurs des fonds de pensions et des actions en bourse

qui aliènent et sabordent la vie

de tous les travailleurs honnétes du monde!

Des patrons, des révérends...

Mais qui, ici, dans ces milieux avides de vénération

à la mystico-ésotérico-chamanico plénitude...,

osera dénoncer un tel subterfuge?

Je n'en reviens pas!

Je regarde ahurie le parterre de babas cool

abri_de_yourte

en train d'ingurgiter ces salades au nom de la paix dans le monde

et je n'ai plus qu'une envie,

fiche le camp pour m'empécher d'hurler dans les brancards!

Car bien évidement, dans ce contexte, toute lucidité politique

sera attribuée à un mal être personnel,

puisque incapable de comprendre la loi d'attraction

qui fait s'attirer la satisfaction,

j'aimante une foule de forces néfastes, le mauvais oeil,

le mauvais sort, l'antibaraka, la pauvreté,

dont je serais totalement responsable...

On est en plein manichéisme, ce dualisme extréme qui oppose

les bons et les méchants, le bien et le mal.

La paix, c'est donc étre du coté de la loi

des petits malins à l'intuition clairvoyante,

c'est se conformer à la stupitude générale

et surtout ne pas déranger les efforts psychologiques

de ceux qui travaillent sur eux mêmes pour épanouir leur lifting,

ces foules extatiques et gavées qui positivent leurs inconforts passagers.

Le résultat de ce succés sur soi se matérialise pour l'heure

dans ce sourire lisse et béat, désinvesti de toute émotion,

inscrit sur chaque visage reçevant la bonne parole!

J'en parle à un de mes voisins sur l'herbe,

qui me répond sagement que cette nourriture là

de_quoi_se_satisfaire

n'est sans doute pas comestible pour mon estomac

qui semble malencontreusement noué,

mais me rassure charitablement  en m'indiquant pas loin

un atelier pour gérer ses tensions et maîtriser ses frustrations...

r_unioin_sous_les_fleurs

Au moment ou j'allais tourner les talons,

sentant monter ce genre d'irritation colèreuse

qui se déclenche en moi chaque fois que je sens

m'être encore fait coincer dans un double lien,

une copine me présente deux jeunes femmes « épanouies »:

chamber

elles sourient tellement que je me demande

si cette crispation de bonheur absolu n'est pas le résultat

d'un tirage de joues par la chirurgie esthétique...

Je ne peux m'empêcher de balancer un mot

sur ce qui se passe dans la yourte voisine.

Aussitôt l'une d'elle se pâme en m'annonçant

qu'elle a vu ce film cinq fois

et qu'elle va se jeter le revoir une sixième fois,

puis elle entreprend de m'enlacer

pour me faire participer à sa béatitude,

avec une condescendance suprêmement compatissante

pour mes tourments intempestifs!

pieuvre


.

Posté par barbesse à 21:17 - Barbesseblues - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 juin 2007

forêt de molènes

tristesse_indig_ne

"Pour ce travail d'amour,

les femmes ne doivent attendre aucune rétribution:

faire le ménage de la cité

est aussi gratuit que celui de la maison."

Michèle Perrot: "les femmes ou les silences de l'histoire"

for_t_de_mol_nes

Les molènes sont montées trés haut sur leurs tiges bien droites

pour offrir leurs jolies petites fleurs jaunes

la_yourte_aux_mol_nes

aux butinages ravis des abeilles.

Mais cette nuit, un orage a eu raison de leur verticalité.

pleurs_de_mol_nes

Ce matin, je dois me rappeler trés fort

que la tentation de déprime est une station obligée

lecture_expliquee

du raffermissement des convictions et des engagements.

trop_lourd

Les fruits du sureau s'égouttent, la lumière les magnifie.

sureau_gouttelant

MÛRIR EN TOUT TEMPS

"L'homme continue de mourir

en tous ceux qui se taisent face à la tyrannie."

Wole Soyinka

mandala_liseron

Posté par barbesse à 11:00 - Barbesseblues - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 mai 2007

cauchemar prémonitoire...

Mardi 1 Mai 2007

Le pire va arriver.

voir_sans_voir

Il existe une peuplade au fin fond de la forêt profonde Malaisienne

qui vit selon ses rêves.

La tribu se retrouve tous les matins dans la case commune

pour échanger sur les symboles extraits des nuits de chacun.

Ensuite, durant la journée, chacun, petit ou grand,

est convié à concrétiser les messages créatifs de ses nuits.

Ainsi la culture de ce peuple s'enracine

dans la mise en pratique de l'enseignement rapporté par les rêves.

Ce peuple n'a jamais été attaqué par aucune autre tribu

car il posséde une aura particulièrement pacifique.

Il n'a aucune agressivité parce qu'il est riche intérieurement,

posséde ses trésors dans le lieu sacré du coeur intime,

de l'identité universelle.

vision_originaire

Les chercheurs qui les ont étudié en ont déduit

que la non violence héréditaire de cette tribu provenait

de cette culture basée sur le respect de leurs rêves

et leur concrétisation symbolique dans la vie quotidienne.

Depuis que j'ai étudié avec enthousiasme toute l'oeuvre

de C.G Yung,

(qui avait prévu la dernière guerre mondiale

par son rêve d'une immense coulée de boue noire sur l'Europe)

et entrepris, par la voie royale, il y a vingt ans,

l'exploration de mon inconscient,

sir_ne

j'ai acquis une connaissance intime de ma vie onirique,

qui est à la base de mon équilibre mental.

indienne_urbaine

Je sais reconnaître en moi les différents types de rêve,

des purement compensatoires aux mécaniquement digestifs,

et je ne me trompe plus trop quand il s'agit de reconnaître

des rêves prémonitoires, qui, heureusement, sont rares.

goddessof

Ayant touché mes limites conceptuelles

avec la réalisation prévisionnelle de certains augures,

je me suis employée avec constance à déjouer ma médiumnité

par une logique rationnelle très ordinaire, car, très sincérement,

je considère cette faculté comme un cadeau empoisonné

qui pollue la psyché.

C'est pourquoi, ces rêves prémonitoires sont devenus rares, Dieu Merci!

Sauf dernièrement ou j'ai rêvé

venant_d_ailleurs

de deux tremblements de terre coup sur coup,

cataclysme provoquant la panique des gens,

et qui entraînait la rupture d'un château d'eau en hauteur,

dont le contenu dévalait en cascade monstrueuse

sur la population en déroute.

C'est la qualité du réveil et le sentiment de prégnance

des situations visualisées qui le plus souvent m'indiquent

si ces symboles que ma psyché a produit

contiennent des termes collectifs ou pas,

ou si mes préoccupations, rejoignant celles du temps historique,

provoquent une synchronicité.

J'ai pensé, au moment du réveil de ce rêve,

qu'il concernait la situation politique du pays.

Je l'ai noté, et, comme souvent lorsque ce qui est annoncé est trop grave,

je l'ai rangé pour n'en rien dire.

Et je me suis battue pour que cela n'arrive pas.

Pour que n'arrive pas au pouvoir ce fou

NS

qui arrangue et subjugue les foules avec des mensonges

qui vont lui donner toute liberté de détruire la paix du pays

et le plonger dans la guerre civile.

stonethrower

Ce fou furieux dévoré d'ambition qui n'hésitera devant rien

pour assouvir sa féroce bétise.

ricanement

Car cet homme est vide, d'un vide abyssal et ténébreux

d'ou n'émergeront que la haine et la violence.

Son âme a été engloutie par son ambition et son esprit de vengeance,

il n'existe que par les slogans qu'il clame pour entraîner à sa suite

ce qu'il y a de plus bas en les hommes,

la veulerie, la peur de l'autre,

la recherche de boucs émissaires innocents,

pauvret_

l'accusation, et bientôt la lapidation

de tous nos droits fondamentaux, si chèrement acquis,

pour lesquels tant d'hommes et de femmes ont sacrifié leurs vies.

Cet homme n'a jamais travaillé et fait la paix avec son inconscient,

cet homme est le jouet de lui-même livré à ses pulsions les plus obscures.

Il n'a aucun recul, aucune distance,

il est plongé dans son ego jusqu'à la trame,

trame qui n'est qu'un polichinelle, un diablotin ricanant

manipulé par des peurs et des défenses irrationnelles,

un ego vaniteux qui cherche la foule pour l'aduler.

folie_souveraine

Les gens vides utilisent les autres

en les sucant comme les vampires,

gavage

ils se nourrissent de leurs énergies archaïques pour se remplir.

Ils sont incapables d'une réflexion intelligente et futuriste,

ils n'arrivent au pouvoir que parce qu'ils ont correspondu

à chaque tournant politique à des intéréts

profondément égoïstes et conservateurs,

à des instincts de morts de vieux nabots

qui haïssent la jeunesse et la vie.ado

Leur seul talent est la vivacité qu'ils ont à saisir

les noirceurs des autres pour s'en servir à leur avantage,

à les séduire par des propos rassurants

en fustigeant des fautifs faciles à repérer et à punir,

une malice capable de surfer sur les émotions les plus superficielles

d'une population déjà bien ankylosée

par le spectacle télévisuel et le voyeurisme permanent,

un peuple criblé, saturé et gravement engrainé

par des images de violences quotidiennes,

et finalement une absence totale de scrupule

pour s'assurer égoistement la suprématie en toutes circonstances.

Photo_non_montage

Cette photo n'est pas un montage.

Car les gens vides n'ont que ça pour nous persuader

que leur identité n'est pas qu'un fantome cauchemardesque.

horrible

Cet homme est un danger public pour nos enfants, pour la vie.

Depuis que je suis née,

jamais un régime n'aura été aussi dangereux que celui qui nous arrive.

Cet homme va faire payer très cher

à la France

d'avoir osé exister avant lui.

Posté par barbesse à 10:40 - Barbesseblues - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 avril 2007

convulsions préfashos

uyut

L'archétype minuscule d'une guerre civile si proche.

mais_anti_sarko

Dimanche soir 22 Avril, le comité Bové du canton et ses sympathisants

se sont réunis au Cantoyourte pour une petite soirée au feu de bois,

à partager saucisses, salades, et fromages de chèvres.

Nous étions une vingtaine à préferrer écouter

les résultats des élections ensemble que chacun seuls

devant sa télé ou à l'écoute de son poste.

Kubic89

Bien sûr, nous étions déçus,

bien sûr, nous espérions plus pour Bové.

Mais au moins, nous sommes passés de l'inexistence

à 500 000 voix, bonne base de travail pour couver notre bébé commun.

DavidBookbinder

Et je ne compte pas tous les copains et copines qui ont voté utile,

mais sont avec nous.

Quelques heures avant, alors qu'un petit groupe de voisins

jouait à la pétanque sur mon passage quotidien,

deux cent mètres reliant mon atelier au camp des yourtes,

je leur ai offert de venir partager cette soirée avec nous.

Le vieux monsieur qui vote à l'extréme opposé s'est mis à bougonner,

sans que j'arrive vraiment, avec mes sourires, à le dérider,

alors que j'avais déjà réussi à discuter

plus d'une heure d'affilée avec lui auparavant,

en particulier sur son passé minier et sa connaissance du quartier.

Il passe tous les jours devant les yourtes avec son fusil,

puisqu'il va chasser dans la colline en amont en toutes saisons.

Il m'a donc répondu que ce soir,

il fallait que chacun reste chez soi, que personne ne bouge.

Vers 21h, alors que nous commencions à faire cuire les merguez,

un petit Monsieur taciturne, habitant le paté de maisons un peu plus loin,

qui fait déféquer son chien systématiquement, matin et soir,

sur le chemin menant chez moi,

ne ramassant bien sur jamais ses déjections canines,

se pointe sur le chemin, nous matant ostensiblement.

Son chien, un petit roquet noir, m'a mordu au mollet deux ans auparavant,

engendrant une blessure qui a saigné et purulé plusieurs jours.

Ce Monsieur ne s'est jamais excusé,

et a continué à faire le tour du paté de maison

avec son chien non tenu en laisse,

ce qui provoque régulièrement des bagarres avec d'autres chiens,

et l'épouvante des chats sauvages du quartier, par ailleurs envahissants.

Je n'ai donc pas invité ce Monsieur à partager nos gamelles.

policedog

Soudain, le petit chien blanc d'un de mes invités

s'est mis à courser le petit noir

et une bagarre en régle s'est déclenchée.

Le propriétaire du noir a du reculer devant le sérieux de la bataille,

tandis que mon invité récupérait dificilement sa bestiole

pour l'enfermer dans sa voiture.

Le petit Monsieur était furieux, livide, visiblement humilié,

et est reparti très faché.

Une heure plus tard, alors que la nuit était tombée

et que deux petits djembés tambourinnaient la chanson des gens libres,

mon ami B est parti chercher une bouteille de vin à l'atelier,

local de notre association.

Et là, il s'aperçoit que les caves,

ou nous entreposons du petit matériel de l'autre coté de la rue,

sont en flammes.

x139

Il appelle immédiatement les pompiers.

Ceux ci ne peuvent accéder directement au lieu de l'incendie

avec leur camion, trop gros pour rentrer dans la ruelle.

Aprés avoir eu du mal à prendre au sérieux toute cette affaire

et n'avoir pas eu trop envie de quitter notre paisible réunion,

je déboule sur les lieux avec JM et nous constatons que